Contrebande et coups d'états /!\ PV Kaede D'azair /!\



 

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Contrebande et coups d'états /!\ PV Kaede D'azair /!\

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Ven 1 Mar - 22:24
La route avait été mauvaise. Diablement mauvaise avec ce temps de chien qui vous jetait à la gueule de vilaines bourrasques moroses et qui vous giflait à coups de grêlons et de neiges. Mais ma compagnie et moi-même n'avions pas eu le choix, ça, non ! Si nous voulions atteindre Ha Long avant le début du printemps, nous devions passer par les Elenides, montagnes rudes où Seuls le Terrans s'aventuraient habituellement. Non pas que cela nous amusassent, mais Ignis ouvrait rarement ses frontières à des convois marchands transportant des chapeaux, des produits de beautés, et des tenues légères. Or, il était impératif que je parvienne aux pays du feu sauvage et de l’esclavage.

Mon objectif n'était pas d'affrioler les jeunes hommes en rendant leur femme un peu plus belle à leurs yeux, ou d'apporter dans ce pays de rigueur et de misère une légèreté opportune, bien que cela me réjouisse. Non, ce que je désirais avant tout, c'était de m'infiltrer à Ignis sous un quelconque prétexte afin de constater par moi-même ce que l'on racontait au sujet de ce pays. Ma compagnie de vente de chapeaux et de vêtements féminins à travers tous les pays était mon prétexte; mon horreur du servage me servait de foi.

En outre, à ce projet d'espionnage et de contrebande -car la vente de vêtement léger n'était pas chose courante à Ignis-, s'ajoutait un second désir. Je voulais, entre autres choses, me rapprochait de Kaede d'Azaïr ...Certaines rumeurs prétendaient que c'était qui possédait le véritable pouvoir de la province de Ha Long, d'autres, susurraient seulement au creux de quelques oreilles, qu'elle s'opposait secrètement au pouvoir en place à Ignis. Je voulais en savoir plus à ce sujet, et m'allier à elle, si cela était possible. Dans le cas contraire, il me resterait l'opportunité de parcourir Ignis en tout sens afin de déceler les régions prêtes à soulever, et les défaillances d'un système injuste parce qu'inégalitaire.

Alors, j'avais préparé mon projet durant tout l'été, réunit une vingtaine de mercenaires vaillants et prêts à mourir pour de l'or et un peu de gloire, et j'étais parti au début de l'hiver avec quelques vendeuses. La saison n'était certes pas propice à une entreprise de ce genre, car les cols étaient glacés et bloqués par la neige, et que le froid y était tel que les membres congelaient et manquaient de se briser; pourtant, c'était la meilleure saison si l'on voulait parvenir à traverser la frontière entre Terra et Ignis. Déjà parce que l'hiver était un gage de discrétion, le froid et le gel ne permettant pas aux patrouilles de faire des rondes aussi régulièrement et aussi efficacement que les autres saisons. Ensuite parce que les chûtes de neige, et les brumes hivernales qui répandaient dans toute la région des frimas vaporeux empêchaient les guetteurs de voir au loin les rares désespérés désireux de passer la frontière et de se rendre à Ignis. Enfin, parce que la neige dissimulerait ef effacerait nos traces.

Ainsi, il nous fallut près de trois semaines pour traverser les Elenides, et environ un mois pour parvenir jusque Ha Long en partant de Hystia. Notre périple fut long, pénible et glaciale. Où que nous tournions le regard, il n'y avait que des pics rocheux et d'infinis étendues de neige. En outre, de cruels bourrasques d'une bise assassine nous glaçaient jusqu'aux os et nous mordaient sauvagement la chair.

Pourtant, malgré la neige, la grêle, le brouillard, les chemins gelés et glissant, les trames de la route devenues invisibles et les cols infranchissables, nous parvînmes à destination sans encombre, bien que nous crûmes maintes fois que notre dernière heure était arrivée. Quoique j'eus pu utiliser mes formidables pouvoirs, je n'en fis rien car mes gens ignoraient qui j'étais, et il n'était pas l'heure que je leur révélasse ce secret là. Je me contentais de suivre le cortège en souffrant comme les autres et en espérant que notre calvaire de glace se terminerait bientôt..

Et, enfin, après un voyage qui sembla être aussi long qu'une agonie, les montagnes firent place aux régions volcaniques de Yaegahara, puis le chemin descendit en serpentant vers les plaines d'Azaïr. Alors notre petite compagnie, soulagée d'approcher de la fin de son périple, ralentit la cadence de son avancée, et traversa avec plaisir les étendues verdoyantes où floriraient au printemps des champs de blés et de maïs. Je remarquais au passage que des idylles se formaient entre mes servantes et les mercenaires que j'avais engagés. Rebecca, la première d'entre elle, et ma confidente, s'était d'ailleurs amouraché du chef des mes hommes, Matheo, un homme sec aux longs cheveux bruns à qui la courte barbe donnait un air grave et mâle et qui ne manquait pas de charme. Un matin, au sortir du réveil, je la surpris qui sortait de sa tente, et je m'empressais de lui glisser à l'oreille avec un sourire entendu:

-Le Loup aurait-il séduit la brebis, dans cette fable?

Son rire gêné et complice me confirma ce qui me semblait désormais une évidence, bien qu'elle tentât de s'en défendre aussitôt avec véhémence.

-Qu'est-ce que tu vas t'imaginer, Amae! Me rétorqua-t-elle en faisant la moue. Il n'est pas pour moi, c'est un homme dur et orgueilleux. Moi je suis de la ville, comment pourrais-je supporter ses manières?

Mais nous savions toutes deux combien c'était faux, et elle me l'avoua quelques temps plus tard.

Ainsi s'acheva notre voyage, au milieu des idylles de circonstance, du soulagement, et rempli d'un espoir timide, mais tenace. Et un après-midi pluvieux, nous parvînmes en vue de Ha Long, port côtier des côtes Azariennes. Alors, j'ordonnais à mes gens de dresser le camps à quelques lieux de là, arguant que nous nous y rendrions le lendemain et qu'il était inutile d'avancer plus avant. Puis, la chose faite, je laissais quartier libre à chacun et choisit de m'aventurer jusque la côte.

Je descendis jusque l'océan par un étroit sentier qui semblait être un rut à travers les joncs. Je gagnais rapidement un petit plateau duquel je descendis en sautant de rocher en rocher jusque l'océan. Parvenue sur le sable fin et sec, je m'avançais jusque l'onde marine, et je m'en immergeais jusque la taille avant d'y plonger complètement. Pendant près d'une heure je restait là, en elle, flottant à sa surface, le visage tourné vers le ciel, les yeux clos, les poumons brûlant d'iode et remplis de vent. Puis, ressourcée, je rentrais au campement, mangeais avec mes hommes avant d'aller dormir.
Le lendemain matin, le temps était gris et pluvieux; quant à moi, j'étais d'humeur morose et inquiète. Dés mon réveil, je scrutais l'horizon avec anxiété, comme si un présage obscur et terrible s'y tapissait secrètement. Mais, ne voyant rien, je décidais de lever le camps et de nous diriger vers Ha Long afin de vendre et de promouvoir nos marchandises.

Notre petite troupe parvint en ville vers dix heures. Port côtier, Ha Long était tourné vers la mer. Les habitations qui la composaient formaient un demi-cercle autour de son port où dormait quelques dizaines de barques, de frégates et de navires de guerre. Au loin, à l'horizon, de petits navires de pêches naviguaient lentement.

Je dirigeais ma compagnie vers la grande place de Ha Long où j'installais nos étalages en ordonnant à mes domestiques de promouvoir nos produits en criant des 'Du Nacre pour madame', 'des vêtements séduisants pour vos beaux prétendants, mademoiselle', ou encore 'N'oubliez pas nos fards à paupière et nos parfums pour embellir votre charmante personne!', bref, d’appâter le client.
Intrigués, les habitants de Ha Long nous considérèrent avec un mélange d'inquiétude et d'intérêt et quelques demoiselles se permirent de venir fouiller dans notre étalage.

Cependant, comme je m'y attendais, une délégation Ignisienne vint rapidement interrompre notre marché frauduleux, saisit nos biens, ordonna à mes gens de se retirer, et me demanda de les suivre jusqu'aux palais, afin de négocier avec Kaede d'Azaïr, influente personnalité de cette région d'Ignis. Sans résister, je les suivis jusqu'au palais, le cœur battant la chamade.

Malgré l'étendue de mes pouvoirs, l'idée de rencontrer une des grandes personnalités d'Ignis m'effrayait, car la suite des mes actes dépendait de cette entrevue. Aussi m'astreignis-je mentalement à dissimuler ma peur, et à n'être point trop audacieuse, à garder un air tranquille et à n'être point trop présomptueuse.

Bientôt, je fus introduit dans les murs du palais, traversais d'étroits corridors, avant d'être sommé de pénétrer dans un petit cabinet richement au décor vétuste et dans lequel trônait un bureau massif en bois sombre. L'âme inquiète, mais d'allure décidée, je pénétrais dans la pièce, et m'installais dans le fauteuil qu'on me présentait. Une femme aux cheveux sombres me regardaient avec intérêt, assise en vis à vis et vêtue d'une robe bigarrée quoique très élégante. Kaede d'Azaïr. Mes yeux étincelèrent d'intérêt et, malgré mon anxiété, je me sentis bruler d'espérance.

Le vent se leva sur la mer.

L'océan commença à rire et à pleurer.

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