La croisière se fend la poire [Libre]



 

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La croisière se fend la poire [Libre]

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Métier : Aède
Humeur : Libre et amoureuse
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Mar 28 Jan - 4:14
28 janvier 762
21h18

Le navire voguait tranquillement en direction du port d'Omnia, fendant les flots comme un bistouri fend la chair : délicatement mais avec fermeté. Le vent qui enflait ses voiles et le poussait vers la capitale n'était pas naturel, mais était produit par un petit groupe de marins disposant de sorts liés à l'air, car dans les moments où, comme à présent, Zéphyr se mettait en congé, les bateaux de plaisance sans rameurs de Ventus étaient presque immobilisés. Ce n'était toutefois pas véritablement un navire de plaisance, il faut bien l'avouer : son utilité principale était de relier Omnia à l'une des principales villes portuaires qui bordaient la mer d'Azul. Mais son allure raffinée, son équipage attentif au moindre désidérata, et le luxe mis à la disposition de ses passagers en faisait définitivement un navire de plaisance, réservé une élite capable de payer pour l'accès au paradis flottant qu'il promettait.

Une promesse qui n'était pas vaine d'ailleurs, pour ceux qui n'avait pas le mal de mer, une triste condition qui obligeait ses victimes à rester cloitrées dans leurs cabines, sans pouvoir profiter des plaisirs offerts lors du voyage. Isabeau, quant à elle, ne souffrait plus de ce mal après les nombreuses fois où elle y avait goûté, et sans toutefois se sentir le pied marin, elle prenait sans conteste plaisir à cette traversée, appréciant le toucher humide et salé des embruns sur sa peau à la proue du navire ou bien se prélassant au soleil sur le pont arrière. Mais à présent que la nuit était tombée, c'était au bar du navire qu'elle était assise tranquillement en face du comptoir, sirotant tranquillement un cocktail préparé d'une main habile par le barman. Malgré la foule présente dans la pièce, la majorité des passagers s'y étant retrouvée, l'ambiance était plutôt tranquille : le niveau sonore des innombrables conversations restait raisonnable, voire feutré pour certaines, plus intimes, malgré la présence et l'activité d'un groupe de quatre musiciens, qui n'avaient peut-être trouvé que ce moyen pour s'offrir la traversée.

Isabeau pensait à Luciana, la reine de son cœur qu'elle n'avait pas vue depuis plus de trois mois, à cause d'un long voyage qu'elle avait effectué à Terra. A cette heure tardive, la jeune magicienne devait être en train de travailler, à moins qu'exténuée par une longue journée de cours et de recherches, elle n'ait laissé Morphée la prendre gentiment par la main, pour l'emmener vers Isa à travers un pays sans contours où la distance ne signifiait plus rien. L'aède ressentait son absence par chacun des pouces de sa peau, sensation peut-être encore accentué par l'alcool qu'elle avait ingéré, bien qu'elle ait fait preuve de modération afin de rester maîtresse d'elle-même et de ses actes. Après tout, elle était en mission, et même si à première vue elle avait atteint son but, elle ne devait pas baisser sa garde avant d'avoir remis les documents subtilisés au colonel Umberlock.

Ç’avait été un jeu d'enfant pour elle. Elle avait reçu pour ordre de dérober le courrier intime d'un diplomate terran destiné à sa maîtresse ventusienne, afin de pouvoir faire pression sur lui au besoin sous la menace de dévoiler l'affaire à sa femme et à sa famille, quitte à en faire un scandale public. C'était le genre de chantage qui ne pouvait pas fonctionner à Ventus, mais le déshonneur engendré pouvait être fatal à votre carrière à Terra. Isabeau l'avait séduit, et avait réussi à faire en sorte, grâce à sa réputation et à une bonne dose d'alcool, qu'il l'introduise dans sa cabine et s'endorme, heureusement avant qu'elle ne soit obligée de se donner à lui. Puis elle avait rapidement trouvé et lu la missive avant de prendre une feuille blanche et lui donner l'exacte apparence de la lettre grâce à son pouvoir, et enfin de voler l'original. Elle était sortie tranquillement sans éveiller la méfiance de ses gardes du corps, et avait rejoint sa propre cabine où elle avait dissimulé le fruit de ses rapines dans un compartiment secret du manche de son sitar. Leur arrivée était prévue dans le début de la matinée prochaine, et le diplomate devrait envoyer sa missive dès son arrivée, dans l'espoir que cette prudence discrète éviterait son interception. L'illusion engendrée par son pouvoir devrait durer suffisamment longtemps pour qu'il ne se rende pas compte de la supercherie, mais son amante aurait sans doute une sacrée surprise en voyant arriver quelque feuilles vierges à son intention. Du travail bien fait, en somme. Suffisamment bien fait pour avoir droit à une nuit de détente.

Ou pas.

« Tout le monde contre le mur ! »
Les cris de frayeur firent plus que l'ordre tonitruant pour pousser Isabeau à se retourner. Elle put alors contempler un groupe d'une grosse demi-douzaine d'hommes, armés d'épées, de haches ou d'autres armes blanches pour certains,  et d'arbalètes pour d'autres. Ils étaient neuf, put-elle compter après le premier accès de surprise. Ses yeux remarquèrent du sang goûtant de quelques lames. Ces gaillards ne plaisantaient pas. Une autre preuve en fut donné lorsque qu'un imbécile dans l'assistance se crut plus malin que les autres en commençant l'incantation d'un sort, incantation qui lui rentra dans la gorge en même temps qu'un carreau d'arbalète. Les cris de frayeur reprirent de plus belle.
« D'autres héros ? Non ? Alors magnez-vous le fion, les mains contre le mur, au-dessus de la tête ! »
Comme le reste de l'assistance, Isabeau obtempéra. Elle était désarmée, si on exceptait le stylet caché dans sa botte gauche, son pacte n'était pas à son meilleur niveau avec la distance qui la séparait de Luciana, et de plus, elle se souvenait trop bien de l'affreuse morsure d'un carreau d'arbalète pour vouloir tenter sa chance comme le crétin précédent qui, toujours agonisant, gargouillait dans son sang, sans que l'un des truands ne pense même à abréger ses souffrances.

Tsss. Pour une fois qu'une de ses missions se déroulaient sans accrocs. Si jamais cet Ehol de malheur existait, elle lui mettrait volontiers de la botte dans le fondement. C'était peut-être pas de sa faute, mais mine de rien, voilà qui soulagerait Isabeau Visconti.

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Métier : Mercenaire
Humeur : Envie d'argent.
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Lun 3 Fév - 8:18
L'eau. Soit vaste étendu d'eau salé, résultat de mélange d'ion, et d'une molécule, soit eau douce, simple fusion d'atomes pour former une molécule indispensable à la vie... Mais ne faisons pas une description scientifique de cet merveille de la vie, car la littérature et la poésie s'était emparé du sujet, bien avant que les scientifiques se ramènent pour analyser ce vaste sujet. Logique indéniable, quand on se rappelait que tout venait de l'eau, et au final, tout ramenait à l'eau. Sans être créature aquatique, l'Homme vivait de l'eau, devant une eau bicéphale, à la fois importatrice de vie, indispensable pour l'homme, mais à la fois douce faucheuse, prenant les Hommes de la mer lors de tempêtes impétueuse et incontrôlable, rappelant à l'homme qu'elle n'était pour elle qu'un jouet, et qu'elle pouvait l'écraser, le réduire en charpie, sans même le moindre remord. Nous pourrions parler des heures durant de l'eau, mais cela ne serait pas intéressant, et ne ferait que reprendre des vers d'Homme plus doué que nous. Ici, un bateau fendait l'écume, et à son bord, tout une pièce de théâtre métaphorique, avec ses personnages, ses acteurs, ses protagonistes et personnages secondaires, et ses ennemis, étaient prêt à jouer.

Souvent les croisières étaient quelque chose d'apprécier, pour sa détente, son repos... Mais comme dit précédemment, nous n'avions pas exactement là une simple croisière. Ou plutôt, ce n'était pas une simple croisière, mais une simple traversée de luxe qu'offrait l'état perfectionniste à ses habitants les plus prestigieux, et les plus fortunés. Car quoiqu'on dise, le prestige et le talent était souvent proportionnel quand même à l'argent. Bien que Ventus était un petit peu particulier sur ce point là, et était quelque peu original, se concentrant surtout sur le talent, et pas tant que ça sur l'argent, quoiqu'on dise, quoiqu'on fasse, quoiqu'on affirme, elle restait une région où seuls les meilleurs pouvaient se permettre une vraie vie, et si l'argent ne faisait pas tout, disons qu'il aidait beaucoup. Mais sur cette analyse réaliste marxiste, quasi révolutionnaire, montrant un dégoût profond du système financier, il fallait se rappeler que le talent était tout à Ventus, et un fortuné ne savait rien faire ne serait pas mieux accueilli qu'un populaire aux talents certains, un jeune génie. Ce qui existait.

En tout cas, pour Heraclius, cette croisière, c'était de la détente, mais aussi c'était du travail. Beaucoup de travail. En effet, il ne se reposait pas à bord du bateau. Il faisait des petits métiers, et il était payé pour cela. Mercenaire, c'était assez humoristique maintenant de le voir faire des boulots pour des personnes richement vêtus, dont la fortune était glorieuse... Mais pour les plus faible, équivalente au mercenaire. Car tout ses travaux, et son économie habituel faisait qu'il avait eu l'argent de payer. Heraclius n'était pas richissime, mais sa fortune était amplement honorable, logique quand son unique but dans la vie est de trouver de l'argent, l'utiliser, et en retrouver. Et cela toujours plus, plus vite, et de manière plus importante. Ainsi, il proposait des parties de cartes, de dés, et autre amusements, sans même se risquer à tricher, pour ne pas énerver ses messieurs-dames. Il était entrée dans cette croisière sur un coup de tête, où plutôt, de dés. En effet, comme bien souvent, c'était la Fortune, qui avait décidé pour Heraclius s'il économisait encore plus, où bien, il dépensait soudainement beaucoup pour se permettre une « croisière » pour aller depuis Omnia, capital de la nation jusqu'à d'autres villes de la région portuaire sur la mer d'Azul. Pile. C'était donc le voyage qui avait gagné l'épreuve du hasard

Heraclius ainsi venait de s'installer à une petite table, entourer par plusieurs personnages qui, lasser après quelques dizaines de minutes, d'écouter ses récits idéalisés pour plaire, et non idéalisé par vantardise, de mercenaires, venait de proposer une partie de cartes, bien évidemment, non innocente, et avec de l'argent parier sur table, pour tenter, chacun, de rapporter le gros lots dans sa poche. Heraclius venait de miser sa somme, raisonnable pour le moment, tout en sachant bien que les sommes allaient vite grimper en flèche. Sortant son paquet de carte, il commença à battre. Malgré le fait qu'il jouait, tout était tranquille, et presque intimes étaient les discussions à peine audible. Pour le moment, c'était exactement l'idée que ce faisait Heraclius d'une croisière. Tranquillité, loin d'autres parties qu'il avait joué, pas de menace, et de quoi se faire de l'argent par le jeu. Ventus était sans contexte la meilleure nation du monde pour les jeux de hasards et autre divertissements. Il avait un peu joué à Terra, mais les joueurs étaient beaucoup plus économes et méfiants dans cette immense région très peuplés. Alors qu'il battait les cartes, l'élément déclencheur de l'action, se caractérisa par une forte déclaration se voulant, et réussissant à être menaçante :

« Tout le monde contre le mur ! »

Une attaque ? Visiblement. Ou alors une pièce de théâtre très élaboré, venu pour plaire des aristocrates et bourgeois en manque de sensation forte. Bien sur, cela est de l'humour pur et dur. Pour revenir à notre sérieux, et à l'intrigue, alors qu'il était entrain de battre les cartes, et de s'apprêter à les distribuer pour ses camarades de jeu, cet avertissement fut lancé. Ce fut tout de suite la véritable panique chez les passagers présents. Heraclius se manqua même de se manger la table, bousculé et renversé par des personnes paniqués qui quelques minutes, voir secondes auparavant, était prêt à entamer une partie de carte avec lui. Rattrapant avec qu'elle lui casse le nez, il mit bien la table, et se leva. Une attaque, en effet. Plusieurs brigands, des pirates visiblement, étaient avec leurs armes respectives, épées, haches, et arbalètes. Mauvais. Il se tata. Sa main caressait doucement son épée, invisible à cause de sa grande tenue blanche oriental qui cachait sa ceinture. On ne pouvait que, en la cherchant bien, apercevoir le bas du fourreau. Il se tata sur l'idée de la sortir, et de se battre contre ses adversaires. N'était-il pas un mercenaire habitué au combat, quand même ? C'était un peu sa spécialité.

Cependant, sa réflexion coupa court très vite. Et on peut dire que l'utilisation de cette expression est très bien placé. Car en effet, un petit malin voulu jouer les héros, et attaquer les brigands qui venaient de prendre d'assaut le navire. Tentative honorable et héroïque... Qui se termina littéralement dans le sang. Ce petit malin, un mage selon Heraclius, se qui le montait à environ 190 sur son échelle du dégoût, non qu'il soit mage, en lui-même, mais car le mercenaire était jaloux de ne pas en être un, tenta de faire l'incantation de quelque chose pour se battre contre ses adversaires pourtant amplement supérieur en nombre... Incantation qui termina dans un râle agonisant et absolument abjecte et répugnant par dessus le marché. En effet, un des brigands des eaux avait été plus rapide, et un carreau d'arbalète transperça la gorge du malheureux téméraire, le tuant même pas sur le coup, mais le laissant agoniser lentement, se noyant dans son propre sang. Mignon. Sur ces beaux actes, l'un des pirates déclara :  

« D'autres héros ? Non ? Alors magnez-vous le fion, les mains contre le mur, au-dessus de la tête ! »

Il regarda rapidement les tueurs, preneurs d'otages, bref, tout ce qu'on pouvait dire sur eux, et finalement, se tourna lentement, pour mettre ses bras sur sa tête. Inutile de résister. Il n'avait pas envie de finir en viande haché, comme le pauvre camarade, qui était toujours entrain de se noyer visiblement dans son propre sang, mort particulièrement atroce. En théorie, si un pirate venait lui parler, il proposerait peut-être ses services à l'ennemi. N'était-il pas lui aussi un mercenaire ? Ce qui l'important, c'était l'argent. C'était le principal. Moralité ? N'oubliez pas qu'il faut l'oublier quand on parle d'Heraclius. Mais il n'allait sans doute pas tenter. Cela aurait autant de succès que proposer une partie d'échec à un dauphin... Si ce mammifère marin était connu pour son intelligence, une partie d'échec avec ce dernier était voué à l'échec. Bref, après cette blague absolument moisi, et ce calembour facile, on pouvait dire que tout cela serait peu probable que cela marcherait véritablement/

Le mercenaire restait ainsi muet. Il se doutait bien que son arme n'allait pas rester longtemps à sa ceinture, restant caché néanmoins par sa tenue. Ces fameux mercenaires, ou simples pirates, il ne savait pas exactement leur allégeance, déjà s'il en avait une, n'allaient pas faire de pitié. Damn. Dire que dame fortune était toujours aussi capricieuse. Voilà qu'il s'embarquait tranquillement dans une croisière, sur un coup de hasard, et celle-ci se faisait attaquer. Génial. Il allait perdre beaucoup d'argent, ça, il le sentait fortement. Tant qu'on ne tentait pas de prendre sa vie... Car là, le mercenaire la défendrait cher. Autant l'argent, on peux le regagner, il devrait juste refaire beaucoup de mission en tout genre, autant sa vie, hors de question de bêtement la perdre. Il regarda un peu ses compagnons d'infortunes . D'autres combattants ? Peu probable. Des femmes, des enfants, des bourgeois, des aristocrates... Seuls quelques mages pourraient peut-être faire la différence, leur force ne jouant pas sur leur apparences. Mais en tout cas, pour le moment, rien ne semblait très avantageux pour eux. Génial. Dire que tout cela avait si bien commencé.

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