Les échos du passé [PV Ehol]



 

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Les échos du passé [PV Ehol]

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Lun 29 Avr - 23:23




29 Janvier - 17H30





Des dalles poussiéreuses, un chemin tout tracé, des murs en pierres blanches ; un dédale sacré prend racine en ces lieux... Personne n'a le droit de contempler les trésors cachés d'un empire assassiné. Seuls quelques rares, pas assez rares, élus ont le droit et la capacité de venir les contempler. Oui, car vous êtes dans le couloir menant à la dernière des bibliothèques, lieu ultime et protégé de mille et un sort, où seul le sage prêtre pourrait un jour espérer passer, ce jour où sa barbe sera blanche comme la neige et qu'il marchera avec peine sur trois pieds. L'impatient et le fou, eux, ne pourraient passer. Pour y arriver, savoir et sagacité sont de mises. Il faut savoir lire et écrire les runes, en comprendre les sens cachés, connaître entièrement chaque livre sacré, pouvoir utiliser la magie de l'eau et pour finir s'armer de l'infinie patience de répondre à chaque écrit et à chaque mot. Sur chacune de ces grandes dalles il y a une énigme inspirée des textes saints. Sur chacune de ces grandes dalles, il y a une réponse à donner. Pour cela en langue ancienne vous vous exprimerez et avec du mana d'élément aqueux vous écrirez. Sinon, à chaque intrusion, un sort se lèvera et vous écrasera. Il serait futile de ne pas penser que les murs sont, tout aussi, piégés, de bas en haut et de haut en bas. Par ailleurs, chaque sort lancé dans l'air pourrait être détecté et enclenché les défenses. Ainsi, il est vrai que malgré la mince distance à parcourir, aller à l'ultime aile de la grande bibliothèque d'Aquaria semble prendre un temps infinie. D'autant que même en répondant à l'ensemble des énigmes, une fois tout au bout du long couloir, qui, semble s'enrouler autour de lui-même, il reste une porte à ouvrir avec une clef, qui, ne peut qu'être donné à la naissance. Ceux que, Sofia a bénit alors qu'ils étaient encore dans le ventre de leur mère. Oui, tout au fond du couloir se trouve un mur.


Un mur épais, un mur béni, un mur de sagesse, un mur, qui, protège le savoir. Sur son front immaculé, rien d'inscrit, sur sa peau de marbre, rien de suspect, sur sa face blanche, aucun indices, derrière ce gardiens de jais ; la bibliothèque. Comment passer cet imposant titan de pierre? Titan, car pour un homme tout ce qui fait plus de quelques mètres de large est monstrueux. Le mécanisme est assez ingénieux. Il utilise un système hydraulique afin d'actionner la belle machinerie cachée. Ce qui requiert, bien entendu, l'utilisation d'un certain sort d'une certaine façon, ce qui s'avère être une fois encore, l'usage des runes dans la langue d'Ehol. Une fois le noble grondement et le son de nombreuses eaux passés, le passage vous est ouvert. Il est vrai, que, tout cela s'avère bien fastidieux et épuisant, mais il est de ces secrets qui en valent la peine. Il n'est donc pas anodin que l'on ne revienne que le lendemain de pareilles recherches; il reste encore l'étude des livres à faire après tout, ce qui est la cause de l'installation de couchettes dans une perte pièce annexe. Pourquoi de telles défenses ? Il y a un but caché ; une épreuve donnée pour juger votre dignité. Les élus pourront entrer, les autres seront arrêtés. Après tout, ces capacités sont offertes par le Grand Courant, qui émane de la volonté du très-haut. C'est pourquoi, tous les hommes ne naissent pas égaux devant le seigneur, mais tous les hommes sont égaux au regard du seigneur. Dès lors, les sages, ceux à l'âme d'or, peuvent prétendre savoir un peu plus que leurs paires, sous réserve de rester humble et de toujours servir en vertu du destin. Vous, qui, êtes les serviteurs du Souverain Bien, entrez. Prenez garde, tous les dangers ne sont pas écartés, certains livres sont des faux, d'autres sont des pièges, des allées entières ne font que cacher la vérité. Néanmoins, ceux qui savent, n'ayez crainte, de vos mains prenez la connaissance ; vous qui avez la sagesse, vous avez le droit de toucher au pouvoir. Non pas pour vous, mais pour la parole d'Ehol.


C'est pourquoi, il est naturel que le Saint-Prêtre puisse venir ici. Ces questions multiples ne sont rien, car il ne doute pas de la Vérité ; Watos. Ainsi, le jeune éphèbe est venu, avec comme à son habitude son amie Index. Cette jeune fille qu'il aime, autant que l'on peut aimer pieusement. Elle n'est pas une simple amie, elle est un prolongement de l'existence même du jeune garçon. Alors, qu'importe ce qui arrivera, ils ne sauront, jamais, au grand jamais, se séparer l'un de l'autre, dusse-t-il affronter l'épreuve de la mort, que leurs cœurs ne seraient pas altérés par la purification du Grand Courant. Tout du moins, c'est ce que parfois, nous aimerions tous croire. L'enfant aux yeux de saphir n'a pas de doutes. Il comprend. Il comprend ce qui nous attend. Face à cette destiné tout tracée, il ne peut que sourire faiblement, amère, mais heureux. Le destin n'est pas une entrave, mais une force qui pousse l'humanité vers son propre salut. Il s'agit du point de convergence de toutes choses, mais aussi du départ de toutes choses, une origine sans noms, mais qui pourrait-être nommé Watos, peut-être. Cette vérité importe-t-elle vraiment ? Pour le Saint-Prêtre, la Vérité importe plus que tout. Ils ne sont là que depuis peu. Le religieux est entouré de nombreux livres théologiques et philosophiques, comme pour alimenter son esprit d'une nourriture spirituelle. Cependant, le temps tourne, Index se lasse, son ventre gronde, elle se plaint en langue ancienne, alors que certains évènements eux, attendent quelque part dans l'ombre.



Sophian ! … Sophian ! J'ai faim, rentrons. Tu ne fais que lire, je m'ennuie !

Tu les as déjà lu en plus ?! Je rentre. Tu viens ouvrir la porte.

Nous sommes arrivés  il y a peine une demie-heure Index... Et... Hum, je n'avais pas encore lu cette version annotée et commentée de ces recueils sur l'application pratique de la foi et du bien-être de Dascendrus...

Tu ouvres !







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Jeu 9 Mai - 17:38
Aquaria. Ce n'était ni la première ni la dernière fois que le sage des quatre chemins pénétrait dans la cité blanche, pourtant à chaque occasion il ressentait ce même sentiment de calme et de sérénité l'envahir. La nation se voulait un havre de paix, un lieu d'entre-aide et de partage tout comme l'était l'empire à son commencement. Aquaria était le berceau du culte d'Ehol, l'héritage de l'empire, d'une certaine manière et plus que toutes les autres, elle représentait son legs au monde. Tant de paroles s'étaient envolées, tant d'autres étaient restées, tant de volontés, d'actes, réduits à néant ou perdurant à travers le temps. Qui aurait songé que la dévotion de son ami dans les terres orientales donnerait naissance à un culte tout entier, qui aurait imaginé qu'un système aussi juste que celui d'Eholis se changerait en dictature? Le monde recelait bien des mystères que le flot du temps ne cessait de découvrir...

Ehol observa les rangées interminables de livres peuplant les ailes secrètes où il s'était introduit, parcourir chacun d'eux lui traversa l'esprit, mais il avait pour l'heure plus important à faire. Son temps était précieux, et le monde pouvait à présent très bien tourner sans lui. Il posa sa main sur le mur dont les inscriptions runiques s'illuminèrent en réponse immédiate, la quantité de mana insufflé dans les inscriptions était impressionnantes, et il n'eut qu'à les faire se déplacer dans l'ordre convenu pour ouvrir la grande porte, qui laissa entrevoir... un autre couloir, ponctué d'une porte. Il soupira, avec la méthode normale, la chose risquait de prendre des heures. Le sage s'avança sur les dalles piégées, son esprit empêchant tous les sorts de se déclencher au fur et à mesure de sa progression. Il ouvrit à nouveau la porte en apposant sa main contre son rebord, contrôlant toutes les formes de mana insufflés en elle, et reprit sa route. A vrai dire il n'avait même pas besoin de poser sa main contre la porte, il aurait très bien pu ouvrir toutes les serrures à distance, mais les lieux exigeaient tout de même un certain respect.

Une fois arrivé devant l'ultime porte, après plusieurs longues minutes de marche - il s'était même demandé si la Bibliothèque n'était pas plus grande que la ville - quelques murmures se firent entendre, lui signalant qu'il était arrivé à bon port. Il avait espéré rencontrer le Saint-Prêtre en privé, mais à en juger par les concentrations de mana, il était avec sa pactisante, et on ne sépare jamais vraiment un magicien de son pactisant...
Ehol sourit à cette révélation, et posa la main sur la grande porte dans un silence des plus religieux. Toutes les runes présentes des deux côtés s'illuminèrent de concert, le mana s'écoulant à grande vitesse d'un point à l'autre de la structure de pierre, avant que les portes ne s'ouvrent enfin, dévoilant la dernière pièce, la plus secrète, au regard d'une personne qui n'avait aucun droit, et qui avait en même temps tous les droits d'y pénétrer.

Et face à ces êtres surpris par ce que trop peu des leurs peuvent réaliser, le jeune garçon sourit simplement, et fit un signe de la main à ses hôtes.

- Hum... Bonjour...

L'histoire allait à présent prendre un nouveau tournant. Le Saint-Prêtre d'Ehol, enfant mystérieux considéré comme un élu des dieux, venait de croiser le regard du sage des quatre chemins, l'incarnation sur terre de la volonté divine. Ehol, voici Sophian. Sophian, voici... Ehol. Existait-il un seul être présent en ces lieux capable de voir au delà des apparences, dans lES profondeurs de ces quatre yeux d'enfants? Un être capable de percer le plus grand secret du monde?

- ... Cette bibliothèque est vraiment impressionnante. Je n'aurais jamais pensé qu'il pût y avoir autant d'ouvrages anciens en ces lieux.

Les souvenirs d'un monde perdu, la mémoire éphémères des êtres traversant l'espace et le temps. Un livre était véritablement quelque chose de fantastique. Et si un jour une personne venait à rédiger les lignes de ce moment unique, il pourrait à son tour laisser un héritage du passé. Le livre s'ouvre, les pages tournent. Trois enfants réunis dans un lieu impénétrable, par le produit d'une volonté qui ne devait absolument rien au hasard. Et du temps pour échanger, dans cette langue qu'il avait lui-même créée. Que le prologue se dessine.




"J'effacerai toutes les tragédies de ce monde."

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Ven 31 Mai - 23:01




Quelle noblesse dans ces belles formes et quelle grandeur dans cette présence, admirez la dernière aile de la Grande Bibliothèque d'Aquaria. Ces étagères sont les gardiennes d'un savoir inimaginable en Albion. Malgré sa splendeur, cette dernière aille reste la plus restreinte et la plus maigre de toutes. Après tout, son rôle est de protéger objets et connaissance d'un autre temps. Cela ne signifie pas pour autant, qu'il s'agit d'artefacts millénaires possédant la force de renverser le continent. Bien au contraire, la plupart des choses présente,s ici, sont celles, qui, trop abîmées par le temps, ne peuvent être données au plus grand nombre. Prenez par exemple le livre du Saint-prêtre. La couverture est dans un état déplorable, regardez, ce cuir est troué et les pages jaunes sont minées par l'âge, c'est à peine si l'encre illisible n'est pas effacée. Comment pourriez-vous laisser pareil ouvrage en rayons? Certes, il s'y trouve des copies. Pourtant, il semblerait que le jeune homme recherche un sens cachés dans les commentaires et mots de la main de l'auteur. Cet ouvrage n'est pas le seul dans les piles encerclant le jeune érudit. L'adolescent en connaît certains, d'autres non. Quoi de plus normal ? La dernière aile se renouvelle bien souvent, des œuvres viennent, d'autres partent. Ce lieu est en constante et lente mutation entre les mains de deux hommes; les évêques de la sagesse et de l'intelligence travaillent chaque jour à la grandeur de la bibliothèque. Même si bien des secrets sont cachés parmi la richesse de ce bastion du savoir. Il est vrai que certaines personnes ont certaines missions afin que l'héritage de l'empire puisse revenir à sa juste place. Ce, qui, bien entendu, offre matière à recherche aussi bien pour les archivistes, que le Saint-Prêtre lui-même. C'est pourquoi, outre le livre que le jeune garçon tient, il s'entoure du livre traitant des Mystères de Sofia, un mouvement archaïque de l'actuel culte d'Ehol, d'un autre nommé Magna est Veritas, véritable apologie d'Albio, qui, y serait héritier spirituel d'Ehol. Ce dernier livre était très probablement en Terra lors de la Révolution et a du servir comme une base de l'idéologie de la branche principale du culte d'Albio. Ces hérétiques fantaisistes et opportunistes n'auraient pas du disposer de pareilles ouvrages. Ils les ont dévoyé, mais Aquaria rendra justice à la vraie portée de ces écrits et leur retirera ce titre d'apocryphe. Philosophies anciennes, récits d'un autre temps ou même encore écrits apocryphes irriguent l'esprit de l’éphèbe.


Non loin, la jeune ascète Index tient son panier. Cette enfant ne supporte plus cet ennuyante visite. Malgré les parts de tarte au citron préparées par Anthéa, elle ne supportera pas plus longtemps les appétits spirituels de celui qu'elle sert. Tout cela lui semble bien ridicule, comment Sophian pourrait en apprendre plus ? Il est le pinacle de toutes les vertus divines ; le Saint-Prêtre est perfection. Il n'y a pas de doutes à avoir, il porte à son doigt le symbole de son statut : le sceau d'Ehol. Quelle bague sublime, elle apporte la communion du monde matériel et immatériel en la personne de son élue. Le saphir est empreint de la foi, l'argent est empreint de l'altruisme, alors que le glyphe, en son centre, est empreint des mystères. Nul ne sait à quoi peut correspondre cette bague, mais tous s'accorde que cela n'a pas d'importances. D'autres, néanmoins, disent qu'elle contient la connaissance d'Ehol et se trouve être une clef vers l'illumination et la domination des esprits de ce monde. Un grondement sourd se fait entendre et une figure androgyne apparaît. Qui est-il ? Comment peut-il pénétrer ici ? A-t-il réussit les épreuves ? Qu'importe, il est là, il a ouvert la porte. Ce jeune garçon est un élu. En tant que tel, Sophian porte son regard pur et chaleureux. Il l'accueille. A contrario, Index reste réservée, comme interdite. Pourquoi ? Ce jeune garçon soulève trop de problèmes, trop d'inconnus. Il ne devrait pas être ici, mais il l'est selon la volonté du Grand Courant. Cette seule pensée suffit pour le Saint-Prêtre. Sa bonté est supérieure à toutes les autres, elle lui donne l'étrange faculté ou malédiction d'accepter ces petites choses qui sont hors de contrôle dans nos vies, car il a une foi indestructible. Aquariens, prenez exemple sur lui, priez pour lui ; Sophian Lancasttle éclaire Aquaria de sa lumière. C'est pourquoi, il se lèvre, laissant sa chaise grincer. Son visage est souriant, sa démarche bienveillante. Ses mots en ancien langages résonnent d'allégresse face au sage qui vient boire l'eau du savoir à sa source.



Qui que vous soyez, soyez le bienvenu en ces lieux.
Voyez, lisez et apprenez jusqu'à ce que votre âme soit désaltérée, car par votre cœur et votre foi vous êtes parvenu jusqu'à ces lieux.
Qu'importe votre identité, ces lieux et moi-même, nous t'accueillons.
Excusez moi, mais je souhaiterai tout du moins entendre votre nom, mais vous devez être bien fatigué, souhaitez-vous quelque chose à manger ou à boire ?








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Sam 29 Juin - 11:16
La porte s'ouvrit, et le jeune sage partit à la rencontre de ses enfants. Bien entendu il savait, il savait qui se trouvait en ces lieux à telle heure, et il était même venu spécifiquement pour lui parler. Après tout, il était une existence importante pour lui, et le jeune garçon deviendrait dans les mois qui suivraient le meilleur de ses alliés... ou le plus féroce de ses ennemis. Mais l'heure n'était pas à ce genre de pensées, pas encore. Le sage n'avait pas fini ses préparatifs, il lui manquait des acteurs et des metteurs en scène. Peu importe la puissance, il y a des choses que l'on ne peut accomplir seul.

Les mots du saint-prêtre s'écoulèrent comme l'eau d'une rivière au bout de ses lèvres. Sa maitrise de l'ancien langage était parfaite, sans la moindre fluctuation ou la plus petite erreur d'intonation. Il était né avec cette langue et l'avait étudié, peut-être était-il même né pour ce langage? Oui... avec une telle maitrise, il n'avait aucun soucis à se faire. Au contraire, la possibilité qu'il finisse par transpercer les secrets de son langage n'était pas à exclure. Et il était encore si jeune. Imaginez quelle serait la somme de ses savoirs lorsqu'il atteindrait les trente ans? Les quarante ans?
A ses côtés se trouvait une jeune fille taciturne, vêtue d'une superbe robe d'office qui mettait en valeur sa beauté croissante. Le lien qui les unissait dépassait les frontières communément admises pour les pactisants, il était d'une telle force et d'une telle profondeur qu'il pourrait renverser le monde à lui seul. Bien entendu, la puissance magique du saint-prêtre n'y était pas étrangère, mais quand bien même, ce lien, cette union des esprits avait atteint un point de non-retour. Et dire qu'il possédait encore deux autres liens, deux larges flux de mana en quantité égales vers d'autres pactisants. Comment autant de liens si puissants pouvaient-ils exister autour d'un seul être, dans l'harmonie et non le conflit ?

... Ce garçon était vraiment... exceptionnel.

- Oh merci, votre hospitalité vous honore.

Pouvait-on vraiment parler d'hospitalité au sein d'un bâtiment religieux? Est-ce qu'en soi, tous les bâtiments d'Aquaria qui appartenaient de juste droit à l'Eglise n'était pas un peu... sa maison à lui, objet du culte? Ah, c'était une pensée intéressante! Le sage s'approcha des deux convives et prit place à leurs côtés, se demandant quelle délicieuse nourriture ils allaient lui faire partager. L'heure était propice au thé, pas vrai? S'il y a des sucreries, le client sera comblé!

- Je me nomme Ehol, enchanté de vous rencontrer.

Ehol. Oui, comme le messie. Quoi, beaucoup de personnes se nomment Sofia, Elena ou Albio, donner le nom du messie et symbole de la paix à son enfant est une chose naturelle non? Certes dans son cas la chose ne s'était pas déroulée de cette façon, mais qui ici pourrait en témoigner? Le jeune garçon attendit avec impatience qu'on lui retourne la politesse - bien que ce ne fut pas nécessaire - et se perdit très vite dans la contemplation d'un objet qu'il venait de déceler.
Sur sa main droite, autour de son doigt, cette bague et ce sceau, cerné de saphir et d'argent... Il n'y avait aucune méprise possible, il s'agissait bel et bien de sa bague. Conservée en parfait état depuis plus de 700 ans à présent, toujours aussi brillante et chaleureuse. Pouvoir poser à nouveau les yeux sur elle était d'un réconfort inattendu pour le sage. Ce trésor était une partie de lui, un morceau de son passé, de son bonheur. Il demeura silencieux quelques instants, le regard plongé sur cette phrase qui avait bouleversé sa vie.




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Mer 3 Juil - 18:07




Ce n'est pas de l'hospitalité, cet endroit n'appartient qu'à lui-même. Il ne s'ouvre qu'à ceux qui en sont dignes.
C'est pourquoi, ici, nous sommes tous les mêmes, des hommes et des femmes arpentant une voie, la Voie, et nous sommes tous ici en quête de sagesse. Alors, puissiez-vous trouver ce que vous cherchez.



Le Saint-Prêtre ne fait que répondre ce qui lui paraît naturel. Le monde appartient à tous. Pourtant, le savoir, lui, se gagne, car il s'apprend. Seul celui qui cherche peut l'obtenir. Les gens ne sont pas tous égaux face au Destin. Après tout, les vagues du Grand Courant sculpte le monde dans une harmonie parfaite. Pour bâtir, il faut des bases, pour ériger un bâtiment, il faut bon nombre de matériaux. Tous n'ont pas la même utilité, ni la même qualité. Certains sont faits pour être au sommet dans la lumière, d'autres enterrés dans la terre. Cependant, tous sont nécessaires et tous sont égaux dans le labeur. C'est pourquoi, la pierre la plus laide sera toujours l'égal de la plus fine des dorures. Tous sont nécessaires, mais tous n'ont pas les mêmes talents. Alors, le Grand Courant, dans son infinie sagesse, offre ces derniers avec parcimonie. Donc, malgré la liberté offerte à l'humanité, tous ne peuvent accéder au savoir... Mais tous peuvent accéder au bonheur. Tel est le credo de la Voie, inciter à la recherche du bonheur et surpasser sa propre destiné pour mieux l'accepter et l'embrasser. Personne ne doit renier et maudire son destin, il faut ne faire qu'un avec. Après tout, tomber dans pareille dépravation ne peut que conduire à la ruine.

L'ubris des hommes pourrait bien détruire l’œuvre de Watos... Oh, enfants de la femme, écoutez votre raison et votre tempérance, apprenez que le destin est un guide. Il est le phare dans les ténèbres, le bien dans le chaos. Le Grand Courant sait. Le Grand Courant amène les bonnes décisions et les bonnes rencontres. La divine providence voit bien au-delà du temps présent et offre la possibilité du meilleur des futurs. Cet instant est peut-être le fruit des actions du Grand Courant. Ces deux enfants ne sont pas ordinaires... L'atmosphère n'est plus la même depuis que leurs regards se sont croisés... Quelque chose risque d'arriver... Index, la belle, est encore paralysée par quelque mystérieux sortilèges, ou par ce qu'elle vient de voir. Le mana a bougé. Le mana a bougé de lui-même. La porte s'est ouverte, comme si... Comme si quelqu'un avait commandé la réalité même. Ses mains se serrent sur le panier, elle est derrière le Saint-Prêtre. Elle le prend par la main et le tire. Sophian ne comprend pas et surpris se laisse faire. Les yeux émeraudes de l'ascète brillent. Elle a peur, elle veut protéger celui qu'elle chérit. Les deux entendent le nom d'Ehol. Cela ne fait que renforcer les craintes de l'enfant.


Index... Que !?


Reste derrière ! Il n'a pas bougé la porte ! Le mana a agit de lui-même !



Le jeune garçon est estomaqué. Il ne comprend pas. C'est impossible, tout bonnement impossible. Rien ne permet théoriquement la maîtrise du mana, si ce n'est les sorts... A moins qu'il ne s'agisse d'une conséquence du facteur inconnu nommé pacte, l'autre hypothèse serait absurde ; Ehol, seul, utilise la Vrai Magie pleinement. Cependant... Le fait que cet individu ait autant regardé cette bague, avec nostalgie... C'est étrange, très étrange... Ce sceau est une bague entièrement fait en argent, parfaitement lisse, avec quelques gravures d'une langue inconnue à l'intérieur. Cet anneau d'argent soutient une boucle, où un saphir polie et taillé en un cercle, entoure un symbole mystérieux. Par sa forme, et le fait que le saphir soit plus épais que le glyphe, il est d'usage courant d'appliquer ce bijou pour former les cachets de cire du Saint-Prêtre. Le fait qu'il ait appartenu au Messie est une pure croyance, historiquement fondée sur les reliquats de l'Empire. Il est perturbant de voir un regard mélancolique posé sur cet objet. Ces coïncidences sont troublantes, très troublantes... Elles sont trop nombreuses et pointent tous dans la même direction. Il ne peut pas y avoir de hasard seulement le destin. Sophian, un instant, a semblé perdu, il l'est toujours, pourtant, il reprend sa stature, son même calme. Il ne peut y avoir que deux raisons à la venue de cette personne, soit cette bibliothèque, soit le Saint-Prêtre. Pour le moment, il semble peu probable qu'il tente de s'en prendre à quelque chose en ces lieux. Ainsi, il pose sa main sur l'épaule d'Index, pour lui chuchoter : Calme toi. Ehol est venu discuter. Avant même qu'elle ne réagisse, il prend les devant, faisant un pas, puis un second.


Je ne me suis pas présenté, c'est terriblement impolie de ma part. Je suis Sophian, je suis aussi enchanté de faire votre connaissance.
J'aimerai savoir une chose de vous, afin de comprendre ce que Watos attend de moi.
Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous vraiment ?





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Jeu 18 Juil - 13:21
Le monde recèle de secrets, de mystères, d'inconnues. Et il est dans la nature humaine d'être effrayé de ces mystères. L'homme a peur de ce qu'il ne peut comprendre, alors même qu'il est incapable de reconnaître qu'il ne comprend rien à l'univers ou à la vie. Alors il enfile des masques. Il crée des mythes pour se rassurer, mystifiant la réalité pour mieux l'accepter; ou il feint d'oublier les grandes questions qui pourraient donner un sens à sa vie, et s'enfonce dans le pragmatisme et la science.
Mais peu importe à quel point il s'accroche à ces croyances, athées ou non, l'homme demeurera toujours mystifié, paralysé face à une réalité qui le dépasse, face à un fait indubitable qui bouscule toutes ses croyances. Faites revenir un mort à la vie, et vous observerez le plus grand vent de panique qui puisse frapper l'espèce humaine, la destruction de cette ultime croyance que la vie terrestre a une fin.

La peur. C'est exactement ce qu'il ressentait dans les yeux de cette jeune fille. Elle venait de percevoir une magie qui la dépassait et qu'elle ne pouvait expliquer. C'était effrayant, incompréhensible, dangereux. Et à vrai dire, le sage des quatre chemins lui-même fut surpris à cette révélation, il n'avait pas songé qu'une pactisante puisse analyser les formes magiques. Effectivement, il était inutile de jouer la comédie face à elle, si ce pouvoir lui permettait bien d'analyser le mana ou les sorts, elle devait déjà avoir compris qu'il n'était pas magicien. Ehol se sentait presque coupable de l'effrayer ainsi. Le Saint-prêtre la calma en quelques mots et s'adressa à lui d'une manière bien trop posée au vu des événements.
Il n'avait pas volé son titre.

- Voilà une bien étrange question. Je suis un voyageur, un amoureux des livres, un rêveur. Je ne suis vraiment personne. Et vous Sophian, qui êtes-vous?

Il n'était "vraiment" personne. Ou peut-être était-il tout le monde? Qu'est-ce qu'une identité? S'il s'agissait d'une personnalité, d'une ambition, d'un passé... alors effectivement, il était à la fois personne... et tous. Malheureusement, il n'avait pas de joli titre à donner à son interlocuteur, et à vrai dire, il n'était vraiment personne en ce monde. Un simple humain ayant quitté les terres qui l'avaient vu naître, et arpentant depuis lors les quatre nations, dans l'attente du moment venu.

Mais lui, qui était-il? Le Saint-prêtre d'Ehol? Un simple croyant? Le représentant d'Ehol sur terre? Le messager des dieux? L'enfant du sanctuaire? Connaitre les mots qu'il utiliserait pour se définir serait capital. Il ne s'agissait pas de découvrir son identité, mais son reflet, l'image qu'il se voulait projeter.
Le jeune garçon posa son regard sur l'ascète qui le scrutait toujours d'un oeil méfiant, il aurait probablement un peu plus de mal à obtenir sa confiance, mais il devait reconnaître qu'elle accomplissait à merveille son rôle de pactisante.

- Je suis désolé si je vous ai effrayé, ce n'était pas mon intention. Rassurez-vous, vous êtes en sécurité. Je suis simplement venu pour parler. Mais je ne dirai pas non à votre précédente offre, si elle tient toujours.

Oui, Ehol avait faim lui aussi. Et il voulait trouver un moyen de détendre cette atmosphère un peu trop crispée à son goût.




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Dim 21 Juil - 15:24





Qui suis-je ? Un instant, le temps se fige. Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas... Un sourire en demie-teinte. Je n'ai pas la prétention de me connaître, trop de choses m'échappent encore. Un regard se remplissant de détermination.

Cependant... De corps, comme de cœur... Je suis un être humain. Des mots forts à l'écho universel.

Je suis un jeune croyant, qui, portent des espoirs, les siens, comme ceux de bien d'autres. Je suis Sophian Lancasttle, qu'importe ce que me réserve le destin, je l'accepterai, qu'il me soit bon ou mauvais, que je le connaisse ou non, tant que le monde est heureux, je n'aurai aucun regrets.



Le jeune garçon a parlé avec son cœur, posant inconsciemment sa main sur le pendentif en forme d'étoile. Il sait qu'il doit être sincère et pourquoi mentir ? L'éphèbe n'a rien à caché, ni son courage virginal, ni sa pureté. Ses yeux de saphir sont limpides, comme l'eau. Même si son esprit est troublé, son cœur se doit d'être serein. Le Saint-Prêtre fait face, peut-être, à un moment crucial. Ce garçon, en face de lui, vient d'accomplir un miracle, un véritable miracle. Comment ne pourrait-il pas être troublé dans tout son être ? Comment ne pourrait-il pas trembler de peur ou d'exaltation religieuses ? Où puiser la force pour être aimable ? Le jeune homme sait où la prendre. Sophian puise sa force dans l'amour et la confiance de ceux qui suivent les préceptes d'Ehol. S'il doit les représenter et représenter Ehol, alors, il n'a pas le droit de faillir à ses principes ou à ses sentiments. Il ne peut que se dresser, même s'il souhaiterait être face contre terre. Pourtant, tout cela, il n'y pense pas. Faire preuve de cette détermination est naturelle, inconsciente. Il le sent, il sent qu'il doit être comme un lac paisible, qui ne connaît jamais aucunes vagues. Il doit être ce lieu empli de lumière et de vie où tous se désaltèrent, qu'importe leurs identités. Peut-être est-ce pour cela que les gens pensent que sa façon d'être n'est pas humaine ? Ou bien encore que sa façon d'agir dénote de maturité ?

Ils ont tord, c'est une façon de penser enfantine. C'est une pensée idéaliste. Après tout, pour comprendre les textes sacrés, ne faut-il pas être un enfant ? Souvenez-vous des paroles d'Ehol : « Apprenez à goûter aux joies de la vie le cœur léger, comme celui d'un enfant, ce n'est qu'ainsi que vous trouverez la paix de l'esprit, nécessaire à la Voie. » Il faut se dépouiller de bien des choses pour voir le chemin à emprunter. Les préjugés, les haines et les rigidités sont un carcan que l'on acquiert avec le temps en tant qu'adulte. Pourtant, ce n'est en vérité qu'un cocon protecteur dont doit s'extirper un homme pour savoir ce qu'est réellement l'Esprit Humain. La croyance optimiste de l'Esprit Humain a germé depuis longtemps en Sophian. L'homme possède un génie qui est supérieur à toutes les créatures terrestres, il sait user de sciences, de magies et de mots. La majesté humaine prend source dans le pouvoir infinie de son esprit. Cependant, l'Esprit Humain nécessite plus que cela, il nécessite une âme bonne. Ce n'est que par l'union de la tête et du cœur, que l'on peut espérer l’avènement d'un paradis sur Albion.

Il est vrai que le Saint-Prêtre vit habité par ses croyances, il n'est qu'un réceptacle, il est bien peu de chose face à la folie que peut apporter le génie. C'est pourquoi, il existe des gardiennes. Il existe des femmes fidèles, dont les vœux se résument à ne jamais se détourner du Saint-Prêtre pour un homme. Elles n'aimeront jamais aucun autre homme que lui. Ainsi, Index a peur, là, en ce moment même. Elle sent comme d'horrible serres lui lacérant l'intérieur de sa poitrine. Elle est terrifiée. Elle est terrifiée, non pas pour elle, mais pour Sophian. Ses yeux émeraudes tentent d'être forts, mais il est troublé par ses émotions. Ses mains tiennent fortement le panier. Même si elle doit se calmer, elle n'y arrive pas. Une main se pose sur les siennes. Elle est fine et albâtre, douce et chaude ; Sophian rassure son amie. Il sourit juste. Elle comprend. Un long soupir se fait entendre suivi d'un gargouillement. La belle Index s'est assez calmée pour dire une chose : J'ai faim, prenons le goûter, nous discuterons après. Sophian ne peut qu'approuver, car même si cela ne fait que détendre que temporairement l'atmosphère, il ne laissera pas retomber cette discussion, quand bien même les parts de tarte ont été distribué et commencent à être dégustées.








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Mer 4 Sep - 17:26
Ehol observa avec un certain attendrissement l'innocence et la confiance du Saint-Prêtre. Il s'avançait et trébuchait, mais ses mots ne connaissaient pas le doute. Il se décrivait comme un être humain, un croyant, mais plus que tout, un ignorant; et c'était là la clé de son destin, le centre de son être, son essence. S'il parvenait à le comprendre, s'il pouvait s'élever au delà de cette réalisation, il n'aurait alors plus jamais besoin d'aide. Peut-être était-ce déjà le cas en vérité, peut-être cet enfant détenait-il sans le savoir tous les secrets de ce monde, mais se refusait-il à les décrypter.

Un être humain. Un amas de chair et de sang, un système intelligent aux facultés d'adaptation supérieures, un réseau de mana sophistiqué, un esprit capable de se différencier du monde, toutes ces définitions étaient exactes et fausses à la fois, véritables dans leur nature et inexactes dans leur superficialité. Oui, Sophian était un être humain, et il pouvait accorder autant de crédit à cette réponse qu'à toutes les définitions précédentes. Un éclat de lumière au cœur des ténèbres, une minuscule parcelle de la vérité.
Mais c'est ainsi que les choses doivent êtres. L'homme est ignorant, et parce qu'il est ignorant de tout, il est capable de désirer l'absolu. Il peut atteindre la sagesse.

- C'est une merveilleuse réponse.

Trop peu de personnes en ce monde étaient capables d'accepter le destin, le véritable chemin. D'aucun cherchaient à se rebeller, défiant le monde, l'ordre et la justice et devenaient ainsi des hors la loi, d'autres ne cessaient de refuser ce qui se présentait à eux comme un don, allant jusqu'à s'oublier eux-même, tandis qu'enfin, les plus malheureux choisissaient d'abréger leurs souffrances pour mettre un terme à un destin qu'ils considéraient injuste. Leur choix se résumait à combattre ou à fuir, mais rares étaient les personnes qui avaient choisi de suivre ce que le monde leur réservait et de faire confiance à leur cœur.

Ehol hocha la tête à la proposition de la jeune ascète et s'assit à leurs côtés pour déguster la collation. Une part de tarte au citron, il n'avait pas mangé de ces mets depuis... oh, à bien y réfléchir, son incarnation présente n'en avait simplement jamais mangé. C'était délicieux. Et ces sucreries avaient eu le don de rafraichir l'atmosphère.

- En voilà un nombre impressionnants de livres... il parcourut de nouveau la pièce du regard et s'arrêta sur les quelques livres qui avaient été déplacés récemment. Vous faisiez des recherches particulières peut-être?

Pourquoi en venir directement au sujet souhaité lorsque l'on peut emprunter un détour? Après tout, l'important était de voyager, n'est-ce pas? Tourner et encore tourner, profiter de l'instant et du temps qui s'écoulait... Parce que les réponses ne sont jamais plus importantes que les questions.





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Dim 10 Nov - 18:47






Que recherche-t-il ? Ou plutôt, que cherche-t-il ? D'un simple regard, on suppose qu'il recherche la sagesse antique. Elle passe au tamis expert de la critique, afin que seul le bon grain en reste. Le Saint-Prêtre suit les enseignements d'Ehol dans la poursuite du bien et du savoir. Sa piété absolue le conduit à ne pas douter des motifs plus profonds de sa venu ici. Pourtant, une force inconsciente le guide. Un souvenir lointain et inconnu pulse. L'écho lumineux résonne dans son cœur. Sophian ne l'accepte pas. Il rejette cette nostalgie sans socle. Après tout, le Saint-Prêtre ne doit pas se détourner de son unique devoir ; le Messie parle par sa bouche. Alors, même s'il y avait le moindre espoir, le plus petit soit-il, de découvrir un indice... Il devrait l'ignorer... Pourquoi porte-t-il toujours ce pendentif ? L'éphèbe ne peut s'en séparer, mais fait tout pour ne pas le regarder. Son aveuglement volontaire est tel qu'il n'en a jamais lu les inscriptions. Pourtant, cette forme, ce contact, cette force... Peut-être s'agit-il d'un artefact ? Peut-être pourra-t-il en trouver plus dans ses recherches ? Qu'importe, car Ehol, qui, habite son cœur lui insuffle le courage de ne pas douter. C'est pourquoi, il ne doute pas d'Ehol, tandis qu'il goûte à une part de tarte. Ce jeune homme en face de lui, cet « Ehol », qu'attend-t-il de lui ? Lui, n'est qu'un enfant, tout Saint-Prêtre soit il. Que peut-on attendre d'un enfant ? Beaucoup de choses. Ehol reconnaissait aux enfants ce pouvoir admirable qu'est bâtir le futur après leurs parents. Il faut, donc, prendre les enfants en considération dans chaque chose.

L'éphèbe devrait cesser de se tourmenter ainsi et savourer ce goûter. Index mange avec entrain, quoique... Elle est restée méfiante. L'archiviste n'a pas confiance. Le mystère de cette magie la choque. Est-ce son manque de foi ou son amour de Sophian qui parle ? Les yeux émeraudes ne se détournent pas de cet intrus. Le regard est résolu et curieux. Elle mourrait pour Sophian, s'il le fallait. Ce jeune homme avait posé une question, une seule au Saint-Prêtre. Quelle insolence ! Au nom de tous les séraphins, quelle impudence ! Néanmoins, cette réponse, cette force irradiante avait touché le cœur d'Index et désarçonnée. Il valait mieux laisser Sophian la guider pour le moment. Après tout, même ignorant l'éphèbe était digne d'Ehol. Oh, Messie ! Votre nom est quatre fois acclamé et douze fois loué. Il trouve digne successeur en ton Saint-Prêtre. Il est juste et bon, même s'il ne peut vous égaler, il vous rend grâce. Alors, ce qu'il recherche est nécessairement bon lui aussi. Lorsqu'il consulte les nombreux ouvrages de cette bibliothèque ce n'est qu'à dessein d'acquérir un peu de sagesse. Ce n'est pas de l'avidité maladive, ou bien encore de la curiosité. Le désir qu'il porte est nommé amour. Ce n'est pas un amour, mais plusieurs amours : l'amour des hommes, amour du savoir et amour d'Ehol. Son devoir sacré est dans la connaissance. C'est pourquoi, ce que l'on trouve dans cette pile n'est rien d'autre que philosophie et théologie. Le seul livre dissonant serait un minuscule recueil déchiré, écorné, plus qu’abîmé. C'est un ancien livre de langue des premiers temps de l'Empire. Le pauvre ouvrage est perdu parmi les mastodonte reliés. S'il est là, ce n'est que pour parfaire la maîtrise du Saint-Prêtre. L’enfant doit en apprendre chaque variante, chaque forme, chaque étymologie. Il y a quelques mystères oubliés dans les mots inventés par les hommes. Bien que tous s'accordent à faire de la langue ancienne une langue divine, le Saint-Prêtre n'oublie pas que les hommes sont incapables de parler comme Watos.

Cette langue n'est qu'un fragment de la vérité. C'est pourquoi, le Saint-Prêtre poursuit cette vérité en remontant le fil d'araignée qu'elle a laissé dans ce dédale. L'enfant, tel Thésée suit le fil d’Ariane. Néanmoins, ce n'est pas le réel objet de sa venue ici. Il vient en premier lieu consulter quelques immenses tomes et emprunter de plus modestes. Sa belle langue candide goûte à la délicieuse part de tarte. Une fois repu de ce régal, elle dessine de belles paroles dans les tournures naturelles de la langue ancienne. Il se confie sans ménagement, s'analyse, se laisse porter par le lyrisme exalté du croyant face à son maître :


Je suis ici pour mieux apprendre. Les livres consultés sont les récipiendaires d'anciennes pensées, aujourd'hui, en parti perdues. Pourtant, ce n'est pas parce qu'elles sont oubliées qu'elles en perdent leur valeur. Au contraire, le présent n'existe que par le passé, avant même de donner naissance au futur. L'homme, qui, oublie l'histoire sera condamné à être aveugle. Je souhaite être capable d'être clairvoyant en ces temps, qui, s'assombrissent. Telle est ma prudence.
Un ton calme posé, comme un lac au repos.
Même s'il est vrai que si le monde courrait à sa perte, le Messie reviendrait. J'en suis certain, même si je ne le désire pas... La première confession incertaine. Cela signifierait que nous aurions échouer dans notre devoir et notre humanité... Une honte voilant sa voix sereine.
Alors, je prie chaque jour pour avoir le savoir et la force... Non, ce que je recherche dans ces livres est la certitude, peut-être... J'en ai si peu depuis toujours... Pourtant, je sais que je devrais prier pour autre chose...
Un regret cassant.
Je devrais prier pour la mise en œuvre d'un miracle. Oui, qu'une chose impensable se produise grâce à la volonté d'hommes bons ; le sens du Grand Courant, seul, décidera pourtant... Une peur face au destin, mais il l'accepte.







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Mar 19 Nov - 16:44
"L'humanité est une chose bien mystérieuse"... Puisse les lèvres du saint-père lui épargner ce truisme, il s'agissait pourtant d'une nécessité. Le sage assistait à une scène des plus rares et des plus heureuses, il avait le privilège d'observer le doute se dessinant sur le symbole de la certitude. Le saint-prêtre, enfant des dieux et pilier de la foi, n'était pas autorisé à douter. Il devait croire du plus profond de son âme, faire montre de la plus belle et la plus pure forme de foi, pour l'inspirer aux autres. Résolu, inflexible, il était un arbre prenant ses racines au plus profond de la terre, une montagne dont les fondations ancestrales résistaient aux plus féroces ouragans.
Mais ce saint-prêtre était aussi un enfant. Il portait un prénom, il portait un nom, il pouvait réfléchir, penser, évoluer par lui-même, et changer. Ce don magnifique conféré à toute la classe humaine devait être mis à profit et ne jamais être oublié, car il leur garantissait la liberté. Le Grand Courant, le destin, les éléments du culte que sa prospérité avait élevé lui semblait bien loin et pourtant trop proches de ses propres idéaux. La religion est un élément humain, un élément soumis au changement, à l'évolution, à l'adaptation. Ce qui fut vrai hier ne l'était plus aujourd'hui, et bien que les humains surent évoluer, ils demeuraient souvent par trop hermétiques à leurs propres erreurs. Sophian avait raison, le monde n'existe que parce qu'il a été crée; l'humanité évolue au fil des savoirs et des expériences transmises par ses pères jusqu'à ses enfants. Culture, société, savoir, morale, désirs. Tout n'est qu'héritage et ne sera qu'héritage.

Un sourire parcourut ses lèvres.

- C'est vrai. Le monde est soumis aux affres du destin. Une puissance incontrôlable, insensée, affectant nos vies à tous. Et à la vérité, puissiez-vous détenir tous les secrets de l'existence, vous ne pourriez vaincre cette puissance. Mais l'enjeu n'est pas là, n'est-ce pas? Il ne s'agit pas de lutter contre le monde ou le destin, mais d'exister à ses côtés, de perdurer en son sein.

Ehol termina sa part de tarte. La volonté de ses enfants, de ses ancêtres, de ses contemporains, il pouvait aisément la percer. Les hommes et les femmes à l'origine de son culte n'avaient été à l'origine qu'une poignée d'être influents désirant faire perdurer la paix qu'ils avaient instauré. Durant sept cent longues années ils calquèrent leur vie sur une morale fluctuante et finirent détruit par le monde qu'ils avaient crée. Et aujourd'hui, au sein de cette cité, héritière d'Eholis comme l'était d'ailleurs tout le continent, des pans de ces désirs, de cette foi perdurait encore. Ils vivaient avec le destin, avec la vie, comme des Ventusiens épris de l'instant présent, mais volontairement prisonniers d'une cage qui leur offrait la liberté.

- Voilà une intéressante question. Coexistent en ce monde la volonté plurielle des hommes et la puissance inconsciente du destin. Si les hommes, si le monde courrait à sa perte, non par la volonté terrestre mais par la puissance de ce destin, pensez-vous que le Messie interviendrait? Devrait-il sauver un monde qu'une puissance supérieure a condamné?

Un miracle devait-il se produire? Etait-il moralement acceptable qu'une telle chose se passe ? A vrai dire, cette question n'était que le propre reflet des doutes du Saint-Prêtre. Il l'avait dit lui-même, il désirait qu'un miracle ne se produise, que la volonté des hommes interviennent, mais il savait en son âme que le Courant déciderait, que les êtres inférieurs qu'étaient les humains sauraient inexorablement emportés par ce Grand Courant. Cette question comportait un axiome simple donnant naissance à un problème logique, mais il contenait aussi une affirmation non prouvée, intervenant telle un Deus Ex Machina et formant le coeur même de ce problème. L'élément principal du problème n'était pas défini, et l'oubli volontaire bien que pouvant rendre toute réponse impossible, était nécessaire.

La réponse n'est pas l'essentiel. La vérité n'est pas l'absolu.
La question sera toujours ce qui importe vraiment.




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Jeu 26 Déc - 20:10



Index finit sa part de tarte. C'est étrange, elle l'a mangée patiemment, lentement. Ce n'est pas dans ses habitudes gloutonnes. Manque-t-elle d'appétit ? Oui, mais c'est encore plus étrange. Elle se sent différente ici... L'ascète a l'impression d'être dans un autre monde. Cette pièce est isolée de tout et a cette odeur mystérieuse de mystique. Au milieu de cette pièce se tient un étranger, ou plutôt l'étranger. « Cet » Ehol ne respire pas l'humain. Il y a quelque chose d'autre, une sorte de douce énergie apaisante... Il semble le centre de ce microcosme. A contrario, le Saint-Prêtre gravite autour de lui. Ce fragile astre lumineux se révèle face à ce jeune homme. Cette sensation est déplaisamment agréable. Ses yeux émeraudes contemplent une scène surréaliste. Les paroles échangées sont pleines d'un sens incertain et supérieur. Index doit agir, elle doit bouger, mais elle a du mal. Une chose la retient inconsciemment. Ce n'est pas encore le moment, ce n'est pas encore l'instant. Elle ne doit pas encore parler avec sa franchise et sa fougue. Les éléments se lient, échangent et se délient. L'ascète ne se sent pas à sa place ici, mais elle n'abandonnera pas Sophian. Au-delà de son doute, au-delà de sa foi, il y a un sentiment plus fort. La jeune fille attend. La contradiction apporte le désespoir à l'éphèbe. Il croit en Watos, il révère les douze et il suit Ehol. Pourtant, pourtant...

Si Watos condamnait ce monde, qu'adviendrait-il ? Les séraphins agiraient en accord avec le seigneur, mais le Messie ? Bien qu'il possède la science divine, suivrait-il l'édit céleste ? Il ne comprend pas, il ne peut pas comprendre ou plutôt... Son cœur lui murmure que l'homme dans le Messie agirait. Sa bonne volonté saurait discerner le bien véritable, qu'il soit dans la chute ou dans le salut du genre humain. Une fois encore, l'homme est seul face à lui-même, à ses choix et à son destin. Oh, seigneur, l'humanité est plongée dans la nuit sombre et pleine de terreur. Puisse la lumière advenir dans l'esprit de tous. Car, la lumière de l'esprit est sainte et éternelle. Elle est celle qui illumine nos chemins. La simple lueur nous enseigne le destin et le libre-arbitre. La sainte lumière nous rend surhomme. Le Saint-Prêtre est là, plongé dans un hypothétique dilemme. Les ténèbres tentent de l'engloutir. Sa main touche et dessine l'étoile sous son vêtement. Il la sent contre sa peau. L'éphèbe apprécie ce contact familier et rassurant, presque maternel. C'est une manie lorsqu'il doute. Inconsciemment, il se raccroche à un héritage qu'il nie. Il se raccroche à une seule certitude : j'ai accepté mon destin.

Ce choix ravive la flamme de sa foi. La seule chose à faire tient en une seule phrase ; nous devons vivre dignement jusqu'à la fin. C'est à chacun de donner sa réponse. Le flot perturbé des pensées retrouve sa forme. Tout devient clair. Le Saint-Prêtre brûle ses doutes. Il en ressort un regard plus fort, plus assuré ; il a trouvé une réponse. Sophian Ausgute Clovis Lancasttle se ne laissera jamais envahir par le désespoir, même face à la fin des temps. Il agirait en vertu de sa croyance et se ferait ennemi du Grand Courant, car c'est ce qu'il attend de lui. Le Saint-Prêtre n'existe que pour les hommes. Le Saint-Prêtre mourra pour les hommes. Après tout, il s'agit de la voie d'Ehol et non de Watos. Ses croyances sont celles du Messie, celles du bien humain. Sa détermination est en accord avec le Grand Courant, quoiqu'il arrive. Ses actes seront le reflet de la volonté protégeant l'humanité. Puisse Ehol se retrouver en ces valeurs. Qu'il est bon d'agir pour le bien humain, car nous sommes hommes.

Nous ne devons pas sombrer dans la folie de l'hybris. La compréhension humaine n'est pas celle d'un ange. Nos agissements s'inscrivent dans l'humanité. Alors jusqu'à la fin restons humains, car nos actes ne serons jamais vains. Sophian prie pour rester lui-même. Ehol devrait trouver sa réponse dans ce regard puissant et brillant. Si le Saint-Prêtez a été soumis et décontenancé, il est maintenant fort et confiant. La question est importante, mais elle doit avoir une réponse. Cependant, il n'existe pas une réponse, mais des réponses. L'éphèbe à la sienne. Le Messie lit en lui la bonté et la pureté, car ce sont les fondations de son âme. Il n'y a rien d'autre qu'un enfant embrassant ce monde et l'aimant. La belle au yeux verts le sent. Son mage n'a pas besoin de répondre, alors elle, elle peut enfin répondre.


C'est à l'homme de choisir, non au Messie. Le destin a façonné l'homme, alors, il restera vrai à lui-même.






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Sam 21 Juin - 14:38
Une réponse intéressante. Ainsi les hommes ne suivraient pas leur messie et choisiraient à sa place. Si le destin avait décidé de leur fournir le libre-arbitre, user de cette liberté pour combattre le destin était la meilleure façon de l'honorer. Ce garçon n'était pas n'importe qui, le dirigeant d'Aquaria oui, c''était une certitude, et l'un des futurs espoirs de l'humanité. Pour le moment, Ehol allait placer sa confiance en lui.

- Cette ville est décidément peuplée de personnes intéressantes. Continuez de voir au delà de l'horizon, Sophian, l'humanité a besoin de cela.

Il ne s'agissait pas d'un luxe que les êtres humains se permettaient d'avoir, il était nécessaire que de telles personnes subsistent pour que l'humanité survive. Le monde était beaucoup plus dangereux que les hommes ne l'imaginaient, et leur recherche du bonheur individuel était à la fois leur plus grande force et leur plus grande faiblesse.
Ehol finit sa part de tarte. Sophian conviendrait, il en était certain à présent. Il ne pensait pas arriver à une telle conclusion aussi rapidement, peut-être l'avait-il sous-estimé.

- Puisque je vous ai posé une question dont j'ignorais la réponse, je pense qu'il est juste que vous m'en posiez une à votre tour.

Le sage des quatre chemins leva les bras au ciel pour s'étirer, laissant une petite pause dans sa demande.

- Qu'en dites-vous? Une seule question, peu importe sa nature. Si je peux vous fournir une réponse, je le ferai sans hésiter.

Pouvait-il réduire le nombre de ses questions à une seule, choisir celle qui lui importait le plus...? Ehol voulait également voir ce que désirait cet homme. Il s'agissait d'une chance inouïe pour lui, mais également d'une opportunité intéressante pour le "messie". Il brûlait de savoir ce que contenait le cœur de cet enfant.




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