Un entretien d'embauche pas comme les autres



 

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Un entretien d'embauche pas comme les autres

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Ven 1 Juin - 0:38
Station Thermale sud d'Aquaria. 6 Janvier 762. 21h30.


Le jeune homme marchait d'un pas assuré dans un grand hall de marbre blanc, meublé de larges colonnes qui supportaient une voûte magnifiquement décorée. Des chérubins se chamaillaient dans des bassins d'eau fumante sous le regard décontracté et très clairement heureux de quelques anges. La fresque était en tout point le cliché du décor à bains publics, mais le jeune officier se laissait prendre volontiers par la qualité artistique de l’œuvre. Mais marcher la tête en l'air n'avait rien d'un jeu d'enfant et il finit immanquablement par heurter une jeune femme qui passait par là. Elle portait un panier plein de serviettes blanches, ce dernier vidant son contenu au sol lors de la chute de sa porteuse. Henry vira au rouge tomate alors qu'il aidait la jeune employée à se redresser. Il se pencha ensuite pour ramasser le tas de serviettes, tout en se confondant en excuse devant le regard courroucé de l'employée. Henry joua alors une carte risquée, mais qui avait déjà porté ses fruits. Se redressant avec le panier, il sortit son plus beau sourire à la jeune femme et prit un air de gentleman en lui rendant son fardeau.

"Veuillez accepter mes plus plates excuses pour ce malencontreux incident. Je ne saurai quoi faire pour être pardonné, ordonnez et j'obéirai belle demoiselle."

Il termina par une élégante révérence digne des plus grandes réceptions. Cependant, alors qu'il baissant la vue, il pâlit. Alors qu'il accusait le coup de son tact bien masculin, il remarquait avec gène les serviettes non plus blanches, propres et pliées mais humides, roulées en boules et sales qu'il avait hâtivement remis dans le panier. Il fut immédiatement achevé en apercevant l'éclat d'une bague d'or à l'un des doigts de la jeune femme, indiquant qu'elle s'était déjà unie. Henry releva donc les yeux pour voir le visage maintenant rouge de colère de l'employée. La sentence ne se fit pas prier: une gifle claqua, résonnant dans tout le hall et tirant tout les badauds de leurs occupations. Après quelques secondes d'observation gênante, tous repartirent à leurs affaires non sans quelques rires. Henry avait fait une bien mauvaise pioche, et s'en alla penaud à l'accueil des bains. L'hôtesse lui souhaita la bienvenue avec un sourire assez différent de ceux qu'elles emploient habituellement...Celui-ci s'apparentait à de la moquerie. Le jeune homme tâcha ne pas lui en tenir rigueur et parvint à afficher de nouveau un air décontracté. Il demanda une entrée pour le bassin chaud, numéro trois, et avec l'appui de quelques pièces supplémentaires, il parvint à acheter la privatisation momentanée du dit bassin.

"Lorsque le Sieur Galaad arrivera, indiquez lui où je me trouve. Ne faites entrer personne d'autre."

Vu qu'il entrait déjà dans le complexe thermal à proprement parlé équipé d'un badge d'accès en terre cuite, il ne put entendre marmonner la réceptionniste quelque chose du genre "Merci pour les pièces idiot, mais c'est pas moi qui privatisera un bassin..". La belle affaire. Mais son esprit était ailleurs: maintenant seul dans le couloir menant au bassin numéro trois, il ne pouvait empêcher une petite goutte de sueur dégouliner le long de sa colonne vertébrale. Car si sous ses airs un peu imbécile et décontracté, se cachait un homme en mission. Quelques jours auparavant, il finit mener un message à l'encre scellée à Eloan afin de lui demander audience, puis de lui communiquer les détails de "l'opération". Henry était donc ici pour rencontrer Eloan Galaad, éminent professeur à la prestigieuse académie Mihailov. La fine fleur des mages du pays. Leur rencontre devait rester secrète car il devait l'entretenir d'une affaire classée "secret défense", et Ventus avait paru un peu trop dangereux pour une telle entrevue. En effet, on ne pouvait ignorer la potentielle présence d'espions venus des deux autres grandes nations, épiant chaque faits et gestes des politiciens de Ventus. Aquaria sembla être un territoire assez neutre et loin d'Omnia pour être à l'abri des espions. Non qu'il n'y en ait pas à Aquaria, mais Henry choisit précisément le bain numéro trois car ce dernier est le plus isolé du complexe, aucun autre bassin ne communiquant avec lui. Ainsi, l'espérait-il, ils ne seraient pas surpris. Par ailleurs, les thermes d'Aquaria lui étaient très agréables, alors autant s'y rendre. Mais là, vu le raffut qu'il avait fait avec la jeune femme, il avait un peu trop attiré l'attention à son goût et l'approche furtive était déjà ratée. Il espérait que Eloan ferait mieux que lui...

Passé par le vestiaire, il se mit en tenue d'Adam, entoura une serviette autour de la taille et entra enfin dans le bassin numéro trois. C'était une cavité creusée dans la roche où s'écoulait une petite cascade d'eau chaude. Le bassin fumait agréablement, annonçant la température. Tout autour du bassin, de hautes palissades de bois cachaient la vue qui ne donnait que sur une végétation abondante. Henry ôta la serviette qu'il avait à la taille pour se glisser dans l'eau. La nuit étant tombée, la surface du liquide était comme un tissu sombre et élégant. Malgré sa nudité, le couvert des étoiles et de la lune empêchait toute vision sub aquatique. Henry s'assit sur un des "sièges" taillés sous l'eau, à même la roche, et se détendit en allumant une pipe préparée au préalable. Il patienta alors jusqu'à l'arrivée de son interlocuteur afin d'avoir un vrai entretient, d'homme à homme, dans la plus simple des tenues. Un grand homme disait "Ce n'est qu'à poil dans un bon bain chaud au clair de lune que l'on peut sonder l'âme d'un homme.". Ce n'était pas vrai, mais la pensée d'une telle absurdité fit sourire Henry.

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Lun 4 Juin - 19:12
» Domaine d'Holmur ― 3 Janvier 762 ― 14h30 «


» Scène à caractère érotique léger «
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Des bruits de pas arrivaient aux oreilles des soupirants. Et une voix les accompagnaient avec ferveur, comme hâtée :

« ― Monsieur Galaad, Monsieur Galaad, mais enfin, où êtes-vous donc ! Pour l'amour du ciel ! Répondez ! »

Le vieil homme, assez essoufflé, marchait dans les allées terreuses du grandiose domaine Galaad. A la recherche désespérée de son maître. Dans le hallier, encore à fleur de peau, contre celle de sa partenaire, un homme se releva en vitesse, se saisit de ses effets et les revêtit hâtivement. Ensuite, il embrassa avec ferveur sa moitié en caressant son corps et se releva pour revenir sur le sentier de la forêt avec empressement.

« ― Oui Charles, qu'y a-t-il, enfin ? répondit-il sèchement, pensant à ce qu'il lui faisait manquer.
― Ah Monsieur ! Je vous trouve enfin ! Mais que diable faites-vous ici, isolé dans la forêt. Où est donc Lucifer, qui reste constamment avec vous ?
― Je lui ai accordé congé pour aujourd'hui et je vais à ma promenade quotidienne.
― … Cela est étonnant, elle refuse toujours vos congés.
― Certes. Mais qu'avez-vous donc à venir me chercher si promptement ici ?
― Un coursier est venu au manoir, et dit vouloir la déposer en main propre car elle est d'une haute importance.
― Eh bien, où est-il ?
― Il est assez importuné, cela fait plusieurs heures que l'on vous cherche, je l'ai installé au salon.
― Bien, informez-le que j'arrive.
― Vous ne me suivez pas Monsieur ? Enfin, il vous attend, répondit Charles avec effarement.
― Il peut bien attendre quelques minutes de plus, il a été rétribué pour cela.
― Oh, Monsieur ! Sachez que votre comportement est innommable ! gronda alors le vieil homme.
― Je sais, je sais, c'est pour cela que vous m'aimez mon bon Charles. Allez, partez devant. »

Avec désappointement, le serviteur quitta les lieux en grommelant, rebroussant chemin sur le sentier qu'il venait de prendre. Eloan, lui, se dépêcha de pénétrer à nouveaux les buissons et en s'avançant vers la jeune femme :

« ― Très chère j'ai beaucoup de peine de devoir vous annoncer ça mais... Par un concours de circonstances totalement imprévisibles et déplorables qui n'a absolument rien à voir avec moi, je dois me retirer... Pour ce qui est de vos vêtements, je ne sais guère où ils sont dans la forêt... Vous prendrez bien le temps de les chercher ! Un blanc s'installa. Au plaisir ! »

[...]
Charles pénétra dans le salon, et chercha le messager du regard. Il était alors installé face à la fenêtre, et valet familial s'empressa de l'aborder pour tarir son attente :

« ― Ah ! Nous avons enfin trouvé Monsieur Galaad !
― Je viens de vous voir revenir de la forêt, il était dans la forêt ? Questionna-t-il, sidéré.
― Oui, en effet.
― Que peut faire un homme de cette envergure dans la forêt à une telle heure enfin ?
― Il me fait transmettre qu'il arrivera d'ici peu, répondit promptement Charles, éludant sciemment l'interrogation. »

Soudain les portes du fond du salon s'ouvrir violemment et Eloan y apparût, vêtu d'autres vêtements, l'air tranquille et le moins du monde agité, et surtout demandé.

« ― Que me vaut l'honneur de votre présence ? s'enquit le jeune homme, impatiemment attendu.
― Tout d'abord, sachez qu'il se sied point, pour un homme de votre rang, de disparaître dans la nature, Monsieur Galaad !
― Oh, dites-vous bien que je ne suis pas un homme de rang comme les autres, j'ai mon rang propre Monsieur, répondit-il, souriant et amusé. Alors, que me vaut votre visite ?
― Voici la lettre qui m'a été remise, elle est d'une grande importance et il m'a été demandé de vous dire que personne ne doit être mis au courant de son contenu, hormis vous-même.
― Que tant de secret m'intrigue ! S'enthousiasma Eloan, sautillant presque comme un enfant. Il décacheta alors la lettre et la lut rapidement. Son humeur changea et prit un ton beaucoup plus sérieux. Bien. Merci Monsieur de votre déplacement, et excusez-moi encore de mon impardonnable et affligeant retard. Vous direz à votre employeur que je réponds favorablement à sa demande. Maintenant, vous pouvez disposer. »

[...]

» Station thermale sud, Aquaria ― 6 Janvier 762 ― 21h45 «
Arrivé le matin même à Aquaria, Eloan ne s'y trouva pas dépaysé, car il était déjà venu maintes fois, aussi bien dans le rôle du visiteur, que dans le rôle de l'étudiant pistonné qui était entré dans la Bibliothèque d'Aquaria. Il s'était déplacé discrètement, on n'aurait su le reconnaître et son déplacement n'avait été ébruité aux oreilles de personne, hormis de celles de Lucifer, la garde du corps personnelle du mage, l'on pourrait même dire : garde du corps très rapproché. Ce n'est pas qu'Eloan ne pouvait pas se défendre seul, mais dans de telle circonstance, et dans un tel lieu, il ne risquait pas grand chose. Alors pourquoi avait-il demandé à Lucifer de venir, alors qu'elle n'était elle-même pas au courant de l'affaire. Ce n'était sans doute pas pour sa bonne conscience, car il avait échappé bon nombre de fois à sa surveillance. C'était sans doute pour sa bonne compagnie.

A l'heure prévue, un homme d'allure élégante, mais aux vêtements modestes voire anodins, se dirigea vers les thermes d'Aquaria, lieux réputés et appréciés dans toute l'immensité de la ville des mages, mais aussi des autres nations. On pouvait dire que c'était un loisir quotidien pour les Aquariens, un luxe que n'ont sûrement pas les habitants d'Ignis, qu'ils n'ont jamais vu ou qu'ils ne connaissaient sans doute même pas pour certains. Ainsi, Eloan pénétra dans le grand hall dallé de marbre blanc surmonté d'une voûte colossale et superbe qui reposait sur d'imposants piliers. Il le traversa jusqu'à arriver aux devants d'une jeune femme qui mettait de l'ordre dans son panier de linge, linges qui étaient salis et mis en boule. Sa peau était couleur de perle et rivalisait avec la beauté du marbre, ses lèvres semblaient aussi douce que le volubilis et exhalait la douceur diaphane d'un parfum délicat. Tandis que l'atmosphère était régie par les cris cristallins des enfants qui jouaient dans l'eau claire des fontaines, Eloan admirait la fraîche vénusté de cette jeune femme dont la divine présence chantait cet hymne de beauté. Le diamant dans sa lumière, aux yeux d'Eloan, n'aurait pu avoir autant d'éclat. Quand elle le vit enfin approcher, ses yeux plongés dans ceux du magicien, il put voir ses prunelles arborer le nacre de l'infini.
Ah ! Une femme, l'ineffable plaisir de la contemplation pure. Somme toute, toutes les femmes douées de beauté resplendissent aux yeux du jeune homme, et ont chacune un trait qui leur est propre, ce qui rend possible cet attrait qu'Eloan peut découvrir en toute femme et en toute circonstance.

Ce soir, cette divine splendeur était enchaînée et liée par un simple anneau. Cela ne faisait pas peur à Eloan, pas le moins du monde, et au contraire, cela ajoutait du... piment à l'affaire.

« ― Bonsoir, Madame, je vous prie de m'excuser de cette approche, mais ne vous aurais-je pas déjà vu quelque part ? Votre vertueuse figure m'est familière, ne vous aurais-je pas déjà vue en compagnie de votre mari ? »
Première étape, installer un climat de confiance par des propos adaptés et adéquats à la personne, après évidemment en avoir fait l'examen physiologique. Mentionner le mari des femmes hyménées était une preuve d'une dite honorabilité et une approche subtile qui montrait clairement que le séducteur ne draguait pas ouvertement et crûment sa proie.
« ― Bonsoir Monsieur, c'est possible en effet. Mon mari est un dignitaire de notoriété publique, vous avez sûrement pu le croiser quelque part.
― Oh, vous m'étonnez et vous travaillez ici, à ce poste ?
― Ne vous étonnez point, en fait je suis l'une des gérantes de cet établissement. Cependant nous avons un certain manque d'effectif à certaines heures.
― Je vois, on ne vous facilite pas la tâche à ce que je vois, vos serviettes sont toutes tâchées !
― Oh, c'est la faute d'un impertinent qui ne regardait pas où il marchait ! Et qui a osé me courtiser de manière abrupte ! Ah ! Il venait sûrement de Ventus !
― Ah ! J'en viens moi-même. Il devait se croire encore là-bas, sûrement, le libertinage y est prégnant. C'est pour cela d'ailleurs que je me suis rendu séant, tout d'abord pour purifier mon corps dans vos célèbres thermes, et surtout pour purifier mon âme souillée par ce voyage auprès de la sublime vertu d'Aquaria et je recherche justement quelqu'un pour m'apprendre les mœurs parfaits du pays d'Ehol. Connaissez-vous quelqu'un qui pourrait devenir, ici, mon guide spirituel ? »

Et corporel à l'occasion...

« ― La charité qui est justement une vertu d'Aquaria, m'oblige à vous proposer mes services.
― Je vous prie ainsi d'accepter mes plus sincères gratitudes, Madame. Puis-je entendre votre nom ?
― Jocelyne Gilda.
― Je me ferai une joie de vous recontacter lors de mes séjours à Aquaria.
― Au plaisir, Monsieur ?
― …Lindor Almaviva. Un étudiant pauvre de Ventus qui fuit la vie dissolue et tumultueuse de ma patrie.
― Oh, malheureux ! Si vous n'avez pas le sou, je vous hébergerai chez moi. Demandez-moi ici, je vous répondrai sur le champ !
― Grand merci, noble Dame ! »

Eloan s'écarta de Jocelyn, d'un air les plus humbles, en faisant une gracile révérence, et se dirigea vers l'accueil, ayant tourné le dos à Jocelyn, un sourire machiavélique au coin des lèvres. Ah, le chemin sacré de la vertu Aquarienne... La blague. Que le mensonge était une arme redoutable, surtout entre les mains d'Eloan pour arriver à ses fins. Arrivé à l'accueil, il demanda à l'hôtesse d'un ton charmant :
« ― Bonsoir, je suis l'homme que Monseigneur Artins attend.
― Peu importe, allez-y, on a du monde ce soir. Il vous attend au bassin numéro trois.
― Merci, et bonne soirée. »

Heureusement pour Eloan, l'hôtesse n'avait apparemment pas retenu le nom qu'Henry lui avait donné, une aubaine. Son identité auprès de Jocelyne ne sera pas compromise. La mage entra donc dans les vestiaires, ôta ses vêtements avant de les insérer dans un casier, et prit une serviette blanche. Les serviettes blanches, toute une symbolique en cette soirée. Enfin il se dirigea vers le bassin numéro trois, dont les fumées et chaleurs s'échappaient et annonçaient vaporeusement un moment agréable. A travers les vapeurs, Eloan aperçut une silhouette et s'enquit d'annoncer son arrivée :

« ― Je vous prie d'excuser mon retard, j'ai été retenu un petit moment à l'entrée des thermes, rien d'importun fort heureusement. Ceci dit, bonsoir. »

Le jeune Galaad entra alors dans l'eau chaude et s'assit non loin de son interlocuteur et put même apercevoir ses traits. Ses cheveux étaient d'un brun assez clair et la forme de son visage élégante. Jusque là, il ne pouvait pas en voir plus, car l'eau reflétait la voûte céruléenne.

« ― J'imagine que si vous m'avez mandé hors des frontières de notre patrie, la raison en est étatique. Que puis-je donc pour vous ? » questionna-t-il, d'un ton cordial et jovial.































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Sam 9 Juin - 15:52
Henry n'attendit que quelques minutes, durant lesquelles il fit quelques clapotis sur la surface de l'eau et tenta de s'assurer que personne ne pourrait les espionner. Bien qu'il fut adepte des plans si saugrenus que personne ne pouvait s'y attendre, il devait avouer qu'il avait eut une belle idée de merde sur ce coup-là. Mais bon, maintenant qu'il était dans le bain, l'agréable sensation de l'eau chaude détendait ses muscles, puis son esprit. Avant que Eloan n'entre, il posa sa tête sur le rebord de pierre situé derrière lui pour contempler les étoiles. Un spectacle qu'il appréciait d'autant plus ainsi assis dans les eaux chaudes des thermes.
Il entendit la porte du bain numéro trois s'ouvrir, faisant place à un jeune homme blond aux yeux aussi bleus qu'Henry les avait verts. Malgré l'obscurité, ses iris brillaient si bien que le baigneur n'eut aucun mal à discerner leur éclat rare. Malgré sa jeunesse apparente, sa prestance n'avait rien à envier à celle des plus grands nobles du pays et même sans ses vêtements, on voyait tout de suite qu'il se déplaçait avec élégance et grâce.
Après s'être excusé d'un retard non ressenti par Henry, lui même retenu à l'accueil des thermes, il entra tranquillement dans le bain pour s'asseoir assez prêt de son concitoyen. Malgré l'eau fumante, Henry pouvait voir son visage de manière plus détaillée qu'auparavant. A la vue de ses traits et de ses cheveux très soignés, il put vérifier ce qu'on lui avait rapporté à son sujet: il semblait bel et bien issus d'une riche et influente famille de Ventus. Car en effet, Henry s'était bien entendu renseigné sur Eloan avant de le "convoquer" ainsi: vu la raison de sa présence ici, il ne pouvait choisir une personne au hasard.


**Deux semaines plus tôt**


Henry avait les coudes posés sur une élégante table de sureau. Forte d'un cirage régulier, elle brillait d'une lueur douce, chaude, qui rendait le travail agréable. Cependant, le jeune homme qui s'y était accoudé ne semblait pas si détendu que cela. Il passa ses mains sur son visage, signe de fatigue, puis parcourait une énième fois les diverses fiches éparpillées sur le bureau. Il poussa un soupir et leva les yeux vers les grandes baies vitrées qui composaient les murs sud et ouest de l'habitation du jeune homme. Située au dernier étage d'une des tours d'Omnia, il bénéficiait d'une vue imprenable sur la ville ainsi qu'une exposition au soleil quasi continue, chauffant la pièce naturellement. Observant la capitale de Ventus qui s'étalait sous son regard fatigué, il se trouvait face à un choix difficile. En effet depuis quelques semaines, il préparait une refonte du système des armées de Ventus. Bien sûr, il ne changeait pas du tout au tout au risque de désorienter les soldats, mais beaucoup de choses allaient être modifiées en terme d'organisation et de direction. Après avoir établit un schéma des différents groupes armés, de leurs dividendes et de la manière avec laquelle la communication avec la hiérarchie serait assurée, il devait trouver des hommes et des femmes capables de diriger ces corps d'armées.
Les gens talentueux ne manquaient pas, à Ventus, mais le don de diriger, de mener les hommes au combat en leur ôtant toute peur rien que par sa présence, n'était pas donné à tous. Il fallait des personnes charismatiques, sûre d'elles tout autant qu'elles étaient dotées d'une grande force martiale. Ce coup ci, Henry avait à choisir le Général qui serait à la tête du régiment des Mages, qu'il avait nommé "Régiment de Soutient", car il aurait pour objectif d'ouvrir la marche de l'infanterie ou encore de les aider en cas de coup dur. Le dirigeant de cette unité ne serait pas forcément en première ligne, mais il serait indispensable pour remonter le moral des troupes et pour recevoir les instructions de l'état major. Par ailleurs, s'il venait à se battre, il devrait faire preuve d'une puissance peu commune pour donner du courage à ses hommes.
Seulement, il n'était pas facile de trouver quelqu'un réunissant toute ces qualités. Puis, s'il se trompait? Si il offrait ce poste à quelqu'un qui ne serait pas à la hauteur le moment venu? Henry était l'un des plus jeune chef des armées de l'histoire du pays et il savait pertinemment que beaucoup l'attendaient au tournant. Bien sûr, il espérait ne pas connaître de guerre, mais si une venait à éclater, ses agissements seraient étroitement surveillés. Son choix finit par osciller entre trois personnes: un puissant mage du pays nommé Vladimir Heijk, un leader né déjà membre d'une unité de mages Gunard Fraer et le dernier, un éminent professeur de l'Académie de Mihailov, Eloan Galaad, où Henry étudia avec son ami Raphaël. Le dossier de ce dernier, fourni par les renseignements "secrets" du pays, se trouvait dans un coin de la table: si il avait une parfaite confiance en son ami, il en avait besoin pour un autre poste. Restaient donc ces trois là. Lequel choisir? Leurs dossiers se valaient plus ou moins, mais Henry était intéressé par Eloan Galaad. En effet, si Vladimir avait 34 ans et que Gunard en avait 37, Eloan était le plus jeune: 23 ans. Il était déjà pourtant l'un des meilleurs mages du pays, et issus d'une famille influente. Il savait probablement jouer aux jeux de pouvoir, et selon l'analyse psychologique du dossier, il semblait assez sûr de lui. Donc, soit il investissait dans des valeurs sûres, mais qui avaient probablement déjà atteint tout leur potentiel, soit il misait sur l'avenir en donnant sa chance à un jeune homme au potentiel flagrant.

Quelques jours plus tard, debout face à une baie vitrée, Henry dictait à son messager personnel:


"Moi, Henry Artins, Chef des Armées de Ventus, demande expressément audience à vous, Eloan Galaad, Professeur à l'Académie Mihailov. Nous nous retrouveront aux thermes sud d'Aquaria dans trois jours, en soirée, l'hôtesse d'accueil vous indiquera le chemin. Cette rencontre doit impérativement rester secrète, je compte sur votre discrétion.

Ajoutez les formalités d'usage, les politesses, etc, etc, et apportez ceci à Monseigneur Galaad trois jours avant le 6 Janvier, le 3, donc. Je vous fais confiance, ne perdez pas ce message et j'insiste: remettez lui en main propre."


La paranoïa de Henry n'avait rien d'exagérée: en ces temps troublés, les espions grouillaient de partout et il comptait grandement sur ces modifications internes pour surprendre d'éventuels adversaires de guerre. Il ne lui restait plus maintenant qu'à convaincre Eloan, un professeur, d'occuper une charge militaire...


**6 Janvier, Thermes d'Aquaria**


Les hommes se faisaient donc face, dans le plus simple appareil, partageant un agréable bain d'eau chaude. Cependant, l'heure n'était pas à la détente, et Henry ne voulait pas tourner autour du pot très longtemps. Le lieu officieux de leur rencontre lui permettait de passer un peu les longues formules de politesses qui étaient d'usage à la capitale ou dans les milieux aisés du pays. Puis Eloan avait probablement réfléchi à la question puisque celui ci avait compris que la raison de sa présence n'avait rien à voir avec une séance de détente aux thermes. Henry prit un air détendu et sourit au jeune mage.

"En effet, je ne vous ai pas fait venir pour seulement prendre un bain. J'imagine que vous ne vous formaliserez pas si nous sautons les politesses, car comme vous l'avez remarqué, ce n'est pas un lieu conventionnel pour les rencontres officielles. Cependant, j'aimerai que cette conversation ne soit pas fortuitement entendue par les murs de mon bureau, au conseil, ou ceux de ma propre demeure. Laissez moi vous expliquer."

Il marqua une pause pour augmenter le débit de la petite cascade grâce à une manivelle en fer rouillé, et ainsi produire un bruit d'eau plus important qui, l'espérait-il, couvrirait le son de leurs voix.

"Nous ne nous sommes jamais rencontrés auparavant, mais j'ai pu avoir quelques...informations à votre sujet. Et je dois avouer que vous êtes assez impressionnant: un poste de professeur si jeune, à Mihailov, c'est quelque chose...A votre âge, il me semble que j'y étudiais à peine. Bref, vous avez un talent indéniable. Sans entrer dans les détails, je suis en ce moment même entrain de préparer une organisation de l'armée apte à mettre en œuvre les stratégies de combat que j'ai élaboré, une organisation que je maîtrise parfaitement de manière à diriger les troupes avec une efficacité sans précédent. Il me manque toutefois quelques généraux de confiance, des personnes qui sortent de l'ordinaire afin de représenter mon autorité sur le champ de bataille: j'ai été soldat, je connais l'importance qu'à un meneur fort. Je ne vous fais pas languir outre mesure: en vue de vos capacités magiques très poussées et de leur nature, je vous propose d'être promu "Maître des Arcanes", la personne qui sera à la tête du Régiment de Soutient, composé exclusivement de mages. Cependant, les informations que je possède à votre sujet ne pouvaient m'indiquer si vous seriez apte à diriger un régiment de plusieurs milliers d'hommes, c'est pourquoi je voulais vous rencontrer en personne. Il faut à la fois faire preuve de sang froid, de courage mais aussi de détermination, au même titre qu'il fait être animé d'une confiance en soit inébranlable: aucun doute ne doit occuper nos esprits lors du combat. Le respect des ordres est également un élément sur lequel j'attire votre attention: l'objectif est de former une armée soudée, où chaque corps d'armée combat ensemble afin d'apporter les meilleurs résultats. Pardonnez moi de vous lancer cela en pleine figure de la sorte, mais plus tôt les affaires seront terminées, plus tôt nous pourront nous détendre. Alors, qu'en dites-vous?"

Si il avait prit un ton sérieux lors de cette tirade interminable, Henry termina sur un sourire amical et chaleureux, tandis que la lune faisait ressortit l'éclat de ses yeux verts.


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Mar 12 Juin - 16:28
Une fois paresseusement installé dans l'eau chaude, son corps remis entièrement aux mouvements de l'onde céruléenne, Eloan écouta son interlocuteur d'une oreille attentive, même si ce n'était pas son habitude, cas il fait toujours plusieurs choses à la fois, et se moque fréquemment de ce qu'on lui dit quand il pense à quelque chose d'autre. Coup de chance pour Henry Artins, aujourd'hui Eloan était d'humeur cordiale et n'avait rien d'autre à méditer que les paroles de son hôte. Il était vrai que le lien de rencontre était anodin, voire très anodin. Choisir un lieu reculé, loin de Ventus, et aussi tranquille qu'Aquaria, était un choix assez complexe, d'autant plus qu'il fallait plusieurs jours pour s'y rendre, et pour arriver à discuter dans des thermes. Certes, c'était alambiqué comme façon de procéder, mais cela plaisait au jeune mage.

Lors de la longue réplique d'Henry, l'ouïe d'Eloan analysa minutieusement le moindre des mots et y réfléchit d'une manière alerte et vive. Il le faisait en admirer la voûte céleste qu'il ne pouvait s'empêcher de quitter des yeux. A la voir extérieurement, on aurait pu croire que le diplômé de Mihailov n'écoutait pas le Chef des Armées.

La voûte céleste est pure, d'un ton simultanément fuligineux et mystique. Y brillent de nombreuses étincelles magiques. Et des parcelles d'or, ainsi que du sable fin, étoilent vaguement des prunelles impalpables et brillantes. C'est ce voile, voile que nul œil ne pénètre, que l’œil peut seulement admirer. C'est l'espace intangible, inaltérable, immuable et éternel.

Après qu'Henry ait fini d'expliquer sa requête, Eloan ne le regarda pas immédiatement, réfléchissant et admirant les cieux séraphiques à la fois. Et étrangement, il voulut commencer par la détente plutôt qu'aux affaires importantes. Il osait espérer qu'Henry puisse avoir le même esprit rêveur, méditatif, et contemplateur que lui.

« ― Ne trouvez-vous pas ce spectacle magnifique ? A la fois si taciturne, et si éloquent ? »

Subséquemment, il se mit à réfléchir plus profondément à la demande du politicien. Cela était tenant, sans égal même. Une grande perspective de carrière allait s'offrir à lui s'il acceptait ce poste. Certes, il n'avait pas été formé pour être militaire, ce n'était pas un expert de guerre. Mais bagatelle ! Pour Eloan, cela s'apprenait aussi facilement qu'un soldat à se battre. En quelques semaines, mois d’entraînements intensifs et quotidiens, ce qu'Eloan serait près à faire bien entendu, ce retard serait rapidement comblé. Il fallait l'avouer, il s'agissait d'une place de marque. Mais que deviendrait son poste d'enseignant tyrannique de Mihailov ? Il n'aurait probablement plus le temps d'enseigner à ses élèves. Pauvres d'eux, il n'aurait plus leur cher, inestimable et dictatorial professeur. Quoiqu'il en soit, cela ne l'empêchera jamais de faire encore des ouvrages, des conférences de magie, et de recherches sur les runes. Bien au contraire, la place de Maître des Arcanes le permettrait aisément. Et place de choix, il devenait quasiment un illustre représentant de la magie, ayant accès sans aucun doute aux personnalités éminentes, aux livres uniques. A n'en pas s'en faire prier, cette place avait tout pour hisser Eloan vers des sommets encore inespérés dans cette voie.

Un problème.

Quitter sa place à l'académie de Mihailov signifiait ne plus enseigner à sa classe. Soit ne plus être en contact direct avec les nouvelles générations de mages de Ventus. En soi, il en côtoierait, car il s'occuperait jours et nuits de sa garnison, et sera sa tête, sa figure de proue, son entière représentation. Mais ce ne seront certainement pas des nouveaux. Ainsi, Eloan ne pourrait plus assurer la mission qui lui avait été donné par son ami Kyriel. Personnellement, et dans ses plans, ce n'était pas grave, car il pouvait reléguer cette tâche à d'autres personnes, tel qu'Emrys Helven, un ami de Mihailov. Mais ne plus le faire lui même le désappointait, car il était certain que le travail était bien fait.

Aussi, toutes les qualités qu'avait nommé Henry, Eloan les détenait. En fait, il est tellement double, bon comédien, et a une telle maîtrise de soi qu'il peut se faire caméléon et jouer n'importe quel rôle. Par contre... Le respect des ordres... Ce sujet était délicat. Respecter les ordres d'Henry ? Pour cela, une seule chose était utile: qu'Eloan connaisse Henry et le respecte lui-même. Car s'il y a bien une chose qu'Eloan n'aime pas faire, c'est obéir à autrui. Écouter un ami, c'était davantage dans ses cordes.

« ― Comme vous l'avez souligné, vous ne me connaissez pas mes qualités purement militaires. Alors sachez que je n'ai aucune formation militaire, néanmoins j'apprends très rapidement, et sachez que j'ai toujours eu certains malentendus avec la hiérarchie à proprement parler. Pour cela, ce sera plutôt à vous de faire vos preuves, et je suivrai vos instructions. »

A coup sûr, si Henry instaurait une bonne entente, voire une amitié, entre lui et sa recrue, et lui obéirait. Aussi, Eloan ne cessait de penser qu'il était chanceux sur ce coup, car certes il était l'un des futurs mage en puissance de Ventus, d'autant plus rare qu'il est affilié à l'eau, mais il n'était surtout pas le soldat le plus compétent qui soit, néanmoins il saurait le devenir, si besoin. Pourtant il n'avait pas envie que ce soit si aisé, si facile. Cela semblait trop rapide.

« ― Convainquez-moi donc de vous suivre dans cette aventure tout en abandonnant mes étudiants, et j'accepterai de devenir votre Maître des Arcanes. D'ailleurs, quel sera mon rôle, autant administrativement que militairement parlant ? Et s'il vous plaît, ne mentionnez pas le patriotisme et l'honneur, je ne pense pas que ce soit utile de le rappeler pour deux hommes tels que nous. »

Pourquoi cette simili-provocation ? Tout d'abord parce qu'il n'en avait que faire des discours pompeux sur l'honneur, la bravoure, et le devoir de protéger sa nation, il est vrai, cela avait une grande part de désintérêt pour Eloan, car ces éléments venaient de soi quasiment, et tant que cela allait dans ses propres intérêts... Mais surtout, Eloan menait lui aussi son enquête, il voulait davantage connaître Henry, et surtout savoir ce qu'il avait d'autre que son tact militaire, s'il voyait d'autres objectifs que recruter pour aller frapper sur la tête des nations adverses, surtout.

Une chose enfin... Eloan devait bien l'avouer... Maître des Arcanes, cela sonnait plutôt bien.




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Sam 16 Juin - 13:30
Comme Henry s'y attendait, l'affaire n'était pas jouée d'avance. D'ailleurs, cela n'aurait pas été très excitant si Eloan avait accepté dès les premières phrases, et il était normal que ce dernier demande plus de garanties de la part du chef des armées. Il avait implicitement, et à juste titre, soulevé un point important, le fait que Henry soit inconnu du grand public. Comment demander à des hommes de grande envergure de le suivre si ces derniers n'ont pas les garanties qu'il les mènera sur un chemin sûr, juste, et honorable? Par ailleurs, il était peut-être allé trop vite en besogne en lui présentant directement le poste à pourvoir. Il devait maintenant user de toute son éloquence pour convaincre le jeune mage.
Mais avant, ce dernier lui fit remarquer la splendeur de la voûte céleste, ce soir là. Les étoiles scintillaient fortement, réfléchissant leur douce lueur sur l'eau du bassin dans lequel ils se trouvaient. Bien que sa surface était légèrement troublée par l'arrivée d'eau, une partie de la cuve naturelle restait impassible, tel un voile percé de mince trous par lesquels semblaient s'échapper un peu de lumière. Henry leva à son tour les yeux pour observer la voûte céleste, qui rappelle à tout homme son insignifiance et sa petitesse.

"N'est ce pas? Vous avez peut-être remarqué que les thermes ne sont pas forcément plus vide le soir que la journée, mais je trouve ce genre d'endroit bien plus envoûtant et agréable lorsque chapeauté par un ciel étoilé. Si l'on si perd, on pourrait presque avoir l'impression qu'il s'agit de la voûte peinte de l'édifice. Nous ne pouvons malheureusement pas égaler la beauté de Mère Nature..."

Sur ces entre-faits, Henry fit tourner ses méninges à toute vitesse pour trouver de quoi convaincre Eloan. Il s'agissait d'un homme confiant, indépendant, qui n'avalerait pas la mayonnaise mal fouettée qu'il servait aux politiciens véreux d'Omnia. Et c'est d'ailleurs pour cela qu'il l'avait choisi...Non, là, il se devait de lui servir le discours Deluxe, la mousse de truffe levée sur un lit de caviar. Et il ne pouvait sortir ce genre d'élocutions que lorsqu'il était sincère: cela pouvait paraître étrange venant d'un politicien, mais Henry était comme ça.

"Il va de soi que si j'avais voulu vous parler de patriotisme, je ne vous aurai pas amené dans un bain chaud à Aquaria. Tout comme je suis nu devant vous, sans double sens, je mettrai mes convictions à nu pour tenter de vous convaincre. Pour être tout à fait honnête, je ne peux me permettre de mettre à la tête des régiments de l'armée des personnes que je n'apprécie pas, et qui ne m'apprécient pas. Alors, allez vous me dire, pourquoi vous? Nous ne nous connaissons pas. Et je ne vous demande pas de m'apprécier après quelques minutes de conversation. Seulement, pour ne rien vous cacher, les deux personnes qui pourraient assumer ce poste ont beau être d'excellents combattants et meneurs, je ne pourrai me résigner à les nommer. Car, sans vouloir vous donner l'impression que je vous courtise, il s'agit d'hypocrites près à tout pour assurer leur ascension sociale. Passez moi le vocabulaire, mais je sais pertinemment qu'ils me beurreront la raie tout sourire jusqu'à obtenir satisfaction: j'aurai beau leur dire d'amener leurs hommes à une mort certaine, ils le feront sans réfléchir pour être bien vus. Vous avez reconnu vous même avoir quelques problèmes avec la hiérarchie, et c'est cela que je recherche. Non pas que je veuille nommer des personnes qui contesteront mes ordres à tout bout de champ, qui sèmeront la discorde au sein des troupes, mais je ne cherche pas non plus de gentils chiens qui sauteraient du haut d'un ravin si je leur demandais. L'esprit critique, Sieur Galaad, et un climat de confiance. Si vous me faites confiance, je ne doute pas une seconde que vous suivrez mes ordres et si jamais l'un d'eux vous paraissait trop dangereux ou saugrenu, c'est moi qui placerait ma confiance en vous pour me rappeler à l'ordre. Nous sommes à Ventus, pas à Ignis, je n'ai aucune envie d'être un chef militaire despotique envoyant ses troupes à la mort sans vergogne, ne prenant aucune attention à l'avis de ses généraux. L'état major de Ventus sera composé de moi et de tous mes généraux, et tous auront leur mot à dire. Bien entendu, il serait faux de vous dire que je n'aurai pas le dernier mot, mais sans vouloir me vanter, j'ose espérer avoir la tête assez froide pour écouter ce que l'on a à me dire. Si c'était le cas, je ne vaudrai pas mieux que ces fous d'Ignis qui n'ont aucune considération pour la vie de leurs hommes. Si je vous ai choisi, c'est plus pour votre façon d'être que pour vos capacités, bien que celles-ci rentrent en compte, et c'est pourquoi je n'ai que faire que vous n'ayez aucune formation militaire. Comme vous l'avez dit, vous apprenez vite et je vous enseignerai moi même s'il le faut à maîtriser les petits secrets de l'armée.
Maintenant, pour ce qui sera de votre rôle, je ne peux tout vous communiquez tant que l'accord n'est pas scellé, comprenez moi. Cependant, je peux vous expliquer certaines choses. Le général, comme vous l'avez évoqué, doit instaurer un climat de confiance envers ses soldats, pour qu'ils le suivent. Mais il doit aussi leur montrer sa valeur, leur faire sentir qu'il est supérieur à eux. Non pas dans un rapport d'infériorité, pas du tout, mais ils doivent savoir, absolument tous, que si le combat n'est pas en leur faveur, leur général sera là pour les tirer d'un mauvais pas. Ils doivent avoir confiance en votre force, tant morale que martiale. Pour moi, c'est la première et plus importante des tâches qu'un général doit accomplir, et ce n'est pas la plus facile ni la plus courte: regardez moi maintenant. Mais je pense que vous êtes relativement familier avec certaines de ces notions, votre fonction de professeur a dû vous apprendre à instaurer ce genre de climat.
Pour ce qui est du reste, il s'agira d'une administration classique de groupe armé: équipements, recensements, où placer les garnisons, fréquence des entrainements, etc. Ce n'est pas le plus excitant, mais vous ne serez pas seul pour ces tâches, vous pourrez déléguer quelques unes de ces tâches à vos subalternes.
Puis pour finir, si l'on vous demande quelques troupes pour certaines missions, c'est à vous de sélectionner les garnisons qui partiront et de les équiper de manière adéquate. Cela sous entend de connaître plus ou moins les capacités de vos hommes. Pas de tous, bien entendu, mais connaître le profil de certains soldats qui sortent du lot, ou de certains gradés capables de diriger des missions.
Enfin...J'espère ne pas vous avoir endormi avec ce long discours, mais il n'en faut pas moins pour expliquer ma présence ici, en face de vous. Puis, l'endroit est agréable, ce n'est pas comme si je vous faisais attendre assis sur une chaise de bois très inconfortable, dans un triste bureau de la capitale."


En effet, mieux valait entendre ce genre de tirade bien installé dans un bain chaud que le derrière posé sur un bois rude. Henry reprit tout de même son souffle et s'installa plus confortablement en glissant un peu plus dans l'eau. Il espérait que ses mots avaient eu un effet positif chez son interlocuteur, mais rien n'était moins sûr: Eloan ne semblait pas être le genre de personne que l'on amadouait avec quelques paroles bien prononcées.

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Mer 20 Juin - 12:18
Ah, la beauté de Mère Nature. La grandeur de Mère Nature. La magnificence de Mère Nature. C'était une thématique majeure des réflexions « eloanesques » lors de ses sorties nocturnes dans le domaine d'Holmur, au fin fond oublié de la forêt jusqu'au bas des falaises escarpées du Nord-Ouest de Ventus qui formaient l'extrême limite de la terre des Galaad. Pensif et rêveur, il s'abandonnait à la nuit, à la lune et aux étoiles. Ce soir c'était un peu la même chose, mais en compagnie d'un inconnu, peut-on dire, et dans une discussion politique, certes.

« ― Pourquoi vouloir l'égaler, la laisser comme chef d’œuvre universel est parfait. »

Ensuite Eloan écouta avec intérêt la nouvelle tirade de, à ce qu'il pensait et espérait fortement, son futur ami. C'était peut-être présomptueux, mais il comptait unir un lien avec Henry pour parfaire sa situation de Maître des Arcanes, car sans lien de confiance, sans attache d'amitié, sans relation d'harmonie dans le groupe, il ne pourrait jamais avancer. Alors tant qu'à faire, autant que la solidarité soit vraie et forte.

A sa première phrase, Eloan lâcha un sourire probant ; c'est vrai, il avait raison. Ce n'était pas tous les jours qu'on lui demandait de se dévêtir pour un rendez-vous. Quoique... Avec Lucifer ou Cassandre... Non, un rendez-vous militaire absolument pas voyons ! Jamais ! Oh, pourquoi pourtant, il devait bien y avoir des magiciennes intéressantes avec lesquelles Eloan pouvait faire connaissance... Il obtenait le poste, il n'oubliera pas de choisir avec tact des subordonnés et subordonnées compétents, et sans doute des femmes. En outre l'attrait que cela apporterait à la formation, et peut-être son désir personnel, il savait que cela l'aiderait, pour plusieurs raisons : tout d'abord, bien qu'il joue beaucoup avec les femmes, il avait confiance en elle et savait qu'elle était capable d'autant voire plus de discernement que les hommes. Aussi car il voulait rompre avec les habitudes de Ventus, bien que ce soit un pays égalitaire, il fallait laisser leur chance aux femmes.

Eloan était d'accord avec ce que disait son acolyte de Ventus. Et il tiqua un peu sur la mention de deux autres potentiels choix et du vocabulaire qu'employait Henry sur eux ; c'était amusant. Certes, bien que le mage soit hypocrite avec les femmes quand cela l'arrange, Eloan ne le sera jamais dans des choses si sérieuses que la politique, mais pourtant lui aussi il voyait en ce nouveau titre une intéressante ascension sociale, il fallait l'avouer. Un Maître des Arcanes était forcément mieux vu qu'un jeune professeur talentueux aux multiples thèses et seulement reconnu dans son domaine, même pour une contrée des arts comme Ventus. C'était bien triste.

Le mage écoutait, buvait les mots, et réprima un sourire au « Mais il doit aussi leur montrer sa valeur, leur faire sentir qu'il est supérieur à eux » et aurait bien au un sourire machiavélique, mais la suite le refréna presque amèrement. Il aurait pu dire un "zut" bien expressif. Il aimait montrer qu'il était justement supérieur "dans un rapport de supériorité aux autres", et oui, son ego revenait toujours un peu sur l'avant de la scène. Bon, tant pis, il essaiera de se calmer là dessus, sait-on jamais, peut-être que cet expérience le changera de ce point de vue. Et c'est certain qu'en tant que professeur, il sait instaurer la discipline, et montrer que c'est lui qui dirige la classe.

« ― Oh non, votre discours était remarquable, et sachez que si vous m'aviez fait attendre sur une chaise en bois très inconfortable je me serai rapidement levé pour trouver un endroit plus confortable ou pour quitter la pièce. commença-t-il à répondre, en exprimant bien sa manière d'être, car il l'aurait certainement fait. Ne vous inquiétez pas pour moi, je saurai dire ce que j'ai à dire au moment voulu, et je serai ravi d'apprendre à vos côtés les ficelles militaires. Cette expérience me semble très intéressante et il me semble que je corresponde bien à vos attentes. Aussi, avez-vous commencé à rapatrier des mages d'un excellent niveau pour cette nouvelle armée ? Y-a-t-il déjà des noms ? »

Eloan démontrait bien qu'il était intéressé par la proposition, mais ne disait pas encore qu'il avait accepté, il voulait encore quelques petits renseignements. Puis, ce Henry était très bavard, il voulait savoir s'il était capable de parler aussi longuement sur une si petite question, et c'est vrai qu'il y avait de quoi dire tout de même sur tous les mages de Ventus. Cet aspect, c'était peut-être l'attitude enfantine et puérile d'Eloan qui ressortait, tout en paraissant adulte et mature. Enfin, ce n'était presque rien. Eloan trouvait toujours d'autres sens aux conversations, en analysant les gens dans leurs propres mots.


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Mer 27 Juin - 22:36
Dans les vestiaires se trouvait un homme. Un homme pas vraiment musclé, plutot maigre... et à la peau pale... bref, le stéréotype du rat de bibliothèque... Cet homme avait pour seul rempart contre la nudité une serviette roulée en pagne autour de sa taille. Cet homme, bien sur, c'était Reno.

Ses cheveux chatains paraissaient ternes comparé à sa peau. Ses lunettes commençaient déjà à se recouvrir de buée avant même d'avoir atteints les bains chauds.

Que faisait-il ici ? Il obéissait à un caprice de Siphel qui lui sommait de « laisser le boulot de côté et d'aller se détendre ». Caprice de femme enceinte, sans doute. Pourquoi les bains chauds ? Bonne question... Siphel n'a pas donné de consigne particulière à la détente, Reno a erré en ville et... attiré ici, voilà tout.

Le voilà prêt à affronter la chaleur des bains. Le jeune archiviste sort et suit le couloir, direction les bains indiqué par l'hôtesse. C'était quelle salle, déjà ? Zut, quelle tête en l'air... ah oui, salle numéro 2, voilà.

Foutue buée... Il y voyait mal avec ça... Et il avait beau les essuyer sur le pan de sa serviette, la chaleur qui sortaient des pièces venaient aussitôt en remttre une couche ! Bon, tant pis, , il fera sans. Reno accrocha donc ses lunettes sur le bord de la serviette et se dirigea à taton contre les murs... finalement, il ouvrit une porte avec un chiffre gravé dessus. Le 2, semblait-il... bon, il entre... sans se douter qu'en fait, c'était le 3 évidemment.

La chaleur de l'eau chaude, le bruit assez relaxant d'une chute d'eau... et deux silhouette indiscernable avec les vapeurs se dégageant du bain. Prudemment, Reno avança et s'arrêta au bord du bassin avant de se dévêtir, déposer ses lunettes et se glisser dans l'eau qui lui arracha un léger soupir d'aise... bon, il allait partager son moment de détente avec deux inconnus.


<< Bonsoir messieurs. >>

La vapeur n'aidait pas vraiment à discerner le visage des deux individus, mais maintenant qu'il s'était rapproché, il pouvait plus ou moins deviner les traits des deux interlocuteurs. Un blond et un brun, bien mieux bâti que l'archiviste, évidemment. Difficile de deviner leur nationalité en revanche...

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Jeu 28 Juin - 17:24
Ça semblait plutôt bien engagé. Son discours avait visiblement fait son effet, et Eloan sous entendait une future collaboration entre les deux. Mais comme il ne fallait jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, Henry ne devait pas encore prendre trop de confiance et effaroucher le talentueux professeur de magie. Ce dernier s'enquit par ailleurs d'éventuels autres grands mages du pays qui composeraient l'armée. A vrai dire, Eloan était le premier vers qui il se tournait: il fallait choisir la tête avant d’élaborer le corps. Bien sûr, il avait une liste de quelques mages qu'il serait intéressant de recruter dans les rangs du régiment de soutien, mais il comptait trancher plus tard, de concert avec Eloan. Quoi de plus normal? Il les dirigerait, il avait son mot à dire.
Henry avait néanmoins eu une entrevue avec son ami Raphaël au sujet d'un petit groupe de mages d'élite dirigé par ses soins qui servirait à causer de gros dégâts dans les rangs adverses avant une charge, ou couvrir une retraite un peu trop précipitée. Au début, Eloan figurait dans les membres de cette petite unité, mais le jeune Chef des Armées le jugea plus apte à diriger le contingent principal des mages.

"Pour ce qui est des noms, nous verrons cela si vous acceptez mon offre. Un de mes amis, dont vous avez peut être entendu parlé si vous êtes familier avec les petites histoires qui tournent autour de la Triade de Ventus, Raphaël Cibelli, m'aidera à diriger une unité spéciale composée de mages assez costauds. Ce groupe sera à votre disposition si vous avez besoin d'une force de frappe supplémentaire ou d'un soutient. Mais nous re..."

A ce moment, la porte du bain numéro trois s'ouvrit. Quoi? N'avait-il pas payé pour qu'ils ne soient pas dérangés? Peut-être était-ce une hôtesse qui venait apporter quelque rafraichissement...Non, il avait trop pris goût aux facilités du conseil: à boire et à manger à volonté, servi par d'humbles serviteurs dont la parole est scellée sur ce qu'ils entendent. Un homme maigrelet décala de l'entrée. Il ne semblait pas y voir très bien et avançait à tâtons vers le bassin, des lunettes embuées pendant à la serviette qu'il avait à la taille. Après l'avoir ôtée, il se glissa dans l'eau en les saluant. Ses yeux se plissaient pour y voir correctement, indiquant une myopie assez sévère: la distance qui les séparaient n'était pas si grande que cela. Il avait l'air...d'un parfait Aquarian. Pour y avoir vécu quelques années, Henry reconnaitrait ce genre de profil entre tous. Bien sûr, généraliser n'était jamais très bon et il venait peut être d'ailleurs, mais une grosse intuition persistait. Profitant du léger problème de vue de l'homme (arrivé comme un cheveu sur la soupe), Henry fit un discret signe du regard à Eloan, indiquant que leur petite entrevue allait devoir être reportée.

"Bonsoir mon bon monsieur. Quoi de mieux qu'un bon bain chaud en fin de journée pour se détendre? Moi et mon cousin sommes venus de loin pour en profiter. Terra, plus exactement...Là bas, nous n'avons guère de bains tel que ceux ci. Et vous, vous êtes d'ici? Ou êtes vous comme nous, de simples touristes?"

Couverture déployée, improvisation lancée, objectif en vue...mais pas forcément atteint. Bien que son mensonge sortit sur le moment pouvait paraître plausible, qu'est ce que deux Terrans viendraient faire ici? Mais bon, dire qu'ils venaient de Ventus lui paraissait un peu trop dangereux, et plutôt mourir que de se faire passer pour un esclave d'Ignis...qui aurait très peu de chance de se retrouver ici, de toute façon. Poussant quelque peu la feinte, il taquina du coude le bras d'Eloan avec un sourire rustre, visiblement destiné à imiter le comportement d'un Terran.

"Où en étions nous? Ha oui, la grosse Micheline! Avoue que ton frère a tenté de la besogner...Il n'a pas voulu cracher le morceau, mais je l'ai vu dans son regard! Ha quelle tristesse! Être éconduit par une telle...muse du surpoids, ça doit faire mal."

Rien de tel qu'une bonne conversation entre hommes pour ôter tout soupçons.

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Ven 29 Juin - 12:28
En fin de compte, le Mage de Ventus avait bien fait de se déplacer. Certes, il n'aurait pas été digne de ne pas venir sans prévenir, mais il aurait pu prévenir d'une éventuelle absence en avance ; et ce n'était pas si rare chez lui. Mais la soirée se révélait aimable, avec une discussion intéressante de poésie, certes courte, qu'Eloan ne partageait guère souvent, car peu de monde en discutait en ce monde, alors même qu'il se trouvait à Ventus, la patrie de l'art. D'ailleurs, il n'osait imaginer ce que cela donnerait avec les archétypes d'un Terran ou d'un Ignisien pur souche. Il en grimaçait intérieurement rien qu'en pensant qu'il pouvait le penser. Mais chose indéniable, outre le rendez-vous politique qui se jouait dans les thermes, Eloan avait enfin l'occasion de voir Henry Artins, lui-même. Par curiosité, à Mihailov-même, il était déjà allé voir Rafaël Cibelli et avait discuté avec lui en tant que collègue, il avait même réussi à obtenir quelques mots sur Henry, le fameux Henry qui avait défait et foudroyé sur aîné sur place. Du moins, c'était la rumeur, et cette rumeur intriguait fort Eloan. Quand il pensait que lui, à maîtriser l'eau à merveille, et pouvait même maîtriser la glace, fait déjà exceptionnel, Henry pouvait le pulvériser avec de la foudre. Pour le dire crûment, cela le rendait vert, non pas de jalousie, mais cela lui en mettait un coup dans son orgueil déjà bien fourni. D'ailleurs, ces derniers temps, il avait l'irrésistible envie de replonger dans ses recherches et dans ses travaux personnels pour confectionner d'autres sorts de glace et devenir plus puissant, autant dire que s'il le faisait, il serait injoignable pendant une bonne semaine.

Eloan écouta ce que venait de dire Henry, et liant cela à sa réflexion, il en vint à se demander ce que donnerait cette réunion de mages puissants. Cela ne pourrait être qu'enrichissant, et explosifs, surtout du côté ennemi. Ça promettait. Et être auprès de l'ancienne Triade, quoi de plus honnorable.

Soudain, à un fatidique « mais » dont Eloan aurait attendu la suite avec impatience en temps normal, la conversation fut abruptement interrompue. L'homme était assez décharné, à la peau blanchâtre, avec des lunettes rondes. Quelle idée de conserver ses lunettes dans des bains chauds. Quel pignouf ! Henry tentait de jouer la mascarade, pourtant le choix de Terra semblait peut crédible aux yeux d'Eloan... Enfin bon, pourquoi pas.

A la boutade lancée par son complice. Eloan entra dedans au maximum pour essayer de rendre la situation crédible. En dehors de cela, il appréciait presque l'intervention du dit-pignouf, car elle permettrait de tisser possiblement les prémices de confiance, d'intimité et de complicité entre les deux hommes de Ventus.

« ― Bonsoir Monsieur. commença Eloan avec entrain. Ah, ce pauvre Sébastian ! Il est vrai que cela reste incompréhensible, premièrement, de mener une tentative tant désespérée pour s'approcher de Micheline, et ensuite que celle-ci l'ait refoulé... Certes, il n'a pas reçu le même charisme de notre brillant père et la beauté de notre merveilleuse mère tout comme moi, mais cela fera au moins de lui notre bout-en-train ! »

Mettre un nom sur ce frère imaginaire, car oui, Eloan était fils unique, avait pour seul but de rendre la situation plus crédible. Aussi, le jeune mage de vingt-quatre ans l'avait dit d'un ton si naturel et si... « masculin » de Terra, si l'on peut appeler cela ainsi, que son talent de comédien ne pouvait en aucun cas être décelé, cela paraissait vrai. Ah, des années d'entraînements quotidiens de fausseté. D'un côté, Eloan se demandait comme Henry allait percevoir ce don de comédien, en bien ou en mal. A présent, l'enseignant se questionnait sur ce pignouf, comment pouvait-il être arrivé là, aussi maladroitement, en espérant qu'il ne serait pas aussi collant que l'aspect de rat de bibliothèque qui collait à sa peau blanchâtre.




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Jeu 5 Juil - 14:14
<< Bonsoir mon bon monsieur. Quoi de mieux qu'un bon bain chaud en fin de journée pour se détendre? Moi et mon cousin sommes venus de loin pour en profiter. Terra, plus exactement...Là bas, nous n'avons guère de bains tel que ceux ci. Et vous, vous êtes d'ici? Ou êtes vous comme nous, de simples touristes?
- Je vis ici. Je suis archiviste à la bibliothèque. >>

Terra ? Pourquoi des gens de Terra viendraient jusqu'ici, rien que pour des bains chauds alors qu'on pouvait en trouver partout ailleurs ? Certes, ceux d'Aquaria avaient une jolie petite réputation mais... Ouais bref, qu'importe dans le fond. Mensonge ou vérité, il n'avait rien à en cirer. Il était avant tout ici pour se détendre, comme « l'ordonnait » Siphel.

<< Où en étions nous? Ha oui, la grosse Micheline! Avoue que ton frère a tenté de la besogner...Il n'a pas voulu cracher le morceau, mais je l'ai vu dans son regard! Ha quelle tristesse! Être éconduit par une telle...muse du surpoids, ça doit faire mal. >>

... si on se basait sur les rumeurs concernant les habitants de Terra, le niveau de conversation ne volera guère plus haut... après, Reno n'était pas homme à croire les on-dits mais bon, vu comme c'était parti, son opinion risquait de coller à celui de la populace...

<< Ah, ce pauvre Sébastian ! Il est vrai que cela reste incompréhensible, premièrement, de mener une tentative tant désespérée pour s'approcher de Micheline, et ensuite que celle-ci l'ait refoulé... Certes, il n'a pas reçu le même charisme de notre brillant père et la beauté de notre merveilleuse mère tout comme moi, mais cela fera au moins de lui notre bout-en-train ! >>

... aaaaah les joies de l'alcool... Reno resta muet pendant qu'ils parlaient, n'écoutant que d'une oreille à peine attentive ces ragots et focalisa plus son esprit sur la sensation de bien-être qui inondait son corps. Trop occupé qu'il était par sa quête de divinité, il nourrissait plus son âme que son corps, hélas. Il lui arrivait souvent de sauter un repas, de réduire au strict minimum ses heures de sommeil, voir même de négliger l'hygiène corporelle tout ça pour poursuivre des recherches qui l'auraient captivé... mais bon, il faudra bien changer ça... c'était triste, mais être papa demandait bien plus de concessions qu'une vie d'amant... sa quête de puissance divine s'en retrouvera bien entravée... peut être même inachevée... à moins que sa progéniture ne soit du genre à prendre sa relève ? … mouais, avec une mère comme Siphel, il ne fallait pas trop se faire d'espoirs...

Les yeux fermés, plus ou moins affalé contre la paroi du bassin, Reno continuait plus ou moins d'écouter la conversation. On sait jamais, peut être que les rustauds voudront l'intégrer à la conversation auquel cas il n'aurait pas envie d'être pris au dépourvu quand on s'adressera à lui. Ca lui arrivait déjà trop souvent quand il était absorbé dans de la lecture...

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Ven 6 Juil - 15:11
Bien, le nouvel arrivé semblait amadoué. Ou du moins, il ne semblait guère intrigué par la présence des deux jeunes hommes. Ne disant mot, il semblait vouloir se détendre à la position molle qu'il avait adopté. Tant mieux. Moins il cherchait, mieux les ventusiens se porteraient. D'autant que Henry ayant grandit à Aquaria, il se demanda avec effroi s'il n'avait pas aperçu l'homme par le passé, et vis versa...Cela faisait toutefois plus de dix ans qu'il avait quitté la cité de l'eau et doutait qu'on le reconnaisse ici bas. En tout cas, ils savaient que l'homme était un employé de la bibliothèque...Un détail relativement gênant: Henry s'y rendait de temps à autres, et il ne doutait pas qu'Eloan faisait de même...Un Terran à la bibliothèque d'Aquaria? Non, mieux valait éviter cet archiviste lors de la prochaine visite.

Pour l'heure, la pilule du mensonge passée, Henry devait un peu meubler la conversation. Bien sûr, l'endroit prêtait plus au silence et à la détente qu'à de grandes et endiablées discussions, mais un peu de parlotte tiendrait en haleine la rencontre. Mais jouer les terrans un peu rustre paraissait une brillante idée sur le moment, la rendre constante s'avérait plus difficile. Néanmoins, il remarquait les talents d'acteurs et d'improvisation d'Eloan qui lui échappèrent un ricanement, sincère, à l'écoute de sa réponse.


"Sacré Sébastian, oui. Mais n'embêtons pas Monsieur par nos discussions d'après taverne, veux-tu? Nous en reparlerons à tête reposée plus tard..."

Toute l'habilité rhétorique du jeune homme s'illustrait dans cette phrase. Si de prime abord elle se montrait banale, sans signification, une oreille entrainée y verrait un clair double sens. A la manière des discussions "précieuses" menées dans les hautes sphères d'Omnia, la "discussion d'après taverne" désignait leur entrevue précédente, on ne peut plus sérieuse. Le report suggéré de cette même discussion, concernant l'illustre Sébastian en apparence, annonçait à Eloan (de manière plus assurée qu'un simple regard) qu'ils allaient se revoir. Enfin bon, il fallait bien que les longues heures d'études rhétoriques et les pompeuses discussions avec l'aristocratie ventusienne serve à quelque chose! Par ailleurs, il espérait qu'Eloan ne se formaliserait pas concernant le tutoiement impromptu qu'il employait à son égard, crédibilité oblige.
Puis, il léger silence s'installa. Malgré toute son éloquence, Henry séchait quelque peu sur la suite. Il allait devoir broder autour de leurs personnages improvisés, en espérant que cela n'ait pas l'air très suspect. Il s'adressa de nouveau à Eloan afin de préparer une réplique au nouveau venu.

"Alors, que désires-tu faire demain, cher cousin? Cette cité semble pleine de beautés et de délices cachés, par lequel commencer? J'ai peur que nous devions partir avant d'en avoir vu le dixième..."

Il porta son regard vers l'homme entrain de savourer son bain chaud.

"Excusez moi, si vous résidez ici, peut-être avez vous quelque endroit à nous conseiller pour notre petite visite? A moins que cela vous dérange, vous semblez fatigué pour quelqu'un qui s'occupe de livres...Vous mènent-ils la vie dure en gambadant partout?"

Peu fier de sa blague, le jeune homme s'enfonçait un peu dans son personnage. Pour lui, un terran lambda, bercé dans une culture guerrière, ne comprendrait pas l'affligeant travail qu'est celui d'un bibliothécaire. Puis, un peu de piment ne ferait pas de mal pour détourner l'attention de leur présence première...

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Sam 7 Juil - 11:34
Décidément, des Terrans à Aquaria... il avait du mal à y croire, mais bon... les raisons de la présence de ces hommes ne devaient guère être importantes...

<< Sacré Sébastian, oui. Mais n'embêtons pas Monsieur par nos discussions d'après taverne, veux-tu? Nous en reparlerons à tête reposée plus tard... >>

« Discussions d'après taverne » ? Ca fait longtemps qu'il n'a pas entendu cette expression... ça datait de l'époque où il vivait encore chez son père. Il employait cette expression après des réunions avec des clients ou autre... des Terrans ne pouvaient avoir des conversations sérieuses... si ? Enfin, là encore, il ne pouvait guère croire les cliché, préférant se forger un avis propre... mais il faudrait pour ça se rendre à Terra et il ne pouvait pas vraiment se préparer à un tel voyage dans l'immédiat. Il n'allait pas laisser une Siphel enceinte seule ici...

<< Alors, que désires-tu faire demain, cher cousin? Cette cité semble pleine de beautés et de délices cachés, par lequel commencer? J'ai peur que nous devions partir avant d'en avoir vu le dixième... >>

Reno se détendit un peu plus, l'eau chaude faisant des merveilles dans le domaine de la relaxation des muscles.

<< Excusez moi, si vous résidez ici, peut-être avez vous quelque endroit à nous conseiller pour notre petite visite? A moins que cela vous dérange, vous semblez fatigué pour quelqu'un qui s'occupe de livres...Vous mènent-ils la vie dure en gambadant partout? >>

Maintenant qu'on s'adressait à lui, Reno se redressa un peu afin d'adopter une attitude convenable pour le dialogue.

<< On peut dire ça comme ça. Les gens ont la fâcheuse habitude de ne pas ranger les livres à leur place et une partie de mon travail consiste à mener des ouvrages égarés à leur place. Pour ce qui et du tourisme... eh bien la majorités des bâtiments sont tournés vers le tourisme religieux, donc si ce n'est pas ça que vous cherchez, vous n'êtes pas au meilleur endroit. Dans le cas contraire... eh bien on peut trouver le sanctuaire. Certes on ne peut pas visiter l'intérieur sans autorisation, mais la vue extérieur vaut quand même un petit détour. Il y a également la place sainte. Un régal pour les yeux, je doute qu'on puisse trouver une fontaine plus impressionnante que celle qui se trouve la bas... si ça ne vous conviens pas, je ne peux que vous encourager à visiter la cité par vous même en quête de la perle rare qui saura vous plaire pendant votre séjour ici. >>

Les pauvres... s'il s'agit vraiment de Terrans et si la religion ne les captive pas plus que ça, leur séjour ici va être d'un ennui total. Reno n'est pas le meilleur guide qui soit pour guider deux touristes en ville en quête d'une quelconque attraction. Il n'y a bien évidemment pas de maison close (à sa connaissance en tout cas), les tavernes ne sont pas des plus attractives et le reste... eh bien... il est ce qu'il est, va-on dire...

Il aurait également pu parler de la bibliothèque mais ce n'est pas vraiment un lieu touristique, il s'agit surtout d'un lieu d'étude. Il existe bien sur des gens qui viennent de loin pour y parfaire leurs connaissances, mais ces deux gaillards n'avaient vraiment pas le physique de l'érudit... après, les apparences sont parfois trompeuses.

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Sam 7 Juil - 18:14
De toute évidence, avec une telle éloquence, et un nombre si grandiloquent, si impressionnant, si colossaux de mots, et une telle verve, on voyait tout de suite que ce bibliothécaire était très bavard... Et Eloan aurait bien soupiré à épuiser ses poumons de toute l'air qu'ils pouvaient contenir pour monter son indignation mais il se retint car ce n'était malheureusement pas le lieu et surtout ce n'était pas le temps de la moquerie. Au moins une chose de positive, il ne semblait pas s'étaler sur leur mensonge, on pouvait imaginer qu'il l'avait soigneusement et religieusement gobé, ou qu'il n'en avait clairement rien à faire. Dans tous les cas, ce n'était ni noble, ni profond.

Pourtant, le seul mot d'archiviste suffit à retenir l'attention d'Eloan. Peut-être que la couverture trouvée par Henry allait être bancale s'il avait déjà vu, Eloan et Henry à la bibliothèque, car Eloan ne doutait pas qu'Henry s'y soit aussi rendu d'une manière ou d'une autre. Mais il y avait peu de chance que ce soit vrai, car il y avait tant d'archivistes, et la bibliothèque était tellement grande que c'était vraiment peu probable.

Heureusement, ce cher Henry avait été là pour soulever la conversation à sa suite. Le jeune mage comprit l'allusion à leur conversation qui devait être remise à plus tard, et en jubilait d'avance puisque cette histoire l’intriguait énormément. En bref, il avait hâte que le pignouf d'archiviste passe à autre chose. Aussi, l'enseignant ne fût pas déranger par le tutoiement dans leur jeu de comédien, et même, en si peu de temps, un climat de confiance, et presque de connaissance de l'autre, s'était installé entre l'homme du Trio, et Eloan.

La conversation suivit son cours. Elle n'était pas formidablement élevée, et Eloan laissa son ami la continuer. Eloan avait vécu longtemps à Aquaria, il ne voulait pas se donner la peine de faire semblant de la pas connaître la cité. De plus, à l'évocation de l'ennui Terran devant l'architecture et les bâtiments d'Aquaria. Eloan eut l'envie folle de faire semblant de partir découvrir la ville en sortant avec son comparse, voire même de sortir, de faire semblant de quitter l'établissement, mais en fait d'aller dans un autre bain. Car un pignouf, c'est souvent dérangeant.

Sentant qu'il allait commencer à s'ennuyer. Eloan tapota vivement dans l'eau et reprit la conversation en parlant directement avec son acolyte :

« Eh bien, mon bien aimé cousin, il est bien tard ce soir, quand comptes-tu donc que l'on fasse la visite de ces lieux et qu'allons-nous faire ensuite, d'après toi ? »

L'enseignant souriant gentiment à son partenaire.


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Dim 8 Juil - 16:06
Tandis qu'il regardait l'homme avec un air très intéressé, Henry se rendait compte de l'ennui d'Eloan par son silence. Bien sûr, l'archiviste énonçait lieux et bâtiments que les deux jeunes hommes connaissaient déjà, mais pour garder la couverture parfaite, le chef des armées hochait la tête de temps en temps en se donnant l'air intelligent. Un Terran qui veut donner l'impression d'être malin...plutôt imiter un chimpanzé entrain de résoudre une énigme. Mais bon, il se contentait acquiescer puis lorsque le bibliothécaire eut finit sa phrase, il lui sourit avec gratitude. Une reconnaissance cette fois-ci sincère: l'homme leur avait répondu tout à fait gentillement, alors qu'ils lui mentaient depuis son arrivée.

"Merci bien pour ces renseignements. Nous tâcherons d'au moins visiter cette fameuse fontaine...On vante ses beautés jusqu'à Hystia. Malheureusement nous ne restons pas longtemps, nous ne pourrons probablement pas voir tout ce dont vous nous avez parlé. En tout cas, votre travail a l'air quelque peu laborieux...N'avez vous pas une femme pour vous détendre outre mesure?"

Petite allusion salace pour continuer dans le personnage et faire un peu la conversation. C'est alors qu'Eloan s'en mêla. Après s'être quelque peu agité dans l'eau, il s'adressa à Henry concernant la suite de leur "visite". Se doutant bien qu'il ne lui demandait quand ils iraient voir la fontaine de la place sainte, il fit marcher son esprit à cent à l'heure pour décoder tout ça. Fort heureusement, ce n'était pas bien compliqué pour le moment. Mais s'ils se lançaient dans ce genre de discours, ils finiraient probablement par des "As-tu les salades que je t'avais demandé?", "Oui, je les ai apportées chez ta maman." . Enfin, avec un peu de sérieux, les choses allaient devenir plus palpitantes.

"Oui, il se fait tard. Nous visiterons cela demain, je pense, mais nous serons probablement pressés par le fait que le voyage de retour vers Hystia risque d'être long. D'ailleurs, une fois arrivés chez nous, j'aurai sûrement besoin de toi pour nettoyer la salle d'arme de notre grand père...Si toutefois tu es disponible bien entendu. Puis nous aurons tout loisir de discuter de ta nouvelle affectation au palais de la reine, nous n'en avons pas beaucoup discuté jusqu'à présent. Peut être serons nous dans la même aile...Auras-tu quelque occupation qui t'empêchera de visiter grand père?"

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Lun 9 Juil - 19:09
<< Merci bien pour ces renseignements. Nous tâcherons d'au moins visiter cette fameuse fontaine...On vante ses beautés jusqu'à Hystia. Malheureusement nous ne restons pas longtemps, nous ne pourrons probablement pas voir tout ce dont vous nous avez parlé. En tout cas, votre travail a l'air quelque peu laborieux...N'avez vous pas une femme pour vous détendre outre mesure?
- J'en ai une, oui, mais pour ce qui est de la détente... eh bien c'est elle qui m'a suggéré cet endroit. Je ne lui en veut pas, elle même à besoin de repos en ce moment. >>

A voir s'ils comprendront la raison du repos, mais ça ne les regardait pas au final.

Si l'homme qui avait demandé des conseils touristiques avait écouté avec un calme religieux, son camarade tapotait dans l'eau d'un air ennuyé... peut être n'avaient-ils pas pensé qu'un autre puisse s'introduire dans leur pièce...


<< Eh bien, mon bien aimé cousin, il est bien tard ce soir, quand comptes-tu donc que l'on fasse la visite de ces lieux et qu'allons-nous faire ensuite, d'après toi ?
- Oui, il se fait tard. Nous visiterons cela demain, je pense, mais nous serons probablement pressés par le fait que le voyage de retour vers Hystia risque d'être long. D'ailleurs, une fois arrivés chez nous, j'aurai sûrement besoin de toi pour nettoyer la salle d'arme de notre grand père...Si toutefois tu es disponible bien entendu. Puis nous aurons tout loisir de discuter de ta nouvelle affectation au palais de la reine, nous n'en avons pas beaucoup discuté jusqu'à présent. Peut être serons nous dans la même aile...Auras-tu quelque occupation qui t'empêchera de visiter grand père? >>

Bon... le voilà de nouveau hors conversation. En tout cas, pour des supposés rustauds, ils avaient un langage développés et un attrait culturel... inhabituel. Soit les on-dits sur les habitants de Terra n'étaient que mensonges, soit c'étaient bel et bien des fausses identités... et l'instinct de Reno lui indiquait que la deuxième possibilité était la plus probable...

<< Vous comptez vraiment partir si vite ? Je sais que nos bains sont réputés mais faire le trajet juste pour eux depuis Terra, ça ne valait pas vraiment le coup si vous voulez mon avis. Vous devriez peut être prolonger votre séjour, il y a probablement un autre lieu que ces bains qui pourraient éveiller votre intérêt. >>

Pure politesse, bien sur... mais quand même, il devrait pas vraiment insister, de toutes façons. Malgré tout... pourquoi cacher son identité ? Si ça se trouve, il y avait complot... ou alors il se faisait vraiment des idées...

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Lun 23 Juil - 18:34
Dans tous les cas, le camarade d'Eloan jouait bien le jeu, dans le rôle du bon terran de base, assez rude et tourné vers le beau sexe. A la réponse du pignouf intempestif, Eloan fût presque blasé intérieurement, tout en affichant un léger sourire qui se voulait accueillant. Passèrent dans sa tête deux choses. Première chose, il se demandait bien comment un pignouf maigrichon pouvait bien avoir une femme, et à cela, il imagina bien la tête que celle-ci pouvait avoir... Ce pouvait-il qu'elle ait l'aspect aussi ratichon que lui ? Était-elle aussi émaciée et avait-elle une peau aussi laiteuse que son mari ? Une esquisse commença alors à se dessiner dans les pensées du pseudo-terran, esquisse qu'il gribouilla rapidement pour la jeter dans la première corbeille qu'il trouva. Ensuite... Il se pouvait qu'elle soit belle, d'un aspect adorable, et dans ce cas-ci, l'enseignant comprenait aisément pourquoi elle l'envoyait voir ailleurs... En apercevant ce pignouf ce n'était pas difficile de se faire un scénario qui, pourtant, pourrait vraisemblablement tenir la route.

Après avoir balayé ces pensées assez corrosive, il écouta attentivement son nouveau comparse, tout en pressentant qu'il venait, aujourd'hui, de se faire un bon ami, voire excellent. Il comprit aisément les informations émises, et attendit que mufle répondit à son ami pour reprendre la parole :

« ― Oui, nous visiterons cela rapidement demain. Malheureusement i est vrai que l'on ne dispose que de peu de temps, mais tudieu ! On n'a que peu de jours de permissions à l'armée de Terra ! Oui, les congés des soldats de Terra sont courts, nous devons vivre dans la rigueur, nous, nous avons notre devoir à remplir, et l'armée ne souffrira pas d'une minute de retard ! Et puis, si on veut rentrer à temps pour bien profiter, il ne faudra pas manquer de passer dans l'une de nos prestigieuses tavernes ! Pas vrai ? » insista-t-il en donnant une tape à l'épaule d'Henry. « Après il est vrai que je dois reprendre mon service auprès de la Reine, et je m'en fais un plaisir, notre Reine est un sacré morceau il faut dire ! » continua-t-il en s’esclaffant. « Avec ces nouvelles obligations, il va m'être difficile de trouver du temps pour grand-père, je vais devoir m'y prendre le soir, sans doute que cela m'ôtera quelques plaisirs de mes rares libertés ! » dit-il en faisant mine de réfléchir à la situation « Ah, mais j'y pense ! » reprit-il soudain avec l'enthousiasme d'un terran mal élevé. « Il y aura bientôt la réunion familiale ! Cousin ! Le week end prochain à la demeure de Grand-Père ! Cela tombe à pic ! »




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Sam 6 Oct - 14:34
Malgré les soupçons lisibles sur le visage du bibliothécaire, la conversation entre les deux faux terrans allait bon train. Mieux, sous l'épaisse masse d'informations erronées qui meublait leur vie imaginaire, ils parvenaient à se comprendre. Deux cerveaux valent mieux qu'un, à ce qu'on dit...Cependant, plus la conversation avançait et plus les mensonges s'agglutinaient, mensonges dont il fallait se souvenir pour éviter toute incohérence. Donc laisser trainer la discussion en longueur augmentait le risque d'être démasqué. Fort heureusement, Eloan semblait tout aussi pressé que lui d'y mettre un terme. En proposant subrepticement une nouvelle date de rencontre, il leur permettait de mettre un terme à l'entrevue. Henry éclata d'un rire gras à l'évocation peu soutenue de la reine de Terra. Certes, la plaisanterie l'avait fait rire, mais une légère exagération pour paraître plus terran ne faisait pas de mal.

"Si elle t'entendait, tu finirais en tapis face à la cheminée de ses appartements! Quoique tu pourrais t'y rincer l’œil, coquin que tu es."

Une petite phrase pour détourner l'attention du vif du sujet: le fameux week end prochain. La réunion de famille. Tout ça.

"En effet! J'avais oublié cette fichue réunion! Bien que voir les têtes de lards de notre famille m'enchante guère, il nous sera probablement possible de nous échapper dans une des ailes du manoir de grand père. Ainsi nous pourrons y faire quelque exercice, tu me montreras ce que t'apprennent tes instructeurs à l'armée! Puis ça sera toujours plus intéressant que leur banquet morbide..."

Sur ce, feignant toute l'impudeur du terran tel qu'il l'imaginait, Henry se redressa. L'eau ne lui arrivait qu'un peu en dessous de la taille, dévoilant son intimité aux yeux (qui n'avaient rien demandé) des deux autres. Les mains sur les hanches, face à eux, Henry affichait un large sourire, celui de l'imbécile qui, sachant son idiotie réussie, jubilait de plaisir. Il dandina son bassin de gauche à droite, ajoutant un grotesque presque intenable à la scène. Avec cela, si le bibliothécaire doutait toujours de son origine terrane...La discussion dangereuse terminée, il pouvait bien "détendre" un peu l'atmosphère, et détourner l'esprit de Reno vers d'autres intrigues.

"Allons, je cesse mes pitreries. Monsieur, nous ne vous importunerons pas plus longtemps. Merci de votre patience et de vos indications fort utiles quant à la visite des lieux. Nous tâcherons de les prendre en compte. Cousin, retrouvons nous à l'auberge, j'ai quelques comptes à régler avec l'une des hôtesses, si tu vois ce que je veux dire..."

Après un ricanement qui en disait long sur le sous entendu, il saisit la serviette blanche posée sur le bord du bain, puis en sortit en se couvrant la taille. La discrétion était toujours de mise: on ne devait pas voir Eloan et Henry sortir en même temps des bains, au risque d'éveiller les soupçons. Il devait faire vite et bien: séché et changé en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Henry sortit des bains d'un pas décontracté, mais surveillant le moindre individu présent. Il ne fila cependant pas à l'auberge mais à l'ancienne maison de sa mère adoptive, où il passerait la nuit avant de repartir pour Ventus. Le rendez vous avec Eloan était fixé au week end suivant, au gymnase d'Omnia, avec l'espoir d'y être un peu plus tranquille: la qualité d'Henry lui permettait de le réserver pour lui seul à loisir.

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Mar 27 Nov - 12:11
« Oui, nous visiterons cela rapidement demain. Malheureusement il est vrai que l'on ne dispose que de peu de temps, mais tudieu ! On n'a que peu de jours de permissions à l'armée de Terra ! Oui, les congés des soldats de Terra sont courts, nous devons vivre dans la rigueur, nous, nous avons notre devoir à remplir, et l'armée ne souffrira pas d'une minute de retard ! Et puis, si on veut rentrer à temps pour bien profiter, il ne faudra pas manquer de passer dans l'une de nos prestigieuses tavernes ! Pas vrai ? Après il est vrai que je dois reprendre mon service auprès de la Reine, et je m'en fais un plaisir, notre Reine est un sacré morceau il faut dire ! Avec ces nouvelles obligations, il va m'être difficile de trouver du temps pour grand-père, je vais devoir m'y prendre le soir, sans doute que cela m'ôtera quelques plaisirs de mes rares libertés ! Ah, mais j'y pense ! Il y aura bientôt la réunion familiale ! Cousin ! Le week end prochain à la demeure de Grand-Père ! Cela tombe à pic ! »

Il ne comprenait pas grand chose à ces paroles savamment dénuées d'intérêt. Reno n'allait pas insister : il ne pouvait pas donner une identité sous ces masques sans prendre de risque... et Ehol savait bien qu'il ne pourra guère se défendre dans un endroit aussi humide.

Mais bon sang que ça l'intriguait. Qu'est ce qui pouvait bien se trouver à Aquaria qui nécessite une infiltration ? … rien, à la connaissance de Reno.

Un bruit d'éclaboussure le tira de ses réflexions. Un des deux hommes s'était tiré hors de l'eau et Reno remercia se myopie de ne pas pouvoir différencier une certaine partie du corps de la grosse tâche couleur chaire qui se tenait devant lui.


« Allons, je cesse mes pitreries. Monsieur, nous ne vous importunerons pas plus longtemps. Merci de votre patience et de vos indications fort utiles quant à la visite des lieux. Nous tâcherons de les prendre en compte. Cousin, retrouvons nous à l'auberge, j'ai quelques comptes à régler avec l'une des hôtesses, si tu vois ce que je veux dire... »

Et il s'en alla. Reno se remit un peu plus à l'aise dans le bain et laissa tomber les suspiscions. Il n'avait pas le temps ni l'envie de jouer les détectives. Si quelqu'un pouvait quelque chose contre eux, c'étaient les autorités, pas un simple bibliothécaire qui avait bien autre chose à faire que de s'occuper de deux potentiels espions. Il avait un enfant à naître, son travail de bibliothécaire et ses recherches pour devenir Dieu. Pas le temps de s'occuper d'eux.

« Eh bien, votre ami était pressé. Tout ce chemin pour prendre un bain et il ne reste même pas un quart d'heure... Serais-ce moi qui vous aie importuné ? »

Ce n'était pas du tout impossible si on suivait son raisonnement prétendant qu'ils étaient des espions... mais il demandait plus ça pour la conversation que pour enquête.

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Mer 5 Déc - 22:54
Pour une première approche avec le fameux membre du Trio de Ventus, il s’agissait là d’une approche peu ordinaire ! D’une discussion qui devait être des plus basiques et des plus sommaires, tant administrativement et militairement parlant, les deux Ventusiens en étaient venus à nouer une conversation complice et autant fusionnelle sur le plan de la cohérence que sur le plan de la fourberie.

A la réponse concernant la Reine de Terra, Eloan ne manqua pas de rire copieusement avec son nouvel ami et il osa même répondre, toujours sur le ton du rire, tant la situation était tentante :
    « - Si je pouvais plutôt me trouver au-dessus de son lit, j’en serai doublement ravi ! »
Puis, le Chef de l’armée ayant répondu brillamment à la question et à la proposition, sous-entendues par Eloan, il se leva, faisant des pitreries à la hauteur de quelques benêts simplets de Terra. Pauvres soldats, ils en prenaient pour leur grade. Ensuite, Henry entama son départ, en mentionnant le retour à une auberge, et une hôtesse.

Néanmoins, à la levée d’Henry, Eloan, inconsciemment, fût frappé par une saugrenuité sur le corps, certes gracieux, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici, d’Henry : depuis le début, il avait pu voir sans y prêter vraiment attention un sceau sur son torse, au niveau de son cœur, mais quand il se leva, un second sceau apparût à ses yeux, sur son omoplate. Ce détail se relevé pour le moins étrange… L’un était-il un tatouage ? C’était à la mode à Ventus, se faire inscrire sur le corps diverses choses, mais de là à faire figurer un faux sceau… Ce n’était pas pensable. C’était intriguant, Eloan ne manquerait pas de se renseigner sur ce détail fort intéressant. La réflexion d’Eloan n’eut pas le loisir d’aboutir plus loin car le pignouf avait posé une question :
    « - Mais non, ne vous en faites point, c’est qu’à Terra on n’a pas vraiment l’habitude de rester inactif comme cela ! Je ne dis pas que nous n’avons pas beaucoup de permissions, mais nous ne les occupons pas à nous prélasser dans de l’eau chaude, bien que ce soit relaxant bien sûr, mais nous les passons plutôt entre amis, autour d’une bonne chopine de bière et autour d’un bon ring de duels ! Du reste, détrompez-vous, cela fait déjà une bonne heure que nous sommes ici ! » termina-t-il en se levant à son tour du bain, en s’étirant avant de remonter les marches du bain, de ceindre sa serviette à sa taille, et de s’enfoncer dans les couloirs de l’établissement.
Décidemment, ces nouveaux arrangements promettaient moult aventures ! Il faudrait organiser tout cela de retour à Omnia ! Et que diable, il s’agissait d’un changement de cap exceptionnel pour Eloan, allait-il vraiment pouvoir se montrer digne, mature et Maître des Arcanes ?


Topic achevé.





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