Illyasviel d'Ignis



 

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Illyasviel d'Ignis

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Age : 0
Points Histoire : 0
Mer 6 Mar - 22:03
Identité
Nom : Ignis (d')
Prénoms : Illyasviel Aethyta Justizia , plus couramment abrégé en Illya par sa famille
Titre : Princess of Winter
Âge : 13 ans
Genre : Femme
Nature :   Magicienne
Affinité: Feu
Pays : Ignis
Métier : 19eme Princesse d'Ignis
Langues : Langue Courante, et juste assez de langue ancienne pour passer un pacte.


Caractère et Morale
« On sait ce que j’exige du philosophe : de se placer par-delà le bien et le mal,
— de placer au-dessous de lui l’illusion du jugement moral. »
Friedrich Nietzsche, Le Crépuscule des idoles

A l'attention de Mr. Bernkastel, Chef exécutif du Conseil

Dans le cadre des dossiers demandés par votre personne à propos des membres de la famille royale Ignisienne, veuillez trouver ci-joint le rapport concernant Illyasviel Aethtyta Justizia d'Ignis, dix-neuvième princesse d'Ignis et régente de la province de Rivie.

Citation :
Rapport de l'agent 0168746-Z98 en poste à Altenberg (Rivie), Ignis.
Daté du 27 novembre 761

« La première fois que j'ai pu apercevoir la princesse Illyasviel trônant dans la citadelle de Cidaris, il émanait d'elle une telle impression de majesté et de distance, malgré son jeune âge, que j'aurais volontiers ajoutait foi à la rumeur populaire qui voudrait que son cœur soit aussi froid que les neiges éternelles des Elénides. Quand je l'ai vue plus tard ordonner la décapitation immédiate d'un esclave qui avait osé l'interpeller pour lui demander d'avoir pitié de son sort, j'ai pensé qu'elle ne devait pas avoir de cœur du tout. Mais aujourd'hui, à force d'enquêter sur elle, de la surveiller et de tenter de comprendre sa logique et son schéma de pensée, je suis persuadé qu'elle possède bien un cœur. Il est tout simplement tordu.

La princesse doit être considérée comme membre de la famille royale pour comprendre sa mentalité. Il peut nous paraître étrange de voir une petite fille se montrer si raffinée et si barbare dans le même temps, mais ce paradoxe se comprend aisément si l'on réfléchit au milieu où elle a grandit : royauté et raffinement vont bien souvent de paire, tandis que la famille royale d'Ignis est sans doute celle où, à travers tout le pays des flammes, l'endoctrinement idéologique est le plus fort. Ainsi, la princesse est complètement amorale, tantôt ange, tantôt démon, souvent les deux à la fois, tant elle est convaincue  de la justesse de la loi du plus fort. Le bien et le mal ne font pas partie des filtres à travers lesquelles elle regarde le monde et l'appréhende.

La perte, ou plutôt l'absence de ces repères semblent conduire à un égocentrisme prononcé qui vient se substituer à la notion de bien et de mal, formant une nouvelle morale débarrassé du souci d'autrui. C'est un phénomène déjà bien connu en ce qui concerne les membres de la famille royale, les autres membres de la famille serait inconsciemment vus comme des extensions de soi par le sang commun partagé, ce qui expliquerait le fait qu'elle reste soudée malgré les rivalités et les affrontements qui la secoue. Dans le cas d'Illyasviel, c'est légèrement différent. En effet la princesse a ceci de particulier qu'elle ne ressent pas simplement de la solidarité à l'égard de ses demi-frères et demi-sœurs, mais une véritable affection. Elle se tient par conséquent éloignée des jeux de pouvoir pour la succession au trône, car elle ne veut tout simplement pas leur faire de peine (elle a tout de même battu le prince Kazreï en duel car son ego semble lui interdire d'être à la dernière place et que lui-même se désintéresse également de la succession à l'heure actuelle ; de plus, elle défie régulièrement la princesse Rin avec qui elle entretient une rivalité farouche).

L'orgueil et l'arrogance de la princesse la rende susceptible et capricieuse, mais son côté charmant et adorable qu'elle sait mettre en valeur lui assure pour ainsi dire de n'avoir presque jamais recours à la force pour être exaucée. Pour autant, elle n'hésite pas à faire preuve de violence via des intermédiaires, se montrant occasionnellement d'une cruauté impitoyable, dérangeante venant d'une enfant, car cette cruauté, pour autant qu'il m'a été donné d'en juger, n'est jamais au service d'un caprice mais parfaitement réfléchie. Elle semble privilégier la diplomatie et le charme pour contenter ses désirs.
D'après ce que j'ai pu apercevoir d'elle en privé (ce qui a été la partie la plus difficile de mon travail), elle s'y révèle enjouée et espiègle, animée d'une joie de vivre et d'une malice qui est l'apanage de son âge et qu'elle dissimule lorsqu'elle assume ses fonctions de gouvernement. Cependant je ne puis me départir d'une impression bizarre, comme si quelque chose clochait dans ce portrait. Comme si tout cela n'était qu'une succession de masques que la princesse revêt pour dissimuler ses véritables intentions, mais elle me semble bien jeune pour pouvoir les garder en permanence sans faire une fausse note, ce qui me laisse plus que dubitatif à ce sujet. Peut-être est-ce tout simplement qu'elle prend très au sérieux ses fonctions, ne voulant pas décevoir un père qu'elle idolâtre. »
Mon service attend vos instructions et se tient entre temps à votre entière disposition, Mr. Bernkastel.

Votre dévoué serviteur, ******* ***********.


Physique
« Ce n'est pas la beauté de la femme qui ensorcelle, mais sa noblesse. »
Euripide, Andromaque
Je veux de la beauté dresser ici l'atlas :
Illya est de l'hiver l'incarnée métaphore,
Et nul homme en ses traits ne saurait trouver trace
D'une faute de goût, du moindre désaccord.
Elle marche suivie — virginal météore —
De sa lisse toison à neigeuse blancheur
Ses pas sont faena dont elle est matador,
Distillant la candeur, le charme et la splendeur !

Elle revêt son orgueil ainsi qu'une cuirasse
En toute heure, en tout lieu, altier reste son port
A d'autres qu'à son sang ses ris restent de glace
Pour les cœurs sans boussole, Illya reste le Nord !
Ses iris de rubis appellent les transports,
Ils ont pris du couchant l'indolente rougeur,
Sans surprise ma sœur, de ses yeux pyrophores,
Abuse sans remords pour supplicier les cœurs.

Sur sa peau veloutée l'albâtre se délace
Tel qu'en un ciel marbré d'une nouvelle aurore.
Illya promet déjà le zénith de la grâce,
Et encor sa beauté n'en est qu'à son essor.
Qu'elle est fine et menue, qu'elle est donc frêle encore !
On craint de l'embrasser, car à tant de minceur,
On a peur de briser si délicat trésor...
Mais en elle l'acier se masque de douceur.

Princes du sang d'Ignis, patientons donc encore !
Et vous nos tendres sœurs, admirez sans pudeur
Avec quelles langueurs Illya s'en va éclore,
Ainsi que du bourgeon, la plus belle des fleurs.


Poème attribué au Prince Térence d'Ignis.


Compétences générales
« Qu'est-ce qui est bon ? Tout ce qui exalte en l'homme le
sentiment de puissance, la volonté de puissance, la puissance même.
Qu'est-ce qui est mauvais ? Tout ce qui vient de la faiblesse. »
Friedrich Nietzsche, L’Antéchrist


  • Puissance magique innée

    Se laisser abuser par l'âge et le rang d'Illyasviel dans la liste de succession au trône serait une grave erreur si vous tentez d'estimer la puissance de la jeune fille. S'il y a bien une chose qu'elle a hérité de son père le Roi, la plus évidente est sans conteste un mana d'une qualité exceptionnelle, ainsi qu'une réserve impressionnante de ce même mana (point sur lequel elle se place juste derrière Waëlen). La magie du feu semble être ancrée au plus profond de son être, et son instinct inné pour en faire usage se double d'une étude intensive de la science magique auprès de son grand-oncle, Schweinorg d'Ignis, au détriment des compétences martiales qu'elle a délaissées.

  • Apparence angélique

    N'ayant pour ainsi dire rien hérité de son père sur le plan physique, Illya ressemble trait pour trait à sa mère, Irisviel Tagaryan. Elle possède ainsi les traits distinctifs des femmes de la famille Tagaryan : peau pâle, cheveux couleur de neige et yeux rouges comme des rubis. En addition de sa petite taille due à son âge, de l'élégance naturelle qu'elle manifeste et de la beauté de ses traits, Illyasviel apparait aux yeux de quiconque la regarde comme un ange tout droit descendu du ciel. Comme si ces caractéristiques ne suffisait pas à en faire la plus jolie des petites filles, les vêtements qu'elle porte, valent chacun une petite fortune, et leur joliesse est proportionnelle à leur prix. Quand à la Robe des Cieux, sa tenue d'apparat, elle lui confère une splendeur éthérée, aérien... séraphique.

  • Résistance au froid

    Ayant vécu de longues années en Rivie, la région sur laquelle elle règne au nom de son père, connue pour son climat glacial dans les montagnes où se trouve le palais princier, Illyasviel a développé au fil du temps une certaine résistance au froid. Oh, rien de surnaturel... simplement, là où d'autres grelotteront, ne pourront pas trouver le sommeil, seront obligés de se couvrir de multiples couches de vêtements, elle se contentera d'une simple robe chaud et se sentira dans son élément.

  • Education princière

    En tant que princesse d'Ignis, Illyasviel a bénéficié d'une éducation haut de gamme, englobant tout ce qu'un membre de la famille royale se doit de connaitre et de maîtriser : politique, étiquette, magie, stratégie, escrime, histoire, etc... dans tous les domaines, elle a bénéficié des meilleurs précepteurs d'Ignis et a fait honneur à leur enseignement. Le maniement des armes est toutefois l'exception à la règle, son professeur ayant finit par admettre qu'elle était une cause perdue en la matière.

  • Maturité exceptionnelle

    Les gens ne voient en Illya qu'une petite fille capricieuse et parfois un brin cruelle, qu'une princesse délicate pourrie-gâtée par son père et le reste de la famille. A vrai dire, même ces derniers ne la voient pas autrement que "leur adorable petite sœur/fille". Ils ont tort. Tous autant les uns que les autres. Famille royale comme populace, tous se laissent abuser par le masque qu'Illya revêt en permanence. Car la jeune fille mûrit vite, très vite, peut-être même trop vite. Cela n'en fait pas une génie pour autant, simplement, son âge mental est plus élevé que son âge physique. Cependant, pour se protéger et pour ne pas paraître anormale aux yeux de sa famille, Illyasviel se comporte presque exclusivement en gamine immature et capricieuse : personne ne l'a jamais vu vraiment sérieuse, et ça ne serait pas forcément une bonne chose pour celui qui l'y aurait forcé...

  • Yeux doux

    Voici la technique ultime d'Illyasviel, celle qui n'a jusqu'à présent jamais raté, ni sur son père, ni sur sa mère, ni sur ses frères et sœurs (pour les autres, il suffit qu'elle donne un ordre, inutile de chercher plus loin). C'est très simple, quand elle fait un caprice, Illya va aller voir celui qui peut lui offrir l'objet de sa convoitise, lui sauter au cou, et lui faire des yeux doux, accompagnés de gestes embarrassés et d'un « S'iiiiiil teeeee plaiiiiiiiit ! » décisif. Quand elle fait ça, elle est tellement mignonne que cela devrait être interdit.
    Irrésistible.

  • Pactisant

    Illya n'a appris auprès de Schweinorg que deux mots de la langue ancienne : « Pactio Rex ». Elle n'a rien voulu apprendre de plus, mais elle n'a pas hésité à faire usage de cette même connaissance pour passer un pacte avec celui qui allait devenir son Chevalier.

  • Familier

    Illyasviel a choisi pour familier l'un des plus grand carnivores terrestres d'Albion, l'ours noir de Rivie.
    La bête, forte de ses 800 kilogrammes, d'une hauteur d'1m50 au garrot et de plus de trois mètres une fois debout, ainsi que d'un pelage aussi noir que la nuit, est plus qu’impressionnante au premier abord. Et l'impression se confirme lorsque l'on apprend qu'un coup de patte peut vous broyer des côtes ou que la mâchoire pourrait vous sectionner un bras sans coup férir.
    Le côté surprenant de la chose, c'est de voir Illya le câliner comme une grosse peluche.



Possessions :
« Tous les objets sont pour les grands des miroirs où leur grandeur se réfléchit. »
Claude-Adrien Helvétius, Maximes et pensées

Comme toute princesse qui se respectent, Illyasviel dispose à son gré d'une grade-robe hors de prix, de parures somptueuses, de bijoux à la valeur inestimables, et j'en passe pour ne pas paraître indécente.

Il est cependant un trésor parmi tous les trésors qu'elle possède. Il s'agit d'une robe, couramment dénommée Robe des Cieux. Il s'agit d'un artefact datant de l'Âge Obscur, finement gravé et ciselé d'inscriptions runiques, aux effets inconnus. Retrouvé peu après la chute de la dictature éholienne et la fondation d'Ignis, la Robe des Cieux est devenue au fil des siècles un symbole de royauté en Rivie, portée par les princesses régentes de la province ou par les épouses des princes, et Illya perpétue cette tradition. Il semble impossible de souiller ou d'abîmer cette robe de quelque manière que ce soit, comme si celle-ci était figée dans le temps : les siècles passés ne l'ont d'ailleurs dégradée en aucune façon. Elle manifeste également la capacité de s'adapter d'elle-même à la taille et aux mensurations de sa porteuse, mais n'a jamais dévoilé d'autres pouvoirs, si toutefois elle en a.
Quand à sa description, une image vaudra sans doute mieux qu'un long discours, lequel serait de plus bien en peine d'en restituer l'éclat.

Spoiler:
 


Sorts - Rang A:

« Muad'Dib apprit aussi rapidement parce que le premier enseignement qu'il eût reçu
était de savoir apprendre. Et la leçon première de cet enseignement était la certitude
qu'il pouvait apprendre. Il est troublant de découvrir combien de gens pensent qu'ils
ne peuvent apprendre, et combien plus encore croient que c'est là chose difficile. »
Frank Herbert, Dune

  • Brasier – Rang E

    « Brûle, flamme d'Ignis ! »

    Le premier sort de feu enseigné à Illya, sa particularité est que ses effets varient selon la quantité de magie insufflée. Il permet d'allumer des bougies, un feu de cheminée, de faire brûler du foin... voire même, si la princesse y insuffle assez de mana, un être vivant. C'est un sort d'embrasement, il ne peut exister sans brûler quelque chose, et il se déclenche au contact ou à très faible distance.

  • Cape de flammes blanches - Rang D

    « Et il n'y aura après moi que flammes immaculées. »

    Des flammes blanches comme la neige, à l'énoncé de ce sort, apparaissent dans le dos d'Illya afin de forme une longue cape qui s'étend de ses épaules jusqu'au sol. S'il s'agit principalement d'un sort destiné à en imposer à quiconque regarde le lanceur, ce manteau de feu tient également chaud quelque soit la météo, permettant en outre une certaine défense contre les sorts ennemis de feu et d'eau, tout en rendant plus dangereux d'attaquer Illyasviel au corps à corps.

  • Orbe d'incinération - Rang C

    « Le feu qui coule en mon sang sera toute la Loi. »

    Illyasviel fait apparaître une sphère de flammes au-dessus de sa tête. Celle-ci tire des traits de feu sur les ennemis dans le champ de vision de la princesse, sans que celle-ci ait le moindre geste à faire. Maintenir l'orbe nécessite de dépenser du mana en permanence et de plus, chaque tir puise dans les réserves d'Illya. Le genre de sorts que les magiciens normaux délaissent car il les épuise vite... mais après tout, ils n'ont pas le sang d'Ignis. Plus la princesse insuffle de mana dans la sphère, plus la cadence de tir sera élevée... et quand Illya "surcharge" l'orbe, ce sort se révèle incroyablement dévastateur.

  • Chaînes embrasées - Rang C

    « Que mes ennemis ploient sous le remords de m'avoir défiée ! »

    Version supérieure du sort Liens de flammes utilisé par son père, ce sort qui est l'un des favoris d'Illyasviel fait sortir du sol des chaînes de feu qui s'enroulent autour du corps de leurs cibles pour les immobiliser et les plaquer face contre terre, brûlant au passage les parties du corps en contact avec les liens, lequel sont aussi résistants que des chaînes d'acier. Plus Illyasviel consacre de mana à ce sort, plus les chaînes sont nombreuses et puissantes.

  • Détonation ignée - Rang C

    « Cœur enflammé qui bat en mon sein ! Donne pleine mesure à ma fureur ! »

    Au terme de l'incantation, Illyasviel dégage en une fraction de seconde de puissantes flammes de son corps tout entier. Celles-ci s'étendent dans toutes les directions avec une force extraordinaire, combinant brûlure importante et onde de choc sur ses victimes, les repoussant sur plusieurs mètres. Le rayon de l'explosion dépend du mana qu'elle dépense, mais elle ne l'étend que rarement sur plus de cinq mètres, car la déflagration ne fait pas de différences entre alliés et ennemis.

  • Vagues incendiaires - Rang C+

    « Au nom d'Ignis, qu'un océan de flammes purifie ce monde, ne laissant que cendres de mes ennemis ! »

    Quand il fut temps pour Illyasviel d'apprendre le legs familial du sort Mer de flammes, la princesse a refusé, pour la simple et bonne raison qu'elle n'en aimait pas l'incantation. Le caprice dura et après quelques yeux doux, le roi son père confia à son oncle Schweinorg la charge de trouver une solution. Ce dernier réussit à créer un sort aux effets semblables à la Mer de flammes, avec une incantation que la princesse jugeait moins « idiote, parce qu'une princesse d'Ignis ne pleure pas aussi facilement ».
    De même que pour Mer de flammes, donc, d'immenses vagues de flammes se forment et plongent sur les ennemis présents, l'assaillant sans merci. Plus le magicien détient de puissance et de maîtrise, plus la vitesse et la dimension des vagues s'accroit, rendant les manœuvres d'esquives proches de l'impossible.



Influence :
« Il y a quatre choses pour supporter un monde : la connaissance du sage, la justice
du grand, les prières du pieux et le courage du brave. Mais tout cela n'est rien...
sans celui qui gouverne et sait l'art de gouverner ! »
Frank Herbert, Dune

En tant que princesse d'Ignis, Illya ne plie le genou que devant Iskandar et Waëlen. Excepté cela, elle a à peu près tous les droits en Ignis, bien qu'elle se soumette aux règles édictées par ses frères et sœurs sur leurs terres. En Rivie par contre, elle est presque toute puissante, seule l'autorité du Roi, voire du Premier Prince, peut remettre en question ses décisions. Adepte de la pratique de la main de fer dans un gant de velours, Illyasviel doit encore consolider son emprise sur la province, notamment au niveau des guildes, mais c'est une affaire en bonne voie qui devrait être achevée d'ici une ou deux années.

La Rivie
La Rivie, foyer d'environ cent cinquante mille ignisiens, fait partie des terres orientales d'Ignis. Autour d'elle se trouve les Plaines Etincelantes au nord-ouest, les terres royales de Lex à l'ouest, les Elénides à l'est et Yaegahara au sud.
La province peut être envisagée selon deux parties distinctes : la moitié de la Rivie se compose de plaines assez fertiles propices à l'agriculture, et celle-ci y est considérablement développée : les paysans riviens se livrent à différentes cultures mais aussi à l'élevage, notamment de bovins. Les fromages riviens sont notamment fort renommés, y compris en dehors des frontières ignisiennes. La seconde moitié du pays est constituée de hautes montagnes enneigées, couvertes de forêts denses où l'ours noir de Rivie, l'un des plus gros carnivores terrestres d'Albion, règne en maître. Ces montagnes se sont révélées riches en minerai de fer et d'argent, et les mines riviennes où triment les esclaves sont réputées pour l'excellente qualité du fer qui en sort. Une chose en entraînant une autre, les forgerons riviens sont reconnus à travers tout Ignis pour leur savoir-faire dans le travail métallurgique.

Altenberg est la capitale rivienne. Sise à la jonction entre les Elénides et Yaegahara, sur le flanc d'une montagne solitaire se dressant un peu à l'écart des deux crêtes, protégée derrière le lac nommé Loc Maen, Altenberg est une ville fortifiée dont les hautes murailles et la position stratégique ont repoussé presque tous les assauts qu'elle a connus. Carrefour inévitable du commerce du fer en Ignis, la cité est la demeure d'artisans de renom et de marchands fortunés. Elle abrite par ailleurs une académie militaire très cotée.
Plus haut dans la montagne, au dessus d'Altenberg, se trouve la citadelle de Cidaris. C'est là que réside la princesse et sa suite, ainsi que ses gardes d'élite. Si Altenberg est le cœur de la Rivie, Cidaris en est le cerveau, car toutes les décisions sont prises dans la salle du trône de la citadelle.

Les poumons de la province, par contre, sont les villes de Vries et d'Aelirenn. Vries, située dans les montagnes de Yaegahara, est l'endroit où les mines d'argent entreposent et vendent leur production. Dans un coin de la ville, la citadelle de Kaer Morhen est le lieu d'entraînement des sorceleurs, une nouvelle caste de guerriers d'élite, encore à ses balbutiements, mais qui ont pour vocation de remplacer à terme les pactisants interdits en Ignis.
Aelirenn, pour sa part, se trouve au coeur des plaines riviennes, sur les rives du Loc Muir. Son marché regorge de denrées venues des quatre coins d'Ignis, et c'est par ses guildes de marchands que transitent le surplus de la production agricole de la Rivie à destination du reste du pays. La ville possède de plus un important port de pêche lacustre.
De nombreux fortins ont également été élevés dans le reste de la région rivienne.

Les hommes et femmes riviens ont acquis une réputation de peuple rustique, presque rustre, mais attaché aux traditions de l'hospitalité. On les sait superstitieux : il y a un dicton de Lex qui prétend qu'un rivien a un dicton pour toute les occasions... et il courant de voir hommes et femmes fabriquer et arborer moult porte-bonheur, amulettes et autres talismans. On reconnaît aussi leur honnêteté et leur loyauté, l'expression "propre comme la langue d'un rivien" en est un témoignage. C'est aussi une population qui aime faire la fête, surtout si celle-ci s'accompagne d'un bon gueuleton et encore plus si elle est bien arrosée !


Relations :
« Les humains sont contents lorsque chacun occupe sa place, lorsque chacun
sait parfaitement ce qu'il représente dans l'agencement des choses et ce qu'il
peut espérer accomplir. Détruisez cette place et vous détruisez l'être. »
Frank Herbert, Les hérétiques de Dune

Iskandar d'Ignis
Roi d'Ignis et père adoré
PJ

Le Roi d'Ignis, Iskandar Ier, est un homme hors du commun... parmi des hommes d'ores et déjà hors du commun. Digne descendant de la lignée d'Ignis, souverain en titre du pays du feu, cet homme, aux yeux de sa fille, est plus qu'un homme : le père, le Roi, et l'idole (presque un dieu vivant !) se mêlent dans le regard qu'Illyasviel porte sur lui, sans que l'un de ces aspects ne semble l'emporter sur les autres. Cette relation étrange est sans aucun doute le fruit du frêle équilibre relationnel que le Roi a instauré avec ses enfants, jouant au funambule entre froide distance et affectueuse proximité.
Le fait qu'Illya se tienne éloignée de la succession au trône, se confinant elle-même dans les derniers noms de la liste, instaure pour autant une certaine complicité tacite avec Iskandar, qui avait fait de même dans sa jeunesse. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il se montre plus paternel avec elle qu'avec nombre d'autres, qu'elle-même se permet parfois de faire des caprices en sa présence, et que sa majesté les lui passe...
Mais si un quelconque danger devait menacer son Altesse Royale, il est une certitude : Illyasviel se tiendrait aux côtés de son père, prête à déchainer les flammes d'Ignis sur leurs ennemis.
Quels qu'ils soient.



Irisviel Tagaryan
Maitresse officielle du Roi et mère bien-aimée
PNJ

Fille du général Garus Tagaryan, Irisviel n'est qu'une simple humaine. Mais sa beauté hors du commun, son intelligence et son charme la destinait à un autre rôle que celui de simple mère au foyer. La jeune femme aux yeux rouges et à la chevelure couleur de neige (signe distinctif des femmes Tagaryan) avait déjà eu deux enfants, les jumelles Sella et Leysritt quand le Roi la remarqua à une réception. Elle fut presque aussitôt "réquisitionée" en tant que maîtresse officielle du monarque et elle porta bientôt Vaïno en elle, puis Illyasviel (l'accouchement de cette dernière fut d'ailleurs délicat car Irisviel avait été empoisonnée, elle survécut par miracle).
Tombée amoureuse d'Iskandar, elle parvient à obtenir en retour une forte affection, et l'on murmure dans les couloirs du palais qu'elle n'aurait eu qu'un mot à dire pour être Reine... "oui". De nature douce et attentionnée, avec juste ce qu'il faut d'autorité, Irisviel s'est montrée une mère parfaite pour ses enfants. Illya lui voue une affection unique... car elle est sa mère chérie.

Väino d'Ignis
2ème Prince d'Ignis,
grand-frère préféré

PJ

Troisième enfant d'Irisviel, Vaïno d'Ignis est l'une des personnalités les plus en vues à la cour depuis qu'il s'est hissé au rang de second prince dans l'ordre de succession. Guerrier émérite initié aux arts secrets des baptistrels de Scandia, magicien lui aussi formé par Schweinorg, Vaïno est l'une des personnes les plus puissantes en Ignis.
Pour Illyasviel par contre, c'est avant tout le frère dont elle est la plus proche par le sang, puisqu'il ont en commun les mêmes parents. Il a été dans la plus tendre enfance de la princesse une figure très importante, dont l'absence renforçait les quelques moments où il était présent : ainsi la rareté même des souvenirs qu'Illya garde de lui à cette époque les rend immensément précieux à ses yeux. Puis il y eut la longue période de son "exil" en Scandia, qui les a vus grandir loin l'un de l'autre.
Mais depuis qu'ils se sont retrouvés, ils ont noués une complicité nouvelle. Et il n'y a aucun de ses frères et sœurs qu'Illya adore comme elle adore Vaïno.

 


Schweinorg Gransurg d'Ignis
Grand-oncle paternel et professeur de magie
PNJ

Energumène excentrique, vieux fou, mage exceptionnel, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire l'un des derniers − sinon le dernier − oncles d'Iskandar encore en vie. Agé de soixante-neuf ans, Schweinorg Gransurg d'Ignis ne s'est jamais préoccupé de la course au trône, des honneurs ou du pouvoir. Seule l'intéressait la magie et ses secrets. Détenteur d'une puissance magique qu'il n'a encore jamais entièrement dévoilée mais déjà affolante, il se soucie comme d'une guigne de toute la politique, y compris internationale. Sa seule opposition à un membre de la famille eut lieu contre son frère Golbez, dans le seul but de conserver son titre d'Ignis : le simple fait de le prononcer vous facilite tellement la vie quand on consacre celle-ci à la recherche !
Ayant obtenu d'Iskandar l'autorisation de transmettre son savoir à quelques uns de ses enfants, il choisit Vaïno, Xalerq, Rin et Illyasviel pour dieu sait quelles obscures raisons. C'est un professeur de magie extrêmement exigeant mais dans le même temps, quelqu'un de profondément sympathique, qu'Illya aime beaucoup.

Rin d'Ignis
8ème Princesse d'Ignis,
demi-sœur et rivale

PV

Première fille du roi Iskandar et de la seconde reine Aoï, la huitième princesse, Rin d'Ignis est une véritable génie en ce qui concerne la magie, douée de prédispositions naturelles extraordinaires, talentueuse avec tous types de sorts, et qui plus est une combattante de talent, qui gouverne avec intelligence et habileté... Et patati et patata, tagada tsoin tsoin. C'est bon, vous avez fini de lui jeter des fleurs ?
Rin et Illyasviel sont rivales, oui. Rin est la seule princesse que notre fillette cherche à affronter en duel, c'est pour dire. Non qu'elles se haïssent, ce serait une erreur que de le penser. Illya ne supporte tout simplement pas que cette pimbêche s'auréole de tous les lauriers pour attirer le regard de leur père.
Car oui, c'est au final là que tout se joue, même si Illya ne l'admettra jamais : elle envie Rin. Elle envie la fierté qu'elle voit dans les yeux d'Iskandar quand il porte le regard sur l'aînée, par moments. Et peut-être que plus profondément encore, Illya désirerait simplement attirer l'attention de cette soeur si fantastique, l'impressionner, recevoir un compliment, un mot gentil, tout simplement ?



Berserker
Chevalier personnel
PNJ

Berserker est une force de la nature, un vrai colosse d'environ deux mètres cinquante avec une carrure d'ours. Elevé pendant toute une partie de son enfance par des bêtes sauvages dans les forêts riviennes, puis formé sans véritables égards pour en faire le plus terrible gladiateur d'Ignis, il est incapable de parler, s'expriment plutôt par grondements et rugissements, et ses capacités mentales sont irrémédiablement altérées.

Le pacte qui le lie à Illyasviel lui confère douze vies au lieu d'une , mais en contrepartie a détruit le peu qu'il restait de raison dans son esprit. A l'heure actuelle,
Berserker n'est plus qu'une immense masse de muscles animée par ses émotions primales et par celles qu'Illya lui transmet via leur lien empathique.Il est très attaché à elle, comme si elle était sa fille ou sa mère, et ses énormes poings, durs comme l'acier, écraseront quiconque en veut à la princesse qu'il protège de tout son être.

Isengrim Terranova
Intendant et conseiller
PNJ

Originaire de Latia, Isengrim Terranova est ce que l'on peut appeler vulgairement un "jeune loup". Issu d'une famille de notables sans grande influence dont il était le sixième enfant, il décida de tenter sa chance à l'académie militaire. Là, il fit ses armes et se révéla un soldat dans la moyenne ignisienne. S'il en était resté là, son potentiel aurait sans doute été gâché, mais il fut remarqué pour son intelligence et ses capacités de gestion, ce qui conduisit naturellement à une mutation vers les services de ravitaillement militaire.
Administrateur talentueux et trésorier habile, sa progression se fit naturellement vers des postes plus prestigieux, et quand Iskandar eut besoin d'un intendant pour sa fille en Rivie, Isengrim figurait en bonne place sur la liste des candidats. Il est depuis le plus proche collaborateur d'Illya, s'occupant notamment de la paperasse que la princesse déteste et gérant de main de maître les coffres de la province. C'est un serviteur loyal et consciencieux, à l'intelligence acérée, et sans doute l'une des seules personnes à se douter de l'extraordinaire maturité de la princesse.



Sella Tagaryan
Demi-sœur et servante
PNJ

Sœur jumelle de Leysritt, aînée de Vaïno et d'Illyasviel, Sella est une jeune femme au visage sévère et sûre d'elle-même. Contrairement à sa jumelle, elle est une femme très stricte, en permanence à cheval sur le protocole. Elle essaie de se montrer digne de la confiance que tant de gens importants placent en elle, et ne ménage pas sa peine pour apprendre à sa cadette comment se conduit une grande dame, et qui plus est une altesse royale.

En effet, Sella et Leysritt ont été toutes deux employées en tant que servante pour la dix-neuvième princesse, et auprès de celle-ci, Sella joue le rôle, entre autres, de préceptrice. Cette situation particulière empêche la naissance d'une réelle complicité avec Illya, mais chacune à en l'autre une confiance inébranlable. Sella possède en outre une très belle voix qu'elle n'hésite pas à utiliser en de nombreuses chansons pour divertir et apaiser sa princesse de sœur.

Leysritt Tagaryan
Demi-sœur et servante
PNJ

Sœur jumelle de Sella, aînée de Vaïno et d'Illyasviel, Leysritt est une jeune femme taciturne et renfermée sur elle-même. Son caractère diffère grandement de celui de sa jumelle, ce qui étonne toujours les observateurs extérieur. De nature douce et permissive, peu communicative, elle aime beaucoup sa famille et ne se force à employer les formules de politesse à l'égard de Vaïno et d'Illya que lorsque le protocole l'exige.

Employée avec Sella en tant que servante pour sa demi-sœur, Leys partage une relation complice avec sa cadette. C'est en outre elle qui s'occupe de la majeure partie de l'habillage de la princesse. Elle est par ailleurs une excellente cuisinière, bien que son domaine de prédilection soit les gâteaux et autres pâtisseries, dont Illya raffole.



Sarifa Lhynn
Chasseresse Royale (poste officieux)
PNJ

Sarifa Lhynn est sans doute la personne la plus haïssable et la plus dépravée dans l'entourage d'Illyasviel. Originaire de Ventus, cette femme ne passe pas inaperçue avec un style vestimentaire qui détonait déjà dans son pays natal. Excentrique, mentalement perturbée et de caractère instable, elle est sexuellement excitée, et a même parfois des orgasmes, par le fait de contempler la vie s'échapper dans les yeux d'un homme (ou d'une femme) mourant. Cette perversion l'a naturellement très vite placée en dehors de toute légalité, une tueuse-née en liberté qui sévissait dans les rues d'Omnia. Recherchée pour de nombreux meurtres, elle s'enfuit, réussissant à passer la frontière d'Ignis où, jugeant qu'elle pouvait laisser libre cours à ses pulsions dans la plus stricte légalité, elle est devenue chasseuse de primes.
Son efficacité redoutable fut grandement appréciée par Illyasviel lors de la traque des conspirateurs qui avaient tenté de l'assassiner, et elle lui confia en conséquence un poste officieux de Chasseresse Royale : cette charge confère à Sarifa la tâche de superviser la traque aux opposants et aux criminels et de les pendre haut et court... son moment préféré.

Joqh'orro
Maître-Gladiateur d'Altenberg
PNJ

Originaire des Marches Dernières, Joqh'orro a derrière lui une longue carrière d'esclave gladiateur. Il a visité la plupart des provinces d'Ignis, mais n'en a souvent vu que les colisées. Vainqueur de maints adversaires, champion de tournois en équipes et d'autres genre de compétitions organisées selon les goûts et les désirs de puissants personnages, il a notamment connu la gloire en temps que spécialiste d'un jeu sanglant consistant à aller chercher le drapeau de l'équipe ennemie au sein de leur camp pour le ramener dans le sien.
De victoire en victoire, il finit par être affranchi, une belle somme d'argent entre les mains en récompense de ses faits d'armes. Au lieu de la dilapider presque instantanément comme d'autres l'auraient fait, il s'installa en Rivie et racheta petit à petit l'arène d'Altenberg : ses seules vraies compétences étaient de se battre et de se donner en spectacle, mais il avait eu son saoul de combat... il ne lui restait qu'à former ceux qui suivraient, s'ils en avaient la force, le même chemin que le sien.



" Adieu "
Sorceleur et garde du corps
PV

Egalement exécuteur des basses œuvres d'Illya quand le besoin s'en fait sentir, "Adieu", de son véritable nom Nikolaz Wiedźmin, est un sorceleur acheté par Illyasviel à Kaer Morhen. Au premier abord cynique et dépourvu d'émotions "humaines", il fait toutefois preuve d'une grande loyauté et il admire profondément la princesse. L’œil gauche barré d'une cicatrice, ainsi que ses cheveux blancs (une dépigmentation due à l'absorption des élixirs de sorceleur), sans compter les deux épées bâtardes qu'il arbore en bandoulière, tout cela fait du monsieur une silhouette immédiatement reconnaissable.
Escrimeur d'exception, ses talents sont en outre magnifiés par son métabolisme supérieur causé par sa formation et par les drogues de combat qu'il n'hésite pas à utiliser... sans parler des Signes qu'il maîtrise (les Signes sont des sorts enseignés aux sorceleurs, dont les incantations sont constitués de signes esquissés avec une main, et ne dépassant pas le rang E). En bref, cet homme est une véritable machine à tuer... et son surnom n'est pas immérité.

Roxana de Vries
Magicienne, rectrice de Kaer Morhen
PNJ

Petite-fille de Peter de Vries, gouverneur de la ville de Vries et maître de la citadelle de Kaer Morhen, initiateur du projet sorceleur, Roxana a reprit en main l'école de Kaer Morhen après que son grand-père soit tombé gravement malade. Belle jeune femme de vingt-cinq printemps, magicienne talentueuse sans toutefois être exceptionnelle, elle est surtout passée maîtresse dans l'art de la confection des élixirs, depuis leur préparation jusqu'au dosage des posologies administrés aux aspirants sorceleurs.
Par rapport à ceux-ci, elle se comporte tantôt comme une sœur aimante et tantôt comme une scientifique avec des cobayes. De ce numéro d'équilibrisme émotionnel résulte un lien ambigu, à la fois étroit et très hiérarchisé.
Venant régulièrement rendre compte à Illyasviel de l'avancement du projet, les deux magiciennes ont sympathisé et il n'est pas rare qu'Illyasviel demande l'avis de Roxana avant de prendre une décision sur laquelle elle hésite.



Garus Tagaryan
Grand-père respecté et général d'Ignis
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La loi d'Ignis est celle de la force. Et si certains, nés avec la capacité d'utiliser le mana, partent déjà avec un avantage, celui qui fait preuve de force et d'intelligence peut s'élever au-delà de sa condition. Si la famille Tagaryan fut jadis puissante et renommée, elle était depuis des lustres tombée dans le déclin quand Garus en ressuscita la gloire. A la seule force des armes et de son esprit, il gravit les échelons de la hiérarchie militaire jusqu'au sommet de celle-ci, redorant le blason de sa famille.
Âgé aujourd'hui de soixante-douze ans, son bras a faibli mais son sens tactique et sa loyauté envers le sang d'Ignis restent toujours aussi acérées. Homme sévère mais droit, austère mais juste, source de plaisanteries innombrables pour ses troupes mais leur inspirant un respect sans bornes, Garus a eu l'honneur de voir sa fille être choisie pour maîtresse par son Roi, lui donnant deux petits-enfants royaux : Vaïno et Illyasviel, en plus des jumelles Sella et Leysritt. Sa petite-fille chérie fait la fierté de Garus, surtout depuis qu'elle occupe le trône de Rivie, la terre natale des Tagaryan, au nom d'Iskandar.

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Ven 28 Juin - 16:44
Histoire
« Ils n'avaient jamais connu rien d'autre que la victoire,
ce qui pouvait être une forme de faiblesse. »
Frank Herbert, Dune

« J'ai froid, Letho. »

« Ce n'est que l'hiver, ma dame. Nous n'en avons pas connu d'aussi rude depuis les souvenirs d'enfance des vieux. »


Les paroles se voulaient rassurantes, mais Irisviel voyait dans le regard de son garde du corps qu'il n'y croyait qu'à moitié. Letho de Valefort maniait sa hallebarde comme d'autres maniait la rapière, avec aisance et fluidité, il était loyal et courageux, fort et prêt à donner sa vie pour protéger la maîtresse officielle de son Roi, ainsi que ce dernier le lui avait ordonné. Mais il ne savait pas mentir, et à cet instant, il regrettait amèrement cette qualité. La jeune albinos se pelotonna faiblement sous les six couches de couvertures. Le regard de Letho passa de sa protégée au feu de cheminée qui crépitait à l'autre bout de la pièce, avant de revenir aux bouillottes que des servantes glissaient dans le lit.

Lui-même transpirait presque sous son armure et la lourde cape qui couvrait ses épaules : à peine à l'extérieur, son corps aurait été mordu par la bise et les gros flocons qui s'y déversaient comme un torrent, mais entre les murs du palais, il faisait suffisamment chaud pour ne pas s'en inquiéter. Pourtant, il n'aurait pour rien au monde fait quelque action que ce soit dans le but de se rafraîchir. Il ne voulait pas qu'un geste vienne contredire ce qu'il prétendait.

C'était attentionné de sa part, Irisviel lui reconnaissait cela. Mais elle était la principale concernée, et elle avait déjà porté trois enfants et les avait mis au monde, dont deux jumelles : elle n'avait besoin de personne pour lui expliquer que sa grossesse ne se passait pas bien, elle le comprenait très bien toute seule. Pourtant, jusqu'à il y a encore quelques jours, tout se déroulait parfaitement, mais alors que le terme était proche, le froid avait commencé à emplir son sang, et plus le temps passait, et malgré les soins attentifs de toute la maisonnée royale, plus elle sentait sa morsure emplir son corps. Son cœur, malgré la peur qui elle aussi l'assaillait, se remplit de reconnaissance pour Letho, ce pauvre Letho qui vivait cette agonie comme un échec personnel, comme si un ennemi avait trompé sa vigilance, et qui malgré la rage et le désespoir qui l'habitait, prenait sur lui pour la rassurer, dans l'espoir d'adoucir le peu de temps qu'il lui restait. Sa reconnaissance se porta alors sur Iskandar qui avait si bien choisi entre quelles mains la placer. Iskandar, le Roi d'Ignis, maître absolu de toute chose et de tout être dans ce pays où elle était née, et surtout, maître absolu de son cœur qu'il avait su apprivoiser. Elle voulait lui donner un autre fils avant de trépasser. Sa volonté était inébranlable. Elle sourit et à peine une seconde après, perdit les eaux.

Plusieurs heures passèrent, Irisviel s'accrochait à sa résolution comme unique rempart contre la douleur et la mort qui s'approchait d'elle implacablement. Dans la pièce d'à côté, le Roi s'entretenait avec le médecin qui supervisait l'équipe médicale s'occupant de sa maîtresse.

« Nous sommes formels, Vôtre Majesté. Dame Tagaryan a été empoisonnée. Malheureusement, son état actuel nous empêche de recourir à des méthodes qui pourraient, dans d'autres circonstances, la sauver. »

Il y eut un silence lourd de sens alors que le regard sombre du Roi s'appesantissait sur l'homme qui était courbé devant lui, n'osant même pas lever les yeux vers l'auguste présence.

« Il est donc temps pour vous d'innover, docteur, si vous ne souhaitez pas me voir innover moi-même à votre propos... »

L'homme de science se raidit sans rien oser répondre d'autre qu'un léger hochement du chef. Le seul bruit qui lui échappa fut celui de sa déglutition au moment où Iskandar rentra dans la pièce où le drame prenait place. Letho se mit immédiatement au garde-à-vous devant son Roi et lui laissa la place auprès de la jeune femme. Iskandar s'assit et pris la main qui se serrait sur les draps au creux de sa paume.

Irisviel ne le remarqua pas, les yeux fermés pour rester concentrer sur son seul et unique objectif : donner la vie à cet enfant qu'elle portait, quitte à y laisser la sienne. Et ses efforts finirent couronnés de succès, ponctués du premier cri d'une petite fille, qu'Iskandar lui-même déposa sur le sein de sa maîtresse. Le souffle court et saccadé, celle-ci souleva ses paupières pour contempler le fruit de ses efforts, lequel lui redonna le sourire innocent que tous lui enviaient. Reportant son regard sur son bien-aimé, elle se résolut à lui dire ce qu'elle n'avait jamais osé, un secret que la vie qu'elle sentait se dérober sous ses doigts ne rendait que plus urgent de partager.

« Il y a quelque chose que je dois te dire. Je t'aime. »

Mais seul les trois premiers mots purent franchir ses lèvres avant qu'elle ne s'évanouisse.

Il y a.

Voulant respecter ce qu'il croyait être la dernière volonté d'Irisviel, Iskandar nomma immédiatement sa nouvelle fille Illya... ou plutôt Illyasviel, en hommage à sa mère. Et si celle-ci, par la suite, survécu par miracle au poison qu'on lui avait fait absorbé, le nom de la princesse resta, deux autres lui étant adjoint.

Illyasviel Aethyta Justizia d'Ignis était née.



Le vieil homme semblait complètement décontracté. Appuyé tranquillement sur sa canne, il attendait la réponse de son neveu comme s'il attendait juste qu'un petit cérémonial arrive à son terme, avant de repartir suivre son bonhomme de chemin. C'est peut-être cela qui choqua le plus Illya, malgré le fait qu'elle n'ai que six ans.
Cet homme qu'elle n'avait jusqu'à présent jamais vu se tenait au milieu de la salle du trône (vide d'ailleurs), sous le regard transperçant du Roi Iskandar d'Ignis, sans avoir l'air craintif ou respectueux. Comme si le trône n'était qu'un jouet pour gosses, que l'autorité absolue du Roi sur le moindre de ses sujets ne le concernait pas le moins du monde. C'était cette attitude de nonchalance confinant à la présomption qui estomaqua la princesse au premier abord.

« Cela ferait la quatrième de mes enfants, Schweinorg. Quatre. As-tu vraiment besoin d'en faire tes élèves ? Te paraîtrais-je incapable d'enseigner les flammes d'Ignis à la chair de ma chair ? »

Illya perçut clairement les intonations menaçantes dans les mots de son père. Et pourtant, l'autre se contenta de hausser les épaules, comme si cela lui passait largement au-dessus de la tête. Sans baisser les yeux devant la fureur royale, comme si le monarque était son égal.

« Quatre sur vingt, c'est n'est jamais qu'un cinquième, Iskandar. Et puis est-ce de ma faute si tes enfants font d'aussi bons disciples ? C'est un supplice de devoir choisir entre eux, sais-tu ? Et puis je me fais vieux, autant profiter du temps qu'il me reste pour transmettre mon savoir. »

Iskandar eut une sorte de rire amer.

« Que tu dis, Schweinorg. Enfin... C'est d'accord. Mais Illyasviel sera la dernière, suis-je bien clair ? »

« Parfaitement clair, mon neveu. Autant que la dernière fois. »

Tant d'impertinence ! Sa tête allait forcément tomber, c'était impossible autrement ! Le regard d'Iskandar s'assombrit, ses poings se serrèrent... avant qu'il n'éclate de rire.

« Sacré vieux fossile ! Tu ne plies le genou que lorsque que tu le veux bien, n'est-ce pas ? Soit, Schweinorg, soit. Mais cette fois, ce sera réellement la dernière. Inutile de venir réclamer une nouvelle fois dans le futur. »

« J'en prends bonne note, Majesté. »

« Hum. J'ai fait quérir Illyasviel, elle se trouve dans l'antichambre actuellement. »

« Je sais, elle nous observe depuis l’entrebâillement de la porte depuis tout à l'heure. »

Aïe. Prise en flagrant délit d'espionnage. D'aucuns auraient prétendu que non, pas du tout, ils n'écoutaient pas aux portes. D'autres auraient confessé leur crime et demandé pardon. Que sais-je encore, tant on est bête à six ans ? Mais pas Illya. Elle ouvrit la porte en grand et sans attendre l'ordre de son père, pénétra dans la salle, marchant avec toute l'arrogance dont elle pouvait faire preuve à cet âge jusqu'à rejoindre les deux hommes. Une fois arrivée à leur hauteur, elle prit entre ses doigts les pans de sa robe et les souleva légèrement, marquant sa présence d'une révérence qu'elle voulait impeccable.

« Père. Grand-oncle. Je suis la princesse Illyasviel d'Ignis. »

Ce fut le vieil homme qui répondit.

« Grand-oncle, hein ? Tu es curieuse, mais tu l'assumes, Illya. Et ça me semble bien cogiter là-dedans. Je sens que tu seras meilleure élève que ton frère, toi ! »

Devant le regard suspicieux d'Illya, Iskandar prit à son tour la parole.

« Ma fille, je te présente Schweinorg d'Ignis, ton grand-oncle comme tu l'as déjà compris. C'est un excellent magicien, et c'est à lui que je vais confier la suite de ton éducation magique. Il a déjà formé plusieurs de mes enfants, dont Vaïno. »

La pensée de ce grand-frère qui procurait tant de soucis à leur mère attisa la curiosité de la princesse. Vaïno était pour Illya une figure qui, sans pour autant briller par son absence, restait toutefois entourée d'un certain flou. Avant qu'il ne soit envoyé en Scandia pour y acquérir la maturité qui lui faisait défaut, le prince aux cheveux bleus passait le plus clair de son temps à faire diverses farces et bêtises, ou bien, plus couramment, à se mesurer (plus ou moins cordialement) à leur demi-frère Xalerq, et n'avait par conséquent guère de temps à consacrer à sa cadette. Ce qui n'avait jamais empêché sa jeune sœur de lui vouer une affection toute particulière.

« Je ne vous décevrais pas, Père. »

Iskandar acquiesça d'un hochement de tête alors que Schweinorg posait sa main noueuse sur l'épaule de la princesse.

« Et bien nous commencerons dès aujourd'hui, Illya. Viens, Rin doit attendre elle aussi pour sa leçon. »

Illya ne bougea pas. Oh non, pourquoi elle ? Iskandar savait pourtant parfaitement que Rin et Illya ne s'entendaient pas. Pas du tout. Non pas qu'elles se détestaient. Il n'y avait même pas d'antipathie entre elles. Juste un antagonisme, une rivalité farouche que rien ne sembalit pouvoir abolir. Et elles allaient devoir étudier ensemble ?
Et après tout, pourquoi pas ? Cela ne serait au final qu'un nouveau terrain sur lequel la battre, non ?

Avec cette idée en tête, Illyasviel releva la tête, pleine de fierté et de détermination, prête à en découdre, et quitta la salle du trône sur les pas de son grand-oncle qui ouvrait la marche. Oui, Père serait fier d'elle. Plus que de Rin.



Les flammes envahirent les cieux à l'instant où les deux sorts se rencontrèrent. Des vrilles incandescentes valsèrent dans l'air pour toucher Illya, qui fit un pas de côté pour esquiver l'attaque avant de riposter dans le même mouvement. La sphère de feu vola vers Rin qui la para d'un sort et d'un revers de la main. Le rythme effréné du duel ralentit alors, tandis que les deux princesses tournaient l'une face à l'autre, attendant de déceler la moindre faille pour reprendre les hostilités. Les yeux bleus de Rin étaient fixés dans les iris rougeoyants d'Illyasviel, et vice-versa, mais aucun sentiment ne semblaient animer ni les uns, ni les autres. Seule une froide détermination habitait ces deux regards. Le face à face des saphirs et des rubis se poursuivait dans un silence mortel.

En situation de combat réel, Rin aurait eu un avantage décisif : elle était une combattante plus qu'honorable, alors qu'Illyasviel, non contente d'être plus faible que son aînée de par son âge, n'avait jusqu'à présent jamais fait preuve d'un talent particulier aux maniement des armes. En vérité, c'était même plutôt l'inverse : elle s'était montré d'une efficacité désastreuse. Et si Rin avait voulu venir au contact, elle n'aurait fait qu'une seule bouchée de sa cadette.

Pour autant, ni l'une ni l'autre n'avait semble-t-il envisagé une solution martiale à ce duel, se bornant à l'usage de la magie pour désigner le vainqueur. Quand Illya avait lancé le défi à Rin et que celle-ci l'avait relevé, cela n'avait été pour elles qu'un épisode de plus dans leur rivalité constante. Aucune des deux princesses n'avait prévu, ou ne serait-ce qu'imaginé, que la nouvelle ferait le tour du palais en quelques heures à peine et qu'elles auraient une petite centaine de témoins pour attester de l'issue du duel... dont Schweinorg, quelques princes et chevaliers, la reine Aoï, Irisviel, et le roi lui-même.

Du coup, ce qui n'avait été au départ qu'un défi lancé sous le coup de l’énervement mais où personne ne se serait donné à fond avait pris une tournure drastiquement sérieuse. Ce n'était plus juste un combat pour rabattre le caquet à une rivale, c'était une scène où il fallait briller, en imposer, montrer sa puissance. Et c'était une place dans l'ordre de la succession qui était en jeu. Autant Illyasviel s'en fichait comme d'une guigne, autant se placer devant Rin serait plaisant, rien que pour voir sa tête et pour la narguer.

Quant à l'utilisation exclusive de la magie... après tout, Schweinorg regardait. C'était comme un test grandeur nature. Nul doute que ses prochaines leçons porteraient sur ce duel et son "corrigé". De plus, c'était l'occasion de montrer à leur père ce qu'elles avaient appris auprès du vieux magicien, de le rendre fier d'elles. Et quel meilleur moyen pour cela que faire preuve de leur talent dans la maîtrise des flammes d'Ignis ?

L'une d'elles esquissa un mouvement, et aussitôt le combat reprit de plus belle. Un déluge de sorts et de flammes s'abattit sur les deux jeunes filles, mais aucune d'entre elles ne semblaient prendre l'avantage. Une nouvelle pause eut lieu.

« Tu devrais abandonner, Illya. Si je deviens vraiment sérieuse, je pourrais te blesser. »

« Parce que tu en gardais sous le coude ? Tu me rassures, Rin. Je commençais à croire que tu étais trop faible pour m'obliger à arrêter les gamineries. »

« Présomptueuse. »

« Pimbêche. »

Ces mots semblèrent briser le cessez-le-feu, puisque les deux magiciennes... se jetèrent soudain l'une sur l'autre, comme si elle allaient oublier les sorts et en venir aux mains dans un crêpage de chignon en règle. Mais alors que seuls quelques mètres les séparaient encore, elles firent toutes deux appel au sort le plus basique qu'elles connaissaient, celui du Brasier. Faisant confiance à leur sang, elle se confrontèrent à la seul force du mana qui alimentait leurs sceaux. Les flammes se nourrissaient des flammes et la chaleur qui se dégageait de la colonne ignée s'étant formée entre elles les faisait transpirer à grosses gouttes. Petit à petit, les flammes d'Illyasviel gagnaient du terrain... bientôt, Rin serait forcée d'abandonner et elle aurait sa victoire sur sa rivale. Père serait fier d'elle, Mère également, le maître serait satisfait de ses progrès et avec un peu de chance, la nouvelle atteindrait Scandia et dans quelques jours, elle se réveillerait avec une lettre de Vaïno qui la féliciterait. A moins qu'il ne se déplace lui-même ?

C'est alors qu'elle sentit la résistance adverse disparaître. Même pas céder, tout simplement disparaître. Les flammes qui s'étaient accumulées sous l'effet conjugué des deux sorts se déversèrent alors comme un torrent en furie là où Rin se tenait. Ou plutôt s'était tenue, car survivre à cet enfer incandescent paraissait impossible à Illya, et pas seulement à elle, au vu de la clameur qui montait de l'assistance.
La princesse cessa aussitôt d'alimenter son sort. Elle était horrifiée. Elle venait de... tuer Rin... tuer sa sœur... Non ! Elle voulait juste lui donner une bonne leçon, pas la réduire en cendres ! Pourquoi cette idiote n'avait pas abandonné en sentant son mana l'abandonner au lieu de s'opposer à elle jusqu'au bout ? Pourquoi ? C'était sa sœur, sa précieuse sœur, et même si elles étaient rivales, Illya l'aimait comme telle !

La princesse tomba à genoux. Elle sentait que les larmes allaient couler à flots juste avant que la stupeur ne bloque toutes ses réactions physiques.

Un index s'était posé sur sa tempe, accompagné d'une voix qu'elle avait cru ne plus jamais entendre.

« J'ai gagné, Illyasviel. »

Ces mots résonnèrent dans le silence des lieux. Tout le monde semblait retenir son souffle, incrédule. Illya baissa la tête vers le sol, se longs cheveux blancs glissèrent devant son visage, camouflant au regard de tous les larmes, de joie cette fois, qui lui venaient.

« Oui, Rin. Et j'ai perdu. »

Tout en profitant de la main que Rin lui tendait pour l'aider à se relever, Illya réussit à essuyer ses pleurs sur le tissu de sa robe sans qu'on la voit. Elle ne pouvait pas montrer qu'elle avait pleuré à ceux qui étaient venus voir le duel. Mais Rin ne fut pas dupe, bien qu'elle ne releva pas.

« C'était un beau combat, mais tu es trop jeune pour pouvoir me battre. »

« Humpf. Profiter du fait que tu es plus âgée, et qui plus est, me le faire remarquer ainsi, c'est un comportement indigne d'une princesse, Rin. Tu devrais avoir honte de toi. »

« Quoi ? Sale petite peste, tu vas voir un peu... »

« Tssss. Rien à espérer de toi, décidément. »

Quelques mètres plus loin, Iskandar observait les chamailleries de ses deux filles avec un petit sourire, avant d'adresser un signe de tête en compliment à Schweinorg. Puis, d'une voix forte, il annonça devant tous le résultat du duel : Rin avait vaincu Illya, et par conséquent, chacune gardait sa position dans l'ordre de succession. La foule se dispersa.

Le soir venu, Iskandar vint rendre visite à sa fille dans la chambre de cette dernière. Il congédia les servantes avant de prendre son enfant dans ses bras.

« Tu t'es bien battue aujourd'hui, Illya. Je suis fier de toi. »

Si la petite fille était en effet tout sourire depuis que son père était entré dans la pièce, rarement celui-ci l'avait vu aussi heureuse que lorsqu'il eut prononcé ces mots.

« Merci, Père ! »

« Cela mérite bien une petite récompense, à mon avis... Que voudrais-tu ? »

Illya prit alors un air sérieux, regardant le monarque dans les yeux avec une insistance qui ne lui était guère coutumière, même pendant ses caprices.

« La Rivie, Père. Je veux la Rivie. »

Iskandar jugea la petite. Elle avait presque atteint douze ans à présent. C'était peu pour prendre la tête d'une province. Mais Illyasviel était intelligente, parfois plus que ce à quoi il s'attendait venant d'une enfant. Elle était têtue et capricieuse, mais elle savait se tenir en société et se montrer une parfaite demoiselle quand elle le souhaitait... et aussi quand il le fallait. D'un autre côté, elle connaissait bien la Rivie pour y avoir vécu plusieurs années : après tout, c'était la région natale d'Irisviel. Et il suffirait de nommer un intendant-conseiller, qui pourrait traiter les affaires courantes qu'une enfant ne comprendrait et ne supporterait jamais. Ignis ne manquait pas de gens loyaux et compétents qui verraient dans ce poste une aubaine à saisir pour leur carrière. Alors au final, pourquoi pas ? Après avoir démontré ce qu'elle valait aujourd'hui, Illya méritait bien d'endosser les responsabilités d'une princesse en plus de ses privilèges.

« C'est une bien grosse récompense que tu demandes là, Illya. Je devrais refuser. Mais... je pense qu'il est temps pour toi de commencer ton apprentissage dans un art aussi important que celui du combat ou de la magie. L'art de gouverner. C'est donc d'accord. La Rivie sera ton domaine. »




Grey Warden Song by Inon Zur on Grooveshark

Le 12 février 761, Altenberg.
« Princesse ! »

Les deux servantes l'avaient donc trouvée, finalement.

« Princesse, il ne faut pas nous fausser compagnie comme cela ! Que dirait votre Père si... »

« Silence, Sella. Ca va commencer. »


Sella ne comptait pas se taire et abandonner aussi facilement la victoire à sa royale demi-sœur, mais sa propre jumelle, Leysritt, posa tranquillement sa main sur son épaule. Sella soupira : Leysritt n'était peut-être pas bavarde ni très expressive, mais c'était elle qui comprenait le mieux Illya, et si elle pensait qu'il valait mieux ne pas insister... elle avait sans doute raison. Les deux servantes s'assirent donc de chaque côté de leur maîtresse et se préparèrent au spectacle.

Le goût d'Illyasviel pour les jeux du cirque était un mystère aussi bien aux yeux de Leysritt qu'à ceux de Sella... Mais bien qu'il ne soit partagé ni par ses aînées, ni par leur mère, et qu'Iskandar n'ait pas eut l'air d'y montrer plus de goût que ce qu'exigeait sa position, il semblait acquis pour tous qu'Illya adorait voir les esclaves se battre pour la survie du plus fort d'entre eux.

« Et maintenant, messeigneurs, veuillez applaudir l'entrée en scène des bestiaires et de leurs fauves ! »

Des hurlements de quelque chose à mi-chemin entre la joie, le plaisir, l'impatience et le sadisme montèrent comme une vague des tribunes. Les hommes et les bêtes foulèrent le sable de l'arène sous les acclamations du public, mais Illyasviel restait aussi silencieuse que ses suivantes. Joqh'orro, le maître-gladiateur, lui avait promis une surprise de taille pour aujourd'hui, et elle guettait l'arrivée de celle-ci avec une impatience non dissimulée.
Une heure de combat s’égraina petit à petit, lentement, trop lentement aux yeux de la princesse, sans que rien ne sorte de l'ordinaire. Un ordinaire de terre, de sueur, de sang et de neige. Car les arènes riviennes ont en effet ceci de particulier : aucune concession à la beauté du spectacle, une sauvagerie des combats inégalée à travers Ignis, et un froid mordant qui se pose en adversaire de chacun des combattants. L'hypothermie est dans cette province une condition de victoire comme une autre.

**********

« Y a vraiment besoin de tout ça, patron ? J'veux dire, un arbalétrier devrait suffire. »

« Je ne veux pas prendre de risques, crétin. Avec un peu de chance on peut survivre à un carreau. Alors qu'avec douze, je suis à peu près sûr qu'elle mourra, peu importe ce qui se passera. »

« Ca... Ca me fait de la peine de la tuer, patron. Elle est toute mignonne, ça ferait un joli brin de fille dans quelques années. »

« Elle a le sang d'Ignis, tu oublies. Elle te grillerait la gueule avant  même que tu aies eu le temps de la vendre à un bordel. Et hors de question de laisser une gamine s'occuper de la région. Je ne tiens pas à ce qu'elle mette son nez dans nos affaires. »


**********

Joqh'orro prit la parole d'une voix de stentor, alors que les cadavres étaient évacués de la piste.

« Pour fêter l'arrivée de Son Altesse Illyasviel d'Ignis à la tête de notre belle province, moi, Joqh'orro, humble maitre-gladiateur, j'ai parcouru Ignis pour vous offrir le plus beau des combats ! »

Les hommes entrèrent en paradant dans l'arène, rutilants de gloire et d'huile, les muscles comme des barriques sous leurs armures hétéroclites, salués par une ovation de la foule.

« Ils viennent de toutes les provinces : Gracchus Maximus de Latia, Burborygamos de Lex, Jae'ho d'Akindor, Vil-Morgan de Scandia, et je ne puis tous les citer ! Tous se sont illustrés les armes à la mains et sont reconnus comme des grands parmi les grands !

Avons-nous en Rivie un gladiateur capable des les affronter ? Oui, mesdames, n'en doutez point ! Nous avons notre champion ! »


Des noms fusèrent, chacun dans l'assistance tentant de deviner quel gladiateur aurait l'honneur d'être mis sur un pied d'égalité avec les étrangers. Illyasviel, quant à elle, se doutait que sa surprise était imminente, mais nul ne lui venait en tête.

« Vous ne l'avez jamais vu, amis riviens, car je l'ai formé moi-même, dans le plus grand secret, dans l'attente d'un tel jour. C'était un enfant de la forêt lorsque je l'ai recueilli, élevé par les bêtes sauvages plutôt que par les hommes. Il ne sait même pas parler, mais je lui ai appris à se battre. Et quel guerrier il est devenu ! Je l'ai vu étouffer trois hommes d'une seule étreinte, je l'ai même vu briser l'échine d'un lion sur son genou !

Messeigneurs, mesdames, Votre Altesse, voici le clou du spectacle d'aujourd'hui ! Voici le Berserker ! »


Le silence fut soudain omniprésent. N'eut-été l'onde sonore déclenchée par chaque pas du colosse qui entrait à présent dans l'arène, on aurait entendu la neige tomber. Il était immense, d'une stature incroyable, d'au moins deux mètres cinquante de haut. Ses muscles étaient si saillants qu'on les aurait cru taillés dans le roc. Une montagne à forme humaine était la métaphore la plus juste qui venait en tête à quiconque le regardait. Une montagne en marche, avec des cheveux en broussaille et qui portait une sorte de hache en pierre gigantesque à la main.

La corne sonna le début du combat, réveillant les gladiateurs fanfarons qui étaient restés bouche bée, estomaquée, en face de ce nouvel ennemi. Et aussitôt, ce fut le carnage. Le Berserker se montra d'une efficacité épouvantable. Et comme tous l'avaient pressentie dès le premier regard sur lui, il fut le seul survivant. Un grondement rauque monta de sa gorge, une sorte de rugissement qui avait plus sa place dans la gueule d'un animal que dans la bouche d'un être humain.

**********

Dans la loge princière, nul n'avait perdu quoi que ce soit du combat, nul n'avait eu d'yeux pour autre chose que pour le titan. Joqh'orro se retourna alors vers la princesse pour s'enquérir de son contentement.

« Alors, Votre Altesse, ma surprise v... »

Illyasviel avait disparu.

**********

Elle foulait à son tour le sol de l'arène, elle aussi. Elle eut une pensée envers sa demi-sœur Octavia qui elle, participait régulièrement aux combats de gladiateurs en son domaine de Latia. Elle comprenait à présent pourquoi. Il y avait dans cette montée d'adrénaline qu'elle ressentait à présent quelque chose de démentiel, une poussée de confiance en soi irrésistible, une sensation d’omnipotence hallucinante. Comme si franchir le seuil de ce temple de violence suffisait à faire d'elle une déesse.

Les cris qui retentirent soudain était aussi divers que variés : colère, frayeur, enthousiasme... Des encouragements montèrent des gradins, la foule était derrière elle, elle la sentait presque à la traverser, gonfler son sang d'une énergie nouvelle et incommensurable. Plus personne ne pouvait l'arrêter désormais, ni les gardes, ni Joqh'orro, ni Sella et Leysritt. Ils lui feraient perdre la face devant son peuple et le sachant, s'en garderaient bien.

Le Berserker se rua sur elle. Elle n'était qu'un adversaire de plus à écraser dans son esprit animé par une rage primale. Mais il ne réussit pas à franchir l'intégralité de la distance les séparant.

« Que mes ennemis ploient sous le remords de m'avoir défiée ! »

Les chaînes enflammées fendirent l'air, s'agrippant aux membres du colosse, lui barrant le torse, brûlant sa peau comme du parchemin. Son élan brisé, le sauvage guerrier tomba à genoux, s'écrasa sur le sol comme une masse vaincue par la gravité, un hurlement de douleur inhumain montant de sa gorge avant de se répercuter à travers tout l'édifice.

Illya marcha jusqu'à lui avec une démarche royale. Puis elle prit la parole à l'attention de la populace.

« Je connais le dicton rivien, celui-là même qui est gravé sur le frontispice de cette arène. Tous les hommes doivent mourir. Et vertu de la coutume, je devrais achever le vaincu. Non, vous dis-je ! Car à ce dicton je réponds par la loi d'Ignis : tous les hommes doivent servir ! Et celui-là me servira, comme chacun d'entre vous et comme je sers mon père, le Roi Iskandar 1er. Car je suis Illyasviel d'Ignis, et en Rivie, dès aujourd'hui, ma parole a force de loi ! »

Sous les vivats et les acclamations, la princesse se pencha vers le colosse et, en soulevant de ses propres mains la chaine incandescente qui lui barrait le front, malgré la morsure des flammes, elle prit l'énorme tête de Berserker et l'enserra comme une mère son enfant, lui glissant à l'oreille d'une voix douce ces quelques mots.

« Sois gentil, sois calme, mon Berserker. Plus personne ne te fera de mal, tu es avec ta princesse maintenant. »

Et elle relâcha son sort, faisant disparaître les chaînes qui retenaient la montagne humaine.


**********

« La garce, elle bafoue toutes nos traditions ! »

Il vit soudain les chaines disparaitre, et il comprit qu'il n'y aurait pas de meilleure occasion. La gamine mourrait au moment où la furie sanguinaire du "primate" se déchainerait, rendant la tâche des gardes presque impossible et lui donnant une chance en or pour s'échapper parmi les badauds paniqués.

« Maintenant, tirez ! »

Son complice déclencha le signal et dans un ensemble presque parfait, douze carreaux d'arbalète fusèrent vers la frêle silhouette de la princesse.

**********

La main de Berserker, cette main immense qui aurait pu briser la tête de la jeune fille d'une simple pression, s'empara du corps de la princesse et la ramena vers lui, alors que dans le même mouvement, le titan se tournait, présentant son dos aux projectiles qui vinrent s'y ficher comme des cure-dents dans une botte de foin.

Sans pousser un cri, alors que déjà des bruits de lutte venaient des tribunes, il reposa Illyasviel par terre, avant de s'effondrer au sol, face contre terre. Tétanisée, Illya regardait les douze empennes qui dépassaient de son échine. Et quand on vient — bien vite ! — s'enquérir d'elle, elle eut un ordre pour seule réponse.

« Allez quérir tous les médecins de la Rivie, d'Ignis s'il le faut, mais sauvez-le. Ne le laissez pas mourir, car je lui dois douze vies. »

Et tandis qu'un énorme brancard était assemblé à la hâte pour y transporter le corps du Berserker, Sella et Leysritt rejoignirent leur demi-sœur. Et tandis que le convoi s'ébranlait vers la citadelle de Cidaris, Illya regarda son sauveur s'éloigner, avec un petit murmure.

« Je t'ai enfin trouvé... mon pactisant... »




Sorceresses by Adam Skorupa & Krzysztof Wierzynkiewicz on Grooveshark

Le 22 septembre 761, Vries, citadelle de Kaer Morhen.

Vries n'était pas une ville aussi assourdissante qu'Altenberg ou qu'Aelirenn. Il faut bien reconnaitre que les joailliers étaient des artisans moins bruyants que les forgerons, et que contrairement aux vendeurs du marché, ils restaient bien au chaud dans leurs ateliers plutôt que de s'égosiller en place publique. Le commerce de l'argent semblait en outre attirer une faune plus privilégiée, naturellement plus calme, plus ordonnée. Et sans passants opportuns pour entraver sa course, le carrosse allait tranquillement, au petit trot, à travers les rues vers la citadelle de Kaer Morhen, où Illyasviel était attendue.

Terranova l'aida à descendre du véhicule, et bientôt, c'est une petite procession composée de la princesse, de Berserker (entretemps devenu son pactisant et son chevalier), de l'intendant, du général Garus Tagaryan et d'une bonne douzaine de gardes qui arriva aux portes de la citadelle.

La femme qui les attendait portait une robe avec cape et capuchon magnifique, aux broderies délicates, finement ouvragées. Un diadème orné d'une alexandrite couronnait son front, tandis qu'un collier de pierres de lune se dévoilait à peine sous une cascade de cheveux auburns, dont les boucles s’amoncelaient et coulaient d'une façon si captivante que vos yeux en suivait le mouvement, descendant, descendant jusqu'à être accrochés par le rebond d'une délicieuse poitrine mise en exergue par un corset fort serré. Elle était belle, et c'était un euphémisme : il suffisait de la voir pour comprendre qu'elle savait jouer de ses charmes et qu'elle en avait déjà usé maintes fois.

« Votre Altesse Royale. Je suis Roxana de Vries, pour vous servir. »

« Relevez-vous, Roxana. »

« Merci, votre Altesse.  Je vous prie d'excuser l'absence de mon grand-père, mais il a subi une grave grise hier soir et le médecin a proscris toute visite. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous guider au cœur de Kaer Morhen. »


Alors que l'assemblée emboitait le pas à la magicienne, la princesse se remémora se qu'elle savait d'elle. Roxana de Vries était la petite-fille de Peter de Vries, un magicien qui avait été l'un des plus proches partisans du prince qui avait précédemment régné sur la Rivie. Peter avait réussi à obtenir, à faorce de loyauté et d'obéissance, la gouvernance de la ville de Vries (y gagnant au passage une particule) et des droits sur Kaer Morhen. Depuis, personne n'ayant rien à reprocher à sa gestion des affaires courantes de la cité, et le revenu des impôts étant en lente mais constante augmentation depuis son arrivée, nul ne l'avait jamais dépossédé de ses prérogatives sur Kaer Morhen. Entretemps, sa fille Tissaia était morte de maladie, et quand Peter tomba gravement malade (il restait depuis alité, reclus dans le donjon de Kaer Morhen), cinq ans avant qu'Illyasviel ne règne en Rivie, c'est donc sa petite-fille Roxana qui prit en charge les contacts avec l'extérieur au nom de son grand-père.

« Si nous avons sollicité la présence de son Altesse, c'est pour l'informer d'un projet que mon grand-père avait imaginé. Depuis qu'il est tombé malade, c'est moi qui poursuis son œuvre, et ce sont nos premiers résultats que je souhaiterais vous montrer. »

« Continuez. »

« Connaissez-vous les pactisants, princesse ? »


Illyasviel réprima un léger rire. Elle en savait en effet plus que l'écrasante majorité des ignisiens sur le sujet, au vu de sa relation particulière avec Berserker.

« C'est là chose interdite par décret royal depuis la fondation d'Ignis. L'utilisation de la langue interdite est nécessaire, si mes souvenirs sont exacts. Ce qui constitue un acte passible de la peine capitale. »

Roxana eut un sourire tout à fait charmant devant la réponse d'Illya.

« Vous avez entièrement raison, Votre Altesse. Mais nous y perdons un fort potentiel. En plus de son pouvoir unique, un pactisant possède une vitesse, des réflexes et une force accrus, ainsi qu'une sorte de "protection". Mon grand-père a envisagé plusieurs moyens de reproduire ces effets sans utiliser la langue interdite, mais nous n'avons eu qu'un succès limité. Si l'on oublie le pouvoir et la protection, toutefois, j'estime que cette expérience est un succès. »

Les mots de la maitresse de Kaer Morhen les abasourdirent tous. Sauf Berserker qui restait impassible. Bizarrement. Mais Roxana continua sa route, menant ses hôtes dans une partie souterraine de la citadelle. Il faisait de plus en plus chaud. Garus posa finalement la question que tous avaient aux bords des lèvres.

« Vous... vous avez réussi à amplifier les capacités physiques ? Comment avez-vous procédé ? »

« Oh... ce n'est pas vraiment magique, vous savez... Regardez, voilà l'un de nos jardins. »


La pièce dans laquelle ils venaient d'entrée était envahie par les plantes : herbes, arbres, buissons, et autres fleurs formaient une sorte d'Eden naturel, une arche de Noé du règne végétal. De complexes et ingénieux systèmes répartissaient eau, lumière et chaleur selon les besoins de chaque groupe de plantes.

« Nous disposons à Kaer Morhen d'au moins un exemplaire des plantes connues en Albion, réparties entre différents jardins comme celui-ci, de façon à reproduire les conditions naturelles de leurs environnements.

De ces plantes, nous extrayons les sucs et les sèves, les feuilles et les tiges. Nous les mélangeons, nous les distillons, nous en faisons des élixirs aux propriétés extraordinaires. Administrés à des humains depuis leur plus tendre enfance, ils développent leur musculature, leur vitesse, leur vivacité, leur endurance, leur métabolisme. Ils en font des matériaux parfaits pour être forgés en des guerriers d'exception. »


Pour le général qu'était Garus, c'était presque un rêve qui devenait réalité : la potion du Surhomme, imaginez un peu ! Avec ça, Ignis balaierait quiconque se mettrait en travers de sa route !
Illyasviel, elle, attendait tranquillement la suite. Il y avait forcément un revers à la médaille... Mais son grand-père était trop enthousiasmé pour s'en rendre compte, apparemment :

« C'est fantastique ! Si on donnait ces breuvages à tous nos soldats... »

« Je vous le déconseille. Ces produits sont extrêmement toxiques. Depuis qu'ils ont trois ans, nos sujets en ingèrent des doses croissantes, se forgeant petit à petit une résistance. Pour certaines toxines, ils deviennent même immunisés. On appelle ce processus mithridatisation.

Même ainsi, neuf sujets sur dix meurent avant d'atteindre 20 ans, de façon directement imputable aux élixirs. On déplore aussi, malheureusement, d'autres pertes pendant les entrainements. »

« Ce n'est pas tout, n'est-ce pas ? »

« Non, princesse : leur espérance de vie, d'après mes prévisions, ne dépasse pas les quarante ans. Mais en contrepartie, nos sorceleurs, comme nous les avons baptisés, sont aux limites du potentiel humain : ils sont plus forts, plus rapides, plus résistants. Venez voir. »


Roxana les guida à travers les couloirs jusqu'au chemin de ronde. De cette position surplombant la cour intérieure, ils purent assister à l'entrainement des apprentis sorceleurs tandis que la magicienne expliquait ce qu'ils voyaient, y compris d’étranges machineries aux allures dangereuses :

« Le balancier sert à leur apprendre l'équilibre, par exemple. Nos meilleurs éléments sont capables de se battre sur une poutre suspendue. Là, vous voyez nos maitres d'armes, recrutés à travers tout Ignis pour leurs talents. Là, les pendules servent à simuler le combat en infériorité numérique : chaque pendule dispose d'un mécanisme rendant son oscillation aléatoire. Le sorceleur doit rester le plus longtemps possible entre eux avant de se faire éjecter. On a parfois des os brisés avec ça, voire pire, mais c'est pédagogiquement efficace. »

« Où recrutez-vous vos sujets, dame de Vries ? »
questionna Terranova.

« Nous les achetons très jeunes aux marchands d'esclaves. Malheureusement, peu correspondent à nos critères : excellente forme physique et potentiel magique, c'est une denrée rare. »

« Pour quelle raison avez-vous besoin de magiciens ? »

« Nous leur apprenons quelques sorts basiques pour compléter leur talents martiaux. Comme ils utilisent un langage des signes basé sur la position et les mouvements des doigts d'une main, nous appelons ces sorts des Signes. Ils sont peu puissants mais c'est un appoint appréciable à leur épée.

De plus, ils reçoivent un enseignement leur apprenant à préparer eux-mêmes des élixirs qu'ils boivent avant le combat, et qui ont différents effets : réduction, voire annulation, de la sensation de douleur, de la fatigue et du besoin de sommeil, diminution du temps de réaction ou des réactions émotionnelles, etc... »


Illyasviel était captivée : que quelqu'un ait pu avoir l'idée de conduire un pareil projet, c'était complétement ahurissant. Sans même parler du fait que cela fonctionnait. Mais une question la taraudait tout de même...

« Dites-moi, Roxana, tout cela m'a l'air de coûter une vraie fortune, et je pèse mes mots... Comment vous financez-vous ? »

Roxana se crispa légèrement, l'air légèrement embarrassée.

« Et bien, nous comptons à terme vendre les services de nos sorceleurs à qui déliera sa bourse de manière suffisante. Mais nous n'en sommes qu'à nos premières réussites : nous n'avons que trois sorceleurs prêts pour l'instant. Ce sont les premiers à être arrivés au terme de la formation. Jusqu'ici... eh bien les gouverneurs de Rivie ont tous financé le projet jusqu'à présent. »

« Ah. Je comprends mieux la raison pour laquelle vous m'avez fait venir : vous vouliez vous assurez que l'argent continuerait de couler, n'est-ce pas ? Non, inutile de dire quoi que ce soit, je suis d'ores et déjà convaincue. Vous aurez votre financement, Isengrim Terranova ici présent y veillera. Et je compte même faire l'acquisition du meilleur de vos sorceleurs. »


Le soulagement et la satisfaction se peignirent sur les traits de Roxana. Elle s'inclina dans une révérence parfaite devant Illya.

« Avec le plus grand plaisir, princesse. Je vais vous présenter "Adieu"... »




I Am the One (Dark Fantasy version) by Inon Zur on Grooveshark

Le 2 novembre 761, Altenberg, citadelle de Cidaris.

Sella et Leysritt s'affairaient. Sécher Illyasviel sortant de son bain n'était pas une aussi mince affaire qu'il y paraissait au premier abord : si la princesse était menue, ne présentant par là qu'une faible surface mouillée, ses longs cheveux nécessitaient plus de temps et d'efforts pour être impeccable. La jeune fille, debout nue dans sa chambre, laissait travailler ses demi-sœurs avec la patience qui sied à une grande dame pour ce genre de choses. Sella la peigna tandis que Leysritt appliquait sur sa peau d'albâtre baumes et parfums. Puis, avec application, elles revêtirent la princesse de la Robe des Cieux. Parfaitement ajustée pour Illya, le délicat habit vint faire une seconde peau à la fillette, renforçant son élégance naturelle et lui conférant une prestance nouvelle, éthérée, enchanteresse.

« Tu es prête, Illya. »

Leysritt, comme à son habitude, faisait fi des politesses et des convenances en privé, s'attirant un regard courroucé de la part de Sella. Mais Illyasviel restait sa soeur, et par conséquent, Leysritt ne pouvait se résoudre à lui donner de l'altesse quand le protocole ne l'exigeait pas. Et la princesse appréciait ce trait de caractère chez son aînée.

« Merci, Leys. Sella, c'est l'heure ? »

L'intéressée acquiesça d'un hochement de tête.
Illyasviel, suivie par les deux servantes et par Berserker, qui restait toujours à ses côtés, sortirent de l'aile réservée aux appartement princiers. Là, "Adieu", le sorceleur qui lui servait désormais de second garde du corps, et au besoin, d'exécuteur des basses œuvres,  quitta son poste de faction et se joignit au petit groupe. Ils arrivèrent devant la salle du trône, où Isengrim Terranova les accueillit et se mit à fournir les dernières nouvelles à la princesse tandis que celle-ci montait vers les deux trônes et s'installait, dans le moins imposant des deux, l'autre étant réservé au Roi quand il se déplaçait en Rivie.
Berserker se plaça à gauche derrière sa maitresse, tandis que l'ours qui lui servait de familier se couchait aux pieds de la princesse. Quelques marches plus bas venaient Terranova l'intendant ainsi qu'Adieu et dans la salle, se positionnant clairement du côté du pouvoir, on voyait arriver des dignitaires et des officiels, comme Garus Tagaryan, le grand général, ainsi que des courtisans et des personnalités connues mais plus... excentriques, dirons-nous, tel que Sarifa Lhynn, officieusement Chasseresse Royale de Rivie, chargée de la traque des opposants et des criminels et de leurs exécutions, la préférence personnelle de la demoiselle allant pour la pendaison en place publique.

Quand tout le monde sembla avoir trouvé sa place, le héraut annonça l'ouverture de la séance de doléances. Les maîtres des guildes entrèrent en groupe, représentants d'un bloc les forgerons, les possesseurs miniers, les riches marchands, et quelques autres professions. Ils venaient se plaindre des nouvelles lois imposées par la princesse, pas vrai ? Ils voulaient les négocier ? Mais qu'ils le fassent ! Elle les surprendrait s'ils croyaient pouvoir la leurrer avec leur marchandage.

* Débattez-vous, luttez tant que vous le pouvez, tant que vous le voulez. Ma poigne se referme sur vous d’inexorable façon. Et quand vous serez définitivement sous ma coupe, je pourrais m'attaquer au pire de votre espèce. Votre tour viendra, vous de la Congrégation Marchande... et nous vous ferons rentrer dans le rang comme les autres.

Car le sang d'Ignis ne souffre pas d'autre puissance que la sienne. *


L'ours noir eut un grondement de satisfaction en réponse à la main de sa maîtresse lui grattant l'oreille.

FIN


Autre
Comment avez-vous connu le forum ?:
On a appâté mon autre compte avec une carotte.

Des choses à améliorer ?:
On ne me voit pas assez !

Crédits:

Avatars :
Illyasviel : Illyasviel von Einzbern from Fate/stay night
Iskandar : Tohsaka Tokiomi from Fate/zero
Irisviel : Irisviel von Einzbern from Fate/zero
Väino : Lancer from Fate/prototype
Schweinorg : Kishua Zelretch Schweinorg from Nasuverse
Rin : Tohsaka Rin from Fate/stay Night
Berserker : Berserker from Fate/stay Night
Isengrim : Emiya Kiritsugu from Fate/zero
Sella : Sella from Fate/hollow Ataraxia
Leysritt : Leysritt from Fate/hollow Ataraxia
Sarifa Lhynn : The Sheriff of Lynchwood from Borderlands 2
Joqh'orro : Original Character (Barbarian comm) by YamaO
"Adieu" : Geralt de Riv from The Witcher
Roxana : Original Character by (auteur inconnu)
Garus Tagaryan : Original Character (Guild Master) by Satibalzane

Musiques :
Katyusha by Hamaguchi Shirō from Girls und Panzer OST
Die Lorelei –shape 201– by SUGAMO children's chorus from NUMBER 201
Chant of the Black Ravens by Inon Zur from Icewind Dale 2 OST
The Drunken Whaler by Daniel Licht from Dishonored OST
Grey Warden Song by Inon Zur from Dragon Age OST
Sorceresses by Adam Skorupa & Krzysztof Wierzynkiewicz from The Witcher 2 OST
I Am the One (Dark Fantasy version) by Inon Zur from Dragon Age OST

Les poèmes, en anglais comme en français, sont en revanche ma propriété intellectuelle personnelle.

Un dernier mot ?:
ALL HAIL ILLYA !

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Mar 16 Juil - 21:04

FICHE COMPLETE !!!


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Mer 17 Juil - 16:34
Et une d'Ignis de plus, une!! Notre loli nationale est arrivée =p

Très belle fiche, très belle plume, et une jolie citation en signature, que demande le peuple? Allez, passons rapidement du côté des rangs.

Puissance - Rang A:

Malgré une aptitude au corps à corps proche du néant, la puissance magique naturelle d'Ilya demeure bien au dessus des mesures magiques, même au sein de sa propre famille. Elle n'est handicapée que par l'ignorance de la langue ancienne, ainsi qu'un pacte de haut niveau. Si l'on peut considérer cela comme un handicap...

Influence - Rang A:

Princesse d'Ignis, tout est dit. Je pense qu'il y a suffisamment de présentations de la famille royale pour que les gens comprennent ce que cela signifie.

Bienvenue et bon RP ^^




"J'effacerai toutes les tragédies de ce monde."

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