Lapis Manae (PV As'ad - Kerrys - Vaïno - André - Kaede)



 

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Lapis Manae (PV As'ad - Kerrys - Vaïno - André - Kaede)

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Dim 1 Sep - 22:08
2 mars 762, 11h20, Complexe minier d'Asia

Au travers d'un mince filet de nuages, les premiers rayons du soleil de printemps, quelque peu en avance cette année, faisaient fondre les dernières neiges et dévoilaient les contours des mines d'Asia. Loin des grandes mines de Rivie sur les flancs des Elénides ou des splendeurs enfouies sur les îles australes, le complexe minier d'Asia était des plus récent. La construction avait débuté une dizaine d'année plus tôt sur ces terres qui bordaient les forêts de Scandia sans toutefois entrer au coeur des plaines étincelantes. Les filons de minerai exploitables étaient bien en dessous de la moyenne de rendement, et sans l'apport d'investissements importants de la part de divers marchands cette zone ne se serait jamais développée.

Ainsi, sur les ruines de ce qui était autrefois une forteresse de brigands s'élevait à présent un grand chantier; d'immenses plate-formes et constructions de bois, des habitations de fortunes et bien entendu les fameuses mines creusées à flanc de montagne d'où sortaient à flux continu des esclaves et des travailleurs. Une construction de planches sur la rivière faisait office de port et les passages incessants d'hommes et de charrettes avaient naturellement dessiné une route entre celui-ci et l'entrée du complexe. Une cabane délabrée servait de poste de contrôle des entrées, et une tour de garde trônait au centre du complexe, offrant une vue plongeante sur la mine, la rivière et les divers chemins de terre.

- Navire en approche...
- Hein?
- NA-VI-RE
- ... Ah mais j'entends rien avec tout ce boucan.

Et au pied de cette tour, un veilleur s'efforçait de déchiffrer les signes de l'homme posté au sommet. Sa voix ne parvenait pas à couvrir le bruit provoqué par les outils de construction qui venaient d'être mis en marche, et les deux hommes enchainaient des signes de main sans aucun sens. La querelle avait son petit charme et finit par attirer l'un des superviseurs. Son fouet à la main et un simple poignard à la taille, l'homme en imposait davantage par sa corpulence et ses muscles saillants que par ses traits d'esprits. Enfin, à première vue, et il s'avéra contre toutes attentes que l'habit faisait parfaitement le moine.

- Qu'es'vous fichez tous les deux? On vous paie pas à lambiner j'crois bien.

Il tira sur son fouet et gonfla son torse, quelques gouttes de sueurs coulaient sur son front démontrant toute la puissance de son intellect. Sous cette fraicheur matinale, seuls les idiots pouvaient suer au lieu d'attraper froid songea le veilleur. Il se gratta la tête, dubitatif face à cette force de la nature en songeant un instant au bruit que ferait son crâne si on l'éclatait sur un rocher. Sonnerait-il aussi creux que ses mots?

- Notre corbeau bat des ailes. Enfin je sais pas pourquoi il s'excite tant... Il plaça une main au dessus de ses yeux et aperçu le navire qui arrivait. Oh, notre marchandise arrive.
- BA-TEAU
- Oh mais va mourir!

Le veilleur effectua un geste vulgaire de la main et poursuivit sa ronde, sous le regard dubitatif - ou peut-être simplement "vide" - du superviseur. Celui-ci cracha au sol pour prouver au monde sa supériorité masculine avant de partir redresser ses esclaves. La pause était finie.

________________________


L'Aoli était un fleuve affluent du Muisne qui s'enfonçait en Scandia avant de rejoindre l'océan, ce cours d'eau calme était suffisamment profond pour accueillir des navires marchands mais aurait détruit n'importe quel bâtiment de guerre qui aurait tenté l'aventure. Il n'était que rarement emprunté, mais sa présence offrait au complexe minier un excellent moyen d'être approvisionné en matériaux de construction et de délivrer leurs marchandises dans des eaux moins Ignisiennes.
Le navire qui allait accoster d'ici quelques minutes avait été spécialement engagé pour une de ces "livraisons spéciales" dont l'équipe avait le secret. Le convoyeur habituel avait rencontré quelques "ennuis" sur sa dernière livraison et avait dû être remplacé en urgence. Cette fois, ils avaient engagé un étranger, un bateau Ventusien. Faire confiance à ces chacals n'était pas au goût de tout le monde, mais au vu de la récompense promise pour une simple livraison, il n'y avait guère de soucis à se faire. Les gens du Nord ont beaucoup plus de facilités à vous considérer comme ami lorsqu'ils reçoivent la compensation adéquate.

- Bon tout le monde faites place nette, la marchandise devrait pas tarder. Allez, allez!!

Le chef du "port" ordonna à ses hommes de remettre à terre les barques encore accrochées au ponton et d'enlever les caisses trainant sur les quais, qui auraient pu être confondues avec les précieux colis. Ces gens étaient des professionnels, donc tout devrait bien se passer... en théorie tout du moins. Marins ou pas, ils étaient de Ventus, et pour un homme de bois et de terre comme lui, l'éthique des hommes de la mer se résumait à boire du rhum et à courir après des femmes et de l'argent facile.

... Peut-être n'était-il pas trop tard pour changer de vocation.

Alors qu'un certain nombre d'images que nous tairons se frayaient un chemin vers son esprit lubrique, le vent se levait à l'est et au loin une étrange tâche noire titubait vaguement dans les cieux. Qu'était-ce donc? Peut-être un oiseau... un gros oiseau... aux ailes plutôt... reptiliennes. Et... était-ce... était-ce du feu qu'il apercevait sortir de son corps? Il dû se frotter les yeux à plusieurs reprises, mais plus il plissait les yeux, moins la forme ne lui semblait... naturelle.

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Et au coeur du complexe, dans le repaire du propriétaire des lieux, l'ambiance... se faisait un peu plus sombre. En lieu et place des traditionnels trophées de chasse trônant dans la demeure des grands d'Ignis, loin des tapisseries de soie et des vases dorées, de larges bibliothèques servaient de seule décoration à ce bureau fermé. Aucune torche n'illuminait la pièce, mais des pierres aux étranges propriétés accomplissait cette tâche, qui phosphorescente, qui réfléchissantes... Le marchand d'esclave n'était pas homme à se formaliser des excentricités. Il avait rencontré des cas au cours de sa carrière et ce n'était pas peu dire, il avait aperçu l'humanité sous le couvert de ses plus étranges fantasmes, et jamais cela ne l'avait empêché de mener à bien ses projets. Ah! Le monde était étrange, si cet homme voulait collectionner les cailloux au lieu des petits culs, grand bien lui en fasse. Il avait besoin d'esclave, lui était marchand, et la congrégation possédait quelques intérêts dans ce "projet" que d'aucun susurraient. Comme tout acte de commerce, il s'agissait au final d'utilisation mutuelle.

- Que diriez-vous d'un peu de lait? Ou quelque chose de plus fort?
- Rien merci...

Ah, du lait!! Le dirigeant fit pencher son tabouret en arrière et croisa ses jambes sur son bureau.

- Alors dites-moi, que nous vaut l'attention de la grande Congrégation Marchande?

Un large sourire s'étira sur les lèvres du marchand. Un mauvais sourire.

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HRP: L'event est lancé! Alors voilà comment les choses vont se dérouler.
As'ad, ton équipage et toi avaient accepté une offre des plus alléchantes, de celles qui n'arrivent qu'une fois dans votre vie de marin, une somme inouïe pour un simple transport. Bien entendu, il y a anguille sous roche, mais quel boulot de livraison n'en a pas, hein?
Kerrys, tu fais route en compagnie d'As'ad, tu lui as surement acheté le retour vers Terra mais il a dû effectuer un petit détour pour aller chercher cette marchandise.
Vaïno... le complexe minier se situe juste à la frontière de Scandia, techniquement hors de ta "juridiction" et sur le territoire royal. Toutefois... bon les frontières sont parfois très floues et mal dessinées hein? Dans tous les cas tu as eu vent de mouvements très étranges au sein de cette mine, traffic avec l'étranger, et les récents regards "discrets" mais appuyés de certains membres de la Congrégation.
André... le 2 mars est le jour d'un festival Ventusien, le "mois des poètes" auquel tu as été bien entendu convié. Tu t'es dis que prendre ton magnifique appareil de vol - oui il est détruit mais tu l'as réparé osef xD - serait plus rapide, ou plus cool, ou je sais pas quoi, mais bref tu l'as pris, et suite à quelques problèmes de navigation et de stabilité, tu as malencontreusement passé la frontière d'Ignis et le sol semble t'appeler de plus en plus. A ce rythme là, tu risque d'heurter ce bateau marchand qui arrive à quai...
Quant à Kaede, la congrégation marchande semble faire des mouvements un peu étrange ces temps-ci. Au vu du nombre d'accrochages que tu as eu avec eux, il serait plus sage de ne pas les approcher mais... ah, la sagesse et le sang d'Ignis.

L'ordre de post est l'ordre affiché dans le titre - et celui donné ici xD. Délai de post de 7 jours, il sera possible de rattraper son tour si un tour complet n'est pas réalisé (avec "quelques" désavantages, donc soyez prudents). Tu peux faire dialoguer le chef du port si tu veux As'ad, mais vous ne pouvez pas faire interagir les autres (sauf si je vous le signale xD).
Concernant les PNJ, vous pouvez en amener un au maximum (certains me semblent inévitables), mais dans l'absolu je préférerai que vous y preniez part tout seul.

Bon jeu!!

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Mer 4 Sep - 22:22

    As'ad
    Le vent soufflait vivement faisant gonfler les voiles du Virgo Mare.  Bercé par les vagues et guidé par le bon vent, le prestigieux navire marchand était une fois de plus sur les mers d’Albion vers une nouvelle aventure.  Dès les premières lueurs du jour et malgré la brise glaciale qui régnaient, nos loups de mer.  Le vent soufflait généreusement, guidant le navire à pleine vitesse vers leur destination. À l’horizon les lueurs rouges du soleil les teintes flamboyantes se mêlaient avec l’obscurité qui se dissipait peu à peu. Sur le pont les hommes s’étaient déjà mis à la tâche, pas de repos lorsqu’on est marin.  Il ne s’agit point d’un métier pour les gens cherchant à faire la grâce mâtiné ou bien qui a peur de se salir un peu.  Alors que tout en haut du grand mât ont annonçait à l’horizon la destination.   La terre en vu devait sans doute en réjouir quelques un !  Surtout les passagers qui ont choisi de faire voyage à bord du Virgo Mare.  Cette vie-là n’est pas pour les marins d’eaux douces c’est certains et avec les tempêtes des lunes précédentes, leur courage et leurs estomacs furent mis à l’épreuve !  Certains ont eu beaucoup de difficultés à conserver les repas du cuisinier… mais là même les plus braves ont parfois un peu de difficulté à avaler ce qu’il présente !

    Il y a de cela quelques lunes, le capitaine avait réuni l’équipage afin de discuter d’une offre alléchante qu’il avait reçu.  Il devait faire une seule livraison de cargo, mais pour cela il devait se rendre au complexe minier d’Asia.  Notre cher As’ad ignorait le contenue ou plutôt les détails de qu’il devait transporter et le capitaine ne mentionnait pas les détails du transport parce qu’il avait été suffisamment payé pour ne pas poser cette question ou bien parce qu’il avait été suffisamment payé pour ne pas en parler.  Cela n’est jamais bon augure lorsqu’un client ne souhaite pas divulguer le contenu du cargo, mais avec l’offre qu’il eut reçue, il aurait été fou de refuser !  Enfin, peu importe, ce qui sera à bord là n’est pas les plus grands soucis de notre exotique protagoniste.  Les passagers additionnels ayant décidé de se joindre au voyage, voilà ce qui inquiétait notre marin !   Enfin, il ne faut pas oublier les malheureux détours ayant prolongé le voyage, mais lorsqu’il y a de l’or en jeu, une semaine ou quelques jours de plus au voyage cela ne change rien tant que les gens sont prêts à payer le bon prix.

    Certains disent sans doute que les marins marchands sont de véritables escrocs à profiter des gens ainsi, à demander de tels sommes pour simplement les transporter d’un bout du monde à l’autre… mais une fois à bord du navire, lorsqu’ils voient de leurs propres yeux les dangers de la vie en mer, il espère suffisamment avoir offert au capitaine afin de s’assurer qu’ils ne se retrouvent pas par-dessus bord !  Surtout lorsque le vent se déchaîne lors d’une tempête, lorsqu’on a l’impression que le ciel va nous tomber sur la tête, être au mauvais endroit au mauvais moment, un homme peut rapidement se retrouver à la mer !  Enfin, ont va simplement souhaiter que cela n’arrive pas d’accord ?  Notre cher As’ad n’est pas un escroc, ni un meurtrier, mais selon lui lorsqu’une personne monte à bord d’un navire, elle se doit de se plier aux lois du navire… la nation, le titre sur terre ne vaut pas grand-chose ici !  

    Alors qu’il brassa la voile afin de se diriger en direction du port, l’écho des ordres du capitaine atteignit ses oreilles.  En tant que bosco, notre beau ténébreux cria à son tour les ordres qui furent donnés afin de s’assurer que tous eurent bien compris.  La bonne communication est primordiale à bord du Virgo Mare, c’est ce qui fait en sorte que cette merveilleuse  femme de bois qu’est le navire continue de prospéré durant nombreuses années.  Il faut la traiter le navire comme une femme, il faut en prendre soin, mais parfois il ne faut pas hésiter à y aller fort !  Un peu comme une femme avec qui ont a  passé une nuit bien chaude, s’il n’y a pas de respect et d’harmonie quelque chose finira par tourner mal !

    À l’horizon la terre s’approchait, les marins d’eaux douces étaient sans doute de plus en plus ravis !  Enfin, ils n’ont aucune raison de se plaindre sur ce fleuve c’est plutôt calme.  Il s’agit presque d’un voyage de plaisances pour eux !  La seule qu’ils ont besoin de faire c’est de ne pas embêter les hommes travaillant vaillamment sur le navire, ne pas leur bloquer le chemin lorsqu’ils essaient de passer… bref, se faire autant discrets que possible !  Le Virgo Mare n’est pas exactement un navire où les passagers sont les bienvenues, à bord de ce navire il faut besogner durement, sinon mieux vaut rester au port !  Ici c’est un haut-fond, mieux vaut songer à affaler la grande voile et simplement se laisser porter par les bonnettes.  Toutefois, il ne faut pas croire que parce que la brise est devenue plus calme qu’il n’y a aucun risque.  Ce foutu fleuve à haut-fond, il est difficile de faire plus traitre que ça !  

    Notre cher marin en tant que bon bosco se mit à la barre afin d’assister le capitaine à diriger le navire.   Manœuvrant tranquillement, le Virgo Mare finit par s’amarrer au port.  Alors qu’ils laissaient devant eux le magnifique portrait de liberté qu’est la mer, devant les yeux azures du loup de mer l’image sinistre d’une mine.  Le claquement des fouets n’indiquait pas le dur labeur, mais l’esclavage !  Enfin, ce n’est pas tout comme si notre marin était payé pour sauver des esclaves, l’arrivée au port ne signifie aucunement le repos pour les bons hommes de la mer.   Dès l’arrivée notre charmant ténébreux accompagna le capitaine sur le quai afin de discuter avec les responsables de l’endroit.  Affichant un magnifique sourire, notre cher As’ad se montra des plus charmant faces aux gens qu’il rencontrait.   Saluant de parfaits étrangers comme s’ils les connaissaient depuis des années.

    - - - - - - - - - - - - - -

    -Baruk-

    Une fois à bon port le capitaine ne perdit point de temps à ordonner aux hommes se préparer le navire le transport du mystérieux cargo.  Le torse bien gonflé ce dernier cria ses ordres haut et fort afin de bien se faire entendre.  Il est le seul maître incontesté à bord du Virgo Mare et les paroles de ce dernier ont ici la même valeur que les saintes paroles d’un Dieu.   Débarquant du navire, se dirigeant à présent sur le quai, accompagné de son bosco, cet imposant personnage fit une entrée digne d’un roi.  Enfin, certains le considèrent sans doute ainsi dans le monde marin, il s’agit d’un homme dont la réputation n’est plus à faire,  son nom est connu aux quatre coins d’Albion.  Ce gros barbu est fort imposant, lorsqu’il met le pied à terre, tout le port est au courant !  
    «Ahoy! Il est où le responsable ici !» Dit-il d’un ton foudroyant.

    L’air sérieux de celui-ci allait en contraste avec celui de son bosco, le cher As’ad.  Le capitaine n’était nullement d’une humeur légère en ce jour.  Peut-être s’était-il levé du mauvais pied ?  Peu importe la raison, le capitaine n’avait simplement pas envie de passer plus de temps en ce lieu qu’il le devait.  Il avait eu de la chance d’arriver à bon port en même temps que la marée montait, il espérait être en mesure de le quitter avant qu’elle soit basse à nouveau.  Au loin le responsable de l’endroit se fit entendre, lui aussi ne semblait point être de très bonne humeur… en espérant que les choses allaient bien tourner.  Le capitaine Baruk Elone n’est pas reconnu pour être un homme très patient et lorsqu’on lui manque de respect il n’hésite nullement à vous offrir la réplique !


Spoiler:
 



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Ven 13 Sep - 11:50
Sous le roulement du navire, dont la cadence rappelait celle du berceau pour les nourissons, Kerrys n'a pu réprimer l'envie de se reposer. Il n'a jamais apprécié voyager à bord d'un navire. Oh bien sur il savait réprimer tout mal de mer, mais il ne pouvait s'empêcher de se sentir mal à l'aise sur les navires, qu'ils soient marchand, de guerre ou de tourisme. Il a toujours préféré voyager sur la terre ferme, même à cheval ou en carosse. Maudit soit l'imbécile qui a inventé la mer. Bref, plutot que rester éveillé, il ferma les yeux et laissa le sommeil l'emporter.

« Mon cher Kerrys, auriez-vous l'obligeance de quérir le maitre coq de ce bâtiment afin de faire parvenir une collation à notre chambre ? »

Un soupir mêlé à un baîllement échappa de la bouche du général alors qu'il se relevait, son regard se plantant dans celui de son amie.

« Lucrecia, tu t'es démerdé pour avoir notre trajet à 5 fois moins son prix, tu transporte suffisamment de babioles dans nos bagages pour ouvrir un magasin d'antiquité et ne pas passer de commande pendant 3 générations et en plus tu vas te plaindre chaque jour de voyage auprès du capitaine. Pour finir, tu as mangé il y a même pas 2 heures. Tu veux pas foutre la paix à ce navire une fois pour toute ? »

La mauvaise humeur pouvait se lire sur le visage des deux compères. Dans ce genre de situation, l'un comme l'autre savait qu'un débat allait être lancé jusqu'à une quelconque forme d'interruption. Interruption qui arriva plus vite que prévu au l'audition d'un brouhaha naissant à l'extérieur.

« Qu'est-ce donc ?
- On doit être arrivé à cette fameuse escale qu'on devait faire dans un coin paumé d'Ignis.
- Fort bien. Posons donc pied à terre et voyons ce que ce terroir a à nous proposer.
- Lucrecia, pas de shopping plus que de raison.
- Je vous donne ma parole, mon cher Kerrys, que nul livraison ne sera expédiée sur ce bâtiment en mon nom. »

Le terran crut lire sur les lèvres de la noble une traduction du style « Mon cher Kerrys, prépare toi à être transformé en baudet et à porter une véritable pile de babioles qui finiront dans le grenier à prendre la poussière »... maudit soit l'idiot qui a inventé le commerce.

Néanmoins, nul doute qu'une petite virée dehors, sur la terre ferme, lui changera les idées.

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Dim 22 Sep - 15:57
Parmi les choses que détestait Väino, si l'on mettait ceux qui osaient le trahir, les membres de la congrégation marchande s'illustraient... Ou plus exactement les marchands d'esclaves. Non pas qu'il eut un quelconque problème avec l'esclavage, d'une certaine manière celui ci était un mal utile au pays des flammes. L'esclavage rappelait à toutes les régions paisibles et à la nature sans grande hostilité le prix de la faiblesse, une vie à genoux à servir un maître. La Scandia était d'une certaine manière exempt de ce rappel qui menaçait les faibles, la plupart d'entre eux mourraient avant d'avoir à vivre dans cette servitude. Les rares esclaves scandiens étaient plus des esthètes sans utilité à la survie du peuple qu'autre chose, mais ce n'était pas le cas dans d'autres régions. Au final les marchands d'esclaves étaient une vermine nécessaire, une vermine que Väino ne verrai pas être exterminé sans une satisfaction tout bonnement scandienne, se repaître de la faiblesse d'autrui et s'en engraisser étant le summum de la faiblesse... et un comble de lâcheté pour les scandiens. Et la vermine tout le monde le savait, si elle était nécessaire à la bonne marche de l'équilibre naturel, devait être régulée.

Telles étaient les réflexions de la flamme blanche d'Ignis tandis que celle ci dépeçait le sanglier qu'elle venait d'abattre. L'odeur métallique du sang se mêlait à l'odeur de graisse brûlée du gibier déjà en train de cuir pour le premier service. Quiconque aurait aperçu la scène y aurait vu une scène typique de chasse en Scandia, trente hommes discutaient tranquillement autour des feux alors que la nuit tombait, drapés dans des fourrures épaisses. Les flammes étaient pour la majorité d'entre elles couvertes, si le feu repoussait la majorité des créatures qui rodaient la nuit, elles attiraient au contraire les panthères. Et si ces prédateur étaient d'un naturel relativement solitaire, personne ne tenait à ce qu'une ombre féline se glisse dans l'ombre et, choisisse de se nourrir sur vous plutôt que sur une des carcasses.

Mais ce que les flammes montraient n'était pas l'entièreté du campement. Une trentaine d'autre chasseurs montaient la garde, pour éviter une quelconque attaque surprise. La majeure partie des veilleurs repartirai d'ailleurs le lendemain avec tout ce qui avait pu être récupéré lors de la chasse.

Une fois son travail terminé, le prince ne coupant pas aux règles que suivait le petite compagnie, il se redressa avant de s'adresser aux hommes.

-Bien, à partir de maintenant les soldats ont dix heures de repos, désolé pour les chasseurs, mais je vais vous demander de monter la garde. Nous nous séparerons avant de nous mettre en route. Il se tourna vers le chef des chasseurs. Slav, une fois arrivé à Avalon tu feras un rapport à Morrigan sur comment s'est déroulé cette partie. Il s'adressa ensuite au "capitaine" qui était aussi baptistrel. Oengus, le but premier n'est pas de leur déclarer la guerre, désolé mais pour ce qui est d'une ode à la gloire des hommes de Scandia je préférerai qu'on évite de déclencher les hostilités... A présent reposez vous! Qui sait ce que les chiens de la congrégation ont bien pu préparer!

***

Ils s'étaient mis en marche au premier rayons timides du soleil qui perçait la canopée de la foret scandienne, tous vêtus de capes brunes aux teintes ternes faites pour se fondre dans la foret. Marchants pendant plusieurs heures, en silence et à l’affût. Si ces hommes étaient des soldats de métier, ils étaient aussi des traqueurs, la scandiens étaient ainsi, quels qu'ils soient ils apprenaient tous à respecter et craindre la foret, à savoir lui survivre. C'était sans doute la plus grande particularité de l'armée scandienne, si ses soldats n'étaient pas les meilleurs, tous savaient survivre en milieu hostile, la foret était leur terrain de chasse.

Ce ne fut qu'une fois sortit du couvert des arbres, à une distance respectable de la mine ou ils se dirigeaient qu'il retirèrent leurs capuches, Väino marchant en tête avec sa panthère, précédé de Minato et Oengus. Loin d'une attitude agressive, la petite troupe restait malgré tout martiale, comme toujours lorsque le second prince était accompagné de ce que les plus optimistes auraient pu appeler une suite. Les rumeurs parvenues aux oreilles du second prince n'étaient pas pour lui plaire, et si la localisation géographique de la mine était sujette à débat quand au fait qu'elle soit à la Scandia ou au domaine royal, Väino n'avait pas hésité une seconde, après tout n'était-il pas réputé pour avoir le sang chaud et agir parfois un peu plus vite qu'il ne réfléchissait? Il devait faire honneur à cette réputation. Si l'on mettait de côté qu'il avait dépêché un baptistrel à Lex pour prévenir immédiatement son père des actions qu'il entreprenait et pour s'excuser d'intervenir sur le domaine royal sans en avoir demander la permission. Mais la vitesse d'action était nécessaire et, dans le secret les baptistrels avaient déjà commencé à répandre des rumeurs au sujet de la congrégation marchande, tout reposant sur la finesse et avant tout sur le non dit, la population ferait le reste pour exporter les rumeurs sans qu'il soit nécessaire de forcer les choses.

C'était ainsi que jouait le prince alors qu'il se présentait au portail pour aller plus avant dans le complexe minier avec ses hommes, Gae Bolga posée négligemment sur son épaule.

-Väino Iskandar Ortenross d'Ignis, second prince et maître incontesté de Scandia souhaite entrer!

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Mar 24 Sep - 21:41
Le cœur d’un technomage hésite rarement entre deux propositions. Celui-ci évalue, pèse et tranche toujours dans la bonne direction, de la même manière qu’un timbre laisse toujours son petit cachet d’encre sur le blanc duvet de la feuille. Pourtant celui-ci s’était mis à tergiverser quand le jeune André avait reçu une invitation pour le Printemps des Poètes. Le technomage regardait son invitation perplexe, cherchant à évaluer la meilleure option pour lui.

D’un côté il n’était poète qu’à ses heures perdus, ce qui, occupé comme il l’était, ne laissait pas grand-chose en temps de composition. De l’autres, il était un écrivain notoire, plus verser dans la prose, certe, mais dont la présence était à la fois appréciée et attendue. Il soupira une fois de plus. La poésie lui avait toujours semblait quelque chose de naturel et de beau qu’il écrivait pour se détendre. Il avait certe publié un ou deux recueils de ses œuvres, de modestes poèmes sans prétentions autres que la fierté immense de leur auteur. Mais rien comparé à ses œuvres en prose ou ses articles de recherches qui étaient à eux-seuls une nouvelle bible dont l’homo technologicus à naître et dont il était lui-même le premier représentant se nourrirait afin d’atteindre sa destinée manifeste. Alors avait’il vraiment le temps de se rendre à un festival de poésie futile qui avait en tête d’affiche un pervers et dégénéré. La question restait de savoir qui de Térence ou de Lautréamont était le plus atteints des deux dans la folie, même si la réponse importait peu. Voir deux fous se balancer des vers infectés par leurs propres pourritures pourrait à la rigueur être un divertissant marrant, d’autant que les deux hommes étaient d’une valeur littéraire incontestable. D’un autre côté, quand un des engagés dans la querelle se révêlait être un Prince d’Ignis, ca devenait vite dangereux.

Toujours perplexe quand vint l’aube, André reposa avec délicatesse sa plume et regarda son parchemin. Il était lasse par une longue nuit de travail pendant laquelle il avait essayé de perfectionner son sceau de transfer de mana, arrivant sur un résultat un peu meilleur que le précédent… sans pour autant atteindre la véritable courbe, celle qui ferait de la rune plus qu’une batterie de mana mais une véritable centrale, un réservoir de combustible puissant qui alimenterait les runes de feux de l’Ornigon durablement et surtout, dans un flot stable et continue ; sans ça, toute tentative de développement industriel de cette espèce de tapis volant en bois aux bords recourbés, description assez avantageuse de l’appareil, serait voué à l’échec. Ainsi que son rôle prédestiné dans l’Histoire de l’Humanité. Etre le premier homme a fabriquer une machine volante ne suffisait pas – il fallait maintenant permettre à tous de pouvoir l’utiliser pour ne plus n’être qu’un génie méconnu.

Se dirigeant vers la cuisine, il activa la rune de feu sous la cafetière et petit à petit la pièce s’emplit d’un parfum caféiné absolument délicieux, aussi ténébreux que les ombres de la nuit, de ce noir si profond que vos yeux se perdent en-dedans et qui enivre vos sens comme l’odeur enivre votre esprit. Si la poésie avait pour but de communiquer de la beauté à l’homme, jamais elle n’atteindrait la perfection du café, sorte d’orgasme mêlé de joie, le plaisir et le bonheur ensemble, l’extase. Le jeune homme en savoura une longue rasade puis fit ce que font tout les technomages sensés quand ils sont confrontés à l’indécision : Partir faire une balade dans les airs pour profiter du beau ciel bleue. Une activité bourgeoise si il en est mais qui n’est pas dénuée de charmes.

Le ciel était clair, les nuages dégagés et une brise fraiche laissait présager une atmosphère glacée dans les hauteurs. Comme à son habitude en ce genre d’occasion, le technomage s’équipa de la panoplie complète de l’explorateur aérien, sorte de réunion d’archétypes entre Indiana Jones et Saint-Exupéry, s’accoutumant d’une manière des plus hétéroclites : des lunettes de protections, une chaude veste en fourure couvrant un gillet de cuir, des gants en cuirs ainsi qu’une corde, deux thermos de cafés, un régime de banane, un couteau, une épée, deux orbes de feu griegois bien moltonées, un moleshkine avec des runes inscrites sur chacune des pages et une indispensable bonne humeur pour partir à l’aventure. Car il en va des essais aériens comme d’une corde d’équilibriste, on sait d’où on part mais on ne sait jamais quand ni où on va se casser la gueule. Mieux vaut prévenir que guérrir.

Lors de sa dernière expédition, le jeune technomage avait défoncé bien malencontreusement le toit d’un groupe de soldat terra un peu éméché qui avait plutôt mal pris cette intrusion brutale et soudaine. Après avoir utilisé une rune pour enflammé un tonneau qui se trouvait devant la porte, le jeune homme avait réussi à s’enfuir à toute jambes à travers la forêt en direction de la frontière. Heureusement il était à la frontière puisque le bâtiment en question était le poste frontière d’une petite route qui faisait la jonction entre les deux pays à cet endroit. Il avait par la suite vaguement entendu parler de tensions diplomatiques, mais ne s’en était pas préoccupé outre mesure. Tout ça pour dire que le vol, c’est dangereux.

Après plusieurs heures de stabilité glacial dans les hautes sphères de l’atmosphère, le jeune homme aperçut enfin sa plus ou moins supposé destination… Le printemps des poètes ; car après tout, prouver aux deux abrutis le génie des Mihaloviens en arrivant par voie des airs était une solution qui plaisait vraiment à André car elle satisfaisait un peu son égaux très mesuré. Un piaf passa un peu au-dessus de l’appareil qui avait perdu de l’altitude pour attérir, lâchant de manière discourtoise des selles qui attérirent sur le circuit magique reliant la rune de propulsion à la rune-batterie qui l’alimentait. Alors que l’appareil perdait de la vitesse et que le jeune homme essayait de régler en même temps la puissance des stabilisateurs et la distrubution du leste afin d’éviter à l’appareil de se retourner à cause de la force de freinage générée par l’arrêt de la propulsion, un brutal coup de vent frappa l’appareil alors presque à l’arrêt. Celui-ci se mit à tournoyer comme une toupis rendant caduque les réglages précédents. Le jeune homme ne perdit pas son sang froid et ressera d’une main agile les sanges avant de toucher de sa main droite la propulsion et d’y verser du mana à nouveau. Les stabilisateurs étant toujours réglés à l’arrache, l’appareil arrêta de tournoyer et reprit brutalement de la vitesse vers une direction inconnu. L’ornigon se retourna, forçant un André la tête dans le vide à active les stabilisateurs de secours tournés vers les cieux, une idée un peu farfellus mais pas si inutile. Puis utilisant son mana pour réguler les runes, il parvint à stabiliser l’appareil retournée, ne tenant que grâce à la volonté des cordages en sangle qu’il avait préparé. Quand enfin il parvint à doser son mana correctement pour stabiliser à l’endroit son appareil, il s’aperçut que sa situation n’était pas si catastrophique. L’endroit lui était complètement inconnu, la rune batterie était à cours de mana et lui-même commençait à en avoir marre d’alimenter la poussée de l’appareil.

Il aperçut un bateau surement en train de remonter vers la mer d’Azul. Sans trop hésiter, il régla les stabilisateurs de façon à entamer sa défense, rebrancha si on peut dire la poussée sur la rune batterie et se leva de tout son haut, le plus dignement possible, alors que l’appareil fendait les flots de manière magistral aux côtés du bateau, en regardant le capitaine le plus fièrement possible. Les flots firent à l’ornigon deux ailes cristalines, jusqu’à ce que l’appareil finissent complètement son amérissage à quelques mêtres du bâteau. Pavillon ventusien, pas de doutes possibles, il était en route pour la mer d’Azul. André était debout sur l’ornigon , les pieds encore secs.

« Ohé du bâteau ! Auriez-vous l’obligence de me dépanner ? J’ai besoin d’aide pour ramener mon appareil et ma propre personne à Omnia ».



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Mar 1 Oct - 23:17

    « Je croyais que nous devions prendre un peu de distance avec la Congrégation marchande, le temps que nos exploits de la semaine passée se tassent un peu… marmonna Seiren d’un ton renfrogné.
    ‒ C’est juste, Maître Akira, mais il s’est produit récemment quelques incidents qui impliquent la Congrégation d’assez près, et qui ne peuvent plus être ignorés des braves gens, rétorqua Jin Kenji, en lui lançant un regard brillant d’amusement.
    ‒ Qui a jamais prétendu faire partie des braves gens, ici, dans ce salon de thé, je vous le demande… Nous pourrions pour une fois imiter les gens du commun, qui ont au moins le mérite d’avoir plus de bon sens que les gens de bien – enfin, j’admets volontiers que nous ne faisons partie d’aucune de ces catégo…
    ‒ Seiren voit juste, Kenji, coupa calmement Kaede. Tu n’es jamais venu me proposer d’expédition périlleuse qui ne puisse nous présenter un intérêt et nous offrir quelque profit.
    ‒ Vous me blessez, Dame Kaede, répondit Kenji, d’un ton un peu trop maniéré.
    ‒ Oui, vraiment, Dame Kaede, un être tel que lui, si probe et si moral…
    ‒ Mais s’il faut davantage compter sur le butin d’une quête que sur votre foi et votre courage pour vous inciter à l’entreprendre, soit ! J’aurais dû m’en douter en vérité, certains d’entre nous sont si pusillanimes par les temps qui courent.
    ‒ Gardez vos provocations pour vos apprentis, Maître Jin, voyez : elles glissent sur moi comme du savon, sans mordre le moins du monde sur mes convictions. Dame Kaede, c’est de la folie. Après cette tentative d’assassinat que vous avez essuyée l’autre jour, nous ne pouvons pas nous permettre de nous frotter à nouveau à la Congrégation, en tout cas, pas avant quelques semaines, quelques… Mois, corrigea Seiren, avec espoir. Même pour tout l’or du monde, il n’en est pas question ! Il n’y a que les vivants qui puissent bénéficier un jour de leurs gains, croyez-moi sur parole quand je vous dis ça, c’est la vérité du sage.
    ‒ Maître Akira, un jour, vous réussirez réellement à percer l’armure tenace de mon impassibilité. Si j’étais vous, je commencerais à prendre garde aux insultes que je profère.
    ‒ Kenji, le rappela Kaede, d’un ton froid, le regard terrible.
    ‒ J’entends simplement par là, ma Dame, dit-il d’un ton narquoisement débonnaire, que je n’envisagerais jamais la possibilité de mettre votre vie en danger si les circonstances ne l’exigeaient pas tout à fait.
    ‒ Les circonstances ne doivent jamais exiger le sacrifice ultime de Kaede, protesta Seiren, avec une franchise inhabituelle. Sans elle, tout est perdu, Maître Jin, et les circonstances ponctuelles n’importeront jamais plus que cela, comprenez-le bien.
    ‒ Seiren, je t’en prie, reprends contenance. Il est des opportunités à saisir, des circonstances à exploiter, si nous voulons arriver à nos fins. Je veux bien comprendre que l’espoir des Azariens de regagner liberté, gloire et pouvoir semblerait disparaître avec moi au caveau, mais je ne suis pas morte, Seiren. Je suis encore vivante. Pour votre espoir, je ne peux faire de différence entre ma vie et ma mort qu’en me mettant face au danger et qu’en entreprenant des tâches qui aient en germe notre gloire future. Si je ne fais rien, je suis déjà morte.
    ‒ Ah, pour sûr, vous savez philosopher, Kaede. Mais vous ne savez pas raisonner. Vous prenez trop de risques. Je vous demande seulement d’avancer à pas plus mesurés, pas de rendre les armes et d’embrasser les pieds d’Iskandar, accroupie comme un crapaud… ! s’exclama Seiren en s’emportant, avant de laisser flotter un silence embarrassé, devant le regard choqué de sa jeune maîtresse, et de reprendre à mi-voix. Non, pardonnez-moi, je n’aurais pas dû… Je suis énervé, cela n’aurait jamais dû m’échapper… C’est infamant.
    ‒ Non, Seiren, articula Kaede, avec difficulté, le cœur au bord des lèvres. Cela ne change rien à mon honneur ; je l’ai déjà fait.
    ‒ Mes amis, reprit Kenji, d’un ton réconfortant. Croyez-moi, j’ai pesé le pour et le contre. Mes espions m’ont rapporté que la Congrégation fomente un coup d’une envergure plus grande que tout ce qu’ils avaient pu deviner jusqu’ici. En vérité, je ne sais pas ce qu’il se passe vraiment au complexe minier d’Asia, mais depuis quelques temps, il s’y engouffre quantité d’esclaves dans des desseins inexpliqués. Il s’y trame quelque chose. Un de mes cousins s’y est infiltré, il y a une semaine, et depuis son dernier message, qui date de quatre jours, je n’ai plus de nouvelles. J’aurais dû recevoir un pigeon de lui hier.
    ‒ Oh, murmura Kaede, le visage soudain confondu. Je suis désolée, Kenji…
    ‒ Merci, ma Dame, acquiesça le maître des Invisibles, d’un air grave. Ce sont des choses auxquelles il faut s’attendre, malheureusement. Ma véritable crainte est de voir nos ennemis en possession d’une arme dont nous ne saurions rien.
    ‒ Une arme ?
    ‒ Ce n’est qu’une simple présupposition de ma part, ma Dame. Mais au royaume de la force, nul complot n’est sans receler une arme, de quelque sorte qu’elle soit, d’or, de fer, de magie, d’influence. Il est indispensable de la découvrir et de s’en emparer. »

***

Kaede éprouvait un plaisir tout particulier à suivre sa pente naturelle tout en étant soutenue par la morale et le bon sens. Honnêtement, imagine-t-on plus agréable réjouissance ? Elle allait le cœur léger et le sourire aux lèvres, habillée de son armure en écailles métalliques comme si elle ne portait qu’un kimono tissé dans la soie la plus douce. A vrai dire, son kimono véritable, qui ne montrait qu’un col raffiné, sous sa cuirasse et sa cotte de maille, était un ouvrage exceptionnel, mais elle n’avait plus à se préoccuper sérieusement de confort après sept jours de chevauchée sur Hayao. Elle portait par-dessus son armure un gilet de soie à manches courtes, pourpre, brodé de hérons dorés, ouvert sur son plastron, qui lui faisait un second col et qui aurait donné à sa silhouette un éclat incendiaire si elle ne s’était pas cachée sous une ample cape de voyage.
Elle voyageait en compagnie d’une escorte de huit Azariens, quatre guerriers et quatre Invisibles, qui dissimulaient comme elle sous leurs capuchons leur regard noir, leur visage anguleux et la partie inférieure de leurs masques démoniaques, qui montraient des nez épatés et crochus, une bouche garnies de crocs et tirée dans une grimace carnassière. Parmi eux chevauchait Kimitomo Haku, qui était le bras droit de Kaede depuis qu’elle avait quinze ans. Certains grands seigneurs d’Azaïr murmuraient beaucoup sur cette façon agaçante qu’avait leur régente de s’entourer d’esclaves affranchis, et la plupart le prenait comme une lubie bizarre, mais ce qu’ils ignoraient et ce que Kaede avait découvert, c’était que dans le cœur des faibles brûlaient parfois les flammes les plus dévastatrices. Seiren et Haku avaient tous deux traversé une vie de misère, saturée de sang, de tourbe et de fiel, et avaient développé d’obscures et violentes puissances.
Haku avait été esclave, soldat, bandit, maître en arts martiaux et commandant, c’était un être rude et infatigable. Il avait le corps d’un dieu colossal, enveloppé d’une parure lumineuse. Les muscles de ses épaules immenses, de sa large poitrine et de son cou puissant gonflaient et roulaient sous son armure, comme il chevauchait sa forte monture, un étalon noir du nom de Karasu. Ses lourds cheveux d’ébène échappaient à sa coiffure et tombaient sur son torse plastronné. Il montait aux côtés de Kaede, et les autres suivaient.

Quand elle s’était rendue à la fosse d’Asaül pour éventrer ce monstre à la peau d’argent, Kaede avait volé jusqu’au désert comme une harpie excitée par un vent de folie furieuse. Elle avait été d’une humeur carnassière. Toutes les contrariétés du monde s’étaient liguées contre elle ; le sable, tout d’abord et surtout, les souvenirs, les massacres, l’obscénité des bandits, Térence d’Ignis et ce pendard qui l’avait traitée de catin et lui avait renversé son outre à vinasse dans le dos. Non, pardon, elle avait eu ses excuses. A un moment donné, il ne fallait pas tirer le diable par la queue, un point c’est tout.

Aujourd’hui, c’était bien différent. Kaede n’était pas animée par la rage pure qui l’avait poussée à consumer toute la fosse d’Asaül en une soirée, elle éprouvait un sentiment d’excitation plus diffus, la joie chaude et rayonnante des aventuriers aux pieds légers.
Quelque part, elle avait ses comptes à régler, avec la Congrégation marchande, ils allaient payer la dernière balafre qu’ils avaient osé poser sur son corps, voilà qui n’allait pas traîner. Elle s’en satisfaisait et, parfois, lâchait ses rênes pour se frotter vigoureusement les mains, le regard fiché dans le ciel morose de cette fin d’hiver. Outre cette petite rancune personnelle qui occupait déjà beaucoup son esprit vindicatif, Kaede se sentait dans le juste. Il y avait là-bas des esclaves par dizaines qu’on tuait au travail, peut-être même plus vicieusement, et elle sentait son cœur se tendre d’indignation sous sa poitrine, et palpiter comme un oiseau enfermé qui battrait furieusement des ailes pour s’envoler. Mais ce qui faisait rosser son sang de plus belle dans ses veines, c’était le mystère urgent des mines d’Asia qu’elle devait résoudre en faisant appel à toutes ses ressources. Alors elle chevauchait avec un entrain particulier, une harmonie de joie et de frénésie aventurière, sur un fond discret, mais mélodieux, de mélancolie et de crainte.

L’escorte avançait calmement le long de l’Aoli en suivant le plan que leur avait remis Kenji, avant de retourner à ses occupations secrètes. L’onde discrète et sombre frémissait sous les rayons timides du soleil. Deux cygnes y nageaient dans des froissements de plumes un peu frileux. C’était le petit matin. Il faisait frais et il y avait dans l’air un chant d’eaux vives et d’oiseaux printaniers. Shin aurait aimé chevaucher par ici. Le fleuve vert serpentait jusqu’à l’horizon pâle, escorté par des pins, des sapins et des chênes qui bourgeonnaient en répandant des parfums frais et entêtants. Les sabots des chevaux frappaient la terre et les herbes humides dans un bruit étouffé et les neufs cavaliers dans le brouillard ressemblaient à quelques spectres guidés par une sorcière.
Le calme des aurores fut néanmoins troublé, après une heure d’âpre avancée, par de lointains sifflements et pétarades, qui suivirent les Azariens inquiets pendant quelques minutes. Ils s’observèrent entre eux, silencieux sous leurs masques grimaçants, les sourcils haussés de surprise, quand l’un des assassins de Kenji s’exclama dans la langue de son pays, en pointant le ciel du doigt :

    « C’est cette chose, là-haut ! Regardez ! Dame Azaïr, qu’est-ce que c’est ?! »

Kaede releva la tête et sa capuche tomba sur ses épaules, tandis qu’elle observait avec effarement la chute d’un monstre de mécanique et de toile, qui grinçait terriblement et éternuait des nuages de fumée. Bouche-bée, le regard agrandi de stupeur, elle répondit en azarien d’une voix sourde, après quelques instants de réflexion stupide :

    « Par tous mes ancêtres, Makoto, je n’en sais fichtre rien...
    ‒ On dirait qu’il va s’écraser, remarqua Haku, une main en visière pour deviner la trajectoire de l’engin sous le soleil du matin. Crois-tu que cette chose ait un lien avec les mines ? Il s’y dirige tout droit.
    ‒ Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir, répliqua Kaede, qui retrouva soudain ses esprits et frappa un petit coup sec contre les flancs de son cheval. Allez ! »

Le hennissement d’Hayao fit taire les oiseaux un petit instant et il partit au galop, sa maîtresse presque allongée sur son encolure, ses cheveux noirs décoiffés et fluides dans le vent, comme la queue d’une comète. Les autres cavaliers, malgré leur crainte, n’eurent aucune hésitation et suivirent la fille d’Atrée dans un grand bruit de cavalcade.
Ils aperçurent bientôt les immenses échafaudages du complexe minier et entendirent la rumeur des travailleurs qui grouillaient sur les tréteaux comme les insectes sémillants d’une fourmilière. Le soleil se levait dans le ciel et le monstre de fer tombait vers un petit port de fortune, où un bateau de marchandises au pavillon ventusien s’apprêtait à accoster. La vue globale de la situation, pour Kaede qui réfléchissait à toute allure, fut assez encourageante. Elle n’avait pas franchement la prétention de se présenter face au chantier et de hurler son nom jusqu’à ce qu’on vînt lui ouvrir, c’était un peu grossier, comme manœuvre, et puisqu’ils avaient en la présence de cet objet volant non-identifié un bon prétexte pour justifier leur venue toute galopante, autant en profiter.

Lorsque l’engin finit par amerrir sans trop de remous – allez savoir comment, quelque diablerie était à l’œuvre – les cavaliers mirent leurs chevaux au pas et arrivèrent dans les environs du port de fortune. Sur un signe de la main de Kaede, la formation des Azariens se déploya et se dispersa un peu, pour limiter les émois des travailleurs. Kaede descendit au bas de son cheval et Haku fit de même, couverts par les regards des sept guerriers et assassins, qui gardaient leurs mains posées sur leurs arcs et leurs sabres. Kaede, tête nue, le bas du visage masqué, tournait ses yeux d’or en fusion vers le bateau de marchandises et se livrait à d’intéressantes déductions. Ils avaient de la chance. Si ce vaisseau avait pu accoster ici, c’était qu’il avait certains laissez-passer, et peut-être que si elle s’y prenait bien, Kaede saurait s’accoquiner avec le capitaine et l’équipage pour pénétrer plus profondément dans le complexe, et avec un peu plus de discrétion que d’usage si c’était possible. Cela aurait sans doute plu à Seiren, elle ne manquerait pas de le lui signaler à son retour.
Elle marchait en compagnie d’Haku sur le quai, et leurs regards furent évidemment capturés par la vision d’un jeune homme, qui flottait comme dans une coquille de noix sur le cadavre de son dragon de fer et de toile. Le visage mince, des cheveux très noirs en bataille, il avait l’air un peu plus jeune que Kaede et ressemblait à ces intellectuels flegmatiques et excentriques qu’enfantait souvent Ventus. Il avait sur la figure un petit air important et quand il interpela l’équipage du bateau, avec une politesse placide, Kaede et Haku échangèrent un regard amusé. La jeune femme donna un instant les rênes d’Hayao à son compagnon et s’avança vers le bord du quai d’un pas léger dans sa cape de voyage brune, en ramenant ses cheveux décoiffés d’un côté de sa nuque comme un rideau noir et fluide. Elle posa un genou à terre en soulevant ses trois sabres, contempla un petit moment toute la machinerie qui flottait sur l’eau, et regarda enfin le jeune homme d’un air mi-moqueur, mi-bienveillant – ce qui devait créer un certain contraste avec son masque de démon rouge, qu’elle finit par ôter pour pouvoir parler.

    « Bonjour, Monsieur, dit-elle, en souriant paisiblement. Je crains que vous n’ayez pas…échoué, si je puis dire, sur le bon territoire. Si ce vaisseau pourra vous ramener à Ventus, au vu de son pavillon, vous vous trouvez présentement au beau milieu du royaume d’Ignis, entre les terres du prince Väino et du roi lui-même. Je vous souhaiterais bien la bienvenue, mais ce serait peut-être un peu présomptueux de ma part, j’attendrais avant cela de considérer ce que les gardes du chantier en pensent.
    ‒ Vous feriez mieux de faire couler votre engin, si vous ne voulez pas qu’on commence à vous questionner à son sujet, ajouta sagement Haku, en ôtant sa capuche et son masque à son tour, et sa lourde chevelure dévala dans son dos puissant.
    ‒ C’est juste. Tenez, attrapez ça. »

Kaede ramassa une corde qui traînait près d’un anneau d’acier et la lança au Ventusien, tout en se laissant le loisir d’observer la machine, avec un mélange de stupeur et d’admiration qui commençait à se colorer d’une petite teinte d’intérêt.
    « Je vous ai vu chuter, de loin, mes compagnons et moi-même avons suivi votre trajectoire. J’ai encore du mal à y croire, en vérité. Vous voliez ? Je veux dire, cette machine vous permet de vous déplacer dans les airs ? demanda-t-elle en ouvrant de grands yeux étonnés. Je comprendrais bien que vous ne souhaitiez pas l’envoyer par le fond, comme l’a suggéré mon ami, mais si vous ne voulez pas d’ennui… Je suppose que vous n’avez pas envie qu’une telle machinerie tombe entre de mauvaises mains. »

Deux hommes avaient débarqué du vaisseau marchand. Kaede abandonna un instant son voyageur des airs du regard et se redressa pour les considérer sérieusement. C’était tous deux des marins comme elle avait l’habitude d’en employer, le corps fort et musclé, la peau dorée par l’iode et de le soleil. Ils avaient le parfum des grands océans et l’habit des éternels étrangers, élimé et rêche, mais plein d’embruns et de souvenirs. L’un d’entre eux, un colosse aussi grand qu’Haku – le capitaine, certainement – commença à tonner d’une voix de tempête :
    « Ahoy ! Il est où le responsable, ici !
    ‒ Haku, murmura Kaede, en se tournant vers son ami, et elle parla en azarien. Nous avons besoin d’eux. C’est urgent.
    ‒ Compris. » répondit-il, pareillement, avant de s’approcher des deux marins d’un pas tranquille, le visage éclairé par un de ses sourires bons et flamboyants.

Kaede se retourna précipitamment vers le Ventusien, l’air un peu plus nerveux, et lui dit d’un ton pressant :
    « Vous feriez mieux de vous dépêcher de vous décider, on n’aime pas beaucoup les étrangers par ici, et encore moins les étrangers qui atterrissent sur nos terres comme des boulets de catapulte. »

Pendant ce temps, Haku s’avançait vers les deux marins d’un pas compassé et harmonieux. Son visage au repos apparaissait de coutume plein de sérénité – pas précisément sévère, mais impassible. Son sourire le métamorphosait. C’était comme la réminiscence d’un passé comblé d’amour et de bonheur, où ses rires résonnaient encore avec une force lumineuse. Sa figure aux pommettes hautes et aux yeux profonds aborda les deux hommes avec respect, et il s’arrêta tranquillement, en tenant les deux chevaux près de lui.
    « Bonjour, Messieurs, dit-il, en inclinant légèrement la tête. Je ne suis pas le responsable, malheureusement, mon nom est Haku, je viens de l’est, avec ma… »

Sa voix se perdit un moment, alors qu’il observait Kaede, qui semblait parler à quelque poisson, agenouillée au bord du quai. Il fronça les sourcils.

    « Avec mon amie que voilà, acheva-t-il, sans conviction, mais à défaut de trouver un terme moins vague. Vous venez de Ventus ? Ce n’est pas courant, de vous voir commercer par ici. »

Il souriait toujours avec sincérité, tourné un peu inconsciemment vers le marin brun qui avait l’air plus cordial que son capitaine, et peut-être moins affairé, aussi.
Kaede et Haku semblaient avoir oublié leurs soldats démoniaques, qui s’étaient disséminés alentours d’un air insouciant, et qui avaient mis leurs montures au repos, mais il n’en était rien. Si le besoin s’en faisait ressentir, ce port deviendrait le lieu d’un carnage de fer et de sang.

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Mer 16 Oct - 14:52
Jour après jour, la vie se succède, invariable et monotone. Pour les gens du commun d'Ignis, il existe des jours ordinaires et des jours néfastes. Depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, le travail est la première de leur valeur; fermiers, mineurs, soldats, forgerons et petits marchands ont tous en commun cette vie simple aux ressources rares et au bonheur voilé. Être heureux c'est être en vie, et être en vie se résume à survivre aux jours néfastes. Ces jours néfastes donc ont toujours un dénominateur commun, il ne s'agit pas de catastrophes naturelles comme des éruptions, des ouragans ou des tremblements de terre, mais plutôt d'une rencontre. Une mauvaise rencontre augure d'un jour néfaste.

- Par ma barbe qu'est-ce que...
- Un monstre!!

Cette mauvaise rencontre pouvait prendre l'apparence d'un bandit, d'un mercenaire ayant trop picolé ou d'un gradé un peu trop zélé. Un être à la recherche de richesse, de plaisir, de vengeance, ou simplement un homme ayant gouté au sang. Mais toutes ces rencontres sortant de l'ordinaire appartenaient à un monde qu'ils pouvaient comprendre et appréhender. Ils étaient le spectre hantant les landes d'Ignis, le visage d'une rumeur et d'une peur lancinante. Les gens en parlaient en secret et parfois s'égosillaient contre ce mal que tous redoutaient. Ils en avaient peur, mais ils le connaissaient. Hors tout cela n'était rien, non absolument rien face à une terreur immédiate et incontrôlée rugissant du plus profond de notre âme; la peur d'une chose qui nous dépasse.
Là, sous leurs yeux, en l'espace de quelques secondes, leur vision du monde fut simplement anéanti. Un être volant immense plus grand que tous les oiseaux, bruyant comme un cheval au galop, et surtout informe, ne ressemblant à rien qui ne put être de ce monde. Malgré l'interdiction des cultes, les spectres des peurs humaines se répandaient dans la foule comme un feu dans fétu de paille. Il existait des êtres plus puissants à l'origine des phénomènes inexpliqués, d'aucun murmuraient que d'anciennes magies avaient créée le feu, qu'il existait de petits êtres se dissimulant dans les ombres la nuit pour dévorer leurs victimes, et que le tonnerre était le cri de créatures vivant plus haut dans le ciel et frappant de colère la terre. La raison n'avait aucune explication, mais les ténèbres eux, en avaient. Comme on s'en serait douté, un vent de panique souffla sur le port, et en amont à la mine, les guetteurs coururent transmettre ce qu'ils avaient vu et auquel eux-mêmes ne croyaient pas, tandis que de courageux guerriers étaient dépêchés pour aller assister au phénomène.

- Calmez-vous! Peu importe ce que c'est, c'est tombé à l'eau!
- Ohé du bateau...
- Ca a parlé! Ca... Ca a parlé!
- ... Un homme...? Alors ça...

Deux des hommes s'étaient éloignés du port à toutes jambes, certains demeuraient paralysés au sol et d'autres apprêtaient déjà leurs arcs et leurs épées pour abattre cette abomination. Au sein de la foule quelques personnes parvenaient à garder la tête froide, leur esprit avait réussi à franchir le cap de l'impossible et songeait à l'explication plausible de nombreux phénomènes irréels: les magiciens. Mais peu nombreux ici maitrisaient la magie, et dans l'esprit des néophytes, elle était souvent synonyme de peur et de flammes. En attendant le jeune homme pouvait remercier le ciel d'avoir chuté dans les eaux et non sur la terre ferme, auquel cas il aurait surement été lynché sans vice de forme. Il se trouvait un peu loin pour qu'on lui donnât un coup d'épée... Mais fort heureusement une étrangère avait pris la peine de lui lancer une corde. Et l'attroupement des gens du port s'était bien entendu fait tout autour de cette femme, armes à la main ils s'apprêtaient à accueillir leur nouvel "invité", non sans bousculer sans vergogne la jeune femme au passage.

- ... Hé vous là bas! Debout, voyez bien qu'c'est un homme!! Bon sang, tous autant qu'ils sont...

Bien sur il avait été surpris, bien sur il avait peur. Mais trembler comme une bonne femme dans le froid n'était pas son genre, il n'était pas fait de ce bois là. S'il ne pouvait pas comprendre il l'accepterait. Alors il volait? Ca restait un homme non? Un coup d'épée bien placé et on en parle plus. Non ce qui l'intriguait c'est que le guss semblait connaitre les gars du bateau, et ce groupe de cavaliers qui sortait de nulle part était un lot d'emmerdes supplémentaire dont il se serait bien passé. D'ailleurs il était où ce fichu capitaine!?

- Ah vous voilà! Hé il est de chez vous ce machin volant?! Parce que si c'est ça on a un problème tous les deux!

Oh il voulait voir le responsable hein? Et bien il allait le voir, en chair et en os, et la chair il allait la tâter sous peu au rythme où les choses allaient, parce que lui non plus, n'était pas de bonne humeur!
_______________________

On dit qu'un malheur ne frappe jamais seul.
Et s'il était une journée où cette maxime se révélait exacte, il s'agissait très certainement d'aujourd'hui.

-Väino Iskandar Ortenross d'Ignis, second prince et maître incontesté de Scandia souhaite entrer!

Un mélange de peur et d'étonnement se lisait sur le visage des gardes. Ils avaient en face d'eux l'une des plus grande autorités de ce pays, et par conséquent, l'un de ses êtres les plus puissant et les plus terribles: un prince d'Ignis, mieux, le second prince d'Ignis. La requête ici formulée ne l'était que par convenance, aucun refus n'était simplement envisageable.

- Ah... Oui je... bien sûr.

Le premier garde s'attela à l'ouverture du portail tandis que le second alla prévenir ses supérieurs de l'arrivée du prince. Les veilleurs étaient probablement déjà sur le coup, ou tout du moins, ils auraient dû l'être mais ces idiots ne cessaient de regarder le ciel d'un air béas. Quel tas d'incompétents, qu'est-ce qui pouvait bien retenir leur attention ainsi ? Bah, il n'avait pas de temps à perdre avec ça, il devait aller avertir qui de droit le plus vite possible, on accueille pas un prince d'Ignis comme un vulgaire marchand si l'on tient à sa vie!

Le garde transmit l'information à l'un des rares veilleurs non pris dans cette espèce de transe vers les cieux, et tandis qu'il rejoignait son collègue, il ne put s'empêcher de jeter un regard vers l'objet d'adoration général.
Il se figea sur place.

- Nous avons fait avertir le chef il va vous recevoir sous peu.

Se sentant obligé d'expliquer la fuite furtive de son collègue - oui en réalité il était forcé de le faire - le garde retira les maigres protections du portail et l'ouvrit avec hâte. Deux personnes étaient normalement nécessaires à cette manœuvre, mais ils n'avaient pas vraiment l'habitude de recevoir des invités surprises, et encore moins de cette importance là. Le portail dégagé, il vola jusqu'à la sécurité de son poste sans oublier de saluer à plusieurs reprises le prince. Là, sur ce banc, dans son abri, il se sentait en sécurité.

Et un peu plus haut sur le chemin de la mine, le garde qui avait quitté son poste en hâte commençait à réaliser son impuissance. Il était un peu loin donc sa vue avait pu lui jouer des tours, mais il venait de voir, et bien distinctement, une espèce d'oiseau géant fondre dans la rivière. Et les clameurs venant du port ne faisaient que confirmer qu'il ne s'agissait pas d'une illusion. D'une seconde à l'autre les choses risquaient de mal tourner, il le sentait, et son instinct ne l'avait jusqu'à présent jamais trompé.
_______________________

Et au cœur du complexe, toujours dans le repaire du propriétaire des lieux...

- Il semble que nous pourrons parvenir à un accord... Si vos cailloux ont bien de telles propriétés, elles pourraient vraiment renverser tout un royaume...
- Ah! Et vous pensez à un royaume en particulier?
- Oh non, je ne faisais que penser tout haut.

La prudence était mère de sureté, et au sein de la congrégation on murmurait que l'innocence était la plus fine prudence. Il ne suffisait de commettre aucun crime et d'assurer ses arrières, ainsi si l'on était soupçonné, aucune véritable preuve ne pouvait être découverte non? C'est pour cette raison précise que le marchand était venu, et son implication actuelle n'était pas tant une menace pour lui qu'une assurance. Dans ce monde il faut s'allier avec les forts pour dominer, et une fois cette puissance élevée, ils deviendrait sans nulle doute les plus forts. Et si jamais un obstacle se dressait sur sa route, il n'aurait qu'à le poignarder dans le dos en le dénonçant pour complot - un complot auquel il n'avait pas participé, ou bien à l'issu de son plein gré. Entre un humble représentant de la congrégation et le propriétaire d'une mine sur des terres isolées, qui iriez-vous croire, je vous le demande? Cette rencontre resterait un secret, si elle venait à être découverte il pourrait en donner le véritable but, une transaction économique. Etait-ce sa faute à lui, si ses biens et ses esclaves se retrouvaient utilisés dans un complot?

- Chef! Chef!!

Un puissant claquement de porte retentit tandis que l'un des veilleurs entrait brusquement dans la pièce, visiblement paniqué. Le dirigeant avait été bien clair sur la nécessité de ne les déranger sous aucun prétexte, mais l'attitude de l'homme en question ne laissait que peu de doutes quant à l'importance de l'affaire présente.

- Ernst! Je croyais avoir été clair...
- Le second prince... le second prince d'Ignis est au portail!
- Comment!?

Les deux hommes s'exclamèrent d'une même voix, pleine de colère et de dépit. Le visage de son chef était une chose qu'il redoutait entre mille cataclysmes, mais les yeux de cet invité éclipsèrent en un instant toutes ses précédentes peurs. Qui était-il au juste? On l'avait introduit comme un commerçant, mais ce regard n'était définitivement pas celui d'un homme ordinaire...

- De tous les jours il choisit d'apparaitre aujourd'hui! Et en plus de ça le second prince!
- Il ne doit surtout pas me savoir ici. Faites en sorte que...
- Vous êtes le dernier de mes soucis!!

Le dirigeant éleva la voix, la peur à présent largement visible sur son visage. S'il s'agissait d'une simple visite il avait bien sûr tout prévu pour l'accueillir, mais il venait d'arriver par surprise, et surtout, le jour du transfert! Toutes les marchandises étaient prêtes à embarquer sur le navire qui n'allait pas tarder... Un navire de commerçants Ventusiens, le cas échéant!! Il ne devait surtout pas apprendre ce qui se passait... dans le meilleur des cas cela passerait pour une fraude mais dans le pire... raah non même une fraude au royaume ne serait pas ignorée, il s'agissait du second prince là!!

- Ernst, va averti-
- Chef! Chef!!

Bousculant son homologue par une arrivée tonitruante, le second veilleur se rattrapa avec maladresse sur l'encadrement de la porte visiblement essoufflé par une course tout aussi furieuse.

- Il y a... Il y a...
- Ah assez! Je sais pour le prince sombre idiot!!!
- Non... pas ça...
- ... ... Quoi alors! Eh bien parle!

Les mains toujours tremblantes, le jeune homme baissa les yeux. Il observa Ernst incertain, en sachant que ce qu'il allait dire pourrait bien lui coûter la vie. Les porteurs de mauvaises nouvelles ont déjà peu de chances d'échapper à une punition, mais une seconde mauvaise nouvelle, aussi incroyable que la sienne...

- Je... je ne sais pas trop... Il y a... un... une chose tombé du ciel près du port. C'est plus gros qu'un aigle, beaucoup plus gros, plus comme... un boeuf, avec des ailes et... du feu... C'est... un dra...
- Qu'est-ce que c'est que ces histoires! Je ne suis pas d'humeur à...
- Maitr-.... Ah...
- ...

Un troisième homme, lui aussi porteur de nouvelles. Lorsqu'il arriva près du bureau, aperçu les deux veilleurs sous la menace d'un fouet levé et l'expression de son maitre, il songea qu'il n'y avait surement pas pire jour pour exercer cette fonction.

- ... Vous devez venir. Vite.

________________________

- Un vent de panique a soufflé... Que se passe t-il?
- Les choses semblent se compliquer... Un navire vient d'accoster au port, au même moment un groupe de cavalier l'a rejoins et un... appareil volant s'est écrasé dans la rivière.
- ... Hmm...
- ... Tu... Tu viens de ridiculiser mon effet dramatique là, c'est tout ce que ça te fait? Un appareil volant, vo-lant! Un homme a inventé une machine pour voler, tu imagines!!
- Et bien, s'il s'est écrasé c'est qu'il ne fonctionnait pas non?

*Que... Comment peut-elle accepter ça aussi facilement?!*

- Hé tout le monde! Y'a des bruits comme quoi un des princes est arrivé! Sham', tu peux vérifier?
- Déjà fait. Vaïno Iskandar Ortenross d'Ignis, le second prince et dirigeant de Scandia. Son chevalier Musashi Minato est avec lui.
- Oh... Je suppose que ces jolis titres ne sont pas juste pour le spectacle hein?
- En effet. Deux grades A+, une arme inconnue... Haha... Hahaha... Oui avec ça... Hahahaha!

*... Tu fais peur, Sham'. Vraiment.*
_______________________

HRP: Désolé pour la semaine de retard, ça ne devrait pas se reproduire.
Alors concrètement voilà ce qui se passe, du côté du port (Kaede, Kerrys, As'ad, André) il y a un "léger" vent de panique qui s'est installé. Et je pèse mes mots, toutes les personnes présentes viennent de voir un appareil volant s'écraser sous leur yeux, avec une personne à bord. Même les marins Ventusiens présents ont été surpris, ce genre de chose reste impensable même à Ventus, il y a eu quelques rumeurs d'inventions délirantes, mais un appareil volant... vraiment? Enfin leur état est moins préoccupant que celui des Ignisiens qui ne peuvent même pas commencer à envisager la possibilité d'une explication rationnelle... Et donc paniquent, réagissant comme tout bon Ignisien sous la peur, soit en fuyant, soit en sortant les armes. Bon dans sa malchance André est hors de portée d'épée pour le moment. Kaede s'est rapidement faite encerclée par des hommes sans gêne qui n'ont bien entendu absolument rien contre elle, c'est une femme, elle n'existe pas; mais elle se trouve sur le ponton au point le plus proche d'André, et lui a tendu une corde. Alors forcément tout le monde rapplique.
Le chef du port s'est calmé, a remotivé ses hommes et filé vers la personne identifiée comme le capitaine (vu comment il avait gueulé plus tôt c'est pas dur, et il a l'air moins trouffion que les autres). Il est pas content, lui non plus.

D'ailleurs j'en profite pour préciser un truc que je viens de remarquer en lisant ton post Kaede, mais il n'y a pas de rues dans ce "port". C'est juste un large ponton de bois qui retient quelques barques et sur lequel ils ont fait place nette pour accueillir le navire (han comment elle a pas lu la description en fait, bouuuh...)

Vaino bah on a ouvert le portail. Tu commences à entendre des bruits venant du "port", il est pas si éloigné que ça et évidemment tu peux voir le bateau sans soucis. Y'a deux idiots qui fuient à toutes jambes du port vers la mine, et le garde qui s'était éclipsé plus tôt est revenu mais bug un peu. A toi de voir si toi ou quelqu'un avec toi a vu le crash, c'est probable, il se produit plus ou moins quand on t'ouvre le portail.

Bon jeu.

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Jeu 17 Oct - 3:07
As'ad & Baruk ensemble

    Une brise du sud apportait avec elle la douceur de la mer, toutefois les parfums fétides de l’endroit l’emportaient.  L’odeur de la liberté et de la mer était ici remplacée par les parfums de la peur qui règne souvent sur les terres de la nation du feu.  Les terres d’Ignis possèdent sans doute un certain charme, à certains endroits, toutefois ce petit coin du pays est loin de bien plaire à notre cher marin.  Sans doute sa philosophie personnelle diffère trop de celle de la nation des flammes… il est un enfant du vent et de la mer notre cher As’ad et rien ne changera ce dernier.  Bien qu’il tente de cacher un peu son dégoût pour l’esclavage, une personne connaissant un peu notre protagoniste pourrait sans doute dire avec un peu de facilité qu’il n’était pas à son aise.  Certes, il affichait un petit sourire, mais ceci n’est qu’un masque.  Enfin, ainsi va la vie à Ignis !  D’ailleurs, tout en parlant de chose bien intéressante à Ignis… un peu plus tôt à l’horizon un étrange oiseau à su attirer l’attention des nombreux hommes à bord.   Enfin, il ne s’agit fort probablement pas d’un oiseau, toutefois il n’y existe point de mots afin de mieux décrire ce que les hommes du Virgo Mare ont vu.  

    Cela est sans doute un peu la raison pour laquelle le maître du port n’est point présent !  Il s’agit d’un véritable chaos et contrairement à celui qui habite le navire marchand, celui-ci ici est nettement moins bien organiser sans la présence d’un homme avec un fouet !  Haut et fort la voix du capitaine s’était élevé, appelant le responsable de l’endroit mais sans réponse.   Non loin, notre protagoniste observait les étranges êtres qui avaient approché la scène.   Un groupe de cavalier avait approché le port… par leur apparence, certes il était d’Ignis, mais pas de la région.  Notre protagoniste en a vu du monde, et ces cavaliers venait sans doute d’Azaïr, un charmant territoire.    Eux aussi semblaient être un peu intéressé par l’étrange oiseau qui n’a pas réussi à bien atterrir… d’ailleurs où est-il ?   De toute évidence cette scène des plus particulières avait su alarmer les gens de la localité.  Alors que certains avaient prit la voie de la bravoure en prenant les armes… d’autres semblaient préférer s’éloigner le plus rapidement possible !  Pouvez-vous les blâmer ?  Voir un monstre de ce genre tomber des cieux, cela est du jamais vu !   Avec les nombreux voyages aux quatre coins du monde, notre cher As’ad en a vu des choses étranges et a attendu des rumeurs d’êtres encore plus étranges !

    Il est fort possible que notre marin ai jadis entendu des rumeurs d’homme cherchant à voler avec les oiseaux, de naviguer les cieux comme ont navigue sur les mers entourant le continent.  Enfin, il faut dire que les souvenirs de ses quelques séjours sur terre sont souvent un peu flou… les festivités, les femmes et l’alcool, cela affect un peu la mémoire et certains détails finissent pas être oubliés.  Notre exotique personnage ne saurait vous dire dans quel port ou dans quel coin du monde ce dernier auraient entendu ces étranges rumeurs… enfin cela importe très peu non ?   Les rumeurs sont sans doutes vrai… à moins qu’il s’agisse d’une créature d’un autre monde !    Il doit se l’avouer, notre cher As’ad est bien curieux et la même chose peut sans doute être dite pour les loups de mer du Virgo Mare !  Toutefois, ce dernier ne va pas immédiatement partir investiguer le tout, la situation semble un peu tendu… et la venue de nos très chers hommes venu du pays du vent en même temps que ce l’oiseau en fumé tombé des cieux… les gens locaux étaient suspectes sans doute un lien.   Certes, il ne s’agit que d’une coïncidence, mais expliquer cela à un homme brandissant une arme nerveusement est plus facile qu’à faire.

    Enfin, la demande du capitaine et les quelques jurons typiques des vieux loups de mer qui furent ajouter par la suite ont su démontrer clairement les intentions de nos marins.   Bien qu’il n’ait nul signe du responsable de l’endroit à l’horizon, l’un des cavaliers d’Azaïr est venu aborder nos deux êtres.  

    «Bonjour Messieurs», dit l’homme tout en les approchant.  Son accent, oh il n’y avait plus aucun doute il s’agissait bien d’Azaïrien!  C’est gens là ils possèdent leur façon de prononcer les mots, fort charmant d’ailleurs, surtout chez les femmes !  Ô les femmes d’Azaïr… si vous saviez tout ce qu’elles ont à offrir… il est un peu  triste qu’à Ignis la gente féminine est perçu comme étant inférieur.   Enfin la culture qui les a forgées à aussi un peu forgée leur charme.   Elles sont bien chaleureuses les femmes d’Azaïr… et lorsqu’ont parvient à les charmer il faut se préparer à une soirée enflammée… parfois littéralement.   Bref, l’homme se présenta de façon très charmante.  Certes il n’était pas l’homme recherché, mais comment envoyer voir ailleurs un être lorsqu’il vous approche ainsi ?

    Notre vieux capitaine se présenta, ce dernier à sa manière un peu plus rustre que celle de ce très cher Haku.  La grosse voix de Baruk se fit entendre.

    «Cap’tain Baruk Elone du Virgo Mare! Et lui c’est mon bosco, As’ad!».

    Sans doute le ton de voix de ce dernier semblait un peu agressif, mais c’est ainsi qu’il est ce très cher Baruk !  Notre protagoniste tant qu’à lui se contenta d’un simple sourire des plus charmant et d’incliner sa tête afin de saluer l’étranger venu lui aussi de loin.  Certes des marchands de Ventus sont sans doute chose un peu plus rare dans ce coin de pays… il ne s’agit pas exactement d’un endroit habituellement fréquenté par ces derniers, mais si l’or est là… alors le Virgo Mare ira sans doute à n’importe quel port du monde !  Enfin si ont peut véritablement décrire l’endroit comme un port ! Il y a à peine suffisamment d’espace pour bien amarrer le navire et l’équipement ne semble pas être bien entretenu.

    Les choses un peu plus «calmes», notre marin plaça sa main sur l’épaule du capitaine avant de s’adresser à ce dernier.  La sombre voix de notre exotique personnage s’éleva.  Celle-ci bien que rauque était un peu plus douce et velouté que celle du vieux capitaine.

    «Aye Cap’tain… j’vai aller voir l’étrange oiseau… j’y crois bien qu’il y a un homme dans ce monstre hehe»

    «Aye!»  Répliqua le capitaine avant de retourner son attention vers l’Azaïrien.

    Saluant une dernière fois ce très cher Haku avant de quitter l’endroit, notre cher As’ad se dirigea ensuite vers l’endroit où l’homme volant avait malencontreusement atterri de façon des plus catastrophique.   D’un pas rapide, celui-ci se dirigea vers l’endroit sous le regard toujours aussi suspect des gens locaux.  Ce dernier tenait avec sa main gauche son sabre à sa hanche afin qu’il ne se balance pas trop lorsqu’il accéléra le pas, progressant vers un peu plus vers la course.  À l’horizon, l’oiseau fabriquer par un homme semblait encore cracher de la fumée.   Un bref instant passait alors et notre protagoniste était plus qu’à quelques pas de la scène… notre protagoniste approcha l’étrange engin ainsi que les gens se trouvant autour.
* * *
As'ad


    «Ahoy! Y’a des survivant en provenance du ventre d’la bête?»

    Ah ce très cher As’ad!  C’est à croire qu’il n’arrive pas à être entièrement sérieux même dans ce genre de situation !  Si Baruk avait entendu cela… il lui aurait sans doute balancé une bonne baffe!  Nombreuses fut les tapes derrière le crâne lors des diverses bêtises verbale notre cher protagoniste.   Celui-ci approcha le tout un peu plus tranquillement, observant les deux hommes se trouvant sur les dieux.  L’un deux semblait être un soldat d’Azaïr alors que l’autre une espèce de savant fou… probablement Ventusien si notre protagoniste devait se fier à l’accoutrement !   En s’approchant, il était évident que la bête volante n’avait pas eut le meilleurs de l’étrange personnage qui avait tenté de braver les cieux !   Il est bien fou celui-ci là si vous voulez l’avis d’As’ad… toutefois la même chose fut dite à propos des premiers hommes ayant tenté de braver la mer !

    De plus en plus près, notre protagoniste fut surprit de voir que l’homme d’Azaïr était bien plus plaisant à regarder qu’il aurait pu se l’imaginer !  Le fait qu’il s’était trompé et qu’il s’agit d’une femme aide sans doute un peu !  Que voulez-vous… lorsqu’en armure, il est difficile de distinguer les séduisantes courbes d’une femme !  Cela ne fait pas en sorte qu’elle est moins une femme qu’un autre, cela est tout simplement étonnant, surtout à Ignis !  Voilà deux spectacles rares pour le prix d’un !  Voyant le charmant visage de celle-ci, notre cher marin ne put s’empêcher que de sourire.  Un peu charmeur, sans doute inapproprié en ce moment.   As’ad demeura toujours As’ad… peut importe la situation.  Cela ne peut être plus étrange que… ah cette histoire sera pour une autre fois… là n’est pas le bon moment.

    «Eh Bien ! L’est pas trop mal pour un homme qui est tombé de si haut !» Dit-il d’un ton quasi jovial.  Il a de la chance tout de même, notre protagoniste a vu des gens tomber de haut, moins haut que cela et ne pas s’en tirer…
    «L’oiseau rare possède un nom?»

    Alors cette seconde phrase… est-ce qu’il s’adresse à l’homme tombé des cieux où à l’oiseau rare qu’est la jolie demoiselle en armure ?  Avec ce dernier, ont ne sait jamais !

* * *
Baruk

    Alors qu’au loin notre jeune loup de mer était parti investiguer l’étrange oiseau tombez des cieux, notre vieux capitaine tant qu’à lui était demeuré avec ce très cher Haku.  Étrange personnage qui semblait plus préoccupé à faire la conversation avec nos marchands qu’à voir ce qui se passait avec l’homme tombé des cieux.  

    «Aye mate, faut dire que ce genre port n’est pas du genre que l’ont fréquente habituellement… la même chose peut être dit pour un Azaïrien…»  répliqua le capitaine.
    Le ton rauque et sa façon de parler un peu sec et direct peut parfois donner l’impression qu’il s’agit d’un gros rustre sans culture et impolie, mais c’est simplement ainsi qu’il est.  Baruk Elone est sans doute l’un des marchands les plus éduqués, mais avec la vie dure d’un marin, il ne faut pas s’attendre à un personnage très docile.  Il est un homme fier et cela transparait autant dans son apparence que dans sa voix !  Caressant sa barbe, le capitaine observa le jeune être qui se trouvait devant ses prunelles.  Bien que son attention était principalement sur le jeune Azaïrien, ses oreilles portaient toujours un peu attention aux diverses rumeurs du port.  Dans ce genre de situation, il faut être prudent et conscient de se qui nous entour.

    Suite à bref instant, le responsable de l’endroit semblait avoir finalement décidé à se montrer le bout du nez, était-il occupé à ne pas faire en sorte que la panique se généralise et que les esclaves en profitent pour s’évader !  D’ailleurs… les évasions d’esclave à Ignis, il s’agi t de folie, mais l’espoir de liberté nous fait faire des choses bien étrange parfois.

    «Ahoy! Alors l’est où le cargo ? J’espère que c’ pas l’étrange oiseau qui est tombé des cieux?!»

    Un engin aussi imprévisible, avoir le tout à bord du Virgo Mare… c’est comme souhaiter faire couler le navire !  Le visage sérieux du capitaine n’aidait sans doute pas la tension actuel, toutefois son aura autoritaire semblait à sa manière calmer la foule.  C’est le genre d’être qu’il est… il donne l’impression d’être capable d’autant créer et que de calmer les plus vigoureuses tempêtes !


Spoiler:
 



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Jeu 17 Oct - 20:29
A peine eut-il posé pied sur le pont que Kerrys sentit son visage pris d'assaut par l'iode. Un subtil mélange entre le sel marin et l'odeur nauséabonde de la civilisation envahi ses narines. Le général résista à l'assaut olfactif et sensitif grâce à son habitude d'avoir les sens soumis à des situations extrêmes. Lucrecia, elle aussi, subit l'assaut du vent et resta fièrement droite, traversant le pont sans prêter attention aux matelots affairés à toute formes de tâches. Le duo descendit alors afin d'entamer leur promenade.

C'est alors que l'astre solaire fut momentanément masqué par une silhouette dont l'ombre obscurcit le bâtiment. Kerrys leva les yeux vers le volatile le plus insolite qui soit, pour peu qu'on puisse parler de volatile. L'oiseau semblait artificiel et transportait un être humain.


« Qu'est-ce donc que cette abomination ?
- On dirait de la technomagie à vue d'oeil. Quelqu'un doit travailler sur un prototype de dispositif volant. »

L'engin fit un ballet aérien surprenant jusqu'à finalement finir à l'eau, pas si loin d'eux. Le duo se dirigea au pas de course jusqu'à discerner le pilote se tenant droit comme un i sur son engin qui flottait drôlement bien à côté d'un autre navire Ventusie. Un appareil volant et naviguant ? Ingénieux si tant est qu'il était conçu pour ça.

« Ohé du bâteau ! Auriez-vous l’obligence de me dépanner ? J’ai besoin d’aide pour ramener mon appareil et ma propre personne à Omnia »

Le général observa un instant le mage et tourna les yeux vers Lucrecia. Son regard sembait briller d'intérêt pour l'appareil. Et Ehol sait que tout ce qui éveille son intérêt donne suite à de longues discussions, des questions souvent indiscrètes et tout un tas de trucs du genre.

C'est alors qu'une troupe de cavaliers firent irruption. La femme à leur tête prenant la parole.


« Bonjour, Monsieur. Je crains que vous n’ayez pas…échoué, si je puis dire, sur le bon territoire. Si ce vaisseau pourra vous ramener à Ventus, au vu de son pavillon, vous vous trouvez présentement au beau milieu du royaume d’Ignis, entre les terres du prince Väino et du roi lui-même. Je vous souhaiterais bien la bienvenue, mais ce serait peut-être un peu présomptueux de ma part, j’attendrais avant cela de considérer ce que les gardes du chantier en pensent.
Vous feriez mieux de faire couler votre engin, si vous ne voulez pas qu’on commence à vous questionner à son sujet
C’est juste. Tenez, attrapez ça. »

Couler l'engin... voilà qui n'allait pas plaire à Lucrecia. Kerrys regarda à nouveau la femme. En effet, une mine mécontente s'affichait sur son visage d'ordinaire si gracieux.

« Je vous ai vu chuter, de loin, mes compagnons et moi-même avons suivi votre trajectoire. J’ai encore du mal à y croire, en vérité. Vous voliez ? Je veux dire, cette machine vous permet de vous déplacer dans les airs ?Je comprendrais bien que vous ne souhaitiez pas l’envoyer par le fond, comme l’a suggéré mon ami, mais si vous ne voulez pas d’ennui… Je suppose que vous n’avez pas envie qu’une telle machinerie tombe entre de mauvaises mains. »

Lucrecia s'avança alors, prête à potentiellement tenter de sauver l'appareil, mais Kerrys le retint alors que des marins du vaisseau débarquèrent, visiblement prêts à une altercation. Sans compter le fait que des soldats étaient également sur les lieux. Il valait mieux faire profil bas. Qui plus est, la populace a dégainé ses armes et est prête à faire de la bouillie de mage dès que le pauvre aura rejoint la terre ferme.

« Kerrys...
- Ce ne sont pas nos affaires, Lucrecia...
- La vie d'un innocent est en jeu. Mon fidèle général au cœur d'or se désintéresserait-il soudainement de la valeur d'une vie innocente ?
- Toi, en tout cas, tu la vois bien, cette valeur... tu te vois même déjà lui extirper des infos sur sa machine infernale.»

Kerrys soupira et dégaina son arme en s'avançant vers la foule, jouant des muscles avec nonchalance pour se frayer un chemin...

«Eh Bien ! L’est pas trop mal pour un homme qui est tombé de si haut ! L’oiseau rare possède un nom?»

Allons bon... voilà que le marin rappliquait... As'ad ou quelque chose du genre. Bref, ce mec à qui Kerrys devait d'être sur ce port en plus de son capitaine. Le général s'approcha à son tour de la dame et du mage.

« Je serais vous, je resterais à flots et j'embarquerais mademoiselle avec moi :si ce ne sont pas auprès des soldats que vous aurez des ennuis, c'est le peuple qui vous en apporteront. Et madame s'est sans doute fais quelques ennemis en tendant la main au leur. »

Le général s'accroupit au bord, toisant le frêle petit mage.

« Joli vol, en tout cas. »

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Mer 23 Oct - 18:56
Il est des choses que tout prédateur ne peut que désirer et, d'autres dont il ne peut que se désintéresser. Pourquoi ces bipèdes patauds devaient-ils se barricader derrières des murs qu'ils devaient ensuite ouvrir pour pouvoir sortir? Alors que lui, fauve noble et puissant dont seul la discrétion égalait la vivacité s'était déjà glissé derrière ces murs sans le moindre effort. Ha! Ceux là n'auraient pas été capables de survivre une nuit dans la foret! Non, les murs qui bougeaient pour s'ouvrir ne l'intéressaient en aucun cas, par contre il en était autrement de l'oiseau géant qui s'était écrasé au sol. Toute cette viande... Filant sans hésitation jusqu'au lieu où cet espèces de monstre en bois flottant vomissait des hominidés. Se glissant dans les coins et recoins, avec une aisance toute propre à ceux de son espèce Jezaig contempla un spectacle des plus décevant, amoncellement de chair il y avait, mais il ne s'agissait la que d'exécrables humains agglutinés comme une meute de loup autour d'un oiseau immangeable. Que les hommes étaient stupides de s'extasier sur une telle chose. Jusqu'à ce qu'elle remarque plusieurs mécréants qu'il lui semblait reconnaître, non pas à la vue mais à l'odeur. Et ainsi, elle sortit des ombres calmement, toisant tous les misérables qui osaient regarder l'énorme félin, avant d'aller s’asseoir devant le marin qui parlait à la femme couverte de fer.

***

Alors que le garde semblait être surpris de voir le second prince, ce qui était au final chose logique, celui ci ne pu s'empêcher d'avoir un sourire navré pour le pauvre homme qui n'avait sans doute rien demandé. Il doutait même que l'homme soit au courant de ce qui pouvait se tramer derrière les murs de ce complexe minier, il n'était qu'un simple garde. La partie la plus sage de l'esprit de Väino, bien que n'ayant guère le droit à la parole ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'au final tout se passerait sans accroc, mais la nature belliqueuse du maître de Scandia n'était pas du même avis, avoir fait le déplacement pour se retrouver à visiter dans le calme une vulgaire mine... Non, cela serait particulièrement décevant. Mais ce n'était pas ce que son instinct lui dictait, celui ci lui susurrait à l'oreille que l'heure était à la détente, car bientôt viendrait l'heure de déchaîner le feu d'Ignis.

Sans doute qu'avec le temps, son lien avec Jezaig s'était peut-être un peu trop approfondis, le fauve commençait à avoir une attitude de plus en plus "humaine", tandis que on maître lui, avait l'impression que son instinct s'affinait de plus en plus. Il ressentit d'ailleurs l'intense sentiment de perplexité de son compagnon animal, suintant comme d'habitude de ce qu'il ne pouvait qu'identifier à du mépris à l'égard de plus ou moins toute l'espèce humaine. Qu'arrivait-il à Jezaig pour réagir ainsi?

-Minato, aide notre malheureux amis qui doit faire le travail tout seul.
-Pas d'problème!

Alors même que Väino avait commencé à parler et qu'il lui répondait, le chevalier s'était dirigé ver le portail, passant par dessus avec une aisance d'acrobate, aidant alors l'homme qui semblait en effet peiner à ouvrir les portes. Il n'était pas question de perdre plus de temps que nécessaire en restant planté à l'entrée des mines. Oengus qui, lui avait remarqué l'étrange objet volant qui semblait s'être écrasé ne doutait pas qu'une partie de l'agitation et de la distraction des hommes d'arme devait provenir de ça. Il fit signe à Väino que quelque chose d'étrange semblait avoir lieu au niveau du port. Celui ci acquiesçant d'un signe de tête. Hé bien, il semblait qu'il n'allait pas être déçu.

-Jezaig doit être là, allons voir.

Au même instant, alors que le garde lui expliquait plus ou moins maladroitement la raison du départ de l'autre homme, il sentit la satisfaction de la panthère, mais qu'avait encore fait ce fauve pour passer de la déception à la satisfaction? Peut importait, il était clair qu'un coup d'œil à la jetée s'imposait et, il pris la direction du bateau qui lui semblait familier, après avoir indiqué au garde qu'ils se rendaient sur le port en attendant de rencontrer le chef du complexe minier. Et qu'il ne comptait pas attendre plus que nécessaire.
Plus il avançait, plus il lui était facile de remarquer l'agitation et, de reconnaître le vaisseau qui n'était autre que le Virgo Mare, qu'il avait vu précédemment à Inis Mona. Et bien où donc étaient encore allés se fourrer le capitaine Baruk et son second As'ad? Voilà qui l'arrangeait bien d'une certaine manière. S'il n'avait strictement rien contre les marins du Virgo Mare, aussi ventusiens soient-ils, leur présence ici relevait d'un autre problème plus... douteux. Qui ne faisait que confirmer ses doutes. On emploie pas des marins ventusiens à Ignis à moins d'avoir quelque chose à cacher ou, de ne pas être ventusiens. Voilà qui lui permettait déjà de mettre en doute l'honnêteté du dirigeant du complexe.

Voyant des hommes fuir discrètement ou plutôt se disperser, le second prince n'en conclue d'ailleurs qu'une seule chose de plus, son familier s'était manifesté. Il remarqua immédiatement As'ad qui, grand inconscient semblait encore une fois avoir réussit à se trouver en plein centre du bordel... quelque soit le type de bordel. Sans compter pour sa surprise sa cousine Kaede. La chose fit tiquer le second prince mais, celle ci avait le droit de se déplacer en Ignis tant qu'elle respectait les lois des régions ou elle se rendait après tout et, il ne pouvait le traiter de manière irrespectueuse, elle n'était pas son père. Une autre chose qui le rendit encore plus méfiant, fut la présence de cette sénatrice et de son garde du corps... Ce cas la se réglerai plus tard.

Avant que tous ne puissent les écouter, Oengus fit une remarque des plus justes.

-Tous ça ne me dit rien qui vaille, restons sur nos gardes...
-Tu as raison. Posture neutre.

Il s'était exprimé dans un souffle tandis que sa main faisait un geste que seul les soldats scandiens directement sous les ordres de Väino connaissaient. Tous sortirent leurs armes dans un calme habitué, les lames chuintant discrètement, les dix archers encochant leurs flèches. Mais aucune arme n'était pour l'instant pointé sur quiconque, aussi bien les pointes des flèches que les épées étaient orientées vers le sol. Les flèches prêtes à être tirées et les lames à être brandies.

-Väino d'Ignis vous ordonne de ranger vos armes. A moins que vous vouliez défier une cousine du sang d'Ignis et un prince... donc l'autorité d'Ignis par la même occasion.

Sa voix s'était faite autoritaire et n'acceptait aucune contestation, si il n'y avait aucune menace l'avertissement était clair, le second prince d'Ignis ne tolérerait pas qu'on désobéisse à son ordre. Sur le qui-vive, il attendait le moment ou le sang coulerait avec un calme régalien, ne montrant aucun signe de méfiance autre que son ordre. Après tout, qui oserait menacer un membre de la lignée d'Ignis? Et, si les capes sobres des soldats n'appartenaient à aucuns corps d'armée, leurs tenues indiquaient clairement leur statut de soldat, plus encore, Oengus avec ses deux lames et sa lyre ne pouvait être reconnu que comme baptistrel. Et Väino et Minato... n'étaient pas le genre d'individus à passer inaperçus.

Le prince et le chevalier firent un signe de tête à As'ad en guise de salut ainsi qu'à Lucrecia et son garde du corps, se dirigeants immédiatement vers l'endroit ou la sorcière d'Azaïr semblait vouloir tirer quelqu'un de l'eau; Minato en profitant pour gratter la tête  panthère qui, laissa échapper un grognement de plaisir rauque et pourtant puissant. Et ils contemplèrent le fleuron de la technologie ventusienne. Minato l'espace d'une second chercha à comprendre la nature de l'objet avant d'abandonner immédiatement après, ils n'avaient pas besoin de s'encombrer l'esprit. Väino quand à lui fut particulièrement intrigué par l'objet, estimant qu'il devait s'agir de ce que Jezaig avait du prendre pour une proie. Il n'en montrât rien cependant. Et, fit signe à Oengus de venir l'aider avant de se tourner vers Kaede.

-C'est un plaisir de te voir ici cousine, plaisir surpris mais plaisir quand même. Qu'est-ce qui s'est passé? Et n'attendant pas la réponse alors qu'Oengus arrivait, ils tirèrent tous deux sur la corde usant sans hésiter de la catalyse magique pour aller plus vite, remontants l'énergumène qui devait être le possesseur de objet volant non identifiable. Accrochez vous l'ami! Puis plus bas et uniquement pour Kaede. Prudence je ne sais pas pourquoi tu es là et, tu l'as peut-être remarqué mais il y a des choses douteuse ici... et je ne parle pas de cet engin bizarre...

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Jeu 24 Oct - 12:02
La supériorité ventusienne venait d’être démontré de manière éclatante, et cela au cœur d’un pays barbare. Sur ce quais au-dessus de lui se trouvait deux membres de la famille royale qui venait d’accourir à son secours comme de fidels gardes du corps afin de le protéger de leurs congénéraires barbarescents. Le jeune homme jeta un regard désolé à son engin définitivement irréparable… Il allait devoir trouver un autre moyen pour rentrer. Quand à ce prototype…

D’abord était venu Kaede d’Azair, entouré de ses gardes. Elle s’était faîte un peu bousculé par la foule mais l’aide de ses compagnons et chevaliers ainsi que l’utilisation de l’azairien et la dénomination cousine ne laissait pas de doutes quand à son identité. La sorcière rouge était dans tout le continent une sorte de légende, nébuleuse et trouble, dont la vérité ne pouvait se trouver en déça du mythe. D’elle, André avait d’abord appris qu’elle était la dernière à avoir déclencher une guerre, seule contre les puissantes armées d’Ignis, afin de venger son père. Voir une jeune vierge se lancer à corp perdu dans un combat perdu d’avance pour un père déjà défunt était une chose des plus surprenantes et toute personne dotée d’un peu de bon sens pouvait se douter que d’autres affaires se cachaient la-dessous. La suite de l’histoire lui avait révêlé par Minami et ses amis azarienne, dont les familles s’étaient exilés pendant cette période sombre, par voix de mer jusqu’à Terra puis Ventus. L’agression d’Ophelia d’Azair, sœur cadette de Kaede, par un prince d’Ignis, avait déclenchée l’engrenage fatale et conduit le pays vers une guerre civile meurtrière. Pour en revenir à Kaede, elle jouissait à Ventus d’une image de révolutionnaire rebelle prête à se battre contre une tyrannie barbare, pour la liberté de son peuple, ce qui est des plus flatteurs. Dans la communauté d’exhilé, son image était plus mitigée et allait d’idole et d’héroine à folle alliée qui a mené son pays à sa perte à des fins personnels. Tel était la réputation de la sulfureuse Sorcière, et en comprenant à qui il avait affaire, le jeune homme ne put qu’en être flatté. Elle lui jeta une corde et dit :

« Je vous ai vu chuter, de loin, mes compagnons et moi-même avons suivi votre trajectoire. J’ai encore du mal à y croire, en vérité. Vous voliez ? Je veux dire, cette machine vous permet de vous déplacer dans les airs ? Je comprendrais bien que vous ne souhaitiez pas l’envoyer par le fond, comme l’a suggéré mon ami, mais si vous ne voulez pas d’ennui… Je suppose que vous n’avez pas envie qu’une telle machinerie tombe entre de mauvaises mains. »

Le jeune homme attrapa silencieusement la carte tout en admirant la jeune femme, dont la beauté était bien au-dessus des mythes. Il régnait en son visage une douce harmonie qui semblait néanmoins figeait comme le serait un masque d’ivoir où l’on aurait sculpté les formes les plus douces. Sa tenue était clairement celle d’une combattante mais l’on pouvait deviner un corps plein de vitalité, capable de se muer avec félinité et célérité. Elle s’adressa à son second en azarien et André crut comprendre ce qu’elle voulait dire. L’homme se déplaca vers le bâteau ventusien à la rencontre des marins que le technomage avait salué quelques minutes auparavant. Puis se tournant vers lui à nouveau elle ajouta :

« Vous feriez mieux de vous dépêcher de vous décider, on n’aime pas beaucoup les étrangers par ici, et encore moins les étrangers qui atterrissent sur nos terres comme des boulets de catapulte. »


Alors que le jeune homme commençait à se hisser, la foule prit le dessus et le monde l’espace d’un instant sombra dans la folie. Kaede fut bousculé comme l’est un fétu de paille par le vent de l’été, noyé sous le flot simiesque et populaire. Une lame fut sortit, suivi de cette assession charmante :

- Ah vous voilà! Hé il est de chez vous ce machin volant?! Parce que si c'est ça on a un problème tous les deux!

Cédant à la prudence, le jeune homme fut contraint de lacher la corde avec promptitude. Il retomba dans un « glong » mécaniqe sor l’ornigon qui s’enfonçait lentement dans la lagune. Le technomage remarqua un des marins vu précédement qui s’était dirigé vers lui au milieu de tout ce chienlis, et qui eut, dans cette agitation la plus totale, une phase complètement dénué de sens.

«Ahoy! Y’a des survivant en provenance du ventre d’la bête?» ; «Eh Bien ! L’est pas trop mal pour un homme qui est tombé de si haut !» ; «L’oiseau rare possède un nom?»

Une image d’As’ad pendut par les gros orteils au sommet de son propre mat passa dans la tête du jeune homme comme un éclair, avant que son bons sens se soit reconnaissant à cet homme qui seul parmis cette foule enragée se préocuppait de son sens. Mais disons que l’homme aurait pu se montrer un tantinet plus pragmatique. Essayer de calmer la foule aurait été un début. Sortir un sort de magie majeur en langue ancienne aurait été une fin des plus innatendus et pas des plus désagréables. Malheureusement, cet archétype de bruns ténébreux à la peau basanée par les embruns semblaient aussi magicien que ne le sont les mouettes qui chient sur son navire. En d’autres termes, son intervention et sa présence avait l’utilité de goémons sur un tableau respirant la joie de vivre, le printemps, voir la provence bucolique. On a pas idée de foutre une algue bordeaux dans un Renoir, alors pourquoi diable cet homme ne cherchait il pas à l’aider ? par politesse, André lui aurait répondu, mais son attention était plus ou moins concentré sur la foule. La fonction édeitique de sa mémoire lui permettrait sans doute de payer à As’Ad la politesse qui lui est du, quand le temps le permettra.

Heureusement un homme fendit la foule de toute sa majestée. Il avait l’air grand et fort, un peu bourrin, et loin des subtilités philosophiques des veillés mihailovienne, mais ses traits respiraient la franchise et trahissait un cœur tendre et des aspirations plus débonnaires.

Je serais vous, je resterais à flots et j'embarquerais mademoiselle avec moi :si ce ne sont pas auprès des soldats que vous aurez des ennuis, c'est le peuple qui vous en apporteront. Et madame s'est sans doute fais quelques ennemis en tendant la main au leur.

Son intervention eut le mérite de calmer quelque peu la foule. Quand un homme habillé pour la guerre et deux fois plus imposants que vous se fraie un passage en bousculant les badauds comme des fleurs dans un champ, on a tendance à se calmer et à le laisser parler. Encore un brin circonspect, le jeune homme s’empara à nouveau de la corde, se disant qu’entre Kaede, Hercule et Dark Beach Boy, il aurait surement une sens d’atteindre ce bateau et de convaincre le capitaine de le ramener à Ventus, à grand coup de « je suis l’Ecrivain le plus talentueux de ma génération ! Et en plus je suis riche car j’ai courcircuité tout le milieu de l’édition grâce à la technomagie ». Ca ferait surement cher le voyage, mais un homme noble et généreux comme lui se devait à ne pas compter les petits à cotés de ses voyages touristiques. C’est pourquoi ce plan reçut la mention « et merde… » quand une voix définitivement virile et accompagné de bruits de bottes se fit entendre sur la jetée. On eut droit à un

« -Väino d'Ignis vous ordonne de ranger vos armes. A moins que vous vouliez défier une cousine du sang d'Ignis et un prince... donc l'autorité d'Ignis par la même occasion. »

Non mais sérieusement ? On vole pendant des heures et l’endroit où l’on attérit se transforme en défilée provisoire pour noblesse ignisienne ? Après quelques jurons muets envers l’auteur de ce scénario débile, André put enfin apercevoir Vaino d’Ignis, prince d’Ignis et gouverneur de Scandia. Il était grand et fort, élancé comme l’est une panthère, et ses cheveux bleux tombaient en bataille sur sa nuque et ses joues. Ses traits, sa démarche, son assurance, tous trahissaient un homme d’action, plus prompt au combat qu’à la pensée. Le prince des sauvages, entre autres. L’espace d’un instant, le jeune homme espera que le roi et le premier prince arrivent à leurs tours… quitte à être en galère, autant satisfaire sa curiosité…

Avec une courtoisie innatendu le Prince aida le jeune homme à se hisser jusqu’à la jetée, ou la foule s’était bien écarté. Barbare peut être, mais avec suffisement de bon sens pour ne pas s’attaquer à un Prince d’Ignis. La réputation de la flamme blanche avait traversé les frontières et André posa sur Vaino le regard du faible vers le fort, plein d’admiration et d’envies. Enfin physiquement. Car d’un point de vu de l’égo, le jeune homme était quelque part entre l’éxtase et le nirvanna. Pour peu ils auraient pu mourir d’épectase. Quand on regardait la situation avec un brin d’ojectivité, un prince d’Ignis, la nièce du roi, ainsi qu’un homme visiblement important dus aux égards que lui payait Vaino, venait de se jeter à sa rescousse. Les trois semblaient abasourdis par l’ornigon et avait surement envie de savoir comment un tel engin était possible. Si André était vaniteux, il était aussi un tantinet patriote et offrir son invention à des ignisiens étaient quelques parts entre l’impossible et le plutôt mourir. Il regarda tour à tour les deux personnes royales, avec un brin d’appréhension. Si Vaino avait su se montrer courtois, nul doute que la relation entre les deux n’étaient pas bonnes. La flamme blanche était un prince fidèle et patriote, sa cousine une rebelle qui devait la vie à un autre membre de la fratrie, toujours d’après les livres d’histoires. En bref, la probabilité que ses deux la en arrivent aux mains l’un contre l’autre n’était pas du tout à exclure, et déjà ils se dévisageaient comme deux fauves dans une arène. Cependant, rassemblant ce qui lui restait d’énergie et de courage, il articula.

« Enchanté Vos Majestés. C’est un honneur que de rencontrer deux membres de la famille royale d’Ignis. Je m’appelle André Caéli, je suis un chercheur mihailovien réputé… pour l’instabilité de ses machines »


Le jeune homme se fendit de son sourir le plus courtois au moment où derrière lui l’ornigon cmmençait à dégager de la fumer. Il n’avait pas prononcé un seul mot ni esquissait le moindre geste. Mais sa maitrise de ses propres runes lui permettaient ce genre de fantaisie. Il pouvait se contenter de les faire surchauffer jusqu’à atteindre un point de pression trop insupportable pour l’appareil qui s’enflammerait alors et accélérerat très fortement sa descente sous les flots grisatres de ce port de fortune. Le jeune homme aurait le cœur fendu en sabotant son propre travail. Mais être considéré comme un savant serieux et doué par un membre de la famille royale d’Ignis était un risque à prendre… Admettre qu’on pouvait lui créer une machine volante en était une autre, bien plus dangereux. Il enchaina avec la politesse et la déférence du à un prince :

« Je vous présente mes plus sincères excuses quand à cet intrusion sur votre territoire. Mon vol était purement expérimentale, et j’ai perdu le contrôle de l’appareil. Puis-je m’enquérir de ce que deux puissants pontes comme Kaede D’Ignis et Vaino d’Ignis font dans une région qui, s’y j’en crois ma géographie, est situé hors de leurs provinces et donc de l’endroit où ils pourraient avoir affaire ? »


Puis il se tourna vers Kaede et sa voix s’éleva dans un azarien à coupé au couteau, mais relativement propre sur le plan grammaticale, et très correcte pour un étranger d’un point de vu vocabulaire.

« Votre réputation ne rends grâce ni à votre beauté, ni à votre caractère, Dame Kaede. Je suis très honoré de faire votre rencontre. J’espère que nous aurons l’occasion de conversé quand cette petite mésaventure sera réglée et que mon retour à Ventus pourra être envisagée de manière plus… perrene ? »

Puis il se retourna vers Vaino, rassemblant ce qui lui restait d’énergie. Il pouvait apercevoir sur les bras viriles du prince les inscriptions magiques, et appréhenda avec toute la finesse qui le caractérisait, l’utilité redoutable de ses tatouages. Un frisson de respect et d’horreur le saisit, quand il allia dans sa tête l’effet des incantations et la puissance du sang d’Ignis. Un spectacle qu’il ne voudrait pas louper si jamais la flamme blanche devait se battre.

« Par contre je vous pris de m’excuser par avance, mais mon appareil, que vous voyez la… Devrait bientôt exploser. Je vous passe les détails sur la pression et des runes, mais… je vois pas franchement ce que je peux y faire… »


Et comme pour donner du sens en ses mots, un bruit sourd s’éleva de l’appareil, suivi de plusieurs explosions. Les parties boisés ainsi que les tissus prirent feux, et la taule désarticulé sombra définitivement sous l’eau, sous le regard attendri et triste du technomage.



***
Pardon par avance pour les détournements de postes et autres... Mais c'était un peu délicat à gérer. En espérant vous avoir fait un peu rire par moment, et que la lecture vous a plu !





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Mar 26 Nov - 20:06

***

Les deux marins qu’Haku avait poliment accostés lui avaient rendu ses amabilités avec naturel, ce qui emplissait son cœur d’une chaleur douce et diffuse et faisait sourire ses lèvres. D’entre toutes les qualités du monde, le courage, l’honneur ou la noblesse, Haku préférait celle des hommes simples et justes, l’amitié honnête dont ils étaient capables spontanément, sans calcul ni convoitise. Il avait l’habitude des bougres un peu rudes comme le capitaine Baruk, après avoir fréquenté pendant des années soldats et bandits, et il savait que derrière la carapace rocailleuse de sa voix et de son regard, il saurait toucher une âme d’or et de lumière.
Haku acquiesça d’un signe de tête en entendant les noms des deux marins et murmura :

« Enchanté de vous rencontrer. »

L’homme aux cheveux et à la barbe sombre, As’ad, s’éclipsa parmi les curieux et Haku demeura avec le capitaine, qui tenta de le mettre à l’aise en poursuivant la conversation. Le soldat à l’armure bleue se détendit peu à peu et hocha la tête doucement, le visage plus grave, à la remarque certes pertinente de Baruk.

« Oui, nous ne nous aventurons pas souvent par ici, nous non plus, répondit-il, d’une voix assez basse, sur le ton de la confidence. Généralement, nous voyageons par cabotage, nous connaissons les côtes davantage que les terres profondes comme celles de la Scandia, dont notre Orient est d’ailleurs très éloigné. Sept jours de chevauchée, en tout et pour tout. »

Il s’arrêta un instant, en laissant son regard flotter sur la mine et les esclaves qui trimaient douloureusement sur les échafauds branlants, les épaules chargés de fardeaux et le torse couvert de sueur.

« En vérité, poursuivit-il, en dirigeant à nouveau son regard profond sur Baruk et en fronçant légèrement ses sourcils fins, ce qui m’étonne plus que tout, c’est de voir que vous autres – Ventusiens – veniez apparemment faire affaire ici avec ces gens-là. Cela ne vous ressemble pas. Vous ne semblez pourtant pas dénué de scrupules, à première vue, ajouta-t-il, en baissant la tête avec un sourire, en signe d’excuse. Je me dois simplement de vous prévenir. Il se trame quelque chose ici, dit-il très sérieusement. Vous vous mêlez certainement à un trafic d’une nature si infâme qu’elle saurait même éveiller les contestations du souverain, à mon sens. Vous ne devez être au courant de rien, certainement, je ne suis moi-même pas beaucoup plus avancé que vous. Pour être tout à fait honnête avec vous, murmura-t-il, en se rapprochant lentement de Baruk et en montrant Kaede d’un geste discret, nous sommes là pour enquêter sur des disparitions d’esclaves suspectes. La Congrégation marchande se livre ici à quelque forfaiture, et nous sommes ici pour la mettre à bas – du moins, autant que nous le pourrons. J’espère que nous pourrions bénéficier de votre aide, du moins, je vous la demande, avec humilité. Je ne sais quelle cargaison vous devez livrer ici ou transporter ailleurs, mais en tout cas, cela n’augure rien de bon, et j’aimerais croire que vous acceptiez de collaborer avec nous, afin que nous puissions en découvrir le secret. »

Haku se redressa de toute sa colossale stature et adressa à Baruk un air de confiance et de gratitude. Son visage anguleux et comme doré par un rayon de soleil ne laissait paraître aucune ombre et ne dissimulait aucun mystère. Kaede lui avait ordonné d’obtenir l’aide de ces hommes, pas de leur cacher leurs buts et encore moins de les manipuler. Elle n’aurait certainement pas envoyé Haku accomplir une mission pareille, c’était davantage du ressort de Seiren ou de Kenji. En vérité, la seule présence d’Haku sur les lieux d’une discussion diplomatique était un gage d’honnêteté de la part de Dame Azaïr, et il ne fallait pas être un génie politique pour le comprendre.

***

Kaede ne s’était jamais étonnée du mépris et de l’indifférence que sa présence inspirait aux hommes de l’Ouest.
Ce n’était après tout que des sauvages. Des sauvages rustres, sans éducation et dénués du sens le plus commun de la courtoisie. Des sauvages crasseux, grossiers et frustres, d’affreux singes en guenilles auxquels on aurait appris à marcher et à parler – non, à brailler plus ou moins distinctement.
Elle laissa le flot plein de bruit et d’écume des mâles la refouler sur la grève froide de leur tumulte. Elle croisa les bras avec fierté, le menton levé, et contempla l’excitation animale de la foule en se drapant dans un somptueux dédain. Il aurait été ridicule d’enrager d’être mise à l’écart de la politique du menu fretin, quoi qu’il était pénible de penser que même eux ne considéraient pas la gente féminine digne de leurs vulgaires réunions. Kaede eut un rictus haineux, puis son visage blanc retrouva le calme et la plénitude d’une mer sans vent.
Ce n’était pas un problème. Elle avait réellement aimé être un homme, quelques années auparavant, parler avec la voix de Sirius et être entendue dans un univers de soldats rudes aux poitrails couverts de sueur virile. Mais aujourd’hui, sa place était ailleurs. Elle était là, dans leur ombre, pas si loin en vérité, elle observait leurs parades satisfaites, elle entendait leurs grognements vaniteux, elle acquiesçait de bonne grâce, papillonnait des paupières, susurrait quelques propositions en agitant un éventail dans son coin sombre, l’air de rien, et les laissait suivre le chemin qu’elle leur avait ouvert. C’était tellement simple. Leurs préjugés et leurs comportements caricaturaux à l’égard des femmes étaient de véritables perches tendues aux plus malignes d’entre elles.
Ils n’avaient aucune intelligence du danger qu’elles incarnaient pour eux, ni du contrôle qu’elles exerçaient sur eux. Ils étaient comme aveugles et sourds. C’était simple, le plus souvent, elle avait l’impression de parler à des gorilles, à des gorilles lourdauds, obtus et stupides.

Elle avait été refoulée à quelques pas à peine de l’homme volant et l’observait d’un air soucieux. Il l’intéressait. Mais par-dessus tout, elle lui avait promis son aide. Le roi et les princes pouvaient prétendre tout ce qui plaisait à leur fantaisie au sujet de l’infamie d’Atrée et de sa famille, Kaede ne trahissait jamais ses promesses. Elle ne connaissait pas de faiblesse plus ingrate que celle-là, et elle prenait soin de ne jamais confondre complot et infidélité.
Ses yeux dorés allaient et venaient sur les visages des hommes présents et elle réfléchissait à toute allure pour sortir le jeune aventurier ventusien du guêpier dans lequel il se trouvait fourré. Elle ne pouvait pas se permettre en même temps de gâcher sa couverture : elle avait la chance ironique d’être une femme et de n’avoir été reconnue de personne. Elle tenait à garder sa présence ici secrète, et elle se réjouissait un peu amèrement de voir qu’elle n’avait pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour cela.

Une première intervention coupa Kaede de ses réflexions. L’un des marins avec lesquels discutait Haku venait de faire irruption entre elle et le petit scientifique qui flottait toujours dans sa coquille de noix. C’était un bel homme, assez grand, très brun. Il avait de l’allure. Ses cheveux très sombres ondulaient sauvagement sur ses épaules, son regard était perçant et pétillait comme des aigues-marines aiguisées. Sa voix s’éleva comme le chant sourd et fort de la mer. Il jeta à la jeune femme un coup d’œil appuyé et langoureux, en prononçant distinctement les mots « oiseau rare ». Kaede éclata de rire et jeta sa tête en arrière en rassemblant ses cheveux noirs dans une de ses mains, les épaules secouées par son souffle saccadé. Cela importait peu, personne ne daignait faire attention à elle. Il était amusant – complètement à côté de la plaque, bien sûr, ou terriblement inconscient, les deux peut-être – mais amusant.
Kaede n’avait pas l’habitude d’être ouvertement courtisée, c’était plutôt l’avantage de sa sœur, la belle Ophélia au visage blanc, aux yeux pâles et aux cheveux d’or, dont les formes enchanteresses inspiraient sous leurs voiles pudiques autant de désir que les hommes pouvaient en ressentir. Kaede avait gagné en charme avec les ans, mais la mortalité considérable de ses prétendants était troublante, et plus le temps passait, moins elle en comptait, avec une sorte de satisfaction pleine de ressentiment. L’amour était peut-être la plus grande faiblesse dont elle avait fait l’expérience et elle avait appris de source sûre que les femmes ne pouvaient pas accorder de confiance aux hommes, en particuliers à leurs amants.
Quand son hilarité se fut dissipée dans l’amertume de ses souvenirs, Kaede croisa à nouveau le regard de son ténébreux cavaleur, et elle décida de se le mettre dans la poche une fois pour toute. Elle leva la tête vers lui, ses cheveux dévalant comme une cascade d’ébène dans son cou et sur son front, et elle lui adressa un regard affligé et languissant, entre ses longs cils noirs. Elle soupira de manière assez naturelle – de toute façon, ce n’était pas mentir de se prétendre présentement consternée – et tourna ses yeux mélancoliques vers la rivière, comme une grande dame en peine, ou peut-être comme une femme humiliée. Elle aimait bien jouer ce rôle et se draper dans sa grandeur féminine, dont elle oubliait trop souvent de se revêtir.

Puis un autre homme tenta de se faire entendre dans la foule bruyante. C’était un grand gaillard en armure, qui débarquait à peine du navire de Baruk, et qui n’avait pourtant pas l’air d’un Ventusien. Kaede le considéra silencieusement tandis qu’il se frayait un chemin parmi le chienlit d’esclavagistes et parlait avec calme et autorité. Elle avait fréquenté assez de Terrans dans sa vie pour en reconnaître un pur sang quand elle en croisait un. Il s’adressa au jeune scientifique et à elle avec une fermeté si arbitraire qu’elle parut tout à fait hors de propos à Kaede. Il était près d’elle, assez près pour qu’elle puisse le regarder de biais d’un air sceptique et souffler en direction de son oreille (le bougre devait bien mesurer deux têtes de plus qu’elle, tout emballé dans sa carapace de fer) :

« Pardon, mais vous êtes bien en train de me proposer d’embarquer dans une machine volante qui vient de s’écraser – élégamment j’en conviens – sur les terres ignisiennes ? Je vous prie de ne pas attirer l’attention sur moi, je me débrouille très bien toute seule. »

Elle lui sourit poliment et se tut à nouveau en espérant que le jeune scientifique trouvât au plus vite le moyen d’envoyer sa machine par le fond.
Pour qui la prenait-on ? Elle n’était pas une jouvencelle en détresse. Elle portait trois sabres à son côté et était arrivée ici en menant une troupe de huit guerriers à cheval. Kaede croisa les bras avec un air un peu boudeur, les dents serrées et la mine revêche.
Très bien, ce soldat avait l’air bienveillant, mais elle savait très bien choisir ses alliés toute seule, elle n’avait pas besoin d’être sauvée, et surtout pas sans qu’elle n’en eût donné l’autorisation expresse.

Soudain, son oreille perçut un son qu’elle connaissait trop bien, celui des lames sifflantes qu’on tirait hors de leurs fourreaux. Ses yeux s’agrandirent et elle se tourna vivement en arrière. Ses archers, épars dans les environs, imitèrent son mouvement de défiance et leurs mains se froissèrent sur le bois de leurs arcs, quand leurs doigts agiles partaient diligemment s’enrouler autour d’une des flèches de leurs carquois. Haku tourna la tête vers les nouveaux arrivants avec la même intuition animale et sa main flotta lentement vers la garde de son sabre, tandis que son visage se fermait définitivement.

« Väino d'Ignis vous ordonne de ranger vos armes. A moins que vous vouliez défier une cousine du sang d'Ignis et un prince... donc l'autorité d'Ignis par la même occasion. »

Kaede déglutit péniblement et considéra son cousin avec une appréhension instinctive. Voilà. Quelque part, c’était du Väino tout craché. Il lui suffisait d’une phrase pour réduire tous ses efforts de discrétion et de subtilité à néant. A présent, tous les regards se tournaient vers elle avec une attention décuplée, avec horreur, effroi et embarras. Väino avait les meilleures intentions du monde. Il ne souhaitait que réhabiliter la dignité de sa cousine, c’était honorable de sa part, mais comme tous les hommes, et comme tous les princes d’Ignis en particulier, il n’avait pas compris que la meilleure place pour Kaede et les femmes de son acabit, était dans l’ombre, et non sur le devant de la scène. Kaede pinça ses lèvres et sentit une chaleur inopportune venir brûler sa gorge et ses joues. Enfin, elle se redressa et, les yeux à demi-fermés, fit un geste las et désintéressé de la main en direction de son cousin, qui signifiait explicitement qu’elle ne tenait rigueur à personne de la méconnaissance qu’on lui avait témoignée, et plus implicitement qu’elle ressentait une franche consternation à son égard.
S’il y avait une chose au monde que Kaede ne savait supporter, c’était bien qu’un prince d’Ignis vînt marcher sur ses plates bandes. Elle grinçait discrètement des dents pendant que Väino et sa panthère – non, mais, vraiment, avoir une panthère comme familier, c’était tellement m’as-tu-vu – investissaient les lieux avec une prétention gigantesque. Il y avait néanmoins une place pour le réconfort dans la scène de désespoir universel qui se jouait dans l’âme de Kaede. Elle ressentait une joie sarcastique à l’idée de savoir que Väino n’était pas arrivé sur les lieux avant elle, ce qui témoignait en l’occurrence de la supériorité du réseau d’espionnage des Invisibles sur celui du second prince. Cela faisait deux à trois semaines que Kenji avait décidé de faire infiltrer cette infrastructure, Kaede elle-même avait été mis au courant des faits une semaine auparavant, et elle avait eu le temps de voyager jusqu’à la frontière de la Scandia avant que Väino n’eût daigné lever le petit doigt. C’était terriblement réjouissant.

Malgré tout, Kaede était plus embarrassée qu’elle ne se le prétendait elle-même. Elle fuit un instant le regard de son cousin, en passant une main dans ses cheveux, et se sentit étrangement seule. Derrière toute sa verve et son ressentiment, elle sentait flotter au fond d’elle le parfum volatile de son enfance. Ce n’était pas simplement la nostalgie d’innocence qu’elle éprouvait souvent, mais bien l’impression de se trahir elle-même, ou de trahir l’enfant qu’elle avait été, en faisant de Väino la cible de ses sarcasmes. Dans ses jeunes et cruelles années, Kaede n’avait jamais estimé que Lucius parmi ses cousins princiers, sophistiqués, figés dans leurs habits somptueux, tous pompeux de bonnes manières et de tenue. Mais elle gardait des souvenirs inconfortables des heures qu’elle avait passées à jouer avec Väino, à courir avec lui sur les chemins tortueux d’Azaïr et de Scandia, à l’entendre rire sauvagement et à élaborer des plaisanteries douteuses à l’encontre de ses frères et sœurs, de ses autres cousins, des adultes – et plus souvent encore l’un à l’encontre de l’autre. Väino était d’un naturel qu’elle ne pouvait pas renier sans mauvaise foi, et pire que tout, au fond d’elle, elle en avait bien conscience. Même après la bataille de Yaegahara, il n’avait jamais confondu Kaede avec son père. Pendant toute son enfance, elle lui en avait été reconnaissante. A bien y réfléchir, elle n’avait jamais voulu être comme Atrée, elle n’avait jamais voulu porter son sabre ensanglanté jusqu’au trône, ni jouer dans la cour des politiciens manipulateurs, ambitieux et perfides. Maintenant qu’Atrée était mort, Kaede éprouvait une fierté véritable à s’entendre comparée à lui. Plus elle suivait ses pas, plus elle devenait comme lui, et plus il vivait en elle. Jamais son père ne la quitterait, car elle était lui, et il était elle. Il vivait encore, et c’était l’ultime affront qu’il faisait vivre à Iskandar. Kaede aimait en être l’instrument. La mort de son père lui avait semblé si terriblement injuste qu’elle ne pouvait souffrir de ne pas vivre pour lui.
Elle se souvenait de ce jour où elle avait été crier sa hargne d’adolescente à Atrée, après avoir vu Katsuyo et les soldats de sa compagnie mourir les uns après les autres dans le désert d’Asaül, après avoir vu Haku s’effondrer en enfonçant son sabre dans le sein de sa bien-aimée. Elle se souvenait du regard désolé d’Atrée qui avait pesé sur elle et de ses excuses, elle se souvenait de ses mots. « Alors, je marcherai près de toi pour reprendre notre dû, Kaede, quels que soient les caprices du destin. Par le cœur, tous ensemble, morts et vivants, ta mère, ta sœur, Eloy, Lucius, Golbez, toi et moi, nous ne faisons plus qu’un. »

Évidemment, se disait-elle, cette pseudo-sympathie qu’elle ressentait à l’égard de Väino ne saurait affaiblir son désir de justice et de puissance.
Elle eut une moue opiniâtre.
De toute façon, elle ne pouvait pas laisser Väino prendre le pouvoir, c’était d’abord une question de conflit idéologique. Quand on prétendait vouloir fonder un état moderne, on ne laissait pas les conservateurs s’installer sur le trône, voilà tout. Excédée contre elle-même, elle regarda son cousin la rejoindre d’une mine qui ne dissimulait pas son agacement. Si elle se souvenait des cavalcades insouciantes de leur enfance, elle se rappelait aussi de leurs disputes enflammées. Il leur était arrivé bien souvent d’entrer en désaccord, et ils avaient l’un et l’autre un caractère trop emporté pour s’effacer devant l’opinion qu’on leur imposait.

Kaede ne chercha pas à profiter du crédit que son cousin venait de lui apporter sur un plateau. Elle resta enveloppée dans sa cape de voyage, le menton haut et les yeux brillants, sans demander de compte à la masse servile qui l’entourait. Elle n’avait jamais demandé d’être estimée davantage qu’ils ne l’étaient, après tout. Jamais elle n’avait profité de son statut en Azaïr, et si certains fanatiques lui vouaient une dévotion proche du culte, elle avait toujours vécu parmi le peuple et son orgueil n’était pas celui d’une princesse dédaigneuse des petites gens.
Elle considérait Väino, sans égard pour la nouvelle attention dont elle était l’objet, et jugeait qu’il avait pris une allure séduisante en entrant dans la vingtaine. Il avait un air plus sérieux, cependant, et elle se surprit à penser qu’elle aurait préféré le voir sourire de son air un peu canin ou carnassier et lancer une blague un peu vaseuse.
Elle le salua, ainsi que Minato et Oengus, d’un signe de tête respectueux et se redressa aussitôt, en plaquant une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Elle les regarda sans un mot aider le jeune mage à mettre pied à terre – et voilà qu’il lui échappait, c’était vraiment un comble.
Väino eut la gentillesse de s’adresser directement à elle, ce que les deux précédents lascars n’avaient pas daigné faire, malgré leur identité étrangère et l’estime soi-disant supérieure qu’on accordait aux femmes à Ventus et à Terra. Kaede apprécia la fleur que son cousin lui faisait, non sans ressentir un malaise pénible.

« C’est un plaisir aussi, Väino. Je te remercie, naturellement. » murmura-t-elle, dans une précipitation un peu honteuse, le regard perdu entre le buste de son cousin et ses bottes.

Puis elle s’approcha de lui discrètement, les mains plongées nerveusement dans ses cheveux à nouveau rassemblés d’un côté de ses épaules.

« Eh bien, il y aurait certainement eu moins de remous si tu n’étais pas arrivé ici en criant haut et fort ma royale dignité, murmura-t-elle en trouvant plus d’assurance dans son ironie, qui masquait assez bien son trouble. Tu sais très bien que je ne me préoccupe pas de ses honneurs-là, je sais me débrouiller sans faire savoir à la terre entière que je suis la nièce du roi, merci. J’aurais bien aimé conserver ma couverture, si tu vois ce que je veux dire… » insista-t-elle en roulant des yeux, puis elle prit un air plus stratégique et souffla d’une voix presque inaudible à l’oreille de son cousin. « Je surveille de près la Congrégation marchande. J’ai des ennuis de plus en plus sérieux de leur côté. » Elle se frotta l’omoplate d’un air pensif, l’image d’un poignard récemment planté dans sa chair à l’esprit. « Enfin, poursuivit-elle, mes services d’information m’ont fait savoir qu’ils fomentaient quelque chose par ici. Des esclaves disparaissent. Naturellement, j’ai fait le déplacement, en espérant compromettre la Congrégation de façon décisive. Et sauver quelques personnes du même coup. Quand nous sommes arrivés, en suivant la rivière, nous avons repéré cette… machine dans le ciel, et elle s’est écrasée précisément ici – où tous les hasards de l’univers semblent nous réunir au même moment. Il ne s’est rien produit de plus, mais je suppose qu’avec le bruit que tu as fait en arrivant, nous ne serons pas longtemps sans y trouver de l’animation. »

Elle prit un air un peu blasé. Il y avait quelque chose de désespérant à former des plans et à les voir systématiquement s’effondrer sur eux-mêmes du fait de facteurs parfaitement imprévisibles. Elle croisa les bras et préféra considérer le jeune scientifique qui commençait à se hisser sur le rivage. Elle eut un petit sursaut de satisfaction quand elle s’aperçut de la fumée qui se dégageait de sa machine volante, et un demi-sourire s’esquissa sur ses lèvres. Elle adressa un regard complice au garçon, qui s’avançait vers eux en parlant d’une voix fluette.

« Enchantée, Monsieur Caéli. » répondit-elle, avec la même politesse, en inclinant la tête devant lui.

Quand il se tourna vers elle, en délaissant Väino avec une insubordination délicieusement ventusienne, elle le contempla d’un air surpris, et l’écouta avec plus d’étonnement encore quand il commença à lui parler en azarien. Ce n’était pas le premier Ventusien qu’elle entendait parler sa langue, mais c’était tout de même un comble pour un dialecte aussi rare et secret. Ce jeune homme la déstabilisait, avec sa politesse bizarrement prétentieuse, il la flattait en même temps qu’il l’humiliait, et elle ne réussissait pas à interpréter son acte de manière satisfaisante. Elle demeura un peu penaude pendant quelques secondes, et opta pour une solution qu’elle affectionnait : elle éclata d’un rire discret et lui sourit avec bienveillance. Elle préférait prétendre le détachement, c’était plus prudent.

« Vous me flattez beaucoup, Monsieur, répondit-elle en faisant sonner la langue de ses ancêtres avec une aisance plus mélodieuse. Peut-être un peu trop, du reste, poursuivit-elle, d’un air entendu. La politesse d’usage convient avec moi, ne me donnez pas de « Majesté », je vous en prie, personne ne m’a jamais parlé de la sorte, acheva-t-elle, un peu gênée. En revanche, dans mon pays, on attend que des liens d’amitié plus étroits ne soient tissés avant d’utiliser le prénom de son interlocuteur en sa présence. Mais peu importe, votre maîtrise est déjà admirable. J’espère aussi avoir l’honneur de converser avec vous en d’autres lieux. » Elle hocha la tête d’un air de connivence. « Tout bien considéré, il semble que vous puissiez rentrer au pays dans des circonstances plus sûres. »

Elle sourit à son cousin, quoi qu’il fût tout à fait incapable de comprendre ce qu’elle disait, et compléta à son égard d’un ton plus conciliant, afin qu’il ne se sentît pas complètement lésé :

« Ce n’est rien. Un simple échange de courtoisie. »

Et soudain, l’engin explosa dans un bruit de tonnerre, comme le jeune homme l’avait prévu, et comme Kaede le lui avait recommandé, avant de ne couler dans les eaux de la rivière, réduit à l’état d’un squelette infernal. La jeune femme échangea un regard avec Haku, qui était resté auprès de Baruk tandis que celui-ci discutait avec le responsable. Elle ne pouvait plus s’approcher d’eux l’air de rien, désormais, elle n’avait plus qu’à attendre son rapport. C’est cela aussi, les honneurs, la dignité et la reconnaissance populaire, ils vous entravent aussi sûrement que des chaînes dans la prison d’Iskandar, et par tous les diables de la géhenne, c’était enrageant.

***

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Jeu 5 Déc - 0:55
C'était surréaliste. La minute précédente, le responsable du port de fortune s'apprêtait à donner des directives pour atteler le bateau et préparer l'embarquement de la marchandise. A présent il se retrouvait au beau milieu d'une scène surréaliste: un homme de Ventus s'était écrasé à bord d'une machine volante et volèrent à son secours Vaino d'Ignis, le second prince d'Ignis et selon ses dires, sa cousine, qui au vu de l’accoutrement et des sbires qui l'entouraient, ne pouvait qu'être cette rebelle qui avait fait scandale lors de la révolte d'Azair. Ses maigres connaissances des jeux de pouvoir ne lui avait pas permis de retenir son nom, mais il avait eu vent des rumeurs de la soudaine activité de "la sorcière" comme on l'appelait. Et d'à peu près rien d'autre à son sujet, ce qui au vu de certains ragots, l'approchait surement plus de la vérité que le commun des Ignisiens.

*Qu'est-ce qui peut bien amener la famille royale ici... ?*

Sur les lieux d'une mine abandonnée, entre deux montagnes, une forêt et une rivière... Il ne s'agissait vraisemblablement pas d'impôt, et les effectifs étaient trop faibles pour songer à une expédition punitive ou une chasse aux bandits. Enfin, un prince et un chevalier suffisaient à faire fuir les bandits si jamais rencontre il y avait, mais le second prince devait certainement avoir bien mieux à faire de son temps. Qu'est-ce qui pouvait bien le pousser à se rendre ici, maintenant, en personne?
Ses yeux errèrent un moment sur les gens présents; la venue du pouvoir royal, quoique de très mauvais augure, avait au moins eu le mérite de calmer tous les esprits échauffés. Et le pauvre petit humain chef de port allait bien faire sa besogne et s'atteler à sa tâche...

- ...

... Quand il aurait reçu permission de l'autorité suprême, en tout cas.
________________________

A quelques mètres de là, sous le soleil luisant en cette fin de matinée - lumineux mais guère chaleureux au vu de la saison - une petite flaque d'eau s'était glissée dans la rivière. Invisible, inaudible, transparente sous les traits luisants des ondées naturelles, elle se faisait témoin de la situation plus qu'incertaine qui régnait. La magie de l'eau était un véritable tabou dans les terres du feu, et même au sein des autres pays, elle était majoritairement ignorée de tous car par trop rare. Selon de récentes études, moins d'un magicien sur vingt possédait cet attribut, et bien peu étaient ceux possédant le talent naturel et la dévotion nécessaire pour mener cette particularité à un niveau qui excédait la médiocrité. Magiciens d'Aquaria mis à part bien sûr, on ne pouvait pas les compter, ce serait comme mener une étude sur le narcissisme à Albion en ne prenant pour échantillon que la dernière promotion de Mihailov. Cela résulterait immédiatement en un biais formidable.
De plus, évoquer la possibilité de voir un magicien d'Aquaria sur les terres australes était risible en soi, et peu de personnes à part eux auraient été capables de déceler le subterfuge. Une eau tout aussi transparente, tout aussi mouvante, mais qui reflétait la lumière d'une façon particulière sans qu'elle fut la moins du monde choquante. Ah, même elle ne savait pas si à leur place, elle l'aurait remarqué, il y avait tant d'agitation, tant d'éléments à prendre en compte, seul quelqu'un de parfaitement inactif dans les événements actuels et ayant un oeil particulier pour l'observation avec une grande expérience de la magie de l'eau pourrait... oh...

- ...
- ...
- ...
- ...

... A droite derrière la caisse de jouets: Lucrecia Adamante. Une femme d'importance à Terra, c'était assez rare pour le noter. Vu sa position dans la chambre, elle était du genre calme, occupant cette position depuis peu de temps. Magicienne de l'eau à en juger par le glaçon, mais puisqu'elle se tenait dans l'ombre des jouets - veuillez comprendre les pantins - elle était surement intelligente.
Des informations tout cela, uniquement des informations, mais ce léger froncement de pupilles alors qu'elle scrutait les eaux... bien que la chose fut impossible, la magicienne aurait juré que la sénatrice était en train de l'observer à travers son propre sort.

- Sham'?
- Tout va bien. Juste un petit contretemps, j'ai les informations que je désirais.

Repérée ou non, elle en savait suffisamment. La magicienne espérait simplement qu'ils n'avaient pas encore du lourd caché dans leurs soutes, dans la forêt, ou prêt à surgir au détour d'un chemin: le rassemblement actuel dépassait déjà ses attentes les plus folles.
Forte de sa récolte fructueuse, la Dame du Lac s'éclipsa de la pièce et marcha vers des lieux où bientôt pleuvrait l'or.
_________________________

- Cet appareil est une aubaine, il retiendra forcément l'attention du prince...
- Il va régler l'affaire chez lui ou directement l'amener à Lex, je ne sais pas pourquoi il est venu mais ça n'est surement rien face à... cette chose. J'ai déjà vu des pierres tomber du ciel, mais ça...
- Juste une autre aberration de Ventus. Ils ont du culot pour faire ce genre de choses à la frontière, si ces trucs finissaient par pouvoir voler...
- Ah! Un objet volant! Je pensais que vous autres de la Congrégation aviez davantage les pieds sur terres. Moi aussi, je sais faire voler du bois, regardez!!

Et pris d'une étrange euphorie, le chef de la mine lança une planche de bois du haut de l'un des échafaudages. Le projectile connut une fin aussi glorieuse que le planeur et s'écrasa sur le sol, occasionnant le rire satisfait de son meurtrier et un sourire un peu forcé de son interlocuteur. Il n'y avait pas de raison pour que le prince poursuive ses investigations désormais, et même s'il le faisait, les esclaves étaient en train de dissimuler toutes les preuves compromettantes. Vraiment, quelle chance que cette chose soit tombée! Et avec un peu de chance, le royaume parviendrait à en tirer quelque profit qui reviendrait automatiquement à la Congrégation marchande à un moment ou à un autre...

- Vous êtes bien joyeux pour des hommes désespérés.
- Hein?
- Qui t'as permis d'entrer?

Debout sur le "palier" séparant la construction de la partie aménagée de la falaise, une femme se tenait droite comme un i, un sourire plein d'assurance et de satisfaction sur les lèvres. Cette simple émotion était presque un crime en soit à Ignis, mais la jeune invitée surprise ne montra aucun signe de gêne sous le regard assassin de l'envoyé de la Congrégation. Elle passa sa main dans les cheveux blonds mi-longs qui cernaient son visage et laissa errer son regard noisette sur l'horizon, ne prêtant pas la moindre attention aux injonctions des deux hommes.

- Que se passe t-il ?
- Et bien, je viens vous proposer de renouveler les termes de notre contrat.
- ... Qu'est-ce que cela signifie ?
- Hum... Cette femme est...
- ... Son employée. Ravie de vous rencontrer, Gregory Hastin.

Pouvait-on imaginer plus insultant ? Balancer au visage d'un marchand d'esclaves qu'elle, une femme, dont le statut n'était guère plus respecté que celui de ses marchandises, était employée, et par extension payée, libre, et forte. Son regard ne laissait pas la place à la moindre contestation, cette femme au corps enivrant et aux formes qu'il devinait généreuses n'était l'esclave de personne. Elle savait qui il était, pourtant lui-même ignorait tout d'elle, oui en cet instant précis, elle se pensait supérieure à lui. Et ça lui était intolérable.

L'envoyé de la congrégation ne supporta pas plus longtemps le manque de respect que montrait cette femme à son égard, et bien que le chef de la mine tenta par un geste vain de l'en dissuader, il s'avança rapidement sur elle et la plaqua au mur, enserrant sa gorge d'une main prêt à l'étrangler tandis que l'autre venait de saisir l'un de ses seins.

- Pas de ces yeux avec moi, femme. Je ne sais pas d'où tu viens, mais on a oublié de t'y apprendre le respect...

Alors que ses doigts commençaient à serrer d'aussi fort qu'il le pouvait ce qu'ils avaient agrippés, le regard de sa proie vira soudain de la surprise et de la panique vers des yeux emplis de colère et de satisfaction. Au même moment, la pointe d'une épée se glissa sous son cou, et alors qu'il relâchait son emprise par pur instinct de survie, il put apercevoir une autre femme, elle aussi très belle, au bout de la garde de la dite épée. Aucun des hommes qui avaient la tâche de le protéger n'avaient vu venir la guerrière, et l'incompétence de ses gardes du corps couplée à son humiliation ne faisait qu'accroitre sa rage. Bien entendu, les hommes rappliquèrent rapidement, mais trop tard pour réellement poser la moindre opposition à ce qui se passait.

- Effectivement, commença la jeune femme après avoir repris son souffle et rajusté ses vêtements, j'ai dérogé à la plus élémentaire des politesses. Dévoiler ainsi votre identité sans me présenter n'était pas très respectueux. Je suis Shamal, le chef du groupe de mercenaires engagés par le propriétaire des lieux, on me connait sous le titre de Dame du Lac.

Elle passa à côté de son agresseur sans sourciller ni lui accorder davantage de son temps, et poursuivit face au chef de la mine. Elle semblait avoir complétement oublié l'incident précédent, et demeurait professionnelle jusqu'au bout de ses doigts.

- Comme évoqué précédemment et conformément à la pénultième clause de notre contrat, je viens vous proposer une révision de notre paie et des tâches qui nous sont confiées.
- Pénulti... quoi?
- Nous avons été engagés pour assurer la protection de votre mine et de vos transferts contre les menaces suivantes, je cite: Attaque de bandits et d'autres criminels par voie terrestre dans un but de pillage ou de destruction, attaque de  pirates et d'autres criminels par voie maritime dans un but de pillage ou de destruction, attaque de mercenaires ou d'autre personne apte à combattre au service d'un tiers par voie terrestre, attaque...
- Ah, mais allez aux faits!!
- Et bien, notre contrat stipulait qu'en cas d'assaut prévisible d'une force égale ou supérieure en nombre ou en qualité au double des effectifs déjà présents sur les lieux, nous étions immédiatement libérés de nos contraintes. Et je suis au regret de vous annoncer que le second prince d'Ignis et son chevalier à eux seuls suffisent à revoir notre contrat.
- ... Donc, vous voulez plus d'argent.
- Oh, vous comprenez vite!

Le chef grogna, agacé qu'il était de tourner autour du pot avec cette femme. La première fois qu'il l'avait rencontrée, il avait ressenti la même dualité chez elle qui aurait certainement fait d'elle une des leaders de la "Congrégation" dont l'homme ici présent était le représentant, eut-elle été un homme né à Ignis. Quoiqu'il en soit il n'avait pas envie d'élargir encore l'ardoise qu'il entretenait avec ce petit groupe, tout se passerait bien ici et était sur le point de se régler sans heurs.

- Vous vous dites surement que tout se passe bien ici et est sur le point de se régler sans heurs, mais vous vous trompez. J'ai ici une liste non-exhaustive des personnes actuellement présentes au port, si vous souhaitez notre départ après cela, nous partirons dans l'instant. Bien, je commence.

Et à deux mètres derrière elle, l'envoyé de la Congrégation était toujours debout, n'osant pas effectuer le moindre geste avec une lame sous la gorge. Ses hommes pointaient à leur tour leurs épées et leurs flèches sur les deux femmes et n'attendaient qu'un signal pour ouvrir le feu.

- Vaïno Iskandar Ortenross d'Ignis, second prince d'Ignis, Musashi Minato, chevalier du second prince d'Ignis, Kerrys Pirelli, général de l'armée de Terra. A mon avis lui, il est là pour du tourisme. Oh, et j'allais oublier: Kaede d'Azair, fille de feu Atrée d'ignis...
- Quoi!?
- Ohoh! Ah comme c'est drôle, vous semblez plus inquiet par sa présence que par celle du prince... Elle fit un geste pour que l'autre femme cesse de le menacer. Un problème personnel peut-être?
- Kaede d'Azaïr... Es-tu sur de ça?
- Je l'ai vue comme je vous vois. Alors qu'en dites-vous, pouvons-nous discuter de cette augmentation à présent?

Un nouveau sourire, le même que le premier, apparut sur les délicieuses lèvres de la négociatrice.
A présent la chose était certaine, peu importe le temps ou les moyens consacrés, Gregory Hastin ferait de cette femme son esclave.
___________________________

HRP: Youplaboom, posté, et avec moins de deux jours de retard! (Ahah cette vitesse de foliiiiie)

Bon durant ce tour-ci il ne se passe pas grand chose de votre côté, l'arrivée de Vaïno a comme qui dirait amené un froid sur le port. Les mineurs ont été occupés à faire un peu de ménage, mais deux guerriers sont en route pour servir d'escorte au second prince - en vérité ils sont à la porte, ils ont rejoins le pauvre gars tout seul qui leur explique que le prince est parti au port, et eux de rétorquer qu'ils ne sont pas aveugles et qu'avec tout ce qui se passe c'est pas le moment de perdre du temps à nettoyer le portail!. Bref, ils vont arriver, si vous regardez par là vous pourrez les voir venir xD
Sinon Kerrys, Lucrecia a comme qui dirait repéré que quelque chose n'allait pas avec l'eau. Elle soupçonne de la magie, mais en même temps de la magie de l'eau à Ignis, surtout à ce niveau, c'est à peu près aussi probable que de la voir se décider à faire un strip-tease devant tous les hommes du port dans la seconde, et elle le sait.

Bon et comme il se passait pas grand chose chez vous, j'ai un peu développé ce qui se passe derrière la scène xD

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Sam 7 Déc - 17:24
As’ad

    Notre protagoniste à vécu nombreuses étranges aventures, toutefois celle-ci allait sans doute être une parmi les plus particulières… toutefois il s’agira sans doute d’une aventure que notre protagoniste ne pourra que raconter lors des ses vieux jours… par danger de se faire décapiter par un Ignisien. Il n’y a rien de très embarrassant pour l’empire du feu dans cette aventure, du moins par pour le moment, sauf peut-être le fait qu’ils ont dû faire appel à des marchands Ventusiens. D’ailleurs, il s’agit d’une requête des plus étranges, une requête dont certains détails demeuraient pour notre cher barbu un grand mystère. C’est à ce demandé si même le capitaine s’avait exactement dans quelle galère il avait embarqué l’équipage. Certes, notre cher As’ad n’est pas ici pour douter de l’intelligence de son capitaine, mais il doit admettre que l’avenir prochain n’envisage rien de bon. Il ne faut certes pas ce fier à son air un peu, comment dire, insouciant, notre marin est loin d’être un gros abrutis sans intelligence. Certes, il ne donne pas non plus l’impression d’être un grand philosophe… c’est aussi parce qu’il ne l’est pas. Ce qui le passionne c’est la vie, la mer et les aventures… les femmes et l’alcool aussi! Songer aux grandes questions du monde, les débats politiques et tout ce tralala, ce n’est pas pour lui ! Malgré tout cela, avec les personnages présent dans cet étrange mise-en-scène… qu’il le souhaite ou non… il fait sans doute parti d’évènement qu’il le souhaiterait.

    Sous son magnifique sourire, un peu masqué par ses grosses barbes ébène et ses yeux doux pour la charmante Azarienne, notre protagoniste cachait un peu son inquiétude face aux évènements du moment. La foule autour d’eux semblait un peu s’énerver. Cela n’était rien de bon… l’excitation du genre en terre Ignisienne n’était jamais très bon signe. Fort heureusement qu’il y avait non loin des imposants personnages autoritaires capables de calmer les foules… ou du moins les effrayer suffisamment afin d’éviter le chaos. Certes en ce moment les actions de notre protagoniste était très discrète… ne cherchant pour une fois aucunement l’attention des la foules, surtout que la foule du moment n’était pas exactement le genre à qui il pourrait plaire. Les prunelles azures du marin observa donc la montagne de muscles de Terra, qui a joué les héros pour le pauvres naufrager… si ont peut l’appeler ainsi. D’ailleurs… un homme tombé du ciel en plein fleuves, est-il un naufrager ? Ou il faudra inventer un tout autre terme pour ce genre d’accident ? Il s’agit d’un spectacle très peu commun, même pour notre cher marin qui a voyagé aux quatre coins d’Albion. De toute évidence, le naufrager était Ventusien par son allure et son accent… et un autre fait évident c’est qu’il ne trouvait notre beau barbu nullement charmant. Sans doute un des penseurs de Ventus, vous savez le genre à ne pas être très manuel et regarder les gens comme notre cher As’ad du haut de leur balcon ? Quoi qu’en même temps… il était un peu à sa façon un aventurier, chose que notre cher protagoniste ce doit de respecter. Il faut du courage en effet pour tenter de défier les cieux !

    Enfin, le Ventusien, malgré son entré des plus spectaculaires, n’était pas ce qui intéressait réellement notre marin. Et oui, un homme tombé du ciel n’est pas aussi intéressant aux yeux de l’enfant de la mer qu’une charmante demoiselle en armure. Est-ce un peu étrange qu’il trouve une femme aux apparences dangereuses attirantes ? Il faut dire qu’ont à qu’une seule vie à vivre… donc pourquoi ne pas la vivre un peu dangereusement ? S’il n’y a pas de haut et des bas dans votre vie c’est que vous êtes sans doute mort ! Alors qu’il attendait de connaître l’identité de la jolie Azariennne, c’est le jeune naufragé qui fit sa présentation. André Caélie… chercheur Mihalovien… ce qui explique un peu son air supérieur. Fallait-il vraiment qu’il ajoute qu’il était un homme réputé ? Est-ce qu’un homme qui serait en effet très réputé aurait besoin de mentionner autre chose que son nom afin d’être reconnu ? Certes il est en terres Ignisienne, sa réputation est sans doute bien plus grande à Ventus, mais tout de même. Un homme dont le nom est si important ne devrait nullement avoir besoin de le mentionner. Enfin, il s’agit là simplement de l’opinion de notre marin !

    Bref, ce n’est certes pas grâce à une réplique de la jolie Azarienne que notre protagoniste apprit son identité. D’ailleurs c’est un peu grâce au prince des entrées spectaculaires que notre protagoniste à su a qui il avait affaire. Oh ce très cher Vaïno prince d’Ignis… c’est à croire que celui s’ennuyait de ses marchant Ventusiens favoris ! Si le prince de Scandia nous faisait l’honneur de sa présence… et que des terres lointaines Dame Kaede d’Azaïr était ici… c’est à ce demander la nature du cargo que nos Ventusiens vont devoir transporter. Voilà qu’un grand nombre de courbette de courtoisie se faisait parmi les gens nobles… un spectacle des plus amusant pour notre marin, qui eux yeux de ces gens ne vaut sans doute pas mieux que les esclaves. Il est sans doute rien de plus qu’une vermine de port. Toutefois, l’opinion de la haute noblesse du monde ne lui importe nullement. Qu’ils veulent l’admettre ou non, sans les gens comme notre cher marin, leur commodité de tout les jours ne serait sans doute pas disponible… ou du moins un peu plus d’efforts de leur part serait requit. Bref, nul est le temps de songer aux grandes questions du monde… surtout que ce n’est nullement à cela que notre marin songe en ce moment.

    Les prunelles azures de celui-ci observaient le spectacle et n’ajouta rien pour un moment, mais comme vous les savez sans doute déjà, celui-ci n’est pas du genre à demeurer dans l’ombre pour bien longtemps ! Les prunelles de notre marin s’était à nouveau posé sur la dame d’Azaïr, ô jolie demoiselle dangereuse… maintenant que son identité n’était plus un mystère, notre cher protagoniste s’avait à quel point lui faire les yeux doux était un jeu des plus risqué. Il lui fit tout de même un petit sourire des plus charmant… ce n’est pas parce qu’elle est une noble dame qu’elle n’était pas attirante aux yeux du marin. Celui-ci avait entendu nombreuses rumeurs à son sujet…

    «Les rumeurs ne font pas justices» dit-il doucement en parlant de la jolie dame d’Azaïr.

    Ce très cher As’ad a entendu nombreuses rumeurs en ce qui concerne la fameuse dame d’Azaïr, un oiseau rare en effet. Une femme possédant un tel statut et importance n’est pas exactement le type de personnage le plus commun en terre Ignisienne. Les rumeurs à propos de cette dernière, notre protagoniste en a attendu nombreuses lors de ses visites à Ha Long, mais il doit avouer qu’il n’a point pu peindre un si charmant portrait de cette dame en se fiant uniquement aux rumeurs. Enfin, le moment présent n’est sans doute pas le meilleur pour tenter de séduire la puissante dame d’Azaïr… de plus il s’agirait d’un jeu fort dangereux, même plus dangereux que lorsqu’il a coucher avec une assassin… ah l’étrange sensation de se réveiller avec une lame prêt de la jugulaire… ce n’est pas quelque chose qu’un homme oublie de si tôt… bien que la majore partie des détails de la soirée sont un peu flous.

    Bref, de toute évidence le naufragé était loin de sa patrie et serait sans doute plus confortable une fois de retour en terre Ventusienne. Notre protagoniste fit donc quelque pas vers celui-ci et de façon un peu trop amical entoura le cou de celui-ci avec son bras et le tira vers lui tout en lui faisant un gros sourire. Le jovial personnage qu’est notre cher As’ad s’adressa donc une fois de plus à celui-ci.

    «Dit donc le naufragé ! Va te falloir un transport vers la patrie ! »

    Jetant un coup d’œil à l’engin qui faisait encore quelques bulles en coulant.

    «J’crois bien que ton engin volant t’es aussi utile qu’un boulet….»

    Notre très cher As’ad relâcha alors ce très cher André qui, de toute évidence n’était sans doute pas très confortable par l’étrange affection du marin. Un si prestigieux être de Mihalove ne doit sans doute pas être habitué à ce genre de camaraderie. Pour notre protagoniste, il s’agit simplement d’une façon très naturel d’approcher un potentiel ami, ou compagnon de voyage… de toute évidence le moyen de transport d’André n’était pas très fiable et le Virgo Mare était sans doute le transport le plus sécuritaire pour ce dernier. Ce n’est pas comme si ce dernier est bien gros et il ne peut pas être pire que la montagne de muscle et sa diva. Elle est bien jolie la dame de Terra, mais elle est si exigeante… le gros soldat doit être un saint pour la tolérer.

    Plus le temps passait, plus la marré basse s’annonçait. Il ne fallait point perdre trop de temps si les hommes du Virgo Mar souhaitaient quitter les lieux aujourd’hui. Le regard de notre vigoureux marin se posa sur le capitaine un peu plus loin, toujours en compagnie de l’étrange Haku… jeune homme d’Azaïr… de quoi pouvaient-ils discuter ?

    «André… André Caéli… s’pas toi qui a écrit Lorenzacio de Musset et L’Homme révolté non?»

    Il est loin d’être un inculte notre marin, mais pour être entièrement honnête, il n’était pas entièrement familier avec les œuvres de ce fameux maître des mots.

Baruk

    Le vieux loup de mer n’aimait pas trop le spectacle du moment, tout cet énervement et cet homme tombé des cieux… dans quelle galère s’était-il embarqué ? Certes, l’or promis pour cette livraison était bien, mais à voir la présence des Azaïrien en Scandia, cela n’annonçait pas très bon augure. Enfin, cela pourrait sans doute être pire. De plus, le jeune Haku semblait être un jeune homme bien sympathique. Le capitaine observa le jeune, un jeune homme bien honnête. Ses yeux, il était bien franc ce cher Haku. Notre gros barbus faisait bien contraste. Alors que devant ses yeux ce personnage si sympathique s’était présenté, notre vieux capitaine était bien sérieux. Caressant sa grosse barbe alors qu’il discutait avec le jeune être, il apprit en parti les intentions des Azaïriens. Comme il avait pu s’en douter, ceux-ci n’était pas en Scandia que pour une simple visite amical, du moins si c’était le cas, ce trou n’était certes pas le meilleur endroit pour ce genre de rencontre.

    Le vieil homme fut un peu surprit lorsque le jeune Haku lui demanda de leur porter main forte. Les yeux de celui-ci se sont ouverts un peu et ses sourcils affichaient clairement son étonnement. Certes, il était marchand et la congrégation ne lui était pas étrangère, mais la vente d’esclave n’est pas son domaine. C’est à ce demandé si les Azaïrien croyaient qu’il était mêlé à la disparition d’esclave. Fronçant les sourcils légèrement, il jeta un coup d’œil sur son Bosco, qui jusqu’à présent n’a pas semer la pagaille ou du moins fait en sorte que les choses soient pire. Après un bref moment de réflexion, notre capitaine retourna son attention vers l’Azaïrien.

    «Et en quoi, nous Ventusiens, peuvent être utiles aux Azaïriens…»

    Les prunelles du vieil homme posé sur Haku, l’air sérieux du loup de mer démontrait un peu sa curiosité. Cependant, malgré son désire de porter attention au jeune homme, l’entré du prince de Scandia a su tout de même attirer son attention. Le vieil homme ne lui porta pas trop d’attention pour le moment, si le prince Scandien avait affaire à lui… il allait sans doute l’approcher sous peu. C’est à croire qu’il arrive difficilement à ce passé de ses marins Ventusiens favoris. Il faut croire que voir son autorité défier par ce que la plupart des Ignisiens décriraient comme étant de la vermine Ventisien, a su faire une impression sur le prince. Il ne va tout de même pas ce faire des fantaisies notre cher Baruk… celui-ci sait très bien que la présence d’un prince n’annonce jamais rien de bon.




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Sam 7 Déc - 19:56
Kerrys n'avait qu'une idée en tête : se tirer de toute forme d'ennui au plus vite et si possible en épargnant la femme et le pauvre magicien volant. Pour commencer, il fallait donc mettre ces deux jeunes gens à l'abri, soit là où les villageois ne trainent pas... et à part flotter sur l'engin, il n'y avait guère de solutions. Ensuite, il faudra disperser la foule. Et enfin, emmener la femme et l'homme à l'abri.

« Pardon, mais vous êtes bien en train de me proposer d’embarquer dans une machine volante qui vient de s’écraser – élégamment j’en conviens – sur les terres ignisiennes ? Je vous prie de ne pas attirer l’attention sur moi, je me débrouille très bien toute seule. »

Kerrys s'apprêta à répliquer, faire comprendre de façon calme et posée à la jeune femme qu'il ne souhaitait au contraire que lui éviter toute forme d'ennuis, et surtout un coup perdu si rixe il y avait. Certes elle était armée, il l'avait vite constaté (trois sabres, ça se dissimule difficilement), mais Kerrys restait quand même un peu gentleman : on n'envoie pas une femme au front à moins qu'elle ne fasse partie de l'armée. Bref, il allait répliquer mais une voix s'éleva de par dessus la foule.

« Väino d'Ignis vous ordonne de ranger vos armes. A moins que vous vouliez défier une cousine du sang d'Ignis et un prince... donc l'autorité d'Ignis par la même occasion. »

Cette voix qui perçait à travers la clameur de la foule... Kerrys la reconnaissait et se mordit la lèvre. Manquait plus que la royauté Ignisienne s'en mêle... bon sang, pourquoi le prince était ici, lui aussi ? Bon, ils étaient encore en territoire Ignisien mais quand même : deux fois qu'ils le croisent, ça commence à faire beaucoup en un voyage... par ailleurs, il a bien dit cousine ? Kerrys tourna les yeux vers la femme... il s'était comporté avec la cousine de la famille royale comme si elle n'était qu'une femme parmi tant d'autre ? Oh la boulette... enfin, il s'excusera plus tard, pour le moment, l'intervention du prince coupait court à toute possibilité de discussion calme et posée. Le soldat rangea toute fois son arme, simple précaution pour éviter de se mettre une patrie à dos. S'écartant du prince, Kerrys fut rejoint par Lucrecia qui tira sur sa manche pour attirer son attention :

« Quoi ? »

Elle tira alors sur la manche d'un coup sec, amenant l'oreille du général à hauteur de ses lèvres pour murmurer d'une voix quasi-inaudible.

« De la magie circule dans l'eau. J'ignore pourquoi un tel phénomène se produit, mais cela n'augure rien de bon. Reste sur tes gardes. »

De la magie coule à travers les flots ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Peut-être que c'était juste du à la machine de l'homme volant ? Quoique non, vu l'étendue des mers et le gabarit de l'appareil, en admettant que le simple fait que la machine y trempe puisse diluer la magie dans l'eau, la dissolution aurait déjà été achevée.

« On ferait mieux de retourner au navire dans ce cas. Nous n'avons pas à nous mêler de ce qui se passe ici... »

Étant donnée la tête que lui tirait Lucrecia, elle était partagée entre suivre ses conseils ou bien envisager de mener l'enquête malgré les ennuis que pourraient rapporter leur investigation : sans dérogation, une représentante d'un autre pays ne pouvait s'immiscer dans les affaires d'une contrée étrangère à sa zone d'influence.

Pendant ce temps, le prince Vaïno était affairé avec la guerrière et le mage volant dont les mots éveillèrent son attention.


« Par contre je vous pris de m’excuser par avance, mais mon appareil, que vous voyez la… Devrait bientôt exploser. Je vous passe les détails sur la pression et des runes, mais… je vois pas franchement ce que je peux y faire… »

... et effectivement, vu les bruits, les lumières et le vol de copaux de bois, ça va faire un joli feu d'artifice. Kerrys attrapa le bras de sa protégée pour la contraindre à adopter un périmètre de sécurité entre elle et la machine à explosions.

« Ne me ramène plus jamais à Ventus. S'ils ont des machins comme ça partout chez eux...
- Il suffit de tes préjugés, Kerrys. Ce jeune homme n'a pas eu de chance avec cet appareil, c'est tout. »

Mouais... on verra quand elle reviendra agonisante d'un séjour trop près d'une de ces machines infernales.

Lucrecia s'avança alors vers les deux sang royaux, le marin et le mage, s'adressant en premier aux monarques.


« Messeigneurs, c'est un honneur de me trouver en votre présence. Dame Kaede d'Ignis, je vous prie de bien vouloir pardonner à mon garde du corps le manque de politesse des propos qu'il a pu vous tenir. Ignorant tout de votre rang, il n'a pu être que trop familier envers vous. »

Ce dernier se mordit la lèvre. Il était assez grand pour s'excuser lui même, bon sang...

« Puis-je vous suggérer de nous déplacer vers un lieu plus intime ? La présence d'une populace excitée par les événements qui viennent de se produire ne m'importunent point, mais je pense qu'il sera plus à votre aise d'être confortablement installé si vous souhaitez poursuivre votre entretien. De plus, il y a quelques détails dont j'aimerais vous parler. »

Kerrys se massa les tempes... elle n'allait quand même pas leur parler de l'eau... bon certes, si jamais on faisait un lien entre la magie de Lucrecia et le fait qu'il s'agisse d'eau, ils seraient dans le pétrin, mais et si ça se déclenchait alors qu'ils étaient loin ? On ne pourra pas le accuser...

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Lun 9 Déc - 0:25
Hé bien! Voilà qu'un scientifique ventusien s'égarait sur le territoire d'Ignis, s'écrasant au beau milieu d'un endroit qui semblait être devenu le centre de bien des attentions. Plus précisément, un lieu des plus louches aux yeux du second prince, ou le trafique avec l'étranger semblait se confirmer... Si ce n'était que le vaisseau qui était "à port" n'était autre que le Virgo Mare qui, circulait dans les eaux d'Ignis en toute légalité. A vrai dire, tout semblait un peu trop bien mis en scène, des mouvements étrange dans les environs de la mine, un navire ventusien, un ventusien tombé du ciel, une sénatrice terrane accompagnée de son porte-bagage militaire, la sorcière écarlate et enfin un prince d'Ignis. Si le destin existait bel et bien son humour était de très mauaise qualité.

-J'aurais bien dit que c'est un plaisir monsieur Caéli que de vous rencontrer, malheureusement avec la situation actuelle je me garderai pour l'instant d'ainsi parler. Et évitez les titre pompeux, vous n'êtes ni mon vassal pour en avoir le droit, ni un diplomate pour en avoir l'obligation, appelez moi par mon prénom ce sera suffisant.

Non, comment pouvait-il s'assurer que celui qui se disait être un scientifique ventusien était bel et bien ce qu'il présentait être et non un espion? A vrai dire, de ce que le second prince comprenait vaguement de ce que les ventusiens nommaient science - soit à vrai dire autant qu'un enfant de trois ans sur la sexualité- André Caéli ressemblait parfaitement aux fous qu'étaient les ventusiens intelligents et aventureux, des individus avec autant d'intelligence que de manque de bon sens. Après tout, à voir la machine avec laquelle il avait finit ici, quelle personne avec un minimum de bon sens aurait pris de tels risques? Toujours était-il que le dénommé Caéli était bien trop louche être véritablement un espion. Espion peut-être mais à ses dépends alors.

-Je vous prierai cependant pour l'instant de rester avec moi jusqu'à ce que nous puissions statufier de votre cas. Vous êtes surement entré en Ignis par malchance mais, vous l'avez fait illégalement. Contre votre grés ce qui ajoute au comique de la situation mais, je ne peux me permettre de vous laisser circuler librement. Nous en venons justement à votre question quand à votre interrogation, si cela vous intrigue je vous propose de nous accompagner le temps de résoudre cette affaire.

La proposition dans l'absolu n'en était pas vraiment une comme le laissait entendre la voix du second prince, mélange navré et intraitable quand à la situation, le ventusien avait deux solutions. Soit accompagner l'héritier d'Ignis soit... refuser cette invitation et ainsi se retrouver plus ou moins constitué prisonnier même si le terme ne convenait pas à Väino qui, se tourna vers Kaede, lui offrant son sourire provocateur face au reproche, somme toute justifié,  de sa cousine.

-Je comprend bien, mais avouons que les choses sont bien plus amusante ainsi. Mais j'ai bien l'impression que nous sommes ici pour les mêmes raisons.

Le fait que le scientifique s'adresse alors à sa cousine dans le patois azarien ne pu faire que lever les yeux au ciel du prince. N'avait-il aucune once de bon sens pour comprendre qu'il ne se tenait pas en Azaïr mais sur en territoire à cheval entre le domaine royal et la Scandia? Si le prince comprenait la moitié de ce qui était dit, perdant sans aucun doute les nuances de valeurs du dialogue. Le fameux Caéli se trouvait en Ignis, sur un territoire n'étant pas l'Azaïr, devant le second prince et s'adressait directement à la sorcière écarlate -surnom sans aucun doute quelque peu exagéré dont bénéficiait sa cousine-  en azarien. Le poing de Väino se crispa sur sa lance, geste passant inaperçu tandis qu'instinctivement Jezaig se mis à grogner, ressentant la colère du second prince face à l'affront qui venait de lui être fait.

Non décidemment ce fameux scientifique avait-il aussi peu de bon sens et de respect pour ignorer délibérément le second prince, s'adressant à sa cousine dans un dialecte qu'il ne comprenait pas? La colère du second prince se calma aussi vite qu'elle était venu, non sans ironie. Et les ignisiens étaient des barbares? N'était-ce pas un de ces fameux penseurs ventusiens qui venait d'enchainer ronds de jambe et insulte, soit consciente soit involontaire mais toujours était-il maladroite? Si Väino s'était calmé quand à lui, jezaig venait quand à elle de classer André dans les proies potentielles. Car si il y avait l'insulte, il y avait aussi la situation. Un ventusien venait de parler en azarien à Kaede d'Azaïr et, le commun n'avait guère du comprendre plus de trois mots, ce qui pouvait laisser la porte ouvertes à tous les délires possible dans l'esprit de l'imbécile commun.

-Je vous conseillerai cependant de n'user du dialecte de l'Azaîr qu'en privé et, encore moins devant un prince d'Ignis et des civils, qui sait ce que ceux ci pourraient aller penser? Je ne tiens personnellement pas à enfermer quiconque le temps de démêler un vulgaire malentendu.

Il venait de s'exprimer avec légèreté, préférant oublier ce qui aurait pu être une insulte, et ce fut à ce moment là que Lucrecia choisit d'intervenir avec... une proposition des plus intéressantes. De ce qu'il avait pu voir de la sénatrice Lucrecia, celle ci sous ses airs futiles n'était pourtant pas sénatrice pour rien et, encore moins du genre à proposer une discussion en privé.

-C'est un plaisir de vous revoir Lucrecia, et je rejoins votre point de vue, une discussion tranquille ne serait pas de refus... Mais avant cela...

Il se tourna vers le capitaine du Virgo Mare, le hélant d'une voix forte.

-Capitaine Baruk! je vous emprunte votre bosco si cela ne vous dérange pas et ne le gène pas!

Il fit alors signe à As'ad de les accompagner avant d'ouvrir la marche en direction du bâtiment principal, il ne savait pas vraiment ou ils pourraient discuter tranquillement mais, rester sur ce port ne les avancerait à rien; il n'avait pas particulièrement envie de se livrer à une fouille du bateau, surtout s'il pouvait éviter ce contretemps. Ajouter un marin du Virgo Mare à la discussion serait sans aucun doute utile pour avoir une meilleurs vision de l'ensemble de la situation.

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Lun 9 Déc - 7:21
La psychologie était parfois insondable. Alors qu’il avait fait un effort important pour rejeter ses réflexes ventusiens et appeler le Second Prince avec l’égard qui lui est du, c’est-à-dire précéder son nom de Majestée, il se faisait réprimander pour ça. Comment se faire violence et rejeter ses propres convictions pour se faire balayer d’une pichenette désinvolte. Au moins Vaino d’Ignis avait pris comme il devait prendre la phrase en azairien… peut être un peu trop bien d’ailleurs… surtout le tigre… A la décharge de Vaino cependant, il venait de déméler d’une phrase acérée le nœud gordien dans laquelle se trouvait la situation actuelle ; avec l’aide, imprévu mais bienvenu, de la terrane qui appartenait, à n’en pas douter, à la haute de son pays. André était donc condamner à attendre que l’intrigue à laquelle les deux cousins royaux étaient confrontés soit résolu avant de pouvoir envisager un retour serein jusqu’à Ventus. Vaino au moins ne s’était pas montré agressif quand à sa proposition et il pouvait espérer se sortir de ce très mauvais pas. Avec une politesse réservée, afin de ne pas froisser son interlocuteur, il accepta la proposition du Prince ; rester au coté d’un Prince d’Ignis quand une foule en colère veut vous écharper, voici un acte salvateur et enrichissant – pour la durée de vie en tout cas. L’offre de Vaino contenait, du moins de manière implicite, une close de protection, à la rigueur de non agression, tant que lui-même ne se faisait pas agresser. Et dans un pays où les Princes font force de Lois, il s’agissait d’un garde-fou plutôt rassurant.

« Puis-je vous suggérer de nous déplacer vers un lieu plus intime ? La présence d'une populace excitée par les événements qui viennent de se produire ne m'importunent point, mais je pense qu'il sera plus à votre aise d'être confortablement installé si vous souhaitez poursuivre votre entretien. De plus, il y a quelques détails dont j'aimerais vous parler. »

La proposition de Lucrecia était des plus avisées au gout du jeune homme. Comme tout bon penseur, il n’aimait pas les situations trop mouvementés, et si son esprit était capable de réagir rapidement, calme et sérénité sont  mères de prudences dans les situations trop explosive. D’après sa propre estimation, la présence de deux personnes qui s’étaient retrouvés dans deux camps différents lors d’une guerre civile et qui avait la force pour s’affronter rendait une situation explosive. La présence d’un diplomate d’un autre pays au milieu d’une opération était aussi source d’explosivité. Autrement dire, on allait avoir besoin de bon sens, de finesse et de médiation… bref, de calme et de sérénité.

Outre la possibilité d’un combat ouvert entre personne dont la puissance le dépassé, et le calcul de probabilité quand au déclenchement d’une guerre ouverte en cet instant, ce qui commençait à passioner le technomage était la situation qui semblait avoir attiré un Prince hors de sa province et une personnalité reconnue d’Ignis à plusieurs jours de voyage de son antre. Les ventusiens mêlées à la situation ne semblaient heureusement pas en cause pour la diplomatie de son pays, mais une affaire capable d’attirer autant de beau monde mériterait surement un rapport auprès de l’administration de Mihailov voir plus directement du gouvernement. Si les contacts d’André n’étaient pas nombreux au sein dy système Bernkastien, André ne doutait pas une demi-seconde être capable d’attirer l’attention du prétendu génie… Le simple fait de revenir vivant d’Ignis devrait en soit suffire à intéresser Kyriel –mais on en était pas encore la. Le jeune homme fit appel à sa mémoire visuelle pour essayer de retrouver des images de ce qu’il avait survolé mais ne put voir dans sa tête qu’un complexe étrange et des petits points noirs qui du ciel ne pouvait être que des êtres humains. Procédant à une rapide analyse de leurs positions sur les images que sa mémoire éidétique lui renvoyait, il put en déduire qu’il s’agisait de gardes, de par leurs positions organisées et l’absence de mouvement ou d’occupations apparentes. Un autre groupement de points important semblait être des travailleurs et au vu de l’infrastructure, des mineurs.

« mes services d’information m’ont fait savoir qu’ils fomentaient quelque chose par ici. Des esclaves disparaissent. Naturellement, j’ai fait le déplacement, en espérant compromettre la Congrégation de façon décisive. »

Avait dit Kaede d’Ignis. De cela il ne pouvait pas avoir de détails mais quelques hypothèses logiques pouvaient être avancées. La plus probable était que la disparition d’esclave s’apparentait à un trafic pour alimenter la mine d’esclave à tuer au travail. Un frisson parcourut le jeune homme en pensant à cette pratique d’une nature révoltante pour un ventusien. De l’autre côté de la frontière, on tuait les gens aux travails tout pareil mais au moins on leur donnait quelques piecettes de cuivres pour se payer un cercueil en bois et une bouteille de vin rouge pour que leurs veuves puissent se consoler dans l’alcool, ne pensa-t’il donc pas.

Les autres conclusions qu’il put tirer furent assez simple. D’abord il semblait exister une forme d’antagonsime, d’affrontement larvée et de haine réciproque entre Kaede et la confrontation des marchands, et ensuite Vaino d’Ignis était un homme dur et impitoyable qui soutiendrait probablement sa cousine jusqu’à ce que celle-ci reste dans le cadre de ce qu’il considère légale. Une étrange pensée lui vint sur le système pénal du pays du feu. Par amour de la liberté et refus de tout cadre pré-établi, la législation Ventusienne ne fonctionnait preque uniquement par jurisprudence, d’où l’importance des juges capable de former et de défaire en fonction des circonstances, les juris-prudences, afin d’assurer à chacun une liberté maximum sans pour autant enfreindre la liberté d’autrui. Au contraire et en toute logique, les systèmes de pays comme Aquaria ou terra devait être des systèmes où la le cadre légale était bien plus important – à Aquaria car la lois était dictée par les dogmes sacrées, ce qui laissait par définition peu de place à la jurisprudence, et à Terra car leurs valeurs morales prônent l’égalité et que cette utopie ne pouvait être achevée que par une loi forte qui encadre la société. Où pouvait donc se situer Ignis sur cette échelle de liberté législatvie ? Une royauté comme celle qui semblait en place reposait sur le pouvoir du roi et sur celui des princes. La loi devait donc logiquement être basé sur une jurisprudence qui n’était pas formulée par un juge mais par un prince, selon la province à laquelle on se trouve. Cela lui donnait aussi de l’espoir quand à sa clandestinité qu’il comptait raccourcir au minimum dans ce pays – si il n’existait pas de cadre légale autre que l’avis d’un prince, et qu’il était acquis que sa présence ici était accidentelle, alors il n’y aurait que peu de raisons de lui faire payer une infraction relativement inexistante. Bref, il fallait à partir de ce moment là, convaincre Vaino du non-risque que représentait son retour à Ventus et du non-profit qu’il pourrait tirer de sa présence ici… au vu de son comportement jusque là excentrique, de l’explosion de l’Ornigon qui était apparue involontaire, André savait qu’il n’apparaissait ni dangereux, ni intéressant… loufoque à la rigueur. Espérons que ces gens là n’aient pas de jugement plus affuté que celui-la… Quand à Kaede, elle saurait surement reprendre contact d’elle-même si la possibilité de voler l’intéressait.  Il faudrait donc rester excentrique sans pour autant devenir agançant…

« -C'est un plaisir de vous revoir Lucrecia, et je rejoins votre point de vue, une discussion tranquille ne serait pas de refus... Mais avant cela... -Capitaine Baruk! je vous emprunte votre bosco si cela ne vous dérange pas et ne le gène pas! »

Et bien  la situation semblait réglé. L’homme venu du bâteau semblait être connue du Second Prince, ainsi que le capitaine du bateau. Vaino accepterait il le confier à ses hommes pour le retour ? Cela semblait un bon présage, en tout cas, d’autant que l’homme venait de l’inviter au retour et même de lui demander si il avait écrit certains livres. Le jeune homme rougit un peu de plaisir devant les interrogations du marin et fit un signe négatif de la tête… ne volons pas à Eloan Galaad le mérite d’avoir écrit Musset, ce serait d’une hypocrisie et d’une malhonnêteté trop grande – même pour assurer sa survie. On ne plaisante pas avec les livres et leurs auteurs. Et alors que le groupe se dirigeait vers la petite maisonnée qui semblait être l’abri le plus proche où tenir conciliabule, il glissa à As’Ad avec politesse

« En effet je ne serai pas contre un retour à Ventus quand toutefois cela sera possible. Je pourrai vous dédomager pour ce trajet bien sur. »



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Dim 5 Jan - 13:32

***

Derrière son masque de courtoisie lisse comme de la porcelaine, Kaede trépignait d’impatience, évidemment. Ce n’est pas parce que d’une année sur l’autre on décide de devenir politicienne qu’on oublie toute une vie de chevauchée sauvage et qu’on parvient aussi sec à dompter la fougue de son caractère. Il n’y avait que ses yeux dorés pour trahir impatience ; ils fuyaient cette nouvelle assemblée de visages nobles et graves avec la frénésie d’un oiseau qui va, vient, voltige, tourne, vole et virevolte. Misère… Ils avaient l’air d’avoir tous décidé d’ouvrir un sommet international pour discuter d’une question qu’elle aurait voulu régler personnellement et tout de go. Väino faisait des efforts évidents pour ne pas être pompeux, mais il commença à devenir vraiment ennuyeux – voire guindé, c’était le comble – quand il se mit à bougonner au sujet de son allergie à la langue azarienne, ou quelque chose dans ce goût-là. Kaede n’écoutait pas vraiment. Elle avait eu ce qu’elle voulait, c’était tout ce qui lui importait. Et puis, Väino l’agaçait. « Je ne tiens personnellement pas à enfermer quiconque le temps de démêler un vulgaire malentendu. » Bla-bla-bla. Il ne suffisait pas de singer la nonchalance et d’interpeler les gens par leurs prénoms pour éviter d’être aussi pesant qu’un législateur. Comme il avait changé. Le sentiment de culpabilité qui la piquait tout à l’heure s’évaporait à mesure qu’elle réalisait l’altération que son cousin avait subi en se heurtant aux réalités de l’âge adulte. Elle ne savait pas où il avait appris à châtier autant sa langue et ses manières, mais le contraste était violent : elle s’était toujours figurée que Väino souffrait de moins d’emphase princière que ses frères et sœurs. Quelle blague. Il avait dû prendre des cours de rattrapage en diplomatie pour succéder à son splendide paternel. Tant pis pour lui. Kaede croisa les bras et son regard se détacha négligemment de son cousin pour tomber sur d’autres victimes.

Elle décocha un sourire aussi vénéneux qu’enchanteur vers l’étalon de compétition qui s’amusait à l’aguicher depuis quelques minutes déjà. Elle ne savait pas ce qui clochait chez lui. Il observait un sens des priorités d’une rare futilité. D’abord il allait badiner avec un potentiel ennemi de l’Etat ignisien, ce qui n’était pas banal, et puis voilà qu’il s’était mis à lui conter fleurette à elle ; il ne manquait plus qu’une guitare et une sérénade, et le tableau aurait été complet. « Les rumeurs ne font pas justice… » Ha, ha. Heureusement qu’elle n’était plus une jeune fille, elle aurait rougi, et tout cela serait devenu affreusement gênant. Elle serra ses cheveux, déployés sur son épaule droite, dans sa main, et le darda d’un regard brillant.

« Quel cabotin vous faites. » répondit-elle, d’un ton léger et moqueur, en levant un menton arrogant.

En réalité, il y avait quelque chose d’innocent et d’honnête chez ce super-mâle que Kaede trouvait tout à fait adorable, sans parler de cette propension ridicule, mais amusante, à l’irréalisme impétueux et hâbleur. Il devait avoir conscience du danger qu’il courait en courtisant ouvertement Kaede, laquelle venait d’un peuple fier et orgueilleux, et dont les guerriers, épars aux alentours mais aux aguets, surveillaient l’impudent avec autant de méfiance que d’ironie. Makoto, en particulier, un petit neveu de Kenji, jeune et encore un peu insouciant, semblait maugréer contre les familiarités que les Ventusiens pouvaient s’accorder avec la régente du grand Est. Ils étaient rustres, et il trouvait inconcevable que Kaede d’Azaïr répondît à une seule de leurs flatteries hypocrites. Chaque fois qu’elle prononçait un mot, Makoto se révoltait et s’il n’y avait pas eu un de ses aînés pour le modérer du regard, il aurait certainement déjà transpercé le bougre de sa lame et l’aurait enseveli sous un chapelet d’injures en azarien. Mais Dame Azaïr aurait été furieuse (sans parler de l’oncle Kenji).
Toutefois, ce marin insufflait un peu de couleurs et d’allégresse à ce port qui se figeait peu à peu dans le protocole nobiliaire et les lenteurs administratives, et ce n’était pas pour déplaire à Kaede, qui avait tout à fait perdu patience. Elle sourit au marin aux cheveux d’ébène comme une sirène sanguinaire, une façon tacite de lui donner une impression vague de ses propres sentiments et de lui rappeler qu’il fallait qu’il gardât ses distances. C’était amusant, tout cela, mais ce petit jeu avait ses limites.

Le petit génie ventusien, quant à lui, avait l’air de vouloir se faire oublier, il ne prononça plus un mot après la remontrance de Väino – ce que Kaede nota avec une sorte de mélancolie compatissante. Les princes parlent et les autres, quelle que soit leur valeur, leur sagesse, leur génie ou leur noblesse, se taisent. C’est d’ailleurs une disposition que les personnes royales partagent curieusement avec les hommes bêtes et méchants.
Kaede couvait son futur associé, ce freluquet chétif au regard fuyant qui chevauchait les nuages, d’un regard encourageant. Il était bientôt sorti d’affaire. Cette petite humiliation en la présence d’un homme du sang d’Ignis ne serait bientôt pour lui qu’un mauvais souvenir ; pour d’autres, c’était une réalité de chaque instant. Il fallait qu’il se tînt tranquille un moment. Kaede savait mieux que personne à quel point il est difficile de ronger son frein quand la fierté gronde et tempête en soi, et elle serrait des dents amèrement pour le jeune André.
Heureusement, Super-Mâle avait entrepris avec sa gouaille habituelle de remplumer un peu l’humeur du petit Ventusien, qui parut rassuré de bénéficier d’ors et déjà d’un billet de retour pour la civilisation. Difficile de l’en blâmer.

Enfin, il y avait ce grand Terran au regard d’acier, qui demeurait en retrait avec la prudence qu’on attend normalement d’un étranger en territoire hostile. C’était certainement l’homme le plus sensé de cette compagnie hétéroclite et délurée. Sa compagne, une belle dame au port altier et au visage fin, parlait avec une éloquence remarquable – c’était peut-être une de ces sénatrices cultivées de la monarchie terrane. Kaede admira un petit instant la tempérance et la raison de ses mots, qui réussirent à canaliser son humeur dissipée le temps de quelques secondes. Elle s’excusa auprès de Kaede pour son « garde du corps », lequel eut l’air particulièrement mécontent. La jeune femme l’en remercia d’un sourire reconnaissant et inclina doucement la tête en direction du soldat terran.

« Je me suis moi-même emportée, Monsieur, pardonnez-moi. Mettons tout cela sur le compte de la confusion du moment. J’ai vu bien pire, après tout, je vous prie de me croire. (Elle rit faiblement, le visage plus pâle que d’ordinaire.) Mais ne tombez pas dans l’excès inverse, ajouta-t-elle d’un air modeste, en écoutant tout de même la voix de son irritation, qui refusait qu’on l’associe trop longtemps à la famille régnante, je ne porte pas le titre d’Ignis, il est réservé aux prétendants au trône. Je suis Kaede d’Azaïr, rien de plus. »

Ceci étant dit, il fut à nouveau question de modération, de discussion et de diplomatie, et l’impatience revint à Kaede aussi vite qu’elle l’avait quittée. Elle percevait derrière l’intelligence agréable de Lucrecia une hauteur qu’elle digérait plutôt mal, et entendit le mot « populace » sonner fâcheusement alors que son regard s’était arrêté sur les esclaves qui déambulaient difficilement sur les échafaudages. Väino paracheva son sentiment d’exaspération quand il appela lui-même à la tempérance, et elle se retint péniblement de lever les yeux au ciel. Bon sang ! Elle commençait à s’agiter fébrilement, tandis que son esprit s’affairait à dénicher un autre plan que celui de l’infiltration discrète, ses mains allaient et venaient sur les gardes de ses sabres, et elle soupirait presque trop ostensiblement. Le temps pressait. Maintenant que le monde entier était au courant de leur petite visite de courtoisie, les preuves qu’elle aurait pu trouver ici pour accuser la Confédération en arrivant incognito allaient s’évaporer sous son nez. C’était insupportable. Au bout du compte, elle finit par lâcher avec énervement à Väino, en roulant des yeux :

« Une discussion tranquille… Pardon de bousculer tes nouvelles habitudes de bureaucrate professionnel, mais étant donné la vitesse à laquelle les informations circulent ici, les grands seigneurs de ce charmant petit bourg doivent déjà être au courant de notre identité à tous, de ce que nous avons mangé au déjeuner et de l’âge du capitaine (elle désigna cette fois-ci Baruk, en pleine discussion avec Haku, d’un signe de tête un peu insolent). Moi je m’en vais leur dire deux mots. S’il y a d’autres grands bienfaiteurs de l’humanité parmi nous, qu’ils me suivent, ou qu’ils restent ici, enfin, qu’ils fassent ce qui leur chante. A la guerre comme à la guerre, je ne suis pas ici pour boire le thé. »

Puis, elle se tourna vers Lucrecia, en se tenant aussi droite qu’elle, le visage levé et l’air conspirateur :

« Pour ce qui est des détails, puisque vous avez l’air assez émue par le sort de la populace ignisienne pour venir lui porter votre aide (elle désigna les esclaves qui trimaient non loin de là d’un autre signe de tête ironique et d’un regard ulcéré), à moins que ce soit autre chose, autant prendre le chemin de la mine ensemble pour en discuter. Väino, reprit-elle, sarcastiquement, pour son sauvage apprivoisé de cousin, je suppose que tu viens aussi, histoire de garder un œil sur moi, non ? Enfin sitôt que tu en auras fini avec tes paperasses douanières, bien sûr, je ne veux pas retarder les services administratifs de la couronne. Tu me retrouveras quelque part dans la mine, je serai là, sûrement à trancher la tête de l’hydre, si tu vois ce que je veux dire, enfin, rien de bien pressant, que veux-tu, je suis une femme désœuvrée, on ne se refait pas, conclut-elle, avec un débit impressionnant, un sourire sardonique sur les lèvres. Hayao ! »

Elle siffla entre ses dents. L’étalon doré claqua son sabot contre les planches de bois du corps, et se dégagea de la poigne d’Haku pour rejoindre sa maîtresse au trot. Elle attrapa les rênes de son cheval qui piaffa d’impatience, puis lança un regard intense à un de ses guerriers. C’était un homme grand, au crâne rasé et à la barbe courte et noire, qui portait sur son épaule un faucon brun à l’œil perçant. Il s’approcha.

« Dis à Haku qu’il reste ici avec le capitaine, souffla-t-elle, à l’oreille de son homme. Moi je prends la direction de la mine, ainsi nous couvrirons deux fronts.
‒ Je reste avec lui ?
‒ Oui, il est possible qu’il y ait un peu d’agitation. Gardez aussi Ryu avec vous.
‒ Bien, ma Dame, répondit-il, en faisant signe à un de ses compagnons.
‒ Bonne chance, mon ami, murmura-t-elle, en posant sa main sur l’épaule du soldat. S’il se passe quelque chose, tenez en moi avertie, ajouta-t-elle, et elle caressa la tête du petit faucon d’un air entendu.
‒ Bien.
‒ Et si vous voyez un peu trop de fumée s’élever de mon côté, n’hésitez pas à venir nous prêter main forte, dit-elle, d’un ton complice.
‒ Alors il y en aura plus encore, répondit le soldat en souriant.
‒ Et nous ferons grandir ensemble nos flammes. » acheva-t-elle avec impétuosité.

Les deux Azariens partagèrent une courte accolade, se sourirent une dernière fois, puis Kaede se tourna vers Haku. Il avait l’œil fixé sur elle depuis qu’Hayao lui avait échappé. Elle hocha sèchement de la tête et lui lança un regard brûlant et déterminé. Il comprit et lui adressa un petit salut militaire de la main, qu’elle lui rendit avec désinvolture, en grimpant sur la selle de son cheval.
Cela faisait dix ans qu’elle connaissait Haku, qu’elle combattait avec lui, qu’ils partageaient les mêmes blessures, cela faisait dix ans, depuis Asaül et Yaegahara, qu’ils pleuraient les mêmes larmes amères et qu’ils goûtaient aux mêmes joies pures et rayonnantes. Il avait été son maître, elle était devenue sa Dame, mais il n’y avait que fiction honorifique dans ces titres pompeux. Ils étaient amis et partenaires. Leurs chemins pouvaient se séparer jusqu’aux confins d’Albion, ils seraient toujours sur le même champ de bataille.
Ils se sourirent avec une connivence chaleureuse, leurs dents se serrèrent d’inquiétude et leurs yeux s’échangèrent mille recommandations.
Kaede claqua sa langue contre son palais et Hayao se mit en marche. Elle tourna le dos à Haku et salua plus froidement le reste de la compagnie, avant de mettre son étalon au pas en direction de la mine, les laissant à leur petit pique-nique de bonnes gens sensées, avec assez de lenteur cependant pour leur permettre de la suivre, si l’envie les prenait.

Pourtant, elle avait envie de mettre son cheval au galop et de chevaucher à bride battue, les cheveux dans le vent du matin, le front lavé par la lumière du soleil levant. Quiconque l’aurait regardé dans les yeux y aurait vu une fournaise d’or mouvant, comme une tempête astrale.
Ses cinq hommes restants grimpèrent également sur leurs montures et avancèrent autour d’elle, toujours déployés sur quelques mètres.
Un élan sauvage animait tout son être et la poussait en avant avec une force irrésistible. Elle frottait inconsciemment ses bottes contre les flancs d’Hayao qui trottait d’un pas de plus en plus soutenu, porté par les mêmes ailes que sa maîtresse. Là-bas, au bout de ce petit sentier de terre, il y avait encore des hommes à libérer et d’autres fous dont elle devait se venger, c’était assez pour gonfler son cœur d’un nouvel et vieil enthousiasme. Elle avait bien pris goût au secret et au mystère de la politique, de l’espionnage et de l’infiltration, qui étaient devenus son affaire principale depuis son retour d’Aquaria, mais son naturel volcanique l’emportait toujours, et elle était presque heureuse, au bout du compte, d’en venir au plan B. Elle était une femme franche, elle aimait aller droit au but, toutes les manœuvres subsidiaires l’avaient toujours impatientée. En ce moment précis, peu importait l’avenir ou les grands projets à long terme, elle avait quelque chose d’irrépressible à assouvir et à satisfaire. Tout qu’elle souhaitait désormais était de se libérer, de laisser derrière elle tout le reste, les grands pontes pompeux et les mâles qui jetaient sur elle un regard de dédain stupide, de libérer enfin cet appétit indescriptible d’impossible et d’infini qui envolait son âme.
Elle se tourna et jeta un dernier regard au prince, à la sénatrice et au général. C’était amusant de voir comme un peu de distance rendait tous ces gens importants si minuscules. Elle se retourna vivement vers la mine et son cœur bondit dans sa poitrine. Elle laissait l’orage gronder derrière elle. Elle n’avait plus rien à leur dire. La courtoisie, la politesse, la diplomatie, elle en avait eu son compte. Il était temps de libérer toute la force de son âme, de voir tout ce qu’elle était capable de donner du fond de ses entrailles, de tester les limites et de les franchir. Pas de Bien, pas de Mal, pas de règles pour elle. Elle était libre.
Elle chevauchait seule avec les siens sous le levant.

***

Baruk, malgré son air bourru, était un homme de bien – et comme tous les gens de bien, il n’avait pas le bon sens de prendre de la distance avec ce qui pouvait lui causer du tort. Seiren s’en serait certainement moqué, avant de proposer de prendre la poudre d’escampette, et de conseiller au capitaine d’en faire de même, mais Haku, lui, se réjouissait comme un enfant de la hardiesse de son allié d’infortune. Il hocha la tête avec enthousiasme, quand Baruk lui proposa tacitement ses services, et sourit largement.
Il n’avait rien contre le sérieux du capitaine, il appréciait sa réponse directe et son désir de pragmatisme et d’action. Il avait l’impression de retrouver ses jeunes années, sa famille, des esclaves, des hommes et des femmes terre à terre et de bon sens, et les soldats durs et fiers de l’armée d’Ignis. Soudain, il quittait ce monde de nobles seigneurs qui susurraient, flattaient et manipulaient leurs pairs avec des talents d’illusionniste. S’il y avait été introduit par la force des choses, il ne venait pas de cet univers-là. Il était né dans une maison de chaume, dans des labours odorants, et son premier souffle de vie s’était chargé des forces inébranlables de la terre.

« Bien ! Je vous remercie, capitaine ! s’exclama-t-il, en lui tendant une main ferme pour sceller leur accord. Nous devons connaître quelle marchandise vous devez embarquer ou décharger ici, c’est essentiel. Pour le reste, nous enquêtons sur la disparition d’un certain nombre d’esclaves, ici. Si vous apprenez le moindre détail au sujet de cette mine, de ce qu’on y cherche, ou de ce qui s’y fabrique, je vous serais très reconnaissant de me l’apprendre. »

Il conclut avec un nouveau sourire chaleureux et un regard pourtant très sérieux.
Ce fut à ce moment-là que Kaede siffla et qu’Hayao tira sur ses rênes pour échapper à la poigne d’Haku. Surpris, il se tourna vers son amie qui persifflait comme à son habitude et qui s’apprêtait surtout à vider les lieux avec témérité. Elle monta finalement sur son cheval et son front à lui se plissa de souci. Kenji l’avait prévenu du danger de cette mission et il aurait aimé rester aux côtés de sa jeune dame, qui était capable de déclencher autour d’elle un cataclysme sans nom si personne n’était là pour juguler ses humeurs. C’était ce qu’il avait toujours fait. Elle avait quatorze ans quand il l’avait empêchée d’empaler son premier homme sur son sabre. Aujourd’hui qu’elle avait tué plus d’hommes que son naturel pouvait en supporter, elle n’avait pas l’intention de s’arrêter là, jusqu’à peut-être s’autodétruire de désir, de regret, de force et de culpabilité. Il sentait qu’il devait toujours se trouver près d’elle, et à cet instant, plus que jamais.
Mais elle se détourna et son étalon partit au trot. Il soupira et marmonna, pour Baruk, pour lui-même, pour n’importe qui qui aurait compris sa détresse :

« Ca y est, elle est partie. Je ne sais vraiment pas comment la faire tenir en place… C’est l’affaire de ce vieux filou de Seiren, pour ça, lui, il est fort, très fort… »

Il adressa un sourire d’excuse à Baruk, et songea à ce que Seiren aurait fait à sa place. Il aurait interpelé Kaede, certainement, d’un ton cavalier et sans gêne, il aurait attiré son attention sur un détail qui n’aurait pas échappé à sa perspicacité et elle se serait arrêtée, elle se serait concentrée. Mais maintenant, c’était trop tard.
Le soldat au faucon – Akitaka – se rapprocha d’Haku et lui rapporta les paroles de Kaede avec exactitude. Haku hocha la tête et ordonna silencieusement à son homme de se placer en retrait, à l’abri dans une futaie pour observer ce qu’il adviendrait.
Nodoka Ryu, le second soldat que Kaede lui avait laissé, était en train de brosser son cheval en fumant une pipe odorante, l’air de rien. C’était un Invisible. Il était petit, maigre, son armure n’était pas complète sous sa cape brune. Il avait une mine nonchalante et un visage banal.

« Quand il y aura moins d’agitation ici, ajouta-t-il, à l’adresse de Baruk, quelques octaves plus bas, je ferais entrer cet homme, qui nettoie sa monture, là-bas, vous voyez – ne le regardez pas directement – dans votre bâtiment, si vous me le permettez. Il a certaines dispositions pour la discrétion, comme disent les gens de son genre. Il se fondra parmi votre équipage, ainsi si on charge enfin la cargaison sur votre bateau, nous saurons de quoi il en retourne. Quand est-ce qu’on est censé vous l’apporter ? »

La place devrait bientôt se vider. Kaede avait donné le signal, les autres ne resteraient pas bien longtemps les bras ballants. Une fois qu’il n’y aurait plus que quelques hommes d’apparence inoffensive dans les environs, et plus de prince, de sénatrice, de général ou de machine infernale, la partie devrait prendre un tour plus intéressant. Il fallait être patient.

***

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Dim 19 Jan - 13:12


- Les cavaliers d'Azaïr et Kaede... Toujours à foncer sans se préoccuper des conséquences...
- Restez sur vos gardes. Je n'accorde aucune confiance à nos employeurs.
- Ah! Y m'intéressent pas, cette femme et ces idiots. J'veux voir de quoi est capable Sa Royaleté moi.
- ... Les voilà.

Positionnés devant les installations à l'intérieur de la mine, l'équipe de mercenaires observait le petit groupe de chevaliers qui s'avançait au trot vers l'entrée. A peine avaient-ils reçu leur premier paiement qu'ils devaient déjà prodiguer leurs services, ah, Ignis était impitoyable envers les honnêtes travailleurs. Bien entendu, leur but n'était pas de se jeter à corps perdu dans la bataille et de provoquer la colère de la famille royale en agressant un prince - même si d'aucun en mourraient d'envie - leur tâche était bien plus simple et claire, et pourrait aussi bien se résoudre sans entraîner la moindre anicroche.

C'est toutefois ce qu'ils avaient cru, avant de voir un petit groupe de cavaliers venant d'Azaïr prendre la direction de la mine. Le portail, ouvert précédemment pour le prince, ne fut pas fermé à temps et ils purent grimper la petite dune qui s'avançait dans les installations; les veilleurs placés de tous côtés perçurent cette intrusion comme elle devait l'être, et armèrent leurs flèches. Sous un soleil dont la course semblait à présent freinée, un homme à la carrure imposante s'avança vers le groupe. Il ne portait pas d'arme, mais il n'en avait à vrai dire guère besoin, son corps en lui-même suffisait à dissuader toute confrontation. Il dépassait d'une tête la plupart des hommes forts du pays: ses muscles saillants, ses épaules larges et son vaste torse en aurait fait un parfait gladiateur... ou peut-être en était-il un, après tout? Sa peau était plus sombre que celle des habitants des plaines centrales, mais différente par la teinte de celle des peuples de l'Est. Ses cheveu arboraient eux une couleur très claire, proche du blanc, qui aurait profondément fasciné les scientifiques de Ventus par le caractère improbable de ce mélange, qui ne semblait pas naturel. Métisse d'une alliance étrange, il n'était certainement pas né dans cette région, mais il ne faisait aucun doute qu'il appartenait à ce royaume.

- L'entrée est interdite. Partez.

Pardon, vous avez dit diplomatie? Mais quelle forme de politesse avait-il à leur offrir, ils n'étaient qu'un groupe de cavaliers errants d'une province perdue dans les confins du royaume. Leur place n'était pas ici. Oh, il aurait pu les questionner sur leur identité, s'enquérir de leurs motivations, mais il n'était pas réputé pour son caractère loquace. De telles informations viendraient d'elles-mêmes, lorsqu'ils contesteraient cette décision et feraient valoir leurs droits. Tout cela pour essuyer un nouveau refus.

Et sous une brise fraiche de cette fin d'hiver, les machines qui autrefois hurlaient s'étaient tues. La Tour, haute et fière dans des vêtements aux couleurs des mers, attendait la réponse des cavaliers qu'elle avait stoppés.
Et dans les ombres, de nouvelles pièces s'avançaient.
_________________________________

Le chef du port se racla fortement la gorge, et dirigea un regard suspect à l'homme d'Azaïr qui venait d'aborder le capitaine du navire. Avait-il complétement oublié sa présence ou jugeait-il, par quelque idée saugrenue, que le bougre aurait des scrupules à écouter une conversation lorsqu'elle se déroulait sous ses yeux? Oh, il n'était qu'un humble chef de port, l'homme responsable de ce petit ponton de bois, des personnes sur ce petit ponton de bois, et des colis qui transitaient par ce petit ponton de bois. Mais tout de même, c'était son ponton de bois, et ici, il faisait la loi! ... Enfin, sitôt que le second prince aurait quitté les lieux, il ferait la loi!

- Si je serais vous, je fourrerais pas mon nez partout comme ça, z'avez déjà pas une réputation très jouasse à l'Est, et ici, z'êtes pas chez vous. J'en connais qui vous feraient passer par le fond sans plus de cérémonie, et pas le fond de la mine, voyez.

Enquêter sur une "disparition d'esclaves"? Poser des questions sur les marchandises qu'ils transportaient? Ah! Ce genre de curieux là ne faisait pas long feu en général. Est-ce qu'il venait en Azair pour demander à c'te bonne femme ce qu'elle faisait de ses journées près des mines hein? Non, si tant est qu'elle savait ce qu'est une mine, d'ailleurs. Dans tous les cas, les gens du Sud Est n'avaient pas la meilleure réputation au monde, même à Ignis, on se souvenait encore de la trahison d'Atrée, et bien que l'incident fut de sa seule responsabilité, les gens du commun qui ne comprenaient pas les subtilités politiques avaient simplement identifié les mots Azair et traitre, et trouvaient que cela formait une très belle combinaison.

- Pour les colis capitaine, j'en sais pas plus que vous. D'habitude ils arrivent vite, mais y'a pas mal d'agitation, donc faudra patienter. Et avec ça faut que je retrouve mes froussards de larbins, certains ont pris l'escampette bien vite.

Il fixa à nouveau le rivage: la sorcière s'en était allée vers les installations minières et il était probable que certains des spectateurs la suivent sans tarder. Si le prince se décidait à lui emboiter le pas, il aurait un peu la paix par ici, sinon il se tenait toujours près à... l'accueillir et lui dire tout ce qu'il savait. Enfin, il savait pas grand chose, et il espérait surtout qu'il ne demande rien, ne regarde pas dans sa direction, et parte. Vite.
_______________________________

HRP: Le message est bien plus court que d'habitude, mais le reste des choses qui se passent se font dans l'ombre pour des raisons RP (Autant je peux vous montrer certaines choses, autant d'autres... non xD). J'ai considéré le fait que Vaino n'accompagnait pas tout de suite Kaede qui s'avançait au trot vers la mine, parce que c'est plus simple pour moi. Si tu veux t'avancer à ses côtés, dis le moi je changerais quelque peu l'entrée en matière de mon PNJ XD. Mais vu que Kaede a pris les devants en étant dernière à poster, ça pose quelques soucis, je devrais en théorie considérer que vous êtes sur le chemin, mais ça me donnerait peu de choses à faire.

Je viens de voir que j'avais pas répondu à Baruk dans mon précédent post, mais lui non plus en fait, et vu que Vaino s'est pointé en mode prince d'Ignis, en fait, ça fait une bonne excuse pour avoir oublié ça xD
Ah, et enfin Kaede, point de vue RP t'as aucun moyen de savoir qu'on t'espionne, donc ton argument comme quoi ils savent déjà qui vous êtes et d'où vous venez... il marche pas, surtout que quand on en a discuté sur Skype t'étais surprise qu'on t'espionne, donc bref, fais gaffe à ce genre de passages HRP-RP à l'avenir =p

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Sam 1 Fév - 1:52
As’ad
Ah notre cher marin, malgré ses bonnes intentions ce dernier semble toujours trouver une façon de se mettre les pieds dans les plats. Le voilà que lors de ce qui aurait sans aucun doute dû être un simple voyage servant à transporter un mystérieux cargo du point A au point B, notre protagoniste a trouvé une façon de se retrouver en plein cœur de jeu politique Ignisien… ou peut-être en plein cœur d’une simple querelle entre cousins. Enfin, il aurait dû s’y attendre… un voyage en terre Ignisienne est tout sauf simple. S’il s’agit d’une nation avec qui faire affaire n’est jamais une chose très simple. C’est à se demander pourquoi le capitaine continue de faire affaire avec divers marchands Ignisien… il faut dire que généralement malgré les nombreuses difficultés le profit est généralement fort attirant. Surtout dans le cas de ce mystérieux cargo, selon les paroles du capitaine… le profit sur ce cargo sera énorme… Enfin ça c’est si les marins du Virgo Mare finissent par obtenir ce cargo, un jour. Notre cher marin se ferait sans aucun doute un plaisir de remettre les voiles vers de nouveaux horizons et cela le plus tôt possible !

Au côté du jeune mage Ventusien, notre cher charmant barbu discutait jovialement avec ce dernier… donnant sans doute l’impression d’être quasi insouciant des évènements du moment face à la grande noblesse qui l’entourait. Il s’agit là d’une impression qu’il donne souvent notre cher As’ad, avec son gros sourire et ses manières un peu maladroite à l’occasion, cependant tout être connaissant intiment notre personnage sait très bien qu’il est loin d’être l’idiot du village ! Enfin ce n’est pas comme si ce dernier joue ici un rôle tel un acteur au théâtre, il est simplement naturel. À quoi bon ce faire des soucis malgré les ennuies ? Le voilà qu’il en apprenait un peu plus sur son entourage du moment. Écoutant discrètement les échanges entres Ignisien… portant un peu d’attention aux Terran tout en discutant avec son confère de patrie… notre charmant barbu découvrait un peu plus chaque être présent en ce moment. À ce qu’il parait, le si célèbre monsieur André n’était pas l’auteur des textes mentionnés par le marin… chose qu’il savait déjà. Toutefois, puisque ce dernier avait un peu plus tôt jeté un œil à notre marin tout comme s’il s’agissait là d’une espèce d’animal de foire… As’ad vu bon de montrer qu’il avait un peu de culture ! II ne faut pas juger un homme par son apparence c’est sûr. Certes As’ad n’est sans doute pas digne de la grande culture littéraires des grands collèges, toutefois en tant qu’homme ayant vu du monde… celui-ci connait sans doute mieux que les scribes la véritable culture des divers nations habitants notre monde.

Celui-ci conserva un œil sur la charmante dame d’Azaïr avec qui celui-ci avait joué à un jeu fort dangereux. Il est fort probable que peu d’homme possédant le même statut social que notre exotique personnage oserait flirter ainsi avec celle-ci… mais bon lorsque cela fait partie de votre nature… il aurait sans doute flirté un peu aussi avec cette charmante Lucrétia, noble demoiselle de Terra… si ce n’était pas qu’elle avait une personnalité… comment dire sans trop offenser cette dernière… moins un tantinet moins attrayant que sa jolie visage ? As’ad n’ira nullement dire qu’il s’agit là d’une demoiselle pour qui il ne pourrait nullement développer un certain intérêt, mais bon si ce n’était pas de la montagne de muscle, le marin aurait sans doute fait un effort supplémentaire afin de la connaître un peu plus intiment. Cela n’empêche que la seule gente demoiselle pour qui notre protagoniste avait d’yeux en ce moment était la dame d’Azaïr. Enfin il a beau rêver… en tant qu’homme réaliste quel sont les probabilités d’une aventure avec celle-ci ? Il y existe nombreuses choses inexplicable dans ce monde… des évènements qui se sont produits et qu’on aurait tous cru impossible… mais une aventure d’un soir entre la noble dame d’Azaïr et notre marin Ventusien… alors là cette idée était plus folle que celle de voler avec les oiseaux !

Voilà que le grand prince de Scandia, maître des entrées remarqué l’invita à rejoindre une discussion des plus intimes suite à la proposition de la noble sénatrice Terran… il s’agit là d’une idée sans doute un peu étrange. Certains en remettraient sans doute un peu en doute la santé mentale du prince ! Les nobles cherchant à trainer avec les rats tel que notre marin… ils sont rare… ils sont généralement fou ou remplis de mauvaises intentions. Cette charmante invitation des plus cordiale, bien qu’un peu indirecte… fut pour As’ad une surprise. D’ailleurs, les gens ayant eut l’occasion d’observer le visage de celui-ci lorsque ce cher Vaïno prononça les mots suivant
« -C'est un plaisir de vous revoir Lucrecia, et je rejoins votre point de vue, une discussion tranquille ne serait pas de refus... Mais avant cela... -Capitaine Baruk! je vous emprunte votre bosco si cela ne vous dérange pas et ne le gène pas! »

Comme si cela pouvait être un problème que notre Bosco prenne part à une discussion entre gens éduqué ? Non, mais quel drôle de personnage ce cher Vaïno! Cela est étrange, mais dérangeant… alors là, il ne s’agit de toute évidence pas du bon terme. Enfin… à vrai dire il est fort probable que cela pose légèrement problème lorsque cargo sera présent puisqu’il est fort possible que la présence de notre charmant barbu soit demandé. La surprise ne fut point grande au point qu’As’ad fut sans par la suite dérobé de toute parole, mais le tout suffit afin d’attirer son attention. Il avait sans doute l’air un singe un peu confus en ce moment, ne comprenant pas trop les intentions du prince…. Mais bon par son expérience avec celui-ci… il s’avait très bien qu’il devait s’attendre à tout et surtout à n’importe quoi. Baruk en avait parlé de son expérience avec le prince lors du voyage. Le marin n’oublia pas le Ventusien à ses côté… qui serait lui aussi fort heureux de quitter les lieux, cependant face à la situation présente il faut bien pardonner notre marin pour ne pas offrir de réplique au pauvre mage. De plus, ce n’est pas parce qu’il ne répliqua pas au mage que son offre de raccompagnement était retiré. Il faut dire que le dernier mot à ce sujet sera par le cher capitaine Baruk… mais si le jeune mage sait ce montré utile sur le navire ou qu’il possède une bourse suffisamment lourde pour couvrir les frais de transport, il n’y aura aucun problème !

Alors que la jolie dame d’Azaïr semblait désirer mettre les voiles… notre charmant marin approcha un peu le prince. Les mains de celui-ci semblait aller dans tous les sens tout comme s’il ne s’avait aucunement quoi faire avec celle-ci. Sa démarche… alors là n’en parlons pas ! Bien qu’il soit sobre comme tout en ce moment celui vous donne tout de même l’impression qu’il a bu un petit coup ! Les prunelles rondes comme des pièces d’or et les sourcils un peu relevé par moment… puis fronçant légèrement la seconde d’ensuite et vice versa. Il ouvrit alors la bouche, la voix relativement grave de celui-ci se fit entendre alors qu’il s’adressait d’une façon sans doute un peu trop… commune… au prince de Scandia.

«Excuse-moi… ce n’est pour embêter le prince de Scandia que je parle… mais… moi ? Pourquoi m’emprunter ?» Tout en poursuivant ses gestes des plus désynchroniser et un peu chaotic, le marin affichait avec une certaine clarté sa confusion.
Enfin, un homme de son dit rang social, n’a pas l’habitude de ce genre chose ! Alors il faut ici pardonner à notre marin pour son approche des plus désordonné et sans trop de courbette face à la noblesse Ignisienne! Il est remplis de bonne intention notre exotique protagoniste, mais il est aussi très maladroit par moment. Une maladresse qu’il utilise parfois afin de masquer un peu sa brillance par moment… car avec cette invitation le marin ne put s’empêcher de songer aux intentions du prince Ignisien. Pour qu’il souhaite avoir un entretient avec un marin marchand Ventusien… ce cher Vaïno avoir une idée en tête. Il n’a pas invité le marin afin de simplement discuter de la pluie et du beau temps ! Est-ce que c’est à afin d’en savoir un peu plus sur le mystérieux cargo ? Alors là As’ad n’en savait sans doute pas plus que lui ! Mais bon… si cela ne dérange nullement au capitaine… il jouera le jeu et finira par connaître les intentions du prince.

Baruk

Notre vieux Capitaine ne semblait point démontrer signe de joie. Derrière la grosse barbe blanchie par les années, ce dernier démontrait un visage fort sérieux alors qu’il discutait avec le jeune Azaïrien. Voilà que celui-ci lui proposait son plan d’espionage… laisser un Azaïrien sur le Virgo Mare ! Alors là il s’agit d’une idée un peu folle si vous souhaitez l’opinion du vieux capitaine. D’ailleurs le visage de celui-ci affichait sans doute clairement ce qu’il pensait de la situation alors que les sourcils de celui-ci fronçaient. Il est fort évident qu’il ne s’agit pas ici d’une idée qui plait bien au capitaine… celui-ci ne possède aucun problème à aider, toutefois lorsqu’il y a des gens qui souhaite jouer les espions à bord de son navire… alors là c’est une toute autre histoire ! Celui-ci aurait certes bien offert une réplique au jeune Azaïrien… cependant avant même qu’il puisse prendre la parole voilà que le chef de port ce montra le bout du nez. Non mais tout de même ! Il en a mis du temps celui-là ! Avec les emmerdes du port… il était quoi endormis sous son bureau avec une prostituée ? Le vieux loup de mer détourna son regard d’Haku afin de poser ses prunelles sur le responsable de l’endroit avec de lui offrir la réplique.

«Là où l’Azaïrien fou son nez le regarde, la véritable question est où tu avais fourré l’ tien!» Prononça-t-il hautement avec sa voix rauque.

Vous avez espérez un peu de politesse de la part de Baruk ? Les gens qui le connaissent bien vous diraient qu’il est poli en ce moment. Vous pouvez même demandez au prince Vaïno ! Celui-ci a jadis à Inis Mona fait affaire avec notre vieux loup de mer qui l’a pratiquement traité d’imbécile publiquement. Enfin il s’agit là de chose du passé. Retournant alors brièvement son attention vers Haku, ce cher Baruk lui dit un peu plus doucement et avec un ton nettement plus bas.

«Vous faite ce que vous avez à faire… mais elle est hors limite» parlant du Virgo Mare.

Oui, le navire est aux yeux des marins une femme… certains trouve cela étrange, mais c’est ainsi qu’ils pensent les hommes de la mer ! Un navire occupe une place particulière dans le cœur des marins, il s’agit là pour la plupart du seul véritable amour. Bref, nous ne sommes point ici afin de discuter des amours de marins ! L’homme d’âge un peu plus mûr se retourna donc vers son nouvel «ami» de port afin de poursuivre les transactions.

«L’est où le foutu cargo avant qu’la marée soit basse? » L’impatience du capitaine se faisait sans aucun doute sentir avec son ton de voix qui avait soudainement remonté.

Il n’avait nullement l’envi de perdre son temps dans ce port, l’odeur nauséabond de l’endroit et puis la populace local ne lui plaisait point. Mais bon… semblerait-il que le prince Vaïno avait d’autre plan pour nos marins…. Car celui-ci invita, ou plutôt exigea la présence de son bosco dans un entretient un peu plus privé. Vous le savez sans doute tous que les nobles Ignisien, lorsqu’ils demandent… c’est leur façon poli d’exiger. Certes le vieux capitaine aurait sans doute souhaité ouvrir un débat avec le prince des entrées en grandeur, cependant ce dernier devait se concentrer sur obtenir le mystérieux cargo dont si peu de détail lui fut offert. Ignorant un peu ce cher Vaïno, lui offrant son accord d’un geste un peu discourtois de la main, le vieux marin garda son attention sur le chef de port. C’est à croire que les marins du Virgo Mare allait devoir passer la nuit au port…



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Dim 2 Fév - 14:15
Visiblement, ils étaient de nouveau partis pour se mêler des affaires d'autres nations et, dans un avenir proche, à un entretien en huis clos. Kerry n'appréciait guère ces moments où il devait se tenir droit derrière Lucrecia, se taire et écouter. Les dialogues politiques n'étaient pas sa tasse de thé et en tirer des informations à intérêt militaire étaient quasi inexistants : qui révélerait une information à une contrée qui risquait bien de l'envahir une fois la trêve achevée ? Bref, une fois encore, il regrettait d'avoir accompagné Lucrecia.

La proposition de cette dernière semblait avoir trouvé approbation de Vaïno, un intérêt dissimulé du mage volant et...


« Une discussion tranquille… Pardon de bousculer tes nouvelles habitudes de bureaucrate professionnel, mais étant donné la vitesse à laquelle les informations circulent ici, les grands seigneurs de ce charmant petit bourg doivent déjà être au courant de notre identité à tous, de ce que nous avons mangé au déjeuner et de l’âge du capitaine. Moi je m’en vais leur dire deux mots. S’il y a d’autres grands bienfaiteurs de l’humanité parmi nous, qu’ils me suivent, ou qu’ils restent ici, enfin, qu’ils fassent ce qui leur chante. A la guerre comme à la guerre, je ne suis pas ici pour boire le thé. »

Une fougueuse opposition de la cousine de sang royal. Notons que son intervention auprès du mage volant est la seule cause de la disparition de sa couverture : quand on veut être discret, on n'aide pas le premier individu en difficulté. Celle-ci se tourna ensuite vers Lucrecia, désignant les esclaves.

« Pour ce qui est des détails, puisque vous avez l’air assez émue par le sort de la populace ignisienne pour venir lui porter votre aide, à moins que ce soit autre chose, autant prendre le chemin de la mine ensemble pour en discuter. »

Une invitation de la cousine de se mêler d'affaires du peuple. Kerrys voyait à la tête que tirait la sénatrice qu'elle pesait le pour et le contre et nul besoin d'un lien privilégié de pactisant, qui lui était pour l'heure encore refusé, pour deviner ce qui se tramait dans la tête de la sénatrice : son rôle premier à Terra était d'oeuvrer pour le bien du peuple. Chacune de ses actions a toujours été en faveur de ses protégés de quidam, difficile de savoir si c'était vraiment par altruisme ou bien si elle en tirait profit pour son compte, allez savoir ce qu'elle préparait. Peut-être avait-elle la même empathie pour les esclaves Ignisiens et désirait-elle leur porter secours. D'un autre côté, si son implication dans l'affaire s'ébruitait, il risquait d'y avoir de sacrées représailles. Certes, la protection d'une cousine de la famille royale pourrait peut-être l'aider, mais uniquement dans un cadre officiel: les assassins embauchés dans l'ombre n'ont que faire de l'avis de la monarchie et ne connaissent pas les frontières quand il s'agit d'attaquer leur cible.

Le général s'avança vers sa protégée et se baissa pour murmurer.


« Nous ne sommes pas concernés par les affaires d'Ignis. Je suis aussi touché que toi par le rôle de ces malheureux mais... 
- Je le sais mon ami. Mais ne t'imagines point que nous en resterons là. Si Sir Vaïno décide de suivre sa sœur, nous les suivrons à notre tour. »

Et ainsi elle se jettera dans la gueule du loup. Kerrys se retint d'en rajouter, attendant de voir la suite des événements. La fougueuse cousine s'en alla avec sa troupe, laissant les autres seuls. Lucrecia attendit alors paisiblement que le bosco en aie fini avec le prince et s'adressa alors à ce dernier.

« Votre majesté, je serais d'avis de ne point laisser votre cousine seule. J'ignore dans quelle affaire elle s'est lancée, mais s'il s'agit bel et bien de la traite d'esclave, il y a fort à parier qu'elle se lance dans une dangereuse épopée. A défaut de vous convaincre de lui envoyer des renforts, permettez au moins au général Perili de la suivre. Il n'est certes pas d'un grand secours en cas de rixe bien qu'il soit rompu au combat, mais si la situation devient dramatique, je vous assure qu'il sera parfaitement apte à nous rejoindre. »

Le général en question eut le plus grand mal qui soit de manifester surprise et désaccord. Il n'avait aucune envie de se jetter dans la gueule du loup... et comment pouvait-elle être sure qu'il reviendra seulement vivant de cette affaire ? Certes son pouvoir était utile pour se faire la malle même si ça impliquait d'être exposé à la nudité, mais ça ne signifiait pas pour autant qu'il s'en sortira... et quand bien même, ça impliquera alors qu'ils auront de nouveaux ennemis sur le dos... l'idiote...

Et le pire dans tout ça, c'est que Sa Majesté Ignisienne a approuvé l'initiative de Lucrecia... au point de l'imiter et d'envoyer un mec avec lui. La seule différence étant que ledit mec était plus enthousiaste que lui à partir au casse-pipe. Kerrys n'en tint pas rigueur et lui serra la main en signe de coopération avant de partir à la poursuite de la cousine de sang royale. A sa portée, il la salua comme un général Terran se doit de le faire devant une noble.


« Dame d'Azaïr, sa Majesté Vaïno d'Ignis et la sénatrice Lucrecia sont dans l'impossibilité de vous suivre. Toutefois, en signe de soutien à votre égard, ils nous ont envoyé, moi et mon partenaire ici présent, afin de vous assister dans votre entreprise. »

Maudit soit l'idiot qui a décidé que la noblesse avait tous les droits sur les soldats.

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Lun 3 Fév - 16:41
La réaction de sa cousine arracha un sourire amusé mais glacé au second prince de Scandia. Evidemment que tous devaient être à présent au courant de la présence de la sorcière écarlate et de la flamme blanche d'Ignis. Mais pour Väino la discrétion dont sa cousine aurait voulu faire preuve n'avait pas d'intérêt. Ou plutôt, la traque à laquelle il s'adonnait cette fois ne demandait pas de discrétion, au contraire. La chasse était un art à la fois complexe et primal, il avait été donné à l'homme de raisonner, ainsi la chasse entre ses mains était devenue l'union entre instinct et réflexion. Pister, traquer et enfin frapper. Ceux qui ne voyaient uniquement en la chasse qu'un moyen de se nourrir, sur le règne animal, ne valaient pas mieux que des animaux. La chasse s'appliquait à toute espèce vivante aussi bien qu'à ce qui ne vivait pas, et donc ainsi aussi à l'homme; les scandiens étaient tous chasseurs d'une manière ou d'une autre. Certains dans leur expression la plus brute, chassant sangliers, élans, loups ou encore ours. D'autre tels les baptistrels traquaient les connaissances, aussi bien d'autrefois que d'aujourd'hui. Et enfin les hommes comme Väino s'adonnaient à la chasse la plus dangereuse, la chasse à l'homme.

Contrairement à ce que pouvait dire Kaede, il n'agissait pas tel un bureaucrate, mais comme le devait un véritable chasseur, avec la prudence obligatoire... ou comme un prince qiu ne se contentait pas d'enfoncer les portes. Il était facile pour une brute épaisse et vulgaire sachant pister de s'enfoncer dans la tanière de la panthère, de la tuer elle ainsi que ses petits dans leur sommeil, si elle savait se faire discrète. Mais il s'agissait là d'un acte barbare et sans grâce ni respect, d'un homme qui s'avilissait au statut de quelconque prédateur tout juste capable de réfléchir. C'était abandonner la véritable force au profit de la réussite minime. Aucun risque n'était pris, il n'y avait aucune gloire, aucun véritable talent. Juste la peur de l'échec et de la mort. Survivre était une chose, mais survivre était déplorable. Vivre et mourir, défier le monde, dépasser ses propres limites, vaincre et chanter à la gloire du sang et du feu, telle était la véritable beauté, pure et sauvage. Dompter la bête et chevaucher à ses côtés, unir le prédateur et l'humain en un seul être, tel était la voie du seigneur de Scandia.

D'aucuns n'auraient pas laissé Kaede agir à sa guise parmi ceux qui possédaient le sang d'Ignis en cette situation. Les actions ainsi que l'attitude de Kaede avaient de quoi ressembler à un affront et un défis au second prince de Scandia. Elle agissait avec une attitude cavalière, parlait d'une manière qui dansait dangereusement à la frontière de l'insulte. Mais après tout, Väino en dévoilant l'identité de sa cousine n'avait-il pas brisé ses désirs de discrétion? Pff! Qui pouvait prétendre à être réellement discret avec une troupe en arme? Qui plus est avec le profil caractéristique des hommes de l'Azaïr. Dans le meilleurs cas, Kaede causait du tord à Lucius. En effet, quel prince serait assez faible pour laisser agir à sa guise une personne tel que Kaede? Lucius. Et, pour ne laisser aucune trace de sa présence, il aurait fallut ne laisser aucun survivant... la belle affaire! Väino était peut-être devenu un bureaucrate lui, mais le prince qu'il était se déplaçait. Et si le septième prince d'Ignis n'était pas capable d'au moins donner l'impression de ne pas se cacher derrière une traitresse, il lui serait impossible d'avoir le trône. C'était bien ça le défaut de son frère en vérité. Si Väino n'avait plus de grief à l'égard de sa cousine, elle représentait le pire choix de Lucius qui, semblait bien incapable de la gérer.

Au plus profond des yeux du prince et baptistrel, la flamme de la passion, l'éclat du prédateur s'était éveillé. Il n'avait que faire de l'attitude de la sorcière écarlate au contraire, présentement il aurait plus facilement eu pitié de celle qui paraissait incapable de maîtriser ses passions, de les canaliser. La leçon qu'avait subit l'Azaïr avec la mort d'Atrée ne semblait pas avoir porté ses fruits semblait-il. La colère appelait à la violence, et la violence amenait au sang, le sang quand à lui appelait le sang. La mort était une créature avide qui ne demandait qu'à s'abreuver de la vie des faibles, du sang de ceux qui étaient soumis à leurs passions. Et le gout du sang semblait présent chez Kaede, même si cela pouvait n'être que de l'impatience. Etait-elle incapable d'agir avec maîtrise si ce n'était pour se battre et se mettre à dos le plus de monde possible? La voix de Väinose fit alors désinvolte.

-Fais ce qu'il te plais cousine, mais n'oublie pas que, comme tu l'as précisé, tu n'as ici pas plus de droit que n'importe lequel de ces hommes. Dit-il, désignant ceux qui avaient dans un premier temps brandit leurs armes à l'encontre de la dame d'Azaïr. Peu m'importe tes agissements tant que tu ne te dresses pas sur mon chemin cependant.

Si la sorcière écarlate voulait agir comme bon lui semblait, libre à elle de bander son arc pour tirer dans la foret sans savoir quelle créature grondait. Au contraire, qu'elle éveil la bête, et attise sa fureur. Väino n'avait pas particulièrement envie de d'ouvrir lui même les hostilités, se retrouvant alors dans une position incommodante face aux marchands d'esclaves. Cela ne lui aurait, dans l'absolu posé aucun problème, mais la position de Kaede par rapport à ceux ci rendait son action plus intéressante. Prendre parti pour sa cousine ou encore les marchands d'esclave devenait dans tous les cas un tir exemplaire. Mais cela aurait été la solution des faibles si telle situation devait arriver. Non, le sang d'Ignis ne souffrait aucun écart, le sang d'Ignis mettait à genoux tous ceux qui osaient le défier, un principe que sa petite sœur pratiquait à merveille. Cependant, voyant le manège de sa cousine alors qu'elle chuchotait à l'oreille du marin, les yeux du second prince se plissèrent un instant tandis qu'il déterminait la position finale des chasseurs.

-Minato! Sa voix sonore retentit, sortant de sa distraction un chevalier royale qui observait avec circonspection les bulles s'échappant encore de l'endroit ou la machine volante avait sombré.
-Väino?
-Ne regarde pas sous les jupes des filles.
-Et sous les jupes de qui veux-tu que je regardes si ce n'est ta cousine qui n'en fait qu'à sa tête?

Une réplique sans appel du prince et, une réponse évidente de son chevalier; n'ayant pas de signification autre que ce que la logique supposait aux oreilles de quiconque l'entendait. Le tout accompagné d'un mouvement de tête du prince vers le Virgo Mare et ses environs. Sans signification pour personne si ce n'était le chevalier et son prince, qui laissèrent tous deux échapper un sourire carnassier. Minato était réputé pour être un voyeur de première et, jamais son seigneur ne le lui avait reproché. Mais jamais son seigneur ne l'avait aidé lorsqu'il s'était retrouvé en situation gênante. Il ne faisait cette remarque à son chevalier que pour une seule raison à chaque fois. Le bretteur aux origines azariennes allait devoir agir et, le regard du prince des baptistrel indiquait dans quelle zone.

Une indication bien vague pour le fils du portier d'Ignis, mais son prince n'avait pas l'habitude dans ce genre de cas d'en dire plus. Libre à lui d'agir à sa guise, il était bien assez intelligent pour agir selon la volonté de son ami, malgré ce que tous croyaient toujours. La perversité, qui faisait sa renommé, était une pratique complexe nécessitant de l'abnégation, de l'abnégation et surtout de la discrétion. Même si présentement la discrétion ne servait à rien. Il était d'autant plus compliqué de se faire discret lorsque tout le monde avait la plaisir de vous voir aux côtés du prince. Minato le savait parfaitement, il n'était donc pas question de s'infiltrer sur le bateau ou d'entreprendre toute autre action... pour l'instant.

Et alors que la dame d'Azaïr se mettait en route, drapée de fierté, As'ad s'était rapproché du prince, mal à l'aise cela était clair. Et le fut encore plus alors qu'il s'adressait au prince, complètement décontenancé semblait-il. Alors il ne savait pas pourquoi le prince voulait que le marin se joigne au petit groupe? Cela était somme toute logique, pourquoi demander la présence du second d'un navire et non celle du capitaine? Vâino aurait pu répliquer que la présence d'As'ad qui n'était ni militaire, ni prince, ni diplomate dans un tel groupe l'amusait, mais même si cela était en partie vrai, c'était à la fois un certain manque de respect et, loin d'être la vérité dans l'absolu. Non, As'ad était un marin du Virgo Mare, et en tant que bosco pouvait représenter une certaine forme d'autorité. Et le second prince ne désirait pas non plus que le capitaine Baruk quitte son navire, en le laissant ainsi ici il assurait au Virgo Mare la présence de celui qui faisait loi sur le navire.

Väino ne pu d'ailleurs pas s'empêcher d'éclater de rire face à la maladresse du marin.

-Car tu es un marin du Virgo Mare As'ad, si nous devons parler du vaisseau de ton capitaine, il serait bien mieux qu'un membre de l'équipage soit là... Puis laisser ton capitaine mener la barre ici me semble être la meilleurs idée non?

A peine eut-il achevé sa phrase que déjà Lucrecia s'adressait à lui. Alors elle ne voulait pas laisser Kaede d'Azaïr se lancer "seule" dans son épopée? Soit. Lui n'avait que faire du fait que sa cousine se mette en danger et, ne manque d'amplifier ses problèmes relationnels avec les marchands d'esclaves... au contraire, elle lui facilitait la tache. Toujours était-il qu'il reconnaissait que la sénatrice était dans le vrai. Certainement pas pour les mêmes raisons cependant, un minimum de surveillance ne serait pas de trop.

-Nous ne l'accompagnerons pas non, mais vous n'avez pas tord... Oengus? Le baptistrel fit signe à son prince qu'il écoutait. Accompagnes le général Perili, tu seras ma voix et tes mots seront les miens.
-Avec plaisir mon prince. D'autres directives?
-Ceux qui défient ma parole méritent la même fin que les traites.

Le prince et le baptistrel eurent le sourire récurrent des scandien en pareille situation, sauvage et amusé, le sort des traitres en Scandia n'était guère enviable, dans le meilleurs des cas la mort était la première réponse. Dans le meilleurs des cas. Le baptistrel avec sa simple tenue de cuir et sa cape brune, sa longue chevelure et sa barbe blonde tressée, se dirigea alors ver le terran avant de le gratifier d'une tape amicale dans le dos, faisant fi de toute autre convenance.

-Au plaisir de vous accompagner général Perili.

Puis n'attendant pas de réponse s'engagea à la suite de la dame d'Azaïr avec la désinvolture propre au baptistrels, pleine d'assurance et, le pas léger.

-Enfin, je pense que nous pouvons nous mettre en marche, histoire de commencer à discuter tranquillement. Monsieur Caéli, vous nous accompagnez aussi bien sur. Se mettant alors en marche, il s'arréta avant de se retourner vers Minato qui se dirigeait quand à lui vers un endroit ou il lui serait donné de pouvoir observer le bateau ainsi que les gens gravitants autour. Oh! Une dernière chose Minato.
-Ouep?
-Tu as tous les droits.
-Tous?
-Tous.
-Parfait. Truc! Machin! Bidule! Et toi aussi Chose! Avec moi pour jouer aux dés!

Quatre soldats quittèrent alors la troupe de Väino laissant échapper soupires amusés et exaspérés à la fois. Si aucun d'entre eux ne se nommaient ainsi, le chevalier de leur prince les avait surnommé ainsi depuis le début du voyage et, eux s'y étaient habitués malgré tout. Les yeux de rubis du chevalier croisèrent ceux de son prince une dernière fois. Il reconnurent tous deux le feu qui couvait au fond des prunelles de l'un et de l'autre, la soif de sang contenue n'attendait plus que d'être libérée, qu'il n'y ai aucune altercation serait sans aucun doute le plus grand désagrément qu'ils pourraient rencontrer.

Et alors que son prince se mettait en route avec le reste de la troupe, Minato lui pris le partit de s'installer un peu plus à proximité des marins avec ses quatre nouveau camarades de jeu. S'asseyant sans hésiter à même le sol, un bouclier fut placé et les dès furent jetés tandis que l'argent entrait en jeu. Tout absorbés qu'ils étaient dans le jeu, ils ne prêtèrent plus aucune attention au monde qui les entourait. Mais le désintérêt n'était qu'apparent. Les chasseurs ne relâchaient jamais leur vigilance, la traque était lancé ils le savaient, ignorer le monde autour d'eux était une erreur qu'aucun scandien ne pouvait faire s'il voulait rester en vie. Il n'y avait qu'une loi absolue en Scandia, vivre et mourir.

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Lapis Manae (PV As'ad - Kerrys - Vaïno - André - Kaede)
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