Curiosité quand tu nous tiens!



 

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Curiosité quand tu nous tiens!

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Ven 13 Jan - 15:31
Site archéologique de Nebula, 3 Janvier 762, 14h00.






C'était une belle journée d'hiver, le soleil réchauffant avec douceur l'atmosphère froide du petit village de Nebula. La nature endormie ne rendait pas bien compte de la beauté de l'endroit, par ses arbres dénudés et ses feuilles pourrissant au sol. Pourtant, une agréable sensation prenait les visiteurs (rares en cette saison) qui entraient dans l'humble bourgade: d'alléchantes odeurs de cuisine prenaient les narines alors qu'on se laissait hypnotiser par les démonstrations de savoir-faire de nombreux souffleurs de verre.
Mais l'attention d'un illustre jeune homme de la nation du vent ne s'était pas portée sur les activités diverses du village. En marge de ce dernier se trouvaient en effet les vestiges d'un ancien lieu de culte, gardant jalousement et à grand renfort de pièges la plupart de ses secrets. Peu osèrent s'aventurer dans les sous-sols dangereux des ruines, et ceux qui en eurent le courage remontèrent bien vite...ou ne remontèrent pas.

En tout cas, c'était la première fois que Henry venait les voir de ses propres yeux. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les longues pérégrinations du chef des armées de Ventus ne l'amenèrent jamais à cet endroit riche en symboles. Il se tenait sur une balustrade aménagée qui permettait de voir le site avec un peu plus de recul. Il pouvait ainsi observer les nombreux vestiges en élévation de l'antique temple de Watos: certaines façades montraient encore leurs pierres usées sur près de trois mètres et on pouvait apprécier l'ampleur de quelques colonnes porteuses, dont il ne restait malheureusement que la colossale base. Autour de l'emplacement présumé de l'édifice principal s'étalaient nombre d'énormes blocs de pierre, laissant des indices sur la façon dont il fut détruit. Aussi, des fûts de colonnes se joignaient à la fête: leur taille s'accordait avec celle des bases, ce qui laissait imaginer la taille du monument qu'elles devaient soutenir.
On pouvait également voir, avec un peu plus de perspicacité et d'expérience, les marques laissées par ce qui restait des hauts murs. Les fondations, certaines excavées par les chercheurs d'autres affleurant tout juste le sol, montraient le reste du temple d'une manière plus discrète. Par ailleurs, on voyait sous les débris environnant les marques de différents bâtiments bien plus petits, qui devaient être annexes à l'important lieu de culte. On apercevait également, mise en valeur, l'entrée des souterrains.

Henry se tenait donc là, appuyé sur la rambarde bois, d'un air pensif. Il regardait d'un œil plutôt vitreux les vestiges qui s'étalaient sous lui: on discernait sans mal que tout se jouait à l'intérieur. En effet, si le corps du jeune était de marbre, son esprit bouillonnait. Retournant imaginairement chaque pierre du bâtiment, il s'essayait à le reconstituer non seulement pour apprécier son ampleur mais aussi pour mieux comprendre comment il avait été détruit. Il se penchait aussi sur les nombreux édifices secondaires: à quoi servaient-ils? Qui y habitaient? Étaient-ce seulement des habitations? Peut-être des entrepôts? Tant de questions qui se bousculaient sans pour autant trouver de réponses. Et les souterrains...ce labyrinthe légendaire qui ne livra aucun de ses mystères ou à grand frais. Que renfermait-il pour être gardé d'une telle façon? Il ne savait d'ailleurs pas vraiment ce qui avait été retrouvé ici, en terme de mobilier: il nota dans un coin de sa tête de se rendre plus tard au musée de Nebula qui renfermait ces artefacts d'une grande valeur historique.

Comme pour libérer son esprit lourd, Henry poussa un profond soupir et se redressa. Descendant du perchoir, il déambula quelques minutes au milieux de blocs parfois plus hauts que lui. Passant ses doigts fins ci et là, regardant des inscriptions en langue ancienne de plus près, il se dirigeait inconsciemment vers le temple, puis vers le fond de celui-ci. C'était là qu'on trouvait l'entrée des sous-sols: bien qu'on consolida élégament les escaliers qui y menaient, on placarda de nombreuses pancartes de mises en gardes. Aussi, il ne l'avait pas remarqué d'en haut, Henry remarqua une lourde grille cadenassée qui bloquait le passage, un peu plus bas. Non qu'il ait eu l'idée d'y pénétrer, il fut néanmoins et malgré lui un peu déçu. Les mystères que renfermaient ce lieu piquaient sa curiosité avec force et il désirait ardemment en savoir plus. Il devait pourtant se contentait de ce qui sortait du sol, sans danger. Le jeune homme tourna donc les talons et continua de rôder au milieu des ruines, s'étonnant du calme de l'endroit: personne aux alentours. Bon, c'était l'hiver...mais quand même!

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Dim 15 Jan - 17:52
Le regard bleuté de la jeune fille aux cheveux blonds comme les blés était captivé par le spectacle qui se déroulait devant elle. Le verre se pliait à la volonté du souffleur uniquement grâce à son souffle, qui créait une bulle au bout de sa longue canne, afin de pouvoir l'exploiter par la suite. Le matériau en fusion était totalement malléable, et l'artisan attirait indéniablement l'attention de la jeune chasseuse, admirative devant cette utilisation combinée des flammes et du souffle même de l'être humain. Ne prêtant guère attention au temps qui s'écoulait ainsi qu'au motif premier de sa visite en ces lieux, la jeune Arkh'eil demeura devant le stand du souffleur de verre pendant une vingtaine de minutes, alors que celui-ci, concentré sur son travail, n'adressait pas la parole à sa spectatrice, qui était même allée jusqu'à se demander si l'homme avait remarqué sa présence. Les visiteurs admirant les stands n'étaient certes pas rares, mais la majorité d'entre eux ne s'attardaient pas longuement, préférant passer d'un stand à l'autre au lieu de concentrer toute leur attention sur un seul des artisans. Mais, sans réelle raison, la jeune chasseuse s'était arrêté devant cet homme qui devait avoir une trentaine d'année, aux cheveux bruns et aux yeux noisettes, qui s'attelait à son œuvre dans la sérénité la plus totale. Au bout de dix minutes d'observation supplémentaire, l'artisan lui lança toutefois un petit sourire, avant de lui adresser la parole :

- Intéressé jeune homme ? Désolé, mais je ne prends pas d'apprentis.
- C'est dommage, répondit-elle sincèrement, aussi surprenant que cela puisse paraître. Mais j'suis de toute façon pas sûre que mon marteau apprécierait que j'l'abandonne.

L'artisan éclata de rire, avant de poser son regard sur la jument au poil sombre qui se tenait derrière la chasseuse, qui tenait nonchalamment ses rênes dans sa main droite. A la selle était accroché l'arc de l'Emissaire, Sùil, ainsi qu'un carquois rempli de flèches. Le destrier transportait en outre quelques sacoches, dont une contenant des lames, certaines dépassant, ainsi que des pointes de flèche. Ord, le marteau de forgeron évoqué par la jeune fille n'était pas visible, mais ladite sacoche contenant quelques lames fut probablement ce qui mit la puce à l'oreille du souffleur de verre.

- Ahhh, je vois... En revanche, si vous êtes là pour les affaires, on peut discuter.

Sans vraiment qu'elle ne le veuille, pour une fois, le travail rattrapait l'Emissaire, qui n'en était toutefois pas mécontente. Si elle avait connu plus tôt l'existence des souffleurs de verre, peut-être aurait-ce été une alternative à son apprentissage de forgeron, mais elle ne pouvait pas non plus envisager tout faire à la fois. Pour en revenir aux affaires, la jeune chasseuse forgeronne posa son regard bleuté sur les quelques figurines en verre trônant sur l'étal de l'artisan, illustrant toute l'ampleur de son savoir-faire, qui, au final, n'était pas meilleur que celui des autres artisans de l'endroit. Elle haussa les épaules et répondit de but en blanc à l'artisan :

- Qu'est-ce que vous voulez qu'j'fasse de ça ? Non pas que ce soit pas utile dans la vie d'tous les jours, mais... presque.

Nouveau rire de la part de l'artisan, qui ne s'offusqua pas. Apparemment, ce genre de remarque devait être assez fréquente de la part de ceux à qui il essayait de vendre ses petits produits, les visiteurs ne venant en principe pas acheter de vitre ou de miroir aux artisans du coin – ou alors, ils le disaient explicitement et ne passaient en principe pas trop de temps à l'admirer pendant son travail.

- Oh, vous pourriez l'offrir à l'une de vos conquêtes... fit-il d'un ton suggestif.

La jeune fille haussa un sourcil, comprenant rapidement où l'artisan voulait en venir. Forcément, son physique androgyne pouvait la faire passer pour un jeune Apollon séduisant. Qui attirait le regard désireux des filles. Et le pire, c'est que cela lui était déjà arrivé.

- Allez vous faire voir, répliqua-t-elle vertement.

₪ ₪ ₪ ₪ ₪

Au final, la jeune femme aux cheveux blonds comme les blés avait vendu ses lames à plusieurs autres individus en ayant besoin pour des raisons X ou Y, et avait gardé les plus ratées pour les refondre plus tard et tenter d'en faire quelque chose de meilleur. Et, n'ayant toujours pas totalement digéré la méprise du souffleur de verre, elle avait fini sa tournée en se dirigeant vers les ruines de Nebula, espérant retrouver tout son calme au sein de ruines totalement désertes. Elle prit tout de même le soin d'attacher Aodhan à un arbre avant de s'aventurer dans cet amas de pierres anciennes qui avait autrefois constitué un temple, prenant tout de même avec elle son arc, ses flèches et sa dague. Elle se remémora un instant les mises en garde de la part d'un des villageois à propos du souterrain du site, mais ne s'arrêta pas pour autant dans sa lancée. De toute façon, elle n'envisageait pas d'aller sous terre alors qu'elle n'avait encore rien visité de ce qui était à la surface.

Enfin, ce n'est pas comme si la jeune femme avait une quelconque passion pour les ruines, en fait. Mais maintenant qu'elle y était, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver un élan de curiosité, notamment à cause de son statut semi-divin qui était déjà un mystère en soi. Il fallait croire que le mystère appelait le mystère. Les pensées de la jeune fille se tournèrent vers Ehol pendant un bref instant. A quoi pensait-il, ce gosse, en fait ? Avait-il aussi un lien avec ce lieu antique de culte, vu son statut ? Elle chassa bien vite de son esprit l'image de l'enfant au regard émeraude empreint de pureté, et finit par conclure de manière assez pragmatique que, de toute façon, tout ceci n'était qu'un cas de cailloux qui n'avait forcément de relation avec elle et le gosse simplement à cause de son nom et de ses anciennes fonctions.

Et, sans qu'elle ne le réalise vraiment, les pas de la jeune chasseuse la conduisirent jusqu'à un escalier de pierre s'enfonçant dans le sol, menant probablement aux si réputés dangereux souterrains du temple, dont l'accès était toutefois interdit par une grille en fer lourd. Elle haussa les épaules devant cette constatation, se disant qu'elle n'avait de toute façon pas l'intention de s'aventurer là-bas dedans. Elle rebroussa – à son tour - chemin, déambula pendant quelques instants encore dans les ruines du temple, se disant qu'elle ferait bien de retourner au village. Mais avant même qu'elle n'exécute ses pensées, elle tomba nez à nez avec un type brun, aux yeux émeraude.

- Tiens, un touriste, fut la première chose qui lui traversa l'esprit, et qu'elle verbalisa sans réfléchir.

En fait, cela ne lui faisait pratiquement ni chaud ni froid.

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Dim 15 Jan - 18:39
Depuis plusieurs minutes, Henry parcourait une longue inscription qui s'étalait le long d'un énorme bloc. Suivant les mots de son index, il murmurait imperceptiblement leur traduction. Sa progression n'était pas rapide: il revenait souvent en arrière pour se reprendre. De plus, certains endroits étaient griffés, illisibles ou tout simplement il manquait un bout de rocher. Aussi, la position basse de l'inscription le forçait à se pencher dans une posture peu confortable. Le jeune homme était pourtant complétement plongé dans son déchiffrage.
Tournant à l'angle du bloc pour reprendre sur l'autre face, il se redressa et esquissa une grimace à cause de son dos endolori par sa courbure précédente. Redressant ensuite le visage, il se retrouva face à un jeune...homme? Femme? Il était difficile de le dire. Sa voix claire ne lui en dit pas plus, mais dénota une attitude sans-gêne: Ok, il n'était pas trop du coin, mais de là à avoir l'air d'un touriste! Mais Henry ne s'en vexa pas pour autant. La petite silhouette qui se tenait devant lui ne semblait pas s'inquiéter des politesses, et il devait faire un choix quand à la façon de l'interpeller. Il la joua diplomatique.


"Bien le bonjour, l'ami! Que faites-vous dans cet endroit? On ne rencontre que des gens étranges, ou un peu trop passionnés, dans ce genre d'endroit. Bien que ça soit la première..."

Se rendant compte qu'il s’apprêtait à raconter sa vie à quelqu'un qui n'en aurait probablement rien à faire, il imagina un stratagème pour déterminer enfin s'il s'agissait d'un garçon ou d'une fille. Le prénom: normalement, ça ne trompait pas. Par ailleurs, la fine carrure de l'archer et ses yeux dénotaient tout de même une certaine féminité et Henry doutait de plus en plus qu'il s'agisse d'un homme (bien que c'est ce qu'il pensa au premier regard). Enfin, il se retrouvait à faire d'une interrogation si banale une question existentielle: quelle importance? Il reprit alors en tendant la main:

"Je m'appelle Henry, et vous?"

Ha-ha! Le piège était posé, il ne restait plus qu'à se tenir à l'affût et attendre qu'il se referme sur sa proie: un prénom lui donnerait la clé du mystère. Cela devait être en tout cas une journée bien monotone pour trouver tel divertissement dans une situation si...normale. Il nota toutefois l'équipement de son interlocuteur: arc, flèches et dague à la ceinture, il avait tout l'air d'un chasseur. Ou d'un tueur à gage...Henry n'y avait pas encore eu droit, mais ça allait probablement venir un jour.

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Dim 22 Jan - 1:28
Tiens donc, elle n'était pas tombé sur un coincé de première. Au contraire, ledit touriste salua la jeune femme au regard bleuté de manière assez amicale et enjoué, avant de se lancer dans des observations, voire même dans un petit racontage de vie avant de se rendre compte de ce qu'il faisait. Du genre impulsif, donc. Et qui, selon sa propre théorie, était soit un individu étrange, soit un passionné de... de quoi exactement ? De ruines ? D'amas de pierres ? D'Histoire ? De religion ? Shanàn espérait de tout cœur que le gugusse n'était pas un fanatique adorateur d'Ehol et de ses émissaires, sinon cela allait forcément mal finir. Elle venait tout juste de se calmer de sa discussion un peu mouvementée avec le souffleur de verre, fallait pas non plus abuser et en remettre une couche. L'homme ne partit toutefois pas immédiatement dans un sujet potentiellement ennuyeux pour la jeune chasseuse, et préféra se présenter, étant visiblement assez à cheval sur la politesse. Ou tout simplement curieux, allez savoir. Toujours est-il que l'émissaire du feu n'était pas d'assez mauvaise humeur pour envoyer balader immédiatement son interlocuteur.

Elle accepta donc la main qu'il lui tendit et la serra, ni trop fortement ni faiblement. Bien qu'elle était chasseuse doublée de forgeronne, elle n'était pas du genre à broyer les mains de tous les gens qu'elle rencontrait. D'autant plus que le pauvre Henry ne méritait pour le moment pas ce châtiment. Pour le moment. Si il devenait trop lourd, elle n'hésiterait toutefois pas à lui coller une bonne droite.

- Shanàn pour ma part, répondit-elle.

Loin de se rendre compte du trouble qu'elle causait à son interlocuteur, la chasseuse détailla un peu plus longuement ce dernier, son regard saphir croisant de nouveau celui émeraude de Henry. Une chevelure brune encadrait son visage qui lui donnait un peu moins de la trentaine. De manière générale, il semblait être assez bien bâti, sans pour autant avoir la carrure d'une armoire à glace, et son style vestimentaire laissait supposer une situation financière assez stable. Qui était donc ce type ? Généralement, les passionnés de on ne savait trop quoi n'étaient pas des plus sportifs au sein de la population générale, ou même noble. Pour autant qu'il y ait une noblesse à Ventus...

- Vous avez un certain don pour cataloguer les gens, poursuivit-elle, assez ironique. Faut croire que j'fais partie des gens bizarres du coin.

Et ben non, les tas de pierres, en soi, ça ne l'intéressait pas des masses. Elle trouvait même à la limite que ce n'était pas franchement utile et que c'était potentiellement virable pour construire quelque chose de plus productif sur le terrain. Peut-etre que ce pragmatisme était dû à son lieu de naissance où l'espace constructible et cultivable était assez restreint, à cause des irrégularités de terrain. Mais ce genre de pensée n'était probablement pas grandement développé en Ventus... De toute manière, elle n'allait pas franchement raconter en long et en large sa pensée sur le lieu à un inconnu, tout du moins, pas pour le moment. Il fallait d'abord déterminer précisément qui était le gus à qui elle parlait. Parce que Henry, c'était bien beau, mais ça ne disait pas grand chose sur le bonhomme.

- Vous aussi vous faîtes partie des gens bizarres ? fit-elle.

L'Empire contre-attaque. Euh, plutôt, Shanàn contre-attaque. Mais bon, à quoi bon chasser le naturel ? Pour elle, provoquer faisait partie de son quotidien, comme manger et boire. Au grand dam de certains de ses interlocuteurs.

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Ven 27 Jan - 15:32
Shanàn...Et voilà, la stratégie de Henry tombait à l'eau: un prénom qui n'identifiait pas le sexe de son porteur. Quelle idée de s'appeler Shanàn? C'était presque à se demander si la jeune personne n'avait pas tout mis en œuvre pour que l'on doute autant de sa nature. En même temps, quelle importance? Se demandant lui-même pourquoi cette question le taraudait autant, l'instant du "serrage de main" capta son attention. La main que Shanàn présenta à Henry lui octroya quelques éléments. Sa forme et ses doigts fins montraient une caractéristique assez féminine, une légèreté élégante qui ne trompait pas...Cependant, cette légèreté contrastait beaucoup avec l'épiderme: rugueux et corné par endroits, on pensait alors plus à un jeune homme aux mains féminines. Ou l'inverse...une jeune femme aux mains éprouvées par un travail rude.
...Tout ça durant les quelques secondes de l'empoignade. L'esprit d'Henry ne chômait pas, et ça ne semblait pas du tout l'handicaper dans les autres tâches. Comme parler, par exemple. Mais alors qu'il allait prendre la parole, Shanàn pris les devant et plaça une petite réplique de second, ou troisième, degré. Henry sourit et répondit alors qu'elle regardait d'un air assez sceptique les ruines environnantes.


"Ha, vous êtes du coin? Je m'excuse si je vous ai vexé. Pour ma part c'est la première fois que je viens, je constatais selon mes précédentes visites de sites comme celui-ci...J'étais d'ailleurs assez étonné de ne croiser personne. Enfin, vous êtes là maintenant, et vous n'avez guère l'air des fanatiques que j'ai pu croiser."

La politesse de Henry l'honorait, tout autant que sa verbe courtoise. Son interlocutrice ne paraissait pourtant pas user de chemins détournés ou de courtoisie imposée par les codes sociaux. Lui demandant si il faisait parti des gens bizarres qu'il avait évoqué plus tôt, probablement par provocation, elle souleva une vraie question. Seule la vérité blesse comme on dit...Là, Henry ne fut pas blessé mais ses joues rosirent bien malgré lui tandis qu'il détournait le regard d'un air gêné. Il se gratta l'arrière de la tête, un peu penaud, avant de répondre:

"Heu, eh bien...En fait oui, enfin non. Disons que j'aime bien me balader au milieu de vestiges antiques, et je suis quelqu'un de passionné. Enfin je doute que cela vous intéresse. Mais je pense qu'aujourd'hui je suis le gars bizarre, les rôles s'inversent on dirait."

En effet, si il avait le plus souvent rencontré des personnes absolument bercées par les ruines diverses, ce coup-ci, il semblait le plus passionné des deux. Il se reprit tout de même et continua sa marche le long de l'énorme bloc de pierre. Passant à côté de Shanàn, il lui montra un série d'inscriptions. Avec un léger sourire, il se mit à déchiffrer.

"Ici, il y a écrit "A la gloire de Watos, Dieu Créateur, que ta Lumière nous sauve du Mal."...Passionnant, n'est-il pas?"

Jetant un coup d’œil par dessus son épaule à son interlocuteur, il afficha un regard rieur avec une touche de malice. Probablement que sa précédente phrase était ironique: lui-même reconnaissait l'intérêt peu excitant de ce genre d'inscriptions. Bien, le jeune homme semblait faire preuve d'auto-dérision, ne se vexant pas le moins du monde de la dernière réplique de Shanàn, jouant même de son intérêt un peu ringard pour les grosses pierres.

"En tout cas, c'est un bel arc que vous avez là. Partiez-vous en chasse? Ou...peut-être êtes-vous là pour me tuer?"

Prenant un ton faussement suspicieux à la fin de la phrase, il montrait qu'il s'agissait d'une petite blague. Bon, il n'était pas très chaud encore il fallait bien l'avouer, mais faut le lancer le Henry! Sinon, il s'enfonce tout seul...


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Sam 11 Fév - 23:11
Et bah voilà qu'elle était tombée sur un bonhomme qui prenait tout au pied de la lettre. Soit Shanàn avait intérêt à faire gaffe quand elle parlait, soit elle s'en fichait et allait créer quelques malentendus qui finiraient peut-être par l'énerver avec un peu de malchance – pour son interlocuteur. Et sachant que la jeune chasseuse n'avait pas envie de se prendre le chou en surveillant ses propres abus de langage, la deuxième option était la seule possible. Elle ne venait pas 'du coin', comme l'avait cru à tort son interlocuteur – sauf si on considérait le coin au sens large, autrement dit au moins la moitié, si ce n'est plus, d'Albion. Elle était juste provisoirement dans le coin, nuance. Elle ne releva toutefois pas le détail, étant donné que le jeune homme au regard émeraude était reparti une nouvelle fois dans une petite tranche de vie personnelle à raconter au premier venu. Non pas que ça dérangeait Shanàn, à partir du moment où ce n'était pas trop ennuyant. D'ailleurs, en savoir un peu plus sur ses interlocuteurs lui permettait plus ou moins consciemment de leur lancer quelques piques moqueuses plus facilement...

L'homme qui lui faisait face était donc un intellectuel. Il fallait l'être un minimum pour s'amuser à visiter des ruines qui n'intéressaient en principe que les chercheurs de trésors les archéologues et les historiens – sachant que la première catégorie était assez improbable. Mais au vu de la carrure de l'individu, cela était relativement étonnant... A moins qu'il ne s'agisse d'un noble aux intérêts multiples, puisque ceux qui avaient de l'argent pouvaient se permettre de s'intéresser à plusieurs domaines à la fois sans craindre de ne rien manger à la fin du mois. Ce qui n'était pas franchement le cas pour l'émissaire, qui avait lu son dernier bouquin depuis plus de six mois... En fait, plus elle y réfléchissait, plus il lui semblait vraisemblable que son interlocuteur fasse partie de la noblesse 'du coin' – au sens pays. Le parler du gugusse n'était non plus celui employé par le paysan de base. Restait encore à déterminer quel genre de nobliau était le bonhomme, histoire de voir si il était vraiment digne d'intérêt. Toujours est-il qu'un sourire malicieux se dessina sur les lèvres de la jeune fille aux cheveux blonds lorsque son interlocuteur passa sa main derrière la tête, d'un air gêné. Il ne devait décidément pas être habitué au parler direct comme celui qu'employait depuis toujours la jeune chasseuse. Et elle n'allait pas l'épargner sur ce point. Peut-être n'était-il pas encore trop tard pour lui pour prendre la fuite... ?

Toujours est-il que le jeune homme se rattrapa plus ou moins bien en tentant de se justifier... quitte à se faire cataloguer de personne bizarre. Ca tombait bien, c'était ce genre de personne que Shanàn aimait embêter le plus sans trop être blessante. Tout du moins s'ils ne la titillaient pas trop. Probablement pour illustrer ses dires, Henry vint se poster devant un bloc de pierre sur lequel étaient gravées quelques inscriptions, et les traduisit à la jeune chasseuse, qui pourrait peut-être ressortir tout ça à l'occasion d'un étalage de culture confiture... ou pas. Son regard bleuté vint se poser sur lesdites inscriptions, mais elle conclut rapidement que la chose n'était pas de son niveau, et qu'elle ne pouvait de toute façon pas l'être étant donné que la seule et unique langue qu'elle savait lire et parler était celle communément utilisée en Albion. Elle n'était pas magicienne, ce genre de chose n'avait aucune utilité pour elle. Et lire les inscriptions en langue ancienne ne permettait pas non plus de survivre en ce monde. Bref, c'était bien là une occupation de noble. Peut-être même qu'avec un peu de chance, Henry était magicien. Toujours est-il qu'il ne se prenait pas trop au sérieux avec ce genre de chose, allant même jusqu'à user de l'auto-dérision. Tant mieux, le noble/savant pédant était le genre de personne qui se retrouvait quelque part très bas dans l'échelle 'estime' de Shanàn.

- Passionnant... répondit aussi ironiquement la jeune femme. P'têtre trop pour moi, même.

Elle avait beau être élue par Ehol, elle préférait rester assez loin de la religion et plus proche de la réalité, même si cela impliquait l'abandon de la recherche du pourquoi du comment qui était la raison de vivre de certains scientifiques. Et elle ne comptait pas vraiment le cacher aux gens, pas même au passionnés comme Henry. Il fallait juste espérer qu'il ne le prendrait pas trop mal... Enfin, dans son intérêt à lui. Les derniers propos de l'homme prirent toutefois par surprise la jeune femme, qui ne s'attendait pas à ce que henry lui sorte ce genre de blague aussi inattendue. Blagueur à deux balles insoupçonné... ?

- Euh, votre deuxième nom, c'est Paranoïa ? fit-elle en haussant un sourcil. A moins qu'la Lumière de Watos vous ait grillé quelques neurones...

En fait, Henry ne pouvait pas vraiment le savoir, mais la blague était d'assez mauvais goût pour la jeune Arkh'eil, qui s'efforçait justement de trucider le moins de gens possible depuis qu'elle avait failli carboniser vivant celui qu'elle considérait comme son petit frère adoptif. Un effort assez conséquent pour la jeune fille blonde qui avait tendance à s'énerver assez rapidement, et donc à libérer le piuvoir destructeur que lui avait confié Ehol. Décidément, elle se demandait pourquoi ce dernier avait jeté son déolu sur la personne la moins patiente d'Albion... Elle fit toutefois l'effort de ne pas s'attarder sur le sujet fâcheux et répondit à la première question de son interlocuteur, toujours avec autant d'ironie :

- Ouais, j'pars chasser d'la pierre morte, fit-elle en désignant les alentours d'un geste vague de la main. Quelqu'un m'a dit qu'c'était intéressant... Mais p'tetre que ça l'est vraiment... ?

Manière assez singulière de demander un peu plus de détails. Mais bon, avec Shanàn, il ne fallait pas vraiment chercher à comprendre le pourquoi du comment. Peut-être était-ce sa fierté de chasseuse forgeronne qui l'empêchait de se montrer un peu plus directe. Peut-être. Il ne fallait pas pousser le bouchon trop loin non plus, jamais elle ne s'intéresserait vraiment à l'archéologie, mais apprendre deux trois petites choses sur cet endroit pouvait peut-être être utile. Ne serait-ce que pour savoir si ce lieu pouvait servir de refuge en cas de pépin. La jeune femme n'hésitait pas à se servir d'endroits sacrés ou craints par le peuple lorsqu'elle avait besoin d'échapper à des ennuis, et peu lui importait ce qu'en pensaient les dieux ou les morts...

- Mais disons qu'j'ai un peu trop d'conscience professionnelle pour laisser mon outil de travail glander pendant qu'je fais je n'sais trop quoi au milieu de ruines...

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Dim 12 Fév - 21:15
A l"instar de la chasseresse, Henry commençait à apprécier sa compagnie. Son franc parler changeait beaucoup des discussions parfois un peu trop intellectuelles qu'il tenait à la capitale. Bien que lui même n'usait pas d'un langage très familier, celui de Shanàn, plus abrupt, lui rappelait étrangement ses jeunes années et surtout la façon de parler de Ferdinand, un de ses fidèles frères d'armes. Il était par ailleurs soulagé de constater que la jeune femme n'était pas vraiment intéressée par les ruines alentours: une discussion savante sur l'origine du lieu aurait été fatal en cette journée de repos.

En tout cas, il ne put s'empêcher d'échapper un rire franc quand Shanàn le chambra quelque peu sur sa dernière remarque. Même si elle semblait ne pas l'avoir fait consciemment le coup de la lumière de watos avec les neurones avait beaucoup plu à Henry. Bon vivant, il préférait les personnes directes, parfois même sarcastiques, qui montraient bien souvent plus de sens de l'humour que les rats de bibliothèque de Omnia. Victoria, son amante, était par ailleurs une de ces personnes.
Souriant de nouveau lorsqu'elle précisa les cibles de sa chasse, il se mit ensuite à chercher dans son esprit quelque information prenante sur l'endroit. Cependant, après plusieurs secondes de silence, il ne trouva rien...Ce qui ajouta un peu plus d'absurdité à la scène.


"Hé bien...A vrai dire...Je crois que je vous ai déchiffré le plus intéressant. Le reste, hé bien, ce ne sont que des pierres. Ha, si, peut-être!"

Semblant soudain se souvenir de quelque chose, il pointa du doigt l'entrée des souterrains qu'ils pouvaient apercevoir à une vingtaine de mètres d'eux.


"Il y a ce truc, des souterrains, enfin une crypte probablement. On m'a dit que c'était truffé de pièges, et que tous ceux qui y étaient descendus ne sont jamais remontés...Ça fait peur, hein? Du coup, il y a une grille cadenassée...A mon grand regret je pourrai l'avouer, mais bon, en réalité qui voudrait descendre dans un truc pareil?"

Henry le téméraire? Non. Un général qui reculait face à la première histoire de passage? Peut-être. Il était vrai que ces souterrains le titillaient et que très probablement ses capacités lui permettraient de s'y enfoncer profondément. Mais Henry n'était pas un modèle de confiance en soi, et l'idée de se retrouver enfermé là dessous ne lui plaisait pas vraiment, quand bien même on l'assurerait un retour triomphale des griffes de l'antique crypte.

Puis, Shanàn parla de sa conscience professionnelle, tirant le jeune homme de ses rêveries sur quelques trésor enfouis sous leurs pieds. Cela le fit percuter quelque chose: il ne savait pas grand chose de la jeune femme. Tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent, c'était de l'assommer avec des infos bidons sur l'endroit. Portant ses yeux verts sur elle, il se gratta une nouvelle fois la tête d'une manière plutôt coincée.


"Veuillez m'excuser, je suppose que ça ne vous intéresse pas. Je me rends compte que je ne fais que parler de moi, ou de ces ruines. Mais, vous, de quelle profession parlez vous? Et vous ne m'avez pas répondu, êtes vous du coin? En même temps, j'imagine que non, si vous ne savez pas grand chose ces pierres..."

L'air de rien, Henry tendait un nouveau et sournois piège: la mystérieuse profession le renseignerait sûrement sur le sexe de Shanàn, vu qu'il n'avait toujours pu le déterminer vraiment. Enfin, il espérait une profession qui irait dans le sens de sa pensée, mais il s'attendait à tout venant de la jeune femme. Ce dont il était presque sûr, c'est qu'elle ne venait pas d'Omnia et qu'elle s'entendrait sûrement très bien avec Ferdinand...Mais bon, qui se soucie de ces choses là? Henry était un drôle d'oiseau à l'esprit complètement emmêlé, lui-même le reconnaissait.

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Dim 26 Fév - 17:25
Et ben dis donc... Si la Lumière de Watos éloignant le Mal était la chose la plus intéressante du lieu, on n'était pas sorti de l'auberge... Décidément, Shanàn ne comprendrait jamais la passion pour l'archéologie, et ce n'était pas faute d'avoir tenté de comprendre pourquoi certaines personnes en ce bas-monde s'intéressait à des ramassis de vieilles pierres. La jeune femme haussa néanmoins un sourcil plein d'espoir lorsque son interlocuteur se souvint d'un élément peut-être plus intéressant que l'inscription qu'il venait de lire à l'Emissaire du Feu. Tout n'était pas perdu... ? Le regard bleuté de la chasseuse suivit la direction pointée par le doigt de Henry et se posa sur l'escalier condamné menant au sous-sol de l'endroit, vers lequel elle avait déjà fait un tour quelques minutes plus tôt. Peut-être que Henry en savait un peu plus que 'attention danger' sur ce lieu ? Ce dernier lui fit part des quelques rumeurs qui se racontaient dans le coin à propos des pièges truffant le sous-sol, ainsi que la classique phrase du non retour destinée à garder éloignés les gens trop curieux histoire qu'ils ne ne finissent pas six pieds sous terre à proprement parler. La jeune femme avait entendu tellement de fois cette phrase de 'et on ne les revu jamais' qu'elle en devenait presque sceptique à son propos. Parfois, il était tellement difficile de séparer le vrai du faux, l'Histoire de la rumeur...

Mais à vrai dire, si l'escalier avait intrigué quelques instants la jeune femme, celle-ci ne s'était pas non plus sentie peinée en voyant son accès condamné, contrairement à Henry. Avait-il le goût du risque ou était-ce simplement à cause de sa passion effrénée pour les antiquités ? Lui-même se contredisait, ayant probablement un peu de raison quelque part dans son esprit.

- Faudrait savoir, commenta la jeune femme avec un sourire ironique. Ca doit être assez drôle d'vivre dans votre tête.

Vivre en constante contradiction avec une partie de son esprit, ça devait être quelque chose... Même si en soi, c'était le cas de chaque être humain vivant en ce bas monde qui se devait de faire des choix entre le cœur et la raison, de réprimer à un moment ou à un autre une envie ou un sentiment inadapté selon les critères de la raison. Ce qui permettait entre autre à l'être humain de survivre, voire même de vivre en société – quand bien même cette dernière notion était plus ou moins approximative chez la chasseuse. Ceci dit, cette dernière poussait assez rarement la réflexion jusque-là, même si elle connaissait cette vérité immuable. Pour savoir les réelles pensées de la jeune femme sur l'humanité et ses paradoxes, il fallait tout de même passer outre ses habitudes de conversation qui la conduisaient toujours sur des terrains moqueurs, et non philosophiques.

Lorsque Henry se mit à évoquer le métier et l'origine de la chasseuse, celle-ci se retint de lui demander spontanément si il était de la police, réplique qu'elle sortait de manière assez récurrente lorsque les gens devenaient un peu trop curieux à son sujet. Mais pour le moment, la curiosité de son interlocuteur n'avait rien de dérangeant, d'autant plus que lui répondre était sans doute un juste retour des choses au vu de tout ce qu'il lui avait raconté. Et puis si elle se mettait à envoyer balader chaque personne lui demandant ce qu'elle faisait dans la vie, elle n'était pas sorti de l'auberge pour gagner de l'argent. La vente des produits de la chasse impliquait tout de même une publicité sous-jacente pour que les gens la connaissent en tant que chasseuse de qualité. Peut-être même qu'avec un peu de chance, Henry pouvait lui offrir une occasion d'arrondir sa fin de mois... Même si elle avait pensé que son interlocuteur était assez fin pour comprendre qu'elle chassait pour gagner sa vie, étant donné qu'on ne chasse pas la pierre morte, et qu'elle n'était pas venue le chasser lui.

- Ben... je chasse, quoi, répondit-elle. Vous voulez que j'vous fasse un dessin ?

Décidément, elle ne pouvait rien faire sans provoquer un minimum les gens. Toutefois, son sourire était un sourire espiègle, moqueur, et non pas une moue irritée qu'elle aurait pu faire face à une autre personne qui lui aurait posé la question aussi bêtement au vu des précédentes affirmations. Elle appréciait le présumé noble, ce qui avait tendance à rendre son humeur assez bonne, et donc à ne pas s'énerver pour la moindre question paraissant moins utile que les autres.

- Et j'fais aussi un peu d'forge, si jamais ça vous intéresse, même si l'arc sert pas à grand chose pour ça.

Publicité inside. Enfin, il était tout de même assez probable que Henry ne morde pas à l'hameçon vu qu'il devait avoir accès à des artisans bien plus prestigieux et bien plus doués que la jeune femme qui n'était pas née avec un marteau dans une main et une enclume dans l'autre. Mais cela suffisait pour les paysans qui avaient besoin d'outils de travail qui ne soient pas trop chers ni de trop bonne qualité.

- Vous pensez qu'les gens du coin sont obligés de tout savoir sur les mystères de cette caillasse ? fit-elle remarquer. Si c'est l'cas, les pauvres. Mais vous avez pas tort, j'suis pas du coin, un peu comme une autre personne ici présente...

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Ven 23 Mar - 17:18
[Navré pour le temps de réponse, j'ai pas tout le temps que je voudrais en ce moment ^^' mais ça va aller en s'arrangeant à priori xD]


Un esprit qui n'aimait pas les détours et une répartie implacable semblait caractériser la jeune chasseuse. Ayant l'habitude de ce tempérament pour avoir longuement côtoyé Ferdinand, cela ne choquait pas Henry. Cependant, deux métiers d'hommes pour quelqu'un qu'il soupçonnait être une femme...cela n'allait pas dans le sens de sa pensée, à son grand désespoir. Toutes les apparences montraient qu'il s'agissait d'un jeune homme, mais le doute persistait. Tant pis, il allait probablement devoir faire une croix sur l'élucidation de ce secret...pour le moment.
[Pardon x)]
En outre, peut-être sans réfléchir, Henry avait continué sa lente marche vers l'endroit le plus encore en élévation des ruines, là où l'entrée des souterrains se trouvait. En chemin, il entretint la conversation.

"Je ne pense pas qu'un dessin soit nécessaire, l'arc suffit, mais un tel objet peut servir à maints usages. Et, sans offense, je pense pouvoir vous féliciter de pouvoir pratiquer des activités de forge sans devenir un de ces gros tas de muscles de forgerons. Quant aux personnes qui vivent dans le coin, je pense que vous avez raison et que tous ne connaissent pas tous les secrets de cet endroit...Mais ils doivent tout de même en savoir plus que moi qui, comme vous l'avez noté, vient ici pour la première fois."

Arrivés proche des lourdes grilles qui fermaient l'accès à un escalier dont on ne voyait pas le bout, Henry ne put s'empêcher de s'en approcher et de coller sa tête entre les barreaux pour tenter d'y voir plus loin. Mauvaise tentative puisqu'il s'écarta à nouveau de la porte cadenassée sans grande informations croustillante à dévoiler. Regardant un peu autour de lui, il en déduisit que l'entrée de la crypte devait se trouver proche de l'endroit où l'on trouvait l'hypothétique autel de l'édifice. Une configuration souvent observée, bien que la plupart du temps, les fameuses cryptes étaient effondrées et donc impraticables. La curiosité de Henry était d'autant plus piquée qu'il se trouvait si près d'un grand mystère: si l'aspect extérieur des vestiges ne présentaient rien d'excitant, ce que se trouvait dessous n'avait pas encore été réellement exploré. Se tournant, vers Shanàn, il s'expliqua d'un air quelque peu avide.

"Ce qui se trouve là dessous m'intrigue au plus haut point. Prudence ou non, cadenas ou non, j'y descendrai bien afin de voir ce qu'il s'y trouve. Vous qui désiriez de l'info utile sur l'endroit, pourquoi ne pas aller la chercher nous même?"

Comme s'il se rendait alors compte qu'une telle proposition pouvait éventuellement les mener à la mort ou à de graves blessures, il fit quelques va-et-viens de ses mains afin de montrer qu'il voulait revenir sur ce qu'il avait dit. Prenant une énième fois un air désolé, il se justifia.

"Veuillez pardonner ces paroles venant d'un fou, je ne me pardonnerai jamais d'avoir causé la mort d'une jeune personne pour mes propres passions. Je n'ai pas eu d'informations sur le degré d'aptitude des personnes descendues dans ces souterrains, mais il serait fâcheux que nous ne remontions pas. Je m’excuse une nouvelle fois: il n'est effectivement pas toujours facile de vivre dans mon pauvre esprit sans cesse tiraillé. Ho, n'allez pas penser que je suis fou...disons que j'ai du mal à me détacher d'un passé très apprécié."

En effet, bien que Shanàn n'était pas au courant, la fonction de Henry ne lui permettait plus les folies auxquelles il pouvait céder dans ses jeunes années. Bien que son désir d'explorer la crypte montait en lui comme une poussée d'hormones d'adolescent basique, cela ne tenait pas qu'à lui: non seulement cela serait problématique pour Ventus s'il venait à disparaître, mais entraîner une autre personne avec lui l'enverrait tout droit au plus profond degré de l'enfer. Mais bon, tous le monde a un petit diablotin sur l'épaule lui murmurant: "Allez, on s'en fou, on y va!".


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Mer 28 Mar - 23:30
Un fouetté dans les yeux suivit d'un coup à la gorge, le tout conclu par un fauchage des jambes. Micaïl n'avait pas eu le temps de réagir face à son professeur lorsque celui ci était devenu sérieux. L'homme au cheveux rouges lui tendit alors la main pour l'aider à se relever, toujours son sourire tranquille sur le visage. Il pris la main tendue. Kyriel le tira brutalement et, lui donna un coup sec aux côtes. Une de brisée.

-Ne baisse jamais ta garde Micaïl, sinon tu es mort.

Il se retourna vers les autres élèves. Du sang frais, tous ceux qui leurs avait semblait plus qu'intéressants et qui avaient répondu à la proposition. Ils étaient tous préparés à ce genre de traitement, ils avaient été avertis; mais cela jetait toujours un froid la première fois, surtout quand ce genre d'acte était accomplis par le chef exécutif du conseil de Ventus. Il souriait toujours.

-Voici ma première leçon, sachez une chose, l'erreur c'est la mort... Maintenant continuez à vous entrainer, je dois aller régler quelque chose.

Il fit mine de partir et se tourna vers Micaïl.

-Au fait Micaïl, tu continuera l'entrainement avec ta côte brisée, un peu de douleur supplémentaire t'apprendra à ne pas être sur tes gardes.

***

Il se promenait à travers les ruines de Nebula, repensant aux nouveaux arrivants. De bons élèves, déterminés et doués... Évidemment, c'était pour ça qu'ils avaient été choisis. Cependant la nuance entre les cours au club Steinberg et à Mihailov était là, pas de pitié. Si Mihailov ne faisait pas de cadeau, le club Steinberg lui était douloureux, ceux qui y étaient formés devait après tout devenir des espions et des tueurs doués en un an seulement. Ils n'avaient pas de temps pour la pitié, pour la gentillesse. Leur futur "métier" serait impitoyable... sauf qu'une erreur s'avèrerait mortelle pour eux et dangereuse pour le pays. Ils devaient apprendre à avoir mal, à ignorer et supporter la douleur, à dépasser leurs limites. Cependant, le politicien pouvait se vanter d'une chose, il faisait toujours attention à ne pas dépasser la frontière entre sévérité et sadisme. Prendre du plaisir à les "martyriser"? Sans façon. Il avait étudié chacun de leurs cas, réfléchissant à leurs différences psychologiques, ils allaient être repoussés dans leurs retranchement au fur et à mesure. Le programme si général qu'ils avaient tous était en vérité modulé être adapté à chacun. Petit à petit ils iraient de plus en plus loin... Mais jamais ils ne seraient brisés, c'était la première règle. La deuxième étant de ne pas les mettre en danger de mort cette année, ils n'étaient pas prêts dans tous les cas.

Ainsi déambulait-il en pensant à travers les ruines de Nebula, vêtu d'une simple tunique noir sans manches et d'un pantalon ample, portant des mitaines de cuir tandis que, Châtiment reposait dans son dos et Hubrys et Regis au niveau de ses hanches; il avait l'air d'un mercenaire ainsi vêtu, il était tranquil... Tant qu'il ne tombait pas sur un citoyen d'Ignis qui, le reconnaissait et reconnaissait le tatouage représentant à un aigle doré sur son bras. Tant que cela n'arriverait pas tout irait bien et, après tout combien de chances avait-il de tomber sur quelqu'un ne venant pas de Ventus? Autant de chance que de tomber sur le chef des armées du pays dans cet endroit là de Ventus aujourd'hui? Donc à peu près aucune cha... Bon d'accord, les chances de rencontrer un étranger venaient d'augmenter, assez pour qu'il puisse s'attendre à voir le Saint Prêtre d'Ehol surgir d'un rocher là. Car il avait à présent une vue magnifique sur... Henry Artins, chef des armées de Ventus!

Solution numéro une, il faisait demi tour, seulement le général ne manquerait pas de le remarquer et,
dans la tenue qu'il portait actuellement cela éveillerait sans aucun doutes certains soupçons. Solution numéro deux, il le rejoignait lui et le... garçon? La... fille? Avec qui il discutait. Et il n'éviterait pas d'éveiller la curiosité d'un des deux protagoniste... Dans tous les cas il soulèverait des questions... Kyriel hésitait...Mais, il y avait au final un moyen simple de se décider, quel était l'intérêt de la personne avec qui Henry discutait? Un simple coup d'œil suffirait... une lecture rapide... Non. Il n'allait pas faire demi-tour, la situation était bien trop intéressante en vérité... Quoi qu'il hésitait entre les termes intéressants, dangereux, ou complètement anarchiques... Au final, il n'avait pas le choix, il devait vraiment prendre part à leur discussion, il y avait certaines choses qu'il détestait ne pas savoir... et l'une de ces choses venait d'apparaitre sous ses yeux.

Il s'approcha donc tranquillement d'eux, ne cherchant pas à se faire discret. Tant pis pour Asmodée, elle n'aurait qu'à patienter, il s'agissait à présent d'une raison d'état. Ils 'exprima une fois à portée de voix, ayant entendu les dernières paroles d'Henry.


-Et non, je vous déconseillerai d'aller explorer les galeries, celles ci sont réellement dangereuses.


[vue que vous étiez tous les deux d'accord je ne me suis pas géné pour débarqué comme un cheveux sur la soupe, j'en suis désolé ^^]



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Sam 31 Mar - 16:36
Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de Shanàn, alors qu'elle suivait distraitement les pas de son interlocuteur qui la mèneraient... là où il la mèneraient, parce qu'elle n'en avait strictement aucune idée, et s'en fichait totalement. Après tout, elle était venue dans ces ruines pour se détendre et errait déjà avant de tomber sur Henry, donc peu lui importait où celui-ci l'emmènerait – dans la limite du raisonnable, et, de toute façon, en cas de pépin, elle n'était pas strictement sans défense. Bref, pour en revenir au sourire de la jeune fille, celui-ci avait été provoqué par l'une des premières réflexions de son interlocuteur, à propos de la silhouette musclée des forgerons. A vrai dire, elle ne maniait pas le marteau et l'enclume depuis longtemps pour que son anatomie s'y adapte, mais elle recourait en plus à quelques stratagèmes lui facilitant le travail, des stratagèmes pas très orthodoxes pour un forgeron normal. Ah non, n'y voyez pas là quelques actes déplacés, mais juste l'utilisation d'un pouvoir qui n'était pas donné au commun des mortels, et dont elle ne criait pas l'existence sur les toits histoire d'avoir un peu moins d'ennuis. Et, au passage, elle ne serait jamais capable de devenir aussi musclée qu'un véritable forgeron du fait de son appartenance à la gente féminine, celle-ci ayant moins de potentiel dans ce sens-là. Bien sûr, il existait quelques exceptions qui ressemblaient à des taureaux version féminine, mais même les mégères n'avaient en principe pas la carrure d'un homme soumis à un dur labeur quotidien faisant de lui une armoire à glace.

D'ailleurs, ce n'est qu'à ce moment-là que l'esprit de l'archère capta le fait qu'elle n'avait aucunement mentionné son genre, et que le doute pouvait planer à ce niveau-là dans l'esprit de son interlocuteur... Qui n'avait au moins pas fini par lui proposer quelques astuces pour draguer la gente féminine. Mais malgré cette réalisation soudaine, l'émissaire passa sous silence son genre, comme à son habitude. Elle avait l'habitude de cette ambiguïté, et ne s'en offensait nullement – ou presque. Et la voir semer le doute dans l'esprit de ses interlocuteurs avait au moins le mérite de l'amuser de temps à autre. Ou de lui garantir un peu plus de sécurité à Ignis.

- J'pense que c'est plutôt les forgerons qui d'vraient se sentir offensés... laissa-t-elle tout de même échapper, toujours sur un ton moqueur.

Henry avait un tac assez... particulier, ce qui rendait la chose assez drôle, au final. A croire que Shanàn s'entendait bien mieux avec des gens excentriques plutôt qu'avec les gens d'un caractère commun. Peut-être était-ce dû à sa propre excentricité... Question à laquelle elle n'aurait jamais de réponse de toute façon. Toujours est-il que cet Henry avait une tendance assez étrange à prendre certaines de ses remarques moqueuses au premier degré, et d'autres au second... Probablement avait-il un peu de mal à savoir distinguer le sérieux du non sérieux dans les propos de la jeune blonde, qui ne s'était pas vraiment attendue à ce que le jeune homme justifie ses dires à propos des connaissances des autochtones. Elle ne s'en formalisa toutefois pas et se contenta de hausser les épaules. Au moins, elle avait la confirmation que Henry n'était pas non plus originaire du coin, et que sa présence en ces lieux était assez exceptionnelle. Probablement liée à ses passe-temps... qui lui étaient bien propres.

Lorsque le duo parvint devant la grille cadenassée mentionnée par Henry, Shanàn demeura relativement en arrière alors que le jeune homme s'en approcha et tenta d'en savoir plus sur ce qui se trouvait plus loin. Croisant machinalement les bras, la jeune fille le regarda faire, tout en réfléchissant si il était ou non raisonnable de tenter quelque chose à ce sujet. Car le faire était dans ses capacités, dans ses capacités surhumaines toutefois. Elle devait bien être capable de faire fondre ce qui bloquait la grille pour pouvoir libérer l'accès et permettre à Henry de s'engouffrer dans les souterrains, mais elle ignorait comment réagirait le jeune homme si elle le faisait. Et surtout, elle n'y voyait aucun intérêt, sinon satisfaire la curiosité du supposé noble, en plus de l'inciter à s'enfoncer dans un lieu qualifié de dangereux par les autochtones. Elle-même ne voyait pas beaucoup d'intérêt à aller explorer ces souterrains, mais au pire cela pouvait toujours lui faire passer le temps et diversifier un peu ses activités de la journée, d'autant plus qu'elle avait déjà gagné cette dernière en faisant des affaires avant de venir dans les ruines. Après tout, si elle menait une vie itinérante, ce n'était pas seulement à cause de son pouvoir, mais aussi quelque part pour découvrir de nouvelles choses, quand bien même elle avait un peu de mal à l'admettre. Mais une vie morne et monotone ne convenait pas vraiment à l'émissaire, quoi qu'elle en dise.

Aussi un nouveau sourire s'étira sur les lèvres de la jeune fille lorsque Henry l'incita fortement à descendre voir quels mystères ce souterrain renfermait. Non pas un sourire amusé cette fois, mais un sourire de défi, car au fond, Shanàn était aussi une personne qui relevait la plupart des défis qu'on lui lançait à partir du moment où elle ne les considérait pas comme débile – ce critère ne dépendant que d'elle et de son caractère. Bref, un vrai garçon manqué. Elle fut cependant un poil déçue par le revirement du jeune homme, apparemment tiraillé par deux envies contraires – ou plutôt entre son cœur et sa raison. Déçue, mais amusée aussi. Décidément, ça ne devait vraiment pas être simple de vivre avec l'esprit de ce gus là. D'ailleurs, il était le premier à le reconnaître. Mais ce petit grain de folie ne dérangeait pas vraiment la chasseuse, qui préférait ce genre de personne plutôt que celles atteintes d'une rigidité... rectale. Toujours est-il que tout cela sentait quand même la déception, et que Shanàn ne pouvait pas en rester là. Pas maintenant que Henry l'avait intriguée. Le seul élément qui la retenait de faire sauter le cadenas de cette grille était tout de même la manière dont elle voulait s'y prendre, recourir à son pouvoir en présence d'autrui ne faisant pas vraiment partie des choses qu'elle aimait faire.

Mais avant qu'elle ne puisse toutefois faire ou dire quoi que ce soit, elle entendit quelqu'un se rapprocher derrière le duo improvisé de touristes d'un pas plutôt tranquille. La jeune fille blonde tourna la tête, et son regard bleuté vint se poser sur un homme à la chevelure flamboyante et aux yeux améthyste, vêtu d'une simple tunique noire sans manches laissant visible un phénix d'or sur son épaule gauche. Son visage au teint albâtre était d'une beauté assez dérangeante, mais ce qui interpella le plus la jeune fille fut les lames qu'il portait à sa ceinture, ainsi que celle dont le manche dépassait derrière son épaule. Le sourire de la chasseuse se dissipa totalement lorsqu'elle entendit l'inconnu leur adresser un conseil que Henry avait dû entendre maintes et maintes fois, et elle se retourna totalement vers le nouvel arrivant et croisa les bras, le toisant d'un regard mauvais.

- En principe, les gens s'présentent avant de prétendre savoir quoi qu'ce soit, lança-t-elle de but en blanc sur un ton ironique.

Elle n'avait pas franchement apprécié la manière dont l'individu s'était immiscé dans la discussion qu'elle tenait avec Henry, et elle comptait bien lui faire remarquer. Peut-être savait-il quelque chose en plus sur ces souterrains, mais pour le moment, Shanàn préférait savoir à qui elle avait affaire plutôt que de se focaliser sur ce détail. Il fallait dire que tout l'attirail de l'inconnu l'incitait à la méfiance. Et dire qu'elle avait accusé Henry d'être paranoïaque...

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Sam 31 Mar - 21:40
Henry se sentait un peu idiot, de changer ainsi de discours comme une girouette. Mais il était fait ainsi, il ne pouvait rien y faire. Un simple "allons-y" de la part de Shanàn aurait suffit à lui faire sauter le verrous de l'entrée du souterrain, et pourtant, il l'aurait probablement fait avec un grand sentiment de culpabilité. Son poste lui imposait désormais une certaine retenue, il ne pouvait plus s'amuser à risquer sa vie pour le simple goût de l'aventure, de même qu'il ne pouvait rentrer à Ventus cassé en deux, ou pire, les pieds devant. Mais en même temps, que pouvait-il bien y avoir de si terrible là dessous? Il regrettait de ne pas avoir visité cet endroit quelques années auparavant, avec ses deux compagnons d'armes. Peut-être qu'eux non plus n'en seraient jamais ressortis, mais bon il était presque certain qu'ils auraient au moins essayé de descendre.
Alors qu'il se forçait à oublier l'idée, il regarda Shanàn, dont le sourire trahissait un peu sa réaction face aux paroles du jeune homme. Il semblait avoir piqué quelque chose en elle, un peu d'esprit combattif, le goût du danger, peut-être même l'idée d'y découvrir quelque chose? Non, probablement pas cela, au regard de son immense intérêt pour les vestiges du passé.

Puis, avant qu'il n'ait pu relancer, il vit une silhouette décaler de derrière un des gros blocs de pierre qui jonchaient le sol, et qui se dirigeait maintenant vers. Un homme vêtu de vêtements "à l'aise" et armé...Henry eut un assez mauvais pré-sentiment lorsqu'il vit les armes attachées à la ceinture et au dos de l'homme, il avait l'impression d'avoir déjà vu ce genre d'accoutrement et cette manière de porter les armes. Puis, le pauvre Henry dut virer au blanc en une fraction de seconde. Ces cheveux, ce tatouage...C'était Kyriel Bernkastel! Génie de Ventus, excellent combattant doté d'un esprit stratégique surpassant probablement celui de Henry...et accessoirement son supérieur hiérarchique. Mis à part les autres membres du conseil, dans une moindre mesure, il était presque le seul homme de Ventus à qui il devait rendre des comptes.
En dehors de l'aspect "professionnel", Henry vouait une sorte d'admiration pour Kyriel depuis qu'il l'avait brièvement rencontré plusieurs années dans le passé. Pour lui, il s'agissait presque d'un rival ou d'un but à atteindre, tant son intelligence l’impressionnait. Ils ne se rencontraient pas vraiment en dehors des séances du conseil, n'étant pas particulièrement proches. Mais là, ils semblaient avoir choisi la même destination pour leur jour de repos. Mais que faisait-il armé? Une mission secrète? Etait-il venu les arrêter pour avoir énoncé l'idée de pénétrer dans ces souterrains interdits? Non, là il divaguait sûrement. Il était juste tombé sur eux par hasard. C'était sûr.

Son conseil vis à vis de leur petite escapade acheva Henry: et si il était vraiment là pour les punir? Il devait se sortir cette idée de la tête: ça ne pouvait pas être ça. Si tous deux étaient en repos, leur lien hiérarchique ne s'appliquait pas, il n'avait pas à se justifier aujourd'hui. Cependant, Shanàn s'en occupa d'une manière très cocasse sachant que l'homme qui se tenait devant eux était le number one de Ventus. Une nouvelle preuve de la délicatesse de la jeune femme.
Au début, une infime pensée souffla "Zblah!" à l'oreille de Henry en réaction à ce qu'avait dit Shanàn. Mais elle fut si vite réprimée qu'il n'y fit pas attention et ne pensa qu'à apaiser un peu les choses. Il se plaça entre les deux et fit un salut respectueux à Kyriel. Il expliqua ensuite d'une voix un peu tendue:


"Bonjour à vous, Kyriel. Veuillez excusez le...la...hum. La personne qui se tient avec moi. Elle ne savait pas que nous nous connaissions, aussi cela explique t-il son incrédulité face à vos paroles non introduite."

Huss, du dégueulis de courtoisie sauce Omnia. Enfin, il avait tout de même pas trop mal rattrapé le coup, avec seulement quelques secondes de réflexion. Par contre, il vira au rouge tomate lorsqu'il ne sut pas dire "le" ou "la" pour désigner Shanàn. Dans les deux cas, il avait dévoilé son doute ce qui n'était pas très poli. Enfin bon, pour un jour de repos, il avait connu plus détendu...bien qu'il se prenait probablement tout seul la tête.

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Lun 2 Avr - 0:00
Il entendit la flèche siffler, presque invisible, sans pitié. Elle fit mouche transperçant cruellement le cœur de sa victime. Shanàn venait d'abattre en un tir précis les principes de la politesse et de la diplomatie, le tout en une phrase d'une des tonalités préférées de Kyriel... L'ironie. Le politicien ne pu s'empêcher de sourire au phrasé de la demoiselle qui après tout, n'avait tout de même pas tord. Le jeune génie aurait sans aucun doute du avoir l'amabilité de se présenter de manière plus... officielle, abandonnant ainsi son entrée sur une réplique qui loin d'en jeter, restait d'un classique désespérant dans les romans d'aventure. Mais ainsi il n'aurait pas pu profiter de ce que venait de dire l'émissaire du feu... Il était même légèrement surpris. Loin de lui l'idée de voir l'émissaire du feu comme un homme d'un trentaine d'années, barbus et colérique; mais le fait de découvrir la dit émissaire ainsi... une jeune fille de dix-sept ans au caractère certes enflammé à première vue aurait plutôt du l'étonner. Pourtant son étonnement ne tenait pas de ce fait non, son étonnement tenait d'un fait bien plus... général. Non, sa surprise était la jeunesse qu'il constatait encore une fois. Le général des armées de Ventus, l'émissaire du feu, la reine de Terra, lui même... La jeunesse de cette décennie recelait bien des individus étonnants dont-il faisait partit.

L'espace d'une seconde, un nuage assombri son visage. Du sang neuf, au moment ou le continent arrivait à un épisode charnière de son histoire. Et peut-être bientôt la guerre avec ses charniers qui resteraient dans l'histoire... Combien encore seraient-ils à finir dans ce tourbillon? Beaucoup. Toujours était-il qu'il se retrouvait avec en face au moins une des personnes qui changerait le cours de l'histoire, qui changerait le monde même. Mais peu importait ces considérations pour l'instant, autant se détendre et faire connaissance après tout non? Lorsque vous êtes politicien vous avez rarement l'occasion de discuter librement avec quelqu'un qui pourrait détruire votre pays. Et encore plus rarement de le faire avec en plus de cela l'autre personne la plus influente du pays. L'émissaire du feu, le chef des armées de Ventus et le chef exécutif du conseil... Un trio surprenant à vrai dire. Même si pour l'instant Kyriel était peut-être le seul à avoir une idée de la situation.

Mais il y avait quelque chose dans ce qui se passait qui n'avait, aucun prix. La tête d'Henry. Voir le chef des armées de Ventus faire une telle tête... Non, cet instant avait une valeur inestimable aux yeux de l'ancien habitant d'Ignis. Voir un des hommes que lui même considérait comme un des plus talentueux du pays, quelqu'un qu'il estimait grandement mais, qu'il considérait lui même comme quelqu'un de dangereux pour ses projets faire une telle tête était, juste magnifique. Encore une fois le politicien souriait. Lui même avait eu de la chance de, ne pas avoir été visible lorsqu'il avait découvert qui étaient les deux individus qu'il venait de rejoindre, sa tête ayant sans doute donné quelque chose dans le même style que celle du militaire.
Lorsque Henry enchaina, tentant d'excuser de la manière la plus courtoise qu'il pouvait la jeune fille avec qui ils discutaient, Kyriel du chercher quelque chose à faire pour qu'un sourire plus qu'amusé ne s'étire sur tout son visage. Il farfouilla donc dans une de ses poches en sortant une pipe préalablement bourrée ainsi qu'une pierre à feu. Il alluma sa pipe, tira une bouffée sur le mélange d'herbe de son cru avant de répondre d'une voix joviale.


-Excuses refusées... après tout on n'excuse pas ce qui n'a pas à l'être. De plus, j'ai moi même manqué de tact en ne me présentant pas d'abord. Et enfin, assez de toute cette courtoisie tout droit sortie d'un conseil, surtout lorsque nous ne sommes pas en fonction, vous ne pensez pas Henry?

Il fit alors une révérence bourrée d'ironie à l'adresse de Shanàn.

-Bernkastel, Kyriel Bernkastel, chef exécutif du conseil de Ventus, génie toute catégorie à la réputation sulfureuse et encore bien d'autre chose plus ou moins valables. Mes excuses pour ne m'être pas moi même présenté demoiselle.

Il se redressât, prenant une nouvelle bouffée sur sa pipe.

-C'est d'ailleurs un plaisir de vous rencontrer Shanàn, je n'ai plus vraiment eu l'occasion de rencontrer des gens au franc parler ces derniers mois... Ah! Et ne vous étonnez pas, je connais votre nom car le vent l'a porté jusqu'à mes oreilles.

Il s'adossât nonchalamment contre l'une des ruines, comme s'il était tout à fait normal qu'un politicien se promène ainsi vêtu dans un lieu en ruine et puisse connaitre le nom de quelqu'un qu'il n'avait pas encore rencontré auparavant.

-Cependant, quand à votre idée de pénétrer à l'intérieur de ces ruines Henry... J'éviterais d'y aller sans être accompagné de toute une équipe... A moins bien sur que le descendant d'Ehol ou un des légendaires émissaires ne soit avec nous ce qui soyons honnêtes, n'a aucune chance d'arriver. J'ai moi même participé à plusieurs fouilles dans ces ruines, je parle donc en connaissance de cause.



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Mar 3 Avr - 23:11
Mais... Mais pourquoi donc Henry tirait-il cette tronche de dix mètres de long ? Si la jeune fille n'avait pas été passablement irritée par l'arrivée du mystérieux individu fouineur, elle en aurait bien ri, et ne se serait pas gênée pour s'en moquer. Ben oui, elle et le tact, ça faisait deux – voire plus – et elle ne se gênait pas pour accentuer l'embarras de ses interlocuteurs. Ce qu'elle ne fit en l'occurrence pas, bien qu'une partie de son esprit se posait sérieusement la question suivante : quelle était donc la raison qui avait provoqué une telle... euh... expression sur le visage du noble passionné de ruines ? Ce dernier vint d'ailleurs très vite se positionner entre la jeune fille et le nouvel arrivant et salua ce dernier respectueusement, tirant un haussement de sourcils dubitatifs à l'émissaire. Allons bon, le gus aux cheveux rouges était un noble, une connaissance d'Henry qui semblait être bien mieux placée que lui hiérarchiquement parlant. Et dont la présence justifiait apparemment l'embarras du pauvre Henry dont la vie ne devait pas avoir été facilitée par la réplique mordante de la chasseuse. Mais quand bien même cette dernière remarqua ce fait, elle ne regretta pas un seul instant ses propos. Rien au monde ne l'empêchait d'exprimer clairement ses pensées, surtout lorsqu'elle était énervée. Enfin, pour l'instant, tout cela relevait bien plus de l'irritation que de l'énervement. Du moment que le mystérieux individu n'en rajoutait pas une couche. Et que Henry contribuait à rendre la situation comique de manière assez volontaire.

Shanàn dut réprimer un sourire en entendant le passionné d'archéologie buter sur son genre. Quand bien même elle était habituée à cette confusion, cela la faisait toujours bien rire, bien qu'il ne s'agisse pas là de la raison première pour laquelle elle entretenait un physique ambigu. C'était tout d'abord pour des raisons pratiques. Elle n'avait aucun intérêt à mettre en valeur le peu de féminité qu'elle avait avec la vie qu'elle menait. Et, question sécurité, elle préférait toujours passer pour un homme lorsqu'elle tombait sur le de ces chacals d'Ignis. Même si, en l'occurrence, les deux hommes avaient très peu de chances de provenir d'Ignis. Cet amusement ne fut toutefois que fugace lorsque Henry poursuivit ses excuses adressées au dénommé Kyriel, qui était bien l'une de ses connaissances. Les propos du jeune homme transpiraient de courtoisie, une courtoisie hautaine et typique des nobles que l'émissaire n'avait jamais apprécie. Il n'y avait que les individus au sang bleu pour cacher leurs pensées derrière une telle mascarade aussi pompeuse que profondément stupide aux yeux de la chasseuse. Après tout, cette dernière était issue d'un milieu particulièrement rural, n'était allé à l'école que pour le strict minimum, avait reçu une éducation de paysanne et comptait sur les doigts d'une main les nobles qu'elle avait rencontrés durant toute sa vie. D'ailleurs, ces deux là étaient en train de faire voler en éclat ses statistiques, mais... détail sans importance. Le nom de Kyriel l'intriguait bien plus. Car celui-ci lui disait quelque chose, ce qui signifiait que l'homme n'était pas n'importe qui aux yeux de la société – bah oui, pour que Shanàn le connaisse...

Un autre indice mit l'émissaire sur la voie. Kyriel mentionna un certain conseil en 'refusant' les excuses de Henry sur un ton tout à fait inattendu de la part d'un noble, à savoir jovial. Qui disait conseil et qui disait Ventus disait... conseil de Ventus. Sans blagues. Le regard bleuté de la jeune fille détailla de nouveau rapidement Kyriel, essayant de l'imaginer comme l'un des membres de la plus haute instance de ce pays. Et elle ne put s'empêcher de hausser les sourcils une nouvelle fois, demeurant assez sceptique. Même si, maintenant qu'elle y repensait, il était bien probable qu'il y ait un certain Kyriel siégeant au conseil, et que la diplomatie dont il faisait preuve envers quelqu'un qui lui avait littéralement sauté à la gorge était digne d'un politicien. Shanàn se força à ne pas juger trop péjorativement le nouvel arrivant, malgré sa première impression, et attendit que celui-ci en dévoile un peu plus sur lui-même avant de e classer définitivement dans la catégorie 'désagréable'. Peut-être avait-il réalité un caractère assez proche de celui de Henry, qui apparemment était lui aussi partie intégrante des hautes sphères de ce pays ? A voir. Egaler l'excentricité du passionné de vieilles ruines avait de quoi relever du miracle. Ou de la malchance, au choix.

Shanàn demeura de marbre devant la révérence pleine d'ironie que lui adressa Kyriel, posant néanmoins assez machinalement ses mains sur ses hanches, donnant involontairement un aspect totalement loufoque à la situation. A vrai dire, celui-ci lui sortait complètement de l'esprit, la jeune fille étant bien plus focalisée sur les propos que venait de prononcer le politicien, qui se présenta comme le chef du conseil exécutif de Ventus. Autrement dit, la personne la plus haut placée de l'état dans lequel elle avait présentement les pieds. Rien que ça. Elle en demeura un certain moment interdite, alors que le gus possédant le plus d'autorité au sein de Ventus se redressait et allait s'adosser à un mur en ruine tout en continuant à fumer son mélange d'herbes étrange, tout en continuant à s'exprimer. Elle ne put néanmoins pas s'empêcher de lâcher un :

- Vent de mes fesses, ouais...

… à voix basse lorsque Kyriel lui intima plus ou moins indirectement de ne pas poser trop de questions sur le savoir étonnamment véridique qu'il possédait à son sujet. C'était aussi pour ça qu'elle n'appréciait pas les nobles, et encore moins ceux qui se la jouaient de cette manière. Quel intérêt, sinon montrer à quel point ils estimaient leur personne ? Pour elle, l'honnêteté dépourvue de tout atour valait bien plus que ce parler mystérieux employé par le dirigeant de Ventus. Ce dernier continua par ailleurs sur sa lancée en reprenant le sujet premier sur lequel il avait interrompu Shanàn et Henry, conseillant une nouvelle fois à ce dernier de ne pas s'aventurer dans ce sous-sol sans être bien accompagné. Et Shanàn crut qu'elle allait étriper purement et simplement le politicien, quelle que soit son importance dans ce pays. Si il y avait bien une chose qu'elle exécrait, c'était qu'on mette impunément son nez dans ses secrets les mieux gardés. Et ce avec une facilité déconcertante. Peut-être était-ce dû à sa position de leader. Peut-être était-ce là une méthode plus ou moins subtile pour enquêter sur l'émissaire. Mais cette dernière s'en fichait totalement. Parce que le Kyriel en présence l'énervait passablement.

- Bon, Monsieur Je-sais-tout, avant de raconter tout et n'importe quoi, vous pourriez p'tetre m'expliquer en quoi c'est normal d'voir le chef d'un pays traîner au beau milieu d'ruines avec un look classieux de mercenaire... Non pas que sa présence ne m'honore et ne m'enchante pas... ironisa-t-elle.

Elle avait hésité à l'appeler 'Monsieur Je-me-fiche-de-la-gueule-du-monde', mais le zeste de diplomatie qu'elle possédait l'en avait empêchée. Peut-être par égard pour Henry. D'ailleurs, en parlant de Henry... elle tourna la tête vers ce dernier.

- D'ailleurs, maint'nant qu'j'ai en face de moi l'plus grand génie narcissique qu'le monde ait jamais porté, vous pouvez p'tetre me dire qui vous êtes, non ? Et m'dites pas qu'vous êtes un simple passant que sieur Kyriel aurait renversé dans la rue, j'vous croirais moyennement...

Elle reporta son attention sur Kyriel.

- Et, puisqu'on est au rayon réclamations, vous pourriez p'tetre nous dire c'qu'il y a là-bas dessous, pas que ça nous éviterait des ennuis, mais presque...

Elle passa sous silence la partie concernant Ehol et ses émissaires. Quand bien même le sujet l'avait irritée, il en fallait un peu plus que ça pour qu'elle dévoile un quelconque détail à ce sujet, celui-ci étant particulièrement sensible. Faire confiance au premier inconnu passant, chef de nation qui plus est, ce n'était pas vraiment son genre. Pour le moment, il lui restait assez de contrôle pour qu'elle se persuade du fait que passer sous silence une attaque verbale de ce genre valait mieux que d'avoir tout Ventus sur son dos à cause de son statut semi-divin.

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Jeu 5 Avr - 19:28
Au moment où Kyriel commença à dire "excuses refusées", laissant un temps de latence avant la suite de phrase, Henry dut afficher à la suite toutes les couleurs qu'un visage pouvait montrer. Il savait Kyriel intraitable, mais à ce point là...Puis ce dernier termina, faisait comprendre à Henry, ainsi qu'à Shanàn, qu'il ne s'était pas formalisé pour si peu et qu'il comprenait la position de la jeune femme. Il termina en précisant au chef des armées que l'étiquette n'était pas obligatoire en ce jour de détente, ce qui rassura Henry au plus au point. Ce dernier eut l'impression que la boule de plomb qu'il avait dans l'estomac depuis quelques minutes se liquéfia, entrainait la liquéfaction de tout son corps tellement le soulagement était grand. Répondant par un sourire franc, non déformé par une grimace de gêne, et put enfin respirer.
D'ailleurs, la suite de la discussion avait de quoi capter complètement son attention: Kyriel connaissait le prénom de Shanàn sans qu'elle le lui ait dit, comme s'il la connaissait depuis longtemps. Etait-ce le cas? Ou est ce que cela faisait parti de l'immense lot de choses que l'ancien assassin savait "comme par magie"? Pour certaines choses, Henry mettait ça sur le compte de la culture très étendue du jeune chef exécutif du conseil, mais pour d'autres, cela paraissait trop étrange pour avoir été lu dans un livre. Comme un prénom: soit il s'était renseigné au préalable sur elle (pour quelles raisons?), soit il s'agissait vraiment d'un "comme par magie". Mais Henry n'était pas du genre à se contenter d'une telle réponse...mais il n'était pas non plus du genre à demander de but en blanc les petits secrets de chacun. Lui même avait les siens, bien gardés, et n’appréciait guère qu'on tente le lui tirer les vers du nez. En revanche, Kyriel s'allumant une pipe rappela le jeune mage à l'ordre: il n'avait pas médité aujourd'hui. Les journées de repos comme celle ci étaient traitres. En effet, vu qu'il ne produisait pas d'effort particulier, il ne sentait pas son énergie magique goulument pompée par le cadeau empoisonné de son grand père. Mais elle était irrémédiablement aspirée, le forçant à une vigilance constante. Imitant son supérieur, Henry sortit sa propre pipe, la fourra d'herbes qui calmaient l'appétit vorace de son catalyseur "bonus" et l'alluma à son tour. S'il n'avait pas l'occasion de méditer pour équilibrer son flux d'énergie, au moins ces herbes qu'il cultivait lui faisaient gagner du temps.

Puis, alors qu'il tirait une bouffée, il entendit Shanàn commenter dans sa barbe l'explication de Kyriel au sujet du fait qu'il connaissait son prénom. Il ne put s'empêcher de pouffer de rire, mais allié à la fumée chaude, cela entraina une immédiate quinte de toux sonore qui, il l'espérait accessoirement, avait vite couvert le murmure de la jeune femme. De plus, le fait de tousser avait camouflé sa réaction initiale, aisément prise pour la première toux, la plus amère. En revanche, la suite fut plus difficile à encaisser: Shanàn venait de "clasher" d'un manière qui semblait lui être propre. Si le jeune homme avait remarqué qu'elle n'avait pas sa langue dans sa poche, là c'était plus que ce qu'il avait pu voir jusque maintenant.
Mais avant même que Kyriel n'ait pu demander son reste, la jeune femme au caractère bien trempé en mit une petite couche sur Henry. Bien qu'elle en ait profité pour lancer une petite pique à Kyriel, le ton qu'elle avait employé différait de celui qu'elle avait utilisé jusque là pour lui parler. Bien qu'elle n'avait pas été paaaaarticulièrement amicale auparavant, elle n'y alla pas par le dos de la cuillère pour demander au jeune mage qui il était et pourquoi il connaissait Kyriel. Elle termina en enfonçant une ultime fois le pauvre nouvel arrivant sur sa dernière remarque.

Ouf...Pour peu que Kyriel eut été un des princes d'Ignis, on aurait eu droit à une belle session de "coup de tête de fuis!", avant d'avoir toute la garde royale sur le dos. Henry jeta un petit coup d’œil à Kyriel pour voir si ce dernier n'avait pas viré au rouge vif, mais au regard de ses premières réactions, il n'allait probablement pas se formaliser...ou peut-être que si. Tentant vainement de faire diversion, Henry répondit à Shanàn
.

"Hé bien, on dirait que notre situation avait autant de chances de se produire que j'aurai eu de chances de me faire renverser par M...Kyriel dans la rue. Du coup, vous n'allez peut-être pas me croire. Mais vous avez en face de vous le chef exécutif du conseil de Ventus, comme vous le savez déjà, et en prime le chef des armées."

Laissant planer la nouvelle quelques secondes comme dans un vieux film de série B, Henry répondit à la remarque de Kyriel sur les souterrains.

"Ma curiosité peut parfois aller trop loin, mais je parviens généralement à la raisonner. Puis, si vous dites que même nos compétences réunies ne pourraient nous permettre de survivre là dessous, j'imagine qu'il faut vous croire."

En dehors de cela, Henry ne comprit pas vraiment dans le bon sens l'allusion aux émissaires. Il avait seulement prit ça comme un argument supplémentaire à la dangerosité des catacombes. Seulement, si il avait su qu'ils étaient effectivement en présence d'un de ces fameux émissaires, alors la visite des souterrains aurait été envisageable: réunir deux des hommes les plus talentueux du pays et un émissaire offrait de grandes possibilités, en bien autant qu'en mal. Il ne manquait plus qu'un petit Ferdinand ou un petit Raphaël, ou les deux, et nous aurions une équipe de choc pour percer le mystère de ces ruines. Mais bon pour Henry, visiblement, l'heure était plutôt à la médiation qu'à l'exploration. Il tenta donc de dévier un peu le sujet sur des notes plus...détendues.

"Il est en tout cas étonnant de vous voir ici, Kyriel. J'imagine qu'Albion nous regarde tout particulièrement aujourd'hui, pour nous placer dans une telle situation. Puis vous sauvez cette pauvre Shanàn de mes intérêts barbants d'aristo' de la ville."

Il finit sur cette petite pointe d'ironie, reconnaissant une nouvelle fois l'ennui que pouvait représenter ses centres d'intérêts. Aussi, le fait qu'il n'ait pas vraiment été élevé à l'aristocrate et qu'il en avait apprit les usages de sa mère adoptive par commodité montrait la vision assez ironique qu'il avait de lui même. Habile manœuvre pour éviter une trop grosse tension, mais peut-être pas suffisante...

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Ven 18 Jan - 23:57
Vent de mes fesses? Hum... Oui, il était vrai que le vent n'avait rien à faire ici et qu'il s'agissait plus d'un pacte avec un démon mais pour ce que cela changeait... Parler de vent qui soufflait à vos oreilles des choses cachées était, bien mieux que de faire allusion à des souris et ou des petits oiseaux vous rapportant faits et gestes, surtout à propos de Ventus, nation du vent, de la liberté et de l'égalité... Quoi que ce dernier point était largement sujet à rhétorique entre idéalistes, cyniques et autres penseurs de tout bords. Mais cela n'était guère le sujet de la conversation et, le chef exécutif du conseil doutait que l'émissaire du feu éprouve un quelconque intérêt pour un débat comme celui ci, débat s'avérant stérile dans l'absolu qui plus est. Toujours était-il que l'attitude de l'émissaire du feu en indiquait long sur elle... Mais cela n'était pas suffisant et le pactisant s'évertuait à observer, non pas à la dérobée mais avec une feinte attitude naturelle la jeune fille, cherchant à lire le plus de pages de son livre. Plus il en saurait mieux cela serait. Pouvait-il avoir confiance en elle? Surement. Pouvait-elle garder un secret? Surement. Etait-elle représentative des autres émissaires? Peut-être... ou peut-être pas. Mais maintenant que son scepticisme face à l'existence des émissaires et d'Ehol avait été balayé, il fallait de toute urgence qu'il en apprenne plus. Et l'idée d'un gosse aussi puissant que le voulaient les légendes n'avait pas de quoi rassurer l'ancien ignisien, quels étaient les risque pour qu'un nouvel empire d'Ehol naisse de ce mythe ressuscité? Eliminer ou protéger? Il allait devoir y réfléchir.

La remarque de la jeune fille avait malgré tout fait sourire le jeune homme, manquant au passage de tuer Henry en le faisant rire et l'étouffant à cause de la fumée de sa pipe. Lui même en aurait bien ri... S'il n'avait pas arrêté de rire naturellement au fil du temps, laissant place à un perpétuel sourire de toutes les teintes quand il n'était pas dans une situation nécessitant tout son sérieux.

La question de Shanan avait cependant le mérite de soulever un point important de la situation, un point qui avait peut-être servi à la mettre de cette humeur. Toujours était-il qu'il s'agissait de là réalité. Après tout, que pouvait faire la personne la plus importante d'un pays dans un trou paumé comme Nebula? Si tenté que l'on oublie le club Steinberg, projet qu'il supervisait, ainsi que le clocher et ses réunions d'agents d'état... Bon, il y avait un simple petit problème pour ces deux sujets il était vrai. Après tout, seules les personnes tant d'une manière ou d'une autre liées au projet avaient vraiment connaissance du club Steinberg et, pour les réunions des agents d'état... Seuls ceux y participant à vrai dire en avaient connaissance. Il était vrai que ces petit détails interdisaient à des personnes comme l'émissaire du feu de comprendre la raison de sa présence, mais cela n'était que détail après tout non? Mais il y avait une autre réponse, à la nature bien moins... discutable, les ruines. Lui même étant un passionné de ruine (parmi toutes ses passions, plus ou moins connues et, plus ou moins vraies fallait-il avouer). Des ruines qui le fascinait, datant de l'âge obscur et, bénéficiant d'une multitude de pièges assez terribles pour faire bloquer les archéologue pendant un mois... Une véritable boite de Pandore entre les mains de l'homme qu'il était... Même s'il fallait déjà réussir à l'ouvrir ce qui... pausait quelques petits problèmes.

Toujours était-il qu'il en avait pris pour son grade à travers cette question et que cela ne faisait que l'amuser. Après tout, la jeune fille n'était pas quand on la connaissait mieux, le genre de personne de la part de qui ce genre de commentaire avait à être mal pris non? Même si Kyriel n'avait pas été autorisé à en savoir autant qu'il en savait sur elle et que, personne ici présent en l'état actuel ne l'aurait pu... si ce n'était lui et son pacte. Une sorte de vice, l'incapacité à ne pas user de son pouvoir à tout bout de chant. Heureusement, Aria s'abstenait d'utiliser sa magie, ou plutôt n'avait pas à l'utiliser... A moins de vouloir faire exploser toute une rue d'Omnia piégée de rune, mais il ne s'agissait le que d'un détail. Et il en pris encore pour son grade lorsque Shanan interpela Henry pour lui demander de se présenter clairement. " l'plus grand génie narcissique qu'le monde ait jamais porté"... Hum... ça avait quand même du style, il fallait l'avouer, il la garderait pour plus tard... Et la noterait dans le charmant livre ou il consignait ce qu'il avait fait et comptait faire, une manière de pouvoir lire son livre, par un moyen détourné certes mais par un moyen.

Henry quand à lui, semblait danser d'un pieds sur l'autre. Le statut du chef exécutif du conseil de Ventus et sa réputation, semblant lui poser quelque problèmes, mais il était vrai après tout que le chef des armées ne connaissait pas l'ancien assassin dans ses "moments de détente" ou en présence d'Eloan. Il allait falloir remédier à ça de toute urgence, Henry avait après tout une place de choix dans ce que préparait le jeune génie aux penchants mégalomaniaque et plein de bonnes intensions teintéess de sang. S'il représentait une potentielle menace en l'état actuel, il présentait aussi un potentiel allié de taille, l'avoir de son côté lui procurerait une carte inestimable, un homme capable de s'opposer aux puissants princes et princesses d'Ignis et autres puissants adversaires de Terra et d'Aquaria... Et il appartenait aux innocents comme Eloan, bien qu'éminemment différent. Toujours était-il qu'il avait des réponses à donner.

-Et bien pour tout vous dire, il se trouve que la vérité est digne de romans. J'enseigne à de jeunes talents ayant quitté l'académie Mihailov l'art d'être discrets et de se battre, entre autre, dans cette petite ville afin d'en faire des espions d'exception. Et j'allais de ce pas retrouver un de mes agents personnel... chose qui n'est guère urgente à vrai dire.

Aucune urgence, vu qu'il était prêt à voir débarquer à tout moment la jeune fille en furie considérant comme un outrage le fait qu'il ne soit pas aller la rencontrer comme prévu... Vu qu'elle avait tendance à voir ces rendez-vous comme des rendez-vous galant ce qui n'était nullement le cas. Mais s'agissant là de son vice, Kyriel avait abandonné depuis longtemps de lui faire changer d'avis, depuis plus ou moins un an en fait.

Il se tourna alors vers Henry.

-Et pour tout vous avouer, il y a de cela un mois un mage de vent, tout particulièrement un expert en pièges, a failli perdre la vie en tentant d'ouvrir une porte scellée. Et dire qu'il a fait preuve de prudence extrême serait un euphémisme pourtant.

Cela n'avait peut-être pas eu lieu il y a un mois, cela avait peut-être un an mais pour ce que cela changeait il n'y avait guère d'intérêt, le but était de donner un exemple capable de calmer les esprits curieux... ou d'attiser encore plus la curiosité les vraies têtes brulées, pour ce que cela changeait véritablement encore une fois...

-Et je veux bien croire qu'Albion nous regarde tout particulièrement mais, je vous avouerai que l'absence d'un Iskandar d'Ignis pour rendre l'ambiance plus chaleureuse... m'attriste quelque peu.

Voyons voir, comme si Iskandar d'Ignis aurait pu rester de marbre face à l'impudence de l'émissaire du feu, calme face à l'attitude du chef exécutif du conseil de Ventus et ne pas être exaspérépar la gaucherie du chef des armées dans une situation "détendue" comme celle ci... Il ne pu s'empêcher de s'imaginer la scène avec un Iskandar au naturel sans ses "devoirs" de roi... Le jeune politicien devait avouer qu'il attendait avec impatience de pouvoir rencontrer son ancien suzerain, la situation promettant d'être des plus "enrichissantes".

-De plus, je suis sur que vous êtes bien moins exaspérant que moi pour notre "amie" Shanan, vu mon attitude toujours des plus suspicieuses.

L'ancien assassin avait quelques secondes plus tôt révélé un secret d'état des plus protégés à Shanan, en présence d'une civile donc, qui pouvait venir de n'importe où dans le monde; sans hésiter une seule fois et, d'un ton badin, continuant la discussion immédiatement après, comme s'il ne s'agissait que d'un "détail". Mais après tout, le pactisant lui devait bien ça, quand on savait le nombre d'informations qu'il prélevait chez la jeune fille en la "regardant". Des informations que seul un groupe de personnes minuscule savait. Bien, il en discuterait plus tard avec Henry et, aviserait avec lui pour en parler au conseil. Il allait être temps pour le chef des armées de choisir un camps. Et il avait fait son choix au sujet de l'émissaire.



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Sam 19 Jan - 15:44
Le jour où le chef des armées ventusienne sauva les miches du chef du conseil sans même le savoir. Cela aurait presque pu être l'intitulé du jour, même si on se doute bien que le grand Kyriel Bernkastel ne se serait pas laisser cramer sans rien dire par une paysanne sortie de nulle part, accessoirement Emissaire du Feu. Mais toujours est-il que si la présence du grand chef de Ventus n'enchantait absolument pas Shanàn, celle de Henry avait tendance à la rendre plus supportable. Notamment grâce aux réactions diverses et variées que pouvait avoir l'archéologue militaire devant les répliques mesquines de son supérieur hiérarchique. Voir le visage du militaire arborer en moins d'un quart de seconde toutes les couleurs possibles et humainement imaginables pour un visage humain avait de quoi... détendre légèrement l'atmosphère. Légèrement. Parce que hein, faut pas abuser, le magnanime grand chef du coin ne faisait pour l'instant pas la meilleure des impressions chez Shanàn, qui aurait préféré continuer à écouter cet huluberlu d'Henry plutôt que mettre son nez dans des affaires d'Etat malgré elle. L'Etat, c'était quelque chose de trèèèès loin d'elle. Et si possible, elle préférait que cela reste le cas – même si, quelque part, on se doute que cet espoir est assez vain.

Elle ne sut en revanche comment interpréter le sourire du chef du conseil lorsque Henry manqua de s'étrangler avec sa pipe en entendant la jeune fille exprimer à voix haute son opinion sur les vents du coin. Se moquait-il d'elle comme les nobles aiment se gausser du manque de subtilité du bas peuple, ou prenait-il un réel plaisir à profiter du parler franc de Shanàn, comme il le disait si bien ? La poésie n'avait jamais été le fort de la jeune femme. Et à vrai dire, ce n'était pas quelque chose qu'elle regrettait. Son but à elle, c'était que les gens la comprennent, point barre – et plus ils comprenaient vite, mieux c'était. Or donc, le vent, elle n'y croyait que moyennement, et autant le faire savoir de manière directe. Tant pis si cela provoquait chez ces nobliaux un amusement comparable à celui que l'on éprouve devant des bêtes de foire. Même si, en l'occurrence, ce genre de détail donnait en principe quelques indices sur la personnalité des individus, et par extension, la manière dont Shanàn choisissait de les considérer. Et si elle demeurait relativement indécise vis-à-vis du chef du conseil de Ventus, le regard qu'elle posait sur Henry restait pratiquement inchangé, quand bien même celui-ci venait de lui avouer sa position au sein du conseil. En fait, plus que de l'irriter, ce fait l'intriguait – parce qu'elle pouvait comprendre que Henry préférait ne pas clamer sur tous les toits sa position hiérarchique lorsqu'il avait pour projet de se perdre dans des ruines au fin fond de la brousse. De ce qu'elle avait vu d'Henry, il fallait espérer qu'il menait ses armées avec un peu moins d'ambivalence que sa propre tête.

N'eusse été l'intervention de Kyriel, Shanàn n'aurait jamais su que Henry était un grand ponte de la nation ventusienne. Cela dit, cela ne l'aurait pas dérangée plus que ça, le jeune homme demeurant dans son esprit un drôle d’énergumène de compagnie plus appréciable que celle d'un politicien mystifié dont elle ne citerait pas le nom. Cela pouvait relever de quelque peu de naïveté de sa part, mais elle avait cependant bien des difficultés à imaginer Henry en politicien manipulateur mégalomaniaque. Contrairement à un autre... Qui, d'ailleurs, venait de lui révéler un secret apparemment d'Etat comme s'il parlait de la pluie ou du beau temps. Et à vrai dire, ce n'était pas franchement pour plaire à Shanàn, qui avait des raisons assez bien définies pour rester loin du système politique et de toutes les magouilles qui l'accompagnaient. En soi, que le chef du conseil exécutif entretienne ses propres espions n'avait presque rien d'étonnant. Chaque chef d'Etat possédait ses propres outils, ses propres combines, ses propres atouts. Certes, elle venait de mettre la main sur une information qui aurait pu se revendre cher... Mais cela ne l'intéressait guère. Des flèches et des biquettes, voilà ce à quoi elle limitait sa vie.

Et si Albio avait vraiment été clément avec elle, il n'aurait pas mis sur son chemin le dirigeant de l'une des quatre nations de ce monde. Et si Iskandar d'Ignis semblait manquer au tableau aux yeux de Kyriel, il s'avérait que, pour Shanàn, Kyriel lui-même était de trop. Elle faillit d'ailleurs lui répliquer que si il avait tant besoin de chaleur, elle se ferait un plaisir de lui procurer, mais elle parvint à se retenir en imaginant la tournure que prendrait sa vie si elle avait le malheur de laisser soupçonner à un dirigeant de nation son statut d'Emissaire. Quant à Iskandar d'Ignis, il représentait encore quelque chose de trop abstrait dans son esprit pour qu'elle ne parte au quart de tour. Dans un sens, ce n'était pas lui qui l'avait violée dans les rues de son pays, même si ce genre de désastre était effectivement une conséquence de la politique qu'il menait à Ignis.

En revanche, si elle n'accordait que peu d'estime pour le moment à Kyriel et par extension à ses propos, la jeune chasseuse possédait assez de bon sens pour reconnaître qu'il valait mieux éviter de s'aventurer dans des souterrains craints par le chef du conseil exécutif lui-même. Son esprit de contradiction n'allait pas jusque-là. Non seulement parce que Henry semblait avoir abandonné l'idée, mais aussi parce qu'en soi, elle-même n'avait aucun intérêt pour ce qui était enfoui sous ces vieilles ruines. Sa curiosité n'avait été attisée que par celle du chef des armées – qu'il ne valait effectivement mieux pas perdre dans des ruines dans un trou obscur et paumé de Ventus.

- Si vous l'dites, se contenta de conclure Shanàn en haussant les épaules, avec un poil de mauvaise foi, pour clore le chapitre sur l'exploration éventuelle des ruines.

La jeune chasseuse était toutefois très loin d'en avoir fini avec le politicien, même si une partie d'elle-même ne désirait que de le voir partir et lui ficher la paix. Elle croisa machinalement les bras et toisa une nouvelle fois le chef du conseil exécutif, comme si elle tentait de juger si elle devait ou non croire tout ce qu'il lui racontait, alors que la vérité était un peu plus subtile que cela – un peu.

- Au moins, z'avez l'mérite de l'reconnaître, à défaut d'autre chose, répliqua-t-elle au chef de Ventus lorsque celui-ci évoqua son caractère suspicieux.

A défaut de modestie, par exemple. Ou à défaut d'humilité. Pas qu'il faille s'attendre à des masses d'humilité de la part des grands pontes d'Albion. Quoique, quand on regardait Henry...

- Et ça vous arrive tous les jours dans votre roman d'vie d'raconter c'qui ressemble à des secrets d'Etat au premier venu ? demanda-t-elle de but en blanc, avec toujours autant d'ironie.

Autant dire que même si l'explication de la présence de Kyriel en ces lieux semblait être plausible pour un chef de nation, il y avait quand même fort à douter qu'elle relève de la vérité complète. Quel intérêt à révéler ça au premier passant, même si le passant en question devise avec le chef des armées sans vraiment le savoir ? Si elle voulait bien croire à l'identité de Kyriel, c'était grâce à Henry, auquel elle accordait un minimum d'estime. Mais cela se limitait là. Après tout, plus c'est gros, plus ça passe, non ?

- Ah, et j'vous en prie, prenez bien vot' temps, hein, rajouta-t-elle sur le même ton.

Ce n'était pas comme si un éventuel agent l'attendait. Et ce n'était pas comme si il n'avait pas de considération pour ledit agent, hein ?

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Dim 20 Jan - 22:54
Quelle drôle de rencontre! En se levant se matin, enjoué de partir pour les ruines afin de gagner un peu de paix, Henry était très loin de s'imaginer la scène qui s'y déroulerait. On lui avait pourtant dit qu'il n'y avait jamais grand monde par ici...Et le voilà entrain de fumer la pipe, face à Kyriel Bernkastel et une jeune femme au caractère bien trempé. Par ailleurs, la tension entre les deux se sentait sans effort, bien que le chef exécutif du conseil sembla prendre les choses de manière humoristique. A vrai dire, Henry ne le connaissait pas vraiment et en dehors de quelques entrevues strictement professionnelles, ce qu'il savait de lui se résumait à quelques rumeurs. Il n'y accordait d'ailleurs pas trop de crédit, se méfiant naturellement des on-dits. Il le savait toutefois très intelligent, bien plus que lui, et aussi très calculateur. Son poste en disait long sur sa maîtrise de la politique, et donc l'art de faire aller les gens dans son sens.
C'est pourquoi le jeune Henry tiqua lorsque Kyriel évoqua son petit rendez-vous, censé être quelque chose de confidentiel. Ses espions se retrouveraient en grand danger si jamais ils étaient démasqués, même ceux en formation. Mais malgré le stress causé par la situation et les suaves vapeurs de sa pipe montant tranquillement au cerveau, Henry comprit qu'il ne s'agissait pas d'un coup d'épée dans l'eau. Il pouvait se tromper, mais il ne voyait pas son supérieur aussi imprudent que cela.

Sa réflexion dévia sur Shanàn. En effet, si Kyriel avait parlé à dessein, quel intérêt pouvait-il en tirer? Seulement pour s'amuser? Cela paraissait étrange. Et si c'était vraiment afin de tester quelque chose sur Shanàn, ça ne sembla pas prendre. La jeune femme resta fidèle à elle même, prenant soin de rembarrer le jeune homme après chaque réplique. En tout cas, Henry avait des progrès à faire en matière de ruse politique. Il se rendit compte que cela faisait quelques secondes qu'il était perdu dans ses pensées. Il revint à lui, l'air de rien, espérant que cette légère absence passerait pour les effets de la pipe. Il lança tout de même un regard exagéré à Kyriel, reprenant son rôle de chef des armées.


"Avec tout le respect que je vous dois Kyriel, ce n'est pas très prudent de révéler de telles informations ici. Je vous sais prudent, mais n'est-il pas dangereux pour Shanàn d'entendre cela? Imaginez qu'elle soit capturée pour nous avoir rencontré ici, et qu'on tente de lui extirper quelques informations...Il serait malvenu d'être la cause de ce genre de déboires."

Bien sûr, Henry était à des lieues de penser que Shanàn pouvait calciner ses éventuels geôliers sans problème. Pour lui, il ne s'agissait que d'une chasseresse, forgerone à ses heure perdues, et surtout innocente bien qu'intrépide. En outre, le chef des armées ne cherchait pas spécialement à savoir ce que Kyriel mijotait dans l'ombre: il s'agissait là de pratiques "top secrètes" et moins il était au courant, mieux c'était. Mais il restait intimement convaincu que la manœuvre du chef exécutif n'était pas anodine. Lorsqu'il évoqua ce mage ayant perdu la vie dans les souterrains il y a peu, Henry tressaillit. Que pouvait-il y avoir là dessous d'aussi dangereux? Et surtout, qu'est ce que toutes ces défenses protégeaient? On ne mettait pas en place de tels pièges pour rigoler, l'endroit devait renfermer quelque chose d'extraordinaire. Ce fait attisait encore la curiosité du jeune militaire, mais sa raison avait écarté toute idée d'exploration. Du moins pour l'instant.
Par ailleurs, il était relativement soulagé que Shanàn ne lui tienne pas rigueur d'avoir plus ou moins omis de préciser sa fonction. La manière dont elle lui avait demandé n'engageait rien de bon, mais visiblement, avoir fait ses preuves avant de d'évoquer son poste avait joué en sa faveur. Puis, présentement, il était Henry Artins, badaud visitant des ruines, non le Chef des Armées de Ventus. Certes, une fonction pareille collait à la peau, mais cela expliquait au moins ses réticences à se présenter entièrement dans des moments comme celui ci.


"Si Iskandar d'Ignis était ici, nous aurions quelques problèmes. En effet, la situation serait légèrement plus enflammée, mais Shanàn se retrouverait au beau milieu de quelque chose d'assez délicat. Et puis, c'est le genre de personne que je ne souhaite pas vraiment rencontrer."

Malgré le sérieux de ses paroles, Henry souriait. Bien qu'il ne répliquait pas à coup d'humour, il avait compris la petite boutade de Kyriel. De plus, il n'avait pas trop l'habitude de plaisanter au sujet du roi d'Ignis, étant pour lui l'ennemi numéro un. Son aversion, peut être exagérée, à son égard l'empêchait de plaisanter à son sujet aussi librement. Mais étant habitué à entendre Ferdinand jurer par son nom sans arrêt, il avait l'habitude; "Par les culottes tachées d'Ignis!" en était un exemple relativement poli. Aussi, la manière qu'avait Henry de penser au sort de Shanàn était amusante, et paradoxale. Ne connaissant pas sa nature, il la traitait comme n'importe quelle civile qu'il conviendrait de protéger en cas de pépin.

"Et je suis venu ici afin d'éviter le brouhaha d'Omnia et de sa politique, sa présence gâcherait quelque peu mon plaisir. Pas que la vôtre me déplaise, bien au contraire! Je trouve cela amusant que nous nous rencontrions ici, bien qu'il faudra nous revoir dans un cadre plus officiel."

Il ne s'étendit pas sur les allusions que Shanàn et Kyriel s'envoyaient au sujet de leur rencontre tendue. Tous deux le faisaient sourire par leur manière de s'administrer quelques bonnes vacheries, bien qu'une petite appréhension subsistait. La pipe avait fait son effet, et Henry prenait la situation avec plus de calme. Régulant mieux son flux de mana, le stress de son corps s'en ressentait, et se répercutait sur le stress de son esprit. Son cerveau marchait de manière un peu plus posée, ce qui allait lui éviter de passer encore plus pour un paumé.

"En tout cas, j'ose espérer que nous n'avons pas gâché votre lieu de rendez vous? Peut être allons nous être de trop lorsque votre élève arrivera? Il vaudrait d'ailleurs peut être mieux que nous ne voyions pas son visage..."

Il se tourna vers Shanàn.

"Vous ne m'en voudrez pas de vous avoir caché mon rôle dans ce pays? Je trouvais cette précision inutile dans le cadre de notre rencontre! Puis, les gens réagissent parfois bizarrement...Une fois, une dame à la carrure assez forte a voulu que je reste devant chez elle de nuit pour surveiller sa maison soit disant assaillie par des démons. Elle ne semblait pas comprendre que j'avais plus important à faire, et insista. Elle finit par me trainer chez elle, vous savez pour quoi faire? Cela me fait encore froid dans le dos, et c'est quelque chose d'assez dégoûtant que je vous laisse le soin de deviner. Ho, Shanàn, n'allez pas croire que je vous pensais capable de faire cela! Mais, disons que j'ai appris à me méfier...Maintenant, cela me fait bien rire, mais lorsque j'ai compris ce qu'elle attendait de moi, autant vous dire que je n'ai jamais couru aussi vite!"

Sa petite histoire avait peut être l'air inutile, mais elle avait à la fois pour but de détendre l'atmosphère et par la même occasion, de détourner l'attention de Shanàn et Kyriel l'un de l'autre. Ça n'allait surement pas marcher, ou seulement pour quelques secondes, mais c'était toujours ça.

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Sam 2 Fév - 1:33
Il fallait reconnaître que l'émissaire du feu était par nature coriace, pas une seule fois celle ci ne semblait avoir relâché sa méfiance à l'égard du politicien semblait-il. A vrai dire une saine réaction selon l'avis même du chef du conseil. Après tout ne trempait-il pas dans un imbroglio d'intrigues et autres manigances où, il ne devait de s'y retrouver qu'uniquement grâce à son habitude de ces pratiques et sa mémoire des plus admirable? Ce n'était pas comme si, mensonge et vérité devenaient tous deux plus ou moins douteux, ni comme si le pactisant n'arrivait pas à se voir autrement que navigant dans ces eaux troubles, des eaux troubles dont il s'estimait le maître incontesté. Sans doute péché d'orgueil il le reconnaissait mais, Kyriel appartenait à la race des hommes qui, trop lucides pour ne pas finir par éprouver plus de fierté que cela n'était nécessaire ne pouvaient que reconnaître leur arrogance. Charmant sophisme d'un esprit comme le sien mais qui lui permettait de se regarder dans un miroir.

Réflexion à laquelle fit écho la jeune fille, en lui accordant au moins cette... qualité après avoir croisé les bras en semblant le jauger. Par réflexe naturel, l'assassin en puissance posa sa main libre sur la garde d'une de ses deux dague, dans un geste somme toute naturel, comme pour ne plus laisser son bras ballant. Si cela eu pu sembler anodin, la raison du geste l'était moins. N'ayant accordé sa confiance à quasiment personne et, généralement à des personnes dont, il semblait judicieux de se méfier il lui était impossible de ne pas être sur ses gardes. Malgré tout ce qu'il pouvait savoir sur Shanan, elle restait l'émissaire du feu et donc, une grande menace pour sa personne et Ventus. L'idée de finir en grillade assaisonnée de ses propres poisons n'étant pas du style à rassurer le pactisant... il ne pouvait donc décemment pas rester comme le premier des pécores et se laisser carboniser. Même si cela était des plus improbable. Tout comme il était prêt à l'abattre même si cela ne l'enchantait pas... restait à savoir qui serait le plus rapide entre ses réflexes à lui et ceux de l'émissaire... et il n'avait pas, mais alors vraiment pas envie de mener une telle expérience.

La question de Shanan était, encore une fois des plus justifiées, très terre à terre il fallait l'avouer pour une personne qui, était tout sauf normale. Mais d'ailleurs, lui arrivait-il de raconter tous les jour ce genre de petite histoire? De telles anecdotes si précieuses pour la sécurité d'un pays pouvaient se revendre très chères après tout. Il réfléchis l'espace d'une seconde avant d'en conclure que oui, il ne cessait de conter ce genre d'aventures à bien des personnes, directement ou non, et qu'elles soient vrai ou non. Susurrer à l'oreille du commun des individus était si aisé... Et dire ce que les autres voulaient entendre étaient si aisé quand on les connaissait... La vérité et le mensonge n'étaient pour lui que de vagues principes régissant la question de l'image et non celle de la réalité, tout n'était qu'illusion et seuls les livres qu'il lisait semblaient renfermer la réalité. Mais peu importait car aujourd'hui le politicien et requin qu'il était, avait décidé de faire preuve d'autant d'honnêteté que possible, même si cela de part son attitude et sa nature ne pouvait qu'attirer questionnement. Après tout il était sans doute un des individus les plus douteux de l'époque et ne s'en cachait pas, cela faisait partit de son rôle non?

Henry y ajouta sa dose de scepticisme mêlée de principes.

Le politicien aux penchants douteux ne pouvait que donner raison à Henry et ses principes. En effet, qui aurait révélé ce genre d'information, particulièrement importante pour la sécurité d'un pays, surtout à quelqu'un rencontré moins d'une heure plus tôt? Qui pourrait prendre le risque en effet de divulguer des secrets d'état ainsi, risquant par la même occasion de les voir semés à travers le pays? Qui d'autre que le chef exécutif du conseil de Ventus qui, avait le don d'en apprendre sur une personne plus que son meilleurs amis dans la théorie? A vrai dire, personne. Mais il y avait quelque chose d'autre de plus amusant, en effet qui aurait cru qu'un fervent adversaire de l'église comme Kyriel, dévoile ce type d'élément stratégique à l'émissaire du feu, symbole et pilier du culte d'Ehol? Personne si ce n'était le dit politicien et sa magicienne, quoi que cela eu pu être un coup d'échec de toute première main.

Le chef des armées n'avait, d'une certaine manière pas tord du tout quand il disait qu'être à l'origine des déboires découlant d'une telle information était... déplacé. Mais, premièrement le chef du conseil s'en fichait complètement et, ensuite cela n'avait pas lieu d'être. En effet, personne à part Henry ou Shanan ne pouvait divulguer ce qui venait de se dire et, il doutait que les deux protagonistes soient du genre à aller crier sur tous les toits ce genre d'information. L'autre raison d'un tel acte aurait put être que quelqu'un apprenne que l'émissaire du feu avait rencontré le chef de Ventus. Encore une fois cela s'inscrivait dans les lignes de l'absurde, seules trois personnes le savaient pour l'instant et, ces trois personnes étaient justement au centre de la discussion. Dans ce cas là, le simple fait de parler à Shanan représentait une menace pour elle, et aussi bien Henry que Kyriel en étaient coupables, le chef des armées de Ventus et le chef exécutif du conseil. Ainsi pensait Kyriel, estimant qu'il ne pouvait qu'avoir raison.

Ce fut d'ailleurs à cet instant que les yeux du pactisant à la couleur si particulière perdirent leur lueur d'amusement, devenant d'une neutralité absolu et, que le sourire qu'il ne cessait d'arborer depuis le début s'évanouis l'espace d'un instant.

Et quel dommage pour Henry d'avoir rencontré Kyriel en cet instant ou il voulait éviter le brouhaha et la politique d'Omnia. Après tout il était dans un des lieux se trouvant au cœur des intrigues du pays. Le reste de ce que dit le chef des armées de Ventus d'ailleurs ne pu que faire sourire intérieurement la partie de Kyriel qui ne pouvait cesser de rire de tout et de tous.

Lorsqu'il s'exprima, il pris la voix faussement sérieuse du professeur qui réprimande un élève inattentif

-Je doute que notre "amie" ai à craindre à ce sujet là. Après tout, à moins de divulguer ce qui vient de se dire ici, comment quelqu'un pourrait envisager de s'en prendre à elle? De plus, si fournir ces informations peut lui fournir un quelconque avantage, qu'elle le fasse. La nation qui n'envisagerait pas que nous ayons des espions seraient bien folle, donnons lui confirmation et elle nous craindra encore plus... ou se méfiera encore plus, cela n'en sera que plus rentable pour nous. Quand à Iskandar, plus tôt je le verrai plus tôt j'en saurait plus que quiconque à son sujet... Et cela vaut aussi pour vous chef des armées de Ventus, plus tôt vous le verrez plus tôt vous pourrez vous faire une idée précise du type d'homme qu'est celui qui ne peut qu'être notre ennemi.

{oulala! Quel manque d'humour petit démon!
{Le sérieux sous le masque du rire, quelle banalité...

Il sillât une seconde puis un large sourire amusé se dessina sur son visage tandis que ses yeux reprenaient un éclat moqueur

-Ne vous inquiétez pas au sujet de mon... agent. Il ne s'agit, heureusement pas, d'une de mes élève mais d'une vieille amie que je pourrai considérer comme une sœur, la faire fulminer ne pourrait qu'être amusant dans l'absolu et dangereux pour mon charmant minois.

Il pris ensuite un air faussement conspirateur à l'égard d'Henry pour rebondir sur l'anecdote qu'il avait lancé au sujet de la fameuse dame bien en chaire.

-Hoho! Je ne vous connaissait pas ce genre de penchant messire Artins, seriez vous la nouvelle proie des dames de ce pays?



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Lun 4 Fév - 19:07
Au moins, Shanàn pouvait se vanter de ne pas posséder une capacité de raisonnement d'huître. Que le chef des armées de Ventus exprime ainsi ses inquiétudes vis-à-vis des propos qui avaient été tenus signifiait qu'elle-même n'était pas totalement en tort en demandant les fondements d'une telle divulgation de secrets d'Etat – même si, dans le fond, elle n'en avait rien à faire, des secrets d'Etat. Ceci dit, les extrapolations de Henry pouvaient paraître être un tantinet exagéré, surtout du point de vue d'une chasseuse sortie d'une montagne terrane qui n'avait jamais mis son nez dans les manigances politiques. Se faire capturer pour cracher le morceau sur un chef d'Etat rencontrant l'une de ses recrues d'espionnage ? Et puis quoi encore ? Bon, d'accord, le militaire pouvait difficilement concevoir que la jeune fille impétueuse qui se tenait devant lui était capable de carboniser quiconque lui cherchait un peu trop des noises, mais quand même. L'information était un secret d'Etat certes, mais de là à en venir à de telles extrémités... Mais du point de vue de Shanàn, aussi petit soit le secret, le secret d'Etat était fait pour être gardé. Quel intérêt sinon ? Mais passons, elle n'y connaissait pas grand chose en politique, et dans un sens, elle ne souhaitait pas vraiment s'y connaître.

Quant à Iskandar d'Ignis... Grand bien en fasse à ces grands pontes de Ventus de débattre sur l'utilité ou l'inutilité de la présence du monarque face au chef exécutif du conseil et au chef des armées de Ventus. En ce qui la concernait, elle était plutôt de l'avis de Henry, même si la chose délicate évoquée par ce dernier était étrangère à la jeune femme aux cheveux blonds. Bien qu'elle ait pour habitude de régler par elle-même les soucis qui se présentaient à elle, si jamais elle se trouvait en présence des grands pontes de deux pays de ce monde, elle les laisserait s'entre trucider sans y prendre part. S'ils faisaient ça avec splendeur et efficacité, elle ne voyait pas l'utilité de s'en mêler. Et quand bien même elle méprisait la doctrine ignisienne, elle était suffisamment mature pour savoir que trucider son monarque ne suffirait pas à l'éradiquer. Les problèmes culturels étaient bien trop complexes pour être résolus aussi simplement. Ainsi, même si la doctrine de la loi du plus fort la hérissait, elle ne s'estimait pas franchement capable de régler le problème des Ignisiens. D'autres le feraient peut-être bien mieux qu'elle – peut-être Ehol ? - sinon, tant pis. Pensée bien égoïste, mais elle n'avait jamais prétendu être un saint parmi les hommes malgré son statut d'Emissaire divin – qu'elle n'avait pas particulièrement cherché.

En somme, elle n'accordait que peu de considération aux aspirations et ambitions du dirigeant de Ventus. Savoir que les relations diplomatiques entre Ignis et Ventus était au niveau des pâquerettes était une bonne chose pour les itinérants comme elle, mais cela s'arrêtait là. Le peu qu'elle pouvait avoir de patriotisme allait au royaume de Terra – et encore, maintenant qu'elle n'y possédait plus ses biquettes, c'était discutable. Du coin de l'oeil, elle nota la présence de la main de Kyriel posée sur la garde de l'une de ses dagues, mais ne s'en alerta pas outre mesure. Aurait-elle été seule en présence du politicien, cela aurait été un autre affaire, mais en l'occurrence, la présence de Henry rendait la situation un peu moins tendue. La confiance relative qu'elle avait en ce type excentrique lui suffisait pour ne pas sortir immédiatement ses crocs à chaque geste ou parole suspicieux de la part du dirigeant de Ventus. D'ailleurs, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un élan de sympathie à l'égard du militaire dont elle estimait que ses instants de repos avaient effectivement été gâchés par le débarquement impromptu de Kyriel, aussi prompt soit-il à le nier.

Inutile de le nier, Kyriel n'entrait pas dans le top cinq des personnes que Shanàn appréciait le plus sur Albion. Qu'il soit chef d'Etat était une composante accessoire, et qui, en l'occurrence,ne jouait pas en sa faveur. Mais quoi qu'il en soit, son désintérêt pour les états d'âme et les hobbies de Kyriel était pratiquement palpable, et elle en était d'ailleurs venue au point d'envisager non pas de lui refaire la face, mais simplement de lui fausser compagnie dans les règles de l'art. Rien ne l'obligeait à supporter la compagnie de cet homme qui ne lui inspirait pas de bons sentiments. Tant pis pour lui s'il ne l'avait pas cherché, mais il y avait de telles choses que Shanàn ne pouvait expliquer et qui étaient pourtant réelles : son manque d'atomes crochus pour certaines personnes. Et ce malgré les efforts obstinés de Henry visant à détendre l'atmosphère. Et si Kyriel avança une remarque moqueuse sur l'anecdote du militaire, la jeune chasseuse se contenta pour sa part de lui répondre en toute sincérité :

- Bah, vous aviez raison d'vous y prendre comme ça, j'peux pas vous en vouloir. Même si j'peux vous garantir que le harcèlement de célébrités fait pas partie d'mes passe-temps favoris.

Manière plutôt détournée de faire comprendre à Henry que si la jeune chasseuse s'avérait être présentement de mauvaise humeur, la faute ne lui en revenait en aucun cas. Non, la seule remarque que l'Emissaire avait à adresser à Henry pour le moment était qu'il était quand même sacrément poissard. Et elle ne manqua pas de l'exprimer, allant même jusqu'à l'accompagner d'un petit sourire moqueur :

- Vous d'vriez essayer les jeux de hasard, ça pourrait donner des trucs drôles.

Son regard céruléen dériva vers le chef du conseil de Ventus, et son sourire s'effaça de son visage.

- Mais bon, en c'qui m'concerne, j'vais arrêter d'importuner Sa Grandeur, aussi amusant qu'ça puisse l'être, et que vous l'vouliez ou non. Bien à vous, conclut-elle avec une révérence toute aussi ironique que celle que lui avait adressée Kyriel.

Et elle tourna les talons et commença à s'éloigner. Elle avait sérieusement besoin de se prendre des vacances politiques, aussi courte sa carrière soit-elle.


[ HRP : Shanàn se barre, elle en a marre, mais vous pouvez toujours (essayer de) la retenir si ça vous chante =) ]

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Dim 3 Mar - 15:16
Pour un jour de congé censé être des plus calmes, c'était quelque peu raté! Loin du chahut de la capitale, Henry avait réussi à se retrouver dans une situation bien étrange...relativement tendue et drôle à la fois. Ses efforts pour détendre l'atmosphère payaient, mais l'animosité de Shanàn envers Kyriel ne rendait pas la tâche aisée. Ni la complaisance apparente de ce dernier dans ce rôle de fauteur de trouble, qu'il semblait assumer totalement. Une personne étrange qu'était ce chef exécutif...Sa compagnie, loin d'être désagréable, mettait à l'épreuve les nerfs et le tact du jeune chef des armées. Et, le plus drôle dans tout ça, était que ces trois là se retrouvent dans ce cadre si improbable. En effet, bien qu'Henry ne se considèrait pas du tout comme le meilleur combattant du pays, qu'il n'avait jamais vu Kyriel en situation hostile et qu'il ignorait la nature de Shanàn, objectivement, ces trois là mis ensembles représentaient une véritable arme de destruction massive.
Mais, probablement par chance, Henry n'avait aucune conscience de cela. Savoir qu'il se retrouvait en face d'un des légendaires émissaires aurait remis en question sa foi en Albio, et bien que l'idée lui aurait complètement déplu, sa fonction lui aurait peut être dictée de tirer profit d'un tel cadeau du destin. Il valait mieux, pour lui, pour Shanàn, et pour Kyriel, qu'il resta dans l'ignorance.

Kyriel lui expliqua alors, avec un ton de faussement courroucé, en quoi les bribes d'informations lâchées plus tôt n'avaient aucune incidence néfaste pour la Nation, ni même pour Shanàn. Henry devait avouer qu'il n'avait pas tort, mais quand même. La prudence était un de ses crédos et il l'exacerbait peut être un peu trop par moments. Kyriel avait toutefois marqué un bon point concernant Iskandar: plus tôt ils le rencontreraient, plus tôt ils sauraient à qui ils avaient à faire. Car, avec la fin du traité de paix approchant, les relations inter-nations devenaient de plus en plus floues et il était difficile de cerner les intentions de chacun.
En tout cas, sa petite blague concernant la femme forte qui le voulut pour elle toute seule parvint à détourner l'attention de ces questions politiques qu'il voulait éviter en cette journée de repos.


"J'ai en effet cru comprendre que vous n'étiez pas ce genre de personne, Shanàn. Je vous remercie d'ailleurs de la simplicité dont vous faites preuve, une qualité de plus en plus rare à la capitale. Quant à ma chance, je vous avouerai qu'elle n'est pas des plus élevée...mais il faut s'y habituer! Et, mon cher Kyriel, je prie pour ne pas être la cible des jeunes, ou plus âgées, femmes du pays, auquel cas je ne pourrai garantir la place de ma pauvre tête...ni de celle de mes "prétendantes". N'avez vous pas, vous même, une personne veillant sur vous à outrance malgré votre capacité à vous défendre seul?"

Il finit en souriant, montrant qu'il n'attendait pas forcément de réponses. Pour sa première rencontre avec son supérieur, la discussion paraissait assez étrange. Mais rien ne pouvait plus étonner Henry aujourd'hui...C'est alors que Shanàn parut ne pas en supporter d'avantage, et un vent de liberté sembla la pousser loin des deux hommes. Après de frustres salutation, elle commença à s'éloigner. Henry hésita quelques secondes, puis la rattrapa en quelques foulées.

"Attendez, Shanàn! Acceptez mes sincères excuses si nous avons gâché votre ballade. Je ne vous retiendrai pas outre mesure, mais sachez une chose: nous parlions de ma chance, ou plutôt de ma malchance tout à l'heure. Hé bien sachez, en toute honnêteté, que je m'estime très chanceux de vous avoir rencontré. Nous ne nous reverrons probablement jamais, aussi je vous souhaite de passer une agréable vie. Tenez vous loin des ennuis, et des mauvaises personnes. Chose que vous semblez faire à merveille."

Laissant planer le doute sur cette dernière réplique, il lui sourit et repartit aux côtés de Kyriel. Il se pencha vers lui et ajouta d'une manière furibonde, empreinte d'une réelle crainte:

"J'en connais une qui m'aurait fait passer un sale quart d'heure pour avoir dit des choses pareilles...Inconscient que je suis."

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Jeu 1 Aoû - 20:06
Hé bien! Il ne pouvait que trouver l'émissaire du feu intéressante, fouillant copieusement dans le passé de la jeune femme et, se faisant petit à petit une idée de plus en plus précise du caractère de celle... Et plus il se faisait une idée plus précise de celle ci... plus il estimait qu'il ne pourrait jamais la contrôler. Ou tout du moins la contrôler comme il aimait à le faire, sans violence, ni chantage, ni dans l'art de la duplicité, en lui offrant simplement ce qu'elle voulait... avec honnêteté d'une certaine manière. Et la manipuler autrement était tout sauf envisageable. Elle se serait facilement retournée contre lui, ravageant tous les plans qu'il aurait pu établir à son égard. Et d'une certaine manière il était rassuré. Si l'émissaire du feu existait, l'émissaire de la terre, de l'eau et du vent existaient eux aussi après tout. Ehol existait donc lui aussi... parfait.

D'une certaine manière, il ne pouvait s'empêcher d'apprécier la chasseuse, n'ayant pas sa langue dans sa poche, ne craignant nullement un quelconque représentant du pouvoir, franche et directe. Et surtout ayant du répondant. Pas vraiment le genre de personne qui aurait pu faire partit de ses proches. Trop directe... et réagissant sans nul doute au quart de tour. Il ne pouvait pas avoir de personnes ainsi faites parmi les siens. Même si elle avait le donc pour taquiner le chef des armées.

A la remarque d'Henry à son égard, son regard se fit l'espace d'un instant distant, presque triste. Avait-il quelqu'un pour veiller sur lui à outrance? Non, il n'en avait pas. A vrai dire, la vie lui avait interdit cette chance, lui et ceux qui étaient les "siens". Non, personne ne veillait sur lui a outrance comme le soldat aurait pu le croire, plus personne n'en avait la capacité à vrai dire songeât-il avec une satisfaction des plus... ironiques. Sa réponse se fit sibylline.

-Pas au sens ou vous l'entendriez Henry... disons que certaines personnes refusent que quiconque ne me tue à part elles...

Il fit ses "adieux" à Shanan comme Henry le fit aussi. Il était sur qu'il reverrait l'émissaire un jour.

-Au plaisir de vous revoir Shanan! Vous avez vraiment un don, si un jour vous voulez le maîtriser il se pourrait que je puisse vous aider... Qu'Ehol vous garde!

Il se tourna vers Henry à sa dernière remarque, un sourire amusé sur le visage.

-Voyons, Victoria est si terrible? En tout cas, je suis sur d'une chose... Ajouta t-il. Nous entendrons surement parler de cette Shanan et, vous risquez d'être surpris.

Son ton se fit alors très jovial.

-Et si je vous faisait visiter le club Steinberg?

[HRP: bon, c'pas fameux je vous l'accorde mais manque d'idées phénoménal, toujours est-il que si ça vous va, on peut clôturer ici. Et Henry, si tu veux pour le club Steinberg on peut en discuter par rp)



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Sam 3 Aoû - 19:00
Faire preuve de simplicité. Elle ne savait pas vraiment pourquoi, mais le compliment d'Henry sonnait étrangement à ses oreilles. Peut-être parce que cela pouvait autant faire office de compliment que d'insulte à peine déguisée. Mais appréciant le chef des armées de Ventus, elle décida de laisser filer, n'ayant guère envie de retarder son départ juste pour des histoires de sémantiques. De toute façon, elle ne s'était jamais très bien entendue avec les complications littéraires qu'aimaient inventer ces messieurs dames savants des grandes institutions du monde – ou plutôt, de Ventus. Elle jeta cependant un regard au militaire apprenti archéologue, et s'arrêta à un instant, histoire d'écouter jusqu'au bout ce qu'il avait à lui dire avant qu'elle ne s'en aille. Peut-être ressentait-elle un peu de compassion à l'égard du pauvre homme qui avait en guise de supérieur hiérarchique un irritant politicien s'amusant à faire mystère de tout et n'importe quoi – elle n'était pas loin de parier que ce type-là était du genre à lever des tempêtes dans des verres d'eau. Quel dommage que Henry soit du genre à plier la tête devant un type pareil, à jouer la carte de la conciliation que la demoiselle aux cheveux blonds n'avait même pas dans son propre jeu. Mais bon, probablement que le chef mystérieux à souhait du conseil exécutif n'aurait guère apprécié avoir un individu du caractère de Shanàn à ses côtés.

La dernière réplique que Henry lui adressa tira un sourire carnassier à l'Emissaire du Feu. Elle n'avait pas vraiment besoin du militaire en chef pour lui donner des conseils de ce genre, mais elle appréciait ce soupçon d'auto-dérision qu'il avait placé dans sa phrase... Après tout, selon les propres critères de la chasseuse, Henry faisait partie des personnes à éviter, la jeune femme n'ayant guère l'envie de côtoyer les hautes sphères de la société pour ensuite se retrouver embarquée dans des affaires qui la dépassaient, l'ennuyaient, l'énervaient, et ne la concernaient pas. Et elle avait beau n'avoir que deux neurones traînant dans son crâne, elle avait quand même réussi à déduire depuis longtemps que le jour où les hautes sphères d'un pays repaireraient son don d'Emissaire, elle aurait des ennuis à la pelle. Aussi priait-elle ironiquement Ehol pour que ce jour n'arrive jamais. Ceci dit, cela ne l'avait pas empêchée d'apprécier le peu de temps qu'elle avait passé en compagnie du chef des armées de Ventus, et elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver un soupçon de remords pour ses jugements hâtifs envers les hautes sphères du pouvoir. Probablement qu'il y avait un ou deux types sympas qui traînaient dans cette mer dangereuse de requins politiques... Mais ce n'était pas vraiment pour cette raison qu'elle allait, du jour au lendemain, s'amuser à fureter du côté du pouvoir. Malgré les types sympas comme Henry, loin d'elle tous ces trucs là qui lui passaient par-dessus la tête.

Elle garda néanmoins ses réflexions pour elle... Jusqu'à ce qu'intervienne une nouvelle fois Sa Mystérieuse Majesté omnisciente, qui avait un certain don pour lui courir sur le haricot. Que d'ironie de la part du grand Kyriel... Et que de paroles qu'elle lui aurait volontiers fait ravaler en même temps que ses dents, en lui refaisant le portrait. N'étant toutefois pas totalement dénuée de bon sens, la jeune femme se contenta de s'imaginer la scène avec un plaisir malsain, et ne bougea pas l'endroit où elle s'était arrêtée pour écouter les adieux de Henry. Vraiment, ce type était exaspérant. Et un peu trop tendancieux au passage – non, pas dans ce sens là, bande de pervers. Pas une fois elle n'avait fait usage de son don explicitement à Ventus, et pourtant, son chef semblait s'amuser à lui lancer des piques sur Ehol et les Emissaires... Soit ce type était taré du bulbe pour croire qu'une simple chasseuse avait un rapport avec le Sage des Quatre Chemins, soit il y avait anguille sous roche. Et la jeune femme avait expressément le besoin et l'envie de s'éloigner de cette anguille nauséabonde. La brûler n'aurait fait qu'empirer la situation olfactive.

Aussi darda-t-elle son regard céruléen sur le chef exécutif du conseil, leva sa main droite à une vitesse fulgurante et lui présenta sans plus de cérémonie un doigt levé, ce doigt qui parfois était nommé le honteux – enfin, en ce qui la concernait, Shanàn n'avait nulle honte de le présenter à qui que ce soit.

« Ca risque pas, cracha-t-elle. Vous m'sortez par les trous d'nez. »

Son regard azur passa du chef exécutif du conseil au chef des armées de Ventus, sa main et son doigt s'abaissant.

« Z'avez pas à vous excuser, vous. »

Puis elle fit volte-face, n'ajoutant rien de plus, et s'éloigna à grand pas de l'endroit. Peut-être que Henry ne comprendrait pas que derrière ses derniers propos se cachait bien plus qu'un refus d'excuse, mais elle n'était guère d'humeur à s'attarder auprès du chef exécutif de Ventus juste pour manifester un peu de son appréciation au militaire en chef.

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