Death In Paradise



 

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Death In Paradise

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Métier : Prince Poète
Humeur : Poétique
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Ven 10 Mai - 16:59


L’or circulait dans les rues d’Auriphage comme le sang dans les veines de l’homme. Le métal doré était ici chez lui. Les boutiques des marchands étaient sa chambre à coucher, les rues sont salon et les longues frégates qui quittaient la ville pleine de marchandises précieuses sont plus fiable moyen de transport. L’or avait envahi l’ancienne ville prison d’Auriphage comme une mauvaise herbe pullule dans un jardin une fois que sa graine y est plantée. Pourtant il n’y avait pas de richesses exubérantes dans cette île où les bâtiments n’étaient que d’ancien pénitencier à moitié détruit et réparé. Les habitants n’avaient que faire des richesses, que faire des signes ostentatoires de luxe ; ce métal n’avait plus d’attrait pour eux. Ils avaient passés trop de temps à creuser les veines du sol pour l’y en extraire, trop de leurs ancêtres étaient morts sous les fouets des maitres de l’empire d’Eholis, trop de cadavres pour qu’ils puissent pardonner à l’opulence. Les Akindoriens étaient ainsi, fier et ombrageux, rancunier. Ils n’oubliaient pas le passé où l’or signifiait le sang et la mort. Bien sur les esclaves continuaient à creuser de profonds sillons dans les flancs des géants verdoyant qui se dressait au-dessus des flots, mais aucun de leurs enfants n’étaient esclaves comme eux. Aucun innocent ne donnerait sa vie pour la corruption de l’or en Akindor et le Prince qui gérait la région depuis peu avait décrété que le fils d’un esclave mineur serait un homme libre. Après tout, les habitants de cette région étaient tous des descendants d’esclaves qui étaient désormais des citoyens d’Ignis. A Akindor, un esclave devait l’être pour se repentir, pour expier une faute qu’il avait commise mais son enfant, en tant que fils d’esclave, était considérait comme un VRAI Akindorien, donc un citoyen reconnu de la communauté. Le système était étrange, fragile, mais profondément en harmonie avec l’histoire de l’île et acceptait autant par les esclaves que par les citoyens. Ils grandissaient eux aussi forts et fiers comme le sont les vrais habitants de l’île, fiers de leurs citoyennetés et libres de prendre le nom qu’ils désirent. Les hommes libres ne travaillent pas dans l’or. Ils sont menuisiers, tailleurs, bucheron ou chasseur, ils marchandent avec le continent ou devenaient pêcheurs, s’engageaient dans l’armée régulière de la province ou dans celle d’Ignis mais très rare étaient ceux qui devenaient marchand d’or. Et si beaucoup d’entre eux transportaient le métal ou travaillaient dans la logistique que cet opulent commerce nécessitait, les mines appartenaient à l’état, et l’or étaient achetés par les marchands. Beaucoup d’étrangers émettaient l’idée que les habitants s’en trouvaient lésés mais la redistribution des richesses par la taxe et l’argent payait aux Akindoriens pour leurs activités autour de ce commerce permettait d’assurer à la fois la prospérité des comptes de la province et celle de ces habitants. Là où étaient l’or était la richesse, mais là où étaient la richesse était la corruption et le pêché, l’esclavage à l’argent. C’est pourquoi les habitants ne prélevaient qu’une part nécessaire de ce commerce et n’en désirait pas plus. C’est pourquoi Térence en récupérait une part plus importe, pour le roi, pour sa province et surtout pour lui qui contrairement aux habitants de sa province appréciait le luxe et la finesse. Le reste alimentait Lex, Ventus, Terra et même parfois Aquaria et les taxes prélevaient sur les ventes en Ignis ou aux frontières du pays servaient à alimenter le trésor royale rajoutant à la contribution du prince, de manière indirecte. Et si le prince était réputé pour être un des plus riches de sa fratrie, les habitants n’étaient pas les plus aisés d’Ignis.

Pourtant la folie de l’or était partout sur les docks où les bateaux venaient et repartaient, où les entrepôts des marchands étaient couverts de tapisserie exprimant leurs richesses. Les hommes qu’ils employaient pour les garder n’étaient souvent pas d’Akindor et ses mercenaires étaient dangereux et violents. Partout pullulait une foule de miséreux qui tentait de gagner sa part du gâteau sur le dos des marchands cruels qui ne laissaient que des miettes. Ceux-là avaient quitté le froid du continent pour venir mourir sous la chaleur enivrante de l’air marin et dépérissaient sous les embruns salés et la morsure rageuse du soleil. Parmi eux se trouvaient des orphelins, des vieux édentés, des hommes dans la force de l’âge rendu faible par la famine. Pourtant pour ceux qui savaient regarder au bon endroit il n’était pas dur de se procurer à manger dans les jardins de la ville. La nature était bénie sous cette latitude et les arbres fruitiers poussaient à l’état naturel hors des murs de la ville. Les plus faibles parmi ce chienlit trouvèrent une expiation inattendu. Plus agile, plus discret, les orphelins se firent voleur de pomme puis de chose plus onéreuse et plus couteuses. Certains disait on avait réussi à s’emparer d’or et avaient pu devenir eux-même marchands. La violence était discrète mais cruel quand la garde de l’île avait le dos tourné. Voler était une activité dangereuse car les Akindoriens n’étaient pas enclins au pardon et les marchands cruels et toujours désireux de faire un exemple pour montrer à tous que l’entrepôt du voisin était un meilleur choix que le sien. Les orphelins survivaient donc de maraudes osées et dangereuses et leurs espérances de vie était proportionnellement contraire à leurs espérance d’enrichissements.

Parmi eux se trouvaient un jeune garçon à la peau cuivré par le soleil. Les gens l’appelaient la caille mais personne ne connaissait son vrai nom. Il était grand et agile, ses muscles pouvaient tenir suspendus une nuit entière disaient on. Certains pensaient qu’il pouvait se transformer en ombre et traverser les murs. Pourtant jamais la caille ne se risquait aux entrepôts, survivant de vol à la tire et d’excursion nocturne dans les jardins mal gardés afin de se nourrir. Il ne souhaitait pas devenir riche mais simplement vivre comme il pouvait, et surtout rester en vie. Beaucoup voulurent le recruter pour organiser des vols de grandes ampleurs mais aucun n’y parvint jamais. La caille avait perdu ses parents à l’âge de 7 ans alors que ceux-ci avaient tenté de faire fortune sur l’île et échoué. L’enfant avait pourtant su s’adapter et survivre mais il était trop honnête pour se risquer à des maraudes dangereuses et cherchait simplement à gagner assez d’argent pour partir sur un navire vers le continent et rejoindre son oncle et sa tante. Depuis cinq ans il amassait lentement des objets de valeurs et aujourd’hui son butin était presque suffisant pour le voyage vers Ignis. Il y était presque et se faisait plus prudent afin de ne pas compromettre ses chances. Beaucoup de ses rapines étaient désormais de simples vol-à-la tire visant des personnes incapables de le poursuivre, vieux édentés ou enfants, et le reste n’était que du vol de pomme comme l’on dit.

C’était une journée qui avait commencé normalement, le soleil dardait la ville et la peau cuivré de la Caille de ses rayons puissants, sans la moindre pitié pour les Hommes. Il rodait à son habitude dans les grandes rues qui bordent les docs quand il vit un couple richement vêtu. L’homme était un pré-adulte blond qui portait une veste de velours pourpres et la fille une adolescente portant un vêtement de soie de fabrication azarienne. Ses cheveux noirs tombaient courts sur un visage très doux. Quelqu’un appela le garçon qui se dirigea vers un étalage. Elle était seule et ne bougeait pas. Une flamme un peu perdu brûlait dans ses yeux et elle donnait l’impression d’être désorientée là seule et fragile au milieu de la foule. Il se dirigea vers elle avec un pas rapide. Elle portait une petite bourse à sa ceinture qui semblait grelotter doucement ; ce petit rond de cuir était si suave pour le jeune homme. Il avait terriblement envie de s’en emparer. Autour de lui la foule était devenue une sorte de bouclier derrière lequel il se mouvait souplement. L’instinct du félin l’avait envahi. Laisser lentement sa main glisser sur la bourse, tirer d’un coup sec et bondir hors d’atteinte de la jeune fille puis courir sans qu’on puisse le rattraper. Comment pourrait-elle avoir une sens de l’en empêcher. Un sourie carnassier soutenu par l’espoir du voyage de retour qui se dessinait de plus en plus surement à l’horizon. Sa main se posa avec une fermeté discrète sur la bourse de cuir, il tira, bondit comme il l’avait prévu. Son cœur ne battait presque pas, il se sentait dans son élément. Personne ne pouvait le battre à la course dans ses ruelles. Il courait avec vitesse entre les passants dont certains s’écartaient d’eux même. Sa foulée était courte mais vive, il allait bientôt disparaitre. La liberté au bout de ce tunnel.

Une main le poussa dans le dos et une force irrésistible le propulsa vers l’avant. Il en perdit l’équilibre et roula sur le pavé avec violence. Il voulut se relever promptement malgré la douleur mais ce ne fut que pour se retrouver nez à nez avec la lame de la jeune fille. Elle le regardait mais aucune émotion ne brillait dans ses yeux. Elle ressemblait à ses pantins articulés sans âmes que l’on trouve dans les ateliers d’ébénistes. La douleur de la chute s’empara de lui et il se laissa retomber au pied de l’adolescente alors que le jeune homme blond la rejoignait. Il arborait un sourire ravi et dit

« Appelons la garde, Mia, ça ne sert à rien de s’occuper toi-même de ce genre de délinquants. La mer les aura tous de toute façon ».


Plusieurs jours plus tard :
La barque était ancrée de manière stable sur la barrière de corail. On était encore en vue des terres mais elles n’étaient maintenant que très lointaines à l’horizon. Ici c’était la frontière entre le lagon et l’océan et les grandes vagues des profondeurs se brisaient en d’immense jet d’eau sur la barrière de corail. Devant Térence se déroulait le lagon, bien plus calme. Il mit pied sur une grosse patate et profita de l’instant. Il avait l’impression de flotter sur l’eau. Le bout de terre le plus proche était à plusieurs kilomètres mais pourtant il se tenait la debout sur l’océan. Il faudrait qu’un peintre immortalise cela un jour, c’est une sensation extraordinaire. Il se tourna vers Mia qui le regardait presque curieuse sans vraiment comprendre la joie qui avait envahie le jeune prince.

« Garde, procédons s’il vous plait ».

Il était seul, sélectionné aux hasards dans les cachots d’Auriphage pour expérimenter cette nouvelle méthode d’exécution. Elle était cruelle mais surtout elle était à l’image de ces îles. Douloureuses et belles, exceptionnelles, uniques et le jeune homme se délectait de sa propre ingéniosité. C’était la mise à mort parfaite pour sa province. L’ombre au milieu du paradis. Et la finesse exquise de cette exécution longue et douloureuse le remplissait d’une joie que ne venait pas ternir la tâche de la cruauté. Térence était insensible à ce concept, ne comprenant que la mise en scène et le beau, qu’importe la douleur et la méchanceté que cela comporte.

Il ne dit rien quand on l’attacha à la patate, utilisant des pinces d’aciers qu’on avait fixé préalablement implanté sur le corail même. La tête dépassé hors de l’eau pour qu’il puisse respirer, le reste étant dans l’eau tournait vers le lagon et la terre afin qu’il ne subisse pas la violence de l’océan. Ils allaient rester là, fixer dans l’eau jusqu’à ce que les requins ou la mer ne l’emporte. De temps en temps, un jeune homme viendrait lui donner un peu d’eau douce afin qu’il vive plus longtemps. Peut-être que des coraux naitront dans son corps afin qu’il meure pour se transformer en pierre de ce paradis marin. Non vraiment il s’agissait d’une idée qui ravissait Térence, mourir en devenant un hôte pour le corail ou un repas pour les poissons multicolores du paradis.

« Quel est ton nom garçon »

« On m’appelle La Caille. Pourquoi suis-je ici ? »

« La Caille, mon petit, soit heureux car tu vas vivre au paradis pour l’éternité. Tu es la victime de l’exécution sublime, celle qui donne à la mort tout son sens grâce à l’exaltation du coté artistique de celle-ci. Tu es le mort de l’éternité ».

L’adolescent regarda consécutivement le jeune homme sans comprendre ce qu’il venait de dire et la jeune fille qui l’avait capturé. Son visage était aussi inexpressif de la pierre, ce qui se passait-là ne semblait pas la choquer, ni la cruauté du blondinet. Un de ses bourreaux lui jeta un regard compatissant mais ne fit rien pour le sauver.

« Sois fier, La Caille, tu participes à la légende du Prince Poète Térence d’Ignis. Je reviendrai te voir bientôt afin de constater la beauté d’une telle mort. Car c’est l’art et non la justice qui gouverne le cœur des hommes et que tu représentes la mort par l’art. Je te dis donc à bientôt. Ah et essaie de mourir avec Gloire et Fierté »

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