L'infante et la panthère [Flashback - PV Vaïno]



 

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L'infante et la panthère [Flashback - PV Vaïno]

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Dim 19 Jan - 9:21
Lex, le 2 janvier 757.
« Leys, que se passe-t-il dans la grande rue ? On dirait un cortège, non ? »
La chambre d’Illya dans le palais princier était aussi spacieuse que luxueuse, et la fenêtre devant laquelle la servante peignait les longs cheveux de sa demi-sœur avait l’avantage d’offrir une vue imprenable sur une partie de la rue principale des hauts quartiers de la capitale. Levant les yeux de son ouvrage, Leysritt constata effectivement qu’une troupe, apparemment en armes (bien que la distance rendait toute certitude à ce sujet impossible) et brandissant des étendards, remontait l’avenue en direction du palais royal.
« On dirait, oui. Sella ? »

« Je ne suis pas au courant, Leysritt. »
L’autre moitié de la paire que constituait les servantes et demi-sœurs d’Illyasviel se leva de son fauteuil, abandonnant de sa main le manuel d’histoire encore chaud, puisqu’il servait il y avait encore un instant avant que la princesse ne se montre distraite dans sa leçon. Elle se rapprocha de la fenêtre et eut un léger sourire à l’intention de sa demi-sœur princière.
« Il semble tout de même qu’il s’agisse d’une bonne nouvelle… Princesse, pouvez-vous me décrire ces étendards ? »
Illya eut une moue renfrognée. Pas parce que Sella, contrairement à sa sœur, se montrait à cheval sur l’étiquette malgré l’intimité dans lesquelles toutes trois, filles de la même mère, se trouvaient actuellement. Elle avait fini par s’y habituer et qu’elle en était venue à considérer qu’espérer autre chose de son aînée était une pure chimère. C’était bien plutôt qu’elle avait l’impression que sa préceptrice attitrée détournait le sujet en question pour lui faire un petit test surprise sur une leçon de la semaine dernière. Sans doute la façon de Sella de lui faire des représailles pour la distraction dont elle faisait preuve pendant la leçon du jour.
« Je pose une simple question et c’est tout de suite un cours d’héraldique qui commence ? De toute façon, ils sont trop loin. Sinon qu’ils sont verts, je ne peux rien dire de plus. »
C’était un mensonge éhonté, et elles le savaient toutes trois. Bien qu’elle fût la plupart du temps d’une honnêteté exemplaire, notamment sur les sujets sérieux, Illya n’avait pas la moindre limite morale qui s’opposait au mensonge. Et il semblait que plus le sujet était futile, plus le détail était insignifiant, plus la mauvaise foi de la princesse allait croissante. Sella soupira. Elle aurait bien poursuivi Illya de quelques remontrances, mais elle n’avait pas le cœur de lui gâcher ce qui s’annonçait apparemment comme une bonne nouvelle.
« De sinople à une panthère de sable passante, surmontant trois couronnes d’argent, au chef de sable chargé de trois lyres d’or, qui est… »

« … de Scandia ! »
L’explosion à laquelle Sella s’était attendue s’était bien produite, mais loin d’être uniquement verbale, à sa surprise, elle fut aussi sonore. Illya ne s’était en effet pas contentée de crier sa joie, elle s’était aussi, ainsi que sa préceptrice s’en rendit compte en se retournant suite au bruit qui s’était produit derrière elle, ruée vers la porte de ses appartements, oubliant apparemment les soins que Leysritt lui apportait, et par conséquent, s’était entravée dans une bassine posée au sol et s’était, pour employer un langage assez peu châtié, lamentablement vautrée sur le sol. Leysritt l’aidait déjà à se relever et Sella eut un sourire indulgent.
« Si votre Altesse veut bien modérer sa joie et sa hâte, nous prendrons soin de l’accoutrer de façon plus présentable avant de retrouver no… votre frère. »

« Notre frère, Sella, notre frère. Leys, ma robe, vite ! »
Vaïno était revenu.

************


Allait-il la reconnaitre ? Bien sûr qu’il allait la reconnaitre, elle ressemblait trop  leur mère, elle avait tout les traits particuliers des femmes Targaryan pour qu’il doute ne serait-ce qu’un seul instant de son identité, bien que quatre années soient passées depuis qu’il l’avait vue pour la dernière fois, et malgré ses huit ans, Illya n’était pas devenue méconnaissable. Elle avait observé son entrée dans le palais royal, et c’est au milieu du groupe formé par sa fratrie, les princes et princesses qui se trouvaient à Lex à ce moment-là, qu’elle avait écouté son petit discours. Elle s’en trouvait d’ailleurs assez désappointée. Malgré son jeune âge, elle faisait preuve d’une maturité exceptionnelle qu’elle s’efforçait de dissimuler, et d’une intelligence assez vive. Et les paroles de son frère lui paraissaient absurdes. Ou bien il était idiot, ou bien il cachait son jeu et elle ne pouvait encore le percer à jour. Mais annoncer qu’il se jetterait entièrement dans la course au trône une fois sa nouvelle province entièrement sous son contrôle, c’était demander à ses frères et sœurs de lui mettre des bâtons dans les roues, de créer des dissensions, d’armer sur leurs deniers des brigands et des trouble-fêtes pour déstabiliser la région. Ils étaient tous suffisamment habiles pour faire ce genre de choses sans laisser la moindre trace de leur ingérence. Elle-même n’aurait pas hésité une seconde à faire ainsi pour tenir éloigné un concurrent si elle avait quelque vue sur le trône. Non qu’elle n’en avait pas, mais elle n’était pas encore dans la danse, n’ayant de part son âge ni province sur laquelle s’appuyer ni ressources à engager dans la bataille.

Assise dans le froid sur un des créneaux du chemin de ronde du palais princier, elle laissait ainsi dériver ses pensées en contemplant le manteau de la neige s’abattre sur Lex avec une infinie douceur, goûtant le contact glacé des flocons qui venaient mourir sur son visage. Elle attendait ici depuis qu’elle était revenue du palais royal, dès la fin de l’audience de Vaïno auprès du Roi. Leur fratrie l’avait happé dès que possible dans des conversations qu’elle devinait sans fin, et elle avait préféré attendre un cadre plus intime pour leurs retrouvailles. Elle s’était donc éclipsée et avait pris de l’avance et était venue ici, ayant de vagues souvenirs, du reste confirmés par Sella et Leysritt, que Vaïno montait souvent faire un tour du chemin de ronde au crépuscule, y goûtant l’air vivifiant du soir et contemplant le soleil couchant. Elle misait sur le fait qu’après si longtemps loin de Lex, la nostalgie le pousserait à s’adonner à ce plaisir personnel ce soir, et elle attendait donc, ses deux demi-sœurs qui veillaient sur elle d’un peu plus loin.

Elle ne s’était apparemment pas trompée sur le compte de son frère, puisqu’elle vit soudain la porte du poste de garde s’ouvrir et la silhouette élancée, presque féline, de Vaïno émerger de son embrasure, sa tignasse bleutée flottant au vent du soir saupoudré de minuscules étoiles de glace, qui miroitaient dans l’éclat évanescent du soleil, lequel sombrait peu à peu derrière l’horizon. Il inspira une grande bouffée de cet air frais et revigorant, épuré des effluves nauséabondes des bas quartiers par une douce brise venant de l’ouest. Il n’avait toujours pas pris conscience de sa présence, car le poste de garde se situait près de l’angle du chemin de ronde, et la portion de crénelure où elle était assise se trouvait presque derrière lui.

Elle était véritablement tentée de courir jusqu’à lui et de se jeter dans ses jambes, enlaçant sa taille de ses bras encore fluets, mais elle se contint. Elle était princesse, et la dignité de son état lui interdisait des expressions aussi marquées de tendresse fraternelle. De plus, elle tenait à montrer à Vaïno combien elle avait grandi et combien elle assumait son rôle et son statut. Aussi, elle se contenta d’une simple phrase pour lui signaler sa présence, des paroles certes venues des pensées qu’elle ruminait depuis qu’elle patientait, mais toujours pleines de dignité, ainsi qu’il convenait..
« Grand frère, est-ce que tu es un crétin ? »
....
Autant pour la dignité.

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Mer 5 Fév - 13:50
-Laissez nous, nous devons parler avec mon frère.
-Laissez nous... TOUS!

***

Tout s'était passé comme prévu. Son annonce avait fait grand bruit, il marquait un mouvement fort pour son retour dans la danse. Un mouvement que son père "approuvait". Väino avait toutes les capacités pour faire partit des meilleurs princes dans le classement pour la course au trône. La flamme d'Ignis en son sang était parmi les plus les plus fortes de la famille, pur et abondant était le feu de son âme. Il n'était pas le meilleurs magicien de sa fratrie cela allait sans dire, mais sa magie n'était pas que maîtrise. Non, sa magie était instinct, dressé, maîtrisé et canalisé. Il allait sans dire qu'il ne faisait pas de jolie fleur de flamme qui explosait, ou encore de pluie de feu multicolore carbonisant les chairs. Non, sa magie était guerrière, lorsqu'il s'agissait de se battre son style était le meilleurs c'était incontestable. Et là était la différence magique. En tant que combattant c'était autre chose, il était sans aucun doute le meilleurs. Oh, il n'était pas un duelliste noble et élégant. Non, il était un danselame, gracieux et mortel, il était un guerrier, efficace et sans pitié. Et bien sur, il était intelligent.

Mais ces qualités n'avaient pour l'instant que peu de valeur. Aussi doué soit-il, rien ne prouvait sa capacité à être roi. Ainsi il ne pouvait pour l'instant prétendre au trône, il n'avait pas fait ses preuves. Oh, non pas qu'il n'ai de quelconque velléité pour ce fameux trône, après tout il était du sang d'Ignis, fils d'Iskandar, il désirait le trône, c'était dans sa nature... Il devait combattre pour le trône. Mais pour l'instant il devait prouver à son père, et à lui même ses capacités. Se tailler une place parmi les meilleurs princes serait chose aisée, combien pouvaient l'affronter en face à face dans sa famille? Waelen? Xalerq? Evidemment, c'est ce qu'il exigeait d'eux. Octavia? Alienor? Peut-être... et encore. Iskandar ne comptait pas évidemment, son père et roi était pour l'instant haut dessus de lui, sa magie avait muri, l'expérience affiné ses talents, il était à son apogée. Pour l'instant Väino manquait de cette expérience.

Et ainsi après avoir échangé des provocations avec Waelen, embêté  Rin quand à ses cours de magie et autre joyeusetés familiales, il contemplait deux couteaux plantés dans un plateau d'échec, le sien et celui de Xalerq. Les deux armes étaient identiques, trop identiques pour être différenciées, cela allait même jusqu'à certaines imperfections, comme le reflet de leur âme à tous deux. Ils étaient trop identiques pour pouvoir rester en paix l'un et l'autre, leurs instincts prédateurs hurlant qu'il fallait dominer celui en face pour lui prouver sa supériorité. Que tous deux se soient enfermés dans la même pièce avait laissé un froid parmi ceux qui étaient présents lors de leur retrouvailles, comment oublier le dernier face à face des deux frères? Les deux mers de flammes se heurtant l'une à l'autre? L'enfer éveillé par la flamme d'Ignis. Evidemment qu'il fallait craindre une telle rencontre, en privé avec leurs deux chevaliers pour empêcher quiconque d'entrer. Qui savait ce qui pouvait arriver?

-Je déteste quand nous sommes d'accord.
-À qui le dis tu.

Les deux frères avaient sur le visage un rictus ou la haine se mêlait à la joie, l'amusement à la colère et, l'amour au rejet. Non, ils étaient bien trop semblables au plus fond de leur cœur pour pouvoir coexister sur un plan d'égalité. Mais ils se respectaient trop pour ne pas reconnaitre l'autre comme leur égal. Deux prédateurs conscients de la valeur de l'autre, un antagonisme inévitable, deux fauves se tournant autour, se jaugeant. Mais pour l'instant ils ne pouvaient s'affronter.

-Je jure sur mon sang de ne jamais trahir ce serment, et toi?
-Je jure sur mon sang de ne jamais trahir ce serment, moi aussi.

Et tout deux prirent le couteau de l'autre avant de s'entailler la main, faisant couler le sang sur l'échiquier puis, de rendre à chacun son arme. Ils avaient scellé leur serment dans le sang, aussi bien par les mot que par le geste. Un acte que le sang d'Ignis ne pouvait ignorer, que le sang d'Ignis punirait si l'un des deux échouait. Et dans quelques mois, il annonceraient qu'aucun de leurs affrontements n'influerai sur le jeu du trône, que l'autre était bienvenu s'il désirait tuer l'autre dans un combat face à face. Xalerq avait le droit de le tuer... Non, l'obligation si il voulait s'emparer du trône. Et il en était de même pour Väino, ils ne pouvaient coexister avec l'autre sur le trône. Et ce jour arriverait inévitablement, ils en étaient persuadés.

***

Ils avaient laissé Minato et son père se retrouver devant les portes du palais, tous deux plongés dans un duel particulièrement long, ou la volonté se disputait la première place avec la maîtrise. Minato devait officialiser son statut de chevalier princier, Musashi étant celui qui jugeait des capacités de celui ci. Et le père serait bien plus impitoyable avec son fils qu'avec tous les autres ayant passé l'épreuve jusqu'à présent. Si contempler cet affrontement, calme et silencieux, ou rien ne semblait se passer avait été intéressant une dizaine de minutes, cela s'était avéré rapidement lassant. Morrigan, Alek et Väino savaient très bien que le père et le fils attendaient l'instant propice, la seconde parfaite pour faire un seul mouvement. Cela aurait très bien pu arriver à l'instant ou ils leur avaient tourné le dos comme, arriver dans trois heures. Dans cette confrontation le temps n'avait pas d'importance pour les deux.

Non, Väino voulait revoir Lex du haut de ses murailles, contempler l'immense ville, ses lumières, ses fumées et ses gens de si haut. Un plan imprenable, magnifique, qui valait presque de contempler l'immense foret scandienne du haut des remparts d'Avalon. La cité de pierre noire inébranlable, cœur de la terre des baptistrels, île obscure au cœur d'un océan de foret, dominant la canopée de sa sombre obsidienne. Avalon la noire, âme de légende dont la nuit chantait de mille souffles invisibles, éveillant et exultant l'instinct, murmurant sans cesse à l'oreille de ses habitants, les protégeant des ténèbres alors que l'ombre et la brume se levaient. La cité d'ébène et d'obsidienne avait autrefois perdu sa flamme, le froid et la mort s'insinuant dans le cœur de ses habitants, abandonnés de tous alors. Mais le brasier d'Ignis brulait à nouveau, le foyer d'Avalon et ses flammes avaient été ravivées et maintenant la Scandia chantait de nouveau, pour son prince Väino.

L'idée de contempler comme autrefois la ville dans laquelle il avait grandit éveillait en son cœur une douce nostalgie. Autrefois un jeune garçon courrait le long de ces murailles, allait parfois même jusqu'à se dresser en haut des créneaux, sur une des tours de garde pour hurler dans le vent, incapable de chevaucher sa passion, se laissant emporter par celle ci. Autrefois un gamin de douze ans et une gamine de douze ans se courraient l'un après l'autre le long de ces murailles, ignorants la différence de statut entre eux, inconscients qu'un jour la loi d'Ignis les séparerait et, qu'ils seraient alors à jamais séparés. Väino avait promis à Manon qu'il reviendrait, plus fort que jamais et, assez fort pour combattre le monde avec elle. Manon avait promis à Väino qu'elle attendrait, qu'elle serait assez forte alors, qu'elle pourrait accompagner son prince jusqu'au bout du monde. Väino avait tenu sa promesse. Manon elle, était partie.

Le temps avait coulé, impitoyable, le prince d'Ignis avait grandit, était devenu un homme, sa silhouette adolescente laissant place à une silhouette élancée et puissante. Le gamin qui jouait aux guerrier était devenu un baptistrel, s'avançant sur le chemin de l'art et de la guerre. Il était le porteur de Gae Bolga l'implacable, lance de l'âge obscur, d'un temps d'autrefois, perdu, et symbole du plus grand guerrier baptistrel de l'époque actuelle. Le sang d'Ignis avait fait de Väino ce qu'il devait être, un prince. Mais en cet instant, Väino était redevenu le gamin d'autrefois, tous ces souvenirs, auxquels il n'avait jamais pensé lors de sa formation de baptistrel, en cet instant tous ces souvenir surgissaient étreignant le fils d'Iskandar avec nostalgie. Väino Iskandar Ortenross d'Ignis découvrait ce qu'il avait perdu par sa bêtise et son orgueil enfantin. A cette pensée il s'arrêta l'espace d'une seconde lors de son ascension jusqu'au chemin de ronde.

-Väino? Son amis était perplexe, pourquoi s'arrêtait-il soudainement?
-Rien, simplement la blessure.
-Tu aurais du être plus prudent.

La voix de son amante sonnait comme un reproche, un reproche où une pointe d'inquiétude perçait à l'égard de l'héritier d'Iskandar. En effet, s'il était un homme à l'endurance et à la résistance apparemment sans limite, s'l était l'ultime survivant, une blessure restait une blessure et, comme tout homme qui marchait sur cette terre lui aussi pouvait mourir. Et il n'avais pas mentit en vérité. La flèche qui s'était planté dans son flanc lors du chemin d'Avalon à Lex n'était pas cicatrisée, il lui faudrait deux semaines avant qu'il n'en reste plus qu'un cicatrice... Et dans un mois il serait inévitablement blessé de nouveau car, la chasse serait lancée lors de son retour en Scandia. Ne pas montrer cette faiblesse lors de son arrivé à Lex, de ses retrouvailles avec une partie de ses frères et sœurs, de sa confrontation avec Xalerq s'était avéré épuisant il devait le reconnaître, la blessure, même si elle avait été parfaitement soignée, n'avait même pas trois jours. Et il n'avait pas pris jusqu'à présent une journée pour se reposer, chevauchant comme à l'accoutumé, affirmant sa puissance devant son père. La faiblesse ne devait pas être montrée, elle ne devait même pas exister. Mais les blessures étaient acceptable tant que nul en les voyait.

Mais à vrai dire peu importait au final que la plaie se rappel à lui, Väino se souvenait, il ne pouvait se refuser aux souvenirs. Manon était partie d'une manière ou d'une autre. Soit elle avait cédé à la faiblesse et, avait abandonné toute idée de pouvoir prétendre à l'amitié du prince d'Ignis, soit elle avait abandonné tout espoir de puissance et, s'était faite broyée sous la force implacable d'Ignis. Mais il n'y avait pas que ça, il y avait aussi ce qu'il était devenu, ce que ses frères et sœurs étaient devenus. Quatre années les avaient tous transformé, le temps avait coulé, la flamme avait grandit en lui comme en eux. Pour la majeure partie, comme Väino ils étaient à présent des adultes, la vérité sur le trône d'Ignis se révélant à eux. Ils pouvaient s'aimer et se respecter autant que possible, ils étaient à présent des adversaires. Une part d'innocence de Väino regrettait cela... Quelle ironie lui qui avait été en continuelle oppositionet compétition avec sa fratrie étant enfant. Il était à cette époque un prince d'Ignis certes, mais un gamin ne comprenant pas la vérité derrière la compétition.

Et, vêtu de la simple toge de lin de lin typique des baptistrels, aux ornements maigres mais à la finesse incontestable il sortit du poste de garde avec ses compagnons. La brise hivernale soufflant avec fraîcheur, faisant échos au froid de Scandia. Morrigan vêtue de la même manière que Väino, Alek un peu plus martialement mais aussi légèrement... ils n'avaient pas froid, le climat de Lex était si hospitalier en comparaison avec celui d'Avalon... Il ne sentait pas cette humidité s'insinuant en vous, cette brise glaciale pénétrant jusqu'à l'os... ce froid impitoyable qu'il aimait, qui ne pardonnait pas aux faibles. Lex et Avalon était comme deux soeurs complètement opposées mais, qu'on ne pouvait qu'aimer toute deux. Contemplant en silence la coucher de soleil, les souvenir s'éveillant, se faisant plus vivaces. Le gris du passé disparaissait, reprenait sa couleur. Le gout des fruits qu'il avait pu manger en haut de ce chemin de ronde, l'odeur de la fumée des feu de Lex... Lex, capitale d'Ignis, siège du pouvoir royal. Lex et Avalon. Lex et les souvenirs. Lex et le sang d'Ignis...

Ceux qui découvraient le peuple scandien étaient toujours confrontés à quelque chose d'étrange, de surprenant la première fois. Il se rendaient d'abord compte que ceux qu'ils traitaient comme des barbares n'en étaient pas. Ils découvraient le gout pour les chants et la poésie des scandiens, leur hospitalité et leur franchise. Ce qui n'était pas utile à la survie et à l'art était banni, efficacité et beauté étaient mariés avec simplicité. C'était la découverte de la Scandia. Puis ils commençaient à comprendre la rudesse de leur vie, les traditions perdues et ressuscités. Puis le silence, ces hommes et ces femmes qui ne parlaient pas, ces campement de chasseurs silencieux. Le silence était la paix, le silence était le repos, il n'était pas nécessaire de parler lorsque l'on se connaissait suffisamment, le silence devenait éloquent, les gens repensaient à ce qu'on leur avait dit dans le silence, lorsque le moment venait. Il n'était pas nécessaire de parler pour s'aimer, il était nécessaire de se taire pour que la quiétude se fasse, pour qu'alors le chant s'élève à la gloire de la chasse, de la force, de l'amour, de la sagesse... puis le silence.

-Grand frère, est-ce que tu es un crétin ?

Le silence... Puis les éclats de rire de Morrigan et d'Alek. Combien de fois cette dernière avait pu traiter son prince d'abrutis finit? Combien de fois Alek l'avait-il provoqué en questionnant son intelligence? Même Jezaig, la panthère qui suivait le prince comme son ombre sembla s'en amuser l'espace d'une seconde.

-Hé bien! Si même ta petite sœur te le dit!

Väino regarda sa petite soeur, un sourire amusé et nostalgique à la fois, ignorant la remarque de son compagnon. C'était la première fois qu'il la revoyait depuis toutes ces années, elle avait déjà tant changé et, changerai encore. Mais il était impossible qu'il ne la reconnaisse pas, ses traits déjà étaient ceux des Targaryan, elle ressemblait à leur mère. Leur mère... Oui, elle était sa petite sœur par le sang, par leur père, mais par leur mère aussi. Väino aimait ses demi-frères et ses demi-sœurs, cela allait sans dire. Mais, si il devait en aimer une plus que les autres, ce devait être llyasviel Aethyta Justizia d'Ignis, sa sœur et non sa demi-sœur. Il s'accouda alors aux rempart, sa voix grave et chaude, profonde et calme, qui sonnait puissamment et pourtant avec douceur.

-Ce serait tellement plus simple d'être un crétin... Mais pourquoi cette question Illya?

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Sam 8 Fév - 2:34
Une femme et un homme éclatèrent de rire. Illya les avaient remarqués plus tôt dans la journée dans l'entourage de Vaïno... sans doute des subalternes de son frère, des proches même pour pouvoir se livrer à une telle hilarité face à ce que l'on pouvait considérer comme une insulte contre leur prince. La petite fille se demanda un court instant si elle devait leur adresser des remontrances par rapport à leur conduite, mais après tout, c'était à Väino de les reprendre s'il se sentait insulté. Elle remarqua aussi la panthère qui suivait le prince comme son ombre, sans doute le familier de ce dernier. C'était après tout l'animal qui trônait au cœur des armes de la Scandia, quoi de plus adapté pour marcher au côté du seigneur de cette province ? La bête était plus grande qu'Illya, et son pelage noir ainsi que ses armes naturelles, crocs comme griffes, auraient terrorisé n'importe quel enfant de huit ans. Mais Illyasviel d'Ignis ne tremblait pas : n'avait-elle pas était habituée dès son plus jeune âge à côtoyer Abel et Caïn, les deux lions familiers du Roi son père ? Elle savait pertinemment qu'aucun des trois félins ne lui feraient le moindre mal, car leurs maîtres ne le permettraient jamais. C'est donc sans la moindre peur qu'avant même de répondre à son grand frère, la princesse marcha jusqu'à l'animal, plaça sa main près de son museau pour que celle-ci puisse sentir et se souvenir de son odeur, avant de tendre un peu plus son bras pour lui caresser doucement la tête, d'abord la ligne de la mâchoire, puis, remontant petit à petit, le front, et enfin l'oreille qu'elle gratta affectueusement.
« Tu es bien jolie, toi. Quand j'aurais un familier moi aussi, je suis sûre que vous vous entendrez bien. »
Une réflexion définitivement enfantine. Exactement du genre qu'elle avait besoin de semer dans son quotidien pour tromper son entourage sur elle-même. C'était sa protection, son armure, le masque qu'elle devait afficher chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque seconde pour rester une petite fille de huit ans aux yeux de tous. Elle était peinée de devoir montrer ce masque à Väino, mais elle ne pouvait faire autrement. Elle avait vu les regards que les esclaves, les domestiques, et même sa propre famille avaient portés sur elle des années plus tôt, lorsque sa maturité exceptionnelle avait commencé à être discernable pour les autres. Son incompréhension envers les enfants de son âge, par exemple : elle n'avait pas tout d'abord compris qu'elle était en avance, et avait cru que les autres étaient en retard... Le peu d'intérêt qu'elle avait rapidement développé pour les contes, les jeux enfantins qu'elle avait délaissés, son goût pour des sujets plus matures, tout cela et tant d'autres indices lui avaient attirés de nombreux regards, ici craintifs, là suspicieux. Certains de ses frères et sœurs plus âgés ont sans doute alors pensé avoir affaire à un futur danger redoutable lors de la lutte pour le trône.
Aussi Illya avait rapidement compris. Elle s'était laissée "rattraper" par son âge véritable et avait pris du temps pour redevenir immature, voire même rester plus enfantine que d'autres de son âge. L'étalage de ses efforts sur la durée était essentiel pour assurer l'invisibilité de la manœuvre, et celle-ci avait vraisemblablement payée puisque tout le monde s'était rassuré : Illya avait subi une simple déprime passagère et tout tait rentré dans l'ordre. Avec les années, l'incident fut vite oublié, noyé dans des problèmes plus immédiats et de plus grande ampleur, comme la révolte de l'Azaïr et la mort du prince Antarès d'Ignis des mains d'Atrée le Traître. Et plus jamais Illya n'avait ôté son masque, garant de sa tranquillité et peut-être même de sa vie. Elle appris vite, en effet, que mieux valait pour elle cette vie de mensonge et de dissimulation qui lui permettait de rester un élément insignifiant et inoffensif au cœur du jeu du Trône. C'était aussi bien un gage de sécurité que d'une plus grande liberté de manœuvre une fois que le temps serait venu pour elle de placer ses propres pions sur le plateau de jeu.

Et d'ailleurs, il lui fallait désamorcer sa propre question avant d'y être prise au piège. Elle l'avait posée à Väino parce qu'elle s'inquiétait pour lui, mais elle n'avait que huit ans... elle ne pouvait expliquer pourquoi elle trouvait les paroles de son frère stupides sans ôter ce masque si patiemment construit et entretenu. D'une part elle ne comptait pas le faire en présence d'étrangers, et surtout, elle aurait vraisemblablement à agir contre Väino d'ici quelques années... et elle ne pouvait par conséquent dévoiler d'ores et déjà l'atout qu'elle gardait dans la manche, éventer le bluff de la mauvaise qualité des cartes qu'elle avait en main. Le petit monologue auquel elle s'était livrée avec la panthère avait surtout été mis en place pour lui permettre de gagner un peu de temps de réflexion. Si en plus elle avait pu impressionner les suivants de son frère, c'était comme tuer deux aquariens avec le même sort.
« Je ne comprends pas, c'est tout. Tu es le plus fort, non ? Pourquoi devrais-tu attendre avant de participer aux duels qui décideront de la succession de Père ? Tu peux battre Waëlen, Xalerq, Aliénor et les autres, non ? »
Elle était fatiguée du mensonge. Mais elle ne pouvait l'abandonner. Pas encore. Tant qu'elle ne serait pas sur le trône, elle serait contrainte à cette vie de dissimulation, à laquelle elle s'était elle-même condamnée.

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Mer 27 Aoû - 22:39
Qu'Illya flatte Jezaig comme s'il ne s'agissait que d'un gros chat ne pu que le faire sourire. La plupart des gens qui n'étaient pas scandiens l'avaient observé avec crainte et distance. Les scandiens eux s'ils ne craignaient pas la panthère était incapable de ne pas voir un symbole puissant. Jezaig était un des plus puissants spécimens de son espèce, une créature que Väino avait vaincu à main nue. Un symbole, un signe, une augure. Ils ne pouvaient que l'approcher avec déférence, elle était la preuve que Väino devait-être leur seigneur. Qu'elle soit devenu son familier était le témoignage même de ce qu'était Väino, un fauve puissant et intelligent. Enfin, c'était ce que l'imaginaire populaire percevait, le mythe qu'avaient tissé les baptistrels.

Mais Illyasviel était une princesse d'Ignis, plus encore elle était du même sang que Väino. Qu'elle ne craigne pas la panthère n'était pas folie. Non, qu'elle ne craigne pas la panthère était une chose naturelle, elle ne pouvait en avoir peur, cela n'était pas dans sa nature. Et alors, elle flattait Jezaig qui se laissait faire. Quel que soit le fauve, il est des chose qu'il n'est possible que d'apprécier. Et se faire gratter les oreille par une enfant pour laquelle son maître n'éprouve qu'affection ne peut que faire partit de ces éléments.

La réponse d'Illya suite à cette question le laissa songeur. Etait-il le plus fort? Non, certainement pas. Il ne doutait pas du fait qu'il soit le meilleurs guerrier de sa fratrie. Cela aurait put être orgueilleux ou, présomptueux pour un membre de la lignée d'Ignis qui se trouvait dans les derniers sur la liste pour la course au trône mais... ce n'était que la vérité. La Scandia par elle même l'avait éprouvé, l'avait mis à l'épreuve. Elle avait purifié son corps et son âme, lui avait arraché toutes ses faiblesses, toutes ses illusions enfantines. Il avait fait face à sa bête intérieur. Dans les minuits de lierre et de ruine d'Inis Mona, dans ses souterrains obscurs il avait erré, guidé par le chant des baptistrels pour s'emparer de Gae Bolga.

Väino d'Ignis avait appris tous les arts des baptistrels, était devenu un chantelame. Il avait gouté au sang de ses ennemis, à son propre sang. Il avait été blessé, avait blessé et tué. Alors, ses frères et soeur étaient peut-être de fines lames, des guerriers de talent dignes de rentrer dans les légendes comme lui... Mais combien d'entre eux avaient appris la vérité sur le combat? Combien d'entre eux avait l'expérience des affrontement brutaux dans les brumes de la nuit? Combien d'entre eux avait appris à dompter la magie, pas à la manier dans toute sa finesse et son élégance mais, à exploiter la force primaire et sauvage de la source de toute vie? Combien d'entre eux étaient capables de supporter la violence de la catalyse magique? Car c'était bien cela, le corps du prince d'Ignis avait fait de la souffrance une composante même de son être.

Alors non, il était sans aucun doute le meilleurs guerrier de sa fratrie et, le meilleurs mage de bataille de celle ci. Mais qu'il soit le maître de la brutalité et de la violence dans sa famille ne faisait pas de lui le meilleurs. Et encore fallait-il qu'il prouve qu'il soit le meilleurs dans ce domaine. Mais il devait avant tout montrer qu'il était le plus digne du trône. Et cela ne pouvait se faire qu'en conquérant une des pires régions d'Ignis, envahie par les brigands et les révolutionnaires... En conquérant la Scandia Väino s'assurerait un statut et une réputation ainsi que, la fidélité inaliénable d'un peuple impitoyable.

Mais il y avait autre chose encore.

-Tu sais petite sœur, être le plus fort n'a aucune importance. Oui, je suis peut-être le plus fort de notre famille mais ce n'est qu'un détail pour l'instant. La force est notre droit et notre don à nous tous, nous le sang d'Ignis. Si je devais me contenter de cela je déshonorerait notre lignée. Je n'ai aucun droit sur le trône pour l'instant. Je pourrait passer sur le corps de tous nos frères et sœurs, fouler une salle du trône ensanglanté et m'assoir sur ce trône d'Ignis avec le cadavre de père à mes pieds... Je n'en serais pas pour autant digne. Je ne ferait que prouver à tous qu'Ignis est une nation gouvernée par la barbarie...

Il se tut un instant, son regard se voilant alors qu'il contemplait Lex, Ignis... le continent. Il rêvait de cette terre s'étendant à perte de vu, un empire qui n'avait pour seule limite que l'océan. Une terre pure et parfaite qui exaltait le puissance dormant dans le cœur de toute un chacun, privée d'hypocrisie, privée de faiblesse. Un monde à la gloire de la nature, un monde qui respirerait au rythme de son maître, qui s'élancerait à la conquête du passé et du futur.

Ce fut Morrigan qui pris la suite de Väino, d'une voix calme et douce, aussi respectueuse que sa fierté pouvait lui accorder

-Pardonnez moi princesse Illyasviel d'Ignis mais, ce que mon seigneur et maître essaie de dire, c'est que le trône d'Ignis est hors de sa portée pour l'instant, lui même l'a mis hors de sa portée. Ses principes lui interdisent de prétendre être roi tant qu'il n'aura pas prouvé sa valeur en tant que dirigeant, aux autres mais d'abord à lui. En renonçant pour un temps à ses droits sur le trône d'Ignis, il offre à tous la chance de pouvoir contempler la pureté de sa volonté, que tous puissent prétendre à la puissance. Sa splendeur ne peut être que si ceux qui se dressent sur son chemin son à leur apogée lorsqu'il les fera tous ployer. Et cela s'applique aussi bien à la Scandia et Ignis qu'à Ventus, Terra et Aquaria. Il deviendra l'âme de la Scandia avant de devenir celle d'Ignis... et enfin celle d'Albion.
-Car nous chevaucherons tous dans la gloire par delà les horizons du monde connu. Le vent du changement attisera les flammes de la gloire qui parcourront cette terre immortelle tandis que les cendre se mêleront à l'eau de la vie. Nous ne contemplerons plus les minuit de chants et de ruine du passé, nous contemplerons les midis de chants et de gloire du futur. Car tel est mon rêve et, telle est ma volonté, la gloire d'Ignis.

Oui, ils changeraient la face du monde. Chacuns de ses frères et sœurs se rangeraient sous sa bannière ou il les briserait. Il leur laissait la chance et l'espoir de l'arrêter. Mais ils ne feraient que le ralentir avant de s'incliner devant lui et, le sang d'Ignis en ressortirai grandi, la flamme d'Ignis serai alors d'une pureté si éclatante que tous s'agenouilleraient dans l'adoration et la terreur.

-Väino? C'est bien toi?

Une voix familière qu'il avait presque oublié, qui avait changé résonna dans le silence alors qu'il se retournait vers elle. Elle avait changé, comme lui elle avait grandit. Elle n'avait jamais été vraiment jolie, avec ses yeux brun, son visage quelconque et ses cheveux couleur paille... ses traits étaient fatigués, usés par une vie de servitude mais il la reconnaissait.

-Manon?

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L'infante et la panthère [Flashback - PV Vaïno]
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