Iskandar d'Ignis



 

 :: Pres à revalider :: Ignis Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Iskandar d'Ignis

avatar
Messages : 75
Age : 0
Métier : Maitre du monde
Humeur : Las
Points Histoire : 0
Jeu 27 Oct - 23:32
Iskandar d'Ignis


Identité

Nom:
D'Ignis
Prénom(s):
Iskandar Hadrien Léon
Titre:
Roi des rois
Âge:
45 ans
Genre:
Homme
Nature:
Magicien
Affinité:
Feu
Pays:
Ignis
Métier:
Roi d'Ignis et maître du monde.
Langues:
Langue courante. Plutôt mourir que d'apprendre un traitre mot de langue religieuse.
* Thème: All Hail Britannia



Caractère
« Tout ce qui existe m'appartient. Les objets, les plantes, les animaux, les femmes. »


Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Iskandar a un caractère qui correspond particulièrement bien à sa fonction. Roi d'Ignis, il embrasse parfaitement le culte de l'inégalité et le désir de domination que lui ont légué ses ancêtres. Le principal trait de son caractère est toutefois l'arrogance: Iskandar est narcissique, orgueilleux, et pense fermement que tout lui revient de droit. Tous les trésors des citoyens, l'or bien sûr, via l'impôt, mais aussi tous les services possibles. Tous les habitants doivent s'incliner en sa présence, même ses compagnes et ses propres enfants. Il ne tolère aucune insulte, ni aucune disgrâce qui pourrait entacher son nom. Si l'un de ses enfants se révèle faible, ou manquer de potentiel, il n'a aucun scrupule à lui retirer ses droits et l'éloigner de sa famille, voire à s'en débarrasser. Si un homme l'insulte, directement ou non, il n'éprouvera aucun remord à le faire enfermer ou à l'exécuter sur place, suivant son humeur. Son arrogance le pousse aussi à considérer toutes les femmes comme siennes, à l'exception des concubines de ses enfants – et bien entendu, ceux-ci. S'il le désire il peut bien ordonner à n'importe quelle citoyenne de passer la nuit avec lui, mais cela ne flatterait pas son égo. Ce qui nous mène à un autre trait de son caractère: Iskandar est aussi un séducteur.

Manipulateur, il peut aussi bien afficher un caractère froid et distant, menaçant même, qu'un visage chaleureux et un regard compréhensif. Les techniques de séduction n'ont guère de secret pour lui, il ne faut pas oublier qu'avant de devenir roi, il fut prince et fit ses premières conquêtes en jouant de son charisme et de sa popularité. Homme à femmes, il a plusieurs dizaines de maitresses, et ne se prive pas lorsqu'il s'agit de subvenir à ses besoins sexuels. Si les femmes ne sont en général que des outils à ses yeux – en particulier celles qu'il appelle ses 'pistes' – il porte une grande affection à ses maitresses et 'respecte' ses femmes. A son aise tant en tête à tête que lors de grandes discussions, fin orateur, il parvient aisément à convaincre, et rallie les opinions éparses à sa pensée. Il a l'habitude d'animer des dîners ou des bals, en faisant abstraction – tout au moins en apparence – de son rang de roi.

Iskandar est craint par son peuple et respecté par ses soldats, il ne fait confiance qu'à bien peu de personnes, et n'hésitera pas à trahir ceux qui ont confiance en lui. En audience ou en discussion officielle, il se montre très froid, et pèse chacun de ses mots. Jouant sur les silences, il paraît insensible, détaché des intérêts de ceux qu'il prend la peine d'écouter. En 'famille' son attitude varie. Dans l'intimité il peut se montrer strict tant envers ses compagnes que ses enfants, mais il a aussi ses moments de joie et de douceur naturelle, ces instants qui ont séduit ses maitresses, et rassuré ses enfants. Même s'il se targue d'être un ROi plutôt qu'un homme, il en possède, toutefois, des instants de faiblesse. Car même le plus froid des êtres humains ne peut vivre dans la solitude.


Morale
« Dans ce monde, ce sont les puissants qui règnent. Partout, et pour toujours. »

La manière de penser d'Iskandar est simple, et peut se résumer en quelques mots, c'est ce que l'on appelle 'la loi du plus fort'. Les forts dominent et les faibles subissent. Élevé dans la plus pure tradition d'Ignis, Iskandar est persuadé que l'égalité est une menace pour la société, de tous temps les sociétés humaines ont été, à l'instar du monde animal, profondément inégalitaires. La force est seule juge dans la nature, et cette forme primitive de justice est pour lui la plus sensée.
L'égalité est un danger. Donner à chaque être les mêmes chances, le même pouvoir décisionnel est une véritable aberration. Qu'est-ce, sinon nier ce que la nature nous a donné ? Un homme naturellement plus puissant doit-il s'abaisser au niveau de ses pairs, pour être plus 'équitable' ? Un homme intelligent doit-il cesser de penser pour comprendre les idiots ? Les hommes naissent inégaux. Tenter de perturber cet équilibre naturel revient à nier ce que nous sommes. Certains naissent pour dominer, d'autres pour êtres dominés, et ce n'est pas un hasard si les femmes naissent physiquement plus faibles que les hommes, et si elles sont chargées de porter les enfants. Tout être nait avec ses qualités et ses défauts, ce qui le rend indispensable et ce qui le rend inutile.

Ceux qui sont plus indispensables que les autres règnent sur ceux qui peuvent être remplacés. Simplement.
Les forts décident, les faibles subissent; les leaders mènent, les moutons suivent. Sans pouvoir, un être n'est rien, il ne peut aspirer à rien, sinon à la mort. Et c'est en cette course effrénée vers le pouvoir que constitue la vie, grimper, toujours plus haut, vaincre ses rivaux, monter et monter encore, pour atteindre le trône. Et une fois là-haut, le garder. Le Bien et le Mal ne sont que des notions arbitraires imposées par l'homme pour nier la vérité naturelle. Elles brident le fort et avantagent le faible. Diriez-vous d'un loup qui devient chef de meute en tuant son prédécesseur, qu'il fait quelque chose de mal ? Que l'aigle qui dévore une souris est un meurtrier ? Arrêtez ces non-sens, l'homme a en lui une infinités de possibles, pourquoi devrait-il brider ses désirs ? S'il veut quelque chose, qu'il le prenne ! S'il ne peut l'acquérir par la raison, il utilisera la force.
Tout, en ce monde, se décide par la force. Et pas simplement la force physique non, les marchands habiles, les fins orateurs, tous, ont des atouts pour obtenir le pouvoir. S'ils échouent, c'est qu'ils n'étaient pas assez bons. S'ils meurent, c'est qu'ils ne méritaient pas de vivre.

Et la religion ? Encore une astuce aussi pitoyable que la loi. Croire en un quelconque Dieu protecteur, qui répand la justice ? Espoir de faible ! Vaine utopie ! Ce n'est bien qu'un moyen de justifier ses malheurs, et de s'y terrer. De s'agripper à un futile espoir, et d'attendre. Sans agir. Malheureusement, la réalité n'est pas si simple, et la religion ne fait, au final, qu'affaiblir les hommes. S'il y a un Dieu en ce monde, c'est celui qui, parmi les hommes, peut prétendre diriger le reste du monde. C'est un roi à la poigne de fer.



Physique

« Charisme et charme sont parmi les armes les plus acérées »

Iskandar d'Ignis est, malgré son âge avancé, un très bel homme. Fier descendant de la lignée d'Ignis, il respire la force et le courage. Il se déplace toujours avec élégance, d'une manière très solennelle, et son corps musclé, quoique vieillissant, n'a rien perdu de sa vigueur. Le pas sûr et la démarche posée, il se pavane dans son château, sa ville, son pays, comme un homme qui vient d'acquérir une nouvelle demeure. Son regard est toujours porté vers l'horizon, de nouveaux trésors, et s'il pose les yeux sur vous, il est conseillé de détourner le regard. Ses yeux bleus clairs ne laissent aucun répit: reflet de sa colère, ils vous transpercent et vous glacent le sang, outil de séduction, ils vous envoûtent en un instant, arme de dédain, ils vous arrachent toute estime. Ce regard là, il le tient de sa mère, et ceux parmi ses fils et ses filles qui en ont hérité ne manquent pas de fasciner à leur tour.
Les traits de son visage sont assez strictes, et peu de personnes ont un jour vu un sourire se dessiner sur ses lèvres. Quelques rides sont apparues, de ci de là, mais elles ne font, au plus, qu'affirmer son autorité, et n'enlèvent rien à son charme. Sa peau est étonnamment lisse et il a une hygiène soignée, bien que cela lui soit 'inutile'; après tout ce sont les autres qui lui rendent hommage. Lorsqu'il se met en colère – et le peuple sait combien il peut s'y mettre – tous les traits de son beau visage se contractent et il peut passer en un instant de la haine au mépris, et vous lancer un de ces regards qui signifie que vous n'êtes plus rien. Vous... n'existez plus.
Sa coupe de cheveux est assez classique, il a une chevelure noire qu'il fait couper court et arranger de façon à lui donner un peu de volume. Le roi d'Ignis se fait aussi régulièrement raser, mais il conserve toujours une petite barbe, taillée en pointe, qui semble lui donner une certaine autorité.

Côté vestimentaire... le roi a des goûts royaux. Tous ses vêtements sont en soie, brodés avec attention et parfois ornés de fils dorés, ils sont bien souvent couleur pourpre. Il possède un nombre incommensurables de tenues, qu'il change quotidiennement, le foulard blanc 'simple' reste toutefois sa marque de fabrique, un pantalon noir venant généralement rappeler celui-ci. Car le roi a aussi des habilleurs, bien qu'il les congédie neuf fois sur dix avant même qu'ils aient pu passer la porte du donjon. Il porte parfois une armure, généralement dans les cérémonies officielles ou lors des sorties, mais une fois dans son château, il s'en défait bien vite.

Son sceau, enfin, couvre intégralement son torse et passe dans son dos, comme deux griffes prêtes à déchirer les traitres: il est de toute beauté. Son père pensait fermement que la qualité graphique et la taille du sceau jouaient un important rôle dans la puissance du magicien auquel il était implanté. Iskandar n'a jamais partagé cet avis, quoiqu'il a toujours été celui de ses frères possédant le sceau le plus étendu. Il apprécie cependant la qualité artistique de la chose, car nu, il ressemble d'autant plus à une œuvre d'art.


Compétences générales

« J'en ai assez de ces petits impertinents que l'on qualifie de génies ! »

L'expérience des ans
L'âge d'Iskandar n'a jamais vraiment été un problème, si les guerriers s'affaiblissent en vieillissant, ils ont cependant une sagesse et une expérience qui ne trompe pas. Le roi d'Ignis est passé maître dans tous ses arts, plus fine lame du royaume, il a connu énormément de champs de bataille, des entrainements militaires aux joutes de chevaliers, il a continuellement testé sa force avec ses frères pour l'accession au trône, et en d'ailleurs éliminé certains. Fin stratège, il n'y a pas une manœuvre de combat qu'il ne connait pas, pas un plan qu'il n'ait déjà mis en pratique.

Maitre d'armes
En plusieurs décennies, vous avez tout le loisir d'apprendre et de perfectionner le maniement des armes. On a souvent qualifié Iskandar de génie en ce qui concerne le combat, mais son niveau n'est en réalité que le résultat d'efforts acharnés; il est aujourd'hui capable de manier toutes sortes d'armes: l'épée bien entendue, mais aussi la lance, la hache, l'arc, la masse, le fléau, l'arbalète, les sabres... Le combat à mains nues n'a aucun secret pour lui, et ne vous y trompez pas: son âge n'enlève rien à sa force, et il peut, magie ou pas, vous envoyer valser d'une gifle bien placée.

Manipulation: l'art de tromper
Il y a chez les politiciens ce trait bien particulier d'utiliser les autres pour accomplir leurs objectifs. Iskandar est l'un des hommes les plus doués à ce jeu, fourbe et très sûr de lui, il n'hésite pas à profiter d'autrui, puis à les trahir. Sa position de leader incontesté, son charisme, la peur qu'il inspire sont autant de facteurs qui jouent en sa faveur, en paraissant sous un jour nouveau, il peut jouer des multiples apparences pour arriver à ses fins. Si vous pensiez que le roi était un simple rustre aux penchants barbares, vous serez déçu. Elevé dans la noblesse, il peut se montrer charmant, intéressant et surtout captivant: il n'est pas stratège pour rien.

Amant légendaire
Aussi passionné que les flammes qui le représentent, Iskandar est très certainement l'homme ayant réalisé le plus de conquêtes féminines de part Albion, tout au moins si une personne l'égalait, il rêverait de le rencontrer. Il prend beaucoup de plaisir à séduire et conquérir les femmes, autant qu'il le peut sans user de son statut, ce qui est devenu de plus en plus compliqué. La vie est avant tout une passion, une flamme qui doit briller à son paroxysme et sans cesse se consumer, aux yeux du roi les femmes sont certainement l'une des seules choses dont il ne pourrait se passer, et qu'il s'agisse de ses épouses, de maitresses ou de divertissement d'un soir, il se donne et prend toujours entièrement.
Autant dire qu'à présent il excelle dans ce domaine, et l'air de rien, c'est un entrainement physique régulier.




Équipement, objets divers :

« Le Roi possède tout. Les plus beaux trésors, les plus belles œuvres, les plus terribles armes. »

Iskandar détient toute une variété d'armes et d'objets décoratifs au sein de son palais. En réalité, tout ce qui est à Ignis lui appartient, mais il possède certains objets personnels et unique qui reflètent bien sa mentalité.

Excalibur

« Unus Fulgor Concidens Noctem »

L'épée d'Ignis, le fameux guerrier qui mit un terme au règne de l'Empire. Epée longue forgée dans de l'or et ornée d'inscriptions runiques, elle est le signe de l'autorité du roi. Transmise de génération en génération, elle est à chaque passation remise en état et renforcée. Excalibur est réputée indestructible et n'a jamais failli à aucun de ses porteurs; le sort qui lui est lié est inconnu, et de toutes manières, Iskandar serait bien incapable de le réécrire pour l'utiliser. Cela ne l'a toutefois jamais empêché de transpercer ses ennemis, ni de voir couler leur sang sur cette lame dorée.

Sceptre d'Ignis
S'il semble une simple canne sertie d'un joyau, ce sceptre est en réalité l'une des armes ainsi que le symbole du roi. Le sceptre possède une armature en bois dont le coeur est une solide tige d'acier, il est serti du joyau d'Ignis, un immense rubis taillé dont les origines sont obscures. Iskandar a gravé un sort basique le long du bois, un petit caprice royal qu'il n'utilise que lorsque qu'il considère que son adversaire ne mérite pas d'entendre sa voix.

Fouet
Oui il s'agit bel et bien d'un fouet. Et non, il ne s'en sert pas de cette façon. Iskandar le garde toujours sur lui, il lui sert davantage d'arme d'intimidation que d'armée réelle. Enfin, ce n'est pas comme s'il en avait vraiment besoin pour paraitre effrayant...

Caïn & Abel
Certaines personnes affectionnent les chatons, d'autres ramassent des chiens errants ou nourrissent de petits oiseaux. Iskandar, lui, fait partie de la première catégorie. Caïn et Abel sont deux immenses lions, symboles de force et de royauté, ils accompagnent le souverain depuis près de 10 ans à présent en tant que familiers. Ils ont un caractère bien à eux, et ne laissent personne les approcher; seuls certains héritiers ont déjà pu les toucher.
Leur puissance naturelle a été améliorée grâce à leur pacte, mais à vrai dire ils n'avaient guère besoin de cela pour arracher une tête de son support.

Boucles d'oreilles d'Elise
Comme leur nom l'indiquent, ce sont les boucles d'oreille d'Elise, défunte demi-soeur et amante d'Iskandar. Il les a conservé depuis la nuit de sa mort, elles lui rappellent son amour et les raisons qui l'ont poussé à devenir ce qu'il est. Elles étaient un cadeau de sa part: deux beaux émeraudes dans un encadrement d'argent.



Sorts - Rang A+ :

« Voici le désespoir. Tremblez, pleurez, implorez. Rien ne vous sauvera. »



Iskandar est né avec une puissance magique inégalée, incomparable même à celle de ses frères, pourtant de grands mages de feu. Sa puissance magique est telle qu'il peut déployer son énergie en continu sans jamais se fatiguer. S'il n'était limité par son sceau, il pourrait probablement réduire en cendres son château à l'aide d'un banal sort intermédiaire. Il ne maitrise aucun sort de rang supérieur, mais la puissance qu'il déploie suffit en elle-même à pallier ce manque.

Brasier – Rang E:
Brûle tous les éléments
Le premier sort de feu enseigné aux enfants, sa particularité est que ses effets varient selon la quantité de magie insufflée. Il permet d'allumer des bougies, un feu de cheminée, de faire brûler du foin... Et avec la puissance adéquate, d'incinérer un être humain. Le sort se déclenche au contact ou à très faible distance.

Poings de feu- Rang D:
Flammes d'Ignis, soyez miennes
Un sort basique amplifié par la puissance du roi. Des flammes viennent cerner les mains d'Iskandar, et brûlent instantanément tout ce qui entre à leur contact. Il peut également projeter les dites flammes hors de ses poings sur une courte distance.

Boule de Feu - Rang D:
Dévore le Monde, enfant du Chaos
Une boule de feu au déplacement relativement lent, elle peut toutefois s'agrandir rapidement, et passer d'une simple sphère à un soleil de la taille d'une maison suivant la quantité de mana insufflée.

Liens de flammes - Rang D:
Que les flammes te plient à ma volonté
Sort originel crée par Iskandar inspiré du sort de fouet de flammes, il fait sortir du sol des chaines de feu qui s'enroulent autour du corps de leurs cibles pour les immobiliser et les pousser face contre terre. Les liens brûlent les parties du corps touchés et sont aussi résistants que des fils de fer. Plus le sort est chargé en mana, plus nombreux et puissants sont ces fils.

Lame du purgatoire - Rang C:
Dans mes mains se trouve la lame du pêché
Une épée de flammes apparaît dans les mains d'Iskandar. Celle-ci est si brûlante qu'elle tranche n'importe quel métal, si l'arme n'est pas renforcée par un quelconque sort. Iskandar peut réguler la puissance qu'il lui insuffle pour l'agrandir.

Eruption - Rang C:
Lumière des profondeurs, dévore les éléments
Un sort inspiré par les volcans à l'est du pays du feu, il fait surgir du sol plusieurs colonnes de flammes autour d'un point précis. Iskandar peut décupler la puissance de ce sort en créant des colonnes de feu plus hautes que des tours de guet.

Laser – Rang C+:
Traverse l'air et pulvérise. Anéanti mes ennemis
Le second plus puissant sort intermédiaire de la magie du feu, une colonne de flammes plonge en ligne droite à grande vitesse, les flammes sont si condensées qu'elles brûlent, voire traversent instantanément ce qui se trouve en son point d'impact, chair, métal, pierre... La puissance dégagée est celle d'une baliste.

Mer de flammes - Rang C+:
Mes pleurs seront les flammes de la Haine
Ce sort montre la réelle puissance des magiciens de feu. D'immenses vagues de flammes prennent forme avant se s'abattre sur les ennemis présents, comme un tsunami de lumière orangée. Plus le magicien détient de puissance et de maitrise, plus la vitesse et la dimension des vagues s'accroit.



Influence et Relations - Rang S:

« Je suis Iskandar Hadrien Léon d'Ignis ! A genoux ! »

Le Roi d'Ignis détient tout pouvoir sur ses sujets. Chaque trésor caché, chaque herbe qui pousse, chaque fille qui nait, lui appartient de droit. Il règne par un mystérieux mélange de charisme et de crainte, être intouchable au dessus des mortels, il semble bien plus qu'un roi, sans toutefois être un dieu. Tous les citoyens s'inclinent sur son chemin, quand il parle, on obéit. Chacun, du vieux mendiants des ghettos au premier prince, lui doit respect et obéissance, et nul d'entre les habitants d'Ignis ne redoute sa présence.
Au sein des plaines étincelantes du pays du feu, il représente la loi, l'autorité et la mort. Il est maître du destin de chacun de ses sujets.

Amanda d'Ignis, 1ère reine d'Ignis (PNJ)

Agée de 42 ans et première reine d'Ignis intronisée par Iskandar, Amanda a été le soutien du Roi durant des décennies. D'abord sa confidente puis son amante, il l'a épousée peu de temps avant d'obtenir le trône, et elle n'a jamais cessé de l'aider dans sa fonction. Prenant en charge nombre de tâches administratives, elle est respectée tant par les nombreuses femmes et maitresses du roi, mais aussi par tous les enfants, et nombre de soldats. Femme guerrière, d'aucun racontent qu'elle a obtenu l'amour d'Iskandar en lui tenant tête lors d'un duel. Si personne n'a jamais pu tester sa force de part son statut, nombreux sont ceux qui se passeraient bien d'essayer. La Reine s'est continuellement entraînée depuis son enfance, et femme ou non, peut certainement mettre à terre une bonne partie de l'armée de quelque bottes audacieuses.
Froide et déterminée, elle est connue pour ne jamais céder, son tempérament est celui d'un feu brûlant toutes résistances, jusqu'à réduire l'espoir en cendres. Elle est aussi très intelligente et s'entend malgré tout plutôt bien avec les gens qu'elle côtoie souvent. Pour tous les autres, elle demeure un mur infranchissable, aussi haut et insurmontable qu'un pic des Elénides. Elle a donné au Roi quatre enfants, trois garçons et une fille. Tous héritiers légitimes.

Puissance: Rang B+
Influence: Rang B+

______________________

Aoi d'Ignis, 2ème reine d'Ignis (PNJ)

Aoi a rencontré Iskandar dans un bal organisé pour fêter les 5 ans de règne du souverain, elle n'avait alors que 14 ans, mais fascinait déjà toute la noblesse par sa prestance et son charme. Son père était capitaine et servait la région d'Esther, ancien fief d'Iskandar, fille de militaire, elle connait l'histoire sur le bout des doigts et peut réciter sans faute le nom de toutes les armes séjournant dans la grande salle, ainsi que les faits qui y sont associés.
Douce et sincère, elle n'a jamais eu l'ambition de devenir reine, toutefois la proposition d'un roi ne se refuse pas, et même aujourd'hui, elle ne regrette pas cette décision. Elle a donné deux filles au souverain, qui se sont révélées très différentes. L'une a de très hautes dispositions pour la magie, tandis que l'autre est né humaine, au grand étonnement de tous. Elle s'est toujours reproché "l'échec" de sa seconde fille, ainsi que le fait de ne pas lui avoir donné de fils; Iskandar ne l'a pourtant jamais destituée de son rang.
Si Aoi n'a jamais vraiment été "amoureuse" de son prince charmant, elle n'en est pas moins restée fidèle et reconnaissante, et elle ne s'est pas opposée à la destitution de sa deuxième fille des prétendantes au trône. Agée de 31 ans, sa vie tourne à présent autour de ses deux filles, et naturellement, de son mari.

Puissance: Rang D
Influence: Rang B+

______________________

Rin d'Ignis 8ème princesse d'Ignis (PV)

Rin est la première fille d'Aoi, et l'une des nombreuses prétendantes au trône d'Ignis. Véritable génie de la magie, elle a montré dès son plus jeune âge de grandes dispositions pour tous les types de sorts, ce qui lui a valu sa position dans la hiérarchie des héritiers. Elle a aujourd'hui 16 ans et ne cesse de se faire remarquer au sein du palais, c'est elle qui a repris les rênes d'Esther et elle y vit avec sa mère et sa soeur, bien que cette dernière ait perdu tout rôle dans la société.
Aussi impulsive qu'intelligente, elle a rapidement appris à s’accommoder de son rang et de ses responsabilités - bien qu'elle les mette volontiers de côté, pour apprendre la langue ancienne par exemple. Elle possède deux pactisans, détail que bien sûr, toute la nation ignore: la langue ancienne n'est déjà pas bien vue, alors l'utiliser à plusieurs reprises...

L'attitude d'Iskandar à son égard est... plutôt étonnante. Bien qu'elle soit une femme, c'est avant tout sa fille, et de plus, une fille avec un potentiel tel qu'il supplante celui de nombres de ses frères, il a toujours été assez proche d'elle, même si ses gestes d'affection à son égard ne sont pas toujours visible, il tâche de garder un oeil sur sa constante progression. De surcroit, étant la fille d'une de ses épouses, il lui porte une affection toute particulière. Bien qu'il évite de le montrer.

Puissance: Rang A
Influence: Rang A

__________________________

Ilya d'Ignis 19ème princesse d'Ignis (PV)

Ilya est... un cas à part au sein de la famille royale. Même s'il semble difficile d'imposer une constante au sein de la famille, la petite fille sort inévitablement du lot. Fille d'une maitresse officielle du roi, elle n'a pour ainsi dire rien hérité de lui au point de vue physique, mais détient une puissance magique naturelle à la hauteur des premiers sièges royaux, et sa position dans la hiérarchie ne fait que refléter l'affection qu'elle porte à tous ses frères et soeurs: elle n'irait jamais leur faire perdre de place. Elle se fiche éperdument du trône comme de l'an 703, mais entretient une grande rivalité avec Rin, qui est l'une des seules héritières qu'elle a défié, et défie encore régulièrement - l'autre exception étant Kazrei, et elle l'a envoyé au tapis d'un sort simplement pour le charrier. Entre les deux princesses, tout est rivalité, tout ce que l'aînée fait, la benjamine imite, elle n'a de cesse de vouloir l'impressionner et attirer son attention.
Elle s'entend vraiment bien avec toute la fratrie ainsi qu'avec son père; et si elle n'a pas hérité du physique de son cher papounet, elle s'en est manifestement approprié un certain nombre de traits. Duale, elle peut être tantôt un superbe ange et tantôt le pire des démons, mais ne laisserait jamais passer de côté une insulte ou une insinuation à l'encontre de sa famille ou des gens auxquels elle tient. A vrai dire, personne ne l'a encore jamais vue en colère, et ce ne serait surement pas un spectacle agréable.

Puissance: Rang A
Influence: Rang A

__________________________

Sakura d'Esther - Princesse déchue (PV)

Soeur de Rin et fille d'Aoi et d'Iskandar, Sakura est née humaine dans une lignée de magicien. Si la chose n'est pas courante, elle se produit parfois, et au sein de la famille royale ces choses là ne pardonnent pas. Privée de son titre par manque de puissance, elle a été exclue de la famille royale, le Roi l'autorisant toutefois à vivre avec sa mère et sa soeur. Reniée, elle a perdu son nom, et a vécu dans l'ombre toute son enfance. Ce n'est que récemment qu'elle a obtenu un "titre" attribué par sa soeur, et du même coup, un nom de famille. Elle participe donc à la gouvernance d'Esther, et a formé un pacte avec son aînée, dans le plus grand secret. La perte des droits n'est peut-être pas une si mauvaise chose, n'étant pas un personnage public, elle peut vagabonder à ses envies et profiter de la vie, sans craindre les conflits - oraux ou physiques - qui animent parfois la famille royale.

A l'extrême opposé de Rin, Iskandar a une attitude froide à son égard. Pour lui, elle n'est plus sa fille. Il l'a reniée lorsqu'elle était encore jeune et n'a pas passé une seule minute seul avec elle depuis près de sept ans. Quand il se trouve en sa présence il la traite comme n'importe quelle jeune amie de sa fille adorée, il la tolère, sans plus.

Puissance: Rang B+
Influence: Rang C


__________________________

Miyamoto Musashi - Portier (PNJ)

Musashi est portier. C'est sa vocation, son énergie, sa vie. Il garde les portes du palais de Lex mieux qu'aucune armée ne le ferait, bien que personne ne lui porte vraiment attention, même au sein de la famille royale, Musashi est de loin l'un des meilleurs guerriers d'Ignis. Simple humain, sa maitrise de l'épée a atteint un niveau tel qu'il rivaliserait sans peine avec les chevaliers d'Ignis, voire le chevalier royal lui-même.

Pourtant, il est et restera toujours le gardien des portes, Musashi vit pour servir le trône d'Ignis et défendre son palais. Il lui arrive de défier les personnes qui passent par la porte, peu importe leur rang, leur nom ou leur qualité. Il passe le plus clair de son temps à s'entrainer, et ne vit que pour avoir le privilège d'affronter "la lame ultime" une personne capable de lui tenir tête.
Et il n'a à ce jour jamais perdu de combat.

Puissance: Rang A+
Influence: Rang D






Autre

Comment avez-vous connu le forum ?:
Je l'ai crée.

Des choses à améliorer ?:
Ca manque de serviteurs, je dirais.

Crédits:

Tohsaka Tokiomi - Fate/Zero (Type-Moon) - dans le rôle d'Iskandar
Olivia Armstrong - Fullmetal Alchemist - dans le rôle d'Amanda
Tohsaka Aoi - Fate/Zero (Type-Moon) - dans le rôle d'Aoi
Tohsaka Rin - Fate/Stay Night (Type-Moon) - dans le rôle de Rin
Ilyasviel von Einzbern - Fate/Stay Night (Type-Moon) - dans le rôle d'Ilya
Matou Sakura - Fate/Stay Night (Type-Moon) - dans le rôle de Sakura
Sasaki Kojiro/Assassin - Fate/Stay Night (Type-Moon) - dans le rôle de Musashi

Thème - Code Geass OST - All Hail Britannia

Liens:
http://losanimesdemagrat.wordpress.com/tag/ciencia-ficcion/
http://s3.zerochan.net/Tohsaka.Tokiomi.600.1079274.jpg
http://s3.zerochan.net/Tohsaka…iomi.600.1079283.jpg

Un dernier mot ?:
Tout est mien.

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Messages : 75
Age : 0
Métier : Maitre du monde
Humeur : Las
Points Histoire : 0
Ven 23 Déc - 21:29
Histoire

Chapitre I

« Le premier désir. La première impulsion.
L'homme est, dès sa naissance et par une mystérieuse force, poussé à dominer. »


°-°-°-°-°-°-°-°

La nuit était tombée sur la capitale. Dans les hauts-quartiers, les gens dansaient et chantaient, célébrant la quinzième année de règne du Roi. Buffets à foison, musiciens, tout avait été préparé pour que cette fête soit magnifique; c'était après tout l'un des seul moment où tous les membres de l'armée, la famille royale et de nombreux invités prestigieux, pouvaient se rencontrer et se découvrir, sans aucune formalité, ni respect zélé de l'étiquette.

Toutefois, dans l'ombre, un spectacle d'une tout autre nature prenait place. Au coeur des ghettos d'Ignis, ignorés de tous, les « inférieurs » faisaient de leur mieux pour survivre. Loin de l'esprit festif et léger de la place des fêtes, illuminée des flammes de l'ordre; les ruelles sombres des bas-quartiers n'étaient que pures ténèbres. Viols, agressions, meurtres, et désespoir.

- Mère !! Tenez bon!

A l'intérieur d'une vieille chambre, un drame ordinaire se déroulait. Une mère, atteinte d'une maladie grave, mourrait. Mais étonnamment, elle ne mourrait pas seule, comme c'était souvent le cas de ces femmes abandonnées de leur amant, son unique fils était à son chevet. Enfant non désiré, fruit d'une relation non consentie, il était pourtant son seul trésor, sa seule lumière. Dans l'atmosphère putride et poussiéreuse de cette pièce, qui avait surement été à l'origine du poison qui la rongeait; malgré l'air irrespirable et l'abondance des vers, des mouches, des araignées et des rats, malgré encore le plancher branlant et le toit fragile, malgré les fuites et l'eau qui s'accumulait, il était là. Un fils fidèle et aimant, compréhensif et attentif. L'extrême opposé de son géniteur, et elle ne parvenait à croire qu'il fût son descendant.

Pourtant ils étaient là. S'il tenait d'elle ses magnifiques yeux saphir, il possédait presque tout de lui. Cette prestance inexplicable, ce regard fort et déterminé, ce nez aquilin et ce sourire envoûtant. Elle le haissait autant qu'elle l'aimait, car à chaque fois qu'elle le regardait, elle revoyait cette scène, encore et encore. De ce soir d'été où elle perdit sa virginité.

- Hadrien... viens par là, mon ange.
- Je suis là, mère.

Et il était là. Présent à ses côtés, tenant sa main fragile entre les siennes et éloignant les insectes qui grimpaient sur la petite couchette. Elle ne le voyait plus, ses yeux avaient déjà sombré dans l'obscurité. Sa respiration était faible, si faible... et elle sentait ses dernières forces la quitter. Toutefois, avant de partir, elle devait faire quelque chose, elle devait le lui avouer. S'il était son seul héritage à ce monde corrompu, elle devait, tant qu'elle le pouvait, lui donner les moyens d'y évoluer.

- Hadrien... ton père...

Elle commençait à délirer. Pourquoi se mettait-elle à bredouiller des choses incompréhensibles sur son père ? Elle lui avait dit qu'il était mort peu de temps après sa naissance, peut-être désirait-elle le retrouver ? Le jeune Hadrien, malgré son jeune âge, était terriblement mature. La survie dans les ghettos ne laisse d'autre choix aux enfants que d'apprendre très vite les rudiments de la vie. Et sa mère ayant toujours eu une santé fragile, il avait dû s'occuper d'elle dès son jeune âge.
Elle toussa, cracha même un peu de sang, elle était complètement en sueur. Son fils posa des serviettes mouillées sur son front et pressa avec tendresse sa main, les larmes commençant à couler tout le long de sa joue. Elle pointa un tiroir de la commode du doigt, le jeune enfant ignorant si c'était un mouvement conscient ou un simple réflexe, et reprit.

- … le roi... je...

Nouvelle vague de sang, les éclaboussures touchèrent cette fois les joues de l'enfant, et malgré l'insistance avec laquelle il ramenait ses mains entre les siennes, elle continuait de pointer la commode du doigt, en dépit de sa cécité. Hadrien reposa la main qu'il tenait sur le bord du lit, et s'approcha de la commode, découvrant dans le tiroir un journal. L'écriture y était frêle et peu sûre, mais il pouvait y reconnaître les dessins de sa mère. Le journal avait été ouvert le jour de sa naissance, et commençait par une simple phrase, qui signifiait tout. Trois petits mots qu'il n'avait entendu que trop souvent « Je suis désolée ». Tradition des femmes d'Ignis, que de toujours reporter la faute sur elles, et de se poser en êtres faibles et en tort.
Quelques phrases exprimant l'amour qu'elle ressentait, puis une seule phrase, qui resta à jamais gravée dans son esprit. Il lâcha subitement le livre, se tournant consterné et empli d'un mélange de colère et de tristesse vers sa mère.
Mais elle ne le lui rendit pas.

- Mère... ?

Il s'approcha pour saisir à nouveau sa main, sans réponse. Et quand il observa ses lèvres, ses yeux s'écarquillèrent devant l'image qu'il percevait. Une fine bave rouge de sang s'en échappait encore, et ses yeux était immobiles, clos dans le regret, et pourtant, une étrange satisfaction.
Ce fut la dernière image qu'il eut de sa mère, d'un corps sans vie, emporté dans la tombe. D'une femme malade qui ne respirait plus qu'en crachats de sang, et dont toute beauté avait quitté les traits.
Un cadavre.

°-°-°-°-°-°-°-°

Les larges portes de la salle du trône s'ouvrirent, laissant paraître un jeune enfant, trainé de force par deux soldats. Les sentinelles l'avaient aperçu tentant de s'infiltrer dans le château, et l'auraient simplement jeté dehors avec une bonne rouste, s'il ne tenait pas des propos effrayants. Il avait clamé être fils du roi, et à dire vrai, il n'était venu ici que pour le tuer. Cet homme qu'il savait déjà abjecte avait violé sa mère et lui avait donné naissance, mais plus que tout, il les avait tous deux abandonnés dans les derniers instants, et jamais il n'était venu les voir. Sa mère était morte dans la pauvreté, elle qui l'avait pourtant enfanté.
Tout le monde dans le royaume avait connaissance des multiples aventures du Roi. Il avait cette réputation, non d'être un simple « homme à femmes » mais également d'être tyrannique et violent. Il avait eu une femme légitime, mais celle-ci était morte. A présent « veuf » il multipliait les aventures d'un soir, consenties ou non, avec toutes les fanges de la population d'Ignis.

- Lâchez-moi! Je vais le tuer!
- Qu'est-ce ?

Et il se tenait là. Assis sur son trône doré, présidant de toute sa force et de sa prestance l'assemblée, il ouvrit la bouche, et toutes les personnes se turent. Ses deux yeux dorés semblaient observer le monde depuis un piédestal céleste, et percer la chair des êtres pour toucher leur âme même. Sa voix grave et forte pénétra ses oreilles, et le paralysa. A la simple vue de cet homme, il ressentait pour la première fois, une rage profonde.

- Vous avez tué ma mère! Rendez-la moi!
- … Silence.

Ses yeux se changèrent en purs rubis, et une vague de flamme percuta le jeune garçon, blessant les deux soldats qui le tenaient. De simples dommages collatéraux, des pions qu'il pouvait se permettre de perdre. Il marcha vers l'enfant, doucement, avant de se stopper juste au dessus de lui. Il y avait quelque chose en ce gamin qui lui était étrangement familier.

- Je n'ai que faire des cris d'un insecte...

Mais alors qu'il s'apprêtait à l'achever, par pur caprice, il sentit une faible traction en provenance du sol. La respiration faible, le corps couvert de brûlures, l'enfant venait d'agripper sa cheville. Il prit appui sur son autre bras, et leva les yeux en direction du Roi, décidé à les lui planter au plus profond de ses iris.
Regarder le Roi dans les yeux était passible de mort. Golbez n'avait jamais pu supporter qu'on se place d'égal à égal, qu'on tente d'induire un contact avec lui. Aucune des femmes avec qui il avait couché n'avait pu le regarder dans les yeux, en eurent-elles ressenti le besoin à un moment donné. Pourtant, cet enfant là, n'avait pas hésité une seconde. Emporté par la colère, drainé par le désir de vengeance, il ne ressentait plus la peur. Et il se délectait de ces yeux qui le fixaient à présent.

- Monseigneur, il a prétendu être votre fils et...
- Assez!

Un geste du revers de la main, faisant immédiatement s'incliner le soldat, en pénitence. Golbez plongea à nouveau ses yeux d'or dans ceux saphirs de son bâtard, et afficha un sourire satisfait. Cet enfant le haissait, plus que tout. Et c'était de cette haine qu'il tirerait sa force. Plus que colérique, il était avant tout extrêmement orgueilleux, et le cran et la détermination dont faisaient preuve cet enfant étaient des traits qui ne prouvaient que trop sa paternité.

- Faites-le sceller! S'il survit il pourra prétendre à ma succession.
- Att-...

Hadrien raffermit son emprise sur la jambe de ses deux bras, et Golbez, exaspéré, fit immédiatement volte-face et le propulsa d'un violent coup de pied contre le mur avoisinant. Du sang coula de sa bouche, et le choc avait probablement brisé l'une de ses côtes. Pourtant, il demeurait conscient.
Et parmi les dernières images qu'il put apercevoir, il y avait ce sourire malsain, et cette cape qu'il rabattait avec fierté sur ses pas.

A ce moment précis, il se jura de prendre sa vie.
De ses propres mains.

Quelques heures plus tard, lorsqu'il fut soigné et en état de bouger, on l'emmena dans une salle près des caves. Seule une torche éclairait la pièce, et deux hommes munis de capes noires l'observaient avec dédain. Ils étaient pitoyables. Pour qui se prenaient-ils, avec leurs capes sombres et leurs grimoires ? Sa mère avait été magicienne, et même si elle ne pratiquait plus la magie, il avait déjà parcouru certains de ses ouvrages. Ces artifices ne servaient qu'à impressionner les esprits faibles, les personnes qui ignoraient tout des secrets du monde magique. Lui, venait en deux jours de perdre tout ce qui lui tenait à cœur, il avait affronté la mort, et tenu tête au Roi, dont l'aspect terrifiant hantait encore son esprit. Comment ces deux inconnus en robe de chambre auraient-ils pu l'effrayer ?

Ils se penchèrent sur des dessins accrochés aux murs, celui qui retint leur attention était un ensemble confus de traits ayant la forme d'un aigle. Il était bien plus imposant que les autres, et semblait nouvellement dessiné. L'un des mages indiqua quelque chose à l'autre sur le parchemin, et ils fixèrent le jeune enfant, intrigués.

- Débutons la cérémonie

Ils se placèrent autour de lui, et chacun commença à réciter les incantations de formation du sceau magique. Un tel rituel avait habituellement lieu à la naissance, car l'apposition d'un sceau de magie, au contraire des sceaux de pactes, était une épreuve douloureuse. Plus vaste et développé était le sceau, plus forte était la douleur. Et puisque jamais sa mère ne lui avait lancé ce sort, il devrait le subir aujourd'hui.

Une atroce douleur frappa immédiatement son dos, comme si on l'ouvrait à coups de couteaux pour en retirer les os. Les traits du sceau s'ancrèrent dans sa peau, lentement, oui très lentement. Hadrien pouvait sentir les traits magiques brûlant son corps et déchirant tout son être. Il se courba, finissant affalé au sol tandis que les flammes continuaient de le dévorer. Seconde après seconde, il ressentait sa vie qui vacillait, et manquait de sombrer dans l'inconscience, emporté par la souffrance.

Il voulait mourir, pourquoi cela ne cessait pas ? Les traits de flammes continuaient de parcourir sa peau et venaient de passer sur son torse, dessinant la pointe des ailes. C'était déjà un miracle qu'il ait survécu autant de temps, il était trop jeune, et paradoxalement, trop vieux. Le sceau avait une envergure démentielle comparé aux dessins habituels, comme si... oui, comme si l'on avait cherché à le punir.

Les lames de feu effectuèrent une rotation imprévue pour dessiner la première des plumes, puis une seconde, et le mouvement se répéta cinq fois. A chaque changement de direction, la douleur insupportable devenait plus terrible encore et lui arrachait un râle de souffrance pure.
Maintenant il l'appréhendait mieux, la souffrance qui avait pu être celle de sa mère, celle de vouloir pleurer à chaudes larmes, tout en se résolvant à demeurer forte. Il ne pleurerait pas, peu importe les épreuves, peu importe le désespoir, il s'était juré de devenir fort. Suffisamment pour le tuer.

Après quelques minutes de torture, les deux traits de flammes se rejoignirent sous sa nuque, formant finalement la tête de l'aigle royal. Et quand enfin la douleur se stoppa, il s'effondra au sol, inerte.

°-°-°-°-°-°-°

Muni de l'habit pourpre princier, signe de son nouveau statut, Hadrien posa le pied sur la première marche de l'escalier extérieur. Les longues marches du palais royal s'étendaient sous ses yeux, et elles étaient à présent siennes. 28ème héritier à la couronne, il ne pouvait régner sur quelque territoire pour l'instant, et il était de toutes évidence trop jeune pour cela. Du haut de ses neuf ans, il s'avançait seul vers un monde sans pitié. Il avait miraculeusement survécu à l'implantation de son sceau, et se familiarisait de plus en plus vite à l'usage de ce dernier. La magie emmagasinée en lui depuis sa naissance ne demandait qu'à s'échapper, comme si elle brûlait de frapper, de s'élever. Les yeux fixés sur le donjon, il ferma ses poings, avant de s'élancer sur la route du trône.

Marche après marche, il songeait à ce sceau qui ornait à présent son dos. Pris en tenaille entre la fierté d'être magicien, la satisfaction d'avoir obtenu le pouvoir et la honte qu'il ressentait, en se considérant comme marqué telle une bête de somme. Il passa la première porte, et se dirigea vers la salle du trône, où une cérémonie de 'bienvenue' lui était organisée. L'occasion pour les princes de voir arriver leur nouveau rival.

- Hadrien Léon d'Ignis, prince du royaume et vingt-huitième prétendant au trône.

Le garde placé près de la porte clama l'identité du nouveau venu, et Hadrien fit halte après avoir passé le seuil de la pièce dorée. Sous ses yeux, telle une assemblée extraordinaire réunie pour le juger, le roi et ses héritiers l'observaient. Il n'avait jamais vu les princes auparavant, mais pouvait déterminer de part leur position dans l'arc de cercle qu'ils formaient, leur rang dans la hiérarchie. Aux extrémités se trouvaient les plus jeunes, certainement les plus 'faibles' et au centre, près du roi, le premier et le second prince. Il y avait peu de femmes parmi les héritiers, seule une jeune fille, au bout du cercle qui portait une superbe robe rose. Les princes et la princesse étaient tous différents, pourtant l'on retrouvait sans peine dans leur regard et leur allure certains traits communs. Des jeux de regards dévoilaient des affinités, et parmi les héritiers, certains étaient 'accompagnés'.

L'échange de regards dura quelques secondes, les sentiments qu'il percevait étaient majoritairement hostiles. De la haine au simple dédain, il y avait pourtant, au milieu de tout, quatre yeux qui l'observaient avec attention. Les iris pourpre de la jeune fille, qu'il connaitrait plus tard sous le nom d'Elise, et ceux, violets, de son futur mentor: Altir.
Il l'ignorait encore, mais elle commençait ici.
La guerre pour le contrôle absolu du royaume.

°-°-°-°-°-°-°

Chapitre II

« Pas d'influence sans contrôle. Toute relation est manipulation. »

°-°-°-°-°-°-°

Le château s'effondra, mis à terre par une force contre laquelle il ne pouvait rivaliser. Sa structure, déjà fragile, ne put supporter l'impact de l'objet catapulté. Sous le regard triste de l'enfant, et le sourire satisfait de son ennemi, elle observait le fruit de son travail sombrant dans le néant.
Et les cartes qui servaient de fondations au fort s'éparpillèrent au sol.

- Hadrien!
- Victoire!!
- … Pas drôle.

La jeune Elise fit gonfler ses joues d'exaspération, et, le regard sévère, fixa son ami avant se se retourner brusquement. Elle croisa les bras en signe de colère et s'engagea dans ce mode «bouderie» qui la caractérisait tant. Elise avait déjà treize ans, mais se comportait toujours comme la petite fille qu'il avait rencontrée lors de sa nomination. De deux ans son cadet, Hadrien agissait lui, d'une manière beaucoup plus mature. Tout au moins, lorsqu'il n'était pas avec elle.
Respectivement vingt-huitième héritier et vingt-septième héritière, les deux enfants occupaient le « plancher royal » ils étaient les plus faibles des héritiers, mais détenaient un potentiel trop grand pour se voir destitués. Et tous deux n'avaient cure du trône. Hadrien désirait toujours venger sa mère, mais la vie qu'il menait à présent aux côtés de la famille d'Elise suffisait à le combler de joie.

- Mademoiselle, monsieur, le déjeuner est servi.

Le jeune homme qui venait d'entrer se nommait Alceste, intendant d'Elise, il était celui qui supervisait tous les travaux et les affaires de 'famille', car en tant que fille de la branche principale, sa protégée avait fort à faire. Si elle ne représentait pas une menace directe et ne détenait pas de réel contrôle administratif – seuls les quinze premiers princes dirigeaient une région – elle restait tout de même enfant de sang royal, et cela suscitait de la jalousie, et de la peur.
Ainsi Alceste passait l'essentiel de son temps libre à s'entrainer, et avait recruté divers soldats pour protéger la demeure, malgré son attitude zélé, il ne manquait pas de talent. Dès qu'elle serait en âge de le lui proposer, il serait prêt à prendre ses fonctions en tant que chevalier.

- Rooh, Alceste, encore un peu.
- Vous ne pouvez pas, mademoiselle, le plat va refroidir.
- Et je t'ai déjà dit d'arrêter ces 'mademoiselle'! J'ai un nom tu sais?

Ne perdant pas une once de son sang-froid, ni de son tact naturel, Alceste se contenta de hocher la tête et d'ajouter qu'il pouvait tout aussi bien ajouter son nom après 'mademoiselle' si elle le souhaitait.
Malgré sa maturité et le rôle qu'il détenait au sein de la petite famille, le majordome et intendant n'avait que dix-sept ans. Il avait grandi avec sa maitresse, et succédé à son défunt père quelques mois plus tôt. Alceste était affranchi, toutefois lui et sa famille connaissaient bien la mère d'Elise et avaient juré de servir son enfant. Le royaume n'offrait de protection aux héritiers que celle qu'ils se forgeaient eux-mêmes. La mère d'Elise avait été, comme beaucoup d'autres, une de ces femmes occasionnelle du roi, qui les renvoyait dans leurs ghettos ou chez leurs parents une fois sa besogne finie. Heureusement pour elle, cette femme était de bonne famille, ses frères étaient membres de l'armée, et elle avait une maison où elle pouvait élever son enfant.
Ce n'était pas le cas pour tous, et Hadrien faisait partie de ces enfants 'malchanceux', pour qui le seul legs du roi était un sceau apposé de force et les étoffes d'un prince. Sans cette famille, qui sait ce qu'il serait advenu de lui ?

°-°-°-°-°-°-°-°

La journée type d'un prince n'avait en réalité rien de très fascinant. Hadrien vivait dans la demeure de la famille d'Elise, les maitres de maison, ses deux oncles, étaient plus qu'heureux d'accueillir sa venue. Après tout, mieux valait deux membres de la famille royale qu'un seul, et s'ils étaient encore jeunes, nul doute qu'ils finiraient par monter dans la hiérarchie. Pour en revenir à cette journée-type, le vingt-huitième prince d'Ignis se levait tous les jours vers cinq heures, il s'entrainait à la salle d'armes jusqu'au petit-déjeuner de sept heures; à partir de là et jusqu'à midi il jouait avec sa demi-sœur. L'après-midi était consacré à leur éducation, l'intendant faisait venir des lettrés qui leur enseignaient ce qu'ils devaient savoir sur le royaume et les autres pays, sur la religion et la chute de l'Empire. En fin de soirée, Hadrien et Elise s'entrainaient à la magie, et le soir, en petit comité, il leur arrivait de mettre le bordel un peu partout, simplement pour s'attirer l'attention d'Alceste et finir par discuter avec lui.
Ce furent les plus beaux jours que connu Hadrien. Un monde de bonheur, dans un univers de malheurs. Les autres héritiers se défiaient jour après jour, et ne cessaient de surveiller le classement, chacun passant à tour de rôle au dessus de l'autre. Certains finissaient par être destitués, d'autres mourraient. Et invariablement, les deux adolescents conservaient leurs dernières places.

A l'occasion, Hadrien rendait visite à Altir, le onzième prince. Agé de dix-neuf ans, il excellait dans la maitrise des armes blanches et tout particulièrement de la lance. Compréhensif et bienveillant, en opposition à tous ses demi-frères, Altir était un modèle pour Hadrien, comme un véritable grand frère, sinon un père. Tous les mois, il venait lui rendre visite depuis la région qu'il gouvernait: Esther. C'était une importante province du nord, non loin de la frontière de Terra, et à chacune de ses venues il lui contait des histoires de 'son pays'. La vie y était paisible, les gens chaleureux, bien entendu l'esclavage et les discriminations avaient cours, mais le pan de l'armée qu'il dirigeait veillait à établir l'ordre et à éviter les débordements. Il n'y avait pas, ou très peu d'exécutions publiques, et la famille royale était admirée.

Le jour où il y mit un pied, Hadrien put constater que ces dires étaient vrais, et il fit d'autant plus confiance à son mentor, qui deviendrait très bientôt son maître d'armes. Et, du fond de son coeur, le jeune garçon espérait que cet homme deviendrait le prochain roi.

Ce monde de bonheur perdura pendant près de deux ans.
Puis, tout s'effondra.

°-°-°-°-°-°-°-°

- Alceste !!
- Reculez !

La lance de flammes fut habilement déviée par l'intendant, et d'un sublime mouvement de contre, il fit glisser son épée le long du manche pour atteindre la gorge de son ennemi. L'entaille mit fin à sa vie en quelques secondes, et l'homme s'écrasa aux pieds d'Hadrien, se vidant fort rapidement de son sang. Un autre soldat se jeta sur le guerrier, tandis qu'il battait en retraite en s'assurant que ses protégés seraient en sécurité.

- Rejoignez mademoiselle dans l'antichambre! Au plus vite!!

C'était une rébellion. Non, un assassinat. Jamais des soldats du royaume n'auraient entrepris seuls de défier une branche de la famille royale: c'était une tentative de prise de pouvoir, un coup d'état qui se cachait sous les traits d'une simple révolte. Altir lui avait auparavant fait mention de ses soupçons d'une attaque organisée contre les princes et le roi, et au vu des événements, il ne s'était pas trompé. La demeure de la vingt-septième héritière du trône venait d'être prise d'assaut par un petit groupe de soldats d'élites, qui avaient rapidement mis à mal leurs défenses et s'était infiltré en un temps record. Rien de plus simple en temps de paix, lorsque les hommes qui frappent à vos portes sont aussi ceux qui vous servent...

Tous ceux qui résistaient étaient simplement exécutés, seuls Elise, sa mère et quelques autres domestiques avaient survécu en se réfugiant dans la dernière salle. Alceste et les derniers soldats faisaient barrage au niveau des importants couloirs, et le jeue Hadrien ne savait plus vraiment où était sa place. Il avait appris à combattre, savait manier les armes et user de magie, mais qu'était-il face à ces soldats entrainés et expérimentés ? Son nouveau nom ne faisait pas tout, et il commençait amèrement à en prendre conscience.

Toutefois, il refusait de fuir. Il ne voulait pas se réfugier avec les femmes et les domestiques, son honneur et sa fierté ne le lui permettaient pas.
Et il savait qu'il n'aurait fait que le regretter.

- Hors de question, Alceste! Je reste!

La lame de l'intendant perça le corps d'un autre ennemi, tandis qu'à ses côtés l'un des fidèles soldats de la famille succombait à un tir d'archer. La formation ennemie était trop bien pensée, même pour les soldats d'Ignis. Les arcs ennemis et la magie faisaient des ravages dans de si petits couloirs, mais risquaient de blesser les alliés, ce qui justifiait leur non-utilisation.
Pourtant, ça ne semblait pas être un problème pour leurs adversaires.
La salve de flèche cessa et une nouvelle vague de soldat s'avança, parvenant cette fois à déborder Alceste, pourtant, au lieu de le prendre à revers et de l'achever, ils des ruèrent sur Hadrien, seul en arrière. Deux des derniers protecteurs de la maison se dressèrent en protection et parvinrent à stopper l'ennemi avant qu'il n'atteigne son objectif.

- Leur objectif est la famille royale! Si vous vous exposez ils vous tueront!

L'un des mercenaires repoussa le soldat sur le côté, et s'apprêta à abattre son épée sur le jeune prince quand une dague habilement lancée s'encastra dans sa nuque, avec une précision mortelle. Alceste avait profité d'un espace dans la mêlée pour sauver son maître, mais une lance parvint à toucher son flanc en représailles.
De leur côté, les deux soldats, profitant de cette aide inattendue parvinrent à éliminer les assaillants et s'élancèrent à la rescousse de l'intendant, qui luttait encore, malgré sa blessure.

Hadrien, lui, continuait de fixer l'homme qui avait voulu le tuer, et qui gisait à présent au sol. Remarquant la blessure d'Alceste et par peur qu'il ne lui arrivât la même chose, il se lança à son tour vers lui, et par sa stature plus petite que ses ennemis – ainsi que les nombreux entrainements qu'il avait eu avec Altir, se faufila par delà la ligne de défense, se retrouvant face aux archers ennemis.

- Hadrien !!
- … Dévore le Monde, enfant du Chaos...

De nombreuses flammes le cernèrent et se groupèrent en un instant autour de sa main, tandis que les archers armaient leurs flèches sur la nouvelle cible, sans défenses.
Une immense boule de feu se matérialisa devant lui, alors que les projectiles partirent. Le sort n'aurait pu avoir aucun effet, face à la vitesse des armes, mais la mer de flammes naviguant à l'intérieur de la sphère était bien suffisante pour dévier les flèches et les brûler. Deux des flèches s'encastrèrent près de lui, tandis qu'une autre toucha son bras. Mais ce niveau de douleur n'était rien face à l'implantation du sceau magique, et Hadrien conserva sa position, continuant à alimenter la boule de feu en magie. Celle-ci s'agrandit, encore et encore, à un point tel qu'elle emplit en quelques secondes toute la largeur du couloir, brûlant les murs et aveuglant toutes les personnes présentes.

- Boule de feu.

Et la boule se déplaça, projectile trop imposant pour un couloir trop étroit, elle changea le corridor en désert noir. Et engouffra les fous qui n'avaient pas fui. Alceste et le dernier soldat parvinrent à éliminer les résistants, et tandis que l'intendant s'apprêtait à crier sur le jeune prince pour son inconscience, le couloir noir s'illumina de nouveau, et d'immenses flammes, sous la forme d'un phénix, déferlèrent sur eux.

- Brûlez! Feux de la géhenne!

Une gigantesque barrière se dressa face à cette attaque, mais ne parvint pas à la contenir totalement et les flammes consumèrent aisément le petit groupe.

- Tiens donc, vous êtes encore vivant... impressionnant.

Hadrien et Alceste relevèrent la tête avec peine, observant le magicien ennemi s'avançant vers eux, visiblement partagé entre l'admiration et le dépit.

- La précédente attaque aurait-elle consumé le mana environnant... ?

Sans même se préoccuper de ses proies, il avançait de manière parfaitement nonchalante, tentant de trouver les raisons de « l'échec » de son assaut fatal. Une magie de rang supérieur comme celle-ci, dans un espace aussi restreint, aurait dû les réduire en cendres, sans même tenir compte de leur résistance aux flammes... La seule explication était que la boule de feu du prince avait absorbé l'oxygène et le mana en trop grandes quantités, réduisant ainsi la puissance de son assaut. Les difficultés qu'il avait à respirer semblait confirmer cette théorie.

- Je suis étonné, ton niveau est de loin supérieur à celui des derniers héritiers, cher Hadrien. Mes félicitations aussi pour votre talent, intendant. Aaaah, je comprends mieux pourquoi c'est moi que l'on a envoyé.

Hadrien recula face à l'homme qui s'avançait de plus en plus, il le craignait, à raison d'ailleurs, à la fois pour sa réputation mais surtout par la puissance de l'attaque précédente. Lui-même n'aurait pu produire un tel sort en se concentrant au maximum.

- Malthus... alors c'est bien l'œuvre de Brendan...
- Bravo, quel esprit de déduction ! Dommage que vous ne deviez emporter ce secret dans votre tombe.

C'était une situation inédite. Jamais dans toute l'histoire du royaume, un prince n'avait tenté d'en tuer un autre d'une manière qui défiait le protocole. Lancer des troupes contre un héritier était un acte de haute-trahison, une déclaration de guerre civile. Et jamais le roi n'aurait toléré ce comportement.

- Idiots... vous vous condamnez vous-mêmes...
- Oh...? Est-ce que vous parlez des lois ? Nous ne craignons pas grand chose de ce côté là, l'homme qui les administre est en ce moment même en train d'agoniser sur son lit.

La révélation de la mort du roi ébranla l'intendant et l'enfant. Malgré toute la haine qu'ils lui vouaient, la vision du roi mort n'était tout simplement pas envisageable. Et d'ailleurs, l'idée même leur paraissait ridicule, compte tenu de sa puissance. Hadrien reprit finalement pieds, et Alceste posa sa main sur son épaule avant de se placer devant lui.

- Rejoins Elise.
- Mais...
- Je t'en prie.

Malthus s'immobilisa face à l'intendant, tandis que celui-ci ôtait ses vêtements brûlés. La blessure qu'il avait à son flanc l'empêcherait de combattre à son meilleur niveau, et de toutes les manières, il n'était pas de taille face au chevalier personnel du treizième prince.
Il le savait, et Hadrien aussi.
Jamais auparavant il n'avait appelé sa maitresse par son prénom. Et c'était le signe de son adieu.

Fermant ses poings de dépit, Hadrien fit demi-tour, se précipitant vers l'antichambre pour qu'Elise et sa famille s'enfuient. Ils ne pouvaient pas gagner. Et aussi amère que fut cette décision, peu importe les regrets incessants qu'il aurait, Hadrien se devait de la prendre.

- Merci.

Malthus dégaina son épée, et Alceste se mit en position, levant pour la dernière fois sa lame vers l'ennemi.

- Vous étiez en lice pour devenir le prochain chevalier, non ? Sautons ces quelques formalités, et considérons que vous l'êtes devenu, ça n'en sera que plus intéressant.
- Assez. Je ne sais rien de l'honneur des chevaliers... mais c'est en simple intendant que je vais vous tuer. Vous, qui avez osé lever la main sur mes maîtres!!
- Hum, un vrai chevalier, c'est ce que je disais.
- Préparez-vous!!

°-°-°-°-°-°

Fuyant la mort en usant de ses dernières ressources physiques, Hadrien parvint à rejoindre la chambre où attendaient Elise et sa mère, ainsi que quelques-uns des serviteurs qui n'étaient pas allés combattre. Complètement paniqué, il ordonna, avec une voix et une force qu'on ne lui avait jamais vues, à toutes les personnes présentes de fuir par la seconde sortie. Peu importe si des ennemis y séjournaient, il était du moins certain que cette voie ne serait pas sans issue.

Le groupe partit précipitamment, certains des serviteurs aient pris la tête du groupe tandis que les deux héritiers étaient au centre, Hadrien guettant à tous moments l'arrivée d'éventuels renforts.

- Ha... Hadrien, pas si vite!

Elise était littéralement trainée par son demi-frère, pourtant plus jeune que lui, et n'avait même pas eu l'occasion de saisir la situation, que déjà, elle devait la fuir. Tant de bouleversements étaient bien trop pour elle, d'autant qu'elle avait perdu tous ses repères.

- Où est Alceste ? Dis, Hadrien, et Alceste ??

Le dernier héritier se força à ne pas regarder Elise, pour ne pas, par mégarde, donner une réponse. Il allait certainement... non, si elle l'apprenait, elle aurait été prête à le rejoindre. Sans conteste, elle aurait fait demi-tour pour l'aider. Rester cloitrée dans cette pièce lui avait déjà été insupportable, mais si elle avait ressentie le moindre danger pour son ami, elle n'aurait pu s'y forcer. Elle avait ce genre de caractère, têtu au possible.

Finalement, le petit groupe parvint à la sortie sans trop de soucis, gagnant l'arrière-cour, gardée par des soldats ennemis. Évidemment, il fallait s'y attendre, ils avaient aussi bloqué cette issue là. Mais, là, tout de suite, Hadrien et Elise n'étaient absolument pas en de bonnes dispositions.

- Réponds-moi, Hadrien!!!!
- Je peux pas !!

Le groupe de soldats les encercla rapidement, et tandis qu'il séchait ses larmes qui venaient de perler à son visage, alors qu'encore, Elise venait de réaliser ce qui s'était passé, ils passèrent à l'attaque.

Et toute la colère, le dépit et la tristesse qu'ils avaient accumulés, explosa.

- Mes pleurs... seront les flammes... DE LA HAINE!!

Un gigantesque mur de flammes cerna le groupe, et du haut de ses murs, une vague de feu sombra sur tous les ennemis. La jeune héritière n'était certes que la vingt-septième héritière au trône, mais en cela même, elle était une princesse d'Ignis, et la fille du roi. Et ce n'était pas un groupe de soldats de bas étage qui aurait pu rivaliser avec sa puissance magique.
Le sort qu'elle avait invoqué était le summum de la magie de feu, la plus puissante incantation du rang intermédiaire, et nul doute qu'avec sa puissance, un mage de feu lambda ne pouvait lui résister. Et ceux qui y résistèrent eurent le malheur de faire connaissance avec les boules de feu d'Hadrien, lui aussi, au bord du gouffre.

Ca, c'était la puissance de la famille royale d'Ignis.
Un feu consumant tout sur son passage.

°-°-°-°-°-°

Plusieurs minutes passèrent, le groupe entreprit de contourner l'immense demeure pour rejoindre les secondes résidences familiales. Si les dires du chevalier étaient vrais, leur famille n'était pas la seule visée, et les combats qui faisaient rages dans la rue confirmaient ce fait. Lorsqu'ils furent enfin hors de portée, les soldats toujours fidèles au roi, guidés par le chevalier royal, s'étaient déjà mis en route pour exterminer les traîtres. Chaque héritier et chaque citoyen d'Ignis même était encouragé à localiser et à pourchasser les traitres, reconnus comme toutes les personnes liées au treizième prince.

Hadrien et Elise s'étaient substitués au cortège familial et pris le chemin du retour, pour rejoindre Alceste. Ou plutôt, Elise s'était enfuie et Hadrien la poursuivit, mais lorsqu'ils revinrent sur les lieux, les deux hommes étaient morts, et ne demeurait qu'Altir, blessé.

- Altir !! Que fais-tu ici ?
- Je suis venu aussi vite que j'ai pu... mais...
- ALCESTE !!

Elise se jeta littéralement sur le corps de son ami, et Altir retint Hadrien dans son élan vers elle. Lui aussi, voulait voir son ami, et il le ferait mais ce n'était pas le moment.

- Laisse-leur un peu de temps ...

Il toucha sa blessure à l'épaule, apparemment produite par un haut sort de feu, et s'appuya contre le mur. Le onzième prince avait enduré un combat apparemment éreintant contre le chevalier de son demi-frère, et en sortait visiblement plus fatigué qu'il y paraissait.

- Des assassins sont aussi venus chez moi. Une fois que je m'en suis débarrassé, je suis venu aussi vite que possible mais... ils combattaient déjà, et Alceste est mort sous mes yeux. Il s'est battu avec brio, je n'aurais jamais pu vaincre Malthus en temps normal...

Il se mordit la lèvre, de dépit d'avoir été incapable de le sauver. Hadrien retient ses pleurs, plongeant de nouveau son regard bleu ciel dans les pupilles de son interlocuteur. Il soupira un instant, et se pencha vers lui, murmurant quelques mots qui changeraient invariablement sa destinée.

- Malthus était la marionnette de Brendan. Mais aucun prince ne serait assez fou pour déclencher cela seul...
- … !!!
- Tous les autres princes ont été attaqués, même le Roi... l'un a donc feint cette attaque. Je ne devrais peut-être pas te le dire, mais selon moi, l'instigateur de tout ceci n'est autre que...

Son cœur se figea, et son poing se serra, plus fort qu'il n'avait jamais été étreint. Ses ongles pénétrèrent la paume de sa main, et du sang coula sur le sol.
Et son regard emplie de crainte se changea en haine.

- … Le Roi lui-même.


°-°-°-°-°-°

Chapitre III

« Le désir engendre un manque. Le saisir, c'est le combler. »

°-°-°-°-°-°

Le poing du soldat percuta avec force sa main. Hadrien eut un léger mouvement de recul, mais se rétablit vite; et d'un mouvement de bascule propre aux lutteurs d'Ignis, utilisa la force d'inertie du coup adverse pour entrainer son ennemi au sol. Il se plaça alors au dessus de lui, ramenant sa main à présent couverte de flammes au dessus de son visage.

- Bravo.

Les flammes se dissipèrent. Le vingt-huitième prétendant au trône d'Ignis se redressa, remerciant son partenaire d'entraînement – un des soldats d'Esther – et se tourna vers son professeur. Ce dernier fit un rapide commentaire du combat, le jeune homme s'était indéniablement amélioré, mais sa posture restait en partie instable ce qui aurait pu lui coûter la victoire. Il estimait que ses compétences martiales étaient à présent proche d'un niveau de capitaine, il manquait cependant de puissance et de... conviction.

Voilà trois ans qu'il s'entrainait. Ses progrès étaient phénoménaux, mais Hadrien hésitait encore sur certains de ses coups. Oh, il désirait devenir fort, Altir n'avait aucun doute là-dessus. La haine qui transparaissait dans ses yeux à chaque fois qu'il passait devant le palais royal en était une preuve suffisante, pour autant, il semblait se limiter. Comme s'il avait peur de libérer sa force.

- Maître, le repas est prêt.
- Allons bon, nous sommes contraints d'arrêter là. Le repas n'attend pas.

Altir, à présent neuvième prince, fit signe aux soldats de se retirer. Les deux princes sortirent de la salle d'entrainement en compagnie du serviteur et s'installèrent à la table dans la salle de réception. Elise était déjà à sa place, discutant avec le chevalier du maitre de maison.
Les deux adolescents étaient venus ensemble rendre visite à leur demi-frère, si Hadrien et Elise avaient eu une longue période de froid suite à la mort d'Alceste, ils s'étaient finalement réconciliés, et tous deux partageaient le même désir secret de vengeance, bien qu'aucun n'en eût jamais parlé à l'autre.
Elise avait à présent 18 ans. Digne princesse d'Ignis, elle avait acquis une prestance et un charme qui faisaient fondre tous les hommes qu'elle croisait; sa longue chevelure noire ruisselait le long de son dos, et contribuait à affiner sa silhouette déjà parfaite, sa poitrine s'était développée, et ses hanches conservaient inéluctablement leur forme, comme si elle fût immunisée des prises de poids. Sa toilette était plus que satisfaisante, et aujourd'hui notait Hadrien, elle portait sa belle robe bleue, qui se mariait si bien avec ses yeux. Oui, elle était belle, et malgré tout, elle était seule. La plupart de ses demi-sœurs avaient déjà eu un ou plusieurs amants à son âge, et ce n'était certainement pas la demande qui faisait défaut, non elle semblait... ne pas s'y intéresser.
Son caractère était devenu plus colérique, et il lui arrivait de piquer toutes sortes de caprices. Une chose était certaine, si jamais elle eût un amant dont Hadrien ignorait l'existence, il ne devait pas avoir la vie facile...

- Qu'il y a t-il, Hadrien ?

Son regard, trop insistant, semblait avoir perturbé la jeune femme. Il sourit et fit signe que c'était sans importance, et ils commencèrent à manger.
Ce fut à ce moment là. Lorsqu'il jeta un nouveau coup d'œil furtif vers sa demi-sœur, à l'instant où elle porta une mangue à ses lèvres, il réalisa à quel point il la désirait.

°-°-°-°-°-°

On dit que le désir est une forme de bonheur, qui s'évanouit au moment où il est accompli. C'est certain, mais le désir n'a pas à souffrir d'une fin; il peut aussi perpétuellement se renouveler, et à jamais perdurer. Tout au moins, c'est l'impression qu'il en avait.
Que désirait-il ? La vengeance, c'était une certitude. Alors pourquoi ses pensées n'étaient-elles plus occupées que par sa demi-sœur à présent ? Dès qu'il fermait les yeux, elle apparaissait, chacun de ses songes lui était dédié, alors même qu'il pouvait poser son regard sur elle chaque jour qui passait. Devait-elle se manifester d'une quelconque façon, lui adresser la parole ou simplement entrer dans la même pièce que lui, Hadrien focalisait toute son attention sur elle, et guettait le moindre faux pas qu'il pourrait commettre en sa présence. Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus.

Une chose était pourtant claire dans son esprit.
Il ne pourrait plus jamais quitter ses lèvres des yeux.

- Ha-... Hadrien??

Combien de fois avait-il espéré que viendrait cet instant ? Il cessa bien vite de les compter. Le jeune prince ignorait ce qui l'avait tant retenu, mais savait pertinemment ce qui l'avait poussé à agir: un prédateur s'était approché trop près des siens. Elise vivait des temps difficiles, et avait ressenti le besoin de se sentir aimée. Elle était si belle, qui aurait pu lui résister ? Mais cela, Hadrien ne pouvait l'accepter, il en était incapable, car lui-même avait depuis longtemps perdu le pouvoir de lui résister.

Que lui arrivait-il ? Elise ne comprenait pas, l'attitude de l'homme en face d'elle était trop éloignée de celle de son frère pour qu'elle pût discerner quoi que ce fut. Hadrien était un gentil garçon, courageux, déterminé, impulsif lorsqu'on lui faisait du mal, mais suffisamment en contrôle de sa personne pour ne pas laisser libre cours à ses émotions. Et jamais, de tous les temps, de tous les mondes passés, présents et futurs, jamais il n'aurait levé la main sur elle. Elle lui aurait donné sa vie, mille fois, encore et encore, et demeurait toujours prête à le faire, si cela pouvait soulager la peine que cachait le regard astral de son petit frère.

Il l'avait agrippée, serrant son poignet comme pour le briser. Pourquoi? Il l'avait déjà oublié, avait-il eu une absence ? S'étaient-ils querellés? Oui, c'était surement ça, et pourtant... non, il ne pouvait pas réfléchir. Ses capacités intellectuelles s'étaient évanouies dès l'instant où son visage effleura le sien. Ah, c'était stupide, ils s'embrassaient tous les jours, il l'avait déjà prise dans ses bras des dizaines, peut-être même des centaines de fois. Et chacune demeurait gravée dans sa mémoire. Alors pourquoi, maintenant, cela lui semblait-il aussi...

Leurs odeurs se mêlèrent, leurs souffles s'harmonisèrent, et l'un dans l'autre, ils plongèrent le regard.

Elise avait peur. Elle n'avait pas peur de son frère, jamais eut-elle pu ressentir pareil sentiment envers son ami, envers son âme. Elle avait peur de ce qui se passait. Elle avait beau le nier, tenter de l'oublier, ce regard azur ne pouvait la duper. Il regardait au plus profond de ses yeux de jade, dépassant toutes les frontières, toutes les limites de son corps, de son cœur, et plongeant sans réserve en elle. Elle était vaincue, trois fois trois cents fois vaincues, car c'était certainement le nombre de battements qu'engendra son cœur durant cette toute petite minute.
Oh, pourquoi, alors que tout aurait pu être plus simple?

Pourquoi ? Parce qu'il la désirait, c'était la seule pensée qui occupait son esprit. A cet instant, cinq minutes, cinq heures, cinq jours et cinq mois auparavant. Il la voulait, il désirait tout son être, ce sourire malicieux, ce regard assuré, ces mots joyeux, cette espièglerie, cette détermination, cachée sous un voile d'innocence. Il ne la connaissait que trop bien sous son jour d'enfant, et mourrait de la découvrir femme.

Il y eut un battement d'ailes, un corbeau effleura les vitres de la demeure, n'y laissant que quelques plumes. Et dans ce tonnerre de caquètements, sous le bruit indicible d'une brise de printemps, il l'embrassa. Des bras s'opposèrent avec virulence à l'acte, tentant de se libérer de son emprise, gesticulant tous azimuts, impuissants et pourtant, si charmants. Peu à peu leurs intentions se mêlèrent au rythme de leurs lèvres, et leurs pensées se confondirent, dans une étreinte qui eut tôt fait d'être partagée.

Elle ne pouvait résister, elle n'en avait ni la force, ni même la volonté.
Lui, ne pouvait arrêter, il en avait perdu sa raison et toute faculté.

Et ainsi de ces lèvres mêlées ne subsista qu'un soupir. Un simple regard, instant de vérité, d'émotion et du désir le plus pur dans une mer de doute. Ils empruntaient une voie sans retour, chacun le savait. Mais la Raison n'a jamais eu grande importance pour la famille royale. Et plus que tout, elle n'a jamais eu sa place au sein de l'amour.

°-°-°-°-°-°

Hadrien Léon d'Ignis, vingt-cinquième prétendant au trône d'Ignis – certaines places s'étaient libérées – et Elise Amélia d'Ignis vingt-sixième prétendante, demeuraient les héritiers les plus marginaux de la famille royale. Ayant respectivement 17 et 19 ans à présent, ils entretenaient depuis plusieurs mois une relation qui dépassait de loin les limites de leur sang. Enfin, demi-sang. Et ce même si tous deux auraient volontiers nié toute affiliation avec Golbez d'Ignis.
Marginaux, non parce qu'ils vivaient ensembles (rien n'avait jamasi interdit à des membres d'une même famille de partager un toit) mais parce qu'ils n'avaient, durant huit ans, jamais participé au moindre affrontement pour l'occupation du trône. Leur crédibilité était au plus bas, mais à vrai dire la populace était si intéressée par le duel au sommet entre Atrée et Altir d'Ignis que le sort des jeunes héritiers leur était, pour ainsi dire, aussi préoccupant que la couleur du papier avec lequel ils s'essuyait l'arrière-train.
Des deux favoris, nul besoin de chercher où allait le soutien d'Hadrien, Altir, actuellement 3ème prince et pris dans une ascension phénoménale, ferait un bien meilleur dirigeant qu'Atrée, Premier Prince, qui ne leur avait d'ailleurs, pour ainsi dire, jamais adressé la parole. Eût-il pu détrôner Golbez, le pays ne s'en serait que mieux porté. Toutefois une crainte subsistait chez le dernier prince, les attentats contre la famille royale, s'ils s'étaient dissipés après le précédent coup d'état, n'avaient jamais complètement cessé. Hadrien comme Elise demeuraient les deux héritiers sans chevaliers, bien qu'Amanda remplit parfaitement cette tâche en simple suivante – le dernier fou qui avait osé s'en prendre à sa maitresse s'en souvient... ou plutôt ne s'en souvient plus justement, puisqu'il est mort dans sa stupide tentative. Du haut de ses 14 ans, elle possédait une dextérité égalant aisément celle des soldats adultes, et Hadrien ne l'avait que trop rarement vu faire autre chose que de s'entrainer. Avec le temps avait-il à plusieurs reprises songé, elle deviendrait même plus puissante que les chevaliers actuels, magie ou non. Mais à l'heure actuelle, leurs forces ne suffisaient à leur assurer une parfaite protection. Altir avait confié certains de ses hommes pour protéger leur demeure, mais Hadrien ne s'en rassurait pas pour autant. Il ne manquait pas de soldats, il manquait d'amis. De personnes comme Amanda. De chevaliers. Ah, si un jour on lui avait soufflé qu'il chercherait l'aide d'une femme! Oui, il leur fallait des alliés.
Et plus rapidement que jamais.

- Elise!!!

La lame d'acier fendit l'air si vite que la princesse ne se rendit même pas compte qu'elle s'était déplacée. L'épée effleura sa chevelure et transperça dans un crissement atroce le corps de l'homme qui s'apprêtait à la poignarder. Amanda, à présent littéralement dans les bras de sa maitresse, fit volte-face et de plaça dans son dos, tandis qu'une mer de flammes inonda les environs, présent du dernier des princes d'Ignis.
Une embuscade. Dire que ces choses arrivaient sur des routes si fréquentées... et ce n'étaient pas les premiers bandits venus, ces hommes étaient bien entraînés, et puissants. Et il y avait dans leurs yeux cette haine viscérale de la noblesse, non, du sang d'Ignis qui les révulsait. Ah, Hadrien et Elise non plus n'aimaient guère leur sang, et en auraient bien changé, mais dans l'immédiat, ils remerciaient la puissance magique qui coulait dans leurs veines.
Mais bon sang, qu'ils étaient nombreux! La route s'était transformée en champ de bataille en quelques secondes, et les flammes surgissaient de tous côtés, quelque fois secondés par des sorts de vent. Certains fous avaient tenté de pénétrer la prison de flammes que les deux héritiers avaient érigée, mais les premiers à s'y être essayé trouvèrent là une mort si atroce que leurs cris découragèrent les suivants, qui contournèrent rapidement la position. La charrette qui les avait transporté était à présent en flamme elle aussi et les chevaux paniquaient dans cet enfer. Après tout, pour leurs agresseurs, ils n'étaient que deux femmes et un jeune garçon, aussi doués furent-ils, ils finiraient par céder sous le nombre.
Et ils avaient raison.

Le second assaut fut plus brutal que le précédent, Amanda et Elise défendaient le sud tandis qu'Hadrien, plus polyvalent, se chargeait du nord du chemin, mais les rebelles ne s'étaient pas contentés de ces deux entrées et passèrent bien vite outre les talus et fossés pour les prendre en tenaille. Leur nombre diminuait, de vingt ils furent dix, mais déjà ils étaient trop près, et après avoir contré un sort de sa lame enflammée, Hadrien se retrouva pris entre deux feux. Enfonçant la lame ignisée dans le corps du premier ennemi, il ne pût éviter la lance qui perça sur son flanc.

Un bruit métallique.
Et survint un cri.

La lance fut bloquée par un bouclier, et le corps de l'agresseur fut transpercée d'une lourde épée, cette fois bien réelle. Hadrien se serait bien frappé si la situation n'en était pas toujours des plus critiques: une personne venait de lui venir en aide. Un soldat d'Ignis, l'uniforme le laissait aisément deviner, qui semblait avoir son âge, et à quelques mètres de là, il apercevait Amanda combattant uax côtés d'une autre jeune femmes, et Elise à quelques pas de là, défendue par un autre homme. Il ne restait qu'une poignée des agresseurs, réunis dans un dernier assaut sur les deux combattants isolés. Hadrien jeta un oeil à l'homme qui l'avait sauvé, et prononça une courte incantation, ses mains se retrouvant immédiatment cerclées de flammes.

Nul besoin de le dire, la bataille fut remportée. En cette journée de juin, les flammes royales avaient été le murmure d'une rébellion. Elise, Hadrien et Amanda firent la connaissance de Joad, Hector et Lyssitrata. Ils avaient tous à peu près le même âge, et malgré les différences sociales, certaines affinités s'étaient créées. Amanda avait rencontré une fille versée dans les arts militaires comme elle, et toute aussi caractérielle, et Elise se ravissait de discuter avec de simples soldats sans trop de formalités. Simples soldats, c'est ce qui auraient dû être, mais le mystérieux sauveur, pas plus âgé qu'Hadrien, était d'ores et déjà capitaine. Un palmarès impressionnant, qui ne fut terni que par son nom de famille. Joad Castamère. A Castamère, Castamère et demi, la famille avait une réputation de fidélité inébranlable aux d'Ignis. Et par extension, à Golbez et au pouvoir en place. Nul doute sur les raisons de leur sauvetage, Hadrien pouvait encore une fois remercier son sang, et le fait que la troupe était déjà sur les talons des rebelles lors du guet-apens.

Le prince ne parvint pas à oublier totalement l'incident, à vrai dire, si ça n'était pour son nom, il aurait souhaité avoir le soldat – le capitaine pardon – et sa troupe de son côté, mais il planait une ombre royale trop grande derrière ses gestes, pour qu'il pût lui accorder une pleine confiance. Il avait combattu à ses côtés, il savait de quoi il était fait, et avait pour la première fois de sa vie confié son dos à une autre personne qu'Alceste, chose qui était jusqu'alors impensable.
Mais quelque chose manquait.

Et alors que cette rencontre eût pu somber dans l'oubli, les deux hommes se croisèrent à nouveau. Une fois, puis deux, puis à de nombreuses occasions. Ignis était un bien petit territoire, lui semblait-il. Naturellement, et surtout parce qu'Elise l'adorait, les deux adolescents finirent par s'apprécier. Il y avait derrière la dévotion de Joad une certine admiration dont Hadrien était conscient, et voir dans le regard de quelqu'un ces deux traits était une chose si rare lorsqu'elle n'était pas forcée, qu'il se prit à l'accepter. Il était loyal, ambitieux, fort, et juste. Méprisant la traitrise et la lacheté, désireux de protéger sa patrie et sa famille. En tant de points, ils étaient si différents... mais d'une façon ou d'une autre, ils regardaient dans la même direction. Enfin presque, fort heureusement pour lui, Joad ne regardait pas trop souvent en direction de la splendide Elise, où il aurait doublement fini transpercer, par la servante et le demi-frère jaloux.

Il y eut beaucoup d'événements qui se répétèrent, comme un cycle sans fin, des petites révoltes aux énièmes attentats contre la famille royale. Les liens du groupe d'adolescents se renforcèrent, en certains points, plus qu'ils ne l'auraient voulu eux-même...
Mais les terres du feu sont inhospitalières, et en ces lieux de force, même les puissants avaient à souffrir de plus puissants qu'eux.

°-°-°-°-°-°

Il pleuvait ce soir là. Les gouttes résonnaient sur le sol pavé des rues de la ville, à la façon du plus terrible des réquiems. Etait-ce un présage? Un affreux coup du destin? A chaque fois que son monde s'illuminait, entrait en scène une personne résolue à broyer ses espoirs. Sa mère était morte en lui demandant de la pardonner, Alceste s'était sacrifié. Hadrien s'en était toujours relevé, plus puissant, plus fort, plus déterminé. Ce que le monde lui avait refusé, il l'obtiendrait, de ses propres mains.

Il pleuvait ce soir là. Les larmes résonnaient sur la peau pâle du visage de son aimée, comme une douce et perfide mélopée. Il allait la perdre. A jamais. Il n'y avait ni présage ni destin, simplement l'ombre d'un sourire jouissant dans l'ombre de ce spectacle, auquel il n'assistait pas. Le Roi. Il aurait aimé que ce fût l’œuvre de Golbez. Sa haine aurait trouvé un conduit direct et sans fin, et il l'aurait proprement rayé de la carte, mourrant dans cette vaine tentative d'embrasser une puissance inaccessible.

- Ha... drien?

Il saisit sa main. Froide, elle était si froide, oui si froide qu'il désirait en son fort s'en écarter. Il aurait tout donné, ses ambitions, son passé, son présent et son futur, sa vie, cent fois s'il le fallait, pour qu'elle demeure avec lui, même un jour de plus.
Le sang s'éloignait lentement de son corps à présent, recouvrant les jambes du jeune prince, atteignant même ses mollets. Il s'était agenouillé à ses côtés, il lui parlait, la suppliait. Et face à lui, une jeune fille qui n'osait plus remuer les lèvres, ses longues mèches blondes emmêlées, recouverte à moitié du sang de sa maitresse et du sien. Elle tremblait.

- Oh... A... manda. Tu es là.

Elle vomit. Chacun de ses mots la faisait souffrir, et plus elle faisait se mouvoir sa langue, plus le sang qu'elle aspirait ressortait de sa gorge. Elle voyait à peine. Pourtant, son dernier regard fut pour les siens. Son frère, sa sœur, et à ses pieds elle apercevait la silhouette de son premier amour, le fidèle chevalier qu'elle retrouverait sous peu.

- Al... Alce...

Elle ne put aller au bout de ce mot, ce simple mot, mais Hadrien avait compris. Elle tendit la main dans l'espoir d'atteindre cette figure fantomatique, déployant toute la force qu'il lui restait, et les deux mains du jeune prince la saisirent au vol. "Oui, c'est Alceste" répondit-il "Il nous apporte le déjeuner". Elle sourit.

Et son monde se brisa à jamais.
Sa pupille de jade se figea dans cet instant, et ses lèvres esquissèrent un ultime sourire. Du reste de son visage brûlé, Hadrien ne put contempler que le désespoir. A vrai dire, il aurait été impossible pour les gens de reconnaître en ce corps mutilé la jeune et superbe princesse du royaume d'Ignis. Même ses frères, même son père, les deux seules personnes à son chevet, pleurant sa mort, étaient les deux seules êtres chers qu'il lui restait. Elle avait fait un effort surhumain pour survivre aussi longtemps, comme une dernière insulte à ceux qui avaient oublié ce qu'elle était.
Elise, vingt-quatrième princesse d'Ignis s'était éteinte, comme elle avait toujours brillé, dans le courage et la douceur la plus totale.

Amanda sombra dans les pleurs, plongeant sa tête dans la poitrine ensanglantée de sa maitresse, de son amie, de sa soeur.
Hadrien serra le poignet inerte, et leva la tête aux cieux, absent de ce plafond illuminé, et cria, comme il n'avait jamais hurlé, de la plus pure rage et d'un profond désespoir.

Il lui sembla qu'il cria pendant une heure entière, et subitement, il se stoppa. Un murmure empli l'air, et des flammes s'élevèrent tout autour d'eux. Son cœur avait cessé de battre pour elle.A présent il ne vivait plus que pour une chose et une seule en cette instant. La mort.

- Altir...

Son poing se serra. Il aurait voulu que ce fut Golbez, que l'homme qu'il considérait comme le père de tous les péchés pourrisse en enfer dans le torrent de ses flammes, mais cet acte... cette trahison provenait d'une personne qui faisait partie des siens. Son mentor. Le seul des princes qu'il eut jamais considéré son grand-frère. Elise fut attaquée par ses propres hommes, ces soldats qu'«Il» lui avait laissé. Elle leur résista, et fut torturée et achevée par l'homme qui gisait à présent à quelques mètres de là, un capitaine d'Esther, qui ne tenait ses directives que d'une seule et unique personne. Le troisième prince, Altir d'Ignis.

Lentement, il se leva, détachant chacun de ses mouvements. Son regard se posa sur le visage d'Amanda, perdu entre le chagrin, la culpabilité et la haine, et vogua vers celui de Joad, qui s'était tenu à l'écart, présent lorsqu'ils vinrent à la rescousse de la jeune princesse. Il regarda ses mains et tous ses vêtements tachés de sang, et sourit, son regard perdant à cet instant sa dernière lueur de lucidité.

- … Tu es mort.

Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Messages : 75
Age : 0
Métier : Maitre du monde
Humeur : Las
Points Histoire : 0
Mar 4 Déc - 16:52
Histoire

Chapitre IV

« Les flammes consument tout: espoirs, tristesse et haine
Elles sont la mort personnifiée. Et la lumière dissipant les ténèbres. »


°-°-°-°-°-°-°-°

Le palais d'Esther ruisselait de vie et d'ambition. En cette nuit printanière, fraiche et neuve sous les étoiles, deux magnifiques jeunes femmes s'affairaient à plaire à leur souverain et jouaient de leur charmes pour gagner une place dans sa couche. Le troisième prince avait organisé une fête, sans motif clair selon lui, prétextant que tout changerait durant cette nuit, qu'elle lui était « magique ». Altir venait de quitter son bain qu'il avait généreusement partagé avec l'une des courtisanes, et s'installait pour le banquet. Ses cheveux dorés resplendissaient en donnant plus de profondeur à ses beaux yeux d'émeraude, sur son visage se dessinait un malicieux sourire qui fit encore des ravages. Vingt-cinq année qu'il foulait cette terre en tant que prince, et très bientôt, il atteindrait son rêve.

- Son Altesse souhaiterait-elle un peu plus de vin?
- Ah Nestor, toujours aussi prévoyant!

Le prince tandis sa coupe.
Et la porte principale vola en éclats.

- Que se passe t-il?

Tous les soldats s'agitèrent, le bruit avait retenti dans l'ensemble de la maisonnée et déjà les troupes s'organisaient pour contrer cette attaque surprise. Aucun brigand n'avait encore été assez fou pour pénétrer dans le palais ainsi, et il était certain de s'être déjà occupé de tous ses potentiels ennemis sur ses propres terres! Une seconde détonation sonna, suivie par des cris humains et déformés par la souffrance. Une autre porte sauta, le prince et son chevalier s'armèrent aussitôt et alors qu'ils s’apprêtaient à porter secours à leurs troupes, la porte du salon fut pulvérisée par un immense jet de flammes. Les suivantes s'accroupirent sous la grande tables, et les soldats qui gardaient la porte finirent de pousser leur dernier soupir, brûlés vifs en tentant d'accomplir leur devoir.

- Par tous les...

Une colonne de flammes surgit du sol sous un autre des soldats, puis sous la grande table qui fut proprement éventrée, un trou béant qui continuait de s'enflammer pour seule trace de passage de l'ouragan. Les tapisseries prenaient feu tout autour d'eux, de l'entrée principale aux couloirs, du sol au plafond, interminable rugissement des flammes qui éteignaient leurs cris dans l'air d'Esther. Et au centre de tout cela, un jeune homme, épée à la main et cerné par toutes les flammes, indemne si ce n'était pour quelques brûlures. Tête baissée, il semblait emportée dans une rêverie, somnolent et désespéré, plus rien qui n'évoquait la grâce et le statut du personnage.

- ALTIR!!!

La vue du prince brûla sa raison, et ses flammes suivirent. Il était incroyable de constater à quel point un seul sort s'il était maintenu en continu, pouvait causer de dégâts. C'était totalement irraisonné, disproportionné, Hadrien se servait de son mana comme on renverserait un tonneau d'eau dans un verre, la quantité d'énergie employée était totalement disproportionnée, et le palais semblait presque se recouvrir du mana de feu du vingt-quatrième prince.

- Brûle! Brûle!! Brûle!!! Brûle-Brûle-Brûle-Brûle-Brûle!!BRULE!!!

Et à chaque mot, une nouvelle vague de flamme déferlait. Il y avait bien assez de choses à brûler, bien assez de flammes à créer, et ce sort si inoffensif venait d'anéantir chacun des soldats qui s'approchait, et la déferlante aurait déjà tué le prince s'il ne s'était lui-même servi de ses flammes comme d'un rempart.

- Il a perdu la raison!! Éloignez-vous, Altesse!
- Traverse l'air et pulvérise, anéanti mes ennemis...

Le chevalier s'élança dans l'allée baignée dans les flammes, la poussière et la mort. Le bois n'était plus que résidus noirs prenant feu, les cadavres bien que morts brûlaient encore, et l'horrible odeur de souffre semblait vouloir l'étouffer avant qu'il n'ait achevé l'ancien prince.

- Flammes d'Ignis, soyez miennes. Cernez et frappez.
- Ne te mets pas...

La tête à présent levée, Hadrien observa le chevalier du troisième prince fonçant vers lui à toute allure comme on observe une mouche ennuyeuse qui vole autour de nous. Il y avait comme une pointe d'amusement au cœur de ce regard de haine et de désespoir. Les flammes du chevalier cernèrent tout son corps et une partie d'entre elle plongea vers son ennemi, alors que celui-ci se contenta de tendre la main.

- … sur mon chemin.

Et les flammes furent soufflées par une déferlante de rage. En un instant, un rayon de feu éclipsa le sort ennemi et toutes les flammes du couloir, transperçant l'air et le chevalier sous le regard incrédule de son maître qui eut tout juste le temps de plonger pour éviter de périr avec son gardien. Le souffle magique avait perçait le sort, l'arme et la cotte du protecteur, ainsi que son flanc droit et poursuivit sa route jusqu'à entailler dans la longueur la table déjà en flamme et percer l'un des murs. Une immense trainée de fumée et un long cratère comme traces de son passage, le feu avait fini sa course quelque part dans le ciel d'Ignis.
Arthur, le troisième chevalier avait vu venir la catastrophe lorsque la sphère de magie apparut autour des doigts du garçon et s'était plaqué sur le côté, mais cela ne l'avait pas épargné. Fort heureusement pour lui, des renforts arrivaient déjà, alertés par l'émeute, les cris des fuyards, et le château qui prenait feu.

- Il suffit, Hadrien! Je n'en reviens pas que tu t'en prennes ainsi à moi, as-tu perdu tout sens des choses?
- Ferme la! Tu as assassiné ta propre sœur... ma sœur... ne viens pas me parler du sens de mes actes!!!
- C'est fini. Toute l'armée a été alertée, ils vont te prendre à revers et signer ta mort!
- Je les tuerai. Mais tu partiras avant eux.

Le dialogue avait lieu sous les yeux du chevalier, qui se relevait lentement. Hadrien l'avait dépassé depuis longtemps et s’apprêtait à rentrer dans la grande salle, Altir était quand à lui quelque part dans cette salle, tentant de gagner du temps. Mais les derniers mots de son bâtard de frère avaient changé la donne, et à la peur s'était substituée un rire qui devint rapidement frénétique. Lui, mourir? Tué par cet imbécile de frère? Une vague de flamme bloqua le chemin du jeune prince, et la silhouette de son ancien mentor se dessina au centre de la pièce, une épée de flamme entre ses mains.

- Ne me fais pas rire!! Je suis Altir Hector d'Ignis, troisième prince héritier du trône, et le prochain ROI! Je ne laisserai pas un bâtard de fille de joie m'égratigner! Très bien! Je vais t'expédier là où t'attend ta petite fouineuse de sœur! Et on vous enterrera dans la fosse d'où vous êtes nés!
- Dans mes mains se trouve la lame du péché.

De nouvelles flammes s'agitèrent autour du bras du jeune prince, et une lame mal finie se dessina entre ses doigts. La chose avait bien pâle allure en comparaison à la superbe lame de son opposant, mais il ne émanait une telle chaleur qu'elle aurait pu trancher la mer. Le brave chevalier se releva pour porter assistance à son maitre, mais quelque chose l'en empêcha.

- Je ne ferai pas ça si j'étais vous...

Une lame se posa sur l'épaule du chevalier, qui se retourna lentement pour apercevoir la silhouette de son ennemi. Ainsi ce fou furieux n'était pas venu seul... et ses renforts semblaient capable de tenir tête à ses propres hommes.

- Tu étais un pion parfait! Démuni, blessé, mais possédant un potentiel bien suffisant pour un jour détrôner le roi.
- Tais-toi!!
- C'est inutile Hadrien! Je t'ai entrainé et je connais ta force!! Tu mourras comme le misérable ver que tu étais à l'origine, ta haine du roi et de la famille royale s'est émoussée. Sois content, je t'envoie aux côtés de ta précieuse Elise!!
- Je t'ai dit de la boucler!!

Il l'avait manipulé. Depuis le premier jour, Altir avait manipulé chacun de ses frères et chacune de ses sœurs, il avait pris des assurances, s'était rallié des soutiens et avait discrètement éliminé de potentiels concurrents. Il avait eu de la pitié pour son frère, non, il l'avait gardé en vie parce qu'il pensait qu'il lui serait utile. Mais sa haine diminuait peu à peu au fur et à mesure qu'il se rapprochait d'Elise. Quand bien même Altir avait continué à jouer la comédie, pour préparer son avènement. Un pion fidèle était toujours utile, qu'il opère pour son ascension ou pour le laisser au sommet.
Mais sa demi-sœur avait un peu trop fouillé où il ne fallait pas, et après avoir remonté la piste des assassins ayant tué son intendant, quelques années auparavant, elle avait fini par déjouer le complot qui avait été à l’œuvre. Et par en payer le prix.

- Tous autant que vous êtes, toi, Elise, Tristan, Charles... vous n'êtes que des pariats! Moi je suis du sang pur d'Ignis, j'ai grandi au palais!! J'étais le troisième né, mais j'ai toujours surpassé mes frères, jusqu'à... jusqu'à ce que vous débarquiez tous de vos fonds de latrines!!

Le combat se poursuivit au rythme des insultes et sous une profonde déferlante de haine. Les épées s'entrechoquaient à la lueur des flammes nocturnes, projetant des éclats de lumière sur toute la salle. Les deux combattants s'étaient déplacés d'une pièce à l'autre, Altir détenait un avantage certain au combat, mais les flammes d'Hadrien étaient si fortes qu'il ne parvenait jamais à l'acculer. Il n'y avait plus la moindre mesure ni chez le jeune prince, ni chez son ainé, mais la puissance magique du jeune garçon, sa fureur et son désespoir commençaient à avoir raison d'Altir. Il était plus âgé, plus expérimenté, plus doué de sa lame, et pourtant... pourtant il reculait.

- Pourquoi...? Pourquoi ne peux-tu pas simplement crever!?!
- Dévore le monde, enfant du chaos.

Altir se trouva rapidement acculé dans l'un des jardins intérieurs. Bien qu'il possédât plus d'expérience, qu'il fut à la fois plus fort et plus rapide, la puissance magique de son frère était tellement absurde qu'il ne pouvait que s'incliner. Hadrien avait levé le bras pour donner à sa boule de feu le loisir de croitre autant qu'elle le pouvait, et elle dépassait déjà en diamètre une lance de cavalerie.

- Tu... tu n'étais pas censé être si... Va... VA EN ENFER!!
- Après toi.

Le jeune prince abaissa sa main et la boule s'écrasa à une vitesse surprenante sur le troisième prince qui fut littéralement réduit en cendres. Ses cris se perdirent dans le bruit dévorant des flammes, et en quelques minutes, son corps prit une teinte brunâtre et noire, effaçant les derniers restes de son humanité dans un calvaire inutilement douloureux.

Après la mort de leur prince et la mise hors de combat de son chevalier, les troupes d'Esther cessèrent bien vite le combat. Les troupes d'un prince voisin arrivèrent dans la matinée, et après une enquête sur les circonstances de la mort d'Elise et d'Altir, on découvrit que le troisième prince était le commanditaire de certains attentats contre des princes et même le roi, en plus de détourner des fonds royaux. Mais aucune de ces nouvelles, ni la mort d'Altir, ne parvinrent à combler le vide qu'elle avait laissé. Elise l'avait quitté, et plus rien à partir de ce jour n'eut de véritable sens.

Hadrien s'enfonça dans la dépression, fréquentant les bars des ghettos et guettant l'affection de femmes dont c'était le triste métier. Lui-même ne sait plus exactement combien de temps cette dégénérescence dura, une semaine, un mois, peut-être bien plus, mais celle qui le sauva de cette situation fut la personne qu'il n'aurait jamais songé revoir: une très belle femme, forte et froide à la magnifique chevelure d'or.

Si Amanda ne l'avait pas battu et ridiculisé ce jour là, s'il n'avait pas pu pleurer dans ses bras... son existence aurait pris fin comme elle avait commencé. Dans les tréfonds des ghettos de Lex.

°-°-°-°-°-°

Comme le phénix renait de ses cendres, une pulsion inattendue raviva la flamme d'Hadrien. S'il ne vivait plus dans l'amour, s'il ne survivait plus par haine, alors il agirait par devoir. Pour la mémoire de tous ceux qu'ils avaient perdu, Amanda et Hadrien firent un serment: prendre le trône et changer ce pays qui leur avait tout pris.
Une chose en entrainant une autre et dans la consolation mutuelle, les deux adolescents maintenant adultes devinrent amants; chacun se reposa entièrement sur l'autre, et ils purent ainsi se redresser ensemble vers l'avenir. Qu'il s'agisse d'amour, de compassion ou d'amitié, ce qui les unissait fut un remède bien suffisant pour guérir leur chagrin et gagner en deux ans la première place dans la hiérarchie des princes.

Le jour fatidique arriva alors, où Hadrien Léon d'Ignis, premier prince du royaume d'Ignis, défia Golbez Calintz Hénon d'Ignis, roi et monarque suprême. En cette fin d'hiver au palais royal, toute la famille principale ainsi que la plupart des branches parallèles s'étaient réunies pour assister à l'événement. C'était un combat entre les deux plus puissants mages de feu du continent, le massacre des bleusailles du Colisée ne serait à côté qu'un spectacle fade et sans grand intérêt.
Comme le voulait la tradition, un défi au sein de la famille ne pouvait se refuser, et Golbez avait été bien surpris de l'essor inattendu d'un de ses derniers enfants; il se faisait une joie de le remettre à sa place avec pertes et fracas. Les jardins furent choisis comme champ de bataille et le roi vint équipé de son armure d'apparat, ne prenant même pas la peine d'enfiler une « véritable » tenue de combat. Il dégaina Excalibur, l'épée royale et la ficha dans le sol, son regard observant celui de son sang qui allait le défier. Hadrien n'avait lui rien laissé au hasard, il avait mis une cotte, une armure de plaques ainsi qu'un casque, détenait un bouclier et une épée finement ouvragée. La lame ne serait certainement pas de taille à affronter l'épée des rois, et même son armure et son bouclier n'auraient guère plus d'impact que de la paille sous les sabots d'un cheval. Pour autant, il savait pertinemment que combattre sans était ce qu'on nommait communément un suicide; et ce n'était pas son genre.

Décrire l'atmosphère pesante qui régnait en ce lieu nous s'avérerait une tâche fort proche de l'impossible, les deux combattants à quelques pas l'un de l'autre se regardaient en chien de faïence et le froid qui régnait dans les lieux provenait moins des températures glacées que de l'animosité ambiante. Hadrien se déplaçait latéralement pas après pas tandis que le roi ne bougeait pas, son épée toujours fichée dans le sol. Il y eut une suite de provocations, et au fil des mots qui s'échappait, il semblait à toutes les personnes présentes que le froid ambiant se dissipait. La quantité de mana des flammes qui emplit les environs affecta la chaleur des jardins, qui étaient pourtant un lieu découvert, et en un quelques mots, l'enfer était là.

- Recrée la fournaise originelle.

Golbez afficha un sourire morbide alors que la température montait de manière absurde dans les jardins. Bien qu'ils fussent en plein air et que les transferts de chaleur étaient légions, le sort avait drastiquement changé la nature aux alentours, amplifiant les effets des sorts de feu et épuisant toutes les personnes présentes, son lanceur excepté puisqu'il y était bien habitué. Iskandar manqua de tomber et ficha son épée dans le sol pour se rattraper, bien qu'il fût habitué aux grandes chaleurs, son ensemble d'armure lui semblait tout à coup très lourd et il suffoquait. Golbez saisit cette chance et se lança sur son adversaire, épée à la main. Hadrien reprit sa contenance et murmura l'incantation d'un sort suffisamment rapide pour le prendre à son propre jeu, et une immense sphère de flamme se dressa entre les deux combattants, puis trois autres tout autour de lui. La chaleur ambiante donnait à chaque sort une puissance effarante, si bien que les spectateurs prirent la sage mesure de s'éloigner des guerriers. Hadrien retira son heaume qu'il lança en direction de Golbez, suivit rapidement par les sphères de flammes.

Les deux guerriers possédaient une puissance magique effarante et une force ainsi qu'une adresse au combat déroutante, si le roi détenait les meilleures armes et le plus d'expérience, son savoir en combat réel face à un adversaire de la même trempe que lui s'était depuis longtemps essoufflé. Hadrien possédait lui une énergie affolante et tirait le meilleur parti de ses sorts, mais les coups de son adversaire semblaient jamais n'avoir de fin. De tous les combats qu'il eût à mené, celui-ci fut de loin le plus difficile et certainement le plus long d'entre tous. La fierté et la volonté empêchaient l'un comme l'autre de succomber aux attaques, à tel point que le défi se changea en combat à mort, et que les spectateurs se demandaient si au final, l'un d'entre eux survivrait vraiment pour saisir la couronne.

Après avoir perdu son bouclier tranché en deux par la lame royale, après avoir perdu une partie de son armure et subi des coups plus violents que les autres au torse et aux jambes, Iskandar tenait encore. Il avait brûlé ses propres plaies pour qu'elles cessent de saigner et pour ressentir une douleur nouvelle qui lui permettrait de continuer à se battre. Golbez lui, retenait son épée dans ses mains vacillantes, il pouvait remercier son armure « décorative » d'avoir retenu les sorts de son fils, et avait une bonne partie de son corps et de son visage marqué par la morsure des flammes.
Le combat dura près d'une heure et se finit comme toute lutte devait prendre fin à Ignis: dans le feu, le sang et les larmes. Au terme du dernier échange, la lame du prince parvint à s'enfoncer dans une faille de l'armure ouverte par les flammes d'Hadrien; le corps de Golbez s'affaissa, et il lâcha son épée sous le regard médusé de toute l'assistance. Hadrien conserva ses doigts sur la garde de son arme et tomba un genou à terre.

- Quelle arrogance... tu as un beau regard.

Le prince voulut répliquer, dire une réplique pleine de force et d'émotion, un reflet de sa haine, de ses buts et de la voie qu'i lavait empruntée. Mais rien ne lui vint. Aucun mot ne parvint à sortir de sa bouche, et il observa simplement l'homme qui fut son père par le sang s'effondrer au sol alors qu'il retirait l'épée de son corps. Son chevalier et ses servants accoururent pour lui porter secours mais il les repoussa de ses dernières forces, avant de s'éteindre parmi les ombres.

Le règne d'un roi prit fin. Et bien que la chsoe qu'il désirât le plus au monde s'était produite, Hadrien ne ressentit rien d'autre que du vide.

°-°-°-°-°-°

Chapitre V

« Au coucher, l'homme prie pour que l'astre solaire se lève à nouveau,
Car au zénith de sa gloire, plus aucune ombre ne subsiste. »


°-°-°-°-°-°

12 mars 736. Les dernières glaces de l'hiver laissèrent la place aux premières lueurs du printemps ignisien; et tandis que le soleil s'élevait et dissipait les dernières brumes d'un règne attardé, une nouvelle flamme montait sur le trône.

Depuis six générations la flamme d'Ignis avait perduré, protégeant le peuple et la royauté, consumant le monde et brillant de son plus grand éclat afin de guider les siens. Aujourd'hui elle venait de trouver un nouveau porteur dans lequel elle s'élèverait encore.

Les grandes portes de la salle s'ouvrèrent sur le trône. Le long des deux murs, immenses, se tenait une foule immobile, les regards tournés vers la silhouette qui à présent s'avançait. Princes, chevaliers, militaires, d'anciennes ou de nouvelles familles, et de toutes régions, s'étaient rassemblées pour ce moment historique.

Hadrien fit un pas.

Si le feu était si respecté en ces lieux, c'est parce qu'il représentait la vérité. Aucune flamme jamais ne mentait, elles apportaient la chaleur au sein de sombres hivers, la lumière au coeur des ténèbres, et la mort à ceux qui s'y opposaient. Lorsque l'Empire s'effondra, toutes les lois, la religion, la morale et la justice qu'il avait instauré, furent consumées par les flammes.
Par delà bien et mal, le feu de la vérité avait dévoré les fausses croyances et rétabli la paix, la liberté originelle. Et afin que plus jamais ils ne se perdent, ce feu apporta une nouvelle lumière pour les guider. Une flamme vive et puissante, à même de repousser le mensonge et la mort.
La flamme d'Ignis.


Il s'avança tête haute et poitrine gonflée, un manteau de pourpre sur une superbe tenue vermeille, ses longues bottes résonnant dans la pièce silencieuse, et son regard fixé sur la place royale. Derrière lui un homme que tous pouvaient reconnaître à l'effigie des Castamère, ainsi qu'une jeune femme blonde totalement inconnue. La foule eut un mouvement d'écart, qui cessa au moment même où la silhouette, massive sous le manteau du sacre, stoppa son avancée.
C'était son ascension. Son règne. Ses lois. Et marcherait à ses côtés qui de son choix.

Hadrien avança.

Six fois ce rituel s'était répété, et six fois un nouveau soleil s'était levé. Ignis devint la patrie de la force, afin que plus jamais leur faiblesse ne les corrompent, qu'ils ne croient plus en rien, sinon en soi. L'élément le plus pur et le plus puissant était indéniablement humain, une flamme, énergie de la vie de chaque être, éclairant un chemin incertain.
Et au sein d'une mer de doutes et de mort, perdu dans la réalité, chaque flamme en cherchait une plus grande qu'elle pourrait suivre. Une flamme qui jamais ne s'éteindrait, et qui pousserait les autres à brûler pour espérer un jour la dépasser.
Le Feu de passion, le Feu de vie.


L'hériter arpenta la première marche qui menait au trône, et se retourna vers la foule. Son chevalier et sa suivante s'écartèrent, silencieux et presque automates dans ce moment fabuleux.

« Moi, Hadrien Léon d'Ignis, fils de Golbez, petit-fils d'Antar, et descendant direct d'Ignis, réclame à ce jour le trône après avoir vaincu son précédent occupant, mon père, en combat loyal. Si l'un de vous s'y oppose, qu'il s'avance et me prouve sa valeur; si l'un de vous veut une preuve de mon sang, qu'il daigne alors venir le prendre. »

Sur ces mots il tendit sa main en avant et prononça quelques mots. L'espace vide entre les deux pans de la foule se changea alors en un immense brasier qui déstabilisa même ses frères et ses sœurs pourtant porteur du même sang.
Amanda retira le manteau d'Hadrien, qui prit alors place sur le trône. Les flammes se dissipèrent au moment où il s'assit, et le fourreau qui contenait l'épée royale fut apporté, des mains même de celui qui avait été adoubé par elle une vingtaine d'années tantôt, Asténor, l'ancien chevalier royal. La couronne, magnifique ornement de quinze pierres précieuses dans un écrin d'or, fut alors soulevée de son support.

Et il l'enfila.

Ignis était un homme. Ignis avait trois symboles.
Le feu, chaleur de la vie, vraie lumière et unique vérité.
Le lion, puissance royale et créature juste.
L'épée, lame de lumière tranchant les plus obscures ténèbres.
La couronne, le trône, tous n'étaient qu'artifices, le roi était celui qui possédait le feu, la force et les armes, celui qui avait le droit de dominer.


Aujourd'hui, Hadrien s'était assis.
Et désormais, Iskandar se levait.

« Je suis Iskandar Hadrien Léon d'Ignis, souverain des terres du feu, roi d'Ignis.
A genoux!! »


Et dans un mouvement immédiat et presque mécanique, toute l'assemblée s'agenouilla devant cet homme qui n'était plus leur cadet, mais leur roi. Et en ce serment d'obéissance, pas un murmure ne put briser ce silence, et pas même une pensée ne se serait rebellée.

« Joad. »
« Oui, mon roi. »

Iskandar saisit le fourreau et en sortit la lame dorée d'un mouvement sec.
Il en admira à nouveau les contours, avant de la placer sur la tête de son ami.

Elle se nommait Excalibur, et personne ne se souvint de sa création, mais elle était l'épée royale, l'arme juste; marquée de symboles anciens, elle n'était pourtant pas méprisée, et devait détenir une vérité qui échapperait à tous.
Elle était l'arme de l'homme le plus puissant, portée avec fierté par le roi, et ne devait adouber que celui qui pourrait un jour l'égaler. Son Chevalier.


« Renouvelle ton serment. »
« Je fais le serment de remplir avec conscience et probité les fonctions qui me seront confiées. Je jure d'être fidèle à la nation d'Ignis, de maintenir son intégrité ou de mourir en la défendant. Je promets de servir, avec honneur et loyauté, pour le bien et le succès des armes de la nation. Je m'engage à servir et à défendre le Roi Iskandar d'Ignis dans la vie et jusqu'à ma mort. Si je devais trahir mes engagements et mes fonctions, puisse-l'épée du Roi les achever. »
« Tu es à présent le premier d'entre les chevaliers: le Chevalier royal. Relève-toi. »

Il rengaina la lame, le métal chantant une nouvelle mélodie tandis qu'elle s'y glissait doucement et que le nouveau chevalier se relevait.

« Amanda.»
« Oui, mon roi. »

Iskandar se plaça face à elle et fit glisser sa main sur son visage baissé, avant de le relever pour plier son regard au sien. Il laissa planer sa main près de ses lèvres pour qu'elle la baisa, et lui fit signe de se relever avant de se tourner vers le reste des spectateurs, toujours à genoux.

« Laissez-moi vous introduire votre reine, Amanda d'Ignis. Elle se tiendra debout et vous à genoux aussi longtemps qu'elle demeurera mienne. Car vous êtes mes sujets, et ce sont mes lois. »

Une crispation bien visible se dessina sur tous les visages, des princesses refusant de courber l'échine face à une servante aux princes, généraux et hommes d'armes devant s'incliner face à une femme. Pourtant et bien qu'elle ne fut pas du sang d'Ignis, elle était à présent leur supérieure. Le roi est la loi, et ce premier changement, cette inclinaison première qui risquerait de lui couter le trône, n'était que le premier engrenage de son règne.
Il était roi d'Ignis, et il régirait ce pays comme il l'entendait.

Le roi, son chevalier et la reine sortirent alors de la salle, puis du palais, et lorsqu'il déclama son nom et son autorité, le peuple de Lex s'agenouilla devant son nouveau roi. Personne ne pouvait savoir s'il s'agissait de respect, de fidélité, de peur ou d'une vaste comédie.
Mais aucun n'osa se relever.

De ces légendes et ces faits, la mémoire a tout oublié.
Mais la flamme d'Ignis, elle, a toujours perduré.

Et en cette matinée, alors que l'astre de lumière parvenait bientôt à son zénith...


- Gloire à Iskandar d'Ignis, notre roi!

… Le peuple d'Ignis vénérait un tout nouveau soleil.

°-°-°-°-°-°

Iskandar d'Ignis avait accédé au trône par la force, et c'est par la force qu'il le protégea par la suite. Les premières années de son règne furent parsemées de rébellions et de complots, d'autant d'opposants qu'il pouvait avoir de partisans, mais il demeurait ferme et puissant, jusqu'au moment où tous durent accepter sa suprématie. Ses premiers héritiers se firent connaître, et tel que le représentait l'adage, un roi est lié à sa terre, et plus il est fertile, plus sa terre l'est.
Après avoir épousé Amanda, celle-ci lui donna quatre enfants. Menaël, Waëlen, Juhn et Aïlix, les quatre héritiers de la reine naquirent durant la première partie de son règne, à des intervalles aussi grand que l'était l'engouement du roi pour les femmes. Les princes et la princesse eurent des frères et sœurs issus de relations avec des maitresses plus ou moins officielles qu'Iskandar reconnu et entreprit d'élever avec leurs mères ou des nourrices au sein du palais princier qui fut rapidement achevé. Menaël fut le premier prince reconnu, descendant d'Amanda et d'Iskandar, conçu avant leur ascension au trône, il montra un potentiel à la hauteur d'un prince de son rang. Waelen d'Ignis le suivi moins d'un an après, et hérita d'un potentiel qui illumina toute la famille ainsi que le royaume et fit la fierté tacite de ses parents. Le troisième prince reconnu fut nommé Lucius, et s'avérait être l'ainé des deux héritiers officiels; divers bruits coururent sur sa nativité, et il s'avérait que sa conception datait de près de deux ans avant la montée au trône d'Iskandar. Toutefois, son potentiel était bel et bien réel, et il prit par convention la troisième place dans la hiérarchie, quoique son potentiel fut certainement supérieur à celui de l'ainé. Suivirent alors la première princesse d'Ignis, Aliénor, qui bien qu'elle hérita du physique de sa mère, semblait avoir un caractère et un potentiel qui la confirmait aisément comme la digne héritière de la couronne. D'autres princes naquirent de maitresses avant qu'Amanda ne donne à nouveau naissance, sept ans après son intronisation, à deux jumeaux, Juhn et Aïlix, qui animèrent bien rapidement le palais et firent tourner la tête des servantes. Même si leurs ainés avaient d'ores et déjà mis la barre très, très haut.

Fourmillant d'héritiers, les rebellions envers le trône d'Ignis et les dissensions se calmèrent rapidement; et après huit années de mariage et quatre naissances, et bien que la superbe jeune femme blonde qu'était devenue Amanda à ses 25 ans accomplissait à merveille son office, Iskandar prit seconde épouse. Il était assez rare que le trône d'Ignis prenne de multiples épouses, voire prenne épouse tout court, et la nouvelle eut le mérite de surprendre la population de Lex qui ne voyait guère la nécessite qu'avait le roi d'épouser cette fille de général au lien d'en faire une de ses énième maitresses.
Mais tout prétexte à organiser des fêtes et à solliciter la clémence du roi était le bienvenue, et le peuple accueillit avec merveille cette jeune fille au trône. Agée de 14 ans lorsqu'elle épousa Iskandar, elle était à peine plus âgée que les premiers héritiers, mais sa fraicheur, sa beauté et ses manières enchantèrent rapidement les nobles. Descendante de bonne famille versée dans les arts militaires, elle apportait un contraste flagrant avec Amanda, qui était une fille sans lignage. A l'autorité naturelle de la première reine et sa froideur se comparait à présent une douceur et une chaleur naïve, et bien qu'elles furent deux superbes joyaux, le choix du roi sembla s'expliquer de lui-même dans les mois et les années qui suivirent. Aoi d'Ignis, puisque c'était à présent son nom, passa le plus clair de son temps au palais, mais restait plus éloignée des fonctions régaliennes. Amanda avait toujours aidé son mari dans la gestion des affaires royales, de manière plus ou moins officielle, et sa notion du partage et de la confiance étaient assez restreintes. Aoi entreprit donc des tâches qui correspondaient bien mieux aux femmes d'Ignis, et passait le plus clair de son temps avec les jeunes princes et princesses, ou aux parades et fêtes royales, ce qui contribua également à lui faire gagner en popularité. Elle donna naissance à deux filles, mais seulement l'ainée, Rin d'Ignis, fut reconnue comme princesse, sa jeune soeur ne détenant pas de sang de mage fut simplement laissée la charge de sa mère et fut élevée hors du palais.
Rin passa donc le plus clair de son temps entre le palais princier, le palais royal et la maison de ses grands-parents maternel où vivait sa soeur. Lorsqu'elle eut l'âge de décider, et surement poussé par quelques pulsion rebelle, elle fit de sa soeur Sakura sa servante, l'emmenant donc avec elle dans et hors du palais en toute légalité.

Le pays prospéra à l'image de la famille royale durant les quinze première années du règne d'Iskandar. L'armée fut réorganisée et le pays nettoyé du grand banditisme qui ruinait l'économie. Les prisons furent remplies de criminels, des voleurs aux rebelles, et de nouvelles lois, qu'on cessa de compter, furent instaurées. Les esclaves eurent la possibilité de gagner leur liberté par la force au sein du Colisée, une mesure qui n'enchanta guère les marchands, mais ravi la population qui y percevait l'essence même de leur pays, du règne de la force; et l'accès aux poste hauts gradés de l'armée fut permis aux femmes, ce qui suscita un grande nombre d'émeutes. Même si aucune femme ne passa à ce jour le rang de capitaine dans l'armée royale, certaines furent toutefois nommées chevaliers.
La raison d'une telle décision reposait dans une seule explication: c'était le souhait d'Elise. Et le rêve que n'avait pas pu accomplir Amanda, d'autres le vécurent à sa place.

L'idéal d'Ignis n'était pas la soumission des femmes.
C'était la domination des forts.

°-°-°-°-°-°


Le roi d'Ignis ne faiblit pas. Il représente la force, le pouvoir, le feu brûlant. Rien en lui ne peut montrer de signe de faiblesse, il doit toujours être supérieur, et dominer sans partages. Parce qu'il est le guide, il ne peut faiblir, ou toute la nation faiblirait à son tour.
Ainsi lorsqu'une trahison s'élève, lorsque la nation est menacée, quelque soit l'origine de cette menace, elle sera invariablement éliminée. Même s'il s'agit de massacrer les siens.

- Tu savais que ça se finirait ainsi, Atrée. Tu as toujours péché par orgueil.
- Ne viens pas me parler d'orgueil! Toi qui n'était rien, tu n'as jamais eu une once de fierté!! Tu méprisais la couronne et te voir l'enfiler a été une torture pour chacun d'entre nous, et regarde où tu as mené ce pays!
- Je n'ai pas de leçons à recevoir d'un traitre.

Non, il n'avait aucune leçon à recevoir de lui. D'un ancien prince trop imbu de lui-même pour reconnaître son maitre, d'un homme qui précipita son peuple dans une guerre mortelle pour satisfaire ses propres ambitions. Il savait qu'il risquait la mort lorsqu'il avait rejeté Antarès de son palais comme le dernier des pouilleux, et au lieu d'assumer ses fautes en homme, il avait levé une armée pour défendre sa vie. Même si chacun des soldats qu'il alignait devait mourir, il s'était insidieusement dissimulé derrière son peuple pour sauver sa misérable existence. Et cet homme, ce lâche avait autrefois eu la prétention d'être roi?

Le regard du roi se fit plus sombre qu'il ne l'avait jamais été, et plus il l'observait de haut, plus son demi-frère sentait la haine monter en lui. L'un combattait un usurpateur, le père de l'homme qui avait déshonoré sa fille. L'autre affrontait un lâche et un traitre, l'homme qui avait certainement tué son fils. Il n'y avait même plus de place pour les mots, l'air s'emplissait déjà du mana de feu relâché par les deux parties, qui faisait naturellement augmenter la chaleur du lieu. Dans cette pièce, aux tréfonds du château, dans le sillage d'une mer de cadavres, deux grandes puissances, deux sangs d'Ignis, s’apprêtaient à dévorer l'autre.

- Corpus meus ex flammis sit,
- Ces sales mots!!
- … is nihil aviditatis suae timeat
- Flammes d'Ignis, soyez miennes!

Le corps d'Atrée se changea en flamme, de ses pieds jusqu'à sa tête, une immense couche de feu cernait tout son corps alors qu'il se précipitait sur son frère. Iskandar eut à peine le temps de terminer son incantation que le corps de flammes d'Atrée s'était jeté sur lui. Il stoppa le coup en saisissant la main de son frère lorsqu'il abattis son épée, et un duel de force et de magie s'engagea entre l'ancien prince igné, tenant son épée à deux mains prêt à trancher son frère en deux, et le roi qui retenait avec toute sa force l'élan de son aîné. Iskandar s'était brûlé les mains lors du premier contact, son incantation s'était achevée une demi-seconde trop tard et même à présent, les flammes cernant les mains et le corps d'Atrée surpassaient celles qui enveloppaient ses poings.
Cette détestable langue, encore et toujours, dans la bouche de chacun des traitres d'Ignis! C'était cette même langue qui avait endoctriné leurs ancêtres, cette même langue qu'Ignis avait faite abolir, cette même langue qu'Altir et Tristan parlaient... Cette langue, encore et toujours!!

- Goûte à la limite de ton obstination, Hadrien!
- Pour toi c'est... Iskandar!

Le feu qui enveloppait les mains brûlées du roi s'intensifia, brûlant l'immense mana qui flottait dans la pièce et se régénérant sans cesse au fur et à mesure que l'armure de feu semblait la dévorer. Un sourire se dessina sur le visage d'Atrée, l'armure de flammes dont il avait percé le secret dans un de ses livres permettait de le protéger des sorts inférieurs, et les flammes dévorent leurs semblables. Couplé au formidable mana d'Ignis, la langue ancienne était mortelle, et même la force physique du roi semblait l'abandonner après tant de brûlures sur ses bras. Rejeter une telle source de pouvoir était un gâchis, un vain entêtement, et il allait le comprendre!!

- C'est le feu d'Ignis!! Les flammes de ma vengeance!!
- A qui... crois-tu parler!?

Le feu s'intensifia encore, et le roi prononça de nouveau une incantation, ce sort de brasier originel enseigné à tous, servant à allumer un feu. Les flammes cernant ses poings prirent la forme d'immenses sphères, brûlant à son tour le sort de magie supérieure qui lui faisait face. Les deux sorts grandirent, emplissant toute la pièce et brûlant de manière chaotique. Plus que du mana, l’oxygène même commençait à être consommée.

- Traverse l'air et pulvérise...
- C'est inutile!!
- … Anéanti mes ennemis!!

Une sphère orangée apparut entre les deux combattants, et un immense rayon de flammes percuta Atrée. L'armure de feu encaissa en partie le choc, mais au contraire des flammes cernant ses poings, ce tir était condensé en un point précis, et détenait une telle force qu'il propulsa le traitre plusieurs mètres en arrière comme l'aurait négligemment fait un tir de baliste.

- Recourir à la langue des traitres... ne fait que prouver ton impuissance, Atrée. Les véritables flammes d'Ignis... sont bien plus féroces que ça!!

Une véritable tempête de feu prit forme au sein du château, et la collision des deux immenses vagues de mana semblait pouvoir consumer l'air lui-même. L'immense sceau et le mana presque infini du roi contribuait à pousser ses flammes au delà des limites magiques, et les quelques incantations de langue ancienne avaient beau détenir une puissance phénoménale, ce fossé semblait ne jamais suffire pour prendre le dessus face à la force incompréhensible du roi.
Iskandar avait de graves brûlures aux mains et son frère une immense blessure au torse, mais aucun ne songeait à abandonner, ils tenaient par leur fierté, leur arrogance et leur volonté.
Brûlant leur mana, brûlant leur corps, brûlant leur vie.
Jusqu'à ce que l'un tombe.

Le corps d'Atrée s'affala sur le mur, son armure et ses vêtements presque disloqués, une grande partie de son corps brûlé qui laissait échapper une étrange fumée. Iskandar reprit son souffle, l’oxygène commençait à se raréfier et ses blessures bien que superficielles demeuraient douloureuses. Mais cette douleur n'avait rien de comparable à celle qu'il avait ressenti lorsqu'il avait découvert le corps sans vie et souillé de son fils, quelques minutes plus tôt. Il n'existait pas de mages au monde capables de l'éliminer, hormis sa propre famille. Et l'identité de son meurtrier ne faisait plus aucun doute.

- Partout. Toujours.

Il avança lentement vers son demi-frère, son corps chancelant un peu sur le sol noir et parsemé de poussière. Atrée ne bougeait pas. Il ne pouvait de toutes évidences pas.

- Alceste, Elise, Antarès. Tous ont été tué par mes frères, par cette langue abjecte. C'était toi, n'est-ce pas?

Le corps de l'ancien prince eut un étrange spasme, et il s'appuya sur le mur avec son dos, poussant sur ses jambes afin de se redresser. Peut-être avait-il compris ce que son frère avait dit, peut-être cherchait-il à protéger ce qui lui survivrait, peut-être était-il simplement déboussolé. Mais le sourire qu'il tenta d'arborer fut une réponse bien suffisante en elle-même.

- La mort... était encore trop douce... pour ceux qui s'attaquent... aux miens.

Iskandar parvint devant son demi-frère, toujours affalé contre le mur. Il tentait tant bien que mal de se relever, pour une ultime fois défier son cadet. Il avait échoué, sur tous les points, mais il possédait encore cette fierté. Une lame de flammes se matérialisa entre les mains du roi, et il leva les bras, amplifiant l'arme jusqu'à ce qu'elle atteigne le plafond. Il posa un dernier regard sur son demi-frère, vidé de toute expression, et enserra la poignée ignée.

- … C'est vrai.

L'épée trancha le corps et le mur ensemble dans un ultime coup, et Iskandar tourna le dos à la dépouille de son frère qui gisait, abattu, dans un mélange de rouge et de noir. La mort était une compensation bien trop faible, elle l'avait toujours été. Et même après avoir brûlé ces fortifications jusqu'à la dernière pierre, il savait que ce vide ne serait jamais comblé.


Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Messages : 336
Age : 15
Métier : Utopiste
Humeur : Optimiste
Points Histoire : 0
Lun 25 Fév - 14:47
Comme quoi tout arrive =p

Fêtons ensemble l'arrivée du roi d'Ignis sur le forum! Bref, je n'ai guère de choses à dire, je pense que cette fiche est assez fidèle au contexte - l'inverse serait triste - et j'indique de ce pas les rangs correspondants. Qui sont aussi un suspense énorme...

Puissance - Rang S:

Le guerrier le plus puissant d'Ignis, roi par la force, détenteur d'une puissance magique encore inégalée et d'une expérience et d'un talent au combat à faire frémir les généraux de Terra. A quoi bon parler la langue ancienne, hein? Un bon coup d'épée fonctionne tout autant.

Influence - Rang S:

Tout Ignis appartient au roi. Il est l'autorité incontestée et incontestable, celui qui mènera Ignis vers son avenir, bon ou mauvais.
Pour les autographes, alignez-vous et venez en charmante compagnie.




"J'effacerai toutes les tragédies de ce monde."

Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Iskandar d'Ignis
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1
Sujets similaires
-
» ϟ IGNIS PROBAT AURUM ϟ EVENT VII ϟ GROUPE II
» Nouvelle SUZUKI IGNIS: elle a l'air SYMPA !
» ϟ IGNIS PROBAT AURUM ϟ EVENT VII ϟ GROUPE V
» Ika, fils d'Ignis
» Un curieux équipage entre à Iskandar.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Pres à revalider :: Ignis-
Sauter vers: