Au Cabaret de Tous les Vices [Libre]



 

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Au Cabaret de Tous les Vices [Libre]

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Ven 1 Fév - 15:36
12 février 762
Thème musical :
Cassilda's Song
« Au long du lac se brisent les vagues de nuages
Les deux soleils jumeaux meurent sur ses rivages
Et les ombres s'allongent
Sur Carcosa

Si étrange est la nuit sous les étoiles noires
Si étranges les lunes tournant au ciel du soir
Mais plus étrange encore
Est Carcosa

Les chansons qu'aux Hyades un jour on chantera
Là où flottent en bruissant les guenilles du Roi
Doivent mourir sans bruit
Dans Carcosa

Ma voix déjà se meurt et le chant de mon âme
Doucement s'évanouit comme sèchent les larmes
Qu'on a jamais versées,
À Carcosa. » *
Un silence presque religieux accompagna l'écho des dernières notes du sitar, volontairement discordantes afin de renforcer l'atmosphère d'étrangeté portée par les mots que la voix d'Isabeau avait presque murmurés. Il fallu quelques temps pour que l'un des spectateurs se décide à le briser, mais il fut rapidement suivi, et bientôt, la jeune femme saluait son public qui l'applaudissait à tout rompre, même une fois qu'elle eut quitté la scène et se fut éclipsée en coulisses. De retour dans sa loge, Isabeau se félicita d'avoir tenté ce chant étrange à la musique dissonante qu'elle avait composée un mois plus tôt. Il fallait dire aussi que le « Cabaret de tous les vices » était connu pour son public bienveillant à l'égard des expérimentations artistiques et de tout ce qui pourrait devenir une avant-garde. C'était donc le bon endroit pour présenter un tel chant, qui était un peu un ovni parmi le reste du répertoire d'Isabeau.

Quelques coups frappés à la porte reçurent son approbation, et une fois celle-ci ouverte, Jaskier apparut dans son encadrement. Il s'adossa au montant et regarda Isa qui repeignait rapidement sa chevelure. Peut-être était-il déçu de ne pas l'avoir surprise dans quelque tenue plus intime...

« Académiquement, Isa, c'était une horreur. Si tes professeurs t'avaient entendu, aucun doute que la morgue aurait eu du travail sur les bras ce soir. »

« Dois-je en déduire que ce n'est pas ton cas, ou bien serais-tu un fantôme ? »

« J'ai dit académiquement, Isa. C'était affreux, mais ça avait une sorte d'étrange beauté. Franchement, où as-tu été trouver un tel texte ? Ce n'est pas ton style. »

Avec un petit rire, Isabeau repensa au livre qu'elle avait eu l'occasion de lire dans l'une des réserves de la bibliothèque nationale d'Omnia. Une pièce de théâtre dont l'auteur était inconnu, intitulée « Le Roi en Jaune ». L’œuvre originale était censée compter deux actes, mais l'édition qu'elle avait pu consulter n'incluait que le premier : la préface indiquait que la lecture du second acte avait entraîné des crises de démence chez ses lecteurs, et que pour plus de sécurité, seul l'acte I serait reproduit dans les pages en question. Mais cela, hors de question pour Isabeau de le révéler à Jaskier. Il aurait bien été fichu de se procurer une édition intégrale et cela aurait pu mal finir. Elle même avait du mal à résister à la tentation d'en chercher une.

« Auteur anonyme et inconnu. Je l'ai lu dans un recueil dans une petite bibliothèque de Terra. »

« Chanceuse, va. Bon, c'est à moi dans cinq minutes. Pourrais-je compter sur toi dans l'assistance ? »

« Je ne manquerai ça pour rien au monde, Jaskier. »

« Menteuse. »

Ils rirent tous les deux, et Isabeau promit à son ami qu'elle écouterait avec une oreille attentive, afin de se remémorer les erreurs qu'elle ne devait pas commettre, selon ses dires. Jaskier pouffa à nouveau, avant de rejoindre sa propre loge. La jeune femme, elle, se dirigea vers le parterre où le public commençait à réclamer Jaskier à grands cris. Cet idiot savait se faire désirer, c'était le moins que l'on puisse dire. Mais à coup sûr, cela en vaudrait la peine. S'asseyant sur l'un des hauts tabourets qui se trouvait près du comptoir de l'estaminet, Isabeau commanda un verre de vin. Alors que Jaskier faisait enfin son apparition, provoquant les regards attentionnés de ces dames et quelques mines boudeuses en réponse de la part des hommes (Isabeau avait eu droit à l'inverse, donc ce n'était au fond que justice), elle pivota vers la scène, bien décidée à profiter du spectacle tant qu'elle le pouvait.

Après tout, ils finiraient sans doute la nuit joliment saouls dans quelque gargote des bas-quartiers.


* Le Chant de Cassilda, Le Roi en Jaune, Acte I, scène II
Robert W. Chambers, traduction de Christophe Thill

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Sam 2 Fév - 0:32
Devait-il considérer la soirée qui débutait comme une longue et vaste torture consentante? Comme une flagellation de pénitent dévoué corps et âme à sa cause? Peut-être. Parmi les multiples estaminets artistiques, combiens avaient laissé de marbre le chef exécutif du conseil de Ventus? Combiens d'entre eux avaient laissé dans l'esprit du politicien le gout amer de celui qui ne goutait point aux arts? Combien d'entre eux lui avaient uniquement laissé le parfum douloureux des mots et des sons qu'il ne pourrait jamais oublier? Quand bien sur il y était allé masqué, sous le visage de l'autre. Car sous son vrai visage jamais il n'avait au moins pu rester tranquille l'espace d'un instant. Pourtant lui même avait été un fervent acteur de ces lieux. Puis il avait acquis un degré de maîtrise telle qu'il s'était lassé d'entendre incessamment les même ritournelles, de contempler incessamment les mêmes jeux. Oui, il aurait pu considérer la soirée s'annonçant comme l'éternel chemin de croix de celui se battant jusqu'au bout. Mais non, il ne considérerai pas cette soirée ainsi. Pas au Cabaret de tous les vices.

Ce soir il venait pour Isabeau. Remercions Umberlock pour les informations qu'il lui avait donné sur la jeune fille. Remercions Aria pour lui avoir donné le lieu ou se produisait la jeune fille ce soir. En ce lieu, il venait certes pour Isabeau mais, aussi dans l'espoir de pouvoir profiter de quelques œuvres qui, si elles ne seraient pas de première mains auraient peut-être eu de l'âme. Peut-être aurait-il du participer aussi, présenter une de ses œuvres à la technique si poussée qu'elle en devenait insane. Peut-être, cela n'aurait fait que confirmer sa réputation... Peut-être... Mais à quoi bon s'acharner à porter un loup qui dans l'absolu ne faisait plus qu'un avec vous? Plus besoin de se forcer, plus besoin de le chercher... cela viendrait si cela devait l'être.

Et dans la rue il avançait, les yeux braqués sur les hommes qui étaient devant lui. Quelconques, sans intérêt, sans saveur, invisibles au cœur d'Omnia... des tueurs. Doués? Peut-être mais pas assez. Il trébucha, en bouscula un. Une vulgaire aiguille, on marche sur le gros orteil pour distraire. On s'excuse. Le prochain lui à moins de chance. Ou peut-être plus. Un chiffon imbibé de somnifère dans un coin sombre, un corps qui s'affaisse, qui disparait dans les ténèbres. Pour le premier ce sera une tuberculose subite, pour le second... lui n'aura jamais existé. Quel dommage pour la gamine des rues dont il prenait soin. Mais c'est ainsi qu'est le monde, quand on vit dans les ombres il n'y a pas de fin heureuse. Ils étaient doués, mais pas assez pour Kyriel et Aleister.

Et il pénètre dans le cabaret de tous les vices, seul. Aleister lui reste dehors. Juste à temps pour entendre la performance d'Isabeau, il entend son texte, sa voix. La folie le caresse encore une fois, le souffle chaud de la créature sur sa nuque, il rejette les voix pour les écrits. Et le monde devient d'or, ses yeux se font plus profonds, neutres, que quelqu'un le regarde et il ne pourra plus se détourner de la vision surnaturelle qu'il contemplera. Mais personne ne le regarde, il y veille. Et il contemple Isabeau... Où plutôt les lettres qui s'agencent pour lui offrir la vérité. Pas de mensonge, seulement la vérité. Mis à part pour lui. Quelle ironie que la seule personne puissant lui mentir ne soit autre que lui. Et encore une fois, il ne peut que sourire devant ce qu'il découvre.

Et sa performance prend fin, le silence s'installe. Et celui qui sait est le premier à le briser, il applaudit, suivit par les autres. Personne ne fait cependant attention à lui, cheveux noirs tombants devant ses yeux, comme un masque sur son visage, mâchoire crispée pour altérer ses traits et vêtements gris et bruns, quelconques. Il n'est qu'un homme parmi la masse, invisible comme les autres. On ne le remarque pas, il ne dégage rien et sa posture possède ce quelque chose qui pousse les gens à l'ignorer tandis qu'il attend que la poétesse revienne dans la salle.

Lorsqu'elle revient, il s'approche calmement d'elle, comme le fantôme qu'il aime à incarner. Il ne fait pas attention à l'artiste qui entre sur scène, il n'en a pas besoin car après tout, qu'oublierait-il? Puis enfin, à voix haute, pourtant à peine perceptible pour qu'elle seule l'entende il parle. Sa phrase préparée, remerciant encore une fois sa mémoire pour avoir reconnu l'œuvre d'où a tiré son texte la jeune femme.


-Morvausse
Voici maintenant venir une heure fortunée
Ou doit changer enfin votre humble destinée
L'heure ou il est bien doux
De venir vous en donner l'avant gout


Et l'assassin demande alors un verre de cognac, sa voix prenant des inflexions que le politicien et inventeur de génie qu'il est ne possède pas, attendant sa réaction.

-Acte deux, scène deux du livre d'où vous tirez votre gracieux... poème si je puis dire. Vulgairement arrangé pour vous par mes maigres talents de linguiste.



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Sam 2 Fév - 2:07
12 Février 62 - Cabaret de tout les vices - état du patient: instable

André Caéli n'est pas ce qu'on peut appeler une canaille. Ce serait même plutôt le contraire. Ce jeune homme d'à peine 20 ans est quelqu'un d'assertif; mais pas assez pour s'afficher dans un lieux intitulé "de tout les vices". Ce genre d'endroit ne lui correspondait pas et pour cause: le jeune mage ne buvait que peu, ne consommait aucune matière illicite et n'avait aucun talent ni d'attrait particulier pour les jeunes femmes qui pullulent en ce lieux. Quoique cette dernière information porte son lot de mensonge; disons que si l'on soustrait la timidité au désir éprouvé, on atteignait des chiffres négatifs sur les scores de l'attraction. Mais cela était plus du à l'introversion de Caéli envers les femmes, qui souvent l'intimide, qu'à un manque de flamme.

Pourtant le cabaret de tout les vices possédaient quelque chose qui attirait l'écrivain bien plus que le magicien ou le scientifique. Il était l'avant garde de la culture ventusienne, et si lui-même n'était pas réputé comme un auteur avant-gardiste, il restait un de ses nouveaux artistes ventusiens. Même mieux, il était parmi les plus connu; et dans un lieux comme le cabaret des vices, la popularité des masses étaient plus un défaut qu'une qualité; cela prouvait votre sens du consensus large et la servilité que vous devez à votre "publique". Heureusement Caéli avait une opinion un peu plus élevé de sa courte oeuvre et les critiques, des plus populeux aux plus encanaillant, en passant par les classieux et les plus érudits, avait été assez élogieux. Disons que si il n'était pas avant-gardiste, il n'était pas non plus mainstream. Caéli, c'était un microcosme littéraire, entre prose et poésie, abordant des thèmes classiques dans un style nouveau, en utilisant des perspectives modernes mais influencé par une philosophie très personnel sans être en opposition avec le passé. Cette célébrité avait un avantage, il pouvait surement accédé à toutes les scènes du pays. Cela dit, comme il n'avait pas d'imprimeur et gardait à une distance respectable, c'est à dire la plus grande possible, des éditeurs, son visage était l'inconnu de ses oeuvres.

Le programme était particulièrement bon ce soir; après des chansonniers satiriques sur la politique ventusiennes puis sur les rivalités entre pays et la fin du traitré, un assez bon parolier s'était attaqué avec goût à Mihailov, comme ça, rapidement, sans même dire son nom.

Le mage n'avait pas réagi.

Le mage peinait à réagir. Il faut dire que ce soir, sa tête était aussi encombré qu'une rue commercial d'Omnia un samedi après-midi. Il revenait à peine d'Aquaria et avait tenté d'écrire sans inspiration toute la journée. En cette heure qui commençait à devenir tardive pour quelqu'un qui s'était levé à l'aube, André Caéli subissait les retours du café ingurgité depuis trois jours. Il était dans un état de nervosité élevé et tremblotait ; épileptique.

Dans sa tête, tout se bousculait à une vitesse impressionnante et il avait l'impression d'être en transe. Le speaker annonça la perle bleue d'Oxroad, Isabeau Visconti. Une page en langue ancienne défilait devant ses yeux. Il la regarda et compris qu'il s'agissait de ses essais ratés. Pourquoi les voyaient ils écrit en langue obscure ?

La musique se mit à résonné dans le cabaret des vices. Douce et tendre bien qu'atypique. Les runes se mirent à danser dans sa tête énervée, et formèrent des schémas. Les forces s'équilibraient et le palet qui évolué sur la piste glacé d'écriture ancienne avait atteint le point d'inertie de ce qui pouvait être.

Il s'envola. Puis se posa en l'air sur ce qui semblait être l'Ornigon. Mais avec des ailes. De grandes ailes, comme celle d'un dragon. Qui battaient en rythme avec la musique de l'aède.

"Au long du lac se brisent les vagues de nuages
Les deux soleils jumeaux meurent sur ses rivages
Et les ombres s'allongent
Sur Carcosa"

Il s'envola dans le ciel vers un immense astre noir. Un spasme prit le technomage , que son voisin remarqua. Il lui tapa sur l'épaule et l'interrogea d'un regard inquiet qui reçut en retour un visage rassurant et ferme, qui ne bougeait plus. Mais dans la tête d'André Caéli, le soleil noir venait de plonger dans l'océan et les remous des vagues étaient autant de symbole runique sur lequel flottait de ces carrés schématiques qu'on utilise en physique.

"Si étrange est la nuit sous les étoiles noires
Si étranges les lunes tournant au ciel du soir
Mais plus étrange encore
Est Carcosa"

Au-delà du sable apparurent alors des sceaux de pactes par milliers, comme autant d'astre dans un ciel définitivement bleue. Il ferma les yeux et laissa son imagination l'emportée. La salle avait disparu et seul existé ces images qui défilés sans bruit, cette légère somnolence qui l'envahissait et la musique de l'aède. Et bien sur cette sensation d'être suspendu sur un fil au-dessus d'un gouffre, avec pour seul succès d'équilibre le taux de caféine. Comme si votre corps avait cessé de fonctionner, votre tête de penser, et seul l'effet prolongé du café permettait cette illusion d'allongement factice de vos capacités.

Le ciel qu'entrevoyait Caéli était d'ailleurs aussi noir que celui de la chanson, d'un noir de café.


"Les chansons qu'aux Hyades un jour on chantera
Là où flottent en bruissant les guenilles du Roi
Doivent mourir sans bruit
Dans Carcosa"

Son esprit vagabonda quelques secondes dans l'océan noir jusqu'à ce que, d'un coup, des lettres apparaissent d'un blanc nacré. Il s'agissait du texte de la chanson, mais traduite elle-aussi en langue ancienen. Caéli dont les qualités intellectuelles n'étaient pas altérés vérifia la grammaire et n'aperçut pas de fautes mais des expressions vieillatre et très "écrite"; bien loin des expressions parlés utilisés par les mages. C'était son style, la traduction était sienne, aucun doute. Que son esprit soit capable de se remémorer, sans qu'il n'est eu à faire d'effort, un texte entier, cela lui semblait tout à fait normal voir assez banal. Qu'il traduite inconsciemment le texte, voila quelque chose de plus inquiétant. Il était peut être temps qu'il rentre.

Un nouveau spasme le secoua mais son voisin n'osa pas le regarder à nouveau. Ouf.

"Ma voix déjà se meurt et le chant de mon âme
Doucement s'évanouit comme sèchent les larmes
Qu'on a jamais versées,
À Carcosa. »

Et la musique s'arrêta au moment où les yeux d'André Caéli se rouvrirent. Les images malencontreuses d'un pacte sur un lion de bois grandeur nature disparurent à jamais dans la réalité et pour la première fois depuis qu'elle était entrée sur scène, il regarda Isabeau Visconti.

Il l'avait déjà vu mais une fois de plus il fut frappé par sa beauté. Les traits élancés de la jeune femmes provoqua chez lui, une fois de plus, un étrange tourment. Elle possédait une démarche qu'il trouvait un peu languissante, bien que cela ne soit pas provoquant. Et puis le regard du mage s'arrêta sur le sein blanc de l'aède. Sa robe laissait en entrevoir la forme arrondie et parfaitement proportionnée, ainsi que sa couleur nacrée. Les regards étaient forcés de pénétré dans cet entrebaillement offert au regard sans ne pouvoir qu'imaginer la suite. André Caéli fut vite rattrapé par ses valeurs morales et regarda à nouveau les traits gracieux d'Isabeau. Il s'en voulut à lui même d'avoir fait preuve de tant de bestialité dans son comportement visuel mais il fallait bien l'avouer, l'aède était d'une grande beauté.

Les spectacles s'enchainèrent ensuite mais le jeune homme était définitivement de son état épileptique pour laisser place à une grande nervosité. Il vit au bout d'un moment l'artiste arrivait sur le devant de la scène et être accueillie par toute l'intelligentsia présente. L'écrivain en lui trouvait ce genre de gens puant.

Pourtant l'idée lui vint de les rejoindre. A la mention de son nom, il pourrait surement accéder à l'artiste et avoir le privilège de la féliciter de vive voix. Il pourrait alors admirer une fois de plus la beauté de cette idole et en graver l'image au plus profond de son intelligence, là où elle resterait gravé surement pendant très longtemps. Il oubliait rarement les choses, et même si il n'était pas physionomiste, son esprit parfois lui ressortait les images de gens un peu à la manière des traductions précédentes.

En même temps, frayer avec ces gens là ne l'intéressait pas. Il n'était pas à proprement parlé quelqu'un de mondain et se sentait particulièrement mal-à-l'aise avec tout ce qui entoure l'art. Surtout avec les éditeurs. Y avaient ils des éditeurs dans la salle ? Aucun qu'il connaissait en tout cas, et il les connaissait tous. Malgré sa grande intelligence et sa répugnance, le coté très jeune homme intello, au suivi d'une belle alliance de circonstance avec la curiosité naturelle du mage, pris le dessus et il se leva pour rejoindre le par terre et se rapprocher, sans oser s'imposer, de l'artiste.





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Mar 5 Fév - 16:59
« Morvausse, voic... »

Le cerveau d'Isabeau refusa d'interpréter plus avant les sons qui lui arrivaient. Kyriel aurait bien pu dire ce qu'il voulait, proclamer qu'il aimait le bondage ou qu'il voulait se transformer en grosse limace du désert, elle n'aurait pas réagi, tant la peur primordiale avait paralysé chacun de ses nerfs la rendait sourde au monde qui l'entourait. La poésie de Jaskier était loin, très loin d'elle et des ses préoccupations immédiates. N'importe qui la regardant en cet instant aurait cru qu'elle était malade, qu'il fallait l'emmener d'urgence voir un médecin, tant elle avait blêmi à l'écoute de ce seul nom. Morvausse, oui, était un nom qu'elle avait refoulé au plus profond d'elle-même, qu'elle avait voulu à toute force oublier, et qu'elle croyait avoir disparu à travers le temps et l'espace.
L'entendre ici, c' était ressusciter les plus sombres périodes de sa vie : elle sentait à nouveau les zébrures du fouet sur sa peau et les picotements des orties qui avaient ponctué sa fuite, elle entendait encore les brimades et sentait ses propres larmes couler. Et plus que tout, sur son sein gauche, là où elle avait utilisé le pouvoir de son pacte pour dissimuler au mieux la vilaine cicatrice qui en résultait, elle ressentait à nouveau l'atroce et mordante brûlure du fer chauffé à blanc. Elle tressaillit sous l'effet du souvenir, échappant son verre tandis qu'elle portait ses mains là où l'ancienne blessure, plus psychologique que physique, avait semblait se rouvrir.

« Ça n'va pas, m'selle Visconti ? »

Le barman paraissait s'inquiéter sincèrement à son sujet. Qu'on l'appelle du nom qu'elle considérait vraiment comme étant le sien eut au moins l'effet bénéfique de rebrancher ses neurones sur la situation actuelle. Toujours pâle comme un linge, elle tourna légèrement la tête vers celui qui s'enquérait ainsi de sa santé et lui adressa un sourire qu'elle voulait rassurant, mais qui était en fait complètement raté.

« Un... Un petit malaise, rien de plus... Ne vous inquiétez pas, je vais juste aller dans ma loge me reposer... Je vous remercie de votre attention. »

Elle voulut ramasser son verre qui était tombé, mais celui-ci n'était pas au sol. Non. Un homme l'avait apparemment rattrapé, et puisque qu'il y avait encore du liquide à l'intérieur, il était clair qu'il ne l'avait tout simplement pas ramassé. De plus, à la façon dont il la regardait, Isabeau comprit sur le champ que c'était lui qui l'avait appelé Morvausse. Un frisson la parcouru à nouveau. Elle ne connaissait pas cet homme, il n'avait aucune place dans ses souvenirs... comment aurait-il pu savoir pour son passé ? Même s'il l'avait connu à l'époque, il était impossible de faire le lien entre le laideron qu'elle était alors et la femme désirable qu'elle était devenue. Seule Luciana était dans la confidence, puisqu'elles n'avaient pas de secrets l'une pour l'autre. Et Isabeau avait une confiance totale dans sa magicienne. Jamais elle n'aurait divulgué un tel secret à qui que ce soit. Alors, comment ?

Isabeau avait peur de cet homme, du mystère qu'il représentait. Il savait trop de choses sur elle, et elle ne savait rien sur lui. Cela la terrifiait. Elle aurait voulu avoir une arme sur elle, ne serait-ce que pour la rassurer, mais son épée et son stylet étaient restés dans sa loge. Elle se sentait nue et sans défense. Comme un agneau nez à nez avec un loup. Et comme toute proie, elle adopta la seule défense qu'elle connaissait quand elle ne pouvait pas se battre : la fuite. Oh, bien sûr, elle essaya de se lever et de marcher vers les coulisses d'une démarche naturelle. Mais il n'était pas difficile de remarquer qu'elle était trop fébrile, que ses gestes étaient trop nerveux, un peu saccadés peut-être. Et elle était d'autant plus inquiète que l'inconnu la suivait discrètement... mais de façon à ce qu'elle le repère. Il aurait pu passer inaperçu à ses yeux, mais il ne le voulait pas. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait quelqu'un faire cela. Gheisel, le chef des Corneilles, faisait ainsi pour menacer un bourgeois sans en avoir l'air.

Elle finit par atteindre sa loge. Elle entra dans la pièce, et verrouilla immédiatement la porte à double-tour. Dès que cela fut fait, elle sortit son stylet de l'étui caché dans sa botte gauche qui traînait par là, et tira son épée du fourreau qu'elle avait rangé dans un coin. Enfin, elle ôta ses talons hauts qui ne feraient que la gêner en cas de combat. Mieux valait être pieds nus que de trébucher, elle avait appris cela à la dure par le passé. Elle s'assit alors sur son lit et tenta de calmer son stress par des exercices de respiration, tout en restant attentive au moindre danger.

Elle n'était plus une proie sans défense à présent, même si elle était acculée dans sa tanière.

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Mer 27 Fév - 11:50
D'aucuns dirons que la terreur qui déforme les trait d'un visage effrayé est une visions délectable, d'aucuns dirons sans aucun doute que plus que tout que, un charmant minois déformé d'effroi comme celui d'Isabeau est une visions sublime. Non pas ces traits altérés, crispés. Non, cette lividité qui faisait d'une personne forte un être faible et sans défense, cette fébrilité hasardeuse ôtant toute assurance. Ainsi réfléchissait la partie de l'esprit du politicien qui avait appris a savourer la cruauté, cette partie de lui qui possédait une volonté de puissance, celle qui poussait l'homme qu'il était à aller plus en avant à chacun de ses actes, aussi mauvais soit-il pour l'individu.

Une autre partie de l'esprit de Kyriel elle, constatait avec une satisfaction blasée le résultat de la simple prononciation du nom Morvausse, chez Isabeau Visconti. Ancienne esclave ignisienne, quelle joie, un nouvelle compatriote en exil, combien de personne comme elle et lui étaient à Ventus? Sans doute un grand nombre. Mais qui était plus exposé que lui? Ancien membre d'une noble famille massacrée dans un grand brasier et aujourd'hui en plein milieu de la pièce de théâtre politique de Ventus et d'Albion? Sans aucun doute bien peu de gens, mais cela avait le mérite de provoquer en lui une sorte d'exaltation profonde qui n'avait jamais été pour lui déplaire. Il jouait à un jeu dangereux et, heureusement en tirait un certain plaisir. Mais c'était avec lassitude qu'il contemplait sa relation avec Isabeau partir sur un très mauvais pied. Comme prévu assez ironiquement.

Un léger reflet s'échappa de la main de l'aède, son verre tombait par terre, allait se briser en de multiples éclat et résonner, si ce n'est à travers toute la salle dans le minuscule périmètre autour de lui et de la barde. Hors de question d'attirer plus l'attention que nécessaire. Sa main gauche surgit, comme un fouet qui claque, preste et leste, et, l'espace d'un battement de cœur, le verre qui tombait se retrouve dans la main du politicien. Un peu de vin dégoutant sur sa main et sur la manche de l'épaisse et grossière veste de lin qu'il porte. Reposant alors le verre comme si de rien n'était, combien de personnes ont remarqué son geste après tout? Aucune sauf une, sauf Isabeau qui, poussée par la peur choisir de fuir, de fuir vers sa loge semble t-il. Si cela est bien le cas, cela ne semble pas l'idée la plus judicieuse pour fuir, mais plutôt la meilleurs idée pour se retrouvé piégé selon Kyriel... Peut-être, peut-être pas. Ou peut-être est elle assez douée pour mimer la peur panique et, même piéger l'esprit et le regard implacable du Bernkastel. Si tel est le cas, cela fait d'elle une alliée inestimable.

Il se tourna vers le barman.


-Au fait, vous pourrez dire aux artistes que le chef exécutif du conseil de Ventus a apprécié les représentations et qu'il souhaite les rencontrer... ainsi que permettre à ce cabaret d'être encore plus connu si tel est le désire de son propriétaire.

Un sourire amusé tandis qu'il vide son verre d'un trait, se mettant à la poursuite de sa proie de la soirée. Le cognac est comme du feu liquide, l'espace d'un instant frais à travers sa gorge, il explose en une flamme brulante au creux de son ventre, le froid laissant place au brasier. Il parait que vider un verre d'alcool fort lorsque l'on possède la corpulence du politicien n'est pas quelque chose de recommandé et que, la tête vous tourne alors. Mais le comédien central d'une pièce de théâtre égocentrique ne ressent guère les effets d'un simple et vulgaire verre d'alcool, non il en faut plus. Toujours est-il que le cognac était bon, assez bon pour avoir un infime regret quand au fait de le vider d'un coup. mais peu importe, quelque chose de bien plus intéressant qu'un vulgaire verre d'alcool se prépare.

Et dans la masse ignorante de ce qui se joue à chaque instant, encore une fois Kyriel disparait, ombre et fantôme de premier plan, lui que tout le monde connait de nom et de description passe pourtant encore une fois inaperçu, il n'est personne, il n'est rien. Sauf pour l'aède, car l'attention de celle ci dans sa fuite s'est fixée sur l'homme et, car s'il ne semble être qu'un vulgaire individu comme un autre dans la masse, elle l'a déjà remarqué. Comme une manière pour lui de s'annoncer, de se présenter. Il ne cherche pas à se cacher à ses yeux... Un soupçon de masque retiré, fantôme menaçant pour certains, fantôme commun pour d'autres. la suite est prévisible, elle va se refugier dans sa loge, la fermer à double tour et, l'attendra prête à frapper d'un coup fourbe de dague ou de stylet si, il a le malheur d'entrer de force. Mais qu'a t'il à craindre? Elle est peut-être pactisante et, a peut-être vécu avec des bandits et appris à se battre, lui aussi est un pactisant, et il n'a pas appris qu'à se battre. Sur de ses capacités il ne voit aucune raison de craindre une dague, même entre les mains de quelqu'un d'entrainé. Mais un peu de diplomatie serait de bon ton à présent non?

Une fois dans les loges, il relâche son visage, retrouvant les traits du politicien, son véritable masque. Le sourire narquois qu'il arbore reprend naissance, rieur, amusé, ironique, joyeux, cynique, tout cela et plus encore, tout et rien, tout et rien à la fois. Sur de lui il se dirige alors vers la porte de la loge d'Isabeau et, s'adossant au mur à côté de la porte se contente simplement d'y toquer, avant de s'exprimer avec la voix connu du chef exécutif du conseil de Ventus, la voix de celui qui a fait tant de discours, tant de conférence pour son jeune âge. Une voix calme, presque douce et aux intonations ironiques.


-Excusez moi mademoiselle Visconti, mais je suis venus vous voir suite aux recommandations d'une connaissance commune que nous avons, répondant au nom d'Umberlock.

Inutile de s'attarder en palabres inutiles, il n'est pas la pour meubler l'espace sonore ce soir.



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Jeu 28 Fév - 2:21
Les spasmes dus au café secouaient encore le jeune ventusien qui malgré tout s'approcha d'Isabeau Visconti à travers la foule. Peu habitué aux réunions mondaines et aux foules, le technomage se sentait terriblement mal à l'aise, d'autant que l'idée de s'adresser bientôt à une égérie des foules, d'une grande beauté, usant par là de son privilège d'auteur célèbre, le mettait mal à l'aise. Qui était il, lui, pour rencontrer une femme aussi belle ?

Pourtant, le temps d'un battement de coeur, la situation sembla changer. Isabeau était devenu pale. Comme si elle était passé tout à coup d'une artiste au sommet de la gloire, fatigué et émue après une performance exceptionnelle à une artiste déchue en pleine crise de manque d'une drogue dur. Son regard était fuyant, ses traits tendus et sa peau si pâle qu'on aurait pu croire un fantôme à travers la salle. Ses gestes étaient devenus terriblement nerveux et aucune personne autour d'elle ne semblait l'avoir remarqué.

André Caéli se demanda donc l'espace d'un instant, si il ne devait pas fendre la foudre et se porter au secours de l'artiste qui semblait prête à s'écrouler. C'est alors que quelque chose l'arrêta net; ce fut pour lui aussi violent qu'un mur en pleine course et son esprit eut à faire un effort surhumain pour comprendre ce qui venait de se passer.

Les images se succédaient. Isabeau laissa échapper son vers d'un des gestes nerveux qui l'avaient saisi. Mais le verre n'était pas tombé. Il était dans les mains d'un homme au coté de la femme. Pourtant Caéli ne l'avait pas vu bouger.C'était comme contempler deux images qui se suivaient avec une seule différence. D'autant que celles ci ne se déroulaient pas là où il regardait même si l'action était dans son champ de visions. Sauf que le cerveau du jeune savant analysait automatiquement toutes les données extérieurs enregistrées. Et que rien ne lui échappait. Une incompréhension, un bug apparut donc dans la tête du Mihailovien qui fit un effort pour ne pas s'écrouler sur place. Ce genre d'absurdité inexplicable était très douloureuse pour lui. Isabeau quand à elle, s'adressait aux serveurs désormais. Ces gestes semblèrent s'apaiser un peu et elle se tourna vers l'homme au verre avant de faire volte face et de quitter les lieux.

Le technomage regarda l'homme et un frisson de peur lui traversa l'échine. Quelque chose n'était pas normal. Plusieurs solutions c'étaient élaborés dans son esprit. L'homme avait bougé trop vite pour ses yeux et rattrapé le verre, ce qui témoignait d'une dextérité surhumaine; l'homme avait un pouvoir de pacte quelquonque qui lui permettait cet exploit. Dans tout les cas, il était dangereux. Très dangereux. Un nouveau frisson le parcouru et sa main se posa sur la garde de son épée. Les runes de flammes se mirent à luire, voilés sous le fourreau.

C'est alors qu'il fut secourut d'un spasme caféiné, un de plus. Il rentra dedans un homme qui se trouvait alors devant lui, car le spasme avait brouillé sa vision l'espace de quelques secondes. En s'excusant, il jeta un regard en direction de l'homme qui avait disparut, puis se retourna vers l'homme qui l'avait percuté, salua et repris sa route vers l'endroit où se trouvait Isabeau et Kyriel.

Son esprit tournait maintenant à plein régime. Les deux avaient disparus très vite. Mais il avait au moins pu voire Isabeau partir. L'homme par contre s'était éclipsé à une vitesse surprenante et il ne comprenait pas comment. C'était surement lié au verre. Dans un coin de son esprit, plusieurs images de l'homme percutèrent d'autres images, et la sensation de le connaitre lui vint. Comme il ne pouvait pas donné de nom malgré tout, et que son esprit n'est jamais à creuser car il se souvient toujours de tout, il ne chercha pas plus avant et se concentra à nouveau sur la situation.

Isabeau avait l'air paniqué; mais était parti plutôt que de rester dans la foule. Elle connaissait surement l'homme en question, et cet homme devait être capable de lui faire du mal malgré la foule, sinon elle serait resté à l'abri au milieu des gens. Vu le coup du verre et de la disparition, c'était très probable comme situation. Que faire ensuite ? Soit s'enfuir définitivement, soit partir dans sa loge, soit trouver un protecteur. Dans tout les cas elle avait pris la direction des coulisses.

S'enfuir était une solution peu probable. Si l'homme pouvait l'atteindre dans la foule, il pouvait surement l'atteindre dehors. La loge restait le plus évident; là elle trouverait au moins une arme pour se protéger et une situation favorable pour l'accueillir. Quand on sait que la fuite est impossible, on recherche la défense. Et ni la foule, ni la fuite n'offrait une défense. Une lame et une loge , si.

Sans plus perdre de temps, conscient que la vie de l'artiste était peut être en jeu, toujours la main au fourreau, le jeune homme se dirigea vers les coulisses. Le patron du cabaret alors l'arrêta.

"Où allez vous monsieur ?"

"Je suis André Caéli, je viens féliciter Mademoiselle Visconti qui est dans sa loge"

"Caéli, le Caéli ?"

"- Le seul, l'unique. Je peux passer ? Je vous signerai le livre d'or, promis".


"C'est la journée des célébrités, on a aussi aperçu le président du conseil".


Kyriel ? Les images de l'homme et celle de Kyriel se superposèrent alors et un grand soulagement atteint alors le technomage. Kyriel avait une réputation sulfureuse, mais il ne pouvait pas assassiner Isabeau en publique. Ni s'en prendre à lui; cette identification de l'homme au verre le soulagea et il se demanda alors pourquoi il s'était fait du souci. Rejoindre Isabeau dans sa loge n'avait plus vraiment de sens, à ce moment. D'autant qu'André Caéli n'aimait pas bien l'idée de se retrouver à parler avec un politique. Bien sur son statut de Mihailovien lui permettait de se présenter auprès du président du conseil, d'autant que celui-ci avait fait à l'université des conférences des plus intéressantes et qu'il était capable de s'en souvenir à l'intonation prête. Mais se retrouver mêler au jeu d'un politique ne l'intéressait guère. Voir le dérangeait profondément.

Le patron de la boite reprit malheureusement la parole:

"Monsieur Caéli, je suis un grand amateur de vos oeuvres; laissez moi vous présenter moi-même à Mademoiselle Visconti".

Invité par le geste du patron, André Caéli du se prêter au jeu et s'engagea le premier en direction de la loge, suivi du patron du cabaret.



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Lun 11 Mar - 20:31
Les pas légers de la Conseillère résonnaient sur le sol de bois lustré. Son reflet coloré la suivait inlassablement dans la salle de trône. Le stress que vivait la jeune femme depuis quelques jours la rendait plus nerveuse que jamais, sursautant au moindre son, au moindre battement d'aile d'une colombe se posant sur le bord d'une fenêtre du château. Un corbeau passa dans le couloir et croassa, couvrant tout le corps d'Angie d'un spasme involontaire provoqué par la surprise, le fait qu'elle ne s'attende pas à ce qu'un son l'extirpe de ses pensées. Mais après tout, qui s'attendait à voir un corbeau dans un château? Il était probablement entré par une fenêtre ouverte et cherchait désespérément un moyen de s'enfuir...D'ailleurs, peu de temps après, le regard bicolore de la Dame de compagnie s'était arrêté sur un garde qui passait en courant devant les grandes portes ouvertes de l'immense salle. Probablement tentait-il de rattraper le volatile...Un sourire éclaira alors le visage de la Reine et de son amie. Cette dernière se tournai face au trône. Ellana la contemplait silencieusement. Elle la connaissait trop bien, elle savait que quelque chose la tracassait...Ses traits changèrent, devenant plus durs, avant qu'un long soupir d'exaspération ne s'échappe de sa bouche.

-Qu'est-ce qu'il y a, Angie? Je sais que tu veux me demander quelque chose.


Était-il trop beau de seulement espérer qu'elle veuille bien lui accorder ce qu'elle désirait? Probablement...Mais Ellana la connaissait assez bien pour savoir que sa demande, si elle était formulée, était d'une haute importance, à ses yeux tout du moins. Nerveuse, mordillant sa lèvre inférieure, Angélie d'avança vers elle. Il n'était pas nécessaire d'écrire, elle reconnaîtrait bien ses gestes. Ses pieds se placèrent l'un par dessus l'autre. Le fait que ses chaussures ne soient faites que d'une mince épaisseur de cuir malléable permettait de voir ses orteils se crisper, de sorte à s'emboîter ensemble. Elle prit une bonne inspiration, fixant le sol, puis releva finalement les yeux vers ceux de son amie, tout en expirant. Sa tête, toutefois, restait basse. Elle leva une main, pointant dans une direction bien précise, puis, de l'autre main, se pointa elle-même du doigt. S'assurant que la Reine avait vu chacun de ses gestes, elle joint ensuite ses mains fragiles devant elle et baissa la tête, regardant son sac en cuir. Celui-ci s'appuyant sur sa hanche, pendant le long de son corps. Elle l'ouvrit et en sortit son Memoria, avant de relever un regard innocent vers Ellana.

-Tu veux aller jouer à Ventus...C'est ça?


Un simple hochement de tête répondit à la question de la Reine. Angie n'avait toujours pas baissé les yeux, mais n'avait pas non plus relevé la tête. Un sourire innocent s'afficha néanmoins sur son visage d'ange et ses yeux vairons se mirent tout de suite à briller. Elle savait que si Ellana avait voulu refuser, elle n'aurait pas prit le temps de confirmer ce qu'elle tentait de lui dire. Elle trépignait maintenant d'impatience.

Un soupir s'échappa de la bouche de la Reine, qui sourit à son tour.


-Si j'ai besoin de toi...Un pigeon te sera envoyé...Mais n'oublies pas...Si ça venait à arriver, tu devras rentrer le plus rapidement possible et ce, peu importe ce que tu seras en train de faire. Comprit?

Comme une enfant l'aurait fait, la violoniste rangea Memoria, puis se mit à sautiller de joie, avant de se jeter dans les bras de son amie. Cette action aurait été déplacée en public, mais comme personne ne les voyait en ce moment, Ellana la serra à son tour.

Quelques minutes plus tard, la Conseillère était déjà à l'écurie. Le palefrenier savait qu'elle aimait préparer son cheval elle-même et continua donc sa besogne sans se soucier d'elle, l'ayant simplement saluée d'un sourire amical. La porte du box était lourde, mais Angie en avait maintenant l'habitude et la poussa sans problème. Si Terra était connue pour la force de ses armées, leurs chevaux ne faisaient pas exception. Entraînés pour la guerre, ils étaient tous en parfaite forme physique, capables de galoper sur de longues distances et ne fuyant jamais le danger. Rien ne pouvait surprendre ces bêtes, fort heureusement, puisqu'Angie sursautait facilement, elle. La monture qu'elle se plaisait le plus à chevaucher était Aràto, un étalon Frison de 9 ans. À cet âge, il était encore jeune, mais avait de l'expérience et connaissait bien les rudiments de la guerre. En voyant la porte de son box s'ouvrir, il s'avança et étira l'encolure vers Angie. Il l'aimait bien, car chaque fois, elle avait une carotte ou une pomme pour lui et ce jour ne faisait pas exception, il eu même droit aux deux. Les petites mains fragiles de la violoniste parcoururent la robe noire de l'étalon, s'assurant qu'aucune blessure ne le faisait souffrir, car le voyage serait long. Heureusement, il n'y avait rien à signaler. Un licol fut vite enfilé à l'équidé puis il fut sortit de sa stalle. Elle n'avait pas besoin de l'attacher, il était très bien dressé et attendrait sur place jusqu'à ce qu'elle lui indique qu'il pouvait bouger.

Angie adorait panser les chevaux, c'était un moment privilégié de complicité entre un homme et sa monture, durant lequel l'un veillait sur l'autre. Quand la Conseillère brossait le flanc d'Aràto, l'étalon tournait la tête vers son dos, qu'il mordillait délicatement pour ne pas la blesser afin de lui rendre la pareille. Venu le temps de curer ses sabots, il se calmait automatiquement et donnait chaque pied sans tenir tête. Il était une monture parfaitement calme et posée. La tête froide, un tempérament parfait dans un corps bâti pour la guerre. Une fois entièrement propre et débarrassé de toute la poussière qui couvrait sa robe d'ébène, Angélie porta le mors à la gueule du cheval, puis attacha la bride. Aucune selle ne serait nécessaire, puisqu'elle montait toujours à crue. La raison en était simple: Elle était muette, et ne pouvait donc pas utiliser de commande vocale pour l'arrêter rapidement en cas de danger...Elle utilisait donc la bride et le transfert de poids, qu'il ne pourrait pas ressentir s'il avait porté une selle. Quand elle montait, Angie attachait solidement son grand sac de cuir à sa hanche avec une ceinture supplémentaire, tout en fermant hermétiquement le sac avec une corde en cuir solide. Tout était prêt maintenant, elle pouvait se mettre en route.

Une fois sortis de l'écurie, la cavalière et sa monture attendirent que le pont-levis soit abaissé, puis, trépignant d'impatience, Aràto détalla au galop. Le chemin allait prendre quelques jours, mais puisqu'il n'avait pas sortit depuis longtemps, l'étalon courut durant une très bonne distance, leur permettant probablement de gagner quelques heures de route. S'il pouvait galoper ainsi tous les jours durant quelques minutes, le chemin serait court.

Angie détestait s'arrêter pour la nuit, mais elle était bien obligée de le faire, à la fois pour manger et dormir, ainsi que pour nourrir son destrier. Étant de nature peureuse, la noirceur l'effrayait énormément et elle s'imaginait toujours qu'un bandit surgirait de nulle part pour s'en prendre à elle...Mais c'en était rien. Le voyage dura 3 jours et elle était en parfaite forme. Il fallait qu'elle se fasse à l'idée...Elle avait tendance à se créer des peurs inutiles et devrait un jour y faire face. Quoiqu'il en soit, elle arriva à Ventus en début de soirée, plus heureuse que jamais. L'auberge qu'elle choisit se situait tout près du Cabaret de Tous les Vices, un endroit qu'elle n'avait visité qu'une seule fois, mais qu'elle avait adoré. À cette auberge, on prenait soin des chevaux, et c'est ce qu'elle appréciait plus que tout. Un bon pourboire fut donné au palefrenier, puis elle demanda un bain et un repas chaud. Finalement, elle était prête à sortir, emmenant son précieux sac avec elle, puisqu'il contenait Memoria, son violon.

En entrant dans le cabaret, elle fut surprise du nombre de personnes présentes, faisant monter son anxiété d'un cran. Allait-elle arriver à performer devant autant de spectateurs? Elle n'en savait rien, et le fait qu'elle puisse bien s'enfuir de la scène durant son numéro la tétanisait. Elle prit une grande inspiration, puis se dirigea vers le patron du cabaret, lui tendant un bout de papier préparé d'avance. "Y a-t-il de la place ce soir pour un numéro de violon? Si oui, veuillez m'indiquer une loge qui soit libre s'il vous plaît. Je m'appelle Angélie du Doux Lotus" Un sourire amical s'affichait sur l'adorable minois de la jeune femme, mais le patron lui, haussa un sourcil. Il semblait trouver le fait qu'elle communique par papier plutôt étrange...Mais lui indiqua tout de même une loge, précisant qu'elle serait avertie lorsque ce serait son tour. Pour le remercier, Angie fit une petite courbette polie, puis entra dans la petite pièce en fermant à clé derrière elle. Elle était rouge pivoine, intimidée par la discussion qu'elle venait d'avoir avec l'homme. Elle n'avait jamais aimé discuter avec les hommes...Elle ne se sentait pas en sécurité avec eux. Finalement, elle soupira et se prépara.

Pour l'occasion, Angélie portait une petite robe blanche voilée attachée à sa nuque par une petite boucle. Ladite robe arrivait quelques centimètres au dessus de ses genoux, sous laquelle se trouvait un sous-vêtement de la même couleur, permettant ainsi qu'on ne voit pas son intimité lors de ses mouvements de danse. Ce vêtement mettait bien en valeur sa poitrine assez généreuse ainsi que son corps fin et gracieux, aux formes presque parfaites, sculpté par la danse. À ses pieds, elle portait ce qui semblait être des pantoufles de ballerine, attachées par des rubans roses autour de ses jambes jusqu'à ses genoux. Elle se regarda dans le miroir quelques instants, satisfaite, puis l'on vint cogner à sa porte.


-Mademoiselle Angélie, c'est à vous dans 2 minutes.

La tension monta d'un cran. Le coeur d'Angie se débattait dans sa poitrine et sa respiration devenait haletante. Pour se calmer, elle but une gorgée de la bouteille de vin posée sur son petit bureau de bois, puis fit une grimace. Elle n'avait jamais goûté de vin auparavant...Maintenant elle savait que c'était plutôt fort au goût! Terminant de se préparer en aillant placé une fleur jaune dans ses cheveux, elle souffla un dernier coup, puis sortit. Un homme l'attendait là et l'accompagna jusqu'aux coulisses de la scène, lui indiquant qu'on la présenterait d'abord. En effet, comme il terminait sa phrase, elle entendit ladite présentation.

-Mesdames et messieurs, applaudissez bien fort afin d'accueillir Angélie du Doux Lotus, la violoniste!


Le présentateur tourna la tête vers elle et sourit en reculant d'un pas, l'invitant à venir sur scène. Elle dut se concentrer pour garder le sourire, puis avança finalement jusqu'au milieu de la scène, avant de réaliser qu'elle avait oublié son violon dans les coulisses. Rouge de honte, elle courut pour aller le chercher et revint, un sourire amusé se dessinant sur le visage du présentateur. Heureusement, on lui avait précisé qu'elle ne parlait pas, et ne demanda donc pas à la violoniste de s'exprimer, mais elle n'en était pas moins nerveuse, les gens la fixant tous avec un air amusé, probablement à cause du petit incident. Elle inspira un bon coup, l'homme lui laissant finalement toute la scène, puis prit le temps de regarder tout le monde tour à tour. Ses yeux vairons ne mirent pas de temps à être remarqués, puisque tout le monde semblait regarder à cet endroit, mais sans attendre une minute de plus, elle se mit à jouer.

https://www.youtube.com/watch?v=vxIOUJ7by6U

En jouant, elle oubliait tout son stress, s'amusant clairement au gré de ses mouvements. Enfin à l'aise, elle donnait son spectacle de façon presque parfaite et se sentait comme si elle était seule au monde...

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Sam 18 Mai - 22:49
Inspiration, expiration. La seule chose importante est de garder le rythme, de se concentrer sur la circulation de l'air au sein de son corps. C'est la meilleure façon de combattre le stress et de se préparer pour une situation dangereuse, où l'esprit doit rester aiguisé... pour faire face à la peur sans que celle-ci vous paralyse ou parasite votre esprit. Isabeau savait le faire. Le problème était qu'elle n'avait pas vraiment le temps de se relaxer tranquillement et de se concentrer sur sa respiration : déjà elle entendait des pas dans le couloir. L'homme ne se souciait pas d'être discret et silencieux. Elle décelait dans le métronome régulier de sa marche l'assurance avec laquelle chaque pas se posait sur le plancher comme sur un terrain conquis, elle pouvait rien qu'à ce son sentir la confiance que cet homme avait en lui. L'entendant de plus en plus proche, elle se leva, assura ses appuis et leva son épée, la plaçant pointe en avant, lame à l'horizontale, parallèle à son regard. L'estoc pointé sur la porte n'était animé d'aucun tremblement, juste d'un léger va-et-vient en accord avec la respiration d'Isabeau.

Elle entendit son poursuivant s'arrêter, frapper quelques coups à la porte de sa loge. Le bois n'avait pas l'air d'être du chêne, ni d'en avoir la solidité... si elle frappait maintenant en y consacrant toutes ses forces, à travers les planches, peut-être pourrait-elle occire son ennemi sans coup férir.

« Excusez-moi mademoiselle Visconti, mais je suis venu vous voir suite aux recommandations d'une connaissance commune que nous avons, répondant au nom d'Umberlock. »
La première pensée d'Isabeau, avant même que la phrase n'ait été complétée, fut de se réjouir de n'avoir pas cédé à l'impulsion de frapper : la voix était légèrement décalée par rapport à la porte et sans doute sa lame n'aurait percé que l'air et le bois, sans compter le fait qu'il aurait ensuite fallu la dégager. Ensuite vint la stupeur une fois le nom d'Umberlock prononcé. Ou bien le Colonel lui avait envoyé quelqu'un de ses gens, auquel cas il y avait peu de chance pour qu'elle se trouve en danger. Mais elle ne pouvait faire confiance à quiconque après avoir entendu cet ancien sobriquet. Ou bien cela n'était qu'un piège. Et pour ce qu'elle en savait... c'était tout à fait probable. Mieux valait voir quelles assurances son visiteur pouvait bien lui donner avant de lui ouvrir son antre.

« Tiens donc. Il semble que parmi ses recommandations, il ait omis de vous vous conseiller l'usage de la politesse et de l'amabilité lorsqu'on aborde une jeune demoiselle. Comment pourriez-vous prouver que c'est bien de sa part que vous faites irruption dans cette soirée qui eut sans vous été agréable ? »
Non content de tester ses affirmations, cette requête le ferait parler un peu plus, donnant davantage temps et matière à Isabeau pour essayer de mettre un nom sur cette voix qu'elle était persuadée d'avoir déjà entendue. D'autant plus que des échos de conversation commençait à se faire entendre à l'autre bout du couloir... Oui, elle avait vraiment bien fait de ne pas passer cette porte au fil de l'épée. Et l'arrivée impromptue de nouveaux spectateurs ou acteurs dans cette scène déjà fort tendue ne pourrait rajouter que de la confusion et de la suspicion supplémentaire. Au pire il s'agissait d'alliés de cet inconnu, au mieux c'était Jaskier qui venait s'enquérir d'elle. Mais Isa doutait que qu'il en sorte quelque chose de bon, quoi qu'il arrive.

Oh, que n'aurait-elle pas donné pour avoir Luciana à ses côtés en cet instant !

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Ven 23 Aoû - 0:07
Politesse et amabilité? Oui, peut-être que s'eut été préférable, il est toujours plus agréable de commencer par discuter avec cordialité. Plus confortable sont les conventions, et suivre les règles est ce que l'on attend toujours de tout un chacun... encore faut-il connaitre les règles évidemment. Mais qui connaissait mieux les règles de la terre de la liberté et de la justice que le chef exécutif du conseil? Peu de monde. Et peu de monde méprise autant les règles que Kyriel Bernkastel, il est pour lui hors de question de s'y plier, il joue un seul et unique jeu, le sien. Sans aucune règle, contre un adversaire invisible, contre lui même ou contre le monde peut-être bien. Dialoguer ainsi est une perte de temps, un temps qu'il refuse de perdre, chaque second qui s'écoule, chaque inspiration est un pas en avant vers la mort, chaque expiration un pas en avant vers la victoire.

Et ce temps là est pour Isabeau Visconti un gain de temps, un geste esquissé pour sa victoire, le temps est son allié et l'ennemi de Kyriel. Alors qu'elle a commencé à s'adresser à lui, il laisse glisser les vêtement qu'il porte finit la tenu quelconque pour disparaitre, en dessous se cache un costume plus fin, certes discret mais délicieusement bien taillé. Teintes de gris et de noir son de rigueur, le sang ne se voit après tout jamais sur le noir. Sans doute est-elle derrière la porte à l'attendre comme semble le prouver sa voix. Peut-être avec une rapière... peut-être avec une arbalète, qui sait ce que cachent les femmes sous leurs vêtements ou dans leurs commodes? Certainement bien moins d'objet létaux que ce qu'un vulgaire fauteuil d'un des hommes les plus influents de Ventus dissimule. Mais qu'avait-il à craindre? Rien.

-Généralement la hache du bourreau ne s'embarrasse pas en politesse, aussi charmante soit la nuque qu'elle contemple. Et ce soir deux hommes son morts et, si ce n'est directement de ma main, cela ne change rien au responsable de leur mort... ou à la responsable de leur mort quand on sait que leur cible n'était autre que vous.

Insinuation narquoise, source de peur ou de haine, de dégout ou d'amour. Dire qu'Isabeau était responsable de leur mort était sans aucun doute exagérer et mentir. La seule source de leur mort était un homme au yeux dignes de ceux d'un démon et au cheveux de feu. Il partait sur les pires bases possibles avec Isabeau Visconti. Etait-ce important de s'arrêter à ce détail? Oui... et non. Personne n'engage quelqu'un en faisant tout pour que la relation de départ soit la pire. On recherche l'amitié et la compréhension de ceux qu'on apprécie... et l'on cherche à séduire ou persuader ceux que nous n'apprécions pas mais nous sont nécessaires. Et le génie de Ventus agissait de manière contraire à ce principe.

-Et il m'est impossible de prouver que c'est de la part d'Umberlock que je viens, vu que je viens suite à ses recommandation et non de sa part. Mais je puis vous dire que je lui supérieur d'un point de vue hiérarchique et, sur le plan de la maîtrise et du contrôle.

Alors qu'il entendait le bruit de personnes approchants, un sourire amusé et d'immense satisfaction se dessina sur son visage alors qu'il dégageait d'un coup de pieds les morceaux de tissus qu'il portait un instant plus tôt, sa force de pactisant lui permettant de les envoyer aussi loin que cela l'arrangeait.

-Mais je puis vous assurer que personne ,si ce n'est  Isabeau Visconti, Luciana Sforza et le chef exécutif du conseil, ne sait plus qui a été Morvauss... et ne le saura à moins que vous désiriez le contraire. Ou encore je puis vous avertir que d'autres hommes tenteront de vous ôter la vie et, je puis retrouver leur commanditaire sans aucune difficulté...

Mensonge et vérité à la fois. Evidemment qu'il pouvait retrouver le commanditaire de ceux qui attenteraient à la vie d'Isabeau, après tout même si les assassins ne le savaient pas, l'homme qui les avait engagé n'était autre que lui. Dans un instant ils ne seraient plus seuls dans ce couloir et, il se reprit.

-Et pardonnez moi, j'ai été détestable je le reconnais, la maladie n'épargne personne après tout.

Et alors ceux qui s'aventuraient dans le couloir, sans avoir la moindre idée de ce qui se tramait arrivèrent. A l'instant même ou le politicien frappait de nouveau à la porte de la loge, se tenant droit devant celle ci, comme s'il venait d'arriver.

-Excusez moi, je suis Kyriel Bernkastel et j'aimerai vous féliciter pour votre performance

Non, tant que l'ombre de la maladie ne se dressait pas, le temps n'était pas un ennemi mais, un pantin.



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Lun 2 Sep - 10:27
Le directeur de l’hôtel avancé dans ce couloir sans se douter que chaques pas qu’il faisait était un clou supplémentaire dans la tendre chair de l’écrivain qui le suivait vaille que vaille. Pour un jeune intellectuel brillant, que dis-je, absolument génial, rencontrer le chef du conseil de Ventus était une chose aussi naturel que respirer. Cette logique ne souffrait aucune contestation. L’état d’André par contre laissait lui fort à désirer ; d’après sa propre évaluation, le jeune technomage se situait quelque part entre l’épilépsie et la crise de manque d’un cocainé ultradépendant. Son interlocuteur n’avait pourtant rien remarqué et continuait d’avancer droit devant, imperturbable.

Kyriel Bernkastel… Kyriel… Kyriel… Kyriel… Au moins pourrai-je lui faire remarquer certaines inépties ou remarques ambigües de sa dernière conférence ? Non un homme comme lui ne commets pas d’ambiguité, seulement des sous-entendus que seul les génies peuvent comprendre… Kyrie… Kyriel… Kyriel… et puis il risque de mal le prendre si je commence à le corriger. Cest un homme trop orgueilleux pour ça. Kyriel… Kyriel… Kyriel… et dans quel jeu politique je vais me retrouver mêler ? Si il sait qui je suis peut être ai-je une chance que ça ne finisse pas trop mal pour moi ? Peut être même cela sera intéressant ? Mes recherches sur la technomagie sont intéressantes après tout.

« Et sinon vous travaillez sur quoi en ce moment ? »

La voix du directeur du théâtre avait sonné comme un coup de fouet dans le vent, inattendue et brutale, provoquant chez le technomage un véritable spasme. C’était de ses questions qu’on avait réfléchi trop longtemps car l’on mourrait d’envie de les poser sans savoir pour autant les amener, et qui finalement se retrouvaient lâcher dans les airs comme des tirs d’obus.

« Je travail sur un livre qui serait en même temps une réflexion, un avis et un hommage sur une œuvre très connu de la litérature »

« Oh quel grand écrivain est digne de votre attention ? Laissez moi deviner… Peut être est-ce du Faubert ? Ou du Mautpieton ? Voir dans un genre plus moderne, du Cécile ? »

« Non rien de cela, quelque chose de plus récent tirée non pas de la littérature d’Eholis mais bien de notre nation ventusienne »
« Oh… Je ne sais que dire… l’homme est encore vivant ? »

« Non malheureusement il est décédé bien avant ma naissance. J’aurai tant aimé le rencontré ».

Les deux hommes étaient arrivés à un tournant dans le couloir étroit qui menait jusqu’aux loges. Les spasmes s’étaient légèrement tus et le fameux chef du conseil n’était pour l’instant visible nulle part. André regarda derrière lui, longuement, dans l’espoir de reprendre un peu de contrôle. Se laissant emporter par son imagination fertile, il perdit ses irisdans les ombres qui dansaient laissant à sa fantaisie le soin de dessiner des formes inconnus dans ces étranges ténèbres. Au moment où il retourna la tête vers le directeur qui s’était lui aussi retourné, il crut dicerner dans la pénombre des mouvements aussi confus que ces taches de lumières qui dansent devant vos paupières lorsque vous fermez les yeux.

« Serait ce du Scott Kentucky ? Ou du Zelda ? »


En plus du stress qu’engendrait la potentiel présence du chef du conseil, le jeune homme sentit la timidité le gagner doucement à l’idée de rencontrer mademoiselle Visconti. Une certaine appréhension s’empara de lui et les questions du directeur du théâtre furent les bienvenus pour temporiser.

« Non rien de ces deux époux légendaires, mais qui sait cela viendra peut être un jour. Ce n’est pas non plus de ce bon vieux Ernst Anyway. »


Un léger silence s’ensuivit cete révélation, que le directeur pontua d’un « oh » comique.

« Travaillez- vous sur Le Chass-cœurs de Salinger ? »


« Non mais j’hésite clairement à inclure des références à cet œuvre. C’est un de mes livres préférés. Non je vous parle d’une œuvre écrite par un ignisien immigré chez nous »

Les yeux de l’hommes s’écarquillèrent.

« Le compte Vladimir ! Vous travaillez sur Dolores, n’est-ce pas ? »

Le technomage le gratifia d’un sourire.

« Mais comment souhaitez vous… donnez un avis là-dessus ? Ce sera une œuvre loli ? »

« Je ne sais pas encore » (mentit il effrontément… mais dévoiler qu’on va écrire un roman loli, c’est comme dire que l’on couche avec Eloan, cela ce sous-entends aux initiées mais ne s’affirme jamais à moins de n’avoir le livre, ou quelque chose d’autres, dans la main ). « J’aimerai en faire un proces moral qui serait non pas le proces de l’auteur ni de l’œuvre mais celle du lecteur voir de l’humanité ».


Un wouah béatique vint parfaire cette séquence déjà galvaudé par une phrase aussi clichée. Qu’importe, il était temps de bouger devant cette porte pour ne pas laisser mademoiselle Visconti attendre. Mettant alors sa nervosité et sa timidité de côté, il prit les devants du directeur et franchit le fatidique tournant pour arrivait dans le dernier pan du couloir où il vit, à une dizaine de mètre de lui, Kyriel Bernkastel devant la porte d’Isabeau Visconti.
C’est alors que derrière lui il entendit le bruit sourd du directeur du théâtre qui semblait vaciller. La bonne humeur qui s’était inscrite sur son visage lors de la révélation avait cédé la place à une peur irrationnelle et paniquée.

« J’ai vu quelque chose bougé la bas dans le fond du couloir »
. glapit il suffisement fort pour que tout le monde l’entende.

André l’avant entendu mais ses yeux ne quittèrent pas le président du conseil. Il fit trois pas en direction de celui-ci afin de signaler sa présence.



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Mar 17 Sep - 2:53
    « Et pardonnez moi, j'ai été détestable je le reconnais, la maladie n'épargne personne après tout. »

    « Va te faire foutre. »

Un simple murmure, plus pour elle-même que pour autrui, mais qui avait tout de même franchit ses lèvres et que son "interlocuteur", s'il était vraiment aussi doué qu'il le prétendait, n'aurait pas manqué d'entendre. Tant pis. Elle le pensait vraiment après tout.

Il y avait une chose qu'on ne pouvait pas reprocher à Isabeau, c'était sa capacité à réfléchir et à agir malgré la pression. C'était un talent inné qu'elle avait pu mettre à l'épreuve et peaufiner de nombreuses fois au cours de sa vie, et la situation dans laquelle elle se trouvait présentement n'était au final qu'une nouvelle occasion de mettre ce talent en pratique.

Avec tout ce qu'elle avait pu entendre jusqu'à présent, elle était persuadée de plusieurs choses : premièrement cet homme était dangereux, très dangereux. Ensuite sa voix ne lui était pas inconnue, même si elle n'arrivait pas à mettre un nom dessus. Si elle avait pu l'entendre suffisamment de fois pour qu'elle lui soit un tant soit peu familière mais que son propriétaire s'amuse à aborder la jeune femme ainsi, les probabilités étaient fortes que cet homme appartiennent au petit nombre des puissants. Après tout l'homme s'était présenté comme un supérieur hiérarchique d'Umberlock : cela ne laissait guère de candidats et tous appartenaient à l'élite de la nation. L'élite obscure, celle avec laquelle il ne vaut mieux pas fricoter quand on espère vivre une longue vie. Et pour finir, le choix de ses mots l'assimilait plus à un tortionnaire qu'à un ami anonyme qui lui voudrait du bien. Non, elle ne le laisserait pas entrer, ne le laisserait pas lui parler, ne lui permettrait pas de l'attirer dans les tréfonds des ténèbres de Ventus.

Mais tu as déjà accepté de mettre un pied dedans, idiote. Tu as signé pour Umberlock.
Isabeau détestait cette petite voix rationnelle qui s'incrustait dans ses pensées au moment où elle en avait le moins besoin.
Si tu lui échappes ce soir, tôt ou tard tu seras convoquée par Umberlock sur son ordre, en supposant qu'il ait dit vrai.
C'est sûr, mais si tu la fermais un moment et que tu attendais demain avant de me sermonner, hein? Merci.

Oui, Isabeau gèrerait les conséquences plus tard. Elle allait fuir, c'était décidé. Laissons à demain ce qui lui appartient.

    « Excusez-moi, je suis Kyriel Bernkastel et j'aimerais vous féliciter pour votre performance. »

......
Merde.
Qu'est-ce qu'elle avait bien pu faire dans une vie antérieure pour mériter ça ? Elle avait démembré des chatons à la petite cuillère avant d'en faire avaler les morceaux à des fillettes qu'elle avait forcées à tout regarder ? Ou quelque chose de pire encore ?

    « Par les couilles d'Ehol, je n'ai pas mérité ça ! »

C'était gros, très gros. Plus que ce qu'elle aurait pu imaginer. Évidemment qu'elle reconnaissait la voix du chef exécutif du conseil à présent ! Et dans un monde où les gros poissons mangeait les plus petits, elle avait l'impression d'être un pauvre saumon plongé dans des eaux infestés de grands requins blancs. C'était pas bon du tout. Il fallait qu'elle fuit immédiatement.

    « J’ai vu quelque chose bouger là-bas, dans le fond du couloir. »

La diversion nécessaire à l'exécution de son plan — elle-même n'aurait pas osé appeler ça un plan en temps normal, mais, hé ! c'est tout ce qu'elle avait sous la main pour le coup — arrivait à point nommé. Mille mercis, ô nouvel inconnu providentiel !

    « Un moment je vous prie, je dois me rhabiller. »

Elle misait sur le fait que Kyriel, même s'il comprenait les intentions de la belle, n'oserait pas forcer la porte de sa loge en public. Il avait bien une réputation et une image à protéger, non ? Quittant ses habits de scène en hâte, et revêtant des vêtements plus communs tout aussi hâtivement. Elle boucla son ceinturon, rapière au fourreau, vérifia que son stylet jouait correctement dans la cache de sa botte gauche, et ouvrit la fenêtre en insistant pour que cela s'entende. Une fenêtre fait toujours du bruit, et qu'elle cherche à ne pas en faire n'aurait que rendu cela suspect.

    « Encore un instant, s'il vous plait. »

Plus de temps à perdre à présent. Elle enjamba le rebord et sauta au sol. Sa loge était au premier étage de la bâtisse, mais elle comptait sur son pacte pour assurait sa réception sans encombres. Après tout, Luciana était en ville ce soir, son pacte était donc proche de sa capacité maximum. Elle remercia sa chance intérieurement que sa fenêtre ait donné sur un petit jardin plutôt que sur la rue. Le choc de l'atterrissage fut légèrement douloureux, mais rien de cassé ou de foulé, et ne l'empêcha pas de quitter le jardinet pour trouver refuge dans une ruelle adjacente plutôt sombre. Maintenant il fallait qu'elle agisse vite car son alibi, au bruit qu'elle avait fait, été forcément tombé.

    « Maintenant je n'ai plus qu'à... peindre le monde tel qu'il devrait être... »


Le teint pâle de sa peau perdit rapidement du terrain face à une marée d'ébène qui prit sa place sur le moindre millimètre carré de sa carnation, tandis que les longs fils de vif-argent qui semblaient composer sa toison devinrent une cascade brune qu'elle attacha immédiatement en un chignon grossier, mais le temps lui faisait défaut. Ses yeux aussi avaient été métamorphosé : l'améthyste avait été transformé en ambre comme par alchimie.

Elle prit un peu de terre poussiéreuse sur le sol, et la versa sur son crâne, donnant un reflet un peu sale à sa chevelure et à son visage, avant de sortir tranquillement de la ruelle en réarrangeant un peu sa tignasse, laissant tomber quelques mèches négligemment pour parfaire son déguisement. Nul ne pourrait la reconnaitre à présent, pas même Luciana. Remontant la rue avec calme, se faisant passer pour une flâneuse désœuvrée, elle rentra à nouveau dans le Cabaret de Tous les Vices et s'installa assez paresseusement au bar, commandant une bière terranne.

Kyriel et ses sbires devaient la chercher à l'extérieur à présent. Quand bien même ils seraient au courant de son pouvoir, ils ne pouvaient savoir quelle serait sa nouvelle apparence. Et la logique voudrait que, terrifiée par le chef exécutif du conseil, elle ait fui le plus loin possible. Peut-être même iraient-ils la traquer chez les Sforza.

Ici, au plus près du danger, dissimulée par sa métamorphose, elle était en sécurité. Autant qu'elle pouvait l'être en tout cas. Déjà des hommes venait la courtiser, et elle entra dans leur jeu. C'était une excellente couverture pour ne pas être suspecte, et elle ne s'en priverait pas.

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Lun 9 Déc - 19:07
-J'ai vu quelque chose...

Le regarde de l'aubergiste lui avait suffit pour se mettre en marche. Bougre de tenancier incapable de se taire, et incapable de passer à côté des détails inutiles. Quel intérêt y avait-il à noter l'un des assassins qui s'étaient glissés ici? Non, décidément les loges de ce cabaret avaient un vice de sécurité, assez ironique quand on y pense. Mais tous les vices n'étaient pas savoureux ou amusants, d'autre étaient simplement dérangeant ou parfois pratiques. Et le tavernier s'avérait présentement le genre de vice qui importunait le chef exécutif du conseil... qui déjà se jetait sur l'ombre, connaissant parfaitement les compétences de l'homme qu'il avait lui même engagé via des intermédiaires.

-... bouger la bas dans le fond du couloir!

Décidément! Les gens ne pouvaient-il rien remarquer lorsque lui, Kyriel Bernkastel avait besoin que l'on ne remarque rien? Revers d'infortune sans grande importance mais tout de même assez gênant, le politicien qu'il était s'accommoderai tout de même de la situation et, devait tout d'abord régler le problème qu'était devenu l'assassin. Si l'homme avait réagi à la réaction de l'aubergiste, le tueur et pactisant qu'était Kyriel avait réagit plus vite. Et sa cible n'était qu'un combattant moyen, homme spécialiste dans le meurtre furtif et non le meurtre agressif, Kyriel était lui un combattant émérite... et un pactisant ce qui mettait sa proie dans une situation assez gênante.

Un direct du droit au plexus en amorce, suivit d'une manchette dans la glotte de son "adversaire" le firent tomber à terre et suffoquer le temps qu'il fallait pour que Kyriel Bernkastel, vêtu d'un des ses habituels costumes blanc le finisse en l'assommant, lui cognant le face contre le sol. Emballé et presque pesé, ne restait plus qu'à saucissonner le gigot.

-Excusez moi messieurs, j'ai préféré régler le problème rapidement.

Il se redressa et saluât de manière plus orthodoxe les deux nouveau arrivant, ignorant presque l'homme inerte et s'exprimant avec légèreté.

-Je me présenterai bien mais je crois que vous me connaissez déjà.

André Caéli, maintenant qu'il le remarquait était un très bon lot de consolation pour la perte d'iIabeau Visconti qui s'était surement fait la malle même si, il n'en avait pas encore la confirmation. Cela faisait après tout quelque temps que le politicien qu'était le chef exécutif du conseil désirait l'approcher, quelque temps qu'il n'avait justement pas trouvé. Revers d'infortune couronné de fortune au final, il n'avait plus à s'en plaindre.

-C'est d'ailleurs un immense plaisir que de vous rencontrer monsieur Caéli! J'ose espérer que vous accepterez que je vous offre un verre? Mais si vous m'excusez...

Il se mis de nouveau à la porte d'Isabeau et y frappa.

-Mademoiselle Visconti?

Silence... évidemment, celle ci avait sans aucun doute quitté les lieux... Et bien soit, il la retrouverai bien aisément de toute manière... Il allait bien falloir qu'il rencontre aussi Luciana Sforza un jour ou l'autre non? Ne s'attardant pas sur la porte, il se tourna alors vers l'aubergiste.

-D'ailleurs, désolé de vous demander ça mais, pourriez vous attacher cet homme solidement avant de le remettre à la maréchaussée?



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Dim 5 Jan - 3:45
D’entre les ombres surgit une ombre plus fugace et menacante. Elle rencontra dans son cheminement ténébreux une bète agressive du nom de Kyriel. Le combat fut aussi court que violent, laissant aux deux spectateurs une légère nausée. Le président du conseil avait assomé l’assassin sans sommation. Un spasme de soulagement frappa le technomage qui tentait tant bien que mal de retrouver sa concentration.

« -Excusez moi messieurs, j'ai préféré régler le problème rapidement. Je me présenterai bien mais je crois que vous me connaissez déjà. »

La question était plus de savoir ce qu’il faisait la que qui il était. Kyriel s’intéressait de toute évidence à Isabeau Visconti, sinon il ne se trouverait pas là, devant sa loge. Qu’est ce qu’une artiste, aussi talentueuse soit elle, avait à voir avec le chef de l’état ? Plusieurs théories pouvaient êtres échaffaudées, selon plusieurs degrès de réalismes.

Par exemple Kyriel et Isabeau pouvait être tout les deux membres de groupes échangistes aux pratiques sexuelles insoupçonnées, bien que les rumeurs au sujet de Kyriel là-dessus n’était surement que des ragots. Il était peut être tomber follement amoureux d’elle. Ca c’était la théorie romantique, celle qui fallait écrire mais ne jamais vérifier. La famille Sforza, protectrice d’Isabeau, pouvait avoir un arrangement avec le chef du conseil et c’était à la charge d’Isabeau d’en discuter le contenu ? Oui dans cet univers corrompu dans lequel gravitait la haute société, c’était encore la théorie la plus probable.

« -C'est d'ailleurs un immense plaisir que de vous rencontrer monsieur Caéli! J'ose espérer que vous accepterez que je vous offre un verre? Mais si vous m'excusez... Mademoiselle Visconti? »


Voila l’affaire semblait entendu, les présentations faites. Une preuve si il en est de l’assurance et du narcissisme de Kyriel ainsi que des prétentions d’André qui accepta l’offre avec modestie. Après tout, pensait-il, tout cela était normal – la juste récompense d’un travail aussi génial qu’acharné. Les centaines d’heures passaient dans son laboratoire à travailler, à expérimenter, à formuler, reformuler, ratifier, écrire, grater, raturer, rayer, réécrire, gommer et autres manifestations du labeur intellectuel venaient de trouvent une forme d’aboutissement. Et comme la science n’est jamais une discipline achevée, tout aboutissement devenait ipso facto un tremplin vers un labeur plus dur et plus passionnant encore.

-D'ailleurs, désolé de vous demander ça mais, pourriez vous attacher cet homme solidement avant de le remettre à la maréchaussée?

Le pauvre directeur du théatre, tout éberlué qu’il était par ce combat imprévu, acquiésa du mieux qui put, tentant d’assumer les signes de l’assurance et de la confiance en soit. Alors Kyriel se mit en marce, s’avançant dans le couloir, André à sa suite.

Dans la salle du cabaret se déroula devant leurs yeux un tout autre univers. Les silences pesants des coulisses et leurs angoissants désert étaient derrières, et ils nageaient maintenant dans une salle pleine de buveurs, de fumeurs, de ripailleurs. La jeune violoniste aux yeux vérons jouaient maintenant des airs plus entrainant, et certaines personnes s’étaient mises à danser. Un barde ventusien était aussi de la fête, et l’alcool aidant, le bar perdait sa peau cosy pour se muait en un lieu de joie.

André avança à la suite de Kyriel en faisant un effort incroyable pour se maitriser. Sous l’effort de sa concentration, son corps ne tremblait absolument plus et ses pensées avaient retrouvées un peu de sérénité. La salle pleine par contre le fit sombrer dans un cauchemar violent. Il voyait tout, entendait tout, et une migraine aigue enfonça ses racines dans les filets de neuronnes du technomage. Une devise mentale comme affichée à un paneau sur le fond de son crane se répétait ainsi « un Homme maitrise entièrement son corps et ses perceptions à l’aide de son intellect – seul l’intellect est puissant, le reste n’est que soumission ».

Il remarqua une jeune fille à la peau noire qui rentra dans le bar. Elle avait les yeux vifs et une démarche féline. Il remarqua un couple en train de s’embrasser, sans que l’homme ne remarque les mains de la femmes tendrement occupé à défaire les lacets de sa bourse. De-ci de la, des mains baladeuses se promenaient sur les fesses des serveuses, et d’autres aux trajets plus tranchant finissait leurs courses sur les joues des importuns.  Un groupe d’étudiant reprenait les chansons du barde pour y rajouter des textes d’un cru plus débauché : Le terroir de l’imagination et de la fête plantait profond ses vignes pour en récolter toute les nuits ses crus ambrés.

Ils arrivèrent au bar. Le zinc était usée par les martèlements des verres, le bois polie. Un de ses bars à la mode ventusienne du moment, loin du luxe des salons, qui avant d’être passé de mode sentaient déjà bon le jazz d’antan et les réminiscences du passé. La carté était écrite à la craie sur un tabeau noire au fond du comptoire, et les deux jeunes hommes n’eurent pas de mal à se frayer un chemin jusqu’au zinc jaunie.

« Une table est vide sur la droite du bar si vous voulez. Et pour ma part, je prendrai un café-scandien. Bien relevé en caféine autant qu’en Whisky et qu’en Bayley, si possible. ».



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Ven 31 Jan - 16:58
André Caéli, tuteur à Mihailov, auteur à succès, inventeur de génie... Il appartenait à la nouvelle génération ventusienne, cette même génération qui comptait entre autre deux professeurs de Mihailov et le chef exécutif du conseil de Ventus. Une génération qui n'avait même pas vingt cinq ans et, qui par leur talent, leur succès et leur réputation avaient défié et surpris toute une partie de l'aristocratie d'une manière ou d'une autre. Eloan Galaad était certes un Galaad, mais son attitude provocatrice, désinvolte voir immature parfois avait eu le don de faire grincer des dents plus d'une personne... sans oublier les demoiselles éconduites ou, encore aventure d'un soir ayant pu croire avoir une quelconque emprise sur son coeur. Mais en attendant Eloan Galaad était professeur à Mihailov à seulement cingt-trois ans. Aria Pheles elle, était professeur de chant à Mihailov à l'âge de vingt-trois ans, enseignante implacable qui s'appliquait à trier le bon grain de l'ivraie, mais aussi une des divas les plus en vue de Ventus. Elle avait intégré Mihailov comme surgissant de nul part, et avait passé tous ses examens avec aisance. Kyriel Bernkastel, à seulement vingt ans était devenu chef du conseil, n'avait été dans aucune école, avait commencé en bas de l'échelle sociale en tant que marchand de drogues, avait prouvé sa maitrise dans tous les domaines envisageables. Et était devenu en six ans un des hommes les plus riches de Ventus. Et enfin, André Caéli, tuteur de la section Andora de Mihailov à seulement vingt ans, descendant d'une lignée d'aristocrates oubliés, plus grand expert en technomagie de Ventus sans aucun doute. Et héritier de Pierre Caéli, un des plus grand chef du conseil exécutif de Ventus qui ai pu exister.

Il ne s'agissait là que de quelques exemples particulièrement voyants. Mais il y en avait d'autre, ces quatre là n'étaient qu'un exemple parmi tant d'autre, mais ils étaient tous liés, directement ou indirectement. Le petit génie des Caéli en exemple parfait, était une personne entretenant de très bonnes relations avec Eloan et, ayant inévitablement rencontré Aria à un moment ou à un autre au sein de Mihailov. Eloan était un ami et un amant d'Aria quand à lui et, un ami de Kyriel. Et enfin, Aria était la magicienne de Kyriel, la seule à véritablement le connaitre. Le monde des génies ventusiens était un microcosme surprenant ou les gens se croisaient et se rencontraient parfois même sans le savoir, connaissaient des gens alors qu'ils ne les avaient jamais forcément vu. Mais Kyriel voyait tout, tel était son pouvoir et il n'hésitait pas à en user et abuser... De cette manière, il savait que le grimoire de Pierre Caéli était entre les mains de ses descendants contrairement à ce qui avait été dit. Dans l'absolu une fraude à l'assurance qui pouvait se retourner contre le génie technomagique qu'était André. Heureusement, si Kyriel n'était pas un homme d'honneur et, était un être avide de connaissance, menacer les Caéli quand à cette affaire n'aurait servi à rien.

Des connaissances avaient été gaspillées et dissimulées cependant. Alors qu'une échéance dangereuse arrivait, que la guerre pourrait bien de nouveau s'emparer du continent d'Albion, Ventus avait perdu d'immenses possibilités à cause de l'orgueil et de l'égoïsme d'une famille. Ceux qui osaient critiquer Kyriel sur sa nature d'entrepreneur impitoyable, fourbe et ne reculant devant rien ou presque avaient vite fait de se rappeler qu'il était chef du conseil de Ventus. Et que la nation des arts et de la liberté en sa présence n'avait fait que progresser. Bientôt Kyriel officialiserai son nouveau projet, cela faisait une année qu'il était lancé mais, les bénéficiaires avaient tous gardé le secret. Ainsi, la réunion des laboratoires et manufactures et, des autres infrastructures avait été faite dans le plus grand secret, le chef du conseil usant de quelques subterfuges dont il bénéficiait de par son statut pour s'assurer que nul ne s'en rende compte. Mais, si cela n'allait faire qu'augmenter encore une fois la richesse du Bernkastel, cela serait aussi une révolution. Une révolution sociale accessible à tous. Aucune de ses découvertes, de ses connaissances ne serait utilisée que pour augmenter son pouvoir personnel. Oh, il usait de tout ce qu'il possédait et connaissait à son avantage, il eut été d'une bêtise profonde de ne pas le faire après tout, mais il en faisait profiter aussi aux autres.

Mais André Caéli était pour Kyriel un atout précieux, inestimable, un homme à récupérer pour ses propres plans. Si le livre de Pierre Caéli était d'un intérêt immense pour le chef du conseil et qu'il comptait bien y jeter un coup d'œil un jour, ce n'était pas ce qui l'intéressait avec le jeune technomage qui, n'était dans l'absolu coupable que d'une seule chose, avoir perpétré le mensonge familial. Non, ce qui intéressait Kyriel Bernkastel était ce mot dont André pouvait se targuer sans prétention, technomage. Oh, ce n'était pas que Kyriel n'avait pas la possibilité d'employer des technomages, il pouvait faire appel à ceux ci de divers manières. Que ce soit en tant que chef d'entreprise fortuné, que chef exécutif du conseil, que génie inventeur ou, encore qu'il s'agisse de raison d'état et de sécurité extérieure. Non, Kyriel Bernkastel voulait André Caéli. Les raisons étaient simples. Le jeune homme avait beau coopérer avec l'armée, il restait dans l'absolu un électron libre, quelque chose que le politicien aimait. Certaines de ses créations, tel son feu grégeois prouvait une amoralité relative quand au danger d'une telle "arme". Et enfin, André était sans conteste un des meilleurs voir le meilleurs technomage de Ventus. Ses connaissance en technomagie étaient, le politicien le reconnaissait, supérieures au siennes. Il n'était dans l'absolu pas impossible que quelqu'un que lui même soit meilleurs dans certains domaines, Kyriel n'était pas mage après tout dans ce cas là.

Et, alors qu'ils rejoignaient le comptoir dans la foule, il pu remarquer une femme surprenante. Ou plutôt put-il constater de l'efficacité et de la maîtrise d'Isabeau Visconti quand à l'usage de son pouvoir. Et sa méthode pour éviter le chef exécutif du conseil s'était avéré intelligente, agréable selon les critères de l'assassin qu'il était. Plutôt que de le fuir, elle avait choisit de se dissimuler là ou personne n'aurait tendance à aller voir, elle s'était dissimulée juste à côté; là ou la fuite éperdue, qui était dans l'absolu le meilleurs méthode face à Kyriel, aurait été le choix de tous. Malheureusement pour elle et, heureusement pour Kyriel, le pouvoir du chef du conseil était un secret absolu que de très rares élus connaissaient. Ainsi, son idée qui se serait avérée ingénieuse dans tout autre cas faisait le jeu de Kyriel. Et une chose était sure cette fois, il la voulait elle aussi, encore plus après ce mouvement exécuté grâce au pouvoir dont elle bénéficiait. Umberlock ne s'était pas trompé, elle était un agent prometteur.

Courtisée telle qu'elle était par des badauds n'ayant aucune idée des orientations de la belle aède, qui les trompait tous allègrement, tentant de se dissimuler au final vainement au yeux du génie, l'approcher était devenu compliqué.

-Vous avez raison, si cela ne vous dérange pas je vais commander tandis que vous vous installez à la table? C'est moi qui paie.

N'attendant même pas la réaction de son nouveau camarade de discussion... ou de sa nouvelle victime, il se dirigea vers le comptoir, interpellant un serveur.

-Un café scandien, relevé en caféïne, whisky et crème de whisky, ce que vous avez de meilleurs. Et une bouteille de gold strike ainsi que trois shots s'il vous plais.

Il se penchât alors vers le serveur et lui murmura à l'oreille avec un sourire de conspirateur, lui désignant Isabeau.

-Et une fois que j'aurais quitté ce comptoir, pourriez vous offrir un mojito à la demoiselle et lui faire part de toute l'admiration que j'ai pour un être d'une beauté aussi surprenante?

L'homme acquiesça, reconnaissant Kyriel Bernkastel, un sourire amusé sur les lèvres. Il croyait assister à un quelconque mouvement de séduction de la part du chef du conseil à l'égard d'une demoiselle aussi charmante qu'inhabituelle; ne se rendant nullement compte du fait qu'il n'était qu'un pion parmi tant d'autre dans les actions de Kyriel qui, une fois les commandes reçues, s'en retourna après avoir payé, amenant l'ensemble qu'il semblait tenir d'un équilibre précaire et désinvolte sans difficulté. Et, s'assis à la table que Caéli avait pu "sécuriser". Avant d'entamer, toujours avec désinvolture.

-Excusez moi pour mon attitude cavalière mais, je vous avouerai que je n'ai pas la patience pour les ronds de jambe quand ils ne sont pas nécessaires passé quinze heure.

Il se servit un verre de gold strike, laissant la bouteille ouverte au milieu.

-Enfin, parlons de vous plutôt que de moi! Je manque déjà par trop de manquer m'étouffer dans mon orgueil à chaque réveil.



[woilà woilà, je te propose mon cher André de voir pour faire la discussion en privé et, de la mettre dans le prochain post d'un bloc histoire d'éviter de trop tourner en rond sur plusieurs posts]



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Sam 22 Fév - 23:52
Les deux hommes parlèrent pendant un long moment. Ils échangèrent des propos intéressants qui ne devaient pas tomber entre les mauvaises oreilles. Heureusement dans ce bar encainaillé, les gens possedaient cette adn si particulière au ventusien qui les pousse à n’avoir cure de leur voisin tant que ceux-ci ne tentent pas de plonger le monde dans une guerre violente et sale. Ce qui paradoxalement se rapprochait du sujet de conversation de Kyriel et d’André.

On parla donc de Technomagie, comme en parle deux experts. Sur le sujet du pédalier de Kyriel et de son appareil à deux roues, André émis une simple réserve : avec son pacte peut être pourait il pousser les roules à un mouvement d’elle-même. Alors la conversation versa dans une douce mais éclairée folie, des applications civiles aux applications militaires des inventions, tout fut rêvé. On imagina des appareils à deux roues ou quatre roues motrices capable de se mouvoir d’eux-même. On pensa à l’utilisation militaire d’un ornigon en état de marche. La technomagique se faisait phorique, elle devenait non pas un outils à la disposition de l’homme mais une technologie capable de porter l’homme, aussi bien métaphoriquement que dans la réalité. Porter d’un point à un autre, ou porter de l’obscurantisme d’Albion vers un ordre nouveau et éclairé, dominé par Ventus ; les deux dimensions phoriques s’en trouvaient inextriquablement liées.

Sauf qu’à Ventus, la dimension onirique d’un projet n’en était souvent que l’intention finale et Kyriel, aussi bien qu’André, se fit plus pragmatique. Il invita André à visiter son laboratoire quand il aurait le temps pour ça, afin de travailler sur les objets technomagiques en préparation. Puis il lui parla d’un complexe, quelque part à Ventus. Celui-ci avait été bâti dans le plus grand secret et avait pour but la construction de l’objet à deux roues, de ce bicyle phorique qu’il venait d’inventer, et dont la diffusion ne serait possible que si la production était à grand échelle. Et bien qu’André soit probablement le seul à être capable de transformer cet objet mécanique en une merveille technomagique, une diffusion nationale supposée que l’objet demeure mécanique enfin d’en permettre une utilisation pour tous.

Là où Kyriel voulait qu’André intervienne était sur la chaine de production. Si le génie avait déjà rationnalisé la chaine en fonction de ses ouvriers, André pouvait construire des appareils technomagiques capables d’en démultiplier la productivité.

Bien sur cette première production devrait servir en théorie au développement de deux nouvelles technologies. D'abord elle permettrait de révolutionner la conception de la production, d’un univers proto-industriel à un monde défintivement industriel, qui ferait de Ventus la première puissance production du continent, loin devant ses voisins, même réuni. Ensuite la collaboration d’André et de Kyriel devrait permettre le développement d’un grand nombre d’objet technomagique, de l’Ornigon lanceur de feu gregeois au véhicule à 4 roues recouvert d’acier. Si on devenait capable de construire les objets sur le plan théorique, et que l’on possédait un système de production développé, beaucoup d’univers et de possible s’ouvraient. André n’interrogea pas le chef du conseil sur l’argent qu’il remporterait en commercialisant son bcycle.

Il imposa toutefois certaines conditions. D’abord une paie conséquente, compensation naturelle du secret et de l’isolement qu’imposerait son travail dans le complexe militaro-industriel Bernkastelien. Ensuite il demanda à Kyriel d’influencer la direction de Mihailov afin de créer une chaire de Technomagie, permettant la reconnaissance de la technomagie comme une discipline apparentière et s’offrant ainsi de facto le poste le plus important dans l’évolution future de cette science.

Kyriel accepta d’user de son influence et le marché entre les deux hommes fut bientôt conclut. Alors le chef du conseil rajouta que le Mihailovien, pour sa propre protection, devait désormais posséder sa prope garde du corps. André accepta à contrecoeur. Alors une jeune fille se démarqua de la foule. Elle se nommait Belphégor, et se dirigea vers eux d’une démarche féline. Ses yeux rouges et ses cheveux de jais ajoutaient à la souplesse de son pas lui donnait l’air d’un chat. Elle portait une tenue discrète mais qui révêlait des formes avantageuses et ferme, un corps entrainé au combat. Le technomage s’empourpra quand la jeune fille s’approcha de lui, et bafouilla, extrêmement intimidé

« heuh… Bonjour mademoiselle ».



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