L'enfant perdue



 

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L'enfant perdue

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Métier : Capitaine
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Dim 4 Aoû - 21:06
Arghän Kane traversa la grande cour pavée du QG d’Hystia comme un furieux courant d’air, sa cape et ses mèches blanches grisées par la poussière du voyage tourbillonnant dans son sillage.

Bien que ses visites en ces lieux soient courantes, il prenait souvent le temps de s’arrêter devant l’imposante façade sculptée du bâtiment, dont les bas-reliefs chatoyants de fanions aux couleurs de la Nation racontaient l’épopée des Héros Terrans. De Tristan Senyl le Fondateur à Ergert Bras-Armé en passant Dalina l’Invaincue, ces icônes du passé, piliers de l’Héritage de son pays, le fascinaient comme un enfant. Du haut de leurs perchoirs, les visages de pierre grêlés par l’érosion semblaient poser sur lui un regard grave et digne, en veilleurs séculaires de l’Histoire. Si le Capitaine n’était pas de ceux qui se complaisent dans le fanatisme et l’adoration, il préférait largement s’intéresser à ces Terrans - autrefois simples soldats, comme lui  - qu’à cette entité nommée Ehol et sa cohorte de disciples magiciens, que la communauté qui l’avait vu naître vénérait avec d’une dévotion ingénue, inébranlable…insupportable !

Ces hommes et ces femmes, dont la silhouette figée sur ces murs levait un lance ou une épée, encourageait les troupes d’un cri muet, le doigt pointé sur l’ennemi… C’était eux les vrais martyrs, les authentiques « Créateurs ». Illustres Mortels , parangons du credo terran – Amor Patriae Nostra Lex, gravé en lettres d’or sur le fronton d’entrée – ils méritaient bien plus la compassion et le respect du bon peuple que quelques idoles divines dont l’existence douteuse se perdait dans les méandres du Temps.

Mais aujourd’hui, l’heure n’était ni à la contemplation, ni aux réflexions de ce genre. Et c’est le regard dardé devant lui, les traits figés d’une coléreuse détermination, que le Capitaine Arghän Kane franchit les portes massives sur Quartier Général d’une poussée vive et puissante, faisant fi des regards intrigués.

~°~  Quelques jours plus tôt, à l’extrême Nord-Est de Terra   ~°~


-         Leurs traces se perdent à partir de là.

Fenn Glynn se laissa glisser de sa monture et s’accroupit au plus près du sol, quelques rides soucieuses venant s’ajouter à ses traits de sexagénaire.

-         Cela n’a aucun sens …grommela Arghän en jetant des regards furieux dans les épais bois alentours. Nous avons réussi à les pister jusqu’ici sans encombres, la moitié des villages de la Région les ont vu galoper à vive allure vers ces terres, traînant de grandes cages sur des chariot tractés par des étalons de force. Ils n’ont pas pu se volatiliser dans les airs !

-          Il y a quelque chose…

Le Mage laissa ses mots en suspens, pressant sa paume sur la terre battue comme pour en sentir la chaleur. Ses lèvres s’agitèrent soudain, égrenant un chapelet de mots chuintants et susurrants, alors qu’une brise rasante dénudait doucement le chemin de sa poussière. L’air se chargea d’une odeur piquante, électrique et Arghän ne fut pas long à reconnaître l’empreinte de la Magie à l’œuvre.

-          Bon sang, Fenn ! s’emporta-t-il dans un cri de rage semblable à un rugissement. Quand vas-tu cesser de perdre notre temps en bredouillements, gestes erratiques et autres pitreries magiques ?! Il calma son cheval alarmé d’une caresse sur l’encolure et d’une simple pression des cuisses. Cependant ses traits acérés et l’ombre toujours plus sévère de son regard témoignaient d’une ire que seule la vengeance pourrait apaiser. Ces enfants de putain détiennent Leyanna et ils ne sont ni Pactisants, ni Mages ! Ce sont des culs de basse-fosse qui vendent femmes et enfants aux bourgeois déviants et aux princes sadiques d’Ignis ! Des voleurs, violeurs, pilleurs qui ne jurent que par le sang et l’argent ! Ils n’ont que faire de ta satanée Magie !


Secouant les rênes d’un geste rageur, le Capitaine entreprit de longer l’orée de la forêt d’un trot nerveux, cherchant une piste, une trace…un moindre indice permettant de mettre la main sur les ravisseurs de sa fille. Le vieux Mage du Vent laissa faire, conscient que la souffrance de son ami trouvait en cette colère irraisonnée une façon de s’exprimer. Ces derniers jours avaient été éprouvants pour lui. Avec l’aide de quelques volontaires parmi les Enfants de Néotopia, ils avaient poursuivit le Busard Rouge sans relâche, la troupe de malfrats ayant toujours quelques milles déterminants d’avance sur eux. La veille, une missive leur était parvenue de Raghnär, qui n’avait pas pris part la battue pour rester au chevet de son fils blessé. Nero venait de revenir à lui…mais il avait laissé un part de son esprit au néant qui l’avait tenu une semaine durant. L’adolescent, désormais muet, semblait vivre dans une confusion permanente. Il avait oublié comment se nourrir, se vêtir, se soulager…Bien que le jumeau du Capitaine, éternel optimiste comme tous les Enfants de Néotopia, lui ai assuré que quelques années suffiraient pour le rendre à nouveau autonome, puis transmis tous ses vœux de courage et de force dans sa quête, la lettre rageusement froissée était allée nourrir le feu du campement... et Fenn avait vu les flammes grondantes et sauvages danser dans les yeux noirs d’Arghän, comme un miroir de sa haine et sa culpabilité, désormais décuplées.

Il était encore à ses pensées quand un léger crépitement se fit sentir sous la pulpe de ses doigts. La brise magique, balayant une couche de terre meuble, venait de révéler une rune gravée à même le sol, palpitant et rougeoyant comme la braise. Fenn allait héler son compagnon pour lui faire part de sa découverte mais le Terran revenait déjà vers lui au galop, le visage peint d'une expression grave et pensive

- Nous sommes à la bordure du Nibelungen. annonça-t-il en promenant un regard indéchiffrable sur les bois qui semblaient s'étendre sans fin. Je viens de trouver un dolmen gravé de l'emblème des Mayfair.

- C'est donc le domaine de notre Grand Général. Fenn Glynn se redressa, caressa sa longue barbe d'un geste lent et songeur. Cela explique que nous ne trouvions plus la piste des brigands...Quiconque franchit cette rune est irrémédiablement marqué et peut être suivi à la trace par le maître des lieux. Je sens une très forte prégnance de la Magie sur bien des hectares alentours, d'où l'absence de traces visibles.

- Celui qui ose pénétrer ces terres sans autorisation devient la proie des Mayfair seuls. conclut Arghän avec un reniflement de mépris.  Nos vauriens n'ont pas dû aller bien loin, Brunhild n'est pas du genre à laisser passer ce genre d'affront.

Si le respect de la hiérarchie lui interdisait d'appeler son Général par son prénom, le Capitaine n'en avait cure en ce jour. Un sentiment d'amertume croissant le gagnait alors qu'il observait l'insolente frontière du Nibelungen, toujours plus vaste au fil des années. Sur le cadastre, les terres de son enfance appartenaient elles aussi aux Mayfair, offertes au patriarche de la famille lors de son élection au Sénat. Néanmoins, le petit village des Enfants de Néotopia, isolé et pénible d'accès, n'avait que peu attiré l'intérêt de la célèbre et riche famille Terrane depuis. La dernière visite de leur Héraut devait remonter à une vingtaine d'années, ce qui ne dérangeait nullement sa communauté peu encline à être ainsi « assujettie » , même pour servir une lignée de patriotes dont la réputation politique et martiale n'était plus à faire.

Ainsi ne s'était-il jamais vraiment aventuré sur les terres des Mayfair, préférant les vallons encaissés et les petits bois courant au pied du Rempart du Septentrion. Mais aujourd'hui, cette frontière dont il n'avait eu cure jusqu'alors semblait lui faire la nique. Son Général était-elle à ce point condescendante, égoïste pour faire justice par elle-même ? L'idée qu'il ne puisse faire main basse sur les ravisseurs de Leyanna avant elle le hérissait d'une colère aigre, aussi irraisonnée que virulente... Le Busard Rouge était sien !

Avec un grognement sourd, il poussa sa monture dans les bois, dont les sabots martelèrent la rune d'un galop puissant.

- Arghän ! C'est une mauvaise idée ! lança Fenn, se hâtant de remonter en selle pour ne point le perdre de vue. Nous devrions d'abord obtenir un passe-droit du QG...

- Au diable Hystia et sa foutue paperasse ! rugit la voix du Capitaine qui se perdait déjà dans les bois. Nous avons suffisamment perdu de temps !

Une colonne de fumée noire les avait guidés jusqu'au massacre... Perché sur une petite colline un fortin de bois – sans doute construit sur de vieilles fondations datant de la Guerre contre Ventus -  achevait de brûler dans l'air du soir tombant. Les portes fermant les palissades de fortune semblaient avoir été arrachées, réduites en charpie par une violente bourrasque, et partout où portait le regard, les corps éviscérés, démembrés de ce qui fut autrefois la troupe du Busard Rouge baignaient dans une boue sanglante. Fenn fut le premier à parler.

- La Magie ancienne à œuvré ici. dit-il d'une voix blanche, parcourant le champ de bataille d'un trot lent, les yeux baissés sur les traces de la charge. On a invoqué une créature, un élémentaire...un golem peut être... Il prit à sa taille une pincée de poudre grise dans une petite bourse, qu'il lança dans les airs en murmurant une formule. Oui, on à utilisé des sorts puissants, de haut rang. constata-t-il alors que la poudre déclinait un panel de bleus en se dissolvant dans l'air. Le Général en est sans doute à l'origine

- Par les Enfers...

Hébété et raidi de fureur, le Capitaine avait posé pied à terre et arraché un étendard planté dans un corps. Brodé de fils d'or sur un lin autrefois d'un blanc immaculé, un pégase rutilait encore parmi les tâches écarlates.

- L'Ordre de la Walkyrie... Arghän inspira vivement, froissant le tissu d'un poing rageur. La Mayfair les as trouvés avant moi ! Mais alors...

La crainte supplanta alors la colère. Tout autour de lui n'était que destruction et mort. Où était sa fille ? Avait-elle survécu à la confusion et la violence de l'échauffourée ?

- Leyanna ? LEYANNA ? Où es-tu ma douce ?!

- Arghän ? Tu devrais venir voir...

A l'arrière du fortin, les flammes jetaient une lueur incandescente sur une immense carcasse  bardée d'une armure de plaques. Le gorgerin, encore poisseux d'un sang épais et abondant, témoignait d'un coup fatal et précis.

- Le Busard Rouge avait des ressources. C'est un Pactisant. annonça Fenn après avoir soulevé la visière pour examiner les traits déjà boursouflés et noircis. Du type mutant. Si j'en juge par cette immense masse cloutée et ce qu'il reste de la Walkyrie là-bas, il devait posséder une force hors norme et ca n'a pas du être une mince affaire de l’abattre.

Mais le Capitaine ne l'écoutait guère. Il venait de repérer les fameuses cages à esclaves et examinait les cadenas fracassés, le visage éclairé d'un nouvel espoir.

- Arghän ?

- L'Ordre à libéré les prisonniers ! Le Général à sûrement suivi le protocole...

- Heu... Arghän... ?!

- Oui ! Si tout s'est passé comme prévu , ils doivent être à l'Hospice Militaire d'Hystia ! poursuivit le Terran , dont le soulagement hachait les propos de petits rires incontrôlables. Leyanna n'est pas loin Fenn ! Il nous suffit de retourner à Hyst...

- CAPITAINE ! Fenn ne l'appelait par son rang que dans les cas d'urgence.

Le Diable Blanc se retourna vivement pour se retrouver nez-à-nez avec la pointe acérée d'une lance. Perchée sur un destrier hors-norme, une Walkyrie le tenait en joug, posant sur lui un regard froid et implacable. A ses côtés, Fenn Glynn , mains levées en signe de reddition, se trouvait dans la même situation. Tout autour du fortin, des silhouettes diaphanes et féminines se dressaient, roides et solennelles, un pégase doré brodé sur leur tapis de selle.

- Je t'avais dit qu'on aurait besoin d'un passe-droit... marmonna le Mage entre ses dents.


~°~

- Le Grand Général va vous recevoir, Capitaine Kane.

Arghän cessa de tourner en rond dans le vestibule et emboîta le pas du Chambellan qui le conduisait aux bureaux de sa supérieure. Dans son esprit se bousculaient déjà mille questions, pressées de colère et d'angoisse. Il s'efforça néanmoins de ne point oublier le protocole. Manquer de respect à son Général ou faillir à l'étiquette militaire pouvait lui faire perdre un grade, voire même l'envoyer au mitard pour un moment. L'urgence de la situation ne le permettait pas.

Brunhild Mayfair l'attendait derrière un vaste pupitre de chêne où trônaient des piles de dossiers et de cartes, braquant sur lui deux yeux azuréens qui le sondèrent sans ciller. Le Capitaine, qui ne l'avait jamais vue sans son armure, la trouva presque frêle avec sa silhouette longiligne et ses formes discrètes. Mais l'acuité de son regard, la prestance naturelle et la rigueur de ses traits derrière son étrange chevelure rosée lui rappelèrent vite qu'elle était de sept ans son aînée, guerrière d'expérience et avant tout, l'officier le plus haut gradé de l'Armée Terrane.

- Mon Général. salua-t-il laconiquement, adoptant le garde-à-vous réglementaire.

Il resta ainsi malgré les questions qui lui brûlaient les lèvres, sans chercher à éviter son regard, attendant qu'elle lui ordonne le repos.

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Mar 3 Sep - 3:38

8 Janvier 762

Brunhild n’avait pas vraiment fait de progrès notable avec l’enfant qu’elle avait tirée des geôles des esclavagistes quelques jours plutôt. Malgré les critiques de Morgane, l’héritière déchue ne s’était pas sentie capable d’abandonner l’enfant aux services sociaux, pas tant qu’elle n’aurait pas parlé et retrouver la forme, enfin, cela, c’était l’excuse qu’elle avait fournie a tout le monde. Si l’enfant avait enfin daignée desserrer les lèvres, elle n’avait pas encore prononcée son nom, tout juste avait-elle posée des questions auxquels Brunhild avait répondue avec patience et franchise, dans la limite du raisonnable envers une enfant de son âge. La jeune femme avait toutefois remarquée un certain potentiel chez cet enfant, restait à savoir si elle serait un jour capable de l’exploiter au maximum de ses capacités. Toutefois, son devoir passait avant le bien-être de la petite fille et elle était donc retournée à Hystia afin de pouvoir remplir son office. Bien entendue, Mira Han s’était montrée curieuse, mais Mayfair ne s’en était pas préoccupée pour autant, répondant rapidement aux questions pressantes de sa seconde, ce qui signifiait qu’elle ne souhaitait pas pour le moment en parler. La guerrière savait ce qu’elle avait à faire et contrôler la situation, fin de l’affaire.

Toutefois, alors qu’elle avait commencé à rédiger son propre rapport sur cette opération de nettoyage ainsi que consulter ceux des autres officiers présents et des services sociaux, on lui avait fait parvenir une missive comme quoi le capitaine Kane avait été retrouvé en fouillant sur les décombres de la bataille… C’était quelque chose d’étrange, pourquoi diable l’homme, censé être en cet instant en permission, s’était-il retrouvé ici ? Il avait de plus provoqué le courroux des Walkyries, qui désiraient toujours récupérer les corps des demoiselles tombées au combat afin de pouvoir les inhumer dignement dans le respect de l’Ordre de Chevalerie. L’Ordre ne pouvait officiellement pas s’en prendre à un membre de l’armée, toutefois, il était parfois nécessaire d’éclaircir des choses entre les différents ordres de Chevaleries et les troupes régulières de l’armée Terrane et Brunhild avait choisi, pour cette fois, de couvrir son capitaine pour une raison simple : l’homme, simple et pourtant charismatique, était une force de la nature, un guerrier pure qui n’était pas touché par les styles trop académiques et dont elle pensait ne pouvoir se passer. Il était donc nécessaire d’éviter l’incident, elle avait l’intention de lui expliquer elle-même la réaction vive des guerrières en armure ainsi que lui demandé les raisons de sa présence sur les lieux.

Quelqu’un vint lui annoncer qu’il était finalement arrivé et elle donna donc l’ordre de le faire entrer sans plus attendre, pourquoi tourner autour du pot ? Il y avait une autre raison pour laquelle le capitaine Kane était un homme intéressant : il s’agissait de l’un des rares hommes divorcé en Terra, il avait épousé une femme d’Ignis qui était en réalité une espionne. Jusqu’à présent, l’armée n’en avait rien tirée et bien entendu, officiellement, le royaume du feu et ses pitoyables princes boursouflé dans leurs propres importances et arrogance avait nié, s’appuyant sur le fait qu’ils n’auraient jamais confier une tâche aussi importante a une femme, mais Mayfair n’était pas aveugle ni stupide et savait que justement, le pragmatisme consistait à employer des personnes inattendue en matière d’espionnage, afin de pouvoir automatiquement les abandonner en cas d’échec tout en restant crédible… Sa seule chance, c’était de faire parler cette femme qui se montrait têtue comme une mule. Mais cela rendait Kane sympathique aux yeux de Brunhild, comme lui, elle fut trahie par son conjoint et cela a même failli lui coûter la vie. Certes, la dame n’avait pas connu exactement la même situation, mais elle savait à quel point la situation était difficile, même si dans son mariage, il ne fut jamais question d’amour.

L’homme fit son entrée dans la pièce derrière le militaire que la généralissime avait désignée pour le faire entrer. Il se plaça rapidement au garde à vous, mais Brunhild trouva tout de même quelques signes de nervosité chez lui. Bien entendu, il devait y avoir un lien avec la raison pour laquelle il se trouvait au sein des débris du fort en bois qu’elle avait pris d’assaut en compagnie de son ancien ordre de chevalerie. Toutefois, Mayfair était soudainement curieuse, elle se redressa, s’offrant un peu plus de prestance malgré l’absence d’armure, la veuve s’étant contentée de son habituel plastron noir. Derrière son siège, debout, les bras dans le dos et le regard implacable se tenait sa seconde, Mira Han, une demoiselle a la chevelure de flamme et aux formes bien plus généreuses que celle de sa supérieure, qui portait toutefois dans son regard que la vie n’avait pas était facile pour elle également. Savoir les épreuves qu’elle avait vécue en revanche était quelque chose de bien plus difficile que lire dans son regard une partie de sa souffrance et même Brunhild, qui était la personne connaissant le mieux Han, ne savait même pas d’où elle venait, ni ce qui l’avait poussée à rejoindre l’Ordre de la Walkyrie…


« Repos capitaine Kane. Je vous en prie, prenez place. Nous aurons probablement de nombreuses choses à évoquer, autant être à l’aise. »

Pour pouvoir échanger correctement, Brunhild avait appris depuis longtemps qu’il était préférable de banaliser une conversation plutôt que d’affirmer avec force et conviction son rang et sa puissance. En plaçant les gens en confiance, elle arrivait ainsi à obtenir leurs remarques et observations, parfois pertinente, lui permettant d’éviter certaines erreurs, tout en se forgeant une certaine popularité. Son leadership était indéniable, mais elle ne faisait pas partie des officiers tyrans voulant régir la vie de tous leurs hommes à la moindre seconde près. L’opposition de style avec Mira, dont la gestuelle plus nerveuse ainsi que la plastique bien mieux mise en valeur que celle de son amie était saisissant, mais il était probable que Kane ne s’intéresse que peu à cette dernière pour le moment, d’autant plus qu’elle n’avait encore pas ouvert la bouche une seule fois. Lorsqu’elle le ferait, aucun doute possible, il ne pourrait nullement se permettre de l’ignorer, car son franc parler allait probablement le surprendre, encore plus s’il venait à être dirigé contre Brunhild elle-même. Cette dernière repris la parole, expliquant d’abord les raisons pour lesquelles les Walkyries s’étaient montrée aussi hostile avec lui.

« Vous avez dû faire face à une réaction hostile de la part de l’Ordre de la Walkyrie. Voyez-vous, mes sœurs ont la tradition de récupérer les corps de leurs défuntes afin de pouvoir leurs offrir une sépulture et un hommage digne de leur sacrifice. En étant présent sur les lieux, vous avez brisé une partie de cet instant solennel, ce qui a provoqué leurs courroux. J’ose espérer que vous serez ne pas leur en tenir rigueur, elles font partie de nos défenderesses les plus zélées et nous aurons besoin de leurs soutiens dans les nombreuses épreuves que le futur nous réserve »

Elle fit un signe de la main et Mira Han amena une carafe d’eau, servant un verre à sa supérieure et en proposant un au soldat. Celui-ci était libre de l’accepter ou de refuser, en tout cas, l’héritière Mayfair ne se priva pas pour y tremper ses lèvres et pouvoir avaler quelques gorgées du liquide pour retrouver s’éclaircir quelque peu la gorge notamment. Non pas qu’elle n’appréciait pas parler, mais il était nécessaire de veiller à garder la parole claire sous peine de ne plus être ni audible, ni compréhensible. Elle n’en avait toutefois pas fini, elle n’avait fait qu’évoquer la partie explicative, et donc la moins intéressante à ses yeux, du problème. Il restait donc à lui demander la raison pour laquelle il se trouvait sur ce champ de bataille alors qu’il était censé être en permission auprès des membres de sa famille et de ses amis, au sein de sa communauté si particulière que la généralissime n’avait plus vue depuis son adolescence, lorsque sa mère, alors Matriarche du Clan, s’y était rendue afin de pouvoir s’assurer que les banalités administratives étaient belle et bien accomplie. Elle soupira un instant en reposant son verre puis repris la parole.

« Toutefois, vous-vous doutez bien que ceci laisse de nombreuses questions en suspens. Vous étiez en permission et l’on vous retrouve sur un champ de bataille en arme en compagnie d’un mage, apparemment en chasse de nos ennemis terrassés. J’ai fait le nécessaire pour que vous n’ayez aucun problème, mais j’aimerais comprendre, pourquoi ne pas avoir simplement contacté l’état-major une fois arrivé à la frontière ? Pensez-vous que nous manquons de réactivité ? Je suppose que je n’ai nullement besoin de vous rappeler tous les usages du protocole et du règlement, votre dossier étant excellent, ce qui ne fait que renforcer ma surprise et mes interrogations. »

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Jeu 12 Sep - 11:27
Comme il s’y attendait, sa supérieure avait épluché son dossier avec zèle et souligna vertement sa soudaine dérogation au protocole. Il est vrai qu’il y a quelques jours à peine – une éternité, lui semblait-il – le Capitaine avait pris une permission d’un mois pour renouer avec sa petite fille, être enfin digne d’un père. Et voilà qu’il se retrouvait dans le bureau de La Mayfair, sondé par ce regard bleu acier en attente de réponses qu’il ne pouvait donner.

Arghän ne s’assit pas sur la chaise désignée malgré l’ordre de prendre le repos. Bien qu’il ait quitté la position réglementaire du garde-à-vous, son corps restait inexorablement roide, tendu, ses mains moites, son sang vif et bouillonnant… Comme s’il allait, à tout instant, bondir d’un élan désespéré au secours de Leyanna.  

Le Général expliqua la réaction hostile de ses Walkyries, plaidant leur cause au nom de leur indispensable rôle dans la défense de la Nation. En d’autres circonstances, ceci aurait piqué le Capitaine au vif, lui inspirant quelque vive répartie. Sa Compagnie elle aussi avait joué un rôle déterminant dans la défense des frontières et pourtant, Arghän avait appris aux hommes et femmes la composant à rester humbles, à considérer l’Armée Terranne comme une grande Fraternité combattant sous la même bannière. Jamais un soldat de Première Vague n’aurait menacé ou chercher à piétiner les plates-bandes d’un frère ou d’une sœur d’armes.  Les Walkyries, peut être parce elles agissaient sous l’égide du Général, peut être parce qu’elles constituaient véritablement un corps armé à part entière, avaient toujours joui d’une sorte d’impunité,  d’immunité … leur laissant certaine liberté d’action et de mœurs.

- Tu perds ton temps et le mien à tenter d’expliquer pourquoi je me suis retrouvé avec une lance pointée sur la gorge, Brunhild.] songea-t-il en son for intérieur, une bouffée d’amertume le saisissant. Je ne sais que trop bien comment tourne le système…

Néanmoins, La Mayfair ne semblait pas hostile à son égard et Arghän raisonna sa colère, comprenant sa chance. Il aurait pu se retrouver en mise-à-pied ou au mitard pour bien moins que cela. En le convoquant, sa supérieure lui laissait l’opportunité de s’expliquer, d’éviter l’incident…Il se devait de la saisir.  

Il écouta donc son Général achever d’exprimer sa perplexité, sans ciller, et osa même glisser un regard sur Mira Han, qui s’était de nouveau coulée dans l’ombre. Si la réputation de son Général, aînée de l’illustre famille Mayfair, n’était plus à faire, un épais voile de mystère auréolait cette plantureuse et impassible créature. Nul n’avait jamais vu Brunhild sans son « aide de camp ». Mira la suivait comme une ombre silencieuse, glissait, de temps à autres, quelques mots à son oreille, l’entretenait entre deux portes avant de se volatiliser comme un oiseau de nuit.  Alors que La Mayfair, à l’issue de son discours, posait sur lui un regard sans détour, il sentit sa seconde prête à capter la moindre parole mensongère, le moindre propos bancal … Face à ce duo, il n’avait aucune chance.

-  Si je révèle que c’est ma fille que ces salauds ont prise, ils vont me destituer de l’affaire comme ils l’ont fait pour la traitrise de Samäa. J’ai trop longtemps été un père distant pour elle, c’est à MOI de la retrouver, de la sauver. Je ne veux pas être, une fois de plus, dévoyé de ce rôle qui m’échoit !

Arghän prit une profonde inspiration, cherchant à aborder la chose par des chemins détournés, et lorsqu’il eût trouvé, il s’approcha de Brunhild d’un pas déterminé, laissant entre eux une juste distance protocolaire mais l’accrochant par un regard de même intensité.

- Mon Général, je ne nie en rien l’efficacité et le zèle bienvenu de vos Walkyries dans la défense de notre Nation. L’état du champ de bataille que j’ai foulé en témoigne assez. Néanmoins, je pistais ce groupe de bandits bien avant que votre Ordre ne leur tombe dessus car ils charriaient dans leur sillage nombre de captifs destinés à la prostitution et l’esclavage humain, dont hommes, femmes et enfants venant de mes terres et ma communauté. Ses lèvres fines se tordirent en un rictus presque imperceptible. Le peuple du Rempart est vassal des Mayfair, je ne connais que trop bien les… « Frontières » qui segmentent les terres que nous avons toujours connues et qui, désormais, appartiennent à votre famille.  Nous avons, sauf votre respect, toujours été respectueux de l’autorité des Mayfair mais l’urgence et le danger de la situation nous imposait, avec mon collègue Fenn Glynn et quelques autres membres de ma communauté, d’aller sauver les nôtres, même si cela nous conduisait à violer les frontières du Nibelungen.

Arghän jugea le moment opportun pour sortir de sa poche un vélin froissé, griffonné de noms divers.

-Néanmoins, je crains ne rien vous apprendre de nouveau. Il posa la liste sur le bureau de La Mayfair, la plaquant sur l’ébène poli d’une puissante pression de la paume et perçut, du coin de l’œil, le corps de Mira se gainer, prête à bondir au moindre geste de trop. Voici la liste des captifs, recensés ce matin au l’Hospice du QG. L’Ordre de la Walkyrie à libéré une douzaine d’individus lors de son assaut mais il manque nombre de ces malheureux à l’appel, si j’en crois les témoignages des miens et de villages voisins du nôtre. Il se surprit à garder une parfaite maîtrise de lui-même devant un mensonge si éhonté, son cœur cognant à sa poitrine alors qu’il abordait la clé de voûte, l’enjeu principal de cette conversation. Et parmi ces disparus, on compte notamment une jeune fille d’une dizaine d’années à peine…Ma fille, ma Leyanna… dont les parents affligés pleurent la cruelle absence et imaginent le pire… Où est-elle, Général ? Dites moi que c’est un oubli de vos zélées Walkyries, qu’elle est quelque part au QG, ou dans un orphelinat d’Hystia !

Sous ses sourcils légèrement infléchis, les yeux de Brunhild parcouraient la liste, indéchiffrables. La réponse qu’Arghän attendait ne vint pas. Leyanna était donc officiellement disparue et malgré la souffrance que lui apporta la sinistre vérité, le Capitaine sentit que ces quelques secondes suspendues dans le silence de la pièce constituaient sa chance.

- Mon Général, l’offensive de l’Ordre à été déterminante et cette troupe de mécréants s’en trouve grandement affaiblie, à n’en point douter. C’est cela , Arghän, mets donc de l’eau dans ton vin… Néanmoins, le Busard Rouge est réputé pour s’éparpiller telle une nuée de mouches pour semer ses assaillants. L’absence de ces captifs pourrait s’expliquer par l’éclatement du groupe lors de leur fuite vers le Nibelungen. Certains courent encore. J’ai...échoué. Une sincère contrition se peignit sur les traits du Terran. Nous les pistions à quelques milles seulement et je n’ai pas su voir, je n’ai pas compris ce qu’il s’était passé. Un silence, puis le Capitaine adopta de nouveau la position réglementaire, martelant d’un ton déterminé : Général Mayfair, je souhaite donc lever ma permission et sollicite votre autorisation pour pister et neutraliser ces hors-la-loi, libérer les captifs qu’ils détiennent encore…s’il n’est pas trop tard !

Allait-elle le congédier ? Lui rire au nez ? Ou prendre cette requête spontanée au sérieux … ?  Sa réponse serait déterminante pour la suite des évènements, mais avec ou sans l’aide de l’Armée, Arghän se promit de traquer ces fils de chienne et de les éliminer jusqu’au dernier.



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Ven 27 Sep - 17:14
Il était toujours difficile de faire comprendre les traditions et rite d’un Ordre de Chevalerie a quelqu’un ne les ayant jamais fréquentés. Pour les militaires, les chevaliers n’étaient rien d’autre que des nobles excentrique ou des paysans recherchant une vie meilleure que celle qui leur était destinée, pour le peuple, ils avaient certes le rôle de protecteur, mais beaucoup voient en eux de simple percepteur d’impôts sans réelle contrepartie. Aussi Brunhild n’était pas vraiment surprise de voir Arghan contenir une certaine colère lors de son speech sur la tradition de la Walkyrie, il ne pouvait tout simplement pas le comprendre comme elle, qui avait fréquentée l’ordre et l’avait même dirigée durant une dizaine d’années. En revanche, il ne fit aucun commentaire et reconnu probablement que sa supérieure lui offrait une chance de s’expliquer ainsi que d’éviter de graves ennuis administratif en prenant de son temps pour le recevoir. Mira Han ne s’était pas montrée particulièrement ravie, mais Brunhild avait choisi cette fois d’aller contre sa volonté, suivant son instinct, un acte qu’elle risquait de regretter plus tard ceci dit. Bien que l’officier supérieur essayait de se montrer aimable, elle savait que son simple titre, voir son nom même, la rendait naturellement intimidante, et la présence de Mira, bras croisé dans le dos et regard soudainement sévère, n’aidait en rien à la situation.

Le capitaine ne s’était même pas assit et après un soupir, s’approcha de sa supérieure avant de prendre la parole. Il expliqua que s’il ne remettait pas en doute l’efficacité des Walkyries, il pistait les troupes du Busard Rouge depuis bien plus longtemps que ses dernières, car ses esclavagistes s’en était pris à des membres de son village. Arghan venait d’une communauté de pacifiste égalitaire en bordure du Nibelungen, sur les contreforts de la montagne, que Deirdre avait comme toutes les autres Mayfairs avant elle, laissée se gouverner comme ils l’entendaient, ses derniers ne causant jamais de problème. Toutefois, ils étaient de fait démunis de défense, ce qui expliquait pourquoi les bandits de tous bords pouvaient en faire des cibles faciles, car malheureusement, le monde n’était pas aussi candide qu’ils ne l’étaient. Certes, les remparts naturels de la montagne et la présence des troupes Terrannes ainsi que de l’Ordre de la Walkyrie non loin se montrait souvent dissuasif, mais pas toujours. Kane évoqua le fait que l’urgence de la situation l’avait forcé à contourner le protocole et passer la frontière sans autorisation. D’un geste, la générale l’approuva, sachant qu’elle aurait fait de la même façon à sa place, et un mince sourire se dessina quelques instants sur les lèvres de Mira Han qui connaissait bien sa supérieure.

L’homme sorti la liste des personnes libérées par la Walkyrie, la posant avec fermeté sur le bureau et laissant un instant Mira Han se raidir. Mais Brunhild ne cilla point et de ce fait, montra qu’elle gérait parfaitement la situation. Tendant la main gauche afin de pouvoir observer la liste, qu’elle connaissait déjà, elle continua d’écouter le capitaine s’exprimer, celui-ci évoquant le fait qu’il manquait plusieurs personnes à l’appel d’après les témoins de son village et de ceux voisins. Cela signifiait qu’elle était intervenue trop tard… Un rictus se dessina sur son visage, elle détestait faire un travail à moitié. Elle avait pourtant envoyé ses éclaireurs sur toutes les pistes possibles en cas de fuite, mais personne n’avaient rien rapporté… Il évoqua toutefois une jeune fille d’une dizaine d’année dont les parents pleuraient la disparition. Mayfair senti le regard de Han se poser sur elle et se tourna un instant vers son aide de camp, mais s’il y avait d’autre personne, rien n’indiquait que la petite fille soit cet enfant, elle pouvait être celle de n’importe qui… Donner de faux espoirs à quelqu’un n’était pas charitable.

Il attendit un instant, peut-être dans l’espoir que Brunhild prenne la parole, mais cette dernière ne desserra pas les lèvres, le poussant donc à reprendre la parole. Il expliqua que même si le coup de butoir de la Walkyrie fut rude, le Bussard Rouge n’était probablement pas encore totalement vaincu, ses membres s’étant probablement dispersé dans le Nibelungen, symbole d’un échec qu’il prenait pour lui-même, alors qu’avec le soutien d’un seul mage, ses chances étaient plus qu’infime. Mayfair fronça les sourcils, toutefois, elle se montrait compatissante, elle avait déjà connu l’échec, celui de son mariage, et connaissait son goût amer. Toutefois, une partie de son âme nourrissait de la colère, ses parents étaient irresponsable, eux avaient eu la chance d’avoir un enfant et ils n’avaient pas étaient capable de le protéger. La nature était terriblement mal faite… Il fit une demande simple : la levée de sa permission et l’engagement de ses hommes dans les opérations de poursuite… Brunhild soupira, cela lui semblait vain, elle pensait que c’était malheureusement trop tard, toutefois, elle lui laisserait une chance de la convaincre.


« Mira, apporte la carte. »

La jeune femme s’exécuta alors que la générale songeait toujours à la possibilité que l’enfant qu’elle avait recueilli soit bien celle qu’elle hébergeait au manoir… Elle aviserait lorsqu’elle serait enfin parvenue à obtenir son nom. Han revint avec la carte et la déploya sur la table alors que Brunhild se relevait, ouvrant un tiroir de son bureau et sortant des sortes de figurines qui désignaient les différentes unités militaires, sculpter en bois. Elle les disposa, toute indiquant la position des différentes unités engagées dans la poursuite. La Forteresse des Walkyries étaient également située sur la carte, et Brunhild plaça plusieurs pions symbolisant des positions possible des troupes du Busard Rouge, qui se tournait naturellement vers Ignis, la Générale étant persuadée que ses trafiquants ne recherchaient rien d’autre que vouloir s’y rendre, surtout s’ils avaient encore du butin. Une fois cela fait, elle le laissa analyser la carte, sans réellement savoir si sa formation militaire lui avait permis de la comprendre. Dans le doute, elle allait faire l’explication de texte et lui lancer son défi. S’il répondait de manière satisfaisante, l’officier supérieur accéderait a sa requête, mais dans le cas contraire, il devrait finir sa permission, que cela lui plaise ou non.

« Bien, voici la carte actuelle des opérations. Vous voyez ici nos unités de cavalerie légère et de reconnaissance, ici les positions hypothétiques du Busard Rouge en fuite vers Ignis. Nous avons fouillé toutes ses routes, toutes ses positions sans rien trouver. Si vous avez une meilleure idée, un endroit que vous pensez pouvoir fouiller dans un délai acceptable, je lèverais votre permission et vous affecterez au secteur que vous aurez désigné. Dans le cas contraire, vous devrez finir votre permission. Je comprends votre désarroi Capitaine, nous autre Terran formons une grande famille et croyez que la perte de plusieurs des nôtres ne m’enchante pas plus que vous, mais en tant que militaire, il est de notre devoir de gérer nos ressources avec sagesse et ne pas lancer nos troupes dans des entreprises hasardeuses. Vous aviez méritez votre permission, vous donnez beaucoup pour vos hommes et ils vous le rendent bien. Ils ne souhaite, pas plus que moi, perdre leur officier pour une poursuite vaine… »

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Mar 22 Oct - 13:18
Le Capitaine dût faire un effort titanesque pour ne pas se pâmer de soulagement lorsque la Mayfair affirma qu'elle mettrait des ressources à sa disposition. Il avait craint jusqu'au bout devoir se lancer dans cette entreprise seul, d'en faire une quête désespérée qui se serait probablement soldée par ...une issue fatale, faute de temps, faute de moyens. Qui savait ce que ces monstres étaient capables d'infliger à Leyanna ?

Chassant ces morbides visions au profit d'une nouvelle bouffée d'espoir, il se pencha sur la carte. Il fallait prouver à sa supérieure que la fin justifiait les moyens, et une "meilleure idée" pour débusquer ces rats, il en avait une toute préparée :

- Ici. dit-il en posant un index assuré sur l'entrée des Élenides, au Sud-Ouest d'Hustar. Pendant que nous poursuivions les "leurres" sur vos Terres, deux hommes de ma communauté ont retrouvé la piste de l'autre partie du groupe, visiblement plus réduite. Pour faciliter leur fuite dans les montagnes, ceux-là ne s'encombrent apparemment pas de ces horribles cages à esclaves, ils doivent forcer les malheureux à courir derrière leurs chevaux ou les ligoter et les charger en croupe. expliqua-t-il, sans parvenir à masquer le mépris dans sa voix. Il y a quelques années de cela, j'avais reçu un rapport des patrouilles aux frontières d'Ignis. A cette époque le Busard Rouge n'était qu'une maigre bande de voyous, qui n'était pas encore versée dans le rapt et l'esclavage. Ses sourcils blancs se froncèrent sur son regard d'obsidienne, lui donnant une étrange profondeur, alors qu'il fouillait sa mémoire. On y avait noté l'abandon des poursuites à de nombreuses reprises, les malandrins disparaissant mystérieusement dans les Élenides sitôt la première crête franchie. C'est apparemment leur signature que de semer la confusion dans les rangs de leurs poursuivants, afin de mieux se terrer dans quelque grotte perdue en attendant que leur vigilance s'amenuise.

Il resta pensif quelques secondes, laissant ces informations cheminer dans l'esprit du Général, puis il leva les yeux pour croiser son regard. Tout deux étaient désormais proches, une proximité presque dérangeante pour leur hiérarchie... Mais Arghän n'en avait cure. Si l'Armée Terrane n'était qu'une seule et même grande famille alors Brunhild se devait de l'aider. Qu'importe son rang, ses Walkyries, qu'importe ses traits marmoréens, ses regards et ses silences indéchiffrables, la présence menaçante de Mira Han dans son dos... Et bien que tout son argumentaire soit bâti sur des mensonges, qu'il ne faille en vérité sauver qu'une petite fille...Sa fille...Arghän lui parla avec la sincérité, la spontanéité d'un frère d'arme, d'un Terran à un autre.

- Écoutez...Je ne vous demande pas d'envoyer un contingent investir les Élenides. Les Busards connaissent sans doute la moindre faille, le moindre trou de roche de ces montagnes alors il serait inutile de gaspiller temps, argent et énergie en recherches massives. J'ai conscience de l'ampleur de ma requête et son indéniable engagement personnel, les captifs m'étant proches. J'ai juste...Le Capitaine ferma les yeux un bref instant, ravalant la vague de colère et de frustration qui lui serrait la gorge. Il lui fallait rester crédible et professionnel, le sort de Leyanna en dépendait. J'ai juste besoin d'une quinzaine de soldats et de deux officiers, autonomes, en bonne condition physique et si possible ayant une expérience du milieu montagnard. Je ne connais pas les Élénides mais j'ai battu et exploré les flancs du Rempart durant des années. Je sais lire la montagne, je sais y survivre... Et je sais que de Volare à Illuminare, il n'est qu'un chemin praticable. Arghän se reporta à nouveau sur la carte, suivant du doigt un goulot sinueux à travers les crêtes. A moins qu'il n'ait poussé de véritables ailes aux Busards, ils n'ont sans doute pas eu d'autres choix que de transiter par ces villages où on les aura sans doute remarqué. Laissez moi enquêter, Général. Nous les débusquerons et nous arracherons de leurs serres nos infortunés frères et soeurs...S'ils ne sont pas encore morts d'épuisement...ou de mauvais traitements. acheva-t-il sur un ton lugubre, scrutant les montagnes peintes sur le velin comme s'il pouvait y déceler la cachette des brigands.


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Ven 25 Oct - 15:38
Les Elenides… C’était l’endroit où il comptait poursuivre les recherches. Les deux femmes avaient croisées les bras en attendant d’en savoir plus, car cet endroit, réputé infranchissable, n’était pas franchement un exemple en terme de lieu aisé pour une fuite, mais il semblait disposer d’un tuyau venant directement des membres de sa communauté, qui n’avait pas cru bon d’alerter quelqu’un d’autre que lui. Ce n’était pas si illogique, après tout, il faisait partie de l’autorité et donc dans la pensée de ses gens, si lui savait, alors tout le monde savait, mais c’était une information qu’elle aurait pu exploiter si elle en avait était informée bien plus tôt, en envoyant des unités patrouiller et bloquer les issues et en installant des barrages. Cette fois, c’était malheureusement trop tard et elle ne pouvait rien faire d’autre que constater les dégâts. Ses bandits avaient déjà prouvé être bien mieux organisé que ne l’avait cru les autorités et Brunhild elle-même l’avait constaté, même si bien évidemment, cela ne pouvait parvenir à surpasser les compétences martiales d’un corps aussi connu et renommé que la Walkyrie et que les femmes en armure avait une nouvelle fois connu la victoire, comme toujours. Cette piste, qui pouvait sembler grotesque, pouvait cependant mener à quelque chose.

Mira Han ne semblait toutefois pas convaincue, elle fronçait les sourcils et ne se sentait pas d’envoyer une expédition aux Elenides, mais elle aussi avait des choses à cacher et garda donc le silence, laissant sa supérieure prendre sa décision seule. Les remarques d’Arghan étaient censées, même si cela pouvait paraitre incroyable, qui ne tente rien n’a rien et cela valait le coup de tenter sa chance, même si au final, elle n’obtenait rien d’autre que du vide, au moins, ils auraient la sensation d’avoir tout essayé. Brunhild n’était pas vraiment le genre à vouloir être absolument à cheval sur le sens de la hiérarchie, après tout, Mira Han ne serait plus à ses côtés depuis longtemps si c’était le cas, toutefois, il lui fallait maintenir certaines apparences et de toute façon, en tant que Grand Général, elle gardait entre ses mains la décision finale et pouvait prendre toutes les mesures nécessaire pour que sa volonté soit faite. La jeune femme ferma les yeux un instant, pesant le pour et le contre, mais guère très longtemps, car Khane repris la parole, tentant probablement de justifier l’acharnement dont il faisait preuve dans la résolution de cette histoire.

Il ne demandait rien de plus que quelques hommes et deux officiers afin de pouvoir l’épauler dans sa quête. Même s’il n’était pas originaire de cette région, il avait fait une partie de son service sur les remparts et savait vivre dans la montagne et s’y adapter, ce qui signifiait qu’il était probablement le mieux qualifié pour cette tâche. Il était persuadé que les hommes du Busard n’avaient pas eu d’autre choix que de passer par les villages proches pour s’enfuir, de ce fait, il devait y avoir des témoins et demander l’autorisation de pouvoir attaquer. Brunhild y vit une opportunité : s’il parvenait à ramener au moins l’un des membres de la troupe vivante, il serait possible de le juger et de faire de sa sentence un exemple, ce qui plaisait naturellement à l’héritière déchue de la maison Mayfair. Même s’ils ne parvenaient à sauver personne, ce qui était malheureusement fort probable, il y avait encore une chance d’obtenir des coupables, d’offrir un visage a cette troupe à montrer à la population et bien entendu désigner Ignis comme le véritable coupable derrière tout ceci… Le jeu en valait soudainement la chandelle, aussi reprit-elle la parole afin de pouvoir exprimer sa décision.


« Très bien… Vous avez gagné, je vous autorise à reprendre cette enquête et vous accorde un délai supplémentaire, ainsi que les hommes dont vous aurez besoin à piocher dans la garnison proche. Vous aurez toutefois une tâche supplémentaire : ramener moi au moins un membre important de cette bande vivant. Je veux que l’on puisse savoir comment il s’est introduit ici et pour qui il travaille, ainsi qu’offrir un visage de la barbarie à notre population. Les gens ont le droit de savoir qui les persécutent… »

Elle ouvrit un tiroir de son bureau et sorti un parchemin et une plume. Plongeant cette dernière dans l’encrier, elle commença à rédiger l’ordre de mission avec l’annulation de la permission, quelque chose qui aurait sonné pour beaucoup de militaire comme une véritable punition. C’était le dernier coup qu’elle pouvait mener contre le Busard, mais les deux militaires étaient en train de mutuellement se leurrer sans en prendre conscience, pour se disputer le destin de la même petite fille… Même si Brunhild visait bien entendu un objectif plus ou moins politique pour sa nation ici, elle ne pouvait pour autant nier qu’elle pensait que cette fille pouvait être celle qu’elle avait recueillie, mais ne voulait tout simplement pas évoquer cette possibilité ici, pour des raisons qui n’était pas vraiment avouable, il fallait bien l’admettre. Une fois terminé, elle apposa le cachet du GQG de l’armée et signa de sa main l’ordre de mission, puis lui confia en reprenant une dernière fois la parole.

« Bonne chasse capitaine, et n’oubliez pas votre rapport. »

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