Shanàn Arkh'eil



 

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Shanàn Arkh'eil

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Messages : 122
Age : 0
Métier : Chasseuse
Humeur : Grmf
Points Histoire : 68
Jeu 6 Oct - 22:54
Identité :


Nom:
Arkhaia de Eliël, dit Arkh'eil parce que ce magnifique nom à rallonge n'a plus tellement de signification.
Prénom(s):
Shanàn
Âge:
17 ans
Genre:
Femme
Nature:
Humaine
Affinité:
Feu
Pays:
Apatride, mais est née et a vécu à Terra pendant 15 ans
Métier:
Chasseuse, forgeronne et accessoirement émissaire du feu (mais ça, ce n'est pas vraiment un métier)
Langues:
Langue courante. La langue ancienne est pour elle un charabia incompréhensible.
Thème:
Aura - Bergersen


Caractère :


Si un jour vous êtes amenés à rencontrer Shanàn, tenez-vous bien et serrez les dents – ou les fesses, au choix – car la jeune chasseuse est loin d’être un individu facile à vivre, que ce soit pour une minute ou pour une vie. Vous aurez soit besoin de nerfs d’acier, soit d’une force phénoménale, soit d’une perspicacité redoutable, soit une patience à toute épreuve. Bon, peut-être est-ce à un tantinet un peu exagéré, mais il va sans dire que Shanàn a vu bien plus d’une personne excédée par le comportement de l’émissaire. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’elle adore provoquer les gens qui l’entourent, usant sans pitié d’un sarcasme si caractéristique que certains font de ce terme son second prénom. Mademoiselle Sarcasme. Ou Ironie, au choix. Mais ce n’est pas par méchanceté pure que Shanàn adopte ce genre de comportement. D’ailleurs, selon les individus concernés, le degré d’acidité de ses répliques moqueuses varie, et il va sans dire que les plus heureux dans l’histoire sont les êtres les plus chers aux yeux de la jeune chasseuse. Bien entendu, elle ne leur épargne aucune moquerie – parce que qui aime bien châtie bien – mais elle le fait avec sympathie. Par contre, ses interlocuteurs, qu’ils soient ennemis ou amis, doivent se débrouiller seuls pour savoir comment interpréter les propos espiègles la jeune femme. Oui, cette dernière est espiègle, et comme dit précédemment, n’est pas méchante dans le fond – sauf si elle le veut vraiment, mais de manière générale, ce n’est pas le cas. Elle se considère plutôt comme étant taquine, bien qu’elle puisse blesser involontairement plus d’un individus par ses propos. D’autant plus qu’elle a tendance à parler avant de réfléchir, et non l’inverse, ce qui fait d’elle une interlocutrice spontanée et directe, qui n’a pas peur de mettre les pieds dans le plat. Et qui ne sait accessoirement pas comment aborder un sujet en prenant des pincettes.

Ainsi, quand quelque chose va de travers, elle ne s’embarrasse pas pour le faire remarquer. Autrement dit, elle a la critique facile, d’autant plus si le travail qu’elle a sous les yeux est bâclé. Et oui, Shanàn se considère comme pratiquante d’un métier à part entière, celui de chasseuse, et estime avoir donc le droit de critiquer le travail des autres. N’y voyez là qu’un juste retour des choses, car elle accepte volontiers la critique de son propre travail. Enfin, volontiers est un terme peut-être exagéré. Elle n’accepte la critique que si celle-ci est parfaitement fondée, autrement, attendez vous à une rafale imminente de sarcasmes tous aussi brûlants les uns que les autres. Et oui, Shanàn est à l’image de l’élément qu’elle manipule, elle est facilement ‘inflammable’. Elle a beau être provocatrice dans son parler, elle a elle-même tendance à partir au quart de tour lorsque son interlocuteur vient à bout de sa patience. Et sachez que Shanàn n’est pas franchement réputée pour avoir beaucoup de patience, sauf lorsqu’elle exerce son métier. Un coup de poing ou une petite flamme est bien vite partie vous savez, même si elle essaye d’éviter, en principe, que chacune de ses discussions ne s’achève sur un incendie de quartier.

Certains pensent que Shanàn porte un regard hautain sur le monde, et la jugent comme étant un être arrogant. Mais la vérité est en réalité toute autre. Il est vrai que la chasseuse montre une certaine confiance en elle, ne serait-ce que pour faire bonne publicité, mais elle n’a pas vraiment une très haute estime pour elle-même. Elle sait qu’elle est loin d’atteindre la perfection, et quand bien même le don que lui a fait Ehol est puissant, elle estime qu’elle n’a pas à se sentir supérieure aux autres pour la simple raison qu’elle a un jour croisé la route du sage des quatre chemins. Aussi se sent-elle assez gênée lorsqu’on la vénère pour ses pouvoirs, et préfère donc éviter de mettre les pieds dans des endroits où elle attirerait trop l’attention. Et elle méprise par ailleurs tous les autres êtres qui s’estiment être supérieurs au commun des mortels, avec tendance narcissique ou mégalomaniaque. Ces derniers ne sont par ailleurs pas les seuls méprisés par l’émissaire du feu. En effet, si il y a une autre catégorie de personnes que la jeune femme exècre le plus au monde, il s’agit de celle des individus se lamentant sur leur sort, mettant en avant leurs souffrances et racontant toute leur vie à la première malheureuse oreille qui aurait eu la mauvaise idée de traîner dans le coin. Notons par ailleurs que Shanàn n’aime pas personnellement parler de son propre vécu et de ses propres expériences, préférant garder ce genre de chose pour elle-même.

Shanàn est en effet quelqu’un de très indépendant, mais cela n’est pas synonyme de solitude. Ouverte et sociale – pour peu que l’on puisse supporter ses piques ironiques – l’émissaire du feu peut se montrer chaleureuse, mais aura cependant beaucoup de mal à admettre qu’elle se préoccupe du sort d’autrui sans en être extrêmement gênée. Car il faut savoir que Shanàn possède aussi une certaine fierté qui l’empêche de déclarer ou montrer un certain nombre de choses en grand public, comme l’inquiétude pour un être cher. Mais sachez que si vous avez une place dans le cœur de Shanàn, cette dernière sera prête à un grand nombre de choses pour assurer votre bonheur, ou au moins votre sécurité. D’ailleurs, certains remarqueront que la demoiselle a tendance à s’énerver encore plus rapidement lorsqu’il est question de quelqu’un qui lui est proche, plutôt que d’elle-même.

Enfin, dernier détail, mais non des moindres : Shanàn est un vrai garçon manqué. Aussi cette dernière a des manières assez masculines, un parler masculin et des goûts vestimentaires… masculins. Qu’on prenne des pinces avec elle parce qu’elle fait partie de la gente féminine la met particulièrement en rogne, et il n’est d’ailleurs pas rare qu’on la prenne pour un jeune homme. Il faut dire que son timbre de voix ou son physique n’aident pas, mais elle s’en contrefiche. Ca l’arrange, même.


Morale :


Sachez que Shanàn est un être pessimiste et pragmatique. Ehol existe, certes – elle est la mieux placée pour le savoir – mais demeure un être humain, malgré ses pouvoirs divins, et est donc affligé des mêmes défauts que le reste de l’humanité. Comprenez par là qu’elle n’est pas une adeptes des plus fervents de la religion, même si elle nage elle-même en pleine mythologie. Pour elle, implorer une divinité est uniquement preuve de faiblesse de l’homme, et considère ainsi que celui-ci peut améliorer sa condition uniquement par ses efforts. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle n’aime pas accéder aux requêtes de tous ses ‘adorateurs’ grâce à ses pouvoirs particuliers, à moins que cela n’aille atteindre sa conscience.

Parlons-en de sa conscience, ou plutôt de sa morale, si l’on utilise des termes précis. Shanàn considère que les Bien et le Mal sont des notions relatives selon les individus, et qu’elle ne peut prétendre agir pour le Bien de l’humanité, puisqu’il y aurait toujours un point de vue qui la considèrerait comme mauvaise pour ses semblables. Elle ne cherche pas à être l’individu sans reproches sauvant l’humanité comme le fait Ehol. Toutefois, nombre d’individus considèrent que l’émissaire du feu a un bon fond. En effet, la jeune femme a tendance à aider son prochain, si elle juge que celui-ci le mérite. Autrement dit, qu’il n’attende pas les deux pieds sous la table sans ne s’être jamais essayé à la cuisine. Par ailleurs, elle supporte assez mal les injustices, même si elle n’a, là non plus, pas la prétention de vouloir faire triompher la justice sur tout le continent.

En effet, Shanàn se considère comme un être humain ayant eu un peu plus de chance que les autres, mais un être humain quand même. Un seul être qui n’est pas capable de changer l’humanité toute entière simplement par son pouvoir destructeur – qu’elle essaye de changer en pouvoir créateur, par ailleurs. Elle considère en effet que l’humanité a bien trop de défauts pour pouvoir au final survivre sans s’autodétruire. Les vices humains font partie intégrante de l’humanité, et jamais on ne pourra l’en amputer, telle est sa façon de considérer l’humanité. Elle demeure toutefois hésitante sur la finalité de cette dernière : finira-t-elle par s’autodétruire totalement, ou survivra-t-elle pour l’éternité en équilibrant ses vices avec quelques-uns de ses qualités ? Quand bien même Shanàn est une pessimiste dans l’âme, elle reconnaît que l’humanité n’a pas que des défauts, notamment dans sa capacité et volonté d’aider son prochain. C’est d’ailleurs probablement grâce au geste d’Ehol que sa théorie n’est pas devenue totalement désespérée.

C’est donc assez paradoxalement qu’elle aide son prochain dans le moment présent, et qu’elle ne pressent que du malheur pour l’humanité dans le futur. Toujours est-il qu’elle demeure assez sceptique vis à vis de la volonté d’Ehol, qui veut faire d’Albion une terre où fleurissent les pâquerettes, traversée par des arcs-en-ciel.


Physique :




Shanàn est une jeune femme. Mais non, ce n’est pas le scoop du siècle. Et pourtant, certains croiraient que si. Un certain nombre de personnes prennent l’émissaire du feu pour une jeune garçon efféminé, plutôt qu’à une fille aux tendances androgynes. Remarquez, cela a plutôt tendance à l’arranger, surtout en Ignis, où le statut de la femme n’est pas des plus désirés et désirables. Et, comme dit précédemment, Shanàn a horreur que son statut de femme lui vaille des égards supplémentaires, aussi ne fait-elle rien pour améliorer les choses – d’ailleurs, elle n’ira pas rectifier celui qui la prend pour un homme, pas plus que celui qui la prend pour une femme. Mis à part ce détail, la jeune femme apparaît comme un être assez normal aux premiers abords.

De taille légèrement inférieure que celle de la moyenne féminine – un mètre soixante, si vous voulez tout savoir – Shanàn ne s’impose pas par son physique, mais par son caractère (voir plus haut pour les détails). D’ailleurs, son langage corporel est de manière général en accord avec son parler, à savoir les bras souvent croisés sur sa poitrine, son regard moqueur ou provocateur. Mais pour en revenir à l’apparence globale de l’émissaire du feu, celle-ci possède une carrure svelte, sans pour autant posséder les courbures caractéristiques des corps féminins qui auraient mis de côté les doutes sur son genre. Sa musculature se révèle être discrète bien que travaillée, et malgré son caractère bourrin, Shanàn est loin d’être une force de la nature capable de déplacer des montagnes – quand bien même son coup droit laisse quelques souvenirs. Elle possède néanmoins assez de force pour manier correctement un arc, qu’il soit long ou court, ainsi que le marteau de forge dont elle se sert pour façonner ses lames, tout en demeurant une jeune femme de 17 ans qui n’a pas bénéficié d’entraînement militaire, juste d’une enfance passée dans les hautes montagnes de Terra – ce qui joue tout de même sur son endurance et sur sa capacité à gravir les sommets à la vitesse des chamois.

Ainsi, lorsque l’émissaire du feu se retrouve en position où la force n’est plus que le seul moyen de se faire entendre, elle aura tendance en premier lieu à essayer de tirer parti de sa force physique relative, avant de passer rapidement à la catégorie supérieure, à savoir un feu assez redoutable et redouté. Sachez néanmoins que Shanàn se révèle être une très bonne tireuse à l’arc, et qu’elle préfère d’ailleurs utiliser ses flèches plutôt que son feu destructeur. Enfin, telle est sa résolution première, mais il y a des fois où il est difficile pour la jeune femme de respecter cette dernière…

Lorsque vous croisez pour la première fois son regard, leur couleur oscillant entre le bleu ciel et le bleu marine vous interpelle, avant que vous ne dénotiez rapidement la présence d’une lueur espiègle dans ce regard océan. Il est en effet rare que ce regard demeure impassible, la jeune femme ayant bien du mal à dissimuler ses émotions. Ce bleu peut se révéler être d’une froideur comparable à celle des mers du grand Nord, mais peut aussi dissimuler une chaleur réconfortante, toujours accompagnée de cette lueur moqueuse, taquine. On dit que les yeux sont le reflet de l’âme, et c’est tout à fait le cas pour les prunelles de l’émissaire du feu. Celles-ci ne sont par ailleurs pas les seules à exprimer les états d’âme de la chasseuse, chacun de ses traits fins étant animés différemment selon la pensée de la jeune femme. Haussements et froncements de sourcils, rictus de dégoût, sourire moqueur, moue boudeuse… Toutes ces expressions font vivre le visage de l’émissaire du feu, qui ferait décidément une très mauvaise diplomate.

Ce visage si expressif est encadré par une chevelure blonde comme les blés, dont les mèches atteignent la première vertèbre cervicale, dans un dégradé plus ou moins ordonné. Une partie des cheveux de la jeune femme sont en principe attachées derrière son crâne, pour un côté pratique, mais les mèches les plus courtes de sa frange ont toujours une fâcheuse tendance à se balader de temps à autre devant les yeux bleutés de la chasseuse – sans trop la gêner, heureusement. Et oui, Shanàn est blonde aux yeux bleus. Mais à vous de voir si vous voulez vous retrouver avec une tatane dans la tronche de sa part suite à une remarque de mauvais goût à ce sujet. D’ailleurs, le soin de sa chevelure est souvent le cadet de ses soucis, ce qui lui donne plus un aspect de crinière désordonnée que de cascade soyeuse dorée.

Côté vestimentaire, les considérations de l’émissaire du feu sont à peu près les mêmes : loin d’elle l’élégance des princesses d’Ignis et de la noblesse d’Albion. Etant férue voyageuse, chasseuse et forgeronne, elle a plutôt intérêt à privilégier le côté pratique des choses. Exit donc les robes et jupes se coinçant dans les étriers de sa monture. Ce sera toujours vêtue d’un pantalon que vous verrez l’émissaire du feu. La rengaine est la même pour reste de sa tenue, aussi privilégie-t-elle les tuniques courtes, ne descendant pas plus bas que le haut des cuisses, à manches longues – il semblerait qu’elle soit devenue insensible à la chaleur à cause de son pouvoir. Gantelets et bottes en cuir viennent compléter sa tenue, ainsi qu’une ceinture où elle accroche bourse et lame courte, rangée dans un fourreau simple. Il lui arrive de temps à autre de s’équiper d’une épaulière matelassée pour protéger son épaule gauche en cas de besoin. Et elle se sépare rarement de son arc, qu’elle passe en bandoulière lorsqu’elle ne l’utilise pas, et de ses flèches rangées dans un carquois tantôt accroché à sa ceinture, tantôt en bandoulière. Mettez tout ça sur un cheval, ajoutez-y sa platitude proche de celle d’une planche à pain, et vous obtenez un être… dont on ne sait pas vraiment s’il s’agit d’un homme ou d’une femme.


Compétences générales: :


Essence chasseresse :
La vocation première de Shanàn est celle de la chasse. Chercher une proie, la traquer, la pister, l’abattre. Ou encore, s’embusquer, dresser un piège, et attendre patiemment. Que sa proie passe dans son champ de vision, qu’elle puisse l’abattre d’un tir précis à l’arc. Il s’agit là de la principale activité professionnelle de Shanàn, dans laquelle elle excelle, grâce à son sens de l’observation et à sa précision au tir. D’ailleurs, elle fait preuve d’un certain sang-froid inattendu lorsqu’elle chasse, mais cela se cantonne à ce domaine, et ce domaine uniquement. Ensuite, en terme de négociation avec les bouchers voire les villageois directement, il est facile d’énerver la jeune femme…

L’art de la forge :
Il y a plus ou moins deux années et quelques mois que Shanàn s’est intéressée à l’art de la forge, en réfléchissant à un moyen d’utiliser son pouvoir autrement que par la destruction. C’est en allant acheter des pointes de flèches chez un artisan qu’elle a eu cette idée, et qu’elle a commencé son initiation auprès de ce même artisan. Pendant deux années, la jeune femme a payé différents forgerons du monde entier pour saisir les subtilités de l’art – ce qui n’est parfois pas évident quand on voyage et apprend en même temps. En bref, elle connaît les bases du métier, est capable de produire quelques éléments plus ou moins bien réussis, mais qui ne sont en aucun cas des pièces d’exception – sauf dans de très rares… exceptions. A noter qu’elle se passe d’une grande partie de l’attirail habituel des forgerons, à savoir la forge elle-même, les pinces, les gants… Il lui arrive parfois de se poser sur un rocher qui lui plaît bien en cours de route pour tenter de produire quelque chose.

L’âme montagnarde :
Shanàn a passé toute son enfance dans la montagne… La haute montagne, hein. Celle où les villages sont isolés l’hiver, où le moindre déplacement implique d’avoir en sa possession une bonne paire de jambes ou de skis primitifs – voire même de patins – et où tout habitant se tue à l’effort, qu’il soit homme ou femme. Gravir les sommets, s’orienter et survivre en haute montagne, mener du bétail dans alpages… Tout cela, Shanàn connaît, et sait faire. Une montagnarde pure et dure, même si cela a parfois tendance à en étonner certains.

L’équitation improvisée :
Shanàn a reçu quelques bases d’équitation pendant son enfance en haute montagne, mais les montures étant principalement utilisées pour transporter les denrées plutôt que les hommes, elle n’a pas eu le privilège de connaître tous les avantages et inconvénients du grand voyage avant qu’on ne lui donne son premier cheval, avec lequel elle appris un autre genre d’équitation assez improvisé, qui lui sert pour voyager à travers le monde. Mais qu’on se comprenne bien : Shanàn n’est pas une grande cavalière, elle est juste capable de voyager les fesses posées sur un destrier. Et c’est à peu près tout. Elle essaye de temps à autre de s’entraîner au tir monté, mais ce n’est pas encore tout à fait ça. Et pour le combat à cheval, n’en parlons pas.


Équipement, objets divers :


Aodhan :
Peut-on réellement appeler Aodhan un équipement ? Pas vraiment, elle serait la première à s’en offusquer et vus donnerait un coup de sabot bien placé si vous parliez d’elle en ces termes, mais… bon. Si vous ne l’aviez pas compris, Aodhan est une jument, compagne de Shanàn dans ses voyages à travers Albion. Parce que parcourir le monde à pieds, ça met un certain temps… Et surtout, cela permet à la jeune chasseuse de ne pas se trimballer avec tout son matos sur le dos, entre ses vivres, ses éventuelles gibiers chassés, ses matières premières… En principe, elle n’essaye de ne pas trop surcharger sa monture, dont elle ignore par ailleurs notamment l’ascendance, n’ayant qu’à moitié écouté les propos de celui qui lui a offert Aodhan à propos de l’arbre généalogique du cheval. De toute façon, elle s’en fiche, Aodhan est un bon destrier, probablement pas destiné à l’art de la guerre, mais assez rapide quand elle le veut, et surtout endurante. Et qui a aussi permis à Shanàn de s’initier seule à l’équitation.

Sùil :
En tant que chasseuse, il y a un outil dont Shanàn ne se sépare quasiment jamais : son arc. De taille moyenne, de souplesse idéale pour convenir à l’art de la chasse, cette arme est destinée en premier lieu à abattre les proies de l’émissaire, mais a aussi un certain potentiel en tant qu’arme de crime, si jamais vous aviez la mauvaise idée de vous en prendre à Shanàn. Chaque arc étant passé entre les mains de cette dernière a reçu le nom Sùil de la part de la jeune femme, quand bien même leur forme ou leur composition ait différé. Mais de manière générale, Shanàn utilise toujours le même type d’arc, adapté à sa morphologie, qu’elle répare ou change selon ses besoins.

Ord :
Ord est un marteau, mais du genre de ceux que l’on balance en pleine poire des gens que l’on n’apprécie guère – enfin, même si c’est le cas, cela peut quand même vous arriver. Son usage premier est celui d’un marteau de forge, permettant à Shanàn de façonner le métal comme elle le souhaite – enfin, à peu près. Somme toute assez classique et pas trop lourd, il convient parfaitement à l’émissaire qui est loin d’être une virtuose dans l’art de la forge. Si elle lui a donné un nom, c’était juste pour le fun, en fait.

Gealach :
Gealach est un héritage familial de la famille Arkhaia de Eliël. Ou plutôt, est censé l’être, puisque l’original n’est plus entre les mains de Shanàn mais lui a été volé le jour où elle a touché le fond. Il s’agit d’une simple dague dont la seule particularité est la chaînette reliée à la poignée, au bout de laquelle pend une petite lune en argent. L’émissaire du feu a, quelques années après son vol, reforgé cette lame gravée dans son souvenir, en faisant appel à un orfèvre pour la partie concernant la lune en argent. Elle serait bien entendu heureuse de retrouver l’original, mais cela n’a pas non plus une importance capitale pour la jeune femme qui essaye de ne pas trop s’attacher aux objets. D’ailleurs, même si cette dague est ‘précieuse’ à ses yeux, elle s’en sert pour accomplir toutes sortes de besognes, notamment pour dépecer les cadavres des animaux qu’elle chasse – mais pas pour prendre la vie d’humains en premier lieu.

Bien entendu, la jeune femme transporte avec elle d’autres objets, comme une petite réserve de flèches qu’elle renouvelle de temps à autre, une deuxième dague, des vivres, de l’argent, des matières premières, des lames qu’elle a elle-même forgées…


Pouvoir - Princesse des flammes - Rang ?? :


Shanàn a été touchée par le sage des quatre chemins, qui lui a conféré le pouvoir de manipuler la chaleur et les flammes. Elle ignore la raison pour laquelle Ehol l’a choisie elle, mais toujours est-il qu’elle s’efforce de maîtriser son pouvoir, dont la puissance s’accroît lorsque la colère gagne la jeune femme. Ce pouvoir a parfois tendance à l’effrayer, mais elle s’est décidée à prendre le taureau par les cornes et apprendre à le maîtriser plutôt que de le nier et de l’enclencher involontairement sous le coup de la colère. Cet apprentissage, elle ne l’a pas achevée, mais elle sait déjà faire nombre de choses inaccessibles pour le commun des mortels. Elle évite toutefois de trop se reposer sur ce pouvoir, même si elle a la fâcheuse tendance d’oublier ses résolutions lorsqu’elle réagit au quart de tour – ce qui arrive assez souvent en fait.

Les flammes sont destructrices. La jeune femme peut si elle le veut, réduire en cendres tout ce qui est combustible. Sauf qu’elle ne le veut pas, et heureusement pour nous tous. C’est la seconde facette de son pouvoir qu’elle a découvert, et qui s’enclenche le plus facilement lorsque Shanàn est en proie à la colère.

Les flammes sont créatrices. Allumer une bougie, elle sait faire, aussi. Elle ne fait pas que cramer tout ce qui passe, je vous rassure. Récemment, elle a trouvé une utilité créatrice à son pouvoir, en s’initiant à l’art de la forge, dans lequel elle se passe des fourneaux massifs des véritables artisans. Elle a conscience que créer des armes finit par détruire la vie à un moment où à un autre, et c’est pour cette raison qu’elle préfère vivre de la chasse plutôt que de la forge de lames. Et, tant qu’elle y est, elle préfère façonner des couteaux de cuisine plutôt que des épées de guerre – même si cela lui arrive.

Les flammes sont protectrices. La jeune femme sait contrôler la température des corps, à partir du moment où elle ne descend pas en-dessous de la température de 20°C. Aussi peut-elle protéger de la chaleur certains objets ou individus, elle la première. C’est d’ailleurs cette facette de son pouvoir qu’elle a découvert en premier, en constatant que les flammes ne lui faisaient aucun mal et qu’elle supportait avec aisance les températures élevées de la saison chaude.

Ce sont là les principaux usages que Shanàn fait de son pouvoir. Mais elle peut s’avérer être très inventive de temps à autre et trouver d’autres utilisations à ses flammes…


Influence - Rang A :


Shanàn descend de la lignée Arkhaia de Eliel dont l'honneur a été souillé par un crime d'adultère sommé à celui d'inceste, mais cela n'a pas vraiment eu de répercussions sur le vécu de la jeune chasseuse, le crime remontant à quelques générations antérieures. Certains esprits un peu plus cultivés que d'autres connaissent l'histoire des Arkhaia de Eliel, mais peu d'entre eux savent que les Arkh'eil sont en réalité une des branches de cette lignée éclatée par le crime.

Ayant passée son enfance dans un village des hautes montagnes de Terra, l'Emissaire du Feu n'a pas vraiment tissé de liens remarquables en ce lieu, même si elle était considérée amicalement par la plupart des gens du coin de manière générale, bien qu'une cretaine distance était de mise avec la fille d'un violeur des valeurs fondamentales de Terra. Mais le caractère isolé du village en question fait que cela n'influence pas vraiment la manière dont les gens du monde entier la considèrent.

Assez paradoxalement, elle se fit bien plus connaître de la population en un an et quelques mois de vie à Liliana, où elle y fit ses débuts en tant que célébrité en sauvant le fils d'Elven Harkis, capitaine de la milice de la ville plutôt apprécié du peuple, d'un incendie d'une manière assez spectaculaire. Les connaissances d'Elven Harkis furent donc assez rapidement ses clients – et parfois ses admirateurs, à son grand dam – de même qu'une bonne partie de ceux qui avaient assisté à sa sortie remarquable d'un bâtiment complètement en feu. Bien évidemment, d'autres se sont mis à craindre la jeune fille et à la considérer comme en engeance, mais ceux-ci avaient et ont tendance à ne pas trop s'en vanter. De ce fait, la réputation de Shanàn en tant qu'élue divine est bien plus répandue que son contraire. Une réputation qui fut d'ailleurs renforcée au cours d'un fait d'arme involontaire de la part de Shanàn qui débarrassa un village non loin de Liliana d'une bande de bandits s'y étant installée pour taxer les habitants de leurs biens. Elle gagna par la même occasion le respect de quelques chevaliers royaux qui étaient en route pour intervenir et mettre fin à la tyrannie de la bande. Elle reçut par ailleurs plusieurs propositions d'adoption au sein de familles nobles, mais préféra demeurer chez les Harkis et poursuivre ses activités de chasseuse tout en commençant sa formation de forgeronne – et refusant par la même occasion la reprise d'un cursus scolaire.

Son départ plus ou moins précipité de la ville en fit jaser certains, mais la plupart des habitants continuent de voir en Shanàn une jeune fille au don divin et au grand cœur, même si cela la fait franchement râler. Elle préfère par ailleurs y être reconnue pour son talent de chasseuse et de patineuse...

Sa réputation ne se limite pas à Liliana, mais elle est bien moins reconnue ailleurs dans le royaume. Quant aux autres pays, quelques rumeurs sont colportées, mais on a tendance à reconnaître l'Emissaire du Feu pour son talent de chasseuse plus que pour ses pouvoirs octroyés par Ehol... Encore heureux, sinon elle serait incapable de vagabonder tranquillement à travers Albion...

Et, bien entendu, n'oublions pas qu'elle compte parmi ses connaissances le divin – et naïf – Ehol.


Relations :


(N.B. : tous les personnages présentés ici, à part Reina Arkh'eil, Sven Arkh'eil et Ehol sont susceptibles d'être des PV)


Reina Arkh'eil, mère de Shanàn

La vie de Reina Arkh'eil de sa naissance jusqu'à sa rencontre avec un mercenaire ayant abouti à la naissance de Shanàn ne fut pas très extraordinaire. Fille aînée de deux montagnards tout aussi communs l'un que l'autre, elle se contenta sans aucun problème de la vie parfois dure de la haute montagne, sans plus d'ambitions. Elle hérita des biens et terres de ses parents suite à leur mort et les entretint avec l'aide d'autres villageois jusqu'à la naissance de sa fille à cause d'une relation passagère avec un mercenaire d'Ignis. Une bouche de plus à nourrir s'avéra toutefois être une charge trop grande pour que Reina conserve toutes ses terres – malgré les aides sociales – et dut donc, petit à petit, en vendre une certaine partie, jusqu'à ce que son frère, parti faire ses études en ville, ne revienne lui prêter main-forte. Mère attentionnée, elle était aimée de sa fille et de son frère, malgré son caractère fort dont semble avoir hérité Shanàn – enfin, la jeune Arkh'eil a eu droit au gène empiré, il semblerait... Ce fut elle qui initia et entraîna sa fille à l'art de la chasse, et lui inculqua les moyens de survie en haute montagne, puis fit passer le relais à son frère afin de se consacrer totalement aux durs labeurs du travail. Sa vie prit néanmoins fin trois ans plus tôt lorsqu'elle fut atteinte d'ecchinococcose alvéolaire après avoir ingéré des baies contaminées.

Sven Arkh'eil, oncle et père affectif de Shanàn

Frère cadet de Reina Arkh'eil, Sven quitta son village d'origine pour descendre en ville bénéficier des études gracieusement offertes par le royaume grâce aux aides sociales. Il entreprit un cursus militaire, dans lequel il ne s'illustra pas vraiment par ses performances, qui restaient toutefois convenables. Promis à un poste de base dans l'armée du royaume, Sven s'était résigné à accepter ce qu'on lui offrirait, puisqu'il fallait de tout pour faire une armée, y compris des troufions de base. Il abandonna néanmoins la carrière qui lui était promise lorsqu'il apprit les conditions dans lesquelles sa sœur aînée se trouvait, et rentra chez lui afin de l'aider à vivre et à élever sa fille dans de meilleures conditions. Il permit notamment à Shanàn de perfectionner sa technique de chasse, et l'initia au patinage et aux autres moyens de locomotion particuliers utilisés en haute montagne – comme les raquettes, par exemple. Malgré cela, il perdit la vie lors d'une excursion de chasse en haute montagne avec d'autres villageois, à cause des mauvaises conditions météorologiques. En dépit du fait que Sven n'était pas le père génétique de Shanàn, celle-ci le considérait comme son père, et fut donc très affectée par son décès – mais ne s'apitoya pas dans le désespoir lorsque Reina lui mit les yeux en face des trous avec une tarte.

Le Forgeron, pédagogue patient

Artisan de Liliana, ayant accepté d'initier Shanàn à son art suite à sa demande, afin de trouver une autre utilité à son don que celui de cramer vif les gens en trois secondes un quart. Habituel fournisseur de la chasseuse pour ses pointes de flèches, il faisait partie des plus grands admirateurs de l'Emissaire du Feu... avant qu'elle ne devienne son apprentie. Depuis, il la considère différemment, plus humainement, et est, dans un sens, le seul être qui a compris la manière dont Shanàn considère son don. Qui a compris que la jeune chasseuse craint le pouvoir qui lui a été donné par Ehol. C'est lui qui a confié son premier marteau – Ord – à l'Emissaire, et l'a aidée à forger la réplique de Gealach, sans être totalement au courant de l'histoire de cette arme. Au cours de la formation de Shanàn, il s'est d'ailleurs découvert une incroyable capacité à garder son sang-froid, et une patience assez remarquable, qui fait que, depuis le départ de la chasseuse, il accepte d'initier d'autres enfants ou adolescents à son art. Il est d'ailleurs la seule personne à laquelle Shanàn a rendu visite avant de s'éclipser de Liliana, sans qu'elle ne lui ait pour autant confié les raisons de son départ. Il se doute toutefois que cela a un rapport avec son pouvoir, mais par respect pour l'Emissaire, il n'a fait part de ses soupçons à personne... Le nom de l'artisan est malheureusement passé à la trappe dans la mémoire parfois un peu défaillante de la chasseuse, qui le regrette d'ailleurs, mais qui n'ose toujours pas remettre les pieds à Liliana.

Elven Harkis, capitaine au grand cœur

Elven Harkis descend d'une famille bourgeoise, mais pas noble, implantée à Liliana depuis plusieurs générations. Peut-être est-ce pour cette raison qu'il est plutôt bien aimé des habitants de cette cité, qui se sentent plus proche de lui que des chevaliers descendant de nobles lignées. Capitaine au sein de la milice de Liliana, et chargé donc de la protection de la ville, il compte un certain nombre de relations amicales, tout en bénéficiant d'une réputation de militaire sérieux et appliqué. Ayant fait des études militaires dans l'une des cinq écoles de Terra, il fut directement promu à son poste actuel lors de la fin de ses études, et l'occupe depuis maintenant un certain nombre d'années, refusant de monter plus haut dans la hiérarchie afin de garder un contact proche avec le peuple qu'il protège. Il se maria à l'âge de vingt-cinq ans avec Alwine Selenay, qui lui donna un fils quelques années plus tard. Cette union amoureuse se transforma toutefois bien vite en une vie commune banale, sans plus de passion. Alwine trouva une seconde fois l'amour auprès d'un autre homme mais ne put l'avouer à son mari, et vécut un certain temps avec la culpabilité d'avoir des sentiments pour un homme qui n'était pas son mari – ce qui revenait donc à un crime. Cette culpabilité la conduisit à l'aigreur, qui l'amena notamment à entretenir une relation distante avec son fils, et à inquiéter son mari, qui tenta de lui redonner le sourire de différentes manières. Alwine finit toutefois par se suicider par crémation, incendiant le domicile familial, duquel subsista toutefois une partie dans laquelle purent vivre Elven, Enoal et Shanàn après l'incident. Inquiet pour son fils en manque d'affection et ayant subi un choc émotionnel, le capitaine proposa à Shanàn, qu'il appréciait pour ses services de qualité, d'habiter avec lui et Enoal, afin de lui servir de soutien après le drame qui avait eu lieu. La demande était certes intéressée, mais lorsque Elven se rendit compte que Shanàn était une enfant de la malchance, il lui offrit sa compassion et son soutien financier sans aucun remords. La chasseuse refusa toutefois de prendre le nom de Harkis et de devenir fille adoptive d'Elven, mais se considéra pendant une brève année comme partie du foyer d'Enoal et d'Elven. Celui-ci ignore d'ailleurs la raison pour laquelle Shanàn a quitté leur demeure du jour au lendemain sans prévenir, Enoal ayant gardé pour lui l'incident à l'origine de cette fuite. Le militaire aurait tout de même bien aimé passer quelques années supplémentaires en compagnie de Shanàn, et ne peut donc éprouver que de l'incompréhension vis-à-vis de son départ... En attendant la réponse à ses questions, Elven demeure capitaine de la milice de Liliana, remplissant avec zèle ses fonctions jour après jour, portant toujours autant d'attention au peuple.

Enoal Harkis, ami et quasi petit frère

Fils unique d'Elven Harkis et d'Alwine Selenay Harkis, il fut sauvé de l'incendie provoqué par sa mère par Shanàn, en simple visite chez les Harkis afin de récupérer sa paye. Choyé par ses parents jusqu'à l'âge de trois ans, le jeune Harkis fut toutefois victime de l'aigreur de sa mère à partir de cet âge-là, lorsqu'elle commença à éprouver des sentiments pour un autre homme qu'Elven. Enoal subit toutefois en intériorisant ses sentiments, jusqu'au jour où sa mère mit fin à ses jours par crémation. Chérissant le vague souvenir de sa mère aimante pendant ses trois années de vie, le jeune Harkis mit un certain temps à accepter la femme qu'était devenue Alwine, ainsi que sa mort. Ce processus fut toutefois facilité par le soutien parfois un peu crû de Shanàn, qui, avec ses cinq ans de plus, devint quasiment une grande sœur pour lui, malgré le peu de temps qu'ils passèrent ensemble – une année. Ce temps prit fin lorsque Shanàn brûla vifs cinq adolescents au cours d'un combat de rue, en prenant la défense d'Enoal, mais le blessant malheureusement au bras gauche par la même occasion. Connaissant Shanàn, Enoal n'éprouve que peu, voire aucun ressentiment à l'égard de la chasseuse, contrairement à ce qu'elle croit, et a même gardé l'incident secret, l'Emissaire du Feu ayant même pris soin de l'amener à un établissement de soin avant de s'éclipser de Liliana. Malgré la récupération incomplète de son bras gauche, Enoal insista pour débuter un cursus militaire, qu'il vient de débuter. Même si il éprouve quelques difficultés à cause de son handicap physique, il parvient à compenser avec la talent naturel qui avait rendu jaloux certains adolescents dans le temps...

Ehol, enfant divin

C'est probablement dans un élan de pure compassion qu'Ehol a ramassé à la petite cuillère Shanàn dans une ruelle sombre et lugubre d'une ville frontalière d'Ignis, après qu'elle se soit faite abusée et violée par des soudards, ayant une vision typique d'Ignis de la femme. Non seulement il a soigné et ramené de l'autre côté de la frontière la jeune chasseuse cherchant désespérément son père au prix de nombreux efforts, mais il lui a aussi fait don d'un pouvoir divin lui permettant de contrôler les flammes – il n'a juste pas jugé utile de lui donner le mode d'emploi. Shanàn a côtoyé en tout et pour tout Ehol pendant une seule journée, durant laquelle elle eut l'occasion de constater la naïveté de l'enfant, autre versant d'une bonté qui lui avait sauvé la vie. A présent, elle est reconnaissante envers lui pour lui avoir sauvé la vie, mais conserve de nombreux doutes sur la manière dont le sage des quatre chemins voit le monde...








Autre :


Comment avez-vous connu le forum ?:
Par une pub intempestive invitation du fondateur.

Des choses à améliorer ?:
Euh... pas pour l'instant ?

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Le personnage utilisé en tant qu'avatar est Leonardo de Fire Emblem : Radiant Dawn (oui, c'est un mec, et alors ? xD)

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Pour Ehol : Ion de Tales of The Abyss
Pour Elven : Dunban de Xenoblade
Pour Enoal : Matthew de Golden Sun
(toutes les images des personnages secondaires proviennent de Zerochan)

Thème du perso : Aura de Thomas Bergersen, de son album Illusions

Un dernier mot ?
Waza !


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Lun 9 Jan - 18:53
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C’est la fin ? …

Non, je refuse !

Je refuse que cela se finisse ainsi !

Pourquoi en suis-je arrivée là ?

Je me suis battue, j’ai persévéré !

J’ai fait des efforts…

Tout effort doit payer…

Ca ne peut pas s’arrêter…

C’est insupportable.


La souffrance… Les larmes…

Ce sentiment d’impuissance…



Sales chiens !

Sales chiens, je vous hais !

Ca ne se finira pas comme ça !

Je ne vais pas m’arrêter là !

JE VAIS VIVRE !



- … vais pas mourir.

Sa voix n’était qu’un souffle. Qu’un râle agonisant. Sa chevelure blonde, tâchée de sang, maculée de poussière, étouffait encore plus les propos de la jeune fille au sol, face contre terre. Ses doigts brisés raclaient avec peine la terre, cherchant en vain à saisir une opportunité. Une opportunité pour survivre. Comme elle l’avait déjà fait jusque-là. Ses habits n’étaient plus que des lambeaux ne couvrant plus aucune partie de sa féminité. Ses yeux entrouverts ne laissaient percevoir qu’une faible lueur de vie dans son regard bleuté. Les larmes avaient creusés des sillons dans la fine couche de saleté maculant ses joues pâles. Une douleur tenace irradiait son entre-jambe, et l’un de ses membres inférieurs avait d’ailleurs pris une angulation assez contradictoire au reste de son corps. Ses poignets étaient marqués de nombreuses traces rouges, témoignant de la violence avec laquelle ils avaient été maintenus, et de la violence avec laquelle s’était débattu la jeune fille. De nombreuses ecchymoses couvraient une bonne partie de son corps faible.

- Qu’est-ce qu’elle dit elle ? fit une voix railleuse.

L’un des hommes s’était retourné et toisait à présent la jeune fille d’un air hautain, un sourire méprisant sur les lèvres, les mains enfoncées nonchalamment dans ses poches. Le regard de sa victime regagna légèrement en intensité, lançant des éclairs bleutés à l’individu qu’elle jugeait méprisable. Qu’elle haïssait. De tout son être. Il haussa un sourcil et fit quelques pas en direction de la jeune fille.

- Pour qui tu t’prends, sale catin ? T’as pas assez mordu la poussière p’tetre ? A Ignis, ta place est à mes pieds. En train de me lécher les bottes, alors arrête de me regarder comme ça !

La jeune fille poussa un faible grognement, seul désaccord qu’elle pouvait émettre oralement. Jamais elle ne se soumettrait. Jamais elle ne ravalerait sa fierté devant un homme tel que lui. Quand bien même il l’avait ravagée mentalement et physiquement. Elle ignorait d’où venait cette étincelle de volonté qui venait de se raviver dans son esprit, mais celle-ci l’amenait à résister. Tremblante, sa main encore à peu près en état s’éleva, et effectua un doigt d’honneur qui ne serait ni le premier, ni le dernier qu’elle adresserait à un individu qu’elle méprisait du plus profond de son être.

- Sale chienne !

Et le pied de l’homme partit percuter de plein fouet la tête de sa victime. Et il ne s’arrêta pas là, puisqu’il saisit la dague pendant à sa ceinture pour la planter profondément dans la main levée de la jeune fille, la clouant au sol et faisant gicler encore un peu plus d’hémoglobine. Elle poussa un cri, et, faisant écho à sa souffrance, les larmes se mirent de nouveau à couler le long de ses joues crasseuses. Un deuxième homme s’approcha du premier, d’un pas caractéristique de ceux dont le taux d’alcoolémie seul suffit à faire s’évanouir le premier médecin passant par-là, et posa sa main sur l’épaule de son ‘camarade de jeu’ – ou plutôt, il s’affala à moitié sur lui.

- Hé… Laisse tomber mon vieux… T’façon, elle va bientôt crever dans cet état-là… Bien lentement… Une mort bien digne d’un déchet comme elle, gnahaha !

Le premier homme donna un dernier coup de pied au corps étendu à ses pieds, dont l’esprit se trouvait de nouveau loin de la réalité, la jeune fille ayant perdu conscience sous le coup de la douleur. Puis il s'éloigna avec un éclat de rire, supporté – et/ou supportant son acolyte.



Les ténèbres. Insondables.
Le désespoir. Profond.
La haine. Aussi intense qu'inutile.

Une lueur. Si douce. Si réconfortante.

Et pourtant, en ce monde, tout n'est qu'égoïsme. La main tendue est une idylle.


« Pardonne les. »


La douce chaleur de l'astre solaire la réveilla en douceur, les premiers rayons matinaux venant caresser le corps engourdi de la jeune fille. Ses paupières s'ouvrirent et se refermèrent deux trois fois avant que ses prunelles bleues ne puissent apprécier pleinement l'environnement dans lequel l'adolescente se trouvait. Et lorsqu'elle se rendit compte, en posant le regard sur un massif montagneux figurant dans le paysage, qu'elle n'était plus du tout dans les bas quartiers de la ville frontalière d'Ignis dans laquelle elle avait eu le tort de mettre les pieds, elle se redressa brutalement, faisant glisser au sol la couverture de laine qui lui avait probablement empêché de se transformer en glace à la Shanàn pendant la nuit – d'expérience, elle savait que les nuits étaient assez froides en région montagneuse. Son regard saphir parcourut rapidement les environs, reconnaissant sans peine un paysage caractéristique de ceux de sa région natale, dans laquelle elle devait probablement se trouver. N'en croyant pas vraiment ses yeux, elle se prit la tête entre les mains, tentant de se remémorer comment elle avait pu voyager depuis Ignis jusqu'aux hautes montagnes de Terra sans vraiment s'en rendre compte.

- Par Ehol, grommela-t-elle, j'deviens réellement marteau...

Est-ce que tout n'avait été qu'un rêve ? Le passage à Ignis, le marché qui avait mal tourné, l'abus de ses clients... Cette dernière pensée provoqua un frissonnement involontaire chez la jeune fille blonde, qui se rappela avec horreur de chacun des instants pendant lesquels elle avait été à la merci de ces hommes d'Ignis. Cela ne pouvait être un rêve. Tout avait été réel, son corps s'en souvenait. Et elle ressentait au plus profond d'elle un sentiment d'impureté dont elle ne pouvait se débarrasser. Tremblante, la jeune fille se leva, et se débarrassa un à un des habits neufs dont elle était vêtue, qu'elle ne se souvenait pas avoir achetés. Une fois nue, passant outre la température ambiante, elle s'inspecta sous toutes les coutures, cherchant en vain chacune des lésions que lui avaient faites ses agresseurs. Mais il n'y avait rien. Pas de cicatrice, pas d'ecchymose, rien. Même ses doigts fracturés bougeaient comme si il ne leur était rien arrivé. Seul demeurait ce sentiment dérangeant de saleté. Alors qu'elle était parfaitement propre, elle ne savait par quel miracle.

Elle ne put s'empêcher de pousser un cri de rage, avant de s'avancer rageusement vers l'étendue d'eau auprès de laquelle elle avait dormi, qui formait un lac de petite taille. Ne se préoccupant même plus des cailloux agressant ses plantes de pieds, ou de la température glaciale du lac, elle s'immergea totalement dans l'eau, tête comprise, et commença à nager vers le centre de l'étendue aqueuse.

L'incompréhension qu'elle ressentait s'était petit à petit muée en agacement, puis en colère. Quels tours lui jouaient la vie, alors qu'elle pensait avoir déjà atteint le fond du gouffre ? Quelle entité se jouait d'elle en lui faisant perdre la tête ? Elle ne savait même pas si elle était réellement heureuse d'être en vie.

Elle atteignit l'autre rive du lac. Et poussa un profond soupir. En fait si, elle était quand même heureuse d'être en vie. Elle l'avait tant souhaité, s'était tant accrochée à cet infime espoir qu'était celui de survie, refusant que tous les efforts qu'elle avait fourni jusqu'à présent demeurent vains, et que tout se finisse de manière aussi absurde. La jeune fille aux prunelles saphir se retourna et contempla d'un regard las le ciel bleu parsemé de quelques nuages blancs, tentant de se ressourcer en se perdant dans une quelconque rêverie, ne prêtant guère d'attention à la température de l'eau qui était pourtant quelque peu plus élevée que lorsqu'elle y était entrée.

L'été était là, déjà bien installé. Les quelques mélèzes des alentours revêtaient leur tunique d'épine verte, une tunique qui rendait le décor montagneux féerique lorsque venait l'automne, et que ce vert virait à l'orange, couvrant des flancs entiers de montagnes d'une marée vermeille. Dans le ciel bleu virevoltait une demi-douzaine de choucas, dans le lointain, ayant probablement repéré quelques restes de déjeuner humain qui leur serviraient de pitance. L'adolescente ferma les yeux, se délectant du bruit d'écoulement discret provenant du ruisseau alimentant l'étendue d'eau dans laquelle elle se trouvait. Une marmotte siffla, tirant un sourire à la jeune chasseuse. Décidément, la montagne lui avait manquée, même si elle ne l'avait quitté que pendant trois semaines. Trois semaines qui lui avaient paru être une éternité.

Un frisson parcourut le corps de la jeune fille aux cheveux blonds comme les blés. Évidemment, rester immobile dans cette eau glaciale ne pouvait demeurer sans conséquences si elle s'attardait. L'adolescente se frotta vigoureusement les bras avant de traverser une nouvelle fois le petit lac à la nage. Lorsqu'elle eut atteint la rive auprès de laquelle elle avait abandonné ses affaires, elle s'apprêta à sortir, mais marqua un temps d'hésitation. Certes, elle était heureuse de retourner dans une région infiniment plus agréable que la ville frontalière d'Ignis dans laquelle elle avait passé ces trois dernières semaines, mais cela n'expliquait en rien le miracle. Ni ce qu'elle allait faire à présent. Elle avait l'impression assez gênante que le viol – rien que le terme la faisait frissonner – l'avait amputée d'une partie de ses compétences. De sa valeur. Elle ne savait quoi penser vis-à-vis de cet acte. Si ce n'est qu'elle avait une très forte envie de faire payer les sales types qui s'en étaient pris à elle.

Avec un nouveau soupir, l'adolescente s'extirpa de l'eau, rassembla les affaires qu'elle avait éparpillées au sol, puis alla se sécher à l'aide de la couverture avec laquelle elle avait passé la nuit – et oui, on fait avec ce qu'on a. Revenir en Ignis relevait pour le moment de l'acte suicidaire. Mais rien ne l'empêchait de reporter sa vengeance à plus tard puisqu'elle connaissait le nom d'au moins de l'un de ses agresseurs. Avoir violé l'une des valeurs ancrées au plus profond des enfants de Terra était impardonnable aux yeux de Shanàn.

- Pardonner... laissa-t-elle échapper à voix haute, réalisant quelque chose.

Ou plutôt, se rappelant de quelque chose. Cette voix douce qui l'avait tirée de son désespoir. La lueur de vie qui lui avait été quasiment rendue. Pardonne les, avait-il dit. Et il l'avait guérie. Toutes les blessures de la jeune fille avaient été soignées par cette lueur, provenant de ce jeune sauveur au regard vert (.) empli de bonté. Et de naïveté. Shanàn ignorait pourquoi, mais elle avait l'impression d'avoir saisi la totalité de la pensée de son sauveur lorsque celui-ci l'avait soignée. Et devant un tel pouvoir – et de manière assez spontanée, en fait – elle n'avait envie de dénommer cet être que d'une seule manière : Ehol. Ce qui lui paraissait franchement étrange, se sachant pertinemment très terre à terre. Mais si quelqu'un pouvait bien lui mettre dans son crâne de pragmatique une pensée pareille, c'était bien celui que tous vénéraient en tant qu'Ehol, être divin aux pouvoirs infinis.

Nouveau soupir. Soit elle perdait réellement la boule, soit les événements la dépassaient un peu franchement beaucoup trop. Et de ce fait, elle se décida à faire la chose la plus simple à faire pour le moment, autrement dit se rhabiller, avec les vêtements que lui avait laissé le soi-disant Ehol. Non, non, décidément, celui-là, elle devait l'avoir rêvé. Autant parvenait-elle plus ou moins à croire à présent qu'une âme plus ou moins généreuse de la ville frontalière d'Ignis l'avait aidée, autant n'était-elle pas franchement prête à croire qu'elle avait reçu de l'aide de la part d'un être divin.

- Ah, tu es réveillée Shanàn, fit une voix douce, derrière la jeune fille, lorsqu'elle eut fini de se rhabiller.

Spontanément, l'adolescente se retourna et grimaça en posant son regard saphir sur le jeune homme aux cheveux émeraude, au regard emprunt de pureté.



Ehol est un être étrange. Enfin, étrange, c'est un bien grand mot... Puisque, malgré cette étrangeté, il reste quand un même un gamin naïf, qui a trop confiance en l'homme.


- Crotte de bique !

Et là, elle crut qu'elle allait mourir. La poutre qui lui barrait le chemin s'était sentie bien inspirée pour briser Shanàn dans son élan héroïquo-chanceux, s'effondrant devant la jeune fille suite au passage de l'enfant à travers la porte de sortie. La jeune chasseuse poussa un nouveau juron, bien plus imagé que le précédent, qu'il est inutile de retranscrire ici, avant de se laisser tomber sur le parquet, s'asseyant en tailleur. Elle foudroya du regard ledit obstacle une nouvelle fois, avant de reporter son attention sur les autres éléments l'entourant, tous apparemment ligués contre la chasseuse pour lui faire finir sa vie de manière assez stupide. Pas assez en fait. Vraiment stupide était plutôt l'expression correcte. Bon, au moins, elle n'avait pas grand chose à perdre, si ce n'est que le mystérieux don qu'Ehol lui avait fait sans vraiment s'expliquer. Tant pis, il trouverait quelqu'un d'autre avec qui faire mumuse, hein. Elle avait vraiment tout essayé, mais visiblement, donner de la valeur à sa vie n'était pas franchement concluant. Surtout lorsqu'on était la descendante de quelque chose d'assez douteux à laquelle elle préférait ne pas penser dans ses derniers instants de vie. Enfin, finir comme ça était déjà mieux que de crever dans les ruelles d'une infâme cité d'Ignis. Au moins, elle mourrait dans la gloire en ayant voulu venir chercher sa paye chez quelqu'un de modérément célèbre du coin.

- M'enfin, pourquoi a-t-il fallu que la maison du seul type qui m'invite à être payée à domicile prenne feu ? grommela-t-elle à voix haute.

Au point où elle en était, elle pouvait bien se causer à elle-même, ça ne changerait pas grand chose. Le temps que l'incendie soit éteint, elle serait déjà morte calcinée au pire, ou écrasée par une poutre au mieux. Bon, peut-être que si elle ne s'était pas mise en tête d'aller chercher le gosse de son client pour le faire sortir en premier, les choses ne se seraient pas passées ainsi, mais elle était trop bonne poire pour ne pas faire de l'extra-service après-vente.

- Et dire qu'y'en a qui deviennent des héros populaires pour ça... Faut croire que j'ai pas assez de chance pour qu'ce soit le cas... poursuivit-elle.

Et puis, de toute façon, ça faisait trop déjà-vu : la jeune chasseuse inconnue et plus ou moins fauchée devenant célèbre après avoir sauvé le fils d'un type connu à Liliana lors d'un incendie. Trop de stéréotype tue le stéréotype, non mais. Elle mourrait lamentablement sous les décombres de la maison de sieur Elven Harkis. En ayant quand même sauvé – enfin, elle espérait – Enoal Harkis, pour que ça fasse joli sur sa tombe.

-

En fait, non, c'était carrément trop débile pour qu'elle se résigne. Elle se leva d'un bond et entreprit de remonter les escaliers quatre à quatre, même si elle savait pertinemment que l'étage était à moitié effondré et en train de produire de très belles flammes. Sauf qu'elle manqua lamentablement une marche, tituba avant de choir magnifiquement en contrebas, voyant sa dernière heure arriver puisque l'accueillait un brasier fort sympathique au niveau de son point de chute.

Elle eut effectivement assez mal. Mais pas franchement chaud. A son plus grand étonnement. Elle aurait très probablement un méchant bleu au sacrum, mais ce n'était pas le plus impressionnant. Non, le plus inattendu dans l'histoire, c'était qu'elle se trouvait au milieu des flammes sans en ressentir les conséquences délétères pour un organisme normalement constitué. Sidérée, Shanàn contempla pendant quelques les instants les flammes qui l'entouraient sans pour autant lui faire le moindre mal.

- Normalement... Le feu... Ca brûle... non ? balbutia-t-elle.

Cette pensée philosophique passée, la jeune chasseuse se remit sur ses pieds en massant son arrière-train, son instinct de survie lui dictant de sortir de la maison le plus vite possible. En effet, elle avait beau avoir découvert que les flammes ne représentaient pas un danger pour elle, les choses étaient différentes pour tout un tas d'autres choses susceptibles d'attenter à sa vie en ce moment-même. Comme, par exemple, d'autres poutres pouvant potentiellement lui tomber sur la tête – et elle se doutait que sa nouvelle aptitude ne l'aiderait pas vraiment à survivre à ce genre d'accident. Elle entreprit donc de gravir de nouveau les escaliers vers le premier étage, sans se louper cette fois, histoire de chercher une nouvelle voie de sortie en mettant à profit l'étonnante capacité qu'elle venait de se découvrir.

Alors que la partie pragmatique de son cerveau guidait son corps vers le chemin le plus sûr, une fraction de son esprit faisait rapidement la connexion entre cette aptitude et les paroles d'Ehol qui lui avaient paru bien étranges lorsqu'ils les avaient prononcées. Elle avait un don. Divin.



Ah nan mais nan. J'ai trop honte. C'était vraiment trop stéréotypé. J'y croyais pas vraiment en fait.

...

Quelqu'un pleure.



Elle fut tirée doucement de son sommeil par les sanglots étouffés de celui qui était vaguement censé la veiller. Son regard tomba sur un plafond qu'elle ne connaissait absolument pas lorsqu'elle ouvrit pleinement les yeux, et elle ne put s'empêcher de pousser un profond soupir. La scène de 'je te ramasse à la petite cuillère et je te soigne pendant x jours' commençait à devenir récurrente, et ce n'était pas franchement souhaitable pour quelqu'un qui se voulait être indépendante depuis que sa mère avait rejoint ses ancêtres. Elle s'empressa de chasser cette pensée de son esprit, préférant ne pas trop ressasser sur l'évènement qui avait été déclencheur de toutes les péripéties que la jeune chasseuse avait dû affronter depuis ses treize ans. Broyer du noir en repensant au passé n'était pas franchement dans son genre. Elle tenta donc de se redresser, mais une vive douleur dans sa jambe droite l'en empêcha, lui rappelant au passage ce qu'il s'était produit pour qu'elle se retrouve alitée dans un endroit qu'elle ne connaissait pas. Rien de mieux qu'un peu de souffrance pour se rendre compte que lorsqu'on se prend une partie de maison sur la jambe, ça ne laisse pas vraiment indemne – encore heureux qu'elle ne s'était pas prise tout un pan de mur entier. Elle se résigna donc à être immobile, et tourna la tête vers l'origine du son qui l'avait tiré de son sommeil. Maintenant qu'elle y repensait, ce n'était pas la première fois qu'elle se réveillait, mais les fois précédentes avaient été beaucoup moins agréables et beaucoup plus délirantes.

Son regard saphir détailla la silhouette recroquevillée sur une chaise, les genoux ramenés vers la poitrine, sa tête enfouis dans ces derniers. Malgré la pénombre régnant dans la pièce, les mèches blondes du garçon mirent la puce à l'oreille de la chasseuse.

- Enoal ? fit-elle doucement.

Surpris, le garçon releva la tête, montrant son visage bouffis de larmes à la jeune fille au regard saphir. Celle-ci ne put s'empêcher de grimacer en voyant l'expression du jeune garçon. Le malheur affiché sur la tronche de certaines personnes – voire toutes, en fait – avait le don de la mettre mal à l'aise. L'interpellé posa son regard sur la jeune fille aux cheveux blonds, mais ne lui répondit pas, se contentant de la fixer sans réellement la voir.

- Allô coucou ? Enoal ? tenta de nouveau la jeune chasseuse.

Cette fois-ci, le garçon détourna le regard, mais ne lui répondit pas pour autant. Try again.

- Bordel Enoal... commença Shanàn, avec une pointe d'agacement dans la voix.

Elle s'arrêta spontanément lorsque Enoal replongea la tête entre ses genoux et fut étouffa un sanglot suivi d'un reniflement assez peu esthétique.

- Hé... viens voir, fit-elle plus doucement. Qu'est-ce qui va pas ?

Le garçon leva les yeux et posa de nouveau son regard sur l'adolescente alitée, qui s'efforça de lui adresser un sourire engageant – enfin, le plus engageant qu'elle avait en réserve, parce que c'était vraiment pas son truc, le sourire gentil. Pourtant, Enoal ne bougea pas de sa chaise. Mais émit toutefois un grognement avant de répondre plus distinctement, d'une petite voix :

- C'est Maman... Ils disent que c'est elle... Que c'est de sa faute... Et maintenant elle est plus là...

Shanàn fronça légèrement les sourcils, tentant de d'activer le traducteur. Déjà qu'elle venait de sortir d'un sommeil assez comateux, on l'assaillait avec des bouts de phrases dont elle devait retrouver la signification en s'aidant du contexte, et en ne sollicitant surtout pas l'aide du gamin qui avait de nouveau enfoui sa tête entre ses genoux, et s'efforçait de pleurer en silence. Après quelques minutes de réflexion intense, la jeune chasseuse reprit de nouveau la parole, n'arrivant décidément pas à tirer quelque chose des quelques mots arrachés au jeune Enoal.

- Moi j'suis encore là... 'fin, si tu vois c'que j'veux dire, avança-t-elle maladroitement. Bon, pas dans un super état d'accord, mais... voilà quoi.

Ou comment se rendre compte qu'on est absolument pas fait pour la communication sociale. La jeune fille se mordit la lèvre et détourna elle aussi le regard, se disant qu'en fait, elle aurait peut-être mieux fait de se taire au lieu de sortir un truc on ne pouvait plus maladroit, et on ne pouvait plus confus. Tentant d'oublier rapidement son intervention foireuse, elle se replongea dans des suppositions toutes aussi tordues les unes que les autres pour tenter de donner un sens aux paroles du fils Harkis. D'après ses souvenirs, les relations entre mère et fils dans la famille Harkis n'étaient pas ce qu'il y avait de plus idéal, mais, si le petit avait perdu sa mère...

- Mais c'est à cause de Maman... Si t'es comme ça... déplora Enoal, tirant Shanàn de ses pensées.

Ah. Ce fut la pièce manquante du puzzle, qui s'inséra parfaitement à sa place et permit à la jeune fille au regard azur de comprendre un peu plus les états d'âme du jeune Harkis. Maintenant qu'elle y pensait, l'incendie en lui-même avait été étrange, puisque rien ne laissait présager un tel drame. La jeune chasseuse s'en sortait d'ailleurs plutôt bien, mais cela tenait du miracle, et les gens qui avaient essayé d'éteindre l'incendie n'avaient d'ailleurs cessé de la harceler alors même qu'elle était encore dans un état comateux. A présent, elle se rappelait des visites intempestives repoussées par le père d'Enoal dans la chambre de cette auberge lors de ses rares moments de conscience. Un problème en plus à résoudre. Mais pour le moment, elle s'intéressait bien plus à ce que lui racontait Enoal, à savoir la mort de sa mère. L'incendie avait été intentionnel. Mais peut-être pas criminel. Shanàn le sentait, mais elle ignorait comment. Toujours est-il que l'hypothèse du suicide de madame Harkis demeurait être assez plausible. Après tout, le sieur Elven Harkis lui avait commandé du gibier de qualité pour redonner le moral à sa femme. Espoir assez ridicule selon Shanàn – elle ne faisait pas vraiment partie de ceux qui croyaient en les pouvoirs anxiolytiques de la nourriture – mais cela était censé être suffisant pour lui payer au moins un mois de vagabondage dans Terra, et elle n'avait donc pas cherché midi à quatorze heures.

Shanàn poussa un profond soupir. Si elle n'avait pas fait d'études de psychologie, c'était quand même pas pour rien. Elle ne savait pas vraiment comment s'y prendre avec Enoal, même si dans le fond, elle souhaitait de tout son cœur que le jeune Harkis ne passe pas trop de temps à se morfondre sur la mort d'une mère qui l'avait négligé durant une bonne partie de son enfance. Elle ignorait la raison pour laquelle la mère d'Enoal avait durement traité son fils depuis l'âge de trois ans, mais elle avait du mal à ressentir une quelconque compassion pour l'être pleuré par le jeune Harkis. Probablement que les quatre dernières années n'avaient pas été assez dures pour effacer totalement du cœur d'Enoal l'affection maternelle dont avait fait preuve Dame Harkis envers lui.

- Ecoute... commença la jeune chasseuse.

Mais elle fut interrompue par l'ouverture de la porte de la chambre dans laquelle elle se trouvait. Elven Harkis, pénétra dans la pièce, referma derrière lui, et posa son regard sur l'adolescente blonde. Shanàn crut déceler une lueur d'espoir se ravivant dans les prunelles de l'homme, mais ne fit aucune remarque, n'étant pas certaine de son observation.

- Vous êtes réveillée, constata-t-il avec un sourire fatigué.
- Faut croire, répondit spontanément la jeune chasseuse. Depuis combien de temps...
- Onze jours, la coupa Elven Harkis. Je suis désolé, mais on a dû vous mettre sous somnifères, vos symptômes ayant été assez atypiques...

Onze jours. Ca faisait beaucoup pour une simple fracture. Et surtout, il était plutôt assez surprenant pour Shanàn qu'elle se sente plutôt bien après tant de jours de sommeil entrecoupé par quelques moments de conscience peu agréables. Quelque chose lui disait qu'il y avait au moins trois jours de trop dans ce laps de temps de mi-conscience qui n'étaient pas dus à sa fracture. Et onze jours qu'Enoal se morfondait. Pouvait-elle réellement juger la tristesse du jeune Harkis ? Elle en doutait, mais toujours est-il que l'état du jeune homme ne lui plaisait guère.

- Dame Arkh'eil... Enfin, Arkhaia de Eliel, devrais-je dire...

Le nom fit immédiatement réagir la jeune chasseuse, qui planta son regard azur dans celui d'Elven Harkis, quand bien même la politesse préconisait de ne pas transpercer ainsi les gens du regard.

- Dame ? Vous rigolez ? répliqua-t-elle assez vertement. Et me dites pas qu'votre passe temps, c'est d'aller fouiller dans les vieilles archives du royaume, j'vous croirais pas. Que vient faire ce – magnifique j'en conviens – Arkhaia de Eliel dans ma convalescence ? railla-t-elle.

Elven Harkis était tout sauf un rat de bibliothèque. Or, il fallait aller chercher assez loin dans quelques bouquins ou archives absolument miséreux et franchement pas célèbres pour dénicher le nom d'origine de la lignée de la chasseuse. Qui n'avait aucune valeur à ses yeux. Elven Harkis, donc, militaire de son métier, n'avait donc aucune raison de s'intéresser au sujet. Sauf si...

- Mes excuses. J'ai dû faire quelques recherches sur chacun des protagonistes de cette affaire. Et à titre personnel. En fait, j'aimerais vous présenter une requête.

Elven jeta un regard à son fils, qui ne prêtait attention à aucun des deux interlocuteurs et continuait d'émettre quelques sanglots intermittents tout en gardant sa tête fichée entre ses genoux. Il poussa un soupir embarrassé, et la jeune chasseuse lui fit comprendre d'un signe de la tête qu'elle était complètement indifférente à la présence d'Eloan, quand bien même on évoquait l'histoire peu glorieuse de sa lignée.

- Il est dit dans certaines archives que les Arkhaia de Eliel étaient les représentants d'une lignée de chevaliers au service de la couronne de Terra, une lignée ma foi semblable à bien d'autres en ce royaume.

Shanàn opina du chef, mais n'émit aucun commentaire. Si Elven voulait vérifier la véracité de ses informations, grand bien lui en fasse. Elle y était totalement indifférente.

- Cependant, il est dit que cette lignée a perdu son honneur et son nom en transgressant l'une des valeurs fondamentales de notre royaume. On évoque... un adultère. Voire même un inceste entre deux enfants de la lignée, alors qu'ils étaient mariés.
- C'était il y a trois ou quatre générations, ajouta placidement la jeune chasseuse, confirmant par là les propos d'Elven.

Ce dernier marqua un temps de silence, tentant visiblement d'assimiler les notions d'adultère et d'inceste, très mal vues dans le royaume de Terra. Pour la majorité des natifs du royaume, tout ceci relevait d'une aberration. Et il n'y avait d'ailleurs pas à s'étonner de la perte du prestige de la lignée Arkhaia de Eliel suite à cette affaire, que Shanàn ne connaissait que parce que sa mère avait accepté de lui raconter deux années plus tôt. Mais elle n'était pas du genre à se morfondre sur les actes de gens qu'elle n'avait pas connus, même s'il s'agissait de ses ancêtres.

- Les Arkhaia de Eliel se seraient dispersés, et auraient pris d'autres noms pour perpétuer la lignée. Les Arkh'eil seraient les descendants du frère incestueux et de sa femme.
- Vous pourriez vous reconvertir en historien, ironisa Shanàn. Tout est étonnement vrai.

Nouvel instant de silence. Elven Harkis allait-il la jeter dehors pour être la descendante d'un homme incestueux auquel elle ne portait ni haine ni affection ? Peut-être que si il en avait l'intention,, il l'aurait fait avant.

- Et donc ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.
- J'aimerais savoir pourquoi vous êtes venue à Liliana. Pourquoi une jeune fille telle que vous vit comme une vagabonde, alors qu'elle est censée posséder un lopin de terre dans les hautes montagnes du royaume.
- Z'êtes de la police ? répliqua-t-elle instantanément. Ah oui, effectivement, vous l'êtes. 'Curiosité mal placée' doit être votre seconde nom alors.

Elven émit un petit rire sans joie. C'était plus fort qu'elle, mais Shanàn laissait toujours le naturel revenir lorsqu'elle parlait, peu important le statut social de son interlocuteur. Toujours est-il qu'elle commençait à ne pas réellement apprécier l'inquisitoire mené par le milicien, et que si ça continuait, elle l'enverrait balader assez vertement. Quand bien même Enoal avait relevé la tête et prêté une oreille attentive à l'échange entre son père et la jeune chasseuse.

- C'est... à titre personnel que je vous le demande, répondit Elven, visiblement gêné. En fait, j'aimerais... que vous restiez encore un peu avec nous. Sous le même toit que nous. Mais j'aimerais en savoir un peu plus sur vous au préalable.

Shanàn en demeura sans voix. C'était l'inverse de ce qu'elle avait escompté, au vu de l'histoire quelque peu macabre de sa lignée. Et elle ne savait pas réellement si elle devait se réjouir ou non de la 'proposition' d'Elven. L'année de vagabondage qu'elle avait passée après s'être séparée d'Ehol n'avait certes pas toujours été très facile matériellement parlant, mais elle appréciait la liberté qu'elle possédait dans ce mode de vie, dans lequel personne n'allait lui chercher des poux juste pour l'empêcher de vivre sa vie. Ceci dit, avec une jambe cassée, elle se doutait qu'il serait assez difficile de reprendre immédiatement son mode de vie de chasseuse itinérante, gagnant sa vie en vendant sur les marchés des villages de Terra les fruits de son métier – et se battant parfois comme une forcenée contre les fournisseurs locaux. Au final, la proposition ne semblait donc pas être si déraisonnable. Mais il y avait quand même un mais. Enfin, deux. Le premier concernait directement ce que Elven lui demandait en échange de sa protection, à savoir le vécu de l'adolescente, qui préférait garder ses déboires pour elle seule. Et le second concernait le mode de vie qu'elle allait avoir en imposant sa présence chez les Harkis. Il était certain que pendant quelques semaines encore, elle allait devoir être un poids mort pour le milicien, mais qu'en était-il de la suite ? Probablement qu'elle supporterait assez mal de demeurer au sein de la capitale de Terra à longueur de journée en... en faisant quoi au juste ? Telle était la question. Elle n'avait pas réellement envie de renoncer à sa vocation de chasseuse.

- Pourquoi ? ne put-elle s'empêcher de demander.

Elven détourna le regard, visiblement gêné. Et le posa sur son fils, qui lui-même semblait dévorer Shanàn du regard, la curiosité se mêlant à sa douleur dans ses prunelles bleutées. Et, sans même un mot, la chasseuse crut comprendre – crut, parce qu'en télépathie, elle n'avait jamais été très bonne. Elle se revit, plus jeune, vivant avec sa mère. Seulement sa mère. Sans une situation plus ou moins comparable avec celle des Harkis à présent. Puis il était arrivé. Celui qui lui avait servi de père. Celui qu'elle considérait comme son père. Celui qui avait rempli le vide existant dans la petite cahute des Arkh'eil, au sein de l'un de ces villages nichés dans les hauteurs des montagnes de Terra. Et ce que lui demandait à présent Elven, c'était qu'elle remplisse à son tour un vide qui s'était créé. Bien sûr, elle ne pourrait jamais remplacer la mère d'Enoal. Mais être pour lui un soutien... C'était envisageable. Si il arrivait à supporter la franchise et le manque de tact de la chasseuse.

- D'accord. J'vais être généreuse avec vous et satisfaire un peu votre curiosité. Et toi, Enoal, t'as intérêt à tout écouter.

La jeune fille aux cheveux blonds comme les blés ferma brièvement les yeux et prit une grande inspiration. S'ouvrir aux autres n'avait jamais été son fort. Probablement que ce serait la première et dernière fois qu'elle accomplirait ce genre d'exploit. Même à Ehol, elle n'avait rien raconté. D'autant plus que celui-ci ne lui avait pas posé de questions.

- Comme vous dites, j'suis sensée posséder quelques terres quelques part dans les hautes montagnes du royaume. Enfin, quelques, vraiment pas beaucoup hein. Juste de quoi cultiver deux trois légumes pour accompagner les fruits de la chasse et faire de l'élevage de trois ou quatre biquettes quand y'a l'temps.

Elven haussa discrètement les sourcils, mais Shanàn ne manqua pas la réaction. Le 'sensée' n'était pourtant pas là pour des prunes.

- M'regardez pas comme ça, j'les ai vendues, lança-t-elle, légèrement irritée. J'n'avais rien à en faire en étant seule. Avant, y'avait ma mère pour m'aider. Et encore avant, y'avait aussi mon pè... enfin, mon oncle, d'un point de vue génétique.

Cette fois-ci, le visage du milicien resta de marbre, même si une lueur de curiosité venait de s'allumer au sein de ses prunelles noisette. S'appuyant sur ses avant-bras, la jeune chasseuse se remonta dans le lit de manière à s’asseoir, et à pouvoir observer un peu mieux les réactions d'Enoal. Celui-ci restait silencieux, mais son regard était animé de la même lueur que celui de son paternel.

- Euh... En fait, j'suis en train de m'dire que... 'Fin, z'êtes pas obligés de m'croire, ma vie est un peu bizarre quand j'y pense. C'que j'veux dire, c'est que l'histoire des Arkhaia de Eliel c'est quand même beaucoup, même si personnellement ça m'a jamais beaucoup travaillé, mais euh... en fait, ma famille, c'était ma mère et son frère. Ah, enfin, non, allez pas croire que l'un et l'autre étaient... Ils étaient juste frère et sœur, hein, pas plus.

Si elle avait su, elle aurait pris des cours de narration. Elle doutait même que les deux Harkis aient compris quoi que ce soit dans tout ça. Elle tenta donc de mettre un peu d'ordre dans ses pensées avant de reprendre la parole, mais elle fut interrompue par l'intervention d'Elven, qui dissipa ses doutes.

- Donc... qui est, ou était, votre vrai père ?
- J'sais pas, répondit-elle machinalement, avant d'expliciter un peu plus. Un soldat d'Ignis, ou un mercenaire. Vous savez, on n'habitait pas trop loin d'la frontière, il était pas rare de croiser quelques Ignisiens en vadrouille qui avaient l'autorisation de sortir de leur pays. Faut croire que parmi ceux-là, y'avait quelques chauds lapins.

Shanàn ignora le regard interrogateur que lui lança Enoal. Pas de son âge.

- J'ai quand même eu l'tort d'croire que le lapin en question était plus ou moins fiable. M'enfin, pour en revenir où nous étions, mon oncle est v'nu habiter avec ma mère et moi quand j'avais entre quatre et cinq ans, quand il a vu qu'on était réduites à bouffer trois miettes de pain par repas après que sa sœur ait vendu les trois quarts des terres dont elle avait héritées.
- Honorable. Ce genre d'incident est assez fréquent, malheureusement, près de la frontière.

Oui, l'oncle de Shanàn avait été plus qu'honorable en venant au secours des deux Arkh'eil. Une partie de la population de Terra craignait celles qui enfantaient des enfants illégitimes, voire les considéraient comme des criminelles, alors qu'il s'agissait de la plupart du temps de victimes. L'ascendance paternelle de la jeune chasseuse lui avait porté bien plus de tort que opprobre jeté sur le nom des Arkhaia de Eliel, raison pour laquelle elle était bien moins affectée lorsque l'on évoquait le crime incestueux de ses ancêtres que lorsque l'on parlait de son père inconnu.

- Qu'est-il devenu ? demanda Elven. Si vous êtes ici, c'est qu'il lui est probablement arrivé quelque chose.
- Accident de montagne, répondit la jeune fille en baissant le regard. Quand on n'fait pas attention, là-haut, ça peut très vite s'terminer. En bas aussi, d'ailleurs.

Shanàn releva les yeux, et planta son regard bleuté dans celui d'Enoal, qui ne savait où se fixer, l'enfant étant visiblement gêné par la mort de l'oncle de la chasseuse.

- Quand on ramasse n'importe quoi, et qu'on l'mange, ça peut aussi très vite s'terminer. J'sais pas si c'est la faute de ma mère ou d'quelqu'un du village qui a pas fait attention, mais elle est morte comme ça. L'année dernière.

La voix de la chasseuse s'était brisée. Sur les deux derniers mots. Pourtant, même si on pouvait voir y poindre quelques larmes, son regard bleuté ne quittait pas Enoal. Il fallait qu'il comprenne. Que des centaines, des milliers d'autres souffraient eux aussi dans ce bas-monde. Qu'il n'y avait aucun sens à se considérer comme étant le plus malheureux de tous. Que la vie continuait. Elle était là pour le lui prouver. Et lui dire cette vérité autant de fois que nécessaire.

- Je suis désolé, fit Elven, compatissant. Orpheline, vous avez donc décidé de quitter les hautes montagnes où vous ne pouviez survivre seule, afin de gagner votre vie autrement ?

Ses prunelles azurées cessèrent de fixer le jeune Harkis, et vinrent se perdre dans le vague, droit devant la jeune fille. La mort de sa mère, de son oncle, elle avait fini par digérer, plus ou moins. Assez pour en parler à autrui sans qu'elle n'ait l'impression que l'on fouillait dans sa vie privée. Mais pour le reste... Pendant un instant, elle hésita. Puis finit par répondre à Elven :

- … Oui.

Un pieux mensonge.




Parfois, ceux qui sont le plus perspicaces sont ceux qui l'montrent le moins.
… Quoi, et moi ?
J'en sais rien, allez voir ailleurs si j'y suis.



Comme un poisson dans l'eau. L'expression était tout à fait appropriée à la jeune fille au regard azuré, dont les patins fendaient la glace sans accroc. Sa chevelure blonde comme les blés, dont certaines mèches avaient été ramenées en arrière afin de ne pas tomber dans les yeux azurés, suivaient harmonieusement les mouvements de la chasseuse, comme un halo doré. Shanàn fit pivoter son pied pour exécuter un énième demi-tour, se retrouvant à patiner en arrière alors que son regard se posait sur le regard admiratif d'Enoal, resté au bord du lac, qui observait les différents adolescents qui profitaient de l'hiver et de la surface glacée pour s'adonner au patinage.

- Si t'es pas trop méchant, j'peux t'apprendre deux trois trucs, lui lança-t-elle d'un air narquois.

Le jeune Harkis lui répondit par un sourire, accompagné d'un regard dans lequel on ne pouvait voir qu'une seule chose : l'envie d'apprendre. Il avait envie de faire comme tous ces adolescents qui avaient eu la chance de pouvoir apprendre à patiner pour ensuite filer comme l'éclair sur les surfaces glacées des lacs l'hiver. Shanàn n'avait jamais eu l'occasion d'enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, et doutait avoir la patience de le faire, mais elle avait bien envie de voir le jeune Harkis chausser des patins – et se moquer éventuellement de lui, mais surtout pour lui changer les idées. Depuis quelques jours, elle avait remarqué qu'Enoal avait changé de comportement, et que, à chaque fois qu'il croisait son regard, il détournait le sien d'un air gêné.

- Hey toi, le blond efféminé !

Shanàn mit quelques secondes à percuter qu'elle était la personne à qui l'injonction était adressée. En principe, elle avait l'habitude d'être prise pour un jeune homme, mais elle ne pensait pas que cette méprise continuerait lorsqu'elle aurait les patins aux pieds, ses mouvements étant souples et à même de dévoiler sa nature féminine, non pas qu'elle en faisait tout un plat pour la dissimuler – elle était plate comme une planche et avait une voix pas franchement cristalline, et alors ? Et elle trouvait aussi que ses cheveux étaient un peu trop longs, mais passons. Ne serait-ce que pour sa fierté personnelle, elle se devait de répliquer vertement à l'adolescent qui l'avait interpellée.

- Un problème, macaque ?
- Au lieu de patiner comme une tapette et de frimer, si tu nous montrais un peu ce que tu sais faire en vitesse ? répliqua l'adolescent, un poil fulminant.
- Et jaloux en plus de ça... J'vais finir par croire que t'aimes l'indignation.
- C'est ça, cause toujours... grommela son interlocuteur. La ligne de départ est là-bas, le circuit passe derrière ce rochers là et revient vers le point de départ. Si t'as pas envie de participer, tant pis pour toi, mais évite de nous gêner.
- Tu changes d'jà d'avis ? releva innocemment la chasseuse. J'vais quand même pas refuser, alors que j'suis si bien invitée...

La jeune fille n'entendit pas précisément ce que l'adolescent grommela dans sa barbe, mais elle le suivit jusqu'à la ligne qu'il avait désignée, où attendaient déjà plusieurs autres adolescents, filles et garçons confondus. Celui qui l'avait invitée annonça que tout était prêt, puis, chacun des participants se positionna sur la ligne, un pied en avant, les crocs du patin du pied avancé sur la glace, l'arrière du pied relevé. Tous fléchirent sur leurs appuis en l'attente du signal de départ. Et lorsque celui-ci fut donné, la dizaine d'adolescents s'élança non pas avec élégance, mais dans un cafouillis désordonné de pieds et de main, duquel ne se démarquèrent que quatre personnes, dont Shanàn, qui possédaient réellement la technique du patinage de vitesse. La chasseuse ne manqua d'ailleurs pas de remercier mentalement son défunt oncle, qui lui avait transmis tout son savoir dans le domaine, tout en profitant avec allégresse du vent fouettant ses joues. Une fois l'élan pris correctement, elle n'avait plus qu'à se laisser glisser sur ses pieds, les jambes fléchies, le dos courbé, jouissant de l'ivresse procurée par la vitesse.

La majeure partie des enfants du village d'où venait Shanàn savait patiner, pour des raisons pratiques. Les ravitaillements hivernaux se faisaient par un raccourci sur un lac gelé, que les habitants étaient obligés de contourner l'été – saison pendant laquelle les ravitaillements n'étaient pas forcément nécessaires ou urgents – afin de gagner du temps. Lorsque Elven Harkis avait appris que Shanàn savait patiner, il avait ressorti d'un vieux coffre ayant survécu à l'incendie des patins, ayant probablement appartenu à sa défunte femme, et les lui avait offerts. Elle n'avait fait aucun commentaire sur l'ancienne propriétaire, sachant que le suicide de la femme d'Elven relevait d'un sujet tabou. La milice avait fini par découvrir que l'incendie avait été volontaire, et que l'auteur avait été le seul décès à déplorer. Certains éléments de l'enquête menée par Elven lui-même laissait supposer un adultère ayant duré des années, dont dame Harkis aurait eu honte. Mais cela ne restait que des suppositions.

Mais déjà les rochers signalés en début de course comme repère s'approchaient à toute vitesse, interrompant Shanàn dans ses pensées. Sa main gantée vint chercher le sol pour l'aider à tourner, alors qu'elle donnait la direction en griffant alternativement le sol gelé avec ses deux lames. Le virage aurait été parfait si celui qui était devant la jeune fille – qui était d'ailleurs l'adolescent qui l'avait invitée à la course – ne s'était pas vautré lamentablement, créant un obstacle imprévu sur la route de la chasseuse. Et là... ce fut l'improvisation totale.

- Wazaaa !

La jeune fille fléchit sur ses appuis et sauta par-dessus l'obstacle, croisant les doigts et priant Albio pour que l'atterrissage ne soit pas trop mortel. Et sa prière fut exaucée, même si elle eut l'impression à un certain moment qu'elle allait manger le sol, et perdre toutes ses dents au passage. Le reste de la course ne se déroula pas trop mal, et la chasseuse finit deuxième, mais s'éclipsa discrètement pendant que ceux qui étaient arrivés entier ramassaient ceux qui avaient connu quelques déboires avec la glace. Dans d'autres circonstances, elle aurait bien ramené sa fraise pour enfoncer un peu plus celui qui avait chu devant elle, mais l'appel d'Enoal allié à son air déterminé en avait dissuadé la jeune fille. Décidément, le jeune Harkis était vraiment bizarre ces derniers temps. Etait-ce le cap des dix ans qui faisait cet effet ?

- Ca va ? lui demanda-t-il. J'ai vraiment cru que t'allais te fracasser les dents contre le sol... Mais sinon, c'était génial !
- Ouais, moi aussi, j'ai cru, répondit-elle, distraitement. Quelque chose va pas ?

Enoal ne répondit pas, comme s'il cherchait une manière de formuler ce qui allait suivre. Attendant que son ami ne se décide, la chasseuse ôta ses patins et enfila ses bottes, prête à rentrer en ville, où elle devrait aller chercher le dîner de ce soir chez le boucher, auquel elle avait fourni de belles pièces le matin même. Lorsqu'elle se redressa, et commença à partir en direction de la ville, Enoal la retint par la manche de son manteau.

- Dis... y'a un truc que je me demande depuis un moment... Y'a pas longtemps, je me suis rappelé de ce que tu nous avais raconté l'année dernière, parce que j'avais besoin de me remémorer tes paroles à propos d'un truc... Et je me suis rendu compte que t'avais parlé de ton père, ton vrai père, en disant qu'il était pas fiable, ou un truc du genre... Tu l'as déjà rencontré ?

Fichtre. Ce gosse avait bonne mémoire. Elven n'avait pas relevé le détail en pensant qu'il s'agissait probablement d'une généralisation quant aux soldats d'Ignis qui abusaient les femmes des villages frontières. Mais Enoal avait compris autre chose. A raison, en fait.

- …Nan, répondit-elle après un léger temps de latence.

Le regard d'Enoal se fit insistant, et la jeune fille fut forcée de détourner le sien.

- Mais... ? insista le jeune Harkis.
- Mais j'l'ai cherché, avoua-t-elle. Et j'l'ai pas trouvé.

Le garçon lâcha la manche de la jeune fille, qui entreprit de nouveau de marcher vers la ville, alors que son ami digérait l'information qu'elle venait de lui donner, qu'elle n'avait pas jugée utile de mentionner auprès d'Elven. Voyant que la chasseuse s'éloignait, Enoal courut la rattraper, tout en veillant ne pas glisser sur la fine couche de neige qui s'était déposée sur le sol pendant la nuit.

- T'es allée à Ignis ? demanda-t-il de but en blanc.
- Ouais, fit-elle, laconiquement. Et j'y ai appris qu'les hommes là-bas étaient tous des chiens.



« Ce n'est que par la force de l'illusion que les hommes deviennent des héros »
Panaïl Istrati



L'adolescente ouvrit la porte après avoir toqué machinalement, et pénétra dans l'atelier. Son regard azuré tomba sur le morceau de fer rouge posé sur l'enclume du forgeron, frappé régulièrement par le marteau de l'artisan qui lui faisait peu à peu prendre forme. Vu la longueur du bout de ferraille, le forgeron était probablement en train de fabriquer une dague, ou un couteau de cuisine. Pendant quelques instants, la jeune chasseuse demeura immobile, son regard fixé sur l'enclume et ledit bout de ferraille, comme si elle venait d'avoir une illumination soudaine. Ce qui était effectivement le cas, en fait. L'artisan finit tout de même par remarquer la présence de Shanàn – et le courant d'air que générait la porte ouverte, dont elle tenait encore bêtement la poignée – et l'invita à s'avancer d'un signe de tête.

- Dame Arkh'eil, restez pas plantée comme ça, je vais finir par croire que vous avez vu Albio en personne.

Ceci acheva de tirer la jeune fille blonde de ses pensées. Réalisant qu'elle devait effectivement avoir l'air totalement stupide et qu'elle ne devait pas faciliter le travail de l'artisan en lui créant une brusque chute de la température intérieure, elle s'empressa de fermer la porte et s'avança dans l'atelier l'air un peu gênée. Elle en profita pour balayer les environs du regard et noter l'apparition et la disparition de certaines pièces qu'elle avait vues ou non lors de ses précédents achats.

- Combien d'fois il faut j'vous l'dise ? Virez moi ce fichu 'dame' qui à rien à faire d'vant mon nom.

L'artisan éclata de rire avant de frapper une nouvelle fois le métal chaud de son marteau, demeurant malgré tout concentré sur son travail. S'il y avait une chose que la jeune chasseuse admirait chez cet homme, c'était sa capacité à rester concentré sur sa forge tout en discutant de la pluie et du beau temps avec ses clients. Et pourtant, il n'était pas une femme.

- Disons que vu ce que vous avez fait pour nous, vous forcez le respect... Non seulement vous avez sauvé quelques pauvres gens des flammes, mais en plus vous avez donné une bonne leçon aux rustres qui ont osé s'en prendre aux bons citoyens de ce royaume grâce à votre pouvoir divin. En fait, j'ai même l'impression que j'en fais pas assez pour vous, vu ce qu'on vous doit...

Shanàn baissa les yeux, alors que l'artisan s'intéressait de nouveau au bout de ferraille auquel il donnait forme. Ce n'était pas ce que les gens croyaient. Elle avait certes mis fin aux actions d'une bande de pillards du coin avant même que les chevaliers royaux n'aient pu intervenir, mais cela relevait du pur hasard. Quasiment de la pure malchance, mais elle ne pouvait tout de même pas se permettre de considérer le fait d'avoir sauvé les biens voire la vie de gens comme un manque de chance. Elle aurait tout de même bien aimé que l'on évite de glorifier et colporter ses actions jusqu'à la capitale, où on la considérait à présent comme une âme sainte. Elle n'avait fait que péter un câble dans un village où elle s'était arrêtée pour passer la nuit en réalisant qu'elle ne pouvait rentrer directement à la capitale...

- J'suis venue vous ach'ter des flèches, pas vous entendre débiter des âneries, maugréa-t-elle.

Elle n'avait aucun mérite. Aucun. Tout était allé si vite. Si brutalement. Ces rustres avaient bien vite fait de l'énerver en squattant en toute impunité l'auberge du village et en exigeant des tributs de la part des habitants sous peine de représailles. Le sang lui était monté à la tête. Et sans comprendre vraiment comment, elle avait incendié son interlocuteur. Au sens propre. Mais le pire était venu après. Bouillonnant de rage, elle avait écumé le village pour le débarrasser de ses parasites, à la limites de la folie. Elle avait totalement perdu le contrôle. Et voilà qu'à présent on la traitait en héroïne. Mais le plus insupportable était la manière dont les Harkis la considéraient. Leur admiration la blessait.

- Vous êtes trop modeste, fit le forgeron, la tirant de ses pensées. Si ça ne tenait qu'à moi, et que vous n'aviez pas menacé de me cramer, je ne vous ferais rien payer pour vos pointes.

Elle n'allait tout de même pas escroquer un honnête artisan sous prétexte qu'elle avait reçu des pouvoirs divins. Et elle n'allait pas non plus se faire traiter en messie ou en noble juste parce qu'elle avait croisé Ehol au bon moment, et qui lui avait collé un certain fardeau sur les bras.

- J'vous paye, et vous êtes pas content. Y'en a qui feraient des bonds jusqu'au plafond, en entendant ça, ironisa la chasseuse.

Un rire gêné s'échappa des lèvres du forgeron. Le regard azuré de la jeune fille alla quant à lui se poser sur une lame accroché sur le mur à sa gauche, puis sur une hache exposée juste en-dessous, pour enfin se river sur les couteaux de cuisine présentés sur une petite table en bois.

- Si vous vous sentez aussi redevable que ça, faites-moi une faveur, finit-elle tout de même par dire. Initiez-moi à votre art.

Pour la première fois depuis que Shanàn était rentrée dans l'atelier, l'artisan cessa de marteler le bout de fer qu'il maintenait sur l'enclume à l'aide d'un pince. Son regard vint croiser celui déterminé de la jeune chasseuse.

- Euh... J'veux bien, mais ça va pas être facile.




Il avait pas tort.

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Lun 9 Jan - 21:18

Le regard du garçon chercha désespérément une voie de secours du regard, mais dut faire face à la désillusion la plus totale : il n'y en avait pas. Et pourtant, Albio sait qu'il l'avait prié fortement pour que s'ouvre entre deux maisons un passage qui lui permettre de s'extirper des ennuis qu'il n'avait pas cherchés, et qu'il fuyait d'ailleurs depuis des mois. Mais cette fois-ci, les ennuis en question avaient saisi la bonne occasion, et le jeune Harkis s'était merveilleusement planté dans son itinéraire de 'je m'en tire sans trop de problèmes'. Il fallait croire qu'il était vraiment impossible de passer sa vie à fuir. Ou au moins une partie de son enfance. Enoal secoua la tête pour chasser ces pensées de son esprit et entreprit de chercher rapidement un plan B. Mais déjà ses poursuivants se pointaient dans la ruelle, qui finissait dans un fichu cul-de-sac qui venait de piéger le garçon.

- Alors, ça y est, fini de fuir ? lança l'adolescent de quinze ans qui était à la tête du groupe courant après le jeune Harkis.

Ce dernier ne répondit pas. Un plan B, il lui fallait absolument un plan B. Mais celui-ci tardait vraiment à pointer le bout de son nez. Pourquoi n'était-il pas comme Shanàn ? Elle aurait pu se tirer facilement de ce mauvais pas, elle. Au passage, elle aurait peut-être cherché les ennuis au lieu de les laisser venir à elle, mais ce n'était qu'un détail. Mais pourquoi donc avait-il fallu qu'il se retrouve dans cette situation alors qu'il n'avait rien fait pour ?

- On fait moins le fier, hein ? Sans son super papa ou l'autre tarée de service ?

Le chef de la petite bande d'adolescents était venu se camper à quelques mètres à peine d'Enoal, les mains sur les chances, le regard mauvais. Ses quatre acolytes – trois garçons et une fille – vinrent se positionner derrière lui, tout aussi menaçant.

- Qui est tarée ? fit une voix familière derrière eux, d'un ton irrité.

Dans un parfait ensemble, les cinq acolytes se retournèrent, visiblement surpris par l'apparition aussi rapide de ladite tarée de service, dont le regard azuré semblait lancer des éclairs. D'un pas déterminé, elle s'avança vers le chef de la bande, dont les compagnons s'écartèrent légèrement, visiblement effrayé par l'expression et les poings serrés de la jeune chasseuse.

- En voilà un qui s'prend pour un dieu, poursuivit-elle, ironique. Mais va pas croire que j'vais m'agenouiller d'vant toi et te vénérer, après c'que t'as fait à Enoal.

Le poing de l'adolescent partit, droit vers le visage de la jeune fille, mais fut bloqué par l'avant-bras de cette dernière, qui avait l'habitude de voir partir rapidement quelques trucs et machins hostiles en direction de son visage – la défense était quasiment devenue un réflexe, lorsqu'elle n'était pas la première à frapper. Sa main se referma sur celle de son agresseur, tandis que l'autre vint lui asséner un uppercut violent au menton.

- Non mais tu t'prends pour qui, coco ?! Tu croyais qu'j'allais pas me rendre compte que tu maltraitais Enoal, alors qu'il rentre avec des bleus d'partout ?! T'es jaloux d'pas avoir ton père dans la milice ? T'es jaloux d'pas avoir une tarée comme sœur adoptive ? C'est ça, va t'en prendre à celui qui en a l'moins fait dans l'histoire, ça t'soulagera !

Shanàn s'apprêta à asséner un deuxième coup à l'adolescent, mais elle fut interrompue dans son initiative par un coup de poing qu'elle reçut en pleine tête, donné par la fille du groupe qui avait repris ses esprits suite à l'apparition inattendue de la chasseuse. Celle-ci lâcha la main du chef de bande et recula, essuyant du dos de sa main le sang qui coulait de sa lèvre fendue.

- D'où tu la ramènes ta fraise ? répliqua l'acolyte féminine. Il y a rien de plus énervant que de vous voir tous autant que vous êtes frimer avec votre talent à deux sous. Enoal n'a que ce qu'il mérite !
- Mon talent ? répéta Shanàn. C'est clair qu'une fille qui n'va même pas à l'école avec vous autres et qui fait quelques flammèches dans tous les sens a du talent ! T'en as d'autres des bonnes blagues ?

Le poing de la jeune chasseuse partit derechef en direction d'une tête, mais fut arrêté par la poigne forte de l'un des garçons de la bande, qui lui asséna un retour un coup de genou dans l'abdomen, lui coupant le souffle. Voyant qu'il s'apprêta à enchaîner, Enoal se jeta sur lui en lui frappant les côtes de son poing droit, l'obligeant à lâcher le poignet de Shanàn. Cependant, le manque de force d'Enoal ne suffit pas à faire reculer suffisamment l'adolescent de trois ans – et trois têtes – de plus que lui, et il ne put esquiver le coup d'avant-bras donné en représailles, qui le sonna légèrement. Focalisé à présent sur le jeune Harkis, le voyou enchaîna avec un coup de pied semblable à celui qu'il avait donné à Shanàn. Cette dernière fut d'ailleurs assaillie par la fille de la bande, qui lui asséna un vicieux coup de pied dans les parties intimes, la faisant s'écrouler sur ses genoux, la douleur étant trop intense, aggravée par le traumatisme qu'elle avait vécu à Ignis.

- Toi... marmonna la chasseuse, fulminante.

Et avant même qu'elle ne se rende compte de ce qu'elle faisait, son pouvoir s'activa. Et l'enfer se déchaîna dans la ruelle, brûlant vifs les cinq adolescents, dont les cris de souffrance resteraient à jamais gravés dans la mémoire de la chasseuse. Mais sur le moment, consumée dans sa rage destructrice, entretenue par une douleur ancienne, Shanàn n'arrêta pas immédiatement son pouvoir. L'enfer ne connut une fin que lorsque les cris d'Enoal parvinrent jusqu'à ses oreilles, au perçant le bourdonnement effroyable de la colère et de la haine.

- Shanàn ! Shanàn, arrête ! Ca... brûle...

Les flammes s'évanouirent aussitôt, aussi brutalement qu'elles étaient apparues. Le calme retomba sur la ruelle comme une chape de plomb, alors que l'Emissaire du Feu émergeait lentement de son état second. Mais le fardeau de la réalité lui tomba réellement dessus lorsqu'elle réalisa qu'à ses pieds, il ne restait plus rien, à part Enoal. Enoal, qui avait perdu connaissance peu après avoir sorti Shanàn de sa transe, dont le bras gauche n'était plus que de la chair fumante.

- Non... Non !



J'suis partie. Personne sait c'qui s'est passé, sauf Enoal. J'sais pas si il me pardonnera un jour.


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Mar 10 Jan - 14:14
Bienvenue à notre première émissaire!

Très belle histoire, merveilleusement écrite, tu as passé quelques événements de sa vie au silence mais c'est très clairement justifié par la longueur de ton histoire. Le caractère que tu as donné à l'émissaire me plait bien et son histoire est très poignante. Je suis impatient qu'on se rencontre de nouveau =p

Bon étant un personnage prédéfini je n'ai normalement pas besoin de le faire, mais pour mettre les choses au point:

Puissance - Rang S:

Le rang S est utilisé par défaut pour tous les personnages dont le niveau n'est pas "mesurable" en l'occurrence ici, peu importe ton niveau de combat ou de stratégie puisque ton pouvoir à lui seul t'accorde de fait une telle puissance.
Bienvenue dans le monde des élus divins =p

Influence - Rang A:

C'est un rang somme toute hypothétique, qui dépend de tes futurs actions. Mais il va de soi que si tu te pointes à Hystia ou Aquaria en prouvant que tu es l'Emissaire du Feu, ton influence passera au dessus de A, et si tu restes cachée, tu pourrais demeurer à un rang comme D ou E... Puis bon, avoir Ehol comme relation, c'est pas donné à tout le monde ^^

Il me manquera juste ton titre et tout sera réglé, encore une fois bienvenue ^^




"J'effacerai toutes les tragédies de ce monde."

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Shanàn Arkh'eil
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