Vol au dessus d'un nid de Busards



 

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Vol au dessus d'un nid de Busards

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Jeu 22 Aoû - 18:40
20 janvier 762


- C’est assez pour aujourd’hui, nous allons établir le camp ici. décida Arghän en désignant un replat ceint d’une haute couronne de pics rocheux.

Dans son dos, un chapelet de soupirs de soulagement salua son ordre et les quelques hommes qui l’accompagnaient se défirent de leur barda en hâte, étirant leurs muscles douloureux, grommelant à la vue des cloques qui enflaient leurs pieds.Quelques autres s’attelèrent à faire partir un feu dans un petit creux de roche abrité par le vent, glissant un regard préoccupé sur la trajectoire du soleil. L'ambiance était silencieuse, maussade.

Quelques jours auparavant, les militaires avaient confié leurs montures aux écuries d'une petite auberge miteuse, perchée sur un escarpement a l'entrée des Elénides, dernière trace de civilisation avant de pénétrer dans le ventre des montagnes. Depuis, ils longeaient des chemins étroits, tordus, terriblement escarpés. Souvent, le sentier disparaissait, révélant une région inexplorée. Il fallait alors s'improviser alpiniste pour prendre de la hauteur, tenter de se repérer...Mais partout où portait le regard jaillissaient encore plus de hauts reliefs, de sommets sans fin et de gouffres sans fond.  

A cette altitude, la nuit était vite là. Dès none, l’astre commençait à décliner et disparaissait en quelques heures derrière les hautes cimes rocheuses des Elénides, ne laissant qu’un pâle dais de lumière pour éclairer les sentiers étroits et périlleux qui longent leurs flancs. Un silence lourd, épais tombait alors sur les montagnes et la pénombre donnait à cet incroyable capharnaüm alpin de crêtes et d’arêtes rocheuses, de ravins sans fond, de parois vertigineuses, un aspect oppressant, écrasant… Puis venait le froid qui vous saisit aux os, le hululement lugubre des bises glacées se faufilant dans les failles rocheuses, les ténèbres épaisses comme la poix.

Arghän observa « ses » hommes s’activer à monter le camp, à éveiller le feu avec la célérité et la nervosité de fourmis à l’approche de la pluie. Il s’agissait là d’une dizaine de soldats Terrans, sélectionnés par le Général Mayfair pour leur excellente aptitude physique et leur témérité. Néanmoins, face à la majesté et l’ampleur de la montagne, ils paraissaient vains. Une poignée d’insectes lâchés dans un interminable labyrinthe minéral pour trouver une toute petite fille et ses ravisseurs, qui s’étaient sans doute réfugiés comme des rats dans quelque trou perdu, là, quelque part dans cette immensité. Quel prix fallait-il payer pour les débusquer ?

L'avant-veille, Arghän avait perdu un de ses hommes. Le malheureux avait « décroché » durant une escalade particulièrement périlleuse et le Capitaine avait regardé, impuissant, son corps  tournoyer dans une chute de plusieurs centaines de mètres, avant de le perdre de vue dans les profondeurs du ravin. La nuit, ses rêves étaient encore hantés de son cri déchirant, horrifié, interminable comme sa chute.

La montagne et ses risques, Arghän les connaissait pourtant. Né au pied du Rempart du Septentrion, il avait passé des années à crapahuter d’ubac en adret avec son jumeau, à dompter cette pierre froide en y cherchant des prises pour prendre de la hauteur. Il avait appris à gérer son souffle quand l’air venait à manquer dans les sommets, à lire le paysage pour ne point se perdre. Et pourtant les Elénides n’étaient en rien semblables à ce qu’il avait connu. A la tombée du jour, ces interminables sommets pelés, sculptés de formes torturées par les inlassables vents cisaillants battant ces terres, vierges de toute vie … toute cette immuable roche semblait se refermer sur vous, vous engloutir de son ombre.

La Légende disait que les Elénides avaient vu le jour au cœur de l'âge obscur, des mains d'un Émissaire, pour dissuader l'ennemi d'entrer dans le Royaume... Les nombreuses disparitions d'aventuriers peu chanceux, et sans doute piètres montagnards, avaient convaincu le petit peuple Terran que les montagnes avalaient les hommes et recrachaient leurs âmes dans les vents tranchants qui tournoient autour de leurs sommets.

- Ce sont leurs gémissements... avait-il entendu d'un de ses hommes la veille, alors que sa petite troupe se tassait autour du feu pour protéger les flammes de bourrasques sifflantes particulièrement violentes. N'entendez vous pas leurs plaintes ? Leurs âmes maudites sont prisonnières des vents, leurs os sont devenus roches et sable. Ils tentent de nous chasser, de nous avertir...

Si le Capitaine n'accordait foi à ces histoires populaires, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait ici quelque chose de malsain, de dangereux. Un repaire idéal pour les dernières vermines du Busard Rouge.
Le Général Brunhild Mayfair l'en avait assuré, l'Ordre de la Walkyrie n'avait éliminé qu'un groupuscule de la troupe de bandits et aucun enfant n'avait été trouvé parmi les captifs. Sa fille avait sûrement été emmenée vers les Elénides, où les malfrats avaient pour coutume de se réfugier en attendant qu'on abandonne les poursuites.  Et cela faisait maintenant quatre jours qu'ils tournaient en rond, tâtonnant, inspectant chaque mètre carré des immenses Elénides à la recherche d'une piste, d'une trace... en vain. Il n'y avait ici que la roche et le vent.

-         C’est peine perdue…murmura le Capitaine en promenant un regard triste et las sur le paysage. Je ne suis même plus sûr de chercher dans la bonne direction, mes hommes se découragent, me prennent pour un fou en mission suicide...Comment ai-je pu me fourvoyer à ce point ?!

Ils avaient talonné les ravisseurs de Leyanna au mille près... Comment avait-il pu manquer l'éclatement du groupe avant son arrivée sur les terres du Nibelungen ? A quel moment les Busards avaient-il décidé de se séparer, prenant le temps de diviser larcins et futurs esclaves en un convoi différent, alors qu'ils savaient qu'Arghän et quelques dizaines d'autres étaient sur leurs talons ? Leurs traces n'en disaient rien , de ceci, il était certain.  Quelque chose ne collait pas...

Un rapace passa en piaulant, à quelques mètres au dessus de sa tête. Arghän ne fut pas long à reconnaître un busard cendré, typique de la Région bien que rare à de telles hauteurs, et esquissa un pâle sourire devant l'amère ironie. Par lassitude, par instinct ou peut être parce qu'il n'avait pas d'autres pistes, il se décida à suivre l'oiseau qui s'était mis à tournoyer dans un bief en contrebas. Son contingent était assez autonome pour se passer de lui jusqu'à l'aube et il avait, de toute façon, besoin d'être seul.

Descendre dans le bief sans se rompre le cou l'occupa une bonne demie-heure mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il découvrit ce qui avait attiré le rapace : le cadavre encore frais d'une sorte de gnou, aux somptueuses cornes torsadées, dont le pelage soyeux était d'un ocre semblable à la roche alentours. Le Capitaine s'approcha de quelques pas prudents. Il n'avait jamais croisé tel animal depuis leur entrée dans Elénides, la bête devait être nocturne. Néanmoins, sa fin n'était  pas naturelle : le « gnou » semblait s'être traîné jusqu'ici avant de s'effondrer, il était en fuite...

- Un prédateur ? Manquerait plus que ca ! grommela le Terran en songeant à la faiblesse de sa troupe et redoutant une rencontre . Mais que... ?

Le prédateur était humain, comme en témoignait la flèche à l'empennage pourpre solidement fichée dans le cou de l'animal. Le coup était précis, puissant, fatal. La bête n'avait du parcourir que quelques mètres dans sa fuite avant d'y succomber. Le chasseur n'était probablement pas loin.

- Ah ! Pas trop tôt !

Quelqu'un venait. Pris au dépourvu, le Capitaine Terran se laissa tomber à plat ventre dans la poussière, derrière un petit muret de roches. Par une fente, il aperçut une paire de bottes de cuir bouilli surmontée de haut-de-chausses élimés par le voyage. L'inconnu bourra les côtes de l'animal mort d'un coup de pied.

- Tu m'auras fait courir toi ! Mais j'ai fini par t'avoir.

La voix était jeune, un peu voilée, le verbe vif et déterminé. Tirant un petit poignard de sa botte, l'étranger s'agenouilla et entreprit de dépecer sa proie avec une aisance qui laissait supposer qu'il n'en était pas à sa première chasse. Arghän découvrit son visage.

- Un adolescent... constata le Terran, stupéfait. Mais que fait-il dans cette région isolée et hostile ?!

Il n'avait cependant rien d'un jouvenceau des villes. Une musculature sèche et longiligne travaillée par la marche, un visage aux traits aiguisés dont le teint était tanné, ombré par le soleil, le vent et la poussière des chemins... Puis il y avait ce regard – d'un bleu flamboyant – des archers d'expérience, précis, impassible, voilé par des mèches blondes désordonnées. Le jeune chasseur n'avait rien d'un agneau égaré. A dire vrai, Arghän crût se revoir au même âge...Ce côté sauvageon, téméraire des enfants qui grandissent à l'épreuve de la Nature. Peut-être existait-il un village non loin ? Ce garçon pourrait lui être d'une aide précieuse dans sa quête éperdue. Il décida de tenter le tout pour le tout.

Se relevant avec prudence, mains levées en signe de paix, il entreprit d'émerger lentement de sa cachette.

- Salut à toi ! commença-t-il. Je suis Ar...

D'un seul et même geste, fluide, presque trop rapide pour l'oeil, le jeune chasseur avait tiré une flèche de son carquois et bandé son arc, pointe dirigée sur la gorge du Capitaine. Son regard était dur, immobile. Un seul tir suffirait à en finir.

- Attends ! Arghän leva ses mains un peu plus en évidence. Je ne te veux aucun mal ! Il saisit le regard de l'adolescent sur Fatum, ceinte à sa taille, et la corde de l'arc se tendit un peu plus. Je suis Arghän Kane, Capitaine de l'Armée Terrane. Il glissa prudemment la main à son ceinturon, conscient que le moindre de ses gestes pourrait lui coûter la vie. J'ai été envoyé dans les Elénides avec un contingent de quinze hommes à la poursuite d'une troupe de dangereux criminels. Il défit la boucle d'un coup sec et la lourde épée tomba au sol dans un bruit sourd. Le Busard Rouge... Je suis sûr que ce nom ne t'es pas inconnu.

Le regard bleu ne cilla pas et Arghän attendit en vain qu'un mot franchisse les lèvres serrées, blêmes. Il eût un regard pour le gnou et se demanda si sa quête se terminerait de la même façon, laissant Leyanna aux serres de ces malfrats, abandonnant sa fille à une horrible destinée à cause d'un sauvageon mal luné, trop méfiant. Un spasme crispa ses traits de colère amère. Il ferma un instant les yeux, inspira vivement.

- Jeune homme, si tu veux en finir, fais le maintenant. lâcha-t-il, plantant un regard implacable dans le sien. Mais tu laissera à leur sort une vingtaine d’innocents, dont femmes et enfants, que ces salauds destinent à l'esclavage, la torture et le viol. Tu es un enfant des sommets comme je le fus moi-même, il y a bien longtemps de cela. Je peux le dire à ce seul regard que tu braque sur moi. Un ricanement las secoua ses épaules. Et pourtant, ces maudites montagnes ne me parlent pas, je n'y vois que la roche muette et froide, un labyrinthe sans fin. Si le Rempart du Septentrion, débordant de vie et de verdure, chantait au crépuscule, les Elénides hurlent sous les vents, jettent sur nous des nuits d'encre sans étoiles.

Après un silence, il désigna la proie de l'adolescent d'un geste du menton.

- Tu as pisté cette bête, tu connais les lieux...Mieux que nous, à n'en point douter. Si j'ai une chance d'obtenir de toi une aide quelconque, la moindre petite information pour débusquer le Busard, je la prendrai ...Même au prix de cette flèche. Sinon, cesse tes simagrées et finis-en avec moi. Il crispa la mâchoire et attendit, roide, le regard fixe que soit scellé son sort. Néanmoins, ses seuls pensées allaient à sa fille, figuraient son regard terni par la souffrance, son petit corps martyrisé, offert à la lubricité de seigneurs pervers. Leyanna, ma douce...Pardon...Pardon de n'avoir su te protéger comme un père...

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Lun 26 Aoû - 21:19
La flèche encochée, les doigts en crochet sur la corde tendue de l'arc, la chasseuse ne quittait pas de son regard froid l'homme armé qui avait fait irruption derrière elle, l'ayant sans aucun doute épiée alors qu'elle achevait sa chasse qui n'avait déjà que trop duré. L'homme qu'elle tenait en joue était une armoire à glace mesurant près de deux mètres, aux prunelles abyssales et aux cheveux ivoirins, vêtu à la manière des soldats et des bandits – parfois, faire la différence entre les deux était bien difficile. Elle n'avait pas manqué de remarquer l'épée lestant le ceinturon de l'inconnu, pas plus qu'elle ne s'était fait la moindre illusion sur son propre sort si jamais elle venait à être à portée de cette lame redoutable. Face à cet homme, qui pouvait tout aussi bien être protecteur de la nation terrane que fléau des villages, son seul atout résidait en cette distance qui les séparait, qui lui permettrait de ficher sa flèche droit dans son gosier avant même que le métal ne morde sa propre chair. Ou plutôt, elle préférait croire que là était son seul atout et qu'il lui était suffisant, n'ayant guère la volonté de voir ses flammes d'Emissaire mettre à mal la chair humaine une fois de plus. Conscient de sa vulnérabilité comme Shanàn était consciente de son propre avantage, l'homme s'était mis à plaider pour sa cause.

Et ce de manière plutôt convaincante, elle devait l'admettre. Mais comme il le disait si bien lui-même, le Busard Rouge rôdait dans le coin, et rien n'était moins sûr que lui-même ne fasse pas partie de cette dangereuse bande de criminel, dont elle avait déjà entendu prononcer le nom avec effroi dans quelques-uns des villages où elle était passée. La vie de vagabonde inculquait rapidement la méfiance, et le traumatisme qu'elle avait par le passé subi à Ignis de la part d'hommes aussi imposants que celui qu'elle tenait en joue n'aidait pas vraiment à la confiance. Seulement, quoi qu'on en dise, ses flèches étaient tout d'abord destinées à tuer la proie animale et non l'homme, quand bien même elle n'hésiterait pas en cas d'extrême nécessité. Mais était-il nécessaire de considérer cet homme aussi grand qu'une porte – d'ailleurs, comment passait-il les portes, celui-là ? - comme un danger ? L'épée tombée au sol avec un bruit sourd semblait indiquer le contraire, tout comme la résignation mitigée affichée par l'inconnu. Qu'elle n'avait cessé de viser de sa flèche tout le long de son plaidoyer, mais la jeune femme au regard céruléen ne tarda pas à baisser son arc, détendant doucement la corde de l'arc sans faire partir la flèche, et poussant un soupir exaspéré. Quelque part, elle ne pouvait s'empêcher de trouver un poil ridicule la réaction de cet homme – sans qu'elle ne prenne en compte le fait qu'elle avait quand même failli le trucider.

« Si tu cherches un public pour ton mélodrame, t'as pas trouvé le bon, lâcha-t-elle, mauvaise. »

Si elle-même n'était pas ce qu'on pouvait appeler un être de sang-froid, elle s'était sentie un poil irritée par le spectacle venait de lui donner le militaire terran. Typique des hautes sphères, tiens. Quoiqu'elle n'était pas certaine que tous les hauts gradés affichent aussi facilement leurs émotions et sombrent aussi rapidement dans le désespoir. La manière dont il avait abandonné, dont il s'était résigné à prendre une flèche entre les deux yeux la révulsait, de même que son speech visant à la sensibiliser au sort de la veuve et l'orphelin. Aussi ironique que cela puisse paraître pour une Emissaire ayant rencontré Ehol, les moralisateurs faisaient partie des individus qu'elle exécrait le plus en ce monde. C'était loin d'être logique, mais jamais la jeune femme ne s'était embarrassée des paradoxes de sa propre personnalité, si bien que ses reproches envers autrui pouvaient s'appliquer plus d'une fois à sa propre personne. Peut-être que le poétisme exacerbé de l'armoire à glace n'était pas étranger à cette irritation qu'elle avait ressentie, entendant parler de verdure chantant au crépuscule, alors qu'elle-même ne voyait la verdure que comme de la verdure – oui, plus d'un artiste se jetterait d'un pont en tentant d'avoir une discussion sur l'esthétique avec la chasseuse.

Mais malgré tout, elle n'avait pas voulu tuer cet homme sur le simple argument que son discours avait irrité sa fibre de paysanne du fin fond des hautes montagnes de Terra – oui, ces paysans là qui trouvaient le moindre prétexte pour médire sur la noblesse et les privilégiés qui ne passaient pas leur journée à trimer dans les alpages. Replaçant sa flèche dans son carquois, et entreprenant la poursuite du dépeçage de la bête qu'elle avait longuement traquée, elle finit tout de même par lâcher, à l'attention du capitaine – allez savoir si il était vraiment capitaine, mais au pire du pire, elle pourrait tout de même l'effrayer un chouïa avec ses flammes s'il entreprenait quoi que ce soit de louche :

« T'es sûr qu't'as pas laissé ta cervelle en bas ? Une info, ça sert à rien, une fois mort. Tu m'étonnes que l'Busard t'aies filé entre les doigts. »

Comme à son habitude, elle ne s'embarrassait pas pour affirmer sa pensée, d'autant plus qu'elle se sentait toujours quelque peu irritée par le comportement du militaire. Echanger sa vie contre une information ? Et puis quoi encore ? Elle trouvait très franchement que, dans l'inutile, on pouvait difficilement faire mieux. Elle poursuivit sa découpe méthodique, gardant tout de même un œil sur le soldat.

« J'sais pas si t'as r'marqué, mais guide touristique, c'est pas tellement ma vocation. Ni suicidaire, d'ailleurs. Si tes mecs sont aussi paumés qu'toi, vot' truc va mal finir. Et désolée, même si c'est pour la veuve et l'orphelin, j'tiens quand même à ma vie. L'Busard se débrouille bien mieux qu'vous dans l'coin. »

Son regard céruléen se planta dans celui du dénommé Arghän.

« Et bizarrement, j'ai pas tellement envie d'avoir vos morts sur la conscience en vous envoyant au casse-pipe. En plus de celles d'la veuve et d'l'orphelin. »

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Ven 30 Aoû - 18:55
-Kenshin! Magne toi! Il est l'heure de la chasse! J'ai envie de manger de la viande fraiche ce soir!

Dans la maison, on pouvait entendre la voix d'une femme hurler après un homme qui se dépêchait de se préparer en écoutant la voix de sa soeur. Rien de tel que de chasser en pleine forêt pour se défouler un bon coup. Baiken prépara en vitesse ses affaires; son sabre comme toujours, ses protèges-bras et jambes, et puis un arc avec des flèches. En même temps c'est logique. On chasse en général avec un arc, bon on pouvait avec d'autres trucs mais l'arc restait un classique.
Bref, le temps de bien préparer les affaires, de choisir la destination, et le tour était joué. Voilà donc Baiken et Kenshin prêts à partir à la chasse. Jin les observa de la fenêtre de sa chambre en silence, comme s'il ne parlait jamais, préférant se concentrer sur l'entrainement continuel qu'il s'infligeait. Sur le chemin, ils discutèrent.

-Tu sais Kenshin, j'ai bien envie de partir en voyage, juste pour le plaisir de voir du changement, les royaumes et... Puis l'alcool bien entendu. Ce n'est pas que je m'ennuie mais je sais pas... J'ai ce besoin de bouger, de me sentir vivante, et tout ce que je fais là, c'est juste observer ce qui se passe autour de moi. Mais bon... Si on avait l'occasion de changer de vie, tu ferais quel travail?
-Je pense qu'on aspire tous à du changement, stagner dans une situation peut être bien mais tout change, même nous. Si je devais avoir une nouvelle vie... Je crois que je serais peintre, être un artiste, faire plaisir aux autres par exemple. Je ne suis pas l'homme le plus parfait qui soit, mais je sais que je veux juste votre bien à toi et à Jin, vous êtes les personnes les plus importantes pour moi. C'est pour ça que quoique qu'il arrive grande soeur, je serais avec toi-même si le monde s'oppose à toi, tu pourras te hisser sur mes épaules pour l'atteindre.

L'espace d'un moment, Baiken eut un frisson parcourir son dos, comme si la peur l'avait fait entrevoir une image d'horreur; sa famille massacrée sans qu'elle puisse faire quelque chose. Continuant à marcher, elle eut un sourire.

-Je suppose que tu as raison... Il serait peut-être temps que je me trouve un mar...

Rougissant d'un coup rien qu'à l'idée, elle secoua la tête pour chasser tout ça de sa tête. Avoir un mari? Voilà que maintenant à son âge, elle y pensait, fallait dire que bien avant tout ça, les hommes la fuyaient de peur qu'elles les mettent à terre. Son comportement ne laissait rien entrevoir de sa vraie nature. Mais au diable ces pensées, si elle devait en choisir un, ça serait celui qui pourra la mettre au sol ou même la blesser suffisamment pour lui faire comprendre.

Le temps d'y réfléchir et les voilà vers les élénides, la pente était bel et bien là mais avant, Baiken examina le sol. Des traces encore fraiches d'un gibier et vu la profondeur, ce n'était pas un petit animal. Méditant un peu sur la situation, et se baissa en fixant Kenshin.


-Monte sur mon dos, je vais courir le plus vite possible, accroches-toi bien à moi et tâche de rester silencieux, la proie n'est pas très loin de là.

Au premier abord, Kenshin fut surpris, mais en y réfléchissant, c'était logique, rien de tel que de profiter de la vitesse de pointe d'une pactisante de son niveau pour se déplacer plus rapidement que nul autre humain. Se mettant sur son dos, Baiken lui prit les jambes et prit une impulsion avant de s'élancer dans la forêt à toute allure en s'amusant à esquiver les arbres. Oh ça oui elle aimait bien sentir le vent fouetter son visage alors que dans ces moments, une sensation de liberté se fit fortement sentir dans son coeur. Elle pourrait courir comme ça à longueur de temps rien que pour ne plus penser à rien. Durant quelques secondes, elle oublia tout, son identité, ses envies, son devoir, ses problèmes. Le craquement d'une branche la fit revenir à la réalité.

Elle s'arrêta en déposant son frère, les traces furent suffisamment fraiches pour continuer en marchant prudemment. Prenant son arc et une flèche, elle fit signe de la tête à son frère que le gibier était non loin de là. Cette fois sa démarche se fit à pas de loup, tel un prédateur, sa respiration se fit silencieuse.

Mais d'un coup, elle s'arrêta, deux voix se firent entendre, il y a donc deux personnes ici? Les écoutants attentivement, elle put découvrir qu'il y avait un militaire et une fille avec une façon de parle qui la fit sourire. Rangeant son arc et sa flèche, elle fixe Kenshin qui hocha la tête pour lui faire comprendre qu'il restera ici pour le moment jusqu'à son signal. C'est sans hésitation qu'elle se mit en marche pour apparaître sur le côté, complètement adossé à un arbre. Le tout sur un sourire en voyant la scène sans oublier ses bras croisés.


-Et bien et bien... Voilà un spectacle qui me sort de l'ennui que je me prends en pleine tronche aujourd'hui. On a donc un type de l'armée qui est là pour un autre type... Et puis une fille qui m'a pris le gibier que je voulais manger pour ce soir. Et vous en faites pas, je suis juste là pour la chasse, mais bon, je me trouverais autre chose à grailler. Enfin bon... Si ça vous évite de dire mademoiselle, je me nomme Baiken, ça c'est juste pour pas parler avec des vous à base de phrases chiantes à dormir debout.

Soupirant, elle les regardait en détail, déjà l'homme, rien qu'à le voir, ça sentait bien l'armée à plein nez. Surtout voyaient les vêtements et à sa façon de parler plutôt... Lourdes? Et puis la fille qui semblait jeune, mais qui rien qu'à sa façon de parler, on aurait dit-elle dans son enfance. Déjà elle lui plaisait cette fille et pas qu'un peu. Elle la fixa en restant dans sa position.

-Sacré morceau que t'a là, puis t'a du talent à l'arc, je t'aime déjà bien toi.

Détournant son attention, sur le militaire, elle soupira d'avance.

-Donc déjà premier truc, elle a raison, pas besoin d'être Watos pour deviner que ton histoire, il y a clairement de quoi mal tourné. Puis franchement, si c'est un criminel, il y en a tellement plein qu'en rater un, ce n'est pas la fin du monde, suffit d'en trouver d'autres. Déjà il a fait quoi ce gars pour être recherché par l'armée? Que bon l'armée de base, je m'en fiche un peu c'est pas mes soucis, j'en ai déjà de mon côté, mais j'avoue que ça m'amuse de savoir ce qui peut motiver les soldats ou les chefs à se lancer dans des poursuites suicidaires. Alors dis-moi monsieur le capitaine ce qui te pousse à le pourchasser, la simple justice? Quelque chose de plus personnel? Ou bien par pur plaisir de la chasse au gros gibier? Je me demande ce qui peut te pousser à aller là où aucun humain... Normal ne peut franchir.

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Ven 4 Oct - 10:46
Arghän eut un sourire compassé.

- Ces montagnes sont décidément plus peuplées que je le ne pensais. marmonna-t-il en portant sur les deux personnages un regard indéchiffrable.

Il y avait eu un moment d'égarement lorsque la nouvelle venue, nommée Baiken, avait révélé que son jeune sauvageon était en fait une sauvageonne. Mais en soit, cela n'avait rien de surprenant. A bien y regarder, le léger renflement d'une jeune poitrine gonflait imperceptiblement son bliaud et malgré ses traits androgynes et les accents rauques de sa voix, la manifestation de son irritation était somme toute assez féminine.
Quant à l'autre, qui devait avoir à peu près son âge, elle se paraît d'une chevelure aux reflets d'améthyste et d'un curieux tatouage au visage. A cela il fallait ajouter une tenue et une arme assez exotique, un sabre long à n'en point douter, qu'il aurait apprécié voir dégagé de son fourreau pour en admirer la facture. Néanmoins Arghän n'était pas sans deviner à sa posture que ladite Baiken savait s'en servir, peut être était-ce plus sûr qu'il reste sagement rengainé.

Nullement décontenancé par leurs propos cyniques et leurs manières rustaudes, le Capitaine baissa lentement les mains et planta un regard sans détour dans celui des deux étrangères. Il n'était pas sans connaître cette attitude agressive au premier contact, surtout émanant de femmes ayant grandi dans des milieu peu fastes, phallocrates, où prendre sa destinée en main se fait souvent au sacrifice de la douceur et de la délicatesse féminine. Après tout, Samäa était de ses femmes là...Serties d'une carapace rugueuse, les flammes au regard et le verbiage acide aux lèvres. Et pourtant, dans l'intimité de leur lit conjugal, au plus profond de la nuit...Elle n'était qu'une petite fille fragilisée ayant grandi trop mal, trop vite...

- Inutile de montrer les dents, mesdames. Je ne suis pas de ceux que les aboiements des chiens sauvages effraient. Le ton était calme, sans hostilité mais ferme, le corps imposant d'apparence impassible mais les muscles gainés, parés à agir. Lorsque j'avais ton âge... Ses yeux sombres basculèrent sur la jeune chasseresse blonde, qui n'avait d'ailleurs toujours pas dit son nom... J'étais méfiant et teigneux, comme toi. Tous ces étrangers, ces gens de « l'Intérieur des Terres » qui vivent conscrits dans leurs peurs idiotes, leurs besoins bourgeois... Tout ceux-là qui ne connaissent rien d'une vie comme la tienne, viennent bousculer ton calme ermitage pour t’embarrasser avec leurs problèmes futiles. Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire presque amusé. Je les conchiais, je cachais un égoïsme primaire en me revendiquant « vrai Terran », en prétendant que mes valeurs passaient au dessus des leurs. Puis j'ai grandi. Ses iris glissèrent de nouveau sur Baïken. J'ai appris à dompter cette flamme, à connaître les autres. J'ai compris que l'Union fait la Force. J'ai saisi que je puisais plus de force dans la volonté de protéger le peuple Terran plutôt que de le haïr.

Utilisant son pied – subrepticement glissé sous sa lame - comme levier , il redressa Fatum, la saisit par la garde et en planta fermement la pointe dans le sol, d'un même geste fluide. Un silence tendu tomba comme une chape de plomb sur la scène. Les deux femmes s'étaient gainées, leur regards perçants passant du Capitaine à sa lame, attendant l'initiative d'un combat. Baiken semblait particulièrement fébrile et Arghän crut voir un rictus satisfait étirer furtivement ses lèvres. Il songea avec un vague dégoût qu'elle était sans doute de ceux qui trouvent une certaine jouissance au combat. S'il enclenchait quoique ce soit, elle s'y jetterait avec avidité et une force décuplée par sa fièvre. Quant à la petite archère blonde, qui savait quels talents elle pourrait révéler en croisant la lame ? Il fallait agir avec une extrême précaution.

- Que les choses soient claires. Les traits du Capitaine s'étaient durcis, jetant sur son regard et son visage une ombre qui contrastait étrangement avec sa chevelure pâle. Je suis venu ici en toute confiance afin de demander de l'aide, mais peut être me suis-je fourvoyé. Voilà déjà de longues minutes perdues à écouter vos paroles hostiles et méprisantes, alors tombons les masques voulez-vous ? Ses doigts épais et puissants resserrèrent leur prise sur la garde de Fatum, en faisant grincer le cuir qui la protégeait. La raison de ma présence ici est simple, sauver un groupe d'innocents dont femmes, vieillards et enfants, des griffes du Busard Rouge. Que je sois trouffion, Capitaine ou Colonel n'y change rien. Il s'agit de concitoyens, des « gens de la terre » comme on pourrait les appeler, d'origine modeste voir démunie...Et les savoir en danger me suffit pour opérer le déplacement moi-même.Un évident mépris anima soudain ses traits. Mais puisque cela semble vous dépasser et n'est pour vous que « mélodrame » et autres « phrases chiantes à dormir debout », je ne vais pas perdre mon temps à essayer de faire commerce en votre compagnie. Sur ses mots, il rengaina Fatum sans les quitter des yeux et maintint une main ferme sur la garde. Mes hommes ne sont peut être pas des montagnards aguerris, mais ils se soucient de leur prochain. Bien que votre aide  eût été fort utile, nous sommes suffisamment expérimentés et déterminés pour nous en sortir sans vous.

Sur ce, il se fendit d'une révérence exagérée et tourna le dos sans autres formes de procès.

Il suffirait sans doute d'une demie-seconde pour que siffle une flèche ou une lame hors de son fourreau mais Arghän prenait le risque de penser que ces femmes, bien que rudes , n'étaient pas dénuées d'honneur au point d'attaquer un homme dans le dos. Et quand bien même, il s'était préparé depuis longue à cette éventualité... « Le Lion à la sieste », comme l'appelaient souvent ses pupilles d'Albio, ne dormait toujours que d'un œil. Son corps, son arme, son esprit, tout était déjà prêt au combat...Bien qu'il préférât l'éviter et continuer sa routes avec ces deux sauvageonnes comme alliées.

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Dim 8 Déc - 1:53
Un froncement de sourcil de la part de la chasseuse, et elle darda son regard céruléen sur celle qui débarquait à l'improviste dans cette montagne décidément très peuplée ces derniers temps. A l'improviste, et de manière totalement touristique, d'ailleurs. La jeune Arkh'eil ne se priva pas d'un soupir exaspéré devant l'attitude presque surréaliste de la nouvelle venue. Lançait-elle des fleurs à tous les gens qu'elle croisait ? Mettait-elle son grain de sel dans toutes les conversations qu'elle entendait ? L'Emissaire du Feu avait besoin de tout sauf d'une fouineuse comme cette dame aux cheveux rose bonbon. Si elle était réellement en train de chasser, elle ne chassait pas grand chose. Un véritable chasseur aurait abandonné sa proie une fois celle-ci abattue par un autre prédateur pour en chercher une autre, sans broncher. Tels étaient les aléas de la chasse, et pourtant, cette inconnue semblait faire tout un fromage de cette proie que Shanàn avait traquée pendant de longues heures, pour finalement tomber sur un extra qu'elle n'avait pas vraiment commandé. Deux extras, même. Elle n'avait pas besoin de cette excentrique aux cheveux roses pour dialoguer avec le soldat auquel elle venait de répondre vertement. Elle n'avait pas besoin de tout ça, juste de ce qui se trouvait sous son pied qui lui permettrait de survivre un peu plus longtemps dans ce milieu peu hospitalier. La curiosité de la nouvelle venue l'agaçait plus qu'elle ne l'enchantait. De même que son compliment, qu'elle aurait cru adressé à une gamine de dix ans.

Et l'attitude du soldat n'aida pas vraiment la jeune Arkh'eil à se calmer. Décidément, rien ne valait la beauté de la montagne silencieuse et solitaire, sauvage et pourtant amicale aux yeux de celle qui avait passé sa vie entière – bien que courte – à la côtoyer. Le capitaine terran avait repris son parler soutenu de ces gens qui passent leur vie dans les villes à flatter l'ego de ceux qui possèdent le pouvoir par le sang et non par les actes. Shanàn doutait que son interlocuteur ne soit que de ceux qui parlent mais n'agissent guère efficacement, mais il demeurait que son parler avait tendance à hérisser quelque peu son poil de campagnarde profonde. Et il fallait avouer que la leçon de vie que voulait lui donner cet homme ne lui plaisait pas davantage. Car si, effectivement, elle aurait été prête à écouter plus attentivement les requêtes du soldat si celui-ci l'avait convaincue de ses capacités à survivre à la montagne et au Busard, son discours moralisateur faisait l'effet d'une douche froide à la chasseuse. Qui trouvait que cet homme se dégonflait bien facilement pour quelqu'un qui avait été prêt à se faire transpercer par une flèche – aussi stupide cela soit-il – pour atteindre son but.

Un sourire sardonique s'étira néanmoins sur les lèvres de la jeune fille, qui avait tout de même entendu les propos du soldat – elle aurait pu y faire la sourde oreille, mais peut-être par curiosité l'avait-elle écouté. Elle ne se reconnaissait qu'à moitié dans le portrait qu'il décrivait d'elle et de son lui d'antan. Oui, elle n'appréciait pas forcément les gens des plaines, surtout quand ceux-ci venaient perturber ce milieu qui était le sien. Mais pour autant, elle commerçait avec ces gens, et une partie de ces gens-là avait même été sa famille avant qu'elle ne commette l'erreur de s'en prendre à cette dite famille. Et de même, elle ne se considérait plus comme véritable Terrane. Elle n'était plus rien dans ce royaume qui n'avait plus rien pour elle sinon ces montagnes qui pouvaient, en dernier recours, lui servir de refuge. A Terra, la famille Arkhaia de Eliel n'était plus qu'une famille déchue, déshonorée. Les Arkh'eil, dont elle était l'héritière, n'avaient plus aucune possession. Et n'était d'ailleurs qu'une famille terrane comme les autres, malgré son ascendance. A Terra, elle avait eu une autre famille, mais s'en était séparée. Elle avait même quitté le royaume terran, pour s'aventurer sur les terres ventusiennes, et y demeurer un certain temps, avant de revenir à Terra. Et peut-être qu'elle allait prochainement repartir de nouveau, franchir les frontières, et aller encore plus loin.

Elle n'était plus Terrane. Elle ne savait guère ce qu'elle était, mais elle n'était plus Terrane. Elle connaissait ces gens de l'intérieur. Elle connaissait ces gens des plaines. Elle les appréciait autant qu'elle les exécrait. Elle n'était pas idiote au point de généraliser, à part, peut-être, pour ces chiens d'Ignis qui lui avaient pris sa dignité. Et peut-être fut-ce pour cela qu'elle ne s'offusqua pas davantage des propos provocateurs du soldat, alors qu'ils auraient, en temps normal, suffit pour que la chasseuse embarque sa pitance et débarrasse le plancher sans jeter un regard en arrière.

« Hé, arrête ton char, mon grand. J't'ai dit que j'étais pas public à mélodrame. J't'ai pas dit qu'j'étais complètement ignare. »

Le couteau de la chasseuse continua à trancher la chair, machinalement, alors que ses prunelles voyageaient entre son travail et le soldat prêt à repartir auprès de ses hommes.

« Dis-moi c'que tu f'ras quand tu t'retrouv'ras face au Busard prêt à te trancher la gorge. Dis-moi tes chances d'survivre. J'n'ai pas dit que j'me fichais d'la veuve et d'l'orphelin. J'ai dit qu'j'avais pas envie d'vous envoyer au casse-pipe. »

Parce que dans le fond, Shanàn n'était pas indifférente au sort de son prochain. Elle faisait juste preuve d'un pragmatisme qui la menait à considérer la pratique avant l'idéal. Et elle préférait que ces soldats rebroussent chemin s'ils n'étaient pas préparés à affronter de manière convenable le Busard plutôt que de les voir perdre inutilement la vie de cette manière.

« Et épargne-moi la partie sur l'épée d'la justice et les p'tits oiseaux d'Ehol. Dis moi à qui j'ai affaire. Et toi, accessoirement, fit-elle en jetant un œil et s'adressant à la nouvelle venue aux cheveux roses, dis-moi c'que t'as l'intention d'faire à part du tourisme. »

Elle lui donnait une occasion de se vendre. D'étaler un peu son curriculum vitae. Et il devait s'estimer heureux, elle ne faisait pas ça tous les jours.

HRP:
 

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Mar 10 Déc - 18:29
C'est limite si elle ne faisait pas un facepalm à ce train-là. Alors entre le membre de l'armée qui prenait mal ce qu'elle avait dit alors qu'il avait simple dit de parler normalement. Ils ont quoi ces soldats terrans? Ils sont tous aussi susceptible ou quoi? Elle n'a pas été hostile ou quoi que ce soit, juste que bon, jusqu'à maintenant, les soldats de l'armée avec qui elle discuta semblaient trop coincés. Bon au moins il avait du répondant mais de là à prendre ses paroles pour de l'hostilité, c'était tiré par les cheveux. Ah lala, sacré caractère.

Alors l'autre était du genre à être capable de la mettre en rogne rien que de lui parler comme ça. Cette version d'elle en plus jeune avait le don de lui sortir par les oreilles et aussi étrange que ça puisse être, de l'aimer encore plus. Un mélange des plus bizarres, faut croire qu'elle s'attirait à elle les gens les plus étranges et les plus... Oui non étranges suffit. Pas besoin d'en rajouter. Bon fallait tout remettre à leur place ou bien sinon son tempérament de feu allait reprendre le dessus.


-Eh! Alors déjà je n'ai pas été hostile hein, j'ai juste dit de parler normalement, je vois pas en quoi j'ai été hostile... Si j'étais hostile, je brandirais mon arme en menaçant. Donc déjà ça c'est clair et net.

Fixant alors la jeune fille qui lui posa une question aussi simple et radicale. Elle répondit sans gêne, subtilité? Jamais entendu parler.

-Parce que tu crois que ne je n'ai que ça à foutre? Je ne suis pas le genre à faire du tourisme là, je chassais au cas où tu es sourde, je l'ai déjà dit. Je pense que tu peux le deviner sinon avec l'arc que je me trimballe non? Ah mais oui j'suis bête, je suis là pour cueillir des fleurs, bah oui c'est utile quand on veut manger de la viande bien fraiche... Bon sang...

-Bref, je ne suis pas là pour me promener. Donc je me représente comme il faut; je me nomme Baiken et je suis maitre d'armes... En tout cas c'est ce qu'on dit de moi et de ce que je fais.


Réfléchissant, tout cela tournait d'une manière dont elle n'aurait pas voulu au premier abord. Certes elle avait un caractère de feu à faire brûler la roche mais de là à être quelqu'un de mauvais, non. Tournant la tête vers là où était son frère, elle se mit à hurler.

-Kenshin, tu peux sortir c'est bon, c'est pas dangeureux, allez magne-toi.

Sortant alors de sa cachette, le frère de Baiken se montra enfin en restant tranquille alors qu'il se mit à côté de Baiken.

-Excusez-moi pour le comportement de ma soeur, je suis Kenshin, le frère de cette personne. Ma soeur n'est pas du tout dangereuse je vous assure, juste qu'elle est un peu brus-

C'est sans gêne qu'elle lui mit une petite tape derrière la tête.

-Ne vas pas leur dire des trucs comme ça toi, après je vais avoir moins d'élèves si ça venait à se répandre ce genre de truc. Bref j'ai une idée, en ce moment je roule pas sur l'or, donc si ça vous intéresse, je peux offrir mes services histoire que ces soldats ne meurent pas bêtement. Que bon c'est bien beau de servir et de mourir mais une fois mort, on peut plus servir sa cause. Vaut mieux rester en vie le plus longtemps possible que de se sacrifier comme ça. C'est pour ça qu'être dans l'armée me motive pas, j'aime mieux encore ce que le grand général m'a proposée tiens... Je devrais donner un nom à ces hommes tiens, bonne idée quand j'y pense...

-Ne vous en faites pas, je vous promet que le prix est plutôt bas, surtout avec ce que le grand général nous don-.

Et encore une autre tape derrière la tête, une!.

-Chut! Ah bon sang, je te préviens, si tu continues à dire des bêtises, je vais te faire trente fois le tour de la maison, compris?

Hochant la tête, Kenshin du se résoudre à ne rien dire pour le moment, se contentant de se tenir là à simplement les observer à tour de rôle.

-Bon alors capitaine, quelle est votre offre? Et si vous me croyez pas capable de me battre, je peux vous donner une preuve tout de suite.

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Mer 12 Fév - 12:51
Arghän avait décidément passé trop de temps en discours pour galvaniser ses troupes et l'Armée laissait désormais une marque indubitable dans sa façon d'être et d’interagir avec autrui. Il faut dire qu'avoir grandi dans une communauté de Néotopiens, inoffensifs mais presque sectaires, l'avait sans doute prédestiné à vivre une vie guidée par d'inébranlables valeurs et tissée d'inlassables discours rhétoriques. Être fils de paysan et enfant de Néotopia donnait lieu à cette étrange identité, partagée entre richesses terriennes, besoins pragmatiques et...utopie religieuse. Un beau bazar, de fait.

- Vingt ans déjà... Un poids douloureux tomba au fond de son estomac. Vingt ans dans l'armée, au nom des valeurs Terrannes, au détriment d'une vie de famille. Et maintenant que je décide de rattraper le temps perdu, tout s'effondre...

Peut être pas ! ... Les deux femmes - après s'être une fois de plus épanchées sur la fatuité de sauver son prochain et d'agir au nom d'une quelconque justice- finirent par se porter volontaires pour l'aider dans son expédition. Qui l'eût cru ?! A la fine équipe s'ajouta un dénommé Kenshin, frère de la bretteuse aux cheveux d'améthyste, se présentant elle-même comme "Baiken" et visiblement d'avantage mercenaire que Maître d'Armes, à en juger par sa détermination à recevoir une compensation financière pour son aide. Il eut un sourire lorsque le nouvel arrivant reçu une paire de claques fraternelles derrière la tête. Cela lui rappelait les liens qui l'attachaient à son jumeau Raghnär, tissés de confiance, de tendresse mais aussi de démonstrations viriles de domination.

-Le QG nous autorise à faire appel à des...le mot "sous-traitants" lui passa en tête mais il songea que la bouillonnante Baiken n'apprécierait peut être pas le terme.... des experts dans ce genre d'opération délicates. Je ne peux pas encore vous donner de montant mais au terme de cette mission, je pourrais missionner un messager à la Trésorerie. Terra décidera de la valeur de vos services et vous rétribuera en espèces sonnantes et trébuchantes. C'est là tout ce que je peux vous proposer, Baiken

Si Baiken était déjà prête à se jeter tête baissée dans la mêlée, l'androgyne bougonne se tenait quant elle toujours sur la réserve. Elle attendait qu'Arghän lui fasse part de ses plans avant de se prononcer. Jugeant qu'il en avait fini là avec ses grands discours de Capitaine, qui n'émouvaient aucune de ses potentielles alliées, Arghän décida qu'il était temps de passer au concret. Il sortit un vélin cartographiant les Elénides de sa botte et le déplia devant la petite troupe. Fort heureusement, éclairer et préparer le terrain en vue d'une mission était sa spécialité.

- Nous avons exploré toute cette zone. dit-il en caressant du doigt l'arête montagneuse qui descendait de Volare à Illuminare. Mais ce fut en vain, nous avons des raisons de penser que les Busards se sont réfugiés dans les montagnes même. Un prêtre d'Illuminare nous à informé que les réseaux de grottes sont légion dans la région, sculptés par l'eau dont ces montagnes ont surgi lorsqu'elle ont été sculptées par...l’Émissaire.

Il se retint de justesse de lever les yeux au ciel. Ces vieilles fadaises religieuses justifiant la topographie des Elénides l'exaspérait. Néanmoins, le Prêtre disait vrai. Ils avaient eu l'occasion d'apercevoir les moult ouvertures, failles et autres avens dans la roche. Les dessous de ces montagnes étaient de vraies passoires. Après un court silence de réflexion il désigna le groupe de pics qui s'amassait au Sud-Est.

- Nous avons également une autre hypothèse : les Busards pourraient s'être réfugiés dans la région montagneuse la plus dense des Elénides, près de la Grande Faille du Sud-Est... Mais cette zone est réputée comme impraticable et les malfrats sont supposés traîner larcins et esclaves dans leur sillage, ce qui leur compliquerait grandement la tâche. De plus... Il tapota la frontière d'Azaïr... s'ils s'approchent trop de cette zone, ils seront sans doute criblés de flèches dès qu'ils seront en vue des Sentinelles. Un communiqué officiel, résultant d'une enquête menée par le QG de Terra, nous assure que l'Empire ne fraie en rien avec ce genre d'énergumènes et même si je ne crois pas cela sur parole, je n'ai aucune envie d'aller folâtrer du côté d'Azaïr sauf pour une bonne raison.

Arghän resta penché un moment au dessus de la carte, étudiant une fois de plus le terrain, puis darda ses yeux sombres sur le groupe improvisé.

- Voilà ou nous en sommes. Il me reste treize hommes valides. Ce sont de bons soldats, volontaires et résistants. L'air pensif, il caressa sa barbe naissante, qui donnait à ses traits émaciés cette lumière si particulière, puis dit encore : Je pense que vous êtes meilleurs connaisseurs du terrain que nous autres et votre aide pourrait s'avérer déterminante. J'ai autorité pour sectionner mon contingent en petits groupes d'éclaireurs qui vous suivront, à la seule condition qu'un officier soit présent dans chaque groupe. Nous pouvons aussi pister les Busards ensemble, je recommande d'ailleurs cette méthode... Le groupuscule que je poursuis à été mis en fuite par les Walkyries de Terra, mais nous savons de source sûre qu'ils ont une base dans ces montagnes et donc de quoi se refaire. Nous ne sommes pas à l'abri d'une embuscade, voire même de pièges disposés un peu partout dans les montagnes.

Les trois alliés improbables se penchèrent sur la carte et l'étudièrent. Arghän les laissa faire en silence, se demandant quel genre de stratégies pourraient émaner de pareils individus... Il n'était néanmoins pas a l'abri d'une bord surprise, comme cette alliance de dernière minute.

- Alors, que préconisez-vous ?





Citation :
A mon tour de m'excuser pour ce retard ! J'ai expliqué dans le topic Absences les raisons de mon indisponibilité passée et future. J'espère que cette réponse dynamisera un peu ce RP ^^ Bonne lecture et envoyez un MP si problème !

Arghän

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Lun 17 Fév - 20:03
Que de diplomatie dans cet étrange trio qui venait de se former au fin fond des Elénides – pas vraiment un fond, vu l'altitude, certes. Et la jeune Arkh'eil aurait bien continué en ce sens – autrement dit, continuer à envoyer paître tout ce qui la contrariait – si elle ne s'était pas découverte, dans un miracle digne d'Ehol, un soupçon de patience l'empêchant d'enfoncer l'arc de la pimbêche aux cheveux roses dans le point le plus sensible de son anatomie – oui que de violence, mais elle n'appréciait guère se voir rappelée à l'ordre par une espèce de pseudo touriste venu chasser gaiement l'animal des hauteurs. Quoiqu'en fait, elle n'aimait tout simplement pas se faire rappeler à l'ordre par qui que ce soit. Or donc, dans un élan de patience insoupçonné, et peut-être par égard pour un pauvre arc qui n'avait rien demandé à personne, la chasseuse se contenta de foudroyer du regard la dénommée Baiken, avant de river son regard sur le quatrième mousquetaire de cette fine équipe qu'ils constituaient à présent – enfin, le terme d'équipe restait encore très discutable. 

Interrompant son travail de dépeçage, la jeune fille aux cheveux blonds comme les blés poussa un soupir de dépit, observant sans mot dire le manège fraternel des deux gus qui n'avaient visiblement rien de mieux à faire que de fréquenter des montagnes désertes alors que leur métier consistait à enseigner – ce qui, dans un tel environnement, ne risquait pas d'intéresser grand monde... à moins que les chamois ne se soient découvert une nouvelle passion pour le savoir humain.


Comment ça, elle était de mauvaise foi ? Bon, certes. Mais il fallait admettre que se faire interrompre au terme d'une chasse longue et difficile n'était pas des plus astucieux pour la mettre de bonne humeur.

Constatant que la conversation avait dévié sur un sujet qui ne la concernait que moyennement, l'Emissaire reprit son travail minutieux de dépeçage, et ce jusqu'à ce que le militaire ne sorte de sa botte un vélin, qu'il déplia – et malgré son manque évident d'éducation, Shanàn ne tarda pas à reconnaître la cartographie des Elénides, dont elle possédait elle-même un exemplaire, même si l'habitude faisait qu'elle s'en passait à présent très facilement. Abandonnant temporairement ses activités, elle se rapprocha du soldat, étudiant attentivement la carte, tout en écoutant ses explications. Elle se serait certes passée de l'explication mystique de l'existence des grottes du massif montagneux, mais plutôt que de râler une énième fois, elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire sardonique, voyant que le militaire était de la même veine qu'elle : un pragmatique invétéré croyant difficilement au folklore local. Certes, elle pouvait en un sens s'estimer comme faisant partie du folklore mondial, mais... c'était là un vaste débat, qu'elle n'avait guère envie d'aborder.

Elle reporta ainsi volontiers son attention sur la carte plus que sur les croyances locales. Les grottes évoquées par le militaire n'étaient pas étrangères à la chasseuse, qui s'en servait parfois elle-même pour se mettre à l'abri des intempéries ou, quelques fois, pour raccourcir la durée de ses déplacements. Ses proies ne s'aventurant toutefois jamais trop dans les profondeurs des massifs, elle ne pouvait néanmoins guère se vanter d'être excessivement familière avec ces galeries souterraines, qui recelaient elles aussi de dangers non négligeables – qui l'étaient encore moins lorsque l'on avait à ses trousses les hommes redoutables du Busard Rouge. Ceci étant dit, il n'était guère difficile d'imaginer que de telles galeries pouvaient parfaitement convenir aux pillards pour se déplacer rapidement, semer leurs poursuivants, et également pour leur fournir un abri digne de ce nom.

Si bien que la seconde hypothèse du capitaine semblait plus improbable. Comme il le disait si justement, un vétéran des montagnes pouvait se déplacer sans trop de craintes dans la partie la plus escarpée des Elénides, mais probablement pas en traînant derrière lui butin et esclaves... Et elle-même n'avait guère envie d'y guider un contingent de soldats certes braves, mais d'ores et déjà fatigués par leur excursion. D'autant plus que plus elle restait loin des frontières d'Ignis, mieux elle se portait. Même si, dans l'absolu, le Busard ne lui demandait guère son avis pour s'établir non loin des frontières de l'Azaïr.

« T'as une tête, et tu sais t'en servir, j'veux bien t'reconnaître ça... soupira la jeune fille aux prunelles céruléennes. »

Et il n'avait probablement pas que ça. Des hommes suffisamment loyaux et forts pour l'avoir suivi jusque-là, ainsi qu'une obstination sans égale pour envisager de s'attaquer ainsi aux coins les plus reculés du massif montagneux. Peut-être, justement, que la seule chose qui manquait cruellement à ces hommes au point d'être tenus en échec était cette expérience du terrain dont Shanàn – et peut-être Baiken – jouissaient. Ce qui, elle devait l'admettre, l'obligeait sérieusement à considérer l'appel à l'aide du capitaine.

« Alors écoute-moi bien : j'suis loin de posséder la connaissance absolue. La montagne, c'est capricieux, changeant. Y'a aucune garantie qu'j'arrive à te mener au bon endroit. Donc tu n'viendras pas râler parce que j'vous mène à rien. »

La chasseuse détacha son regard de la carte, pour lever les yeux vers les sommets lointains qui les surplombaient, la roche se découpant dans le ciel qui ne tarderait guère à se teinter des couleurs chatoyantes du crépuscule.

« Si tu tiens à tes hommes, garde-les groupés. Parce que dans l'genre cible facile, y'a rien d'mieux que deux trois gus paumés entre deux ravines... »

Son regard se posa de nouveau sur la carte, s'attardant sur la Grande Faille du Sud-Est. Voilà bien une expédition qu'elle n'avait pas envie d'entreprendre, si elle s'avisait d'avoir dans son sillage quatorze militaires, plus deux touristes qui ne l'étaient pas vraiment. Aussi ne se garda-t-elle pas d'exprimer sa pensée.

« S'amuser à errer du côté d'la Grande Faille, c'est une aussi bonne idée qu'de vouloir sauter d'un pont. C'est autant valable pour eux qu'pour vous. A moins qu'ils n'se soient séparés. »

Après tout, rien ne disait que le Busard Rouge ne s'était pas établi en deux endroits différents des Elénides. Leur nombre même était difficile à estimer tant les rumeurs qui couraient à leur sujet étaient contradictoires, quoique convergeant toutes vers une seule et même idée : chercher des noises au Busard n'était pas la meilleure idée du siècle si l'on avait envie de faire des vieux os.

« J'serais vous, j'tenterais ma chance – si on peut appeler ça d'la chance – du côté des grottes du coin. »

Le regard de l'Emissaire se détacha de nouveau de la carte. Pour se poser cette fois-ci, sur la lame de son poignard, maculé de sang, puis sur la carcasse qu'elle avait entrepris de dépecer.

« Dis-moi... commença-t-elle avec une moue, ça fait combien d'temps qu'tes hommes ont pas mangé d'viande fraîche ? »

D'un geste nonchalant, elle désigna du bout de sa lame la carcasse. Probablement que le militaire n'aurait pas de réponse plus claire que celle-ci.

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