Le plaisir d'un savoir partagé.



 

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Le plaisir d'un savoir partagé.

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Dim 31 Mar - 3:22
28 février 762, début d'après midi.

~ Assise à son bureau, son lieu d'étude habituel lorsqu'elle à un trou dans son emploi du temps, un livre emprunté à la grande bibliothèque entre les mains, Oraya perfectionne son savoir de la langue ancienne. Elle sort quelques instants le nez de sa lecture tend la main et prononce quelques mots à voix basse "aquae vitae." puis observe le résultat perplexe. Son mana s'est vaguement agitée dans son broc mais n'a pris aucune forme concrète. la jeune femme soupire et fait la moue, elle réfléchit quelques instants et se replonge dans son bouquin. Les sourcils froncés et un air sérieux sur le visage, elle retient sa page actuelle en y coinçant son index et s'en va à la fin du manuel pour y trouver une sorte de lexique. "Ah !" s'exclame-t-elle, puis poursuit par un "aquae vitae est." tout en ayant reporté son attention sur la paume de sa main ouverte vers le ciel. Cette fois-ci son mana sort et une petite colonne d'eau se forme en son centre. La jeune ascète pose son livre doucement et approche son autre main de la petite manifestation magique. Avec son index elle dessine des petits cercles dans le vide au-dessus de celle-ci, ce qui provoque une légère distorsion sur le pilier d'eau qui s'amincit en filet et commence à s'enrouler, non pas sur lui-même, mais comme autour d'une autre colonne invisible. "Ruban d'eau." murmure Oraya. Ledit ruban vient en ondulant lentement tournoyer autour du poignet de notre apprentie, émerveillée, avant de venir se dresser à nouveau, dans sa paume. Rien d'exceptionnel pourtant, de la magie élémentaire.

"Dame Oraya ?" l'intéressée surprise, sursaute et sa concentration interrompue fait s'effondrer la manifestation magique en une flaque qui éclabousse son bureau.
"-Oh, pardon, pardonnez-moi, madame, veuillez me pardonner, je suis confuse, de dos je ne pensais pas que vous vous
entraîniez, je n'ai pas vu...

- Ce n'est rien, ce n'est rien, pas la peine de vous mettre dans cet état." L'ascète sur ces mots s'empare d'un linge sec qu'elle avait elle-même posé sur son bureau, ayant prévu cette éventualité et s'affaire à éponger le plus gros des dégâts par des gestes mécaniques, ses pensées encore dirigée vers ce moment de réussite magique, un sourire vague sur les lèvres.
Elle revient à elle, pose son linge humide sur le bord de sa chaise pour qu'il puisse sécher puis se tourne vers sa jeune homologue pour lui demander sur un ton chaleureux la raison de sa visite.
"Oh, oui, Dame Oraya le Saint Prêtre vous demande, il vient de sortir d'une longue prière et a aussitôt souhaité que l'on vous fasse mander, il vous attend dans les jardins.
- D'accord, allons-y." répond la jeune femme. Ensemble elles se dirigèrent vers la sortie des appartements puis empruntèrent les couloirs du sanctuaire jusqu'à rejoindre l'élu d'Ehol.


~ Sur le chemin Oraya se remémorait ses rares précédents entretiens avec le Saint Prêtre, elle ne savait toujours pas comment elle devait l'appeler d'ailleurs. Sa sagesse était incontestable, mais sa jeunesse la troublait, il est des savoirs qu l'on acquiert qu'avec le vécu. Aussi, lorsque pour la première fois Sophian l'interrogea sur sa vie, la jeune ascète comprit qu'il cherchait à palier à cette ignorance, en essayant de voir le monde à travers les yeux de la petite fille qu'avait été Oraya. En échange, Oraya se permettait quelques questions sur les fondements de la magie et son lien si particulier avec le monde. La jeune femme se demandait s'il allait s'agir d'un autre de ces entretiens particuliers ou de quelque chose d'autre. Toujours était-il qu'il faisait beau et doux dans les jardins et que l'air frais ne pouvait pas leur faire de mal, ainsi elle remercia silencieusement une fois de plus Ehol d'avoir inspiré cet enfant.

Il était pâle en cette belle journée de fin d'hiver, Oraya s'attendait toujours à le voir sourire comme le font les enfants de son âge, mais lorsqu'il tourna son regard vers elle, ce sont ces mêmes traits adultes qui la fixèrent. Oraya se pencha doucement pour le saluer "Bonjour Saint-Prêtre, quelle belle après-midi n'est-ce pas ? Vous m'avez fait demander ? "

[edit: j'ai tout mis ici, déformation professionnelle, j'ai prit de mauvais tics :p ]

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Dim 31 Mar - 23:55





Il fait bon ici... Oui, l'air est doux et il embaume. De la lumière, de la lumière partout, tout autour, cet endroit est plein d'une belle lumière. Les quelques rares sons ne font que rythmer le calme de ces lieux. Un enfant, oui, un jeune éphèbe boit un peu de thé. La saveur est indescriptible. On pourrait le comparer à une brise de printemps. Il s'agit d'un mélange raffiné. Un mélange fait par sa cuisinière personnelle, Anthéa. Son allure gracieuse correspond parfaitement à son goût prononcé pour le thé. C'est pourquoi, il n'y a rien de surprenant à ce qu'elle compose elle-même ce délice. En ce jour bien frais, mais quelque peu doux, de cette fin d'hiver, elle a voulu faire venir le printemps. Anthéa a, donc, choisi un thé blanc uniquement composé de bourgeons. Un thé provenant d'Azaïr, dont le nom est Hakuro, ou rosées blanches. Sa senteur sucrée et prononcée est semblable à une senteur d'herbes fraîches et pourrait, presque, donner l'impression de croquer un grain de grenade. A cette arôme, elle a marié quelques primevères séchées qu'elle conservait, non sans y ajouter quelques grains de pamplemousse. De cet audacieux mélange est né un printemps. Anthéa, par sa préparation minutieuse de l'élixir bouillant, a su faire venir la chaleur promise. Celui qui boit ce thé connaît le printemps une fois encore. Ce jardin du sanctuaire ne fait que renforcer cette impression. Tout autour du jeune Sophian s'étend un bien étrange spectacle pour la saison. Que ce soit l'herbe grasse, que ce soient les arbustes, que ce soient les parterres, tout cela ne devrait pas exister en cette période de l'année. Pourtant, tout est là. Ce jardin, ou plutôt cette partie du jardin, est une serre. Elle recouvre un lieu destiné à faire pousser quelques plantes sensibles au climat rude d'Aquaria, mais aussi à posséder un ensemble d'herbes médicales à portée de main. Néanmoins, le jeune Saint-Prêtre est là, sirotant, savourant, cette boisson, qui, a été préparé avec amour.


Devant lui se tient une petite table de fer blanc, couverte d'une nappe aux teintes pastelles, où un service à thé siège. Après tout, il est cinq heure, heure du thé. L'enfant, malgré ses nombreuses tâches, peut bien, de temps à autres, s'accorder une pause bien méritée dans ses travaux. Après tout, il y a encore peu, il était en train de se recueillir et de prier en compagnie de fidèles. Ces pauses, qu'il aime passer en bonne compagnie, cela va de soit. Quand bien même Sophian dit prendre une pause, il prend, en vérité, le temps de discuter avec quelques invités. Pourquoi ? Ces entretiens ne sont pas une simple distraction pour le jeune homme. Ses desseins peuvent être aussi clairs que brumeux, selon son entretien. Aujourd'hui, il mangera une part de tarte au citron en compagnie d'Oraya. Il la connaît assez bien, c'est une de ses ascètes, mais c'est l'une qu'il connaît le moins bien. Elle arrive. Il la voit. Elle est là. Il la regarde. Cette jeune femme est son historienne. Sophian le sait, elle vient de Ventus. Ce pays, qu'il n'a jamais vu. Un pays, qui, lui fait peur. Non pas pour lui, mais pour les hommes. La liberté est un bienfait de Watos, si elle existe, mais la liberté seule a causé tant de chagrins au créateur. Parce que les hommes étaient libres de choisir, ils ont été libres d'être méchants. « Et voyant le malheur des hommes Watos fut terriblement déçu, alors que les péchés et le mal s'amoncelaient et étouffaient le bien. » Livre Sacré, Ori III. Oh, humanité ! Oh, ciel ! Oh, seigneur ! Ces temps sombres sont aujourd'hui révolus par l'action de ton verbe Ehol. Loué soit-il, loué soit son nom. Béni soit le Saint-Prêtre son représentant. Sophian est dépositaire ce devoir ; du devoir d'embrasser le monde. Cependant, sa pureté immaculée est un obstacle, son idéalisme débordant ne connaît pas la réalité. Il vit dans un décalage, dans un monde différent.


Aujourd'hui, le jeune saint cherche à réduire cet écart, il doit savoir comment les hommes vivent à Ventus, ou tout du moins comment certains vivent. Pour accueillir celle qui l'instruira, il sourit. Oui, le garçon sourit, d'un sourire grand et lumineux. Il reflète la joie et respire la chaleur humaine. Le même feu brûle dans ses yeux. Dehors, le soleil se couche. Ses rayons écarlates viennent lécher la scène, la rendant irréelle. Le jeu savant des ombres et la senteur de la nature renforcent ce trait. Le lyrisme naturel de ce lieu ne peut que s'imprimer et se lier à la figure du Saint-Prêtre. Quelque part, on aurait pu croire que la simple raison d'exister de Sophian était d'être né pour cet instant. Cependant, ce n'est pas le cas. Watos, dans son infinie sagesse, lui a simplement donné une belle apparence et une belle âme, le reste n'est venu que par les mythes que l'on colporte. Ce jeune homme fait déjà parti de la légende. Il fait parti de la grande épopée entamée par Saint-Auguste et continuée par feu sa tutrice, sa grand-mère adoptive. Un temps bien court, le silence le plus absolu prend place. Ce dernier se finit par un simple geste, un simplement hochement de tête, un simple signe souhaitant la bienvenu. Puis, ces quelques mots, dits dans le langage ancien, le seul et vrai langage résonnent. Ils sont dits avec tant de légèreté et de candeur, que seul un monstre les trouverait repoussants :



Bonjour Oraya, je suis heureux de te voir.

Est-ce que tu veux un morceau de tarte?

Assied toi, prenons le thé ensemble.

J'espère que tu vas bien.





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Dim 7 Avr - 4:18
Le Sanctuaire. Un havre de paix et de repos, de communion et d'expression, de joie et de partage. Il existait bien trop de mots et de qualificatif, trop de métaphores encore pour jamais totalement cerner cette petite cité. Ses escaliers de pierres blanches où les petits pas des jeunes femmes formaient une douce mélodie, ses murs candides brillant même lors des jours de gris, ses diverses alcôves et ses chambres, ses statues, sa fontaine et ses bains, et bien entendu, sa serre. Depuis son introduction au sein du palais, Sofia s'était prise d'affection pour cet endroit, oh il n'était guère plus calme ou propice au recueillement que le reste du temple, mais au sein de cette salle, elle pouvait distinguer la vie. Une vie toujours en développement, germant et croissant, une vie fragile et pourtant si forte. La jeune ascète visitait régulièrement cet endroit, et elle s'était enquis de l'état de la serre aujourd'hui pour en cueillir quelques plantes médicinales propices aux onguents et infusions.
Bien que toutes les ascètes n'avaient pas de rôle dévolu, Sofia se considérait comme responsable du bien-être de ses consœurs et bien entendu, du Saint-Prêtre lui-même, les femmes du sanctuaire avaient souvent une fâcheuse tendance à se relâcher, certaines veillaient tant à la sécurité de leur protégé ou aux affaires d'Aquaria qu'elles en oubliaient leur propre santé. Ainsi il n'était pas rare en ce milieu d'hiver de voir certaines d'entre elles enrhumées, épuisées ou tout simplement stressée. Pour autant, aucune ne cessait de travailler, et il aurait fallu un ordre strict de Dame Thémis ou du Saint-Prêtre pour les y contraindre.

Sofia sourit pour elle-même, elle admirait cette dévotion. Et même si les soins et séances de relaxation qu'elle prodiguait n'étaient pas grand chose, elle espérait  qu'elle pouvait se montrer, d'une manière ou d'une autre, utile à la communauté. La jeune femme ouvrit lentement la porte de la serre et constata qu'elle avait été devancée. Au centre de ce monde scintillant se tenait Sophian Lancasttle, toujours empli de ce charisme étrange qui contrastait avec son visage d'enfant, et à quelques mètres de lui, une autre ascète, Oraya. Cette dernière était entrée au sanctuaire peu de temps après elle, et s'avérait une femme tout à fait charmante à la grande culture. D'origine Ventusienne, un mot qui faisait remonter de très mauvais souvenirs en elle, mais ce passé quoi qu'elle en pense, était à présent révolu. Sofia fit une légère révérence lorsque le jeune homme l'aperçut, et sourit à son amie.

- Désolée de vous importuner, je recherchais quelques herbes et...

Son regard s'attarda sur la table; elle remarqua la tasse de thé ainsi que le morceau de tarte, et ne put réprimer un petit rire. Après tout, peu importe à quel point il était sage, peu importe sa puissance et son rang, dans son coeur, elle en était sûr, le Saint-prêtre demeurait un enfant. Et c'était certainement pour le mieux... Levant l'index comme elle avait si souvent vu certaines de ses consœurs le faire, Sofia prit une fausse moue de réprimande - elle n'était vraiment pas douée pour les sermons - et fixa l'objet menaçant sur la petite table.

- "Manger du gâteau en dehors des repas est mauvais pour votre dentition" articula t-elle en langue ancienne, avant de laisser fuir un merveilleux sourire. Enfin, c'est ce que je suis supposée dire, n'en abusez pas trop. Tous les deux.

De toutes évidences, c'était encore un coup d'Anthéa, ou d'Index, ou de... Sofia dénombra quelques suspectes potentielles, avant d'abandonner son compte en se disant que la moitié des ascètes seraient bien capable de préparer cette tarte dans le seul but de faire plaisir au Saint-Prêtre. Mais après tout, ce n'était pas un mal, en fait, elle approuvait même la décision. Sophian avait besoin de ce genre de distraction, de se forger une langue sucrée goutant aux douceurs de la vie... Et puis, s'il en venait à se sentir mal pour une quelconque raison - Watos l'en préserve - on le conduirait probablement à elle. Le Saint-Prêtre victime d'un excès de tarte, cette image atypique portait en elle une mystérieuse chaleur...

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Mar 9 Avr - 1:47


~ Sophian était contemplatif du soleil qui s'en allait vers le couchant. Il sentit rapidement la présence d'Oraya et la salua poliment en langue ancienne, qu'il préférait à la langue commune et qu'il maniait de toute façon avec beaucoup élégance. Il invita la jeune femme à se joindre à sa collation tout en demandant de ses nouvelles.

"Je me porte bien merci. Et vous comment allez-vous ?"

Tout en prenant place à sa table Oraya jeta un oeil au dessert. Elle hésita un instant, cherchant ses mots, puis déclara pas très sur d'elle : "C'est de la tarte au citron? Elle a l'air fameuse. Ça fait plusieurs années que je n'en ai pas mangé... Étrangement ça ne m'a pas vraiment manqué, je ne me souvenais plus de mon goût pour cette douceur... Dans le quartier où j'ai grandi il y avait un restaurant qui faisait de délicieux desserts. Le lundi c'était le jour de la tarte au citron. La patronne savait que c'était mon préféré en m'en gardait toujours une part..."

Perdue dans son histoire, Oraya s'empara de la théière et inconsciemment leva le couvercle, puis leva un sourcil tout en approchant l'objet de son nez pour tenter d'en déterminer le contenu. Elle n'en reconnut qu'un ingrédient mais sa senteur lui ravit les papilles et elle entreprit de s'en servir une tasse tout en revenant doucement à son discours :
"... ce thé sent bon également, qui l'a préparé ? En Terra j'ai goûté une recette merveilleuse à base d'hibiscus et de cynorhodon, le fruit de l'églantier et..." la jeune ascète s'interrompit brusquement : " Désolée je parle beaucoup et je ne sais toujours pas pourquoi je suis ici, vous avez peut-être quelque chose d'important à me demander ou à me dire." Elle goûte la tarte quand même et finit par déclarer en souriant : "Huuum comme je m'y attendais, elle est très réussie."

C'est à ce moment qu'elle remarqua à son tour la présence de Sofia, une autre ascète comme elle, plus jeune mais aussi un poil plus ancienne dans la profession. Sophian lui, avait bien entendu perçu sa présence depuis le début. Elle s'excusa dans un premier temps d'avoir surpris leur conversation puis s'essaya à la réprimande d'une manière absolument pas convaincante. Il y eut un silence presque gênant où Sofia regarda dans le vide un instant, probablement perdue dans ses pensées. Le Saint-Prêtre souriait apparemment satisfait du moment. Oraya reprit la parole en se levant : "Oh Sofia tu tombes bien ! Nous importuner ? Mais que'est-ce que tu racontes ?" puis, en s'emparant d'une assiette et d'une part de tarte, elle en coupa un petit morceau et le brandit d'un seul coup devant le nez de sa collègue et déclare solennellement : " Il faut que tu goûtes cette tarte ! " La bonne nourriture était définitivement le point faible d'Oraya. ~

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Sam 13 Avr - 23:22





Ellle est belle, si belle, oui si belle. Sa belle peau lactée semble briller de mille feux sublimes. Ce n'est pourtant rien en comparaison de ses appétissantes formes aguichantes, invitant le monde entier à la regarder fixement, pour la dévorer des yeux. Après tout, son odeur sucrée appelle au désir. Comment résister à pareille tentation? Aucun homme digne de ce nom ne pourrait décliner l'invitation. Alors regardez la, alors touchez du regard. Ne goûtez pas à ses charmes, ne léchez pas son parfum. Ce serait du gâchis de simplement se jeter dessus comme un sauvage et violer ainsi ce moment de bonheur et de frustration, car oui, vous fantasmez sur cette tarte. Toi, le saint-prêtre, toi Sofia, toi Oraya. Vous voulez, tous, cette tarte au citron du plus profond de votre estomac. Quoique le Saint-Prêtre ait voulu une conversation sérieuse, le contexte ne s'y prête plus guère pour le moment. Cette entrevue est une parodie du religieux, mais est aussi extrêmement touchante... Un simple enfant prenant innocemment son goûter en compagnie de deux jeunes femmes agissant presque, peut-être, comme des grandes sœurs ou des complices. Elles ne ressemblent certainement pas à des tutrices ou à des préceptrices. En effet, déjà, l'une d'entre elles, la plus âgée, sert le thé afin de savourer cette rencontre, sans, même, avoir la même sagesse que Sofia par rapport au fait d'avoir une bonne hygiène de vie. La belle âme doit nourrir un beau corps. La gourmandise est ennemi de l'arêté aquarienne.


Alors, il vaut mieux vivre de façon ascétique, sans goûter par gourmandise. Pourtant, Sophian n'est guère gourmand, il apprécie certes les bonnes choses, mais pourrait tout aussi bien se contenter d'un peu de pain, de poisson et d'eau. Le religieux est bien trop mystique pour se soucier de la seule saveur des aliments. Il est bien assez heureux de seulement vivre et prie toujours pour remercier les dons, que le grand courant lui offre. Il prie pour remercier les arbres qui portent les fruits qu'ils croquent. Il prie pour les animaux tués pour qu'il se repaisse de leur chair. Il prie autant qu'il remercie le cuisinier pour son labeur. Néanmoins, par eux celui qu'il remercie le plus est, toi, Watos. Oh, Watos, tu es la vie, Watos, tu es le créateur, il est naturel de te dire, chaque jour, merci. Le grand courant qui émane de ton essence nous offre nos lots de joies, nous donne le droit d'être heureux. C'est pourquoi, il est bon et saint de te louer pour ces bienfaits, oh, Watos. Toi, notre sauveur Ehol, tu nous l'as apprit. Tes mots résonnent en nous. Les cadeaux de la généreuse providence sont innombrables. Ils comblent nos âmes et nous poussent au bien. Le rire est de ces présents. Certains rigoristes le traitent d'horrible grimace, qui nous fait ressembler aux singes, mais ces pauvres hères se sont enfermés dans d'étranges dogmes. Le rire est humain, le rire est sentiment, le rire est divin. Lorsque que l'homme rit, son corps est pris d'agréables spasmes, le faisant sourire et gazouiller, son esprit est alors serein et amusé, car ce sentiment est aussi spirituel que physique, en vérité, ce sentiment touche même l'âme, sinon pourquoi pourrions-nous rire sans raisons ou dans le plus extrême des malheurs ? Il doit donc exister une raison cachée dans le secret de nos vies passées. Alors, pourquoi le rire serait-il contagieux? Le rire n'est pas une maladie, donc qu'importe toutes les pseudo-études ventusiennes, car seul Ehol sait combien d'études bizarres sur le corps humain ont été faites à ventus. Le rire n'est pas affaire d'anatomie, de physiologie ou de cette soi-disante science de la psychologie, qui prétend pénétrer le mystère des esprits et des âmes par quelques moyens inavouables.Le rire ne peut nous toucher que pour des raisons vraisemblables, mais liées à la métaphysique de l'âme, donc des sentiments humains.


C'est pourquoi, le Saint-Prêtre devant l'attitude forcée de Sofia et pour tant de raisons bienheureuses, connues et inconnues, ne peut de retenir de rire très légèrement, quelques instants. Ainsi, ses petites lèvres laissent échapper cet élégant pépiement d'oiseau bleu qu'il est. Celles-ci forment un grand sourire, laissant apparaître ses trois petites fossettes, une sur son menton et deux sur ses joues. Il est simplement en train de savourer ce moment de paix. Quoi de plus normal pour cet enfant? Ce genre de moment sont ses trésors, il les chérit. Dans ces moments de nonchalance et de repos, l'humour, le jeu ou la parodie deviennent sacrés. Même cette histoire de tarte devient religieux, alors qu'elle ne le devrait pas, car suivre la voie d'Ehol revient à chercher le bonheur et le bonheur ne s'encombre pas de notions de ridicule. Des lors, tout ce qui fait rire est bon, tant que cela ne fait pas souffrir les autres. C'est pourquoi, le lyrique et le sacré s'effacent. Sophian est simplement heureux. Il écoute avec attention les histoires d'Oraya et il demande d'un geste à Sofia de venir s’asseoir. Le garçon boit un peu de thé et regarde affectueusement les deux femmes, non sans répondre, mais il n'a toujours pas touché à sa part de tarte. Il attend Sofia.




Bonjour Sofia, ne t'inquiètes pas, comme tu me l'as déjà dit, je n'oublierai pas de me nettoyer les dents avec du miswak.

Dans tous les cas, je vais bien, merci Oraya, quant à ta présence, ce n'est pas nécessaire d'en parler pour le moment.

Profitons plutôt de cette tarte, toi aussi Sofia, vient prendre une part. Mangeons cette pâtisserie qu'a faite Anthéa.

La nourriture n'est jamais meilleure qu'avec ceux que l'on aime, alors bon appétit. Nous parlerons plus sérieusement, après.







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Mar 23 Avr - 16:00
Au final, les choses se terminaient ainsi. Au fond d'elle-même, Sofia l'avait toujours su, elle avait reçu tous les avertissements possibles, avait accumulé suffisamment d'expérience pour déceler ces pièges, vécu bien trop de moments de faiblesse et d'échecs pour ne pas vouloir y mettre un terme. Pourtant, elle s'était approchée. Comme un papillon attirée par la lumière elle n'avait pu se détourner de son destin tragique de brûler dans les flammes. Son coeur l'avait guidée sur un chemin dangereux, et désormais sa volonté venait de lui être retirée et, dans un mouvement de la mécanique des ascètes, parfaitement calibrée, elle s'assit avec grâce sur la chaise libre aux côtés de Sophian et d'Oraya.

Sophian et Oraya l'incitèrent une fois de plus à passer du côté des ténèbres, et Sofia céda, ne pouvant plus résister à l'appel de cette superbe tarte au citron. Une tarte, ce n'était qu'une tarte. Ce n'était qu'une tarte, mais il n'y a pas de plus redoutable ennemi qu'une pâtisserie, ni de plus tendre amante...

- ... Si c'est une pâtisserie d'Anthéa...

Sa main se déplaça lentement vers le morceau de tarte dont l'odeur douce imprégnait déjà ses narines, et Sofia mordit timidement dans le morceau; ses lèvres succombèrent immédiatement à la douceur de la crème, sa langue déposa les armes face à la pointe acide du citron et sa bouche toute entière tomba bientôt sous la domination de cet agent du mal.
Si les femmes possédaient un instinct très affuté, songea l'ascète, elles étaient certainement les créatures les plus faibles de la création face à la tentation. Et cette tarte était si bonne qu'elle se serait donnée toute entière à elle si sa conscience ne cessait de lui marteler le crâne jour après jour sur la nécessité de conserver sa ligne.

Ses actes ne s'accordant pas du tout avec ses pensées, la jeune ascète finit le morceau de tarte qu'Oraya lui avait découpé, et, une fois son cerveau rassasié en sucre, reporta toute son attention sur ses voisins de table. Anthéa préparait toujours ses plats avec amour, mais se préoccupait également du bien-être de ses consœurs: la tarte était donc assez peu calorique. Mais ce n'était en aucun cas une raison pour succomber maintenant!

- Comme toujours un vrai délice. Je me demande ce qu'elle peut bien nous préparer pour ce soir... Peut-être un ragoût?

En hiver, la chose ferait sens... Et oui, Sofia aimait les ragoûts. La chaleur bienveillante, le fumet vif et cette atmosphère des soirs de neige, ce froid naturel mis à mal par l'infinie chaleur humaine. Un plat qui faisait merveille en ces lieux, mais peut-être un peu lourd pour une fin de journée.
Sofia conserva le silence un instant, profitant simplement de la tranquillité des lieux, et s'essuya les lèvres à l'aide d'un chiffon qu'elle conservait sur elle. Le saint-prêtre avait parlé d'une discussion "sérieuse", peut-être devrait-elle les laisser seuls tous les deux après tout? Elle ne voulait pas les gêner, la politesse les avait enclins à l'accepter comme invitée, mais la jeune femme ne souhaitait pas en abuser.

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Ven 3 Mai - 22:08


~ L'ambiance était détendue et bon enfant désormais. Comme elle l'avait deviné Sofia appréciait la tarte au citron elle aussi. Oraya pensa que de doute façon il ne pouvait pas en être autrement de la cuisine d'Anthéa. Néanmoins une drôle de vérité s'imposa simplement à elle alors que la discussion se portait sur les probabilités de menu du soir. Le Saint Prêtre souriait. Rien de miraculeux ça non, mais progressivement Oraya se mit à percevoir son entourage d'un oeil neuf. Sophian avait su s'entourer de la crème des croyants. Jusqu'à preuve du contraire, aucune âme vivante en Albion ne pouvait se targuer d'avoir une foi aussi pure que celle du jeune garçon. Mais, toutes les personnes présentes au sanctuaire excellaient dans un, voir plusieurs domaines en plus d'être d'irréprochables fidèles d'Ehol. Cela était vrai, et Oraya venait tout juste d'en prendre conscience. Du coup elle se demanda quelle était sa place parmi ces gens doués. Tenait-elle un rôle particulier sans s'en rendre compte ? Était-ce un hasard si tant de gens compétents gravitaient autour du Saint-Prêtre ? Pour rien au monde la jeune ascète n'aurait remis en question son jugement non, mais simplement elle en cherchait la logique, le fil conducteur, le critère sous-jacent qui faisait que... Sophian était-il capable de sonder les âmes à son instar ? Ou bien était-il tout simplement tellement innocent et bienveillant qu'il acceptait tous ceux qui faisaient montre d''intérêt pour la foi ? Qu'en était-il d'elle-même ? Était-elle réellement venue de son plein gré ? Oui, ses souvenirs et ses sentiments allaient dans ce sens. Soit. Alors il semblerait bien que l'Amour d'Ehol ait le don caché de rassembler en son sein des gens de tous horizons en une grande famille. Voilà qui était assez nouveau pour la jeune femme. Après réflexion non, en Ventus le savoir et la science avaient un effet assez similaire, sauf qu'elle ne s'en était jamais rendu compte jusqu'à lors.

Elle reporta son attention sur le jeune homme... jeune garçon ? Quel âge avait-il déjà ? Treize ans... en effet il n'était plus du tout un jeune garçon, mais quoi donc alors ? Un adolescent ? Oui.
Oraya se sentit un peu mal à l'aise. Elle s'était déjà beaucoup occupée de tout jeunes enfants, mais pas d'adolescents. Quels souvenirs lui restait-il de sa propre période "ingrate" ? C'était assez flou en réalité, de plus Sophian n'était pas un enfant commun, comment le vivait-il ?
Tant de questions sur un simple sourire, s'il lui prenait l'envie de les poser à voix haute ses compagnons penseraient probablement qu'elle a perdu la tête. Pourquoi cet état d'âme et cette curiosité soudaine, presque malsaine, envers le Saint-Prêtre ? Elle sourit à l'assemblée mais persiste dans ses pensées vagabondes.

Puis tout s'éclaire, ce sont les émotions que dégage Sophian qui l'ont prise au dépourvu. Oui; c'était ça la réelle nouveauté. Oraya poussa une espèce soupir spasme de soulagement. Auparavant elle s'étonnait de l'aura émotionnelle du jeune homme, parfois atone à la limite de la froideur et parfois puissante, proche du fanatisme aveugle. À maintes reprises elle s'était questionnée sur la difficulté que pouvait avoir le Saint-Prêtre à les vivre au quotidien, mais il semblait toujours en avoir une parfaite maitrise. Et là... c'était une forme de légèreté, de satisfaction simple, sans fioritures aucune qui se dégageaient de lui. De la pure sincérité voilà tout. Et tant mieux ! Après tout le monde lui-même n'était-il pas la résultante d'une pulsion émotionnelle ?
Un bruit étrange la ramena progressivement parmi les siens, une cuillère qu'on pose et qui tinte contre la porcelaine. Elle reprit la parole pour ne pas laisser le silence devenir gênant.

"C'est vrai qu'on mange de la tarte alors que l'heure du couper n'est plus très loin. Je comptais me rendre en cuisine après cet entretien avec sa Sainteté, je transmettrai nos compliments à notre merveilleuse cuisinière. S'il vous en plaît ainsi."

La jeune femme leva un sourcil et dirigea son regard vers le sol, pas très sûre de la dernière formule qu'elle venait d'utiliser. ~


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Sam 4 Mai - 17:45





La scène paisible et pittoresque continue. Le Saint-Prêtre s'attaque à sa part de tarte en écoutant celles qu'il aime comme des sœurs. Il s'arme d'une petite fourchette d'argent, qu'il plante à la verticale dans la meringue d'albâtre. Puis, tout doucement, il fait exécuter un petit balancement à son couvert, pour découper élégamment sa pâtisserie. Une première lichette est faite, qui se fait aussitôt piquer. Après tout, elles ont déjà commencé, si ce n'est fini, leurs assiettes, lui les attendait simplement. Entre-temps, il reprend sa tasse et boit de nouveau une gorgée de ce délicieux or liquide. Non loin de là, un bel oiseau regarde. Il est assez imposant, quoiqu'à l'air vieux et fatigué. Son plumage brun et sombre est fait pour se cacher dans les arbres et la nuit, mais il n'a pas fier allure du haut de ses deux pieds et demi. Sincèrement, qui ne le serait pas avec un rythme de vie aussi décalé que le sien ? C'est un hibou, il fait encore jour, mais lui dort de nuit... Néanmoins, Archimède, tel est son nom, est le familier de l'éphèbe. Sa vie est bien étrange depuis que Sophian l'a adopté. Outre le fait de devoir être nourri, il doit toujours accompagner le Saint-Prêtre. Somme toute, il est maintenant posé sur quelques branches à l'attendre, discrètement. Le jeune homme le sait parfaitement, après tout, il s'est lié à cet animal blessé il y a quelques années de cela. En effet, ce dernier lui donnait l'impression de lui être redevable, ce qui signifiait que le Saint-Prêtre retrouvait régulièrement des cadavres de rongeurs à sa fenêtre. Quand bien même cette relation est absurde, il n'en voit pas le problème. Nous sommes dans un moment de pur plaisir, pourquoi chercher une logique à tout cela ? Au contraire, il faut laisser les choses où elles sont pour savourer ce petit bonheur. La pâtisserie a été savourée, sa tasse s'est vidée.

Désormais, il est temps de parler du souper de ce soir, ou d'autres petits détails de la vie de tous les jours. Cependant, une chose dérange une fois encore le garçon. Oraya le vouvoie. Non pas qu'il n'ait pas l'habitude, il y est forcé lors d'entretiens, de cérémonies ou encore de rencontres. Pourtant, il est en compagnie de celles qui le connaissent mieux que quiconque, qui le côtoient chaque jour. Une fois encore, il doit les reprendre à ce sujet. Il est vrai que Sophian déteste le vouvoiement, c'est une façon de s'exprimer si froid, si distante. Certes, il est polie et souvent de circonstances, mais il préférerait ne jamais l'employer autrement que dans ces quelques rares cas. C'est pourquoi, le jeune homme se lève, doucement, tranquillement, juste pour faire un pas. Un pas, qui, le rapproche d'Oraya. Son sourire reste aussi chaleureux, tandis que son regard, lui, indique une tendre remontrance, comme lorsque l'on apprend à un enfant ce qu'il doit faire dans un élan de paternalisme affectueux. Puis, il fait un second pas, qui, le rapproche de Sofia. Son sourire est encore plus chaleureux, tandis que son regard, lui, se met à la regarder elle aussi, pour l'inclure dans cette petite réprimande. Il est maintenant entre les deux femmes. Il soupire.


Ah, là, là ! Je vous l'ai déjà dit plusieurs fois. Oraya, Sofia ; vous n'avez pas à me vouvoyer lorsque nous sommes seul à seul. Je comprends pourquoi vous le faites, mais ici, nous sommes comme coupés du monde.
Il n'y a pas de manières à avoir et encore moins de pudeur.
Pour moi, vous n'êtes pas des servantes. Pour moi, vous faites parti de ma famille et une famille ne se vouvoie pas.
Je vous connais, vous allez m'écouter cette fois-ci, mais la prochaine fois vous allez recommencer. Cette fois, je vais devoir utiliser un petit sort sur vous.



Le Saint-Prêtre sait parfaitement ce qu'il fait. Il prend la main d'Oraya, la main de Sofia, puis tente de mettre leurs dos sur ses douces joues. Il les regarde d'un air malicieux, avant de déposer un très léger baiser sur chacune d'elles, ou bien leur en envoie simplement. Après tout, même si cela paraît quelque peu mesquin, le jeune garçon sait parfaitement que l'on le prend, encore, pour un enfant, alors autant encore être un enfant. Utilisons la douceur ingénue de sa candide apparence pour lancer une malédiction sur ces jeunes femmes. Plus jamais elles n'utiliseront le vouvoiement en sa présence, jusqu'à demain matin tout du moins. Thémis ne peut pas laisser un tel charme sur ses subalternes. Elle les guérira à coups de sermons et de discipline, parce que l'on ne tutoie pas Ehol et son représentant sur Albion. Quoiqu'il en soit, une fois la petite plaisanterie accomplie, il retourne nonchalamment à sa place, se resservant un peu de ce délicieux thé, continuant à se délecter de cette atmosphère chaleureuse.


Ah ! Oui ! La dernière fois que j'ai vu Anthéa, elle m'a dit qu'elle ferait un ragoût de poisson à la sauce tomate. C'est délicieux, j'espère que vous aimez autant que moi.





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Dim 12 Mai - 8:58
Sofia contempla avec plaisir la suite des événements, la discussion allait bon train dans une atmosphère bon enfant, et Oraya se risquait à employer des formules inhabituelles en langue ancienne. La jeune ascète ne pouvait que reconnaître à quel point son amie s'était améliorée au cours de cette année, tant dans la prononciation que le rythme de ses phrases; elle possédait encore plusieurs lacunes du côté des déclinaisons et de certaines formes, mais à force d'entrainement, sa maitrise finirait par se hisser au rang des natifs de la cité, elle n'avait aucun doute là dessus.
Toutefois, ces petits écarts de maitrise ne parviendraient pas à couvrir l'emploi de certaines formules. Oraya venait de s'adresser à Sophian en ces termes de "Sa Sainteté" et si le terme était couramment utilisé au sein de la cité, il avait une certaine tendance à disparaitre au Sanctuaire. Parfois. Même après plus d'une année à officier en tant qu'ascète, Sofia conservait quelques doutes quant à l'emploi du tutoiement ou du vouvoiement envers le Saint-Prêtre et la chef des ascètes, elle rusait donc autant de possible en incluant les vouvoiement à l'intention de groupes et en évitant l'emploi de pronoms... autant dire que la réussite en était parfois très sommaire.

Et comme elle l'avait pressenti, Sophian se leva et s'approcha d'elles, arborant une mine qui oscillait entre la bouderie infantile et la réprimande parentale. Il saisit leurs mains tout en leur expliquant à nouveau les règles du Sanctuaire - que Thémis balaierait à leur prochaine entretien, c'était une certitude - et se prit à embrasser leurs mains comme pour les envouter. Apparemment sa ruse n'avait pas réussi à duper le Saint-prêtre, et elle dû partager la réprimande - ou bien l'avait-elle inclue pour qu'elle ne soit pas jalouse de ce baiser dont seule Oraya aurait profité? Un étrange sourire naquit sur ses lèvres en songeant à cette possibilité, et elle se demanda durant une seconde s'il n'avait pas saisi le premier prétexte venu pour opérer ce baisemain... Non, il se doutait très certainement qu'il n'avait pas besoin de ce genre de choses.

- Voilà un sort des plus originaux... Je serai curieuse de savoir qui te l'a enseigné, demanda Sofia tous sourires aux lèvres.

Prenez un ticket, car toutes les ascètes sont ici nos suspects. Ce "sort" était surement une idée du jeune garçon - treize années de vie au sanctuaire, c'est une chose qui vous forme - mais la question en elle-même pouvait révéler de nombreuses choses, et Sofia était assez curieuse de savoir quel nom sortirait, si jamais un nom apparaissait. Elle tourna son regard vers Oraya, pour s'assurer qu'elle avait bien compris le message du Saint-Prêtre; bien que les tournures furent simples, le vocabulaire se trouvait un tantinet hors des canons d'apprentissage.

Une fois la petite réprimande passée, Sophian reprit sa place et la discussion au point où elle s'était arrêtée. Le diner du soir finalement dévoilé, s'avérait être un ragoût de poisson à la sauce tomate, et Sofia ne serait certainement pas celle qui s'en plaindrait.

- Je ne me souviens pas avoir mangé quoique ce soit qui ne fût pas délicieux ici. Ah, Anthéa a vraiment un don... Oh, mais au fait qui préparait la nourriture avant son arrivée?

Il était probable que Sophian ne s'en souvienne pas, mais durant un instant, Sofia s'était imaginée Thémis vêtue des habits de cuisinière pour préparer les plats des ascètes et de la sainte-prêtresse. Et cette vision valait toutes les tartes au citron du monde.

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Lun 27 Mai - 0:54

~ Oraya resta confuse un long moment après ce sortilège camouflé dans cet innocent baiser. Non pas qu'elle n'avait rien à dire, au contraire, ce qu'elle avait à dire était extrêmement important, du moins lui semblait-il que ça l'était. Encore heureux que la bonne humeur de Sofia était là pour freiner l'état émotionnel de la jeune femme. Il était une nouvelle fois question de gourmandise, le mystère du repas du soir était résolu, finalement Sofia avait mis dans le mil ou presque, ce serait bien un ragoût oui, un ragoût de poisson à la tomate. C'était une évidence, on ne pouvait décemment pas vivre dans une ville portuaire sans manger fréquemment le produit de sa pêche. D'ailleurs peut-être ce régime riche en produits de la mer avait-il des conséquences indirectes sur la capacité étonnante des gens de cette ville à tendre vers la sagesse et la simplicité.
Toujours était-il qu'Oraya hésitait à prendre la parole, devait-elle parler franchement, y compris devant sa consoeur ? De plus le sort, bien que gentilé, de Sophian allait l'obliger à le tutoyer et c'était là le sujet qu'elle voulait évoquer, outre le respect qu'elle se devait d'avoir envers le Saint-Prêtre, envers ce qu'il représentait surtout, il y avait une autre raison, bien moins formelle celle-ci, qui l'obligeait à garder ses distances avec lui.

Après avoir gardé un instant le silence, observant son homologue et calculant certaines probabilités, l'ascète rentra dans son rôle à proprement parler, celui qu'on lui avait confié sans ambages, sans sous-entendus ni mystères lors d'un de ces entretiens avec ses supérieurs. sans doute Sofia avait-elle reçu les mêmes consignes. Quoiqu'il en fût elle n'avait jamais reçu d'interdiction de l'évoquer, ce n'était peut-être pas un tabou après tout.
Ainsi prit-elle la parole dans un semi-hors sujet ;

"Je vais devoir m'exprimer en langue courante et je m'en excuse mais ce que j'aimerais te dire doit être dit en toute clarté et je ne peux pas me permettre d'hésiter sur les mots à employer. Sophian loin de moi, de nous je pense même, l'idée d'être autre chose pour toi que des proches. Soeurs, confidentes, enseignantes peut-être et complices nous le souhaitons. Mais, pour ma part en tout cas, je n'oublie pas que tu es un modèle pour tous les croyants. Une personne puissante, influente et admirée par beaucoup. Suffisamment pour que cela suscite la convoitise et la malveillance de bien d'autres. Et pour cela, pour le moment du moins, je garde juste une distance, désagréable certes, mais nécessaire, pour protéger tout ce que tu représentes aux yeux de ce monde. Tant que je n'aurais pas de certitudes sur l'ampleur des forces ennemies et ta conscience de ces ennemis, je ne peux pas me permettre de leur servir d'arme contre toi à mon insu. Je ne veux pas que tu te retrouves en position de faiblesse par ma négligence, qu'on me blesse pour te blesser ou que tu doives user de tes dons pour me protéger, même si je ne doute pas un instant de ta force, loin de là.

Donnez-lui tout ce que vous pensez pouvoir lui donner, donnez-lui le meilleur de vous-même car il n'en mérite pas moins mais surtout et avant tout, n'oubliez pas de le protéger, des autres, et si cela se révèle nécessaire, de lui-même.

C'est en ces termes que l'on m'a parlé de toi et du rôle que j'ai à tes côtés et c'est un honneur et une vraie fierté d'être ici car tu incarnes les plus belles choses de ce monde tu le sais et en te protégeant toi, nous les protégeons également. Je suis privilégiée Sophian, tellement de gens aimeraient être à ma place, ce respect un peu froid et la seule façon que j'ai trouvée de te prouver ma fidélité en attendant de pouvoir t'offrir mon affection sans danger. En attendant ce moment, sois assuré du plaisir que j'ai de ces moments partagés."


Encore un de ses célèbres discours prononcé sous l'effet d'un débordement émotionnel. Ses émotions étaient toute sa vie, son moteur, sa puissance, tout venait de là. Mais elle savait aussi pertinemment que ça la rendait faible et facilement manipulable sur ce terrain. Oraya sourit et serra les dents dans l'attente d'une réaction de ses compagnons de confession. Puis rapidement ajouta :

"Oh et, j'adore le poisson peu importe sa cuisson." ~

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Jeu 27 Juin - 13:24





Quelles étranges paroles dans la bouche d'Oraya, pense-t-il. Pourquoi parler d'ennemis? Pourquoi parler de manipulations? Cette ombre est pesante, terriblement pesante... Sa gorge est sèche, malgré le thé. Son cœur s'accélère. Ses yeux se teintent un instant d'une détresse terrible. Il s'agit de quelque chose, qui, le révolte et le désole tout autant. Pourtant, ce n'est pas ce, qui, le peine le plus. Son esprit n'arrive pas à comprendre cette réaction. Oui, il est deja bien trop tard pour tout cela. Il est trop tard pour ne pas être aimé du Saint-Prêtre. Il est trop tard pour ne pas être impliquée. Être ascète signifie bien trop de choses pour pouvoir changer ce fait. Blesser Themis revient à le blesser. Blesser Sofia revient à le blesser. Blesser Oraya revient à le blesser. Cependant, il ne faut pas voir là, dans l'envoyé d'Ehol, un favoritisme. Son âme n'est qu'amour pour tous. Le Grand Courant lui a offert beauté et pouvoir, mais son plus grand présent reste l'amour; un cœur qui adore toute la création et embrassant l'humanité entière. Blesser injustement un seul homme, aussi vil soit-il, blessera aussi Sophian. Alors, non, Oraya se trompe et ne peut pas comprendre. Ces ennemis invisibles, ces pêcheurs suivant le chemin du mal, plutôt que la vraie Voie, le jeune garçon ne les connaît que par le seul intermédiaire des livres.

Il ne les voit pas, ne les entend pas, ne les touche pas. Ces démons invisibles sont le seul tourment de ses nuits. Le jeune garçon souhaite les sauver tous, au nom de tout ce qui est bon. Pourtant, il ne peut pas. Ces hères ont tous des raisons d'agir ainsi, personne n'est méchant sans raison. Ils usent de la liberté donnée aux hommes par le créateur, ils sont mauvais et se font du mal, mais ils sont libres de choisir cela. Le Saint-Prêtre a-t-il seulement le droit de leur retirer cette liberté? Au nom d'Ehol et de sa foi, peut-il décréter savoir ce qui doit-être fait et ce qui ne doit pas l'être, avant d'y contraindre le monde? Ce ne sont que là quelques pensées du Saint-prêtre. Encore qu'il ne s'agit que d'une bien maigre parodie de ces tortueuses réflexions théologique. En effet, la liberté est un don du seigneur, le reprendre ou tenter de le contrôler est hérétique Il faut évaluer et comparer tant de choses. Oh! Séraphins! Puissiez-vous donner la confiance dont l'enfant a grand besoin. Nourrissez son âme de l'hydromel divin pour lui donner le repos et la certitude. C'est pourquoi les yeux du Saint-Prêtre se sont teintés un instant de détresse. Ce n'est pas une détresse pour soi, mais pour une personne qu'il aime. Cette détresse est le fruit de la surprise, de l'indulgence et de la sagesse du garçon. Sa souffrance s'enracine dans sa raison et ces fleurs écarlates font pleurer son âme.

Oraya s'égare. Rien de ce qui est dans ce palais ne sortira jamais. Rien de ce qui est dans ce palais ne le peinera jamais. Cette cage dorée nommée sanctuaire n'est qu'un moyen de l'isoler du monde. Pour la Sainte-prêtresse qui l'a éduqué, il s'agissait d'une protection. Pour le Saint-Prêtre, il s'agit du lieu dans lequel on entrepose un symbole sacré. Pour cela, il n'en veut à personne. Bien au contraire, il se sait bien faible face au monde, comme décalé. C'est son apitoiement personnel, cynique ou fou, qu'importe; ce qui doit-être accompli le sera. Le jeune homme acceptera sa destiné. La seule chose, qui lui est permise, est de croire. L'espérance est ce qui le soutient. Alors, laissons Oraya faire ses erreurs, laissons les ascètes faire leurs erreurs, laissons le monde faire ses erreurs.

Un jour, ils comprendront tous. Comprendre n'est pas apprendre, pourtant... Ehol puissiez avoir raison dans votre jugement de l'être humain. Quoiqu'il en soit, la jeune Sofia ne se tourmente pas ainsi, elle. Sa pureté et sa foi la guident de même que sa lucidité. Une ascète sera nécessairement une proche du Saint-Prêtre, car tel est le rôle de la fonction depuis la fondation d'Aquaria. Ces femmes chastes assistent et soutiennent en toutes choses. Alors, jamais, Oraya ou Sofia ne sera une étrangère ou une simple servante. Alors, peut-être, un jour, le Saint-Prêtre sera assez fort et mâture pour accomplir son plus grand désir. C'est par leur soutien, qu'il tentera de sauver le monde. Il ne répondra pas, au lieu de cela, il termine sa tasse de thé et continue la conversation comme si de rien n'était.



Pour te répondre Sofia, en ce qui concerne le sortilège, il s'agit de Bonten, pour la cuisine, je ne sais pas vraiment. Je ne m'en souviens pas. Cependant, je suis sûr que Themis s'en souviendra.

Cependant, parlons un peu de vous, si vous le voulez bien. Après tout, nous avons tout notre temps ici, à discuter tranquillement et à apprécier cet instant présent. J'aimerai encore mieux vous connaître.








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Dim 30 Juin - 7:38
Oui, la cuisine du sanctuaire était un véritable délice. Manger de tels mets au quotidien tandis que des enfants meurent probablement de faim dans quelque pays étranger pouvait être considéré comme un immense privilège. Se refuser à embrasser la chance qui lui était offerte au nom de quelque principe moral ou d'équité, aurait été aux yeux de la jeune femme le pire des crimes. Sofia avait accepté depuis longtemps le fait que ce monde n'était pas égal, que la volonté du Grand Courant avait façonné ces terres ainsi comme les flots impétueux dessinent les côtes. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de sentir une pointe de culpabilité monter en elle à chaque bouchée et à chaque jour qui s'écoulait dans la paix; son monde était trop ordinaire et paisible, trop heureux peut-être, mais justement, pour cette raison même, il était de son devoir de profiter de ces jours et de contribuer à les enrichir. Répandre le bonheur autour de soi était la première et la seule étape vers la compréhension mutuelle et la paix, elle en était convaincue.
Dans son âme, elle se sentait irrémédiablement attirée par l'altruisme. Elle sentait ce besoin d'aider, encore et toujours, et si elle n'avait pas croisé ce jeune homme, peut-être aurait elle embrassé le chemin de prêtresse voguant sur le continent. Mais telle chose eut-elle été plus 'productive'? Peut-on décemment mesurer chose aussi précieuse que le bonheur? Considérer que certaines personnes le mérite plus que d'autres?

Ah, elle se perdait encore. La discussion continuait son cours et elle fut une fois de plus absorbée dans ses pensées, décidément ce genre de choses arrivait souvent... peut-être un peu trop. Sofia parvint à reprendre ses esprits au moment critique où Oraya avait pris la parole, peut-être à cause du changement de langue. La jeune ascète leva un sourcil surpris à ses mots - ceci étant bien sûr une image, Sofia n'avait jusqu'à présent jamais réussi à lever un sourcil sans lever les deux à son grand désespoir - et sa surprise se transforma rapidement en inquiétude et une pointe d'indignation. Parler de telles choses en face du Saint-prêtre! N'avait-elle aucun sens commun? Sofia s'apprêta à l'arrêter, mais songea qu'un conflit de cette nature entre les ascètes risquerait surement de perturber Sophian, ou dans le meilleur des cas, de le rendre curieux à propos de quelque chose qu'il fallait mieux ignorer.
Sofia lança un regard plein de reproches à Oraya, qui indiquait plutôt clairement sa pensée, et reporta son attention sur Sophian. Elles auraient une petite discussion à ce sujet plus tard.

*Et ne pense pas t'en tirer en parlant de poisson...*

Sagesse ou incompréhension, Sophian décida de laisser couler ces remarques et répondit à sa question. Et comme si toutes les ascètes à l'esprit tortueux ne suffisait pas, voilà que Monseigneur Bonten s'amusait à lui enseigner ce type de tours. Ah... cet homme n'était qu'un mal de tête interminable. La jeune Alba n'était pas en position de critiquer les choix du clergé, mais pour l'amour d'Ehol que faisait-il à la tête de l'Eglise?
Sofia lâcha un bref soupir, et aussitôt qu'il eût fini sa phrase, elle s'empressa de prendre la main pour lui répondre.

- Je dois avouer que je suis aussi curieuse. Malgré tout le temps que nous passons ensemble, nous avons peu parlé de ce genre de choses, comment était ta vie avant de nous rejoindre, Oraya?

Ah, voilà qui était mérité! Sofia n'avait guère envie de partager ses expériences dans l'immédiat, et elle était effectivement curieuse... Et si cela lui permettait d'éloigner la conversation de certains éléments désagréables, tout en embêtant sa chère collègue... Et bien, elle nourrissait trois enfants avec un seul pain!

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Lun 1 Juil - 2:33


~ Oraya n'avait pas réussi à parler calmement, les choses qu'elle avait vues et vécues étaient trop profondément ancrées en elles et trop réelles pour être exprimées à demi-mots. La passion ne tolère pas les demi-tons ou les demi-mesures, auquel cas elle en devient médiocre et indigne de ce nom. Être ascète et passionné n'allait malheureusement pas toujours de pair. Mais elle savait que l'ignorance était une des premières causes des blessures de ce monde et elle en avait assez de l'hypocrisie humaine. Taire la vérité n'allait pas le rendre moins vrai, aussi n'allait-elle pas se taire lorsqu'elle savait clairement que ses propos, même dérangeants, étaient vrais. Le danger était bien réel.

Ce qu'elle regrettait le plus en cet instant, c'était de ne pas se sentir suffisamment à l'aise avec ses congénères pour leur poser les mille et une questions qui lui trottaient dans la tête. Mais qu'à cela ne tienne, les réponses viendraient forcément d'elles-mêmes en temps voulu pour peu qu'on se donne la peine de les chercher. Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir dit-on et la vue de la jeune femme était excellente malheureusement. Sophian ne cessait de l'étonner et d'embraser sa  curiosité avec ses réactions si calmes et aimantes. La seule idée que quelqu'un puisse abuser de cet amour lui rongeait le coeur.

Au-dessus de tout ce tohu-bohu un doute vint se percher : allait-elle un jour s'habituer à toute cette incompréhension ? Et surtout, était-ce vraiment bien important ?
Bien sur que non, mais tant pis, elle savait ce qu'elle avait à faire de toute façon et le ferait sans se demander un instant qui en penserait quoi. Agir elle aimait ça et être en paix avec ses convictions également, cette réflexion faite, elle constata que tel était le cas présent et aussitôt son tumulte intérieur s'apaisa. À moins que le Saint Prêtre n'y soit pour quelque chose, auquel cas, elle ne le saurait pas et elle n'y pouvait rien.

Un sourire naquit sur ses lèvres et elle planta son regard amusé dans celui de Sofia avant de répondre à sa question tout bêtement : "Merveilleuse ! " Puis elle pencha la tête pour s'enfouir dans sa myriade de souvenirs et réfléchit au morceau qu'elle pouvait partager et qui aurait pu l'intéresser elle aussi, car d'habitude Sophian était son seul auditeur. Elle reprit sur un ton clair et enjoué : "J'ai rencontré des tas de gens aux personnalités terriblement complexes, et pourtant en chacun d'eux j'ai pu, petit à petit, établir une sorte de schéma humain de base, les critères à prendre en compte sont de l'ordre de la dizaine au départ, mais ensuite, pour chaque cas unique, ils se multiplient par centaines de facteurs et de possibilités supplémentaires.
Par exemple, les gens de Terra sont comme leur pays, chaleureux et solides. Les ventusiens eux, sont remplis de savoirs en pagaille, et très peu en réalité, savent utiliser à bon escient toutes ces informations qu'on leur donne. Beaucoup de choses se perdent malheureusement et, chez les plus orgueilleux, le savoir ne sert qu'à être étalé, comme on étale sa richesse en Ignis pour démontrer sa force et son pouvoir. Les gens d'Aquaria, ma foi... au premier abord j'ai pensé que j'étais dans une cité entièrement peuplée de religieux. Puis j'ai vu les enfants... Eux en revanche, qu'ils soient du nord, du sud, de l'est ou de l'ouest, ils sont tous pareils. Dans leur façon de regarder le monde s'entend. L'innocence et l'enfance sont clairement des attributs étroitement liés. J'ai vu dans les yeux des enfants d'Aquaria la même lueur que dans ceux de Terra ou de ventus. la même faim de vivre, et surtout de vivre en paix. "


Oraya marqua une pause volontairement ici, elle n'avait pas perdu son sourire, au contraire, évoquer ces souvenirs ranimait en elle un feu de joie et d'espoir. Comme elle aurait aimé pouvoir transmettre ses émotions en même temps, comme elle les vivait avec ses auditeurs. Elle avait décrit les grandes lignes de sa vie, si un détail devait être éclairci il n'y avait qu'à demander, car plus que toute la jeune femme savourait le plaisir d'un savoir partagé. ~


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Jeu 4 Juil - 15:11




Qu'est-ce que l'être humain ? Voici ce à quoi, semble vouloir s’atteler la jeune ascète Oraya. Tout d'abord, elle en énonce la diversité générale, avant de prendre les nations au cas par cas. Pourtant, elle en revient à un point les enfants sont tous les mêmes. Pour le Saint-Prêtre, ceci est une analyse originale, quoique manquant de substance. En effet, elle considère que les enfants ont tous un potentiel inconnu, mais aussi les même aspirations. Qu'il serait bon que le monde soit ainsi, mais qu'est-ce qu'il serait terrifiant selon le jeune garçon. Après tout, pour comprendre cette conclusion intérieure, il est nécessaire de revenir à la création de la première femme Ève. Watos, au commencement de la création, par ses mots, a créé l'essence humaine avec ses qualités et ses défauts. Puis, pour faire disparaître la solitude d’Ève, Adam est venu au monde. Adam, lui aussi, possédait cette même essence humaine. Parce qu'ils étaient semblables et avaient les mêmes désirs, ils se sont aimés et le fruit de leur union se nomme humanité. Toute l'humanité est liée par cet héritage commun ; l'essence humaine est universelle chez les femmes et les hommes. Ainsi, au regard du Grand Courant, tous sont identiques. Alors, pourquoi, les hommes peuvent-ils devenir différents ? La réponse est simple. La réponse a pour nom destiné. Les hommes naissent tous égaux, mais certains ont plus de talents que d'autres. Dès lors, ne sont-ils pas différents ? Leurs essences ne sont-elles pas différentes ? Au sens, où la nuance entre ces dernières est fine, mais tenace et ne fera que s'accentuer avec le temps.


La puissance et le savoir formeront un gouffre entre les hommes. D'autant que la civilisation humaine les changera tout autant. Donc, tous les hommes sont semblables et différents. Existe-t-il seulement un dénominateur commun pouvant tous les rassembler ? Peut-être le plaisir, peut-être l'amour peut-être le bonheur, ce sont là des possibilités. Pourquoi les hommes feraient-ils le mal, si ce n'est par espoir de trouver quelque chose ? Pourquoi les hommes feraient-ils le bien, si ce n'est par espoir de trouver quelque chose ? Cet espoir est un levier, un moyen de pousser l'homme en avant vers son destin. Malgré la liberté humaine, l'essence gravée à la naissance ne saurait disparaître. Les nuances dans chaque homme s'additionnent afin de leur donner une identité, une mission et une place. Il est possible de s'en détacher partiellement, pourtant, il est impossible d'y échapper. Comme l'eau de la rivière face à un barrage, le cours de la vie saura se détacher de cet obstacle. Même si les hommes naissent tous avec deux bras, deux jambes et une tête. Même s'ils partagent la même essence. Même s'ils expriment de dix milles façons la même chose... Il est impossible que les hommes soient semblables à la naissance. Le Grand Courant veille à ce que cela n'arrive pas, afin que l'ordre du monde soit préservé. Après tout, il est nécessaire que des hommes soient subordonnés à d'autres pour être unis, de même que toute l'humanité devrait-être soumise aux paroles d'Ehol, aux actions des Seraphins et à la volonté de Watos.


C'est là, encore, un des prismes du Saint-Prêtre sur l'humanité. Pourtant, ce mandat céleste s'est sabordé de lui-même au début de la création. En offrant le fruit interdit de la liberté aux hommes, le tout-puissant a détruit son édifice de raison absolue. Devrait-t-on le blâmer ou l'adorer pour cela ? C'est à chacun de répondre à cela, à sa manière. Cette liberté est autant féconde de bienfaits, que de méfaits. Après tout, l'innocence des enfants, celle qui les rend souvent plus libre que les adultes, est parfois bien cruelle face à ceux qui sont différents ou plus faibles... De même que la naïveté des uns peut se révéler dangereuse pour leur sagesse. Le Saint-Prêtre, malgré toute sa pureté, est bien conscient de cela. Il reste, pourtant, prudent, ce ne sont là qu'un constat issu de ses livres et ce genre de jugement ne saurait être universelle, mais pourrait bien être une généralité. Après tout, peut-il se comprendre lui-même avec ce cadre d'analyse ? Il ne le sait pas. Il ne sait même pas comment étaient les autres enfants de son âges, alors que ces derniers jouaient gaillardement dehors. Rien de tout cela n'est certain, il ne peut que douter et chercher la vérité. C'est pourquoi, il boit les paroles de la belle ascètes aux cheveux sombres. L'éphèbe la regarde, avec ce regard curieux et pétillant, comme s'il attendait la suite en la remerciant de ses paroles. Ce garçon sourit tout en redessinant, de façon presque malicieuse, les traits du visage de la douce avec son regard. Ne sont-ils pas là pour être ensembles et heureux ? Cependant, il ne doit pas non plus négliger Sofia, ainsi son sourire lui est-il aussi adressé.



Oraya, pourrais-tu me parler un peu plus de toi ? En vérité, tout ce que tu dis est très intéressant, pourtant, j'aimerai savoir, comment était ta maison ? Comment était ta vie, à toi, réellement. Je m'excuse d'être aussi maladroit, pourtant... J'aimerai mieux te connaître, non, je veux te connaître.








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Lun 15 Juil - 11:47
D'une manière tout à fait inexplicable, la conversation venait de prendre une toute nouvelle ampleur. La jeune ascète ne s'étendit pas sur sa vie passée, mais sur ses différentes expériences, les intégra dans un plan de reflexion plus grand afin de tracer un parrallèle entre les différentes nations et les êtres humains. C'était pour le moins... inattendu. Et très Ventusien. Cette manière de penser le monde par le doute et la comparaison était surement ce qui faisait la force de la nation des vents ainsi qu'une précieuse partie du caractère d'Oraya.
Sofia avait énormément de mal à adhérer à ce genre de penser. Les émissaires eux-mêmes ne s'étaient jamais targués d'avoir percé le mystère humain, et elle pensait fermement qu'aucune case, aucun plan ne pourrait jamais les classer. Tous les êtres sont différents, chacun possédant sa propre essence évoluant dans le monde comme une feuille à la dérive sur le Grand Courant. Et pourtant tous les êtres sont semblables, humains comme magiciens, des créations si imparfaites qu'elles en frôlent la perfection, une multitude d'êtres unis par leurs âmes, aspirant au bonheur.

Oui, les enfants sont une chose merveilleuse. Sofia distinguait aisément l'ombre de la guerre dans les propos de sa consoeur, elle aussi était angoissée, inquiète de l'avenir du monde. Quel tournant pourrait prendre les Grands de ce monde, quels choix opéreront-ils? Et quel devra être le rôle du chef de l'Eglise, du dirigeant d'Aquaria, de leur cher et tendre protégé, si quelque chose venait à se passer? Ces questions elle les avait retournés encore et encore dans son esprit, sans jamais trouver de réponses. Mais aujourd'hui n'était pas jour de déprime ni de noires pensées. Sofia était parvenue à passer un peu de temps en compagnie du Saint-prêtre, et cela suffisait amplement à dissiper tous ses doutes.

Elle suivit avec attention la réaction de son protégé et fut agréablement surpris par sa demande. Incertaine, hésitante, et pourtant si forte et si profonde. Le ton de sa voix l'envoutait à chaque instant, et sa démarche maladroite ne le rendait que plus adorable. Elle l'aurait presque croqué.

- Oh...

Sofia sourit, ses lèvres s'arquant dans une courbe des plus malicieuses. Comment était-il possible qu'un être aussi sage puisse être aussi innocent... La mystérieuse lumière du Saint-Prêtre ne cessait de lui révéler jour après jour de nouveaux secrets. Profitant du petit temps de latence laissé par Oraya, elle jeta un regard espiègle à Sophian et s'empara du dernier bout de tarte qui aurait pu devenir le refuge de la jeune femme. Oui, il s'agissait d'un enfant, de l'innocence et de la bonté dans son état le plus pur. Mais qui resterait insensible à ces mots?

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~ Les paroles de Sophian la touchaient plus qu'elle n'aurait aimé. Quand les sentiments s'en mêlent il est très difficile, voire presqu'impossible d'être objectif, or, la quête de la sagesse nécessitait une objectivité quasi sans faille... Vraiment ? Était-ce réellement là, la seule condition pour aspirer à la paix intérieure ? Qu'avait-elle appris d'autre ces dernières années ? C'était juste là, au bord de sa mémoire... La vérité oui c'était cela dont elle se souvenait, qu'avait-il dit à propos de la vérité... "L'homme avisé choisi le plus court chemin vers la paix intérieure, accepter ce qui est, tel est le plus court chemin." Alors qu'en était-il de ses liens avec le monde ? Pourquoi les craindre au point de les nier ?

Voilà que désormais elle n'avait plus qu'une envie, se lever et cajoler cet étrange bout d'homme aux traits angéliques. Définitivement ses émotions auraient toujours le dessus sur tout. Mais elles étaient la garantie de la réalité de sa vie. "Je ressens donc je suis." une doctrine originale qui la faisait sourire. Alors comment était sa vie, avant ? Ainsi commença- t- elle son récit :

"J'ai grandi dans une charmante maison en périphérie d'Omnia, capitale du pays de la science Ventus, mes parents ne sont ni très riches, ni pauvres, il y avait un petit jardin qui faisait le tour de la propriété, avec une balançoire à l'arrière où j'ai passé des heures à m'étourdir le coeur. J'adore la maison de mes parents, je suppose qu'il en va ainsi pour tous le monde ou presque, le plancher est en bois sombre, il y a un grand salon avec de grandes fenêtres, des tapis douillets, des canapés et fauteuils en velours vert et de grands rideaux assortis, ma mère brode un peu de temps en temps, elle fait des napperons pour apporter sa touche à la décoration, il y a aussi une grande cheminée avec un âtre en pierre grise, au plus froid de l'hiver nous utilisons la technologie pour nous chauffer, mais quand le temps est doux nous faisons de vrais feux devant lesquels j'aimais me prélasser après mes devoirs quand j'étais petite."

Petite pause et petit soupir de satisfaction avant de reprendre :

"Je pense que j'ai grandi dans une bulle, un cocon de sécurité, d'insouciance, de douceur et de bienveillance. Je suis fille unique, je ne sais pas si mes parents ont cherché à avoir d'autres enfants, je n'ai jamais eu l'impression qu'il fallait aborder le sujet. Peut-être l'ont-ils voulu, peut-être pas... En tout cas je suis une enfant gâtée."

Avait-elle jamais grandi ? Dans sa tête Oraya était toujours une enfant, elle chérissait ce qui lui restait d'innocence.

"J'avais cinq ans lorsque j'ai rencontré le père Maurillo, il a apporté à ma vie une chose dont j'ignorais jusqu'à l'existence, une chose dont je peine encore par moments à comprendre, il m'a parlé de la foi, il m'a parlé d'Ehol et de ses apôtres, il m'a parlé de l'homme, de sa capacité à aimer et à être bon. Sur le moment j'ai trouvé ça génial, parfait et je me suis dit que plus tard je voulais être comme lui et rencontrer tous ces gens."

Son sourire se ternit au souvenir de quelques déceptions mais ne s'effaça pas.

"Oh bien sur, je ne suis pas partie si jeune vous vous en doutez bien non, j'ai continué à grandir normalement, à l'abri du monde, j'ai découvert les troubles et les doutes des adolescents et le poids des responsabilités du monde des adultes, mais toujours dans leurs contours, jamais en profondeur. A vrai dire quand j'y repense, c'est comme si les années n'avaient fait que glisser sur moi, je n'ai eu aucun point d'ancrage émotionnel jusqu'à mon premier vrai voyage en solitaire. Je me suis rendue à la capitale pour tenter ma chance dans la plus prestigieuse des universités d'Albion, en tant que ventusienne c'était la voie logique qui s'offrait à moi. Par la suite j'ai appris que c'était aussi une chance que tout le monde ne pouvait pas s'offrir... Je me demande parfois, à quoi ressemblerait notre monde si toute la technologie utilisée en Ventus était accessible aux quatre coins du continent..."

Elle fronça les sourcils puis chassa rapidement cette idée pour reprendre son récit.

"Alors où en étais-je ? Ah oui, mon premier voyage ! Mais peut-être en avez-vous assez entendu ? Quelle heure est-il ? Je suis une grande bavarde il paraît, enfin, on me le répétait souvent étant petite et j'avoue ne pas m'en rendre compte."

Elle sourit de nouveau, la confusion et la gêne pouvaient se lire sur son visage.



[HRP : Vraiment désolée pour la loongue attente, j'espère que vos vacances ont été bonnes ! Note à moi même : ne plus poster les week-end, il se passe toujours des trucs partout, la semaine c'est bien plus calme, souviens-t-en tête de linote ! /HRP]

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Sam 7 Sep - 19:39




Les sentiments sont des trésors qu'il faut chérir. Ces passions douces ou puissantes sont au cœur de notre humanité. Il s'agit de guides, qu'ils soient bon ou mauvais, toujours qu'il s'agit de guides... Bon nombre d'élites ou encore de personnes instruites pensent, à tord, que ces émotions sont un frein à la sagesse, que seule la raison est bonne. Cette pensée ventusienne est mutilante. Ehol, le sauveur, nous l'a montré, nous l'a apprit. Il a montré la Voie par ses actes et ses envoyés. Après tout, ses quatre compagnons ne tiraient-ils pas un pouvoir infinie d'émotions ou de manières d'être ? Justice... Honneur... Colère... Altruisme... Il n'est rien d'objectif, tout est subjectif. La raison peut être une bonne chose, mais est-il purement raisonnable de toujours aider son prochain ? Bon nombre de personnes diraient, alors, que cela dépendrait du cas. Donc, qu'il n'est pas raisonnable de toujours aider son prochain, si un cas diffère. Ainsi, si la raison est une logique épurée, dénuée de sensibilité, ne serait-ce pas de l'égoïsme ou de l'indifférence justifié par le fiel ? C'est pourquoi, non, nous ne devons pas abandonner cette part de notre essence, ces émotions conférés par le Tout-Puissant. La vraie sagesse est une chose difficile à saisir. Il n'existe, donc, pas de véritables « sages » en ce monde, car celui, qui, se proclame sage n'est souvent qu'un crapaud gonflé de pédanterie. De même, s'il devait exister un sage, ne serait-il pas tyrannique ? Ne dirait-il pas simplement des maximes ? Est-ce là, la vraie sagesse ?

Non, en vérité le sage est un ami de la sagesse, un philosophe. Il use de son esprit critique et encourage ses semblables à faire d'autant. Ses arguments sont bons et son expérience de la vie est unique. Il semble nécessaire de vivre au contact du monde pour le comprendre et acquérir cette forme de sagesse. Ce n'est un savoir livresque ou encore de simples suppositions logiques, qui, peuvent remplacer cela. Sophian pense de cette manière, il ne considère aucunement sage ou même philosophe, il n'est qu'un dévot protégé du monde... Cela ne le dérange pas, mais cela le pousse aussi à être aussi curieux. Si le Saint-Prêtre ne peut vivre normalement, alors, il questionnera les autres, pour les comprendre et tirer sa propre expérience. Ses oreilles sont attentives, ses yeux brillants et son sourire enjoué. L'enfant dévore chaque mot, chaque pensé. Son esprit dissèque et disserte. Bien qu'elle ait dit ne pas venir d'une famille riche, elle le semble bien. Cet accès à cette « technologie », ce concept qu'il ne comprend qu'avec peine, ou encore son loisir, sa façon d'être. Cela va à l'encontre de la dure réalité ventusienne, dont, il a entendu parlé pour les classes lésées. En tant que Saint-Prêtre, il sait parfaitement à quel point l'Eglise est active dans ce pays. Orphelinats, hôpitaux ou encore dons de nourritures, tout cela fait parti des dépenses annuelles qu'il se doit de lire. Ce pays est impitoyable avec sa population, le jeune enfant pense souvent. Comment être aussi prospère et laisser tant de gens dans l'indigence ? Ne pas partager un idéal d'égalité parfaite est une chose, mais ne pas vouloir éliminer la misère humaine en est une autre.

Ventus est le pays, qui, inquiète le plus le chef de l’Église. Il ne comprend pas pourquoi, mais il l'inquiète encore plus qu'Ignis. Certainement à cause de cette hypocrisie... Un pays de liberté où tout est possible, qui, se prétend poursuivre vérité et justice. A moins qu'il ne s'agisse de cette mystérieuse « technologie » qu'il ne comprend pas. Il cache ses sentiments. L'éphèbe ne veut pas briser ce moment, même s'il doit, aussi, poser des questions. L'enfant cherche à comprendre ; la compréhension mènera au dialogue. Il s'en persuade. La dernière phrase d'Oraya, pourtant, le rend, encore, un peu plus nerveux. Comment imaginer répandre cette « technologie » ? Cela le sidère, presque, le monde n'en a pas besoin. Le Saint-Prêtre craint cela, car il ne connaît pas les tenants et aboutissants de ce que recherche Ventus. Alors, imaginer une propagation de ce, qui, fait la fierté de cette nation à tout le continent... Quoiqu'il en soit, il avale sa salive anxiété. Il fait cela le plus discrètement possible. Il semblerait que l'ascète souhaite repartir sur un sujet plus léger, mais elle semble connaître de façon superficielle la « technologie » ventusienne. Par ailleurs, que dire à Sofia, elle est tout aussi muette que lui... Un dur choix s'offre à l'enfant. Doit-il satisfaire sa curiosité ou bien laisser perdurer l'insouciance ? Pour le temps présent, laissons quelques liens se renforcer, car il pourra toujours demander des réponses plus tard à Oraya.


Ne t'inquiète pas Oraya, ce que tu dis m'intéresse énormément. Désormais, je te comprends un petit peu mieux qu'hier et il n'y a là pas plus grande joie à mes yeux. J'aimerais t'écouter d'avantage, tout comme j'aimerais en apprendre plus sur toi aussi, Sofia. Après tout, quoique tu en dises Oraya, vous m'êtes déjà précieuses.







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Ven 27 Sep - 14:27
Une belle leçon de vie. La jeune ascète parvenait sans mal à se confier au Saint-prêtre comme une jeune fille rapporte à ses parents le récit d'une journée ordinaire et pourtant si spéciale à ses yeux. Elle déliait chacun de ses mots avec un tel rythme et une telle joie que la langue ventusienne sur ses lèvres semblait un chant céleste à l'orée du jour. Oraya était si honnête et simple qu'elle en devenait formidable... peut-être était-ce pour cette raison qu'elle avait été choisie ?

Il était tout de même étrange d'écouter cette histoire, celle d'une enfant de Ventus ayant grandi dans le luxe et la richesse, intelligente et promise à un grand avenir qui finit par suivre les pas d'un prêtre et se laisser conduire en Aquaria. Qu'avait-elle vraiment abandonné, et qu'avait-elle découvert? Pouvait-on à ce point tomber amoureux d'un pays, d'une foi, pour délaisser ses racines et entreprendre un tel voyage loin des siens. Oraya parlait de ses parents, de sa mère, de sa maison, elle en parlait avec émotion, elle en parlait au présent. Ainsi ils vivaient toujours loin d'elle, en Ventus, et bien que les deux pays fussent alliés, Sofia se demandait ce que pouvaient bien ressentir la mère et la fille, ainsi séparées d'une frontière.

- Je ne pensais pas que tu avais autant d'attaches... N'est-ce pas difficile? De vivre ainsi loin des siens, dans un autre pays...

Bien sûr, il y avait tout un monde entre "vivre dans un autre pays" et "devenir une ascète" qui était l'une des positions les plus respectées de la cité blanche... Mais ce genre de choses entraient-elles vraiment dans l'équation de la nostalgie ? Sofia ne pouvait pas s'empêcher de ressentir un certain malaise face à cette vie loin des siens. Peut-être parce qu'elle était Aquarienne de naissance et n'avait presque jamais quitté sa cité ? La jeune ascète ne parvenait pas à comprendre ce choix.

Il y avait tant d'autres questions qui lui brûlaient les lèvres et tant d'autres qu'elle se retenait de poser. Comment ses parents réagissaient-ils au fait que leur fille vive à l'étranger? Comment comprendre qu'elle a tourné le dos à l'éducation ventusienne pour finalement plonger dans celle des clercs? Sofia ne connaissait que peu les Ventusiens et ne pouvait de toutes évidences pas se fier à des impressions, mais pour ainsi accepter que leur seule enfant quitte leurs terres et s'aventure dans un pays aux coutumes si différentes... Ils devaient vraiment être formidables.
Ou c'était tout le contraire, mais Oraya avait une manière de parler de ses parents si naturelle qu'elle balayait instantanément cette possibilité. Quand bien même, il n'était pas en son droit de s'enquérir de ce genre de choses.


HRP: Désolée du retard de post, je tâcherai d'être plus présente =p
J'ai supposé que tu parlais en langage courant Oraya, puisque tu avais changé de discours un peu plus tôt, donc si c'est le cas Sofia a surement poursuivi dans cette langue aussi.

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Dim 10 Nov - 2:23



~ La chaleur d'un moment paisible comme celui-ci parvenait sans mal à faire oublier à Oraya, la fraicheur, pourtant de saison, de cette fin d'après-midi. Sofia avait fait une remarque et posé une question pertinente à la jeune femme, mais à laquelle elle ne s'attendait cependant pas, alors elle lui répondit tout simplement :

" Je ne sais pas si c'est beaucoup, ni même si c'est réellement des attaches, maintenant si j'y réfléchis sérieusement je te dirai que, je dois probablement vivre dans le moment présent. Sans trop souvent me retourner sur mon passé, ni trop me diriger vers l'avenir, car je pense qu'ils seraient des poids supplémentaires à porter un peu inutilement. Mon passé est écrit, mais je ne sais rien de l'avenir qui m'attend et du coup je m'impose de ne pas y réfléchir pour ne pas m'angoisser sur quelque chose que je ne maitrise en rien. Chaque jour je sais que mes parents vont bien, même s'ils sont loin de moi, je sais également qu'ils viennent deux fois l'an en été et en hiver, car ils adorent Aquaria et sont ravis de pouvoir y passer des petites vacances. Pour mon quotidien et bien je me préoccupe surtout de savoir si je pourvois correctement à mes besoins primaires, et ensuite je me consacre à améliorer mes connaissances et mes facultés en espérant pouvoir me rendre utile grâce à tous ces efforts... Oui voilà ça m'est plus aisé de vivre un jour à la fois pour être entièrement à ce que je fais, sinon je suis volage. Pour le dépaysement par contre, je connaissais déjà un peu Aquaria, ainsi qu'un peu de Terra, mon premier pèlerinage m'a appris en quelque sorte à me sentir chez moi partout, enfin là où il n'y a pas de danger bien entendu. Je me sens bien quand je me sens utile en fin de compte. Pour finir je t'avouerai que ce mode vie fait que je n'ai jamais réfléchi à la vie que je mènerai actuellement si je n'étais pas partie de chez moi. Je n'étais pas vraiment disposée à faire de longues études, j'aime bien les enfants comme je le répète souvent, j'aurais probablement cherché un travail dans ce domaine, ou peut-être dans un restaurant, comme aide par contre, parce que je n'ai aucun vrai talent pour la cuisine !"

Oraya s'arrêta pour rire d'elle-même au souvenir de certaines tentatives culinaires. Elle sourit à Sofia car elle lui était reconnaissante d'avoir posé cette question. Puis elle revint à Sophian car elle avait oublié de préciser un détail essentiel. Ainsi reprit-elle :

"Et puis surtout il y a toi. Quel plus grand honneur et plus grande satisfaction que de savoir qu'on est au service du bien ? Je ne sais pas comment c'était pour toi Sofia, mais moi j'ai senti la présence de Sophian avant même de savoir qu'il était là et quand j'ai vu son visage j'ai su qui il était avant qu'on me le dise. Tu dégages quelque chose de formidablement attractif, une aura puissante mais qu'on devine bienveillante. Je me suis dit que si je voulais "aider le monde" il fallait que je lui fasse connaitre cette paix sécuritaire qu'on ressent près de toi. Tu es, un grain d'espoir concentré, brillant dans le noir absolu. Et ton existence est une preuve en soi irréfutable qui plus est, que la souffrance et le mal ne sont pas censés faire partie du quotidien des mortels, ils doivent exister oui, mais juste pour pousser les âmes à rechercher la paix et l'harmonie. Bien sur c'est une vision bien idéaliste des choses là encore, mais pas que, c'est aussi une possibilité."

L'ascète qui semblait avoir perdu tout de sa prime pudeur s'interrompit sur ces mots les yeux plantés sur le Saint Prêtre avec dans son esprit l'image de ce monde qu'elle aimerait aider à créer. Une forme d'Aquaria géante somme toute. Elle allait se retourner vers Sofia pour lui demander si elle voulait bien partager sa vision de choses lorsque la jeune congénère qui était justement venue la chercher quelques heures plus tôt pour l'amener ici se présenta à eux, Oraya constata avec honte et effarement qu'elle avait encore oublié son prénom. Ils se levèrent et la jeune femme fit savoir qu'on demandait le Saint-Prêtre pour un courrier à lui remettre en mains propres.

"Et bien, cela doit être important, je pense que je vais me retirer alors, l'heure du souper est presque là, si tu le souhaites Sofia nous pourrions poursuivre autour du repas, bien entendu Sophian si la situation le permet je serai ravie de me joindre à toi pour discuter quand bon te plaira, et t'écouter un peu aussi quand même."

Elle croisa les mains devant elle et s'inclina poliment devant le jeune homme et sa consoeur, faisant glisser ses longs cheveux le long de ses bras, puis attendit qu'ils lui rendent son salut, pour enfin, renouant avec la gêne, quitter la serre à une allure probablement trop pressée.



[HRP : encore une fois désolée pour mes temps de réponse et surtout bon parcours dans ce forum ce fut très agréable ! ^^ /HRP]

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Dim 15 Juin - 16:59




Des joues rouges, le teint diaphane est rosé maintenant. Le Saint-Prêtre a écouté Oraya et... Il se sent touché, mais aussi... C'est comme s'il avait l'impression de ne pas correspondre à ce qu'elle disait. Sophian ne se considère pas digne de cela. Certes, il cherche à correspondre à cela, à être un oiseau bleu pour Aquaria. Certes, il réussit à correspondre à cela, à être l'Oiseau Bleu d'Aquaria. Pourtant, l'enfant est contradictoire, il a cette pudeur et cette humilité qui le refrènent. Le Saint-Prêtre ne peut se voir comme les autres le voient. Alors, il ne peut que rougir, gêné, de ces mots. Bien que ce soient des mots de la langue courante, cela le touche. Le Saint-Prêtre n'est pas seul dans sa tâche, il le sait. Pourtant, entendre de vive voix des convictions semblables aux siennes... Cela le touchera toujours. L'éphèbe y voit une lumière plus pure et plus douce que celle du soleil.

Cette chaleur s'accompagne d'un rêve : celui d'un lendemain radieux. Pour que ce jour advienne, il faut porter cette lumière et la faire croître ; chaque homme doit être récipiendaire du Bien. Telle est la finalité du destin. Sophian sourit. L'enfant sait parfaitement que les ascètes partagent son rêve, alors il sourit honteusement de cette affirmation forte. Après tout, ces femmes sont tout aussi fortes, tellement plus fortes que lui aussi... Le Saint-Prêtre doit grandir, il doit évoluer, il doit devenir meilleur. Ce n'est qu'encore qu'un enfant, même pas encore un homme, alors qu'il doit être plus et moins qu'un homme. Avant même qu'il ne puisse dire un mot, on l'informe d'un message important. L'éphèbe ne peut rien faire de plus. Le garçon se prépare à quitter la salle.


Sofia, Oraya, je vous remercie pour cet agréable moment. J'ai appris à mieux vous connaître et je vous aime plus encore maintenant. Je regrette seulement que le temps ait été trop court pour que je puisse réellement en apprendre sur toi Sofia. Je vous souhaite une bonne fin de journée et à plus tard.


Quelque part, ces mots sonnent comme de la politesse, cependant le ton du Saint-Prêtre sonne comme du cristal. Cette pureté et cette douceur transforment ces phrases en quelque chose de plus beau, de moins terre à terre. Le Saint-Prêtre sourit, puis part, il devra demander à quelqu'un de s'occuper des plats de la serre. Il n'ose pas demander de faire cela à Sofia, car elle mangeait avec lui et il n'aimerait pas qu'elle débarrasse seule... Les ascètes font déjà tant de choses chaque jour pour lui, Sophian veut aussi aider. Dès lors, l'enfant range lui-même les assiettes. Ses mains de porcelaine prennent la vaisselle. Doucement, il tente d'empiler le tout sur le plateau et... Sofia le regarde en souriant. Gentiment, elle lui retire les assiettes des mains, sans dire un mot, puis lui dit encore une fois que ce n'est pas à lui de faire cela. Le Saint-Prêtre adopte une réaction d'enfant qu'il connaît trop bien. Comme pour la taquiner, ou pour essayer de lui faire comprendre qu'il veut aider les ascètes, il prend une moue boudeuse... Il essaie. Il n'y arrive pas. On dirait seulement qu'il tente de froncer un peu les sourcils, de fermer un peu les yeux et de serrer la mâchoire... C'est mignon. Comprenant aussitôt son erreur, Sophian tourne les talons et fuit, rouge comme une pivoine à nouveau. Il prétexte avoir du travail, un message important. D'un pas rapide, il quitte la serre et rase les murs, tant il a honte...







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