De la corruption de la jeunesse. // PV Waëlen\\



 

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De la corruption de la jeunesse. // PV Waëlen\\

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Sam 20 Avr - 21:58
Le soleil tapait fort sur les têtes, autant que hurlait la foûle endiablée vombrissant dans les bas-fonds de la ville et où s'exerçait à mourir la lie du peuple au supplice. Même des luxueuses et paisibles terrasses du palais d'Ignis, je pouvais deviner les souffrances des miséreux aux vagues murmures qui me parvenaient des ruelles encombrées de mendiants et des avenues marchandes, et tout ce tintamarre formidable me donnait la nausée. Certes il n'y avait pas dans ces rues que supplice et désolation -bien qu'on eut put en discerner plus qu'on ne peut le raconter- mais mon coeur était rempli de tristesse, en proie à une affreuse mélancolie.
Pourtant, non, je ne devais pas penser à cet homme. Je ne devais même pas y songer, ou même en rêver. Je devais reprendre mes esprits et cesser mes enfantillages. Cesser d'éprouver ce sentiment d'intense douleur et de profonde béatitude, cette sensation d'accomplissement, d'ardeur, et de fougue. Je devais faire cesser toute cette folie de jeune fille, ces élans fabuleux qui me prenaient à la gorge et m'illuminaient tout le corps de sensations étranges.
Hélas, je ne le pouvais pas.

-Amae! Héé Amae! Il faut y aller, qu'est-ce que tu fiches? Dépêche-toi un peu!

La voix claire de Cynthia me vrilla les tympans et me fit brutalemennt sursauter.Elle me rappellait sans ménagement aux contingences de ma réalité; mais ma tête ne cessait de brûler, mon corps de trembler. Et mon âme n'était pas apaisée pour autant.

Cynthia était l'une de amies les plus proches à Ignis, et l'une de mes confidentes. C'était une domestique de la maison royale qui avait été engagé dans la même période que moi, qui occupait le même poste, et avec qui je partageais une petite chambre vêtuste mise à notre disposition à proximité du palais. Ce dispositif permettait de couper de l'extérieur le personnel du palais, et de s'assurer de son entière disponibilité, de jour comme de nuit. Nous ne manquions cependant pas de divertissement. En effet, il nous était permis, le soir, de dîner dans l'immense jardin qui entourait le bâtiment des domestiques, et de nous y adonner à de multiples jeux, et aux plaisirs de la boisson et de la chair. Cynthia et moi passions ces heures-là à nous courir l'une après l'autre, à discuter entre nous ou avec quelques autres servantes, et à boire et à manger. Notre entente était cordiale et parfaite.

Arrachée à mon tourment, je lui jetais un regard accablée et anxieux. Son visage m'arracha cependant un sourire et me rapella avec précision le jour de notre rencontre. Ô belle et joyeuse Cynthia ! C'était le jour même de mon arrivée à Lex où je me rendais en suivant les chemins d'Azaïr que je l'avais rencontré. Le hasard avait voulu que je croisasse en chemin l'un des chambellans du palais, à la recherche de domestique. ayant pour objectif d'infiltrer l'entourage proche de la famille royal, j'avais postulé, et ma bonne fortune avait fait le reste : on m'avait aussitôt embauché sur mes allures de jeune fille pure et sincère, et pour la beauté de mon chapeau. Le soir-même, j'entrais au service des princes d'Ignis avec Cynthia.

Aussitôt, nous nous êtions entendus à la perfection. Nos goûts étaient accordés, et sa bonne humeur compensait ma mélancolie maladive autant que mon tempérament teintait le sien d'un brin de mystère triste et joyeux que ne dédaignait pas les hommes. Du reste son travail était sérieux, précis, et fiable. Nous ne pouvions que nous entendre.

Nous travaillions toutes deux à l'entretien de la garde-robe princière, ainsi qu'aux essayages. Il nous fallait laver le linge, le blanchir, puis le repasser, parfois le repriser, puis le ranger dans les immenses armoires de la famille princière. A d'autres heures du jour, les princes et princesses nous appellaient à leur convenance afin de procéder à divers essayages, se plaindre de nos services, ou demander nos conseils et notre approbation sur un quelconque choix de tenue. Bref, nous leurs êtions utiles en bien des occasions.

Ce travail nous satisfaisait toutes deux. Elle parce qu'elle y gagnait un emploi stable et des revenus corrects; moi parce que je cotoyais journalièrement la maison princière, où les ragots et les longues discussions allaient bon train. Jusqu'au jour où le prince Waëlen, premier de la couronne, nous convoqua toutes deux, Cynthia et moi, afin de procéder à divers essayages. La chose en soi n'avait rien d'exceptionnel et serait arrivé un jour ou l'autre. Aussi, elle ne nous choqua ni l'une, ni l'autre, bien que je ressentis une certaine angoisse à la pensée de cette entrevue, et nous nous y rendîmes d'humeur joyeuse.
Nous traversâmes les premières antichambres du palais, remontèrent un long et large couloir aux murs tapissés de fresques somptueuses et de miroir, avant d'arriver à la chambre du prince. La porte de celle-ci était entrouverte et laissait filtrer quelques filets de voix; on nous introduisit silencieusement. Commença alors une longue heure d'essayage et de plaisir tourmenté.

Car Waëlen était d'une innimitable beauté. D'une beauté ombrageuse, flamboyante, égoïste. Une beauté gracieuse et charnelle. Et je ne pus m'empêcher de succomber à son charme. Je riais au moindre de ses mots; je rougissais d'admirer ses manières; je devenais confuse, maladroite, grossière. Je tombais amoureuse.

Je ne sais s'il le remarqua, mais je saisis son regard amusé qui me suivait avec ironie, lorsque nous partîmes. Puis, lorsque nous fûmes assez loin, Cynthia me lâcha en pouffant:

-Et ben alors, ma p'tite Amae, que t'es-t-il arrivé? Tu avais l'air ... ouh...!

Affreusement gênée, je lui lâchai:

-J'avais l'air quoi?

Cynthia me regarda avec son air mi-malicieux mi-mystérieux puis me répondit en roulant de gros yeux dans ses orbites:

-Transie d'amour...!

Brusquement, je me figeais. Le sang m'affluait aux temps; mon coeur expirait. Un poignard glaçait s'était brutalement fiché dans ma poitrine. D'abord, je bégayais quelques mots innintelligibles, puis j'éructais :

-N'im... N'importe quoi! Tu racontes n'importe quoi! Allez, avance donc!

Et Cynthia éclata d'un grand rire en me regardant tendrement.

Or, Waëlen nous convoquait aujourd'hui même dans ses appartements. Trois jours après notre première rencontre. Et un sourd pressentiment habitait mon coeur autant que me rongeait la culpabilité et la honte.

Cependant, je n'avais pas le choix. Et n'étais-je pas ravie, au fond, de revoir ce prince de sang royal qui avait fait bouilloner mon sang, et frissonner mon coeur d'une tendre extase ? Non, je ne pouvais nier l'attirance qu'il exerçait sur moi, ni les inclinations de mon coeur. Mais peut-être, en revanche, pourrais-je, à force de me confronter à lui éteindre les feux de mon désir interdit et pugnace...

Aussi, je me forçais à sourire à Cynthia qui me regardait d'un air inquiet et en faisant la moue.

-Oui! Dis-je, je rêvassais un peu, excuse-moi. Je suis prête, maintenant!

Et je lui emboitais le pas jusque la chambre de Waëlen.

Parvenue à la porte de celle-ci, je frémis, comme pris d'une fièvre encore plus intense que la précédente, et je sentis mon visage à la fois s'empourprer et perdre toutes les couleurs de la vie. Je commençais à triturer les plis de ma robe et à me mordre nerveusement les lèvres en baissant puis en relevant alternativement le regard.

-Alors, tu ouvres? Me questionna Cynthia.

Prise de faiblesse, je n'entendis sa voix qu'à travers un épais tourbillon de coton et d'angoisses.

-Oui...! Oui...! Haletai-je. J'ouvre, ne t'inquiète pas. Ne t'inquiète pas...

Je levais la main pour frapper, pris une profonde inspiration. Et la porte s'ouvrit.
Wäelen, ironique nous regarda alternativement avant de lâcher avec un sourire étrange:

-Enfin, vous voilà!

Je ne sentais plus ni mon coeur, ni mon corps, mais je respirais comme des relents de suffocation, et des larmes d'amour me remplissait l'âme à ras-bord.

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Dim 19 Mai - 17:26
Avoir été délocalisé – ou plutôt relocalisé – au Palais Princier constituait une expérience intéressante malgré la légère fragilisation de son statut social. Non, sa famille – et son Chevalier – n'avait pas accueilli à bras ouverts sa nouvelle teinte capillaire. Et non, le lourd personnel du Palais Royal n'avait pas exactement apprécié la combustion spontanée de ses appartements deux nuits après son retour sur Lex. Néanmoins, en dépit du tumulte et des nombreux sermons que cela avait engendré, le Premier Prince ne regrettait aucunement ses actions. Cette expédition hasardeuse à Haut-Ecume avait été des plus amusantes et distrayantes, et bien qu'il garda un souvenir assez douloureux de son départ d' Hambrilian – il veillerait désormais à ne pas encourir en même temps la colère de sa demi-soeur Aliènor et celle de son Chevalier Nathan – l'expression outrageusement mortifiée de son entourage avait largement compensé ce léger désagrément. S'il s'était douté que la remise en cause de sa blondeur entraînerait une telle commotion, il se serait intéressé un peu plus tôt aux produits de coloration mis sur le marché. Peut-être Väino utilisait-il ce genre de subterfuge pour donner cet éclat bleu nuit, terriblement envoutant, à ses cheveux de jais ? Encore un plan prometteur que celui de tenir une telle conversation avec son cadet...
Le soudain incendie dans ses quartiers n'avait pas été prémédité, ni même décidé, par ses indisciplinés neurones, contrairement à ce que semblait penser la grande majorité de son entourage. Mais comme il n'avait pas nié en être le promoteur, on avait simplement assumé qu'il s'agissait d'un nouveau caprice de sa part. Et on l'avait donc invité à rejoindre le Palais Princier le temps de réhabiliter sa suite au Palais Royal. Cela n'avait pas grandement influencé son grade; après tout, jusqu'à ce qu'on le vainque, il restait le Premier Prince qu'il fût résident du Palais Royal, Princier, d'une demeure en Pontem, ou des toilettes d'une masure dans le fin fond anal du monde. Néanmoins, Waëlen était bien conscient de l'impact que cela avait eu sur le malheureux personnel de la maisonnée royale, ainsi que sur cette dernière, et bien qu'il ne fût adepte du profil bas il décida – sur un regard plutôt appuyé de son Chevalier – de s'intéresser à des activités susceptibles de le divertir sans mettre en jeu son intégrité physique. Chose qui s'avéra plutôt aisée dans la condition que le laissaient ses appartements partis en fumée.

Après avoir paralysé de ses bras glacials l'ensemble des terres du feu, à l'exception de l'ardente bordure méridionale, l'hiver s'était finalement adouci, délivrant de son emprise les routes sillonnant le pays ainsi que les ruelles des cités engourdies. Alors que fondaient les neiges déposées par Janvier, ruisselant le long des toitures, emportant avec elles la laideur du monde jusqu'à la mêler à la terre ou la noyer dans les torrents, Lex s'était doucement éveillée du rêve en teintes de gris dans lequel le Marchand de Sable, qui avait troqué celui-ci contre des flocons pour l'occasion, l'avait plongée. Timidement, guettant la grisaille et le blizzard, les commerces avaient réinvesti leur parvis, la populace s'était réappropriée la rue, et la vie s'était infiltrée entre les pavés scintillant sous les jeunes rayons de soleil. On avait déblayé les chemins où la neige s'était montrée récalcitrante, on avait ramassé les corps inertes de ceux auxquels le froid avait arraché le dernier souffle, et on avait réouvert les portes aux routes commerciales à nouveau praticables.
Waëlen n'était pas certain que cette douce accalmie perdurerait jusqu'au printemps, même si l'astre flamboyant au-dessus de leurs têtes se montrait de plus en plus éclatant, car Février n'avait pas terminé sa course et Mars réservait encore son lot de surprises climatiques. Néanmoins, il ne pouvait se plaindre de la clémence du temps qui lui permettait de profiter de ses aller-retours entre les Palais – son bureau n'avait pas bougé contrairement à lui – sans craindre d'y perdre un ou deux doigts au passage. Et puis ce regain de vitalité du pays lui avait amené de quoi patienter jusqu'à la réhabilitation de ses appartements.

Un des petits inconvénients qu'avait entraînés cet incident, était très certainement celui de la perte – quasi intégrale – de sa garde-robe. Si la majorité de ses tenues de combat et de cérémonie avaient été préservées, rares avaient été ses vêtements du quotidien à en sortir indemnes. Mais surtout, au-delà de cette perte tragique pour les finances de la maison, c'était la disparition de son planning journalier d'habillage qui devait handicaper le Premier Prince. Les jours suivant son déménagement avaient été simples à gérer du fait de la restriction drastique de ses possibilités vestimentaires – on lui avait fait subtilement comprendre qu'il n'était pas adéquat de se pointer en armure intégrale aux repas de famille et il lui était impossible de se mettre sur son trente-et-un sans mode d'emploi – mais à mesure que les semaines étaient allées, et que les couturières du Palais s'étaient fait un plaisir de l'examiner sous toutes les coutures, la tâche devint plus ardue. Tandis que les séances d'essayage se multipliaient, Waëlen tentait de retenir l'agencement des habits que lui faisaient enfiler les domestiques, mais sans grand succès. Et c'est alors qu'il s'évertuait à comprendre le fonctionnement inhérent de la mode en suivant d'un œil attentif les mouvement de ses habilleuses, développant un trésor de moyens mnémotechniques et d'amalgames métaphoriques, que Février lui livra le plus doux de ses éclats.
Si le jeune prince était de nature à s'intéresser au personnel de la maisonnée royale aussi loin que sa curiosité et sa lassitude le poussaient, il n'aurait cependant pas nié n'en connaître qu'une infime partie. Entre les nombreuses rotations des équipes, la valse des destitués, et le nombre pharamineux d'âmes œuvrant dans les demeures D'Ignis, seuls les majordomes pouvaient vraiment appréhender dans son ensemble le tableau de servitude que gardaient fermement les parapets de la royauté.
Néanmoins, lorsque ses doigts effleurèrent les courbes nues de son corps, Waëlen sut que c'était la première fois que leurs chemins se croisaient.

Il était de notoriété publique que le Premier Prince appréciait, et obtenait, le contact de la chair aussi aisément qu'il repoussait celui de l'acier ; et que si il avait du suivre plus religieusement les pas de son géniteur, certainement compterait-il à son actif une bonne petite dizaine de rejetons à travers tout le royaume. Mais aussi friand qu'il l'était de compagnie, Waëlen n'avait jamais été un grand adepte de l'étreinte charnelle tout comme il ne comptait pas envahir Albion de mini-lui – même si l'idée était fort plaisante –. Les sensations de la présence, et des légers attouchements d'autrui, lui suffisaient.
La chaleur rassurante et candide des embrassades, qui propose, subtilement et gracieusement, sans jamais imposer. La fournaise tourbillonnante des enlacements parfaits, dont la chaotique ferveur emporte à chaque seconde un peu plus l'entendement. Comme les larmes du ciel qui tournoient dans l'atmosphère électrifiée alors que la foudre, imprévisible et indomptable, s'abat aux retrouvailles de la terre, les souffles qui dans un tango effréné séduisent l'essence et amènent la chair à la rencontre de la chair. Quand l'émotion, le devenir et l'espoir s'embrasent au soupir, au regard, au toucher. Le contact des mains. Et le Premier Prince, qui consentait sans réticence à cette danse envoûtante, les avait connues délicates, possessives, raffinées, hâtives, incertaines, brutales, légères, impératives, sensuelles,... Mais les mains qui parcouraient alors sa silhouette projetaient un tout autre univers, d'autres promesses.
Glissant le long de ses épaules avec l'assurance, la fraîcheur et la fluidité du jeune ruisseau qui s'échappe des neiges éternelles, elles avaient su attirer son attention comme les derniers charbons ardents invitent à l'embrasement.

Arrivée à Lex avec les premières douceurs de la fin de l’hiver, Amae Luminen faisait partie de cette flopée de nouveaux serviteurs que les majordomes s'étaient empressés de recruter afin de combler les services domestiques mis à mal par le rigoureux hivers – et l'intransigeance royale –. La silhouette fine et élancée comme celle d'un fleuret, d'une pâleur à la limite du maladif, la jeune femme n'était pas de ces beautés prodigieuses que les nobles familles d'Ignis semblaient pouvoir produire à volonté lorsqu'elles désiraient obtenir de ses faveurs. Mais il y avait quelque chose, dans sa façon de se mouvoir, dans sa manière de lui faire enfiler les étoffes, qui stimulait la curiosité et l'admiration du Premier Prince. Amae Luminen, enlacée par ses cascades de mèches nacrées, était un océan de rêves. L'irréel et l'inaccessible comme étendard. Le fantasme s'écoulait paresseusement sous ses pieds, l'illusion se perdait dans l'écume de son jeu, la fraîcheur candide perlait innocemment sous ses doigts.
Comme il avait été aisé de se perdre en frivoles conversations, comme il avait été plaisant d'échanger rires et sourires, comme il avait été simple, en somme, de n'être que jeunes gens le temps d'un instant. Et les grands yeux azures d'Amae, scintillants de milles étoiles, tumultueux comme la houle indomptable, qui dans leurs ténébreuses abysses entretenaient le songe, la pureté et la tentation. Qui dévoilaient sans honte l'enchantement rêveur et l'amour immaculé. Comme il avait été facile de s'y plonger corps et âme, de les désirer avec toute la fougue de la jeunesse, et de les séduire, enfin.

- En quel honneur cette tenue des premiers hommes ?

Coupé dans ses pensées, le Premier Prince quitta des yeux le paysage de verdures qu'offrait l'une des fenêtres de ses appartements et posa son regard céruléen sur la silhouette imposante de son Chevalier. Ce dernier, en dépit de ses propos, n'avait pas décidé de se formaliser d'avantage sur la tenue d'apparats de son protégé et s'était rapidement intéressé à une série de documents administratifs trainant sur un coin de table.

- Je pars en guerre, Nathan, et je ne saurai mieux l'aborder qu'en tenue de combat ! déclara Waëlen en se penchant pour recueillir Kat qui quémandait lourdement des caresses en se frottant contre ses mollets.

- Le jour où vous mènerez les armées d'Ignis dans cet uniforme, prévenez-moi pour que je n'manque pas une miette du spectacle, ricana le Chevalier. Ugh, par Iskandar Waëlen ! Je n'avais pas besoin de voir ça !

- Allons, profite donc de ce privilège exclusif que t'offre ta position, plaisanta le Premier Prince en esquissant une courbette moqueuse mettant en avant ses atours.

Levant les yeux au ciel, Nathan s'empara des papiers qu'il avait commencés à lire et gravit les quelques marches d'escalier menant au balcon duplex de la suite.

- On vient, fit-il remarquer alors qu'il s'installait plus ou moins confortablement sur la balustrade. Pourquoi le mareyeur de Lex vous demande-t-il votre cachet ?

- Son nouveau rayon de produits est un peu... particulier, répondit distraitement Waëlen en passant une main dans ses cheveux revenus à leur état de blondeur d'origine depuis quelques jours. Je croyais qu'on venait ?

- Ah, effectivement. Et on vient, réaffirma sans hésitations son interlocuteur. Vous réalisez qu'il s'agit peut-être de votre fratrie ?

- J'en doute, répondit le Premier Prince en prenant l'initiative d'ouvrir à quiconque désirant le voir mais n'osant frapper à sa porte.

Ou n'ayant tout simplement pas le temps de le faire, à en juger par la position de la jeune femme sur son palier. Des jeunes femmes.
Même s'il s'était douté de leur visite – après tout il s'agissait d'un énième essayage planifié par son majordome – le prince n'aurait eu aucuns soucis à reconnaître les deux silhouettes en d'autres circonstances. Ou tout du moins, l'une. Amae Luminen, calfeutrée dans son mystère et ses émois déferlants, au charme si singulier, n'était pas de ces personnes que l'on oublie. Waëlen accusa quelques secondes un doute, mais après avoir pris le temps de dévisager la demoiselle l'accompagnant, il réussit à remettre un nom, et une personnalité, sur son visage. « Cynthia », si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. Un joli brin de fille, un caractère affable et dynamique. Une rose parmi les roses.

- Enfin, vous voilà ! les accueillit d'un sourire l'héritier direct de la couronne. Entrez donc avant que les courants d'air ne froissent mes humbles vêtements, continua-t-il en avisant une tringle sur pieds et laissant les domestiques pénétrer dans l'appartement à sa suite.

- « En guerre » hein ? ricana la voix de Nathan au-dessus d'eux.

- Notre défi de l'après-midi, présenta Waëlen en ignorant son Chevalier. J'ose espérer que ces étoffes nous donnerons moins de fil à retordre que lors de notre dernière séance... bien que je ne doute pas une seconde de votre savoir faire, commenta-t-il d'un sourire à la fois amusé et penseur.

Et comme il aurait été bien incapable de savoir quel genre d'habits pendaient des cintres et de quels genres de retouches ils retournaient, le Premier Prince se contenta de les désigner d'un geste de la main sans plus s'avancer dans ses propos.
S'asseyant sur le large accoudoir d'un fauteuil en cuir, caressant le petit chat birman Kat – qui avait réchappé à la combustion de ses appartements au Palais Royal – tout en prenant garde à ne pas le porter trop près de son potentiel fécond, le jeune homme laissa champ libre aux deux domestiques afin qu'elles se mettent en place. Après tout, nu comme un ver depuis quelques minutes, ayant passé en revue ses possibilités d'action, il était lui-même déjà prêt. La bataille, ou le jeu, pouvait commencer.

- Je suis tout à vous !


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