Waëlen d'Ignis



 

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Waëlen d'Ignis

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Messages : 15
Age : 24
Points Histoire : 0
Sam 24 Nov - 14:45













IdentitéNom: d'Ignis
Prénom(s): Waëlen Ïlmoran Nathanael
Titre: Nimbe flamboyante
Âge: 24 ans
Genre: Homme
Nature: Magicien
Affinité: Feu
Pays: Ignis
Métier: Premier Prince d'Ignis (comment ça c'est pas un métier ? Nan mais entre bomber le torse à tous les coins de rues en portant des vêtements impossibles à mettre et à enlever, rester éveillé durant les cours divers et variés dispensés à son Altesse, faire l'effort de paraître intéressé par les affaires princières, et babysitter ses demi-frères et sœurs en manque d'attention paternelle voire maternelle... c'est que la tâche est plus ardue qu'elle ne paraît à vue de nez!)
Langues: Langue Courante et quelques mots de langue Ancienne. On n'est pas très fans de cette dernière dans la famille, mais Waëlen en a tout de même appris quelques mots pour frimer et faire enrager Iskandar (l'adolescence est une période dangereuse). Il a cependant vite abandonné étant particulièrement nul dans le domaine (en même temps Ehol devait avoir inventé cette langue étrange entre deux pichets de grenadine et un calumet de pâquerettes) et redoutant que Sa Majesté de père ne fasse brûler tous ses livres d'images dans un accès de colère (ce qui aurait juste été inimaginable). Actuellement, s'il est extrêmement rare qu'il sorte un mot de langue Ancienne, Waëlen a l'habitude de justifier que savoir, c'est pouvoir. M'enfin, en général il se contente de refaire le faciès et le conduit auditif du malheureux l'ayant entendu murmurer ces traîtres mots sans s'expliquer.
* Thème:/

Caractère & Morale
Il serait facile de dire que la personne tout entière du Premier Prince respire autant de puissance que d'arrogance, que l'air tournoyant autour de lui est empreint de mépris et de dédain. Que lorsque ses yeux se posent sur vous, se sont les glaces des monts des Elénides qui vous submergent, dans une violence outrancière et une froideur sondant, pénétrant, le plus profond de votre âme. Que lorsque ses lèvres s'écartent pour s'adresser à vous, se sont des torrents de lave, inébranlables et dévastateurs, qui inondent impétueusement vos oreilles. Qu'être en sa présence c'est comme d'avoir été largué dans la cage d'un lion. Un lion examinant sa nourriture afin de déterminer la manière la plus jouissive de s'amuser avec elle, avant de l'achever. Et il ne serait effectivement pas mentir, ni exagérer, que de définir ainsi un tête à tête avec Waëlen. Car si le jeune homme s'entend plutôt bien avec sa famille – passant outre l'histoire épineuse et meurtrière de succession – il lui arrive souvent de laisser son naturel de prédateur prendre le dessus en présence d'inconnus, ou de personnes ne méritant pas plus d'implication émotionnelle que ça de sa part.
Dédaigneux et blessant aussi bien par choix que par aisance innée, le Premier Prince aime à tester ses interlocuteurs ou la cible de son regard. Non seulement cela l'occupe grandement, mais cela lui permet aussi d'évaluer le moral, la répartie et l'intelligence de son entourage. Ce qui est toujours intéressant pour de futures références et bon pour l'entraînement du verbe. Si Waëlen est parfaitement conscient de la douleur et de la détresse qu'il peut engendrer par quelques mots, il les regrette rarement et s'en excuse encore moins souvent. Si pour son père la force du corps fait celle de la loi, le Premier Prince est convaincu que les fragiles d'esprit sont tout aussi impotents et inutiles que les faibles physiquement. Ils tirent la société vers le bas de par leur impuissance, engagent la sécurité de l'ordre car influençables, et ne peuvent proposer de projets innovants car indécis. Esclaves ? Qu'ils servent traditionnellement un maître ou de manière plus exotique, soit ils se brisent mentalement, devenant de lamentables poupées de chiffon, soit ils nourrissent d'éternels espoirs de revanche et perturbent le fonctionnement de la communauté. De fait, si Waëlen répugne à achever physiquement ses adversaires, il n'hésite pas à annihiler psychologiquement ses interlocuteurs.
Le jeune homme tire une étrange dualité de satisfaction toute particulière et d'immense lassitude à manipuler son entourage. Par ses paroles d'une fluidité permettant rarement le doute et sa gestuelle calculée devenue quasiment naturelle après les années, il conduit les uns et les autres à se dévoiler sans jamais se montrer lui-même vraiment, génère scénettes et intrigues qui n'auraient pas lieu d'être, manœuvre les discussions aux points qui l'intéressent. Bien plus attaché au contrôle mental qu'à celui physique, si les quotidiennes – rituelles – manigances ne lui apportent plus que l'ombre d'un sourire, le Premier Prince éprouve une exaltation certaine à se confronter à son père ou aux fins esprits d'Ignis. Car si au premier abord le jeune homme peut sembler mal dégrossi et d'une sottise à toute épreuve, sa curiosité et son accès à la culture lui ont permis d'élargir ses horizons et d'approfondir ses réflexions jusqu'à des points qu'on ne soupçonnerait pas de la part d'un gamin né avec une cuillère en or dans la bouche. Bien au-delà du précepte « savoir c'est pouvoir » que s'évertuait à lui faire imprimer l'un de ses mentors – à coups de parchemins mais c'est une autre histoire – Waëlen possède un réel intérêt pour les connaissances du vivant et de l'inerte, de la magie et de ses origines, des sciences et de la littérature, des politiques et de l'économie... Et aussi étrange que cela puisse paraître, le Premier Prince est plutôt mauvais élève côté Art de la Guerre. S'il possède les connaissances de base d'un soldat lambda, il lui reste beaucoup d'efforts à faire pour atteindre le niveau de son père, voire des quelques uns de ses demi-frères et demi-sœurs. Cependant, hormis ce sujet, le jeune homme est ouvert à tous les savoirs, et il est finalement assez facile d'amener sa brutalité du verbe à s'effacer derrière sa curiosité vivace. Et d'éviter de quitter son Altesse avec l'impression d'avoir posé son cerveau sous les fesses du destrier de celle-ci.
Pour tout ce qui est des connaissances qu'il a emmagasiné et des observations que son regard attentif lui a amenées, Waëlen ne dispose pas d'un pet de justesse. Ou enfin si, mais à la sauce Ignisienne et remixée par lui-même. Le Premier Prince n’œuvre pas pour le Bien, ni pour celui d'Ignis, et encore moins pour sa famille, mais seulement pour lui-même.

Il est difficile de dire si le jeune homme, s'il devait un jour l'être, ferait un bon roi. Ou un roi suivant fidèlement les pas de ses prédécesseurs.
Le Premier Prince dispose d'un panel de connaissance, d'une intelligence certaine, et d'une tolérance plutôt remarquable – pour qui sait voir derrière les critiques lancinantes de façade –. Néanmoins, si Waëlen a décidé de se hisser à la place qui est actuellement sienne, ça n'est ni pour défendre les valeurs de ses ancêtre ni pour révolutionner le système si inégalitaire d'Ignis. Non, si le magicien s'est donné la peine de jouer des coudes pour accéder au titre de Premier Prince c'est tout simplement par pulsion autodestructrice.
Enfin pas que. Particulièrement désintéressé par son entourage bien que d'une curiosité sans fond, Waëlen passe ses journées à tenter de combler l'ennui. Malgré l'attention qu'il est capable de porter à d'innombrables sujets, situations et personnes, le jeune homme a toujours eu du mal à leur attacher la dose d'émotions adéquate, ne retirant de ses journées, pourtant comblées, qu'une vaste impression de vide et de lassitude. Rares sont les individus capables de lui arracher un véritable sourire ou sentiment de colère, encore plus rares sont les circonstances pouvant déchainer les couleurs de son âme. Les mieux placés pour tirer quelques réelles émotions du Premier Prince sont certainement les membres de sa famille pour lesquels il éprouve une affection quasi viscérale. En dépit de la rude concurrence entre les héritiers et des mortelles intrigues de la cour, Waëlen n'a jamais considéré ceux partageant le même sang que lui comme des rivaux, des étrangers ou des ennemis. Même envers ceux l'ayant défié, ou qu'il a défiés, le jeune homme éprouve amour et bienveillance. Il prend avec compassion les plus petits sous son aile, participe à l'éducation de ses cadets lorsque les précepteurs requièrent son aide, traite avec respect, altruisme et sollicitude chacun de ses demi-frères et demi-sœurs. Ses deux frères et sa sœur occupent de même une place importante dans son cœur, et il serait capable de bien des choses pour eux. Cependant, penser que le magicien se comporte mieux en présence des membres de sa famille serait d'un euphémisme proche de la bêtise.
Comme annoncé plus haut, Waëlen est un individu ne vivant quasiment plus que pour tuer le temps. De fait, le jeune homme est éternellement à la recherche d'un moyen de distraction, soit spontané, soit provoqué. Et comme le Premier Prince n'est pas du genre à attendre en se tournant les pouces – sauf les jours de grande fatigue – il est généralement à la source des évènements. Que ce soit de part une attitude particulière, ou plus subtilement en tirant les ficelles de complots divers et variés – de l'assassinat d'un noble lorgnant un peu trop sur sa sœur à la culture de poules dans la salle du trône –. Ainsi le jeune homme quitte rarement le comportement dédaigneux et exubérant devenu sa signature, même s'il fait toujours preuve de plus de délicatesse et de sagesse en présence des membres de la lignée d'Ignis, ou d'officiels – parce qu'il est suicidaire mais là ça serait juste trop facile –.
Ces efforts pour contrer l'ennui quotidien ont cependant conduit Waëlen bien plus loin que le simple amusement. Comme toute chose a son temps, le jeune homme a fini, de fil en aiguille, par errer sur les chemins incertains de la recherche des limites de soi. Physiques, mentales et environnementales. Et par développer de morbides tendances à l'autodestruction. Durant toute son adolescence l'héritier n'a eu de cesse que de mettre à l'épreuve son entourage afin de trouver les bornes réellement imposées à son rang. Déçu par l'extravagante restriction de celles-ci, il a ensuite tenté de tester ses compétences physiques en s'engageant dans la compétition au titre de Premier Prince. Qui ne lui a finalement apporté que de brèves sensations fortes. Depuis, Waëlen est arrivé au paroxysme de l'exploration de ses limites, cherchant celles capables de mettre en péril son intégrité.
Malgré son manque d'intérêt certain pour les questions d'actualité du royaume d'Ignis, le Premier Prince n'en reste pas moins l'un des dignes héritiers d'Iskandar, prêt à défendre les intérêts de la couronne au moindre geste de son Roi. Capable de changer de discours comme on change de chemise, Waëlen demeure cependant loyal envers ses ancêtres dans sa manière de penser, sa ligne de conduite et son utilisation du pouvoir qui est sien.
Élevé en bon Ignisien, Waëlen n'a cure du point de vue des plus faibles, et s'il est capable d'appréhender les motivations de leur mécontentement, il estime qu'il est de l'ordre des choses que ceux du bas de l'échelle servent ceux qui les dominent. A quoi d'autre pourraient-ils bien servir autrement ? Par ailleurs, afin d'évoluer et d'amener la civilisation à son apogée, il lui semble nécessaire de laisser plein champ à la sélection naturelle. Une des raisons pour laquelle il répugne à tuer ceux qui le défient alors qu'il les considère comme d'une force physique et mentale acceptable. Et puis c'est un système qui fonctionne parfaitement bien, alors pourquoi le changer ?
De la différence de traitement homme/femme le Premier Prince, s'il s'en amuse beaucoup, n'en pense pas grand chose, car ce qui prévaut pour lui avant tout est la puissance intellectuelle. Waëlen prend autant de plaisir à converser, jouter, ou annihiler hommes comme femmes, et pour avoir eu l'occasion de jouer avec l'esprit des deux il est assez bien placé pour douter de la mesure de cette inégalité. S'il a rencontré des esprits aussi solides que leur robuste corps et de faibles âmes dans de tremblantes enveloppes charnelles, il a aussi croisé de perfides personnalités cachées sous trois couches de fard et de chétives volontés dotées d'une musculature rivalisant avec la sienne. Non, le Premier Prince ne pense pas que toute la puissance d'un individu réside en sa seule force physique ou psychique, mais il ne voit pas non plus l'intérêt de se battre pour défendre leur peau. Car ils peuvent bien le faire eux-même – ou elles-même – dans ce cas, non ? Les seules personnes de la gente féminine pour lesquelles Waëlen daigne bouger son princier popotin sont évidemment ses demi-sœurs et sa sœur.
Le culte d'Ehol, ou celui d'Albios, ou encore celui de Watos, ne génère en lui ni animosité ni adoration – encore heureux ou il aurait rapidement trouvé les limites de sa petite vie –. S'il y trouve un peu d'intérêt du fait de sa curiosité naturelle, le Premier Prince n'en est pas non plus à décortiquer en cachette quelques livres sacrés. Il prête attention aux rumeurs, aux histoires, aux vents venant du nord. La question de l'existence de ces dieux est pour lui une question qui ne se pose pas : peut-être, peut-être pas, mais Hommes et Dieux se mêlent respectivement de leurs oignons. Pour quelle raison irait-il vouer son existence à un être, et à des valeurs, inconnus à sa vie ? D'après Waëlen, tout Homme digne de ce nom est libre, et doit avoir le courage et la force, de tracer sa propre route.

S'il est connu pour ses remarquables capacités de combattant, le Premier Prince l'est aussi pour ses charmes – lorsqu'il met de côté son caractère de cochon –. Évidemment, vous l'aurez deviné, concernant Waëlen la séduction n'est qu'un jeu de plus pour passer le temps. Aidé par sa silhouette aux belles courbures et son charisme naturel, le jeune homme s'attire sans aucun mal la tendresse de la gente féminine – et pas que –. Cependant, habitué à être au centre de l'attention, l'admiration, le fantasme, les sentiments de la gente féminine – et pas que – il prend généralement plus de plaisir à tenter d'obtenir le cœur des plus récalcitrantes. Pour toutes les conquêtes qu'il a accumulées au fil des années, l'héritier n'a que très rarement invité celles-ci à partager sa couche. N'étant pas un être très passionnel, le Premier Prince n'a jamais vraiment éprouvé le désir de contenter ses besoins en compagnie alors que sa propre personne lui suffit. Et les mesures de précaution pour éviter d'engrosser ses partenaires ne sont pas toujours une partie de plaisir donc bon...
Les aventures à la masculine de Waëlen sont beaucoup moins connues et relatées que celles auprès des femmes, mais il n'empêche que depuis qu'il est en âge de fréquenter ces dernières il a aussi ouvert ses horizons aux personnes du même sexe que lui. Le Premier Prince flirte avec tout ce qui bouge du moment que cela peut lui procurer une distraction, et d'autant plus que l'action recèle d'inconnu et de danger. Il est cependant à noter que rares sont les personnes au sein de sa famille à connaître ce penchant particulier.


Physique

Waëlen n'est pas le genre de personne à laisser indifférent, ni à passer inaperçu. Vous auriez beau le rouler dix fois dans la boue et les plumes, lui retirer ses nobles habits pour ne lui mettre qu'un vieux pagne souillé, pourrir sa chevelure dorée avec un peu de teinture, qu'il pourrait toujours vous convaincre d'un sourire bien tourné de vous agenouiller à ses pieds et de lui lécher le gros orteil en l'appelant « divinité ». Sans exagération aucune. Le Premier Prince d'Ignis dispose d'une prestance, d'un charme naturel quoi que bien travaillé, rappelant à tout un chacun le statut qu'il occupe du haut de son petit mètre soixante-dix. Vous ne pourriez le manquer au milieu d'une foule. Vous ne pourriez l'ignorer lors d'une cérémonie officielle. Vous ne pourriez vous empêcher de tourner la tête si vous surpreniez sa voix, et sa présence, près de vous. Vous ne pourriez dédaigner ses paroles s'il devait s'adresser à vous. Entre l'amour de votre vie et lui vous ne regarderiez que son Altesse. Entre vos enfants et lui vous ne porteriez attention qu'à son Altesse. Entre vous-même et lui vous choisiriez son Altesse. Entre le Roi et lui vous... Nan, mauvais exemple. Or donc, Waëlen fait partie des quelques personnes auxquelles la nature a offert une aura naturelle de prestige et de noblesse, et qui aurait bien du mal à s'en défaire malgré la contribution de tous les efforts des services royaux. Enfin, ça n'est pas comme si c'était demain la veille vu que dans la famille d'Ignis, on s'assume ou on se consume. Loin de porter cette reconnaissance facile comme un fardeau, le Premier Prince s'affiche avec l'aise et l'arrogance des fils à papa de son âge. Il est d'ailleurs rare de le surprendre autrement que bombant le torse, la tête haute et fière, le geste assuré et déterminé de celui qui possède tout et à qui on doit tout, jouissant d'un entourage généralement à ses bottes.
Cependant, si le jeune homme attire le regard – et pas que – cela n'est pas grâce – ou à cause pour les mauvaises langues – à sa silhouette qui, si elle possède une musculature devant faire la fierté de ses ancêtre, est loin d'être imposante. Waëlen n'est pas grand, ni trapu, et s'il donne facilement l'impression d'être un pilier psychologique il est loin d'atteindre le titre de montagne physique. Son corps, bien que dessiné par des années d'entraînement intensif et des apports nutritifs adéquats, respire bien plus l'agilité que la force brute. Sa carrure svelte et élancée, faisant visiblement jouer les fins et endurants muscles lorsque mise en mouvement, pourrait plus facilement appartenir à un danseur professionnel qu'à un guerrier champion en lancer d’haltères (mais ne vous avisez pas à le penser trop fort ou vous risqueriez de voir lesdits muscles se mettre à l’œuvre... et pas pour vous faire une démo). Raison pour laquelle il allie toujours puissance, dextérité et ruse lorsqu'il doit se battre sans magie. Chose qui arrive assez rarement – et donc généralement lors des entraînements – car lorsqu'il est en proie à ses émotions Waëlen s'enflamme – ou enflamme – plutôt rapidement. Jusqu'à présent, les quelques âmes l'ayant défié et le surpassant niveau force brute ont été, avec plus ou moins de mal, matées grâce à cette combinaison.

Non content de posséder le charisme, l'intelligence et la puissance paternelle et maternelle, le Premier Prince a aussi hérité de ses géniteurs leurs traits dessinés d'une main habile. Il faut le dire: Waëlen est un beau gosse, qu'on aime ou qu'on jalouse. Bon ok, pas tout à fait, restons impartiales. Hormis tout le tralala de : prestance gnagnagna force gnagnagna noblesse , Waëlen aurait pu être physiquement aussi insipide qu'un bout de gravier s'il n'avait pas gagné les yeux de son père et les cheveux de sa mère dans tout ce bordel génétique !
Bleus comme l'eau claire du torrent dévalant la vallée sous un ciel d'été sans nuages... Enfin bleus quoi, ses yeux à l'éclat vivant de la jeunesse semblent être le reflet de son âme. Car si le Premier Prince a depuis longtemps appris à dissimuler, ou falsifier, ses sentiments afin de mieux manipuler son entourage – merci papa – il lui est extrêmement difficile de contrôler la lueur énergique de ses yeux. Malicieux de coutume, arrogants la plupart du temps, perçants face à un inconnu, séducteurs en bonne compagnie, enflammés lorsque de mauvaise humeur, embrumés à la sortie du lit, d'un insondable sérieux face aux officiels... Pour qui sait être attentif, ou simplement armé d'instinct de survie, il n'est pas très difficile de décrypter les émotions de Waëlen ni d'être subjugué par l'ardeur de ces deux orbes saphirs. Si la même flamme ne danse pas dans les prunelles du fils et du père, il est assez usuel qu'on lui adresse une remarque au sujet de leurs regards similaires. Il est cependant rarissime qu'on le compare à celui de sa mère qui, si il s'avère qu'elle est une reine remarquable et respectée, n'en reste pas moins une femme, et une bien plus pâle référence que Sa Majesté le Roi.
Sous un nez droit remontant légèrement en trompette, une bouche rarement fermée ou dénudée d'émotion fait écho aux yeux du jeune homme. Le Premier Prince n'est pas avare de sourires, qu'ils soient fourbes ou sincères, ou encore hautains. Tout comme il garde exceptionnellement sa langue dans sa poche. Si la voix grave du jeune homme est naturellement chaude et mélodieuse, son parler un peu trop tranchant et léger donne souvent envie à ses interlocuteurs qu'il la mette en veilleuse. Dynamique et expressif, que ce soit dans son intégralité physique, de part sa loquacité ou ses mimiques faciales, il est cependant difficile de faire la part des chose entre sa gestuelle de façade et celle reflétant véritablement le fond de ses pensées. S'il sait manier le verbe presque aussi savamment que ses précepteurs, Waëlen maîtrise tout aussi bien l'Art Théâtral. Et il n'est pas rare qu'il en use afin de manipuler les situations selon son bon vouloir. Ou tout simplement pour amuser, ou taquiner, ses cadets. Encadrant le visage volontaire du jeune homme, des cheveux d'un dégradé d'or cascadent savamment sans jamais lui entraver la vue. Détail très important, fierté de son coiffeur. Bref. Comme ses deux frères et sa sœur, il a hérité de la blondeur maternelle, pour le plus grand bonheur de cette dernière – enfin il aime à le penser mais difficile d'affirmer quoi que ce soit – et de la gente féminine le côtoyant de près ou de loin. Ainsi que quelques individus de la gente masculine, mais c'est une autre histoire.

Si le jeune homme peut se vanter d'avoir vu du paysage (enfin en Ignis quoi) et de s'être entraîné des heures durant sous un ciel laissé au bon vouloir de dame météo, il n'en reste pas moins le noble rejeton d'Iskandar d'Ignis, et par conséquent un « sang bleu ». Les heures, les jours, les mois, les... bon, le temps passé à l'abri du soleil, enfermé à potasser ce que tout bon petit héritier doit apprendre, ou à jouer avec sa fratrie aux jeux que seule la noblesse peut appréhender et s'offrir, a rendu sa peau – d'origine déjà peu hâlée – d'une pâleur laiteuse démentant bien son rang. De même, il est toute une série de petits détails qui permet d'appréhender le personnage dans son intégrité, et de deviner ses origines si on avait manqué son aura signalant en taille soixante « je suis un priiiiiiiiiince ! ». Ainsi, malgré une jeunesse turbulente, de nombreux entraînements et des combats insolites au coin de la rue, moins de cicatrices qu'on ne se l'imagine pour un combattant marquent le corps de Waëlen. Celles qui se sont inscrites sur l'histoire de sa chair sont d'une finesse laissant entrevoir le soin professionnel qu'on leur a porté pour leur guérison. Quelques unes, gravées profondément ou sur une large surface, rappellent la réalité violente du statut d'héritier du royaume d'Ignis. Certains pourraient aussi être amenés à remarquer la callosité des mains du jeune homme malgré l'apparence délicate de celles-ci. Si le maniement quasi quotidien des armes a, par endroits, durci la paume des mains de Waëlen, elles n'en restent pas moins des mains de prince. Des mains habituées à l'écriture, au dessin, aux livres, aux couverts d'argent, aux instruments de musiques et aux jeux de société. Des mains faites pour combattre, mais aussi pour planifier.
Situé au niveau de sa fosse iliaque gauche, d'une forme rappelant approximativement une spirale pour qui a de l'imagination – et sinon juste rien du tout -, son sceau contemple le monde. Ou simplement sa tunique. Il a été apposé par son père qui, si lui même possède un sceau d'une taille impressionnante, ne croyait absolument pas en la relation taille-puissance de la marque. Et l'histoire, du moins concernant le Premier Prince, lui donna raison. Waëlen ne sait pas pourquoi son géniteur a choisi un tel endroit pour catalyser son mana – il soupçonne dans l'ordre la malice, le sadisme et l'inconscience – mais il s'est, depuis le temps, habitué à cette localisation étrange. Pour des raisons évidentes et moins évidentes.

Habillé par les couturières – petite préférence personnelle – du Palais Royal ou Princier, le jeune homme se fie entièrement à leur bon goût, envie et fantaisie. Nul et archinul côté mode vestimentaire, s'il n'avait pas sa garde-robe rangée dans un ordre bien précis – il a retiré les notices parce que niveau réputation ça le faisait moyen quand même – il serait capable de se pointer en pyjama pour une réunion avec tout le gratin de la haute. De manière générale il change de classe de tenue chaque jour, au fil de ses armoires. Des tuniques de soie au pantalon de cuir en passant par la chemise de velours, il n'est pas très compliqué de deviner quel genre de vêtement va porter Waëlen d'un jour à l'autre – les rares jours de changement impromptu dans cette routine font d'ailleurs l'objet de paris chez la fratrie d'Ignis –. Quelques armoires spéciales renferment des tenues de parade et de réception, aussi complexes en nombre de pièces qu'en broderies et pierres précieuses, et depuis un terrible fiasco dans son enfance le Premier Prince met régulièrement sa fierté de côté pour demander à une, ou plusieurs, de ses demi-sœurs de l'aider lorsque vient l'heure d'en enfiler une. Ayant tout autant de mal à juger de la nécessité et de la valeur des couvre-chefs et lunettes – contre le soleil évidemment –, le jeune homme n'en porte que très rarement, et généralement sur ordre de Madame sa mère ou le conseil de sa sœur ou de ses demi-sœurs.
Il arrive régulièrement que Waëlen ait à parcourir le royaume pour diverses missions, et plutôt que de se laisser trimballer dans un carrosse comme la demoiselle de faible brasier qu'il n'est pas, il revêt l'armure qui lui a été assemblée à l'occasion de ses 20 ans (et un peu revue depuis parce que bon, quatre années ça commence à faire). Une seconde, plus lourde en décorations et accessoires, lui sert pour les parades à penchant militaire.


*Compétences générales

Art de la mise de scène
Que se soit afin de s'amuser, de dissimuler ses véritables pensées, ou de conquérir le cœur de son public, Waëlen s'est depuis longtemps attelé à la maîtrise de la manipulation de son entourage, et en dispose à présent d'un très grand contrôle. Doté d'un charisme certain, il n'hésite pas à s'en servir pour parvenir à ses fins. Cependant, s'il peut être un dangereux séducteur comme un fin orateur, il joue bien plus volontiers de ses différents masques pour irriter ses interlocuteurs ou les amener à des situations délicates. Car c'est généralement plus drôle.

Entraînement d'élite
¤ culture éveillée : éduqué par la crème des enseignants Ignisiens, Waëlen dispose de connaissances dont ne pourrait même pas rêver le bas peuple de Lex. S'il ne peut cependant pas être nommé de surdoué ou de génie, le Premier Prince n'en reste pas moins un personnage dont la culture et l'esprit sont tout à fait honorables, et dont la curiosité dénote un intérêt particulier pour l'univers l'entourant. Le seul bémol à son éducation réside en son incapacité à appréhender l'art de la guerre qui le passionne si peu qu'il serait un bien piètre stratège s'il ne savait écouter ses conseillers.
¤ éducation huppée : du fait de son nom, Waëlen a rapidement eu accès à tous les loisirs que peut offrir la société, et donc de développer des capacités particulières. Comme celle de jouer avec les pieds au rami. Mais hormis ce fabuleux talent, le jeune homme sait aussi esquisser des croquis, pratiquer la peinture à l'huile, jouer de la harpe et de la flûte à bec, monter à cheval, chasser, pêcher, danser,... Bref, pratiquer tout un tas d'activités que seule sa classe peut se permettre de faire.
¤ polyvalence mortelle : maniant les armes – ou les bâtons de bois – depuis l'âge où il fut capable de se tenir debout, Waëlen est capable d'utiliser un important panel d'équipements différents, même si l'épée et les couteaux demeurent ses jouets de combat préférés
¤ dynamisme corporel : entraîné durement depuis son plus jeune âge et doté d'une aisance naturelle au combat, le Premier Prince possède une dextérité et une agilité se hissant à la hauteur de celles des plus grands maîtres d'armes. Véritable virtuose des armes, capable de mouvoir son corps avec souplesse, puissance, précision et endurance, doté d'un sens analytique et d'une ingéniosité frôlant la perfidie, Waëlen fait sans nul doute partie des plus dangereux combattants d'Ignis.
¤ sang enflammé : naturellement doué dans la maîtrise du feu qui fait viscéralement partie de lui, il fait partie de ceux qui gèrent instinctivement avec habilité et énergie leur mana.

 
*Équipement, objets divers : 
Armures
Armure de combat : composée de plates de métal à la fois résistantes et allégées par un procédé innovant et coûteux, elle se démarque par son asymétrie des canons d'avant-bras et la présence d'accessoires excentriques. Ainsi le jeune homme peut sortir avec même quand il pleut. Enfin bon. Associées à cette couche externe se trouvent une tunique bleue et blanche – dont les pans inférieurs volent avec majesté autour de son Altesse – ainsi qu'une côte de mailles courant sous le tissu dépourvu d'autre protection. Quelques gravures décoratives traînent ici et là. Un baudrier de cuir à l'ornement à la fois complexe et discret retient armes et bourses.
Armure de parade : constituée de plates de métal laquées de poudre de rubis et richement ornée de dorures, elle constitue la somme d'un savoir-faire illustre et de moyens fortunés. Accompagnée d'une cape et d'une tunique blanches à motifs vermeilles, elle restitue avec grandeur la noblesse enflammée de son porteur. Étincelant sous le moindre rayon de lumière, elle est le parfait élément de parade pour jouer les « hey ! Tu m'as vu ? ».

Épée
Yholn : épée longue à double tranchant pouvant se tenir à deux mains. Moins lourde qu'elle ne semble l'être, elle reste néanmoins l'arme d'un bras entraîné et d'une puissance certaine. Forgée par l'un des ateliers ayant reçu la faveur royale, elle rutile de gravures décoratrices dont les détails chantent la gloire de la famille d'Ignis. D'une résistance exemplaire, elle supporte sans peine d'être embrasée lors des batailles. Elle est l'arme de prédilection du Premier Prince lorsqu'il doit combattre à cheval.

Autre armement
Capable de se battre avec la plupart des armes, et bien qu'en ayant tout un stock à porté de main à l'armurerie royale, Waëlen possède quelques entités de joute personnelles.
Zilfs : arc composite à double courbure. Plus humble côté décoration mais d'une couleur sombre si envoutante qu'on ne peut douter de sa noble facture. Rarement utilisé par le Premier Prince, généralement sorti pour la chasse.
Les Uln : paire de dagues à rouelles attachées horizontalement dans le dos du baudrier de Waëlen, utilisées lors des combats rapprochés. Elles lui ont été léguées par son frère aîné Menaël et, bien qu'il ne soit pas prompt à le reconnaître, ont beaucoup de valeur à ses yeux.
On peut aussi noter qu'un petit couteau est dissimulé dans sa botte droite et qu'à la droite du baudrier sont accrochés chakrams et senbons. Les premiers, d'une trentaine de centimètres de diamètre peuvent être utilisés en combat rapproché ou comme armes de jet, tandis que les secondes lui servent généralement de projectiles.
Une pochette de préparations médicinales – et pas que – est également attachée sur le devant de son baudrier. Qui oui, pèse donc son poids.

Selon ses errances le Premier Prince remplit plus ou moins différemment son sac personnel en bandoulière, de livres, d'argent, de poires,... mais je doute que tout cela vous intéresse vraiment. Notons tout de même que les seuls objets trouvant invariablement leur place dans ses bagages, et ayant de l'importance à ses yeux, sont quelques petites poupées de chiffons représentant les différents membres de la famille d'Ignis qu'Aïlix lui a fabriqué.

Montures
Aër : étalon majestueux et docile de robe nacrée, de sortie pour les parades et cérémonies. D'une attitude à la fois noble et douce, il dispose d'une place particulière dans le cœur de Waëlen qui n'hésite pas à le faire monter par sa fratrie, voire ses conquêtes. Malgré leurs caractères très différents, c'est toujours en la compagnie de son paisible Aër que le jeune homme sort pour les promenades familiales.
Rëan : destrier fougueux et puissant de robe auburn, notamment reconnaissable au losange frontal reprenant la couleur blanche de ses balzanes. De taille moins imposante que d'autres de sa catégorie, l'étalon le compense de part sa rapidité et son agilité. Il est de sortie pour tous les longs trajets entrepris par le jeune homme. Enfin elle. Car Rëan est de sexe féminin, ce qui ne l'empêche pas moins d'être d'une férocité et d'une hargne à toute épreuve. Généralement habillée de quelques plates protectrices habilement disposées, elle dispose aussi de plusieurs bardes de combat.

Animaux de compagnie
Si les appartements de Waëlen ne dégageaient pas autant de prestance et de faste, ils pourraient tenir de la ferme. Depuis sa tendre enfance, le jeune homme n'a eu de cesse que de collectionner les animaux de compagnie. Des poules au crocodile en passant par les fourmis, les quartiers princiers ont toujours accueilli d'étranges invités. Autant dire que le vétérinaire royal et le service de l'hygiène n'ont jamais chaumé. Actuellement, trois grenouilles – Ella, Elli et Ellë – vivent dans son bidet et un petit chat birman – Kat – traîne quelque part.

Appartements au Palais Royal (parce qu'il fallait bien le mettre quelque part)
Du plus loin qu'il se souvienne, Waëlen n'a jamais résidé dans le Palais Princier mais dans celui du Roi. Né parmi les premiers héritiers de la couronne, n'ayant jamais renoncé à son statut de célibataire et possédant à présent le titre de Premier Prince, le jeune homme n'a jamais été de ceux exilés dans la seconde noble demeure royale du fait du manque de place pour tout l'entourage du Roi.
S'ils ont subi quelques réaménagements depuis son enfance, ses quartiers n'ont jamais changé d'emplacement et se situent encore aujourd'hui au troisième étage de la bâtisse, dans l'aile gauche côté cour.
Ils comprennent un petit salon donnant sur une salle d'eau privée, une chambre à coucher et un bureau, dont la décoration et le mobilier dépendent de l'humeur du Prince. La salle de bains, comprenant une partie annexe où siègent les toilettes, qui autrefois disposait d'un bain incrusté dans le plancher a été re-conçue avec un bac externe en bois, de près de trois mètres de diamètre. Entre les étagères proposant serviettes, produits d'hygiène, cosmétiques, et divers accessoires – dont une impressionnante brosse pour le dos – siège un réchaud permettant de chauffer l'eau par quelques litres. La chambre à coucher ne présente rien de très exceptionnel, si ce n'est l'immense penderie dissimulée dans deux pans de mur et le plafond. Quant au bureau, s'il rappelle en plus humble celui du Premier Prince au rez-de-chaussée de la bâtisse, il ne lui sert qu'occasionnellement de point de travail.
Si Waëlen n'est pas une personne très bordélique, il est tout de même à noter qu'un certain désordre règne dans ses quartiers. Entre les divers animaux et plantes qui y passent, les évènements plus ou moins animés qui y siègent et la ribambelle de livres entamés qui jonche le sol et le mobilier, il est parfois difficile de savoir où poser le pied !

 
Sorts - Rang A : 


Waëlen a principalement hérité des sortilèges familiaux, qu'il a plus ou moins modifiés selon son goût avec l'aide de Rin dans sa période rebelle de l'adolescence. Bien que ces derniers soient relativement basiques, le Premier Prince compense leur simplicité par la force qu'il leur insuffle ainsi que la dextérité avec laquelle il les emploie.

¤ Armure de feu - Rang D
Dérivant du sort Poings de feu de son père, l'armure de feu permet à Waëlen de créer des flammes cernant son entière personne ou quelques parties seulement. A part faire joli et impressionner son entourage, l'utilisation de ce sort permet aussi à son lanceur d'avoir une défense efficace de son espace vital. Si la puissance de l'armure n'est guère modulable, sa vitesse d'initiation est en revanche fonction de l'attention et de l'instinct de Waëlen.

¤ Tempête de flammes - Rang C
Une immense barrière de flammes concentriques se dresse autour du magicien, et s'étend à grande vitesse pour consumer tout ce qui se trouve dans son champ d'action. Autant dire que c'est assez peu sélectif même si son utilisation se révèle assez amusante en duel. Si sa hauteur et sa largeur sont modulables via l'énergie donnée au sort, le niveau de son ardeur ne peut être modifié.

¤ Armes du purgatoire - Rang C
Dérivant du sort Lame du purgatoire de son père, ce sort permet à Waëlen d'avoir à sa disposition un arsenal d'armes de flammes. Enfin, un arsenal c'est vite dit. En réalité, en plus de l'imposante épée que lui a appris à maîtriser le Roi, le Premier Prince a aussi ajouté un arc – dont le nombre de flèches dépend de l'endurance du jeune homme – et une paire de dagues à son inventaire. Ainsi qu'une pelle et une fourchette, mais bon. Selon la puissance insufflée à ces armes, celles-ci peuvent augmenter de taille.

¤ Boule de Feu - Rang D
Boule de feu, plus ou moins grosse, restant sur place ou pouvant se déplacer lentement. Sa taille, dépendant de la puissance insufflée, peut cependant varier très rapidement. Bien que l'utilité principale qu'en fasse le Premier Prince soit l'éclairage de ses appartements, il lui arrive aussi de l'utiliser comme une sorte de bombe à retardement lorsqu'il souhaite effacer quelques lieux pour des raisons... personnelles. Évidemment, côté discrétion c'est pas toujours top.

¤ Pluie incandescente - Rang E
Permet de faire tomber d'une dizaine de mètres au-dessus de son princier chef, ou de celui de sa cible, d'infimes paillettes incandescentes ou de plus larges lambeaux enflammés. Hormis la frime qui est la vocation première, et évidente, de ce sort – et qui permet à Waëlen de conclure avec ses conquêtes en plus-gentleman-que-ça-tu-meurs – cette danse à la fois gracieuse et séduisante de braises peut se révéler inexorablement mortelle à dose suffisante de pouvoir insufflé. Car si les fragments enflammés se laissent naturellement guider, ou éteindre, par le vent et l'humidité ambiante, leur périmètre de chute, ainsi que la durée de celle-ci et que la virulence des flammes, ont pour origine la volonté du magicien qui peut tout aussi bien décider de distraire innocemment son public comme de déferler un martyre non seulement lent, mais aussi inéluctable sur la cible de son courroux. Ou de son amusement.

¤ Laser - Rang C+
Colonne de flammes plongeant en ligne droite à grande vitesse brûlant, voire traversant instantanément ce qui se trouve en son point d'impact, chair, métal, pierre... D'une efficacité dépendant du diamètre du rayon et de la profondeur de celui-ci, ce sortilège peut-être extrêmement redoutable comme particulièrement ridicule en fin de batterie.

¤ Mer de flammes - Rang C+
Immense vague de flammes s'élevant dans les airs avant se s'abattre en un flot dévastateur sur les ennemis présents, comme un tsunami de lumière rosée et bleuâtre. Plus le niveau de puissance est élevé, plus la dimension des vagues ainsi que leur ardeur augmente. Avec suffisamment de maitrise, la vitesse de celles-ci peut-être accrue.

¤ Brasier - Rang E
Premier sort de feu enseigné aux enfants dont les effets varient selon la quantité de magie insufflée. Il permet par exemple d'allumer des bougies, de faire brûler du bois,... voire d'incinérer un être humain. Bien qu'il s'agisse d'un sort extrêmement basique, Waëlen a poussé la perfection de ce sort jusqu'à être capable d'enflammer tout ce qui lui passe sous la main, ou simplement à porté de vue, sans limite de temps ni de nombre. Évidemment, ces derniers dépendent de la nature des corps à brûler, de leur distance ainsi que de leur nombre.


Influence A+ :
Il n'est rien, en Ignis comme en terres étrangères, que la royale famille d'Ignis ne puisse percevoir comme sien. Élue parmi le commun des mortels de par la puissance de sa flamme, la vaillance de son bras et la force de son esprit, elle ne saurait souffrir de contrariété. Chaque pierre, chaque brin d'herbe, chaque souffle lui appartient et lui doit d'être. Tout ce qui lui résiste, elle s'en empare de force ; tout ce qui lui désobéit, elle le brise.
C'est dans cet univers à la fois privilégié, astreignant et mesuré que Waëlen a toujours évolué, et c'est en digne héritier de la couronne qu'il arbore la primauté de son sang. Il ne doit rien à personne, mais le monde lui doit tout. Sa parole est divine, ses ordres impératifs, et celui qui ne saurait se montrer à la hauteur de ses attentes, voire qui oserait les défier, ne mérite pas de fouler cette terre. Comme ses frères et sa sœur, comme ses demi-frères et ses demi-sœurs, Waëlen dispose d'une autorité inhérente à son nom, et bien mal vu serait celui qui l'oublierait. Les familles issues de la noblesse se disputent ses grâces, les humbles gens courbent l'échine à son passage. Les artisans se déchirent ses faveurs, les serviteurs se plient à chacun de ses désirs.
Mais non content de profiter des avantages liés à son sang, Waëlen dispose du considérable pouvoir que lui rend son titre de Premier Prince. Ainsi positionné dans un rang de puissance juste secondaire à celui de son père le Roi, le jeune homme possède l'autorité de ce dernier en son absence, tout comme il représente la couronne dans ses déplacements. S'il ne peut s'ériger contre l'auguste parole de Sa Majesté – quoi que si mais à ses périls – il n'en reste pas moins l'un des piliers du système Ignisien, et ses propos font partie de ceux entrant en compte lors des réunions décisionnelles. Hormis l'ordre du Kesh'Ïis qui répond directement à son géniteur, tous les corps de métier lui doivent l'obéissance comme à ce dernier, et – avec le conseil et l'aide du personnel administratif – ont des comptes à lui rendre. De fait, Waëlen est bien informé de l'état du royaume, de ses réussites comme de ses soucis, et peut gérer celui-ci sans l'aval de son souverain lorsque la situation n'est pas extrême. Suppléant son père comme chef des armées en l'absence de ce dernier, il ne peut cependant pas dépasser les abrégés prééminents mis en place par le Roi limitant officiellement ses actions – du moins pas sans se faire houspiller par les commandants très loyaux et très au courant des textes royaux –.
Influent dans les différents domaines qu'il est amené à toucher – politique, économie, législation, militarisme,... – Waëlen est une personnalité qui passe difficilement inaperçue, et dont on se passe peu aisément, dès que l'on atteint les hautes sphères de la société. Par ailleurs, du fait de son âge et de son titre particulier, il dispose – généralement – du respect de ses cadets et des autres membres de sa famille.


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Mer 19 Déc - 22:06
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- Bonjour ! Et bienvenue à toutes et à tous dans ce numéro spécial traitant d'un sujet qui nous passionne tous : son Altesse le Premier Prince Waëlen Ïlmoran Nathanael d'Ignis, fils d'Iskandar Hadrien Léon d'Ignis – y en a qui se sont fait plaisir sur les noms on dirait –.

- Sir Fellwyn, j'ai bien peur de ne pas cautionner le titre de cette séance.

- Comme vous avez pu le remarquer : nous sommes en l'honorable présence de Sir Günth de X'nefna, anciennement Précepteur Principal de... Comment ça il vous plaît pas mon titre ? C'est que du peps : des bouts d'info mordante pour attirer l’œil de notre public – si mon superbe physique n'avait pas déjà fait l'affaire – !

- Voilà qui est fort inexacte Chevalier, si je conçois l'objectif qui est votre, concernant ce titre il s'agit purement et simplement d'un concentré de bêtises. Ni la venue au monde de sa Grâce, ni l'apposition de son sceau, ne dura une quinzaine de minutes. Par ailleurs, l'utilisation du terme « superstar » est inadéquat.

- Heu... Nan mais...

- Enfin, je me doute que vous ayez décidé de votre titre de présentation en connaissance de cause. Mais il n'empêche que je n'approuve pas. Symboliquement.

- Heu, d'accord, heu ouais... Hum, toussota maladroitement Nathan Fellwyn avant de reprendre plus posément en ignorant le regard froidement amusé de son interlocuteur. Donc Waëlen, on en était là.

- Exacte.

- Vous êtes probablement la personne connaissant sciemment notre sujet depuis le plus longtemps – hormis Leurs Majestés, mais j'avais moyennement envie d'aller me risquer à Leur proposer cette interview –, et si vous nous racontiez l'évènement formidable de la naissance de notre Premier Prince ?

- Actuel Premier Prince. J'aimerais pouvoir accéder à votre requête, malheureusement mon attention était portée sur un tout autre point ledit jour, et je ne pourrai vous relater, quoi que magnifique, que le travail des artificiers au cours de la soirée.

- Oho ! Et c'était pour de l'enseignement ou de l'ensei...

- Cela ne vous regarde pas. Concentrez-vous sur le sujet pour lequel vous m'avez convoqué, voulez-vous ?

- Ça va, ça va. Heu bon bah... J'sais pas, vous pouvez rien nous raconter de croustillant sur les premières années de vie de Waëlen alors ?

- Rien de « croustillant », déclara le précepteur en levant les yeux au ciel. Mais si cela vous intéresse je peux vous narrer l'apposition du sceau de son Altesse.

- Parfait ! Alors allons-y !


~°~

C'était par une fin de journée de janvier. L'hiver avait recouvert de son manteau blanc les paysages de Lex, faisant étinceler le toit des lourdes bâtisses sous le soleil couchant et dotant l'atmosphère d'une froideur impénétrable. Sous les derniers rayons carmins diffusant dans le ciel, déjà d'un sombre bleu à l'est, un éphémère dégradé d'or et de rubis, la capitale d'Ignis continuait à s'affairer malgré la fin de journée. Dans les rues sinueuses de la ville, en dépit du temps glacial mordant même les extrémités les plus couvertes, quelques tables et tabourets de fortune avait été sortis. Dans la bonne humeur collective, le peuple de Lex se dépêchait de terminer d'entasser quelques mets sélectionnés sur les établis d'extérieur. Brioches aux fruits, pains blancs et gâteaux au piment frappés du blason de la maison d'Ignis avaient été disposés dans un ordre relatif, formant quelques tas malhabiles entre les pyramides de verres remplis d'un vin fumant fruité et sucré. Alors que les enfants concourraient à fabriquer les plus beaux anges de neige représentant la famille royale et que les plus âgés débattaient avec bonhomie à qui revenait le droit de s'asseoir, hommes et femmes préparaient buffets et jeux, intérieurs et extérieurs. Jamais artisans n'avaient écoulé leurs stocks aussi rapidement. Il régnait dans l'atmosphère comme un air puissant de festivités.


Dans les confins de la cour du palais, nombre de nobles lignées avaient été invitées à fouler le sol royal et discutaient allègrement de choses et d'autres, un toast et une flûte à la main. Ni l'un, ni l'autre, n'avaient été entamés. Malgré le froid agressant les sens, tous s'étaient parés de leurs plus beaux atours. Des torches à la flamme vivace avaient été disposées le long des courbes du jardin, mais leur chaleur ne perçait guère à travers l'épaisse atmosphère glaciale. Si les terrasses et chemins avaient été déblayés, la fine couche de neige recouvrant les bosquets de fleurs avait été préservée et scintillait de milles feux sous la lumière vacillante. Des gardes, presque autant endimanchés que les convives pour l'occasion, patrouillaient avec allégresse sur les chemins de ronde et en retrait du centre des festivités. Prendre cette joie pour une faiblesse et de l'inattention aurait cependant été une erreur.

Son Altesse Waëlen d'Ignis, alors âgée de deux ans et demi, attendait l'évènement avec autant de patience qu'un enfant de cet âge, et de cette trempe, pouvait posséder. Il lui avait été consigné de demeurer dans ses quartiers jusqu'à ce que l'escorte de mise pour la cérémonie ne vienne le chercher. Pour l'heure, il était simplement vêtu d'un kimono de soie, dont le prix de la complexe manufacture aurait pu permettre d'acheter quelques maisons dans les bas quartiers, et patientait tant bien que mal en appréhendant un relié d'anatomie.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda le jeune héritier en me désignant du doigt un organe dont la vue aurait rebuté bien de virils esprits.

L'ouvrage en lui-même avait tout pour repousser le lecteur, car si la croyance n'avait aucune place dans les pensées d'un Ignisien, il n'empêchait que rares étaient ceux ayant le courage, ou la curiosité, nécessaire pour s'intéresser à l'intérieur du corps humain. La mystification avait, de tout temps, été une pratique extrêmement rassurante, et courante, concernant la constitution de l'être humain. Les conditions dans lesquels les connaissances anatomiques se développaient – généralement grâce à l'exploration plus ou moins licite des macchabées – ne jouaient pas non plus en la faveur de la diffusion et de l'acceptation de la discipline.

- Il s'agit du cœur, votre Altesse, répondis-je tout en réajustant mon inconfortable position sur l'un des rutilants poufs du princier salon – c'était alors la mode à l'immobilier rasant le sol, provenant de riches factures sudistes –. Il siège au centre du thorax et constitue le centre de la circulation sanguine. Il est de ce fait extrêmement important pour la survie de l'homme. D'aucun raconte qu'il est aussi l'origine des humeurs, mais les derniers travaux concernant ce sujet se sont avérés mitigés ou d'une partialité navrante.

Ponctuant mes paroles de hochements de tête, le prince posa doucement sa main droite sur son thorax.

- Ça fait boum boum, déclara-t-il avec un grand sourire.

- Pas exactement, dus-je corriger mon élève. Le nouvel instrument d'investigation nous venant de l'ouest permet d'établir avec précision les bruitages de l'organe, et ils ne sont pas de ce rythme.

- Comment il est cet instrument ?

Son Altesse Waëlen a toujours démontré une curiosité sans bornes pour la plupart des sujets que je lui ai soumis, et pour mon entière satisfaction il ne m'a jamais – ou presque – fait répéter deux fois la même chose. S'il n'avait pas décidé de succéder à son père le Roi, je pense qu'il se serait parfaitement acclimaté à la vie d'érudit et que la société scientifique aurait gagné un excellent élément. La seule ombre à ce tableau serait peut-être la bougeotte quasi inébranlable de son esprit, l'amenant souvent à chercher trop, beaucoup trop loin. Ce qui n'est pas toujours sage.

- « Comment est-il ». Sa forme tient de l'entonnoir, expliquai-je patiemment au prince. La plus grande de ses bases doit reposer contre la peau de l'individu dont on étudie les battements de cœur, en regard de celui-ci, et l'examinateur écoute à travers le plus petit orifice. L'amplification acoustique permet d'entendre avec précision le rythme du cœur. A l'origine l'astuce avait été utilisée pour éviter le contact entre la personne auscultant et le patient d'une hygiène parfois douteuse.

- Mmm. Le docteur de Père a aussi un entonnoir ? Je pourrai le voir ?

- Veuillez utiliser les bonnes syntaxes : « est-ce que le docteur de Père » ainsi que « pourrai-je » ou « est-ce que je pourrai ». Certainement, malgré le fait qu'il s'agisse d'une invention étrangère son statut ne devrait pas lui permettre de se tenir à l'écart des innovations de son domaine. Quant à voir l'objet en question, vous devrez demander directement à l'individu concerné, si il en possède un. Si votre requête devait échouer, nous pourrons toutefois en fabriquer un lorsque vous consentirez enfin à me réciter correctement les derniers poèmes que nous avons vus.

L'enfant sembla réfléchir un instant et son sourire s'agrandit. De nombreuses rumeurs concernant le caractère difficile du prince m'arrivent parfois, et je dois avouer être assez sidéré du manque de discernement de l'entourage de son Altesse Waëlen. Comme la plupart des personnes d'une intelligence certaine et ayant toujours vécu dans l'aisance, ce dernier n'agit jamais que dans son intérêt propre, et surtout pour tromper l'ennui. Ajoutez à cela la curiosité et la droiture d'esprit Ignisienne, et vous devriez avoir assez d'éléments en main pour pouvoir appréhender sa Grâce.


- Néanmoins, il ne s'agit pas de notre sujet actuel, aussi empressez-vous de me désigner les neuvièmes lettres de l'alphabet présentes sur cette page, continuai-je d'une voix sévère.

Si nous n'avions pas encore abordé les mathématiques du fait de son jeune âge et de mon activité toute récente de Précepteur Principal, j'avais eu le temps de trouver comment occuper efficacement son esprit et nous avions donc vu ensemble l'alphabet ainsi que les nombres correspondants. Alors que mon élève se concentrait visiblement – ses yeux azures s'étaient plissés et il se mordait machinalement la lèvre supérieure – et commençait à m'indiquer avec exactitude quelques « i » parmi les mots inscrits, quelqu'un frappa deux coups à la porte et l'escorte de son Altesse pénétra dans la pièce. S'il leur accorda un coup d’œil, le prince continua à s'affairer à la tâche que je lui avais donné, et ce ne fut que lorsqu'il la termina enfin – en réalité quelques secondes après – qu'il referma le précis d'anatomie pour prêter son entière attention aux nouveaux arrivants. Le Grand Chambellan était présent, ainsi que divers officiels – de l'armée, de la communication, des finances, de l'administration, de l'enseignement, et de la veille sanitaire –, la Première Reine d'Ignis et le valet personnel de celle-ci.

- Mère ! s'exclama joyeusement l'enfant en sautant de son pouf pour courir jusqu'à Sa Majesté Amanda d'Ignis. Regardez ce que professeur de X'nefna me montrait !

La jeune femme, dont l'imperturbable froideur valait l'immense beauté, s'accroupit à la hauteur de son fils et réajusta ses habits. Elle-même était parée d'une tunique d'un agencement de bleus remonté d'or blanc, dont le complexe et éblouissant arrangement rivalisait avec les plus élégantes robes de cérémonie. Ses cheveux avaient été relevés d'une main experte et s'enroulaient en une large auréole de tresses avant de retomber librement en cascades le long de sa nuque. Il n'était pas difficile de voir que tous les hommes présents se retenaient à grand peine de laisser leur regard courir sur son éclatante silhouette. Seul son valet ne semblait être subjugué.

- Plus tard, Waëlen, déclara la Première Reine d'Ignis en jetant un coup d’œil rapide à l'objet que lui tendait son fils. Votre choix en matière de support éducatif m'intrigue, Précepteur.

Il y avait cependant à son ton plus de méfiance et d'avertissement que de curiosité.

- Mon choix se base sur les limites de l'entendement de votre fils, Votre Majesté, répondis-je avec sérieux. Et celles-ci sont admirablement étendues pour son jeune âge.

Le concerné avait visiblement appréhendé le contenu de mes propos car il rayonnait de fierté. Il ne broncha même pas lorsque le Grand Chambellan lui ôta son livre des mains et le posa avec une grimace de dégoût contenu sur la table en acajou à côté de lui. Sur son gilet de soie blanche, l'homme avait passé une lourde toge de velours ébène brodée d'or et d'argent. Sous son ample habit de parade, déjà d'une carrure ordinairement imposante, il ressemblait à une inébranlable montagne.

- Sa Majesté le Roi requiert la présence de Son fils Waëlen d'Ignis, actuellement Deuxième Prince, dans Son salon privé afin de donner lieu à la cérémonie d'apposition du sceau, déclara le Grand Chambellan de sa puissante voix aux graves intonations. Madame...

L'interpellée se redressa et prit un moment pour jauger le prince des pieds à la tête. Loin de montrer une quelconque anxiété ou réticence, l'enfant paraissait excité à l'idée de passer le rituel du sceau. Et ne il m'était pas difficile de deviner pourquoi. Son Altesse avait toujours été d'une curiosité à toute épreuve et cet insolite événement avait tout pour attiser son attention. Qui plus était, il allait être la vedette de la soirée. Tout le monde le regarderait, tout le monde aurait une pensée pour lui. Et cela signifiait que son père et sa mère, pour une fois, lui prêteraient l'attention qu'il désirait. Le jeune Waëlen avait beau être de ceux nés avec une cuillère en or dans la bouche et une pelleté de serviteurs dans le plumage, il n'en restait pas moins un enfant en quête de reconnaissance de ses parents.

- Allons, décida finalement la Première Reine d'Ignis en posant sa main contre le dos de son fils enfin de l'inciter à avancer.

Nous traversâmes les déserts couloirs menant au salon privé de Sa Majesté, et lorsque nous arrivâmes à celui-ci le Deuxième Prince fut introduit dans la pièce après tout un échange solennel entre les divers membres de l'escorte et le petit concerné. Je fus alors invité à rejoindre le grand salon tandis que que les autres attendaient le retour du jeune Waëlen.
Celui-ci aurait été de dimensions olympiques si de nombreux panneaux coulissants et grandes portes n'avaient été présents pour diviser la salle en de plus humbles compartiments. Dans le principal d'entre eux, là où trônait une majestueuse cheminée de marbre sombre, les différentes maîtresses du Roi accompagnées de leur progéniture...



~°~

- Attendez, attendez ! Vous n'avez pas suivi en direct l'apposition du sceau du prince ?

- Bien sûr que non. Il s'agit d'un acte hautement privé qui ne saurait souffrir de la présence d'autres éléments que les concernés.

- Raaa zut ! Moi je voulais connaître le détail croustillant de comment ça s'était passé ! Y a du avoir un tas de petits éléments scabreux pour Waëlen qui sont maintenus dans le secret et que je veuuuux savoir !

- … voilà une attitude ambigüe pour un homme de votre rang. Êtes-vous certains d'agir en tout bien tout honneur ?

- Bien sûr, bien sûr. Cette récolte d'informations n'a pour objectif que de heu... d'asseoir mes connaissances sur l'être auquel j'ai dévoué ma lame.

- Évidemment.

- Évidemment.

- … mon récit vous intéresse-t-il toujours ou puis-je me retirer ?

- Oui, non. Continuez, je vous prie. Je pourrai toujours trouver des choses intéressantes concernant Waëlen. A des fins tout à fait honorables, toujours.


~°~

Dans cette pièce où le faste se lisait à travers les nombreuses fresques contant la gloire de la noble famille d'Ignis, l'entourage proche du Roi avait été rassemblé. Il y régnait une ambiance particulière oscillant entre la joie innocente et la jalousie perfide. Les jeunes héritiers présents étaient d'un âge bien trop bas pour se soucier de l'importance de l'évènement, mais ça n'était pas le cas des autres personnalités. Maîtresses, chevaliers, officiels, majordomes, professeurs, gardes,... tous avaient une opinion sur l'acte et les festivités en découlant, et celle-ci n'était pas forcément des plus pures. Selon l'autorité du Roi, aucun éclat ne devait cependant entacher la cérémonie.
Après près de quarante quatre minutes, la grande porte principale du salon s'ouvrit et Amanda d'Ignis pénétra dans la pièce. Un silence attentif s'empara aussitôt de la salle et chaque membre en présence se leva avec respect. Comprenant par empathie naturelle la gravité de la situation, même les plus jeunes s'étaient tus et avaient imité leurs aînés. La Première Reine se décala et encouragea d'une pulsion de la main son fils à se placer devant elle. Cette fois-ci il portait une tunique avec laquelle il n'aurait eu aucun mal à se confondre avec un brasier, démontrant qu'il avait passé avec brio la première partie du rituel. L'escorte se disposa en éventail autour des deux protagonistes et Amanda d'Ignis clama d'une voix à la fois sévère et fière :

- Je vous présente Waëlen Ïlmoran Nathanael d'Ignis, Deuxième Prince, fils de Sa Majesté Iskandar Hadrien Léon d'Ignis. Porteur du plus noble des sceaux, inscrit dans sa chair par la plus noble des mains, je le déclare à compter de ce jour Magicien du royaume d'Ignis. Moi, Amanda d'Ignis, Première Reine d'Ignis, épouse de Sa Majesté et mère du circonscrit, me porte garante de la flamme de ce dernier. Il saura faire preuve de valeur et de puissance, de discernement et d'exigence. Il saura honorer la plus auguste des familles de ces lieux ou périra par ma main.

Les flûtes remplies de champagne furent levées pour saluer ses paroles et l'oratrice poussa légèrement Waëlen vers l'imposante cheminée. Dans la pénombre seulement percée par quelques lumières venant des chandeliers disposés sur les tables et contre les murs, il était difficile de lire le visage de l'enfant. Il me sembla pourtant que derrière la démarche lourde de majesté et l'attitude d'un calme olympien se cachait un véritable sentiment de satisfaction et de fébrilité. La lueur dansant dans les yeux bleus du prince tenait plus du rock'n'roll que de la valse. Il se plaça finalement face à l'âtre de la cheminée et chacun retint son souffle. Il y eu un moment où la pièce parut s'être figée, puis un mot murmuré par le Deuxième Prince traversa le silence :

- Brasier.

Aussitôt le foyer s'embrasa et éclaira la pièce avec ardeur. Pour avoir assisté à la cérémonie d'apposition du sceau de son Altesse Menaël d'Ignis, je compris immédiatement que Waëlen d'Ignis serait un bien plus fougueux et puissant maître du feu que son aîné. Déjà il augmentait graduellement l'intensité des flammes afin qu'elles atteignent la limite permise par la cheminée. Et lorsqu'il se retourna pour contempler son assistance, une forte chaleur avait envahi la salle et d'impressionnants reflets carmins dansaient sur les murs, offrant un spectacle à la fois surnaturel et captivant à qui posait son regard dessus.

- Mon nom est Waëlen Ïlmoran Nathanael d'Ignis, Deuxième Prince, fils de Leurs Majestés le Roi Iskandar Hadrien Léon d'Ignis et la Première Reine Amanda d'Ignis. A compter de ce jour ma flamme brûlera avec férocité pour l'honneur de la famille qui est mienne. A compter de ce jour je suis Magicien du royaume d'Ignis.

Si l'élocution avait de quoi faire bredouiller la plupart des enfants de son âge, son Altesse la déclama sans anicroche, avec sérénité et une pointe d'orgueil. Alors les flûtes qui avaient été levées furent bues, et le silence fut brutalement abrégé par les éclats de voix résonnant de félicitations. Bientôt, alerté par la fumée s'échappant des six conduits de la cheminée, le peuple de Lex porta à son tour coupes et choppes à ses lèvres afin de boire en l'honneur de Waëlen d'Ignis. Les festivités purent alors commencer et la capitale entra dans une folle nuit de jeux, de consommation et de débauche avec complaisance.
Alors que nous descendions rejoindre les invités dans la cour du Palais Royal, nombreux furent ceux demandant l'attention du Deuxième Prince – ainsi que celle de la reine sa mère, mais ceci est un autre point – afin de le congratuler de long en large. Néanmoins, s'il leur répondit avec l'affabilité demandée à son rang, il me sembla que ses pensées étaient ailleurs. Et lorsque nous foulâmes les pavés extérieurs, ses yeux ne se posèrent guère sur la foule de nobles personnalités réunies pour l'occasion, mais sur les fenêtres des appartements de Monsieur son père. Qui me parurent résolument vides, et qui le restèrent tout le long des festivités.



~°~

- … C'est tout ?

- Cela ne satisfait pas votre curiosité quant à l'évènement ?

- Non. Si. Peut-être... Je savais que Waëlen a toujours été un peu... précoce, mais ça m'étonne qu'il n'ait pas été plus « regardez-moi, regardez-moi » dans son enfance vu son caractère et son environnement d'alors.

- Vous ne vous trompez pas, il l'était. Mais l'attention des parents compte toujours plus que celle des autres.

- Mmm. En tous cas il n'était pas aussi tordu qu'aujourd'hui.

- Il n'est pas de mon ressort que de juger l'attitude de son Altesse en dehors de nos séances. Néanmoins je pense que si celle-ci s'est naturellement complexifiée, les éléments que je vous ai exposés demeurent.

- Mmm.









- Et nous voici à présent en présence de Kris Castino, le Majordome Princier du Palais Royal ! Bonjour Kris !

- Bonjour Nathan.

- Entré au service de Leurs Majestés alors que Waëlen n'avait que six ans, il vous en a certainement fait voir de toutes les couleurs depuis !

- Effectivement.

- Et vous pourriez probablement citer toutes les étranges expériences de ce déviant petit bonhomme...

- Non, je ne prétends pas avoir cette mémoire.

- … Ah... Heu... Enfin, bref. Auriez-vous un souvenir de l'enfance du Premier Prince à nous partager ?

- Je ne suis pas certain que ce soit très professionnel.

- Alleeeeez quoi ! Ça restera entre nous – peut-être – promis !

-

- Comment voulez-vous que je fasse correctement mon job si je ne connais pas mon sujet de fond en comble ?

Soupir.


~°~

La journée avait plutôt bien commencé. La saison du renouveau commençait à se faire sentir, mettant de bonne humeur la maisonnée qui s'attelait à la tâche chaque jour de plus en plus tôt. Il devait être dans les environs de dix heures et j'avais déjà trié le courrier, arrangé le planning de la semaine suivante, organisé la maquette de l'anniversaire de la Huitième Princesse ayant lieu vingt jours plus tard, et mis à jour les salaires des professeurs. Aucune histoire morbide d'esclave n'était venue assombrir mon entrain et le personnel de la sécurité m'avait octroyé un jour de répit dans ses interminables casse-têtes de paie, moyens et recrutement. Les cuisines ne manquaient ni de gingembre confit pour le Deuxième Prince, ni de rouleaux de fils d'araignée au chocolat pour le Quatrième Prince, et leur stock de farine blanche avait enfin été rempli. Les écuries avaient fini leurs travaux de réaménagement et jouissaient à présent d'une organisation à la hauteur des attentes royales. Pour terminer la matinée dans cette lancée efficace, j'avais donc prévu de passer en revue les quartiers des héritiers afin de vérifier leur état et de pourvoir à tout ce qui pourrait manquer.


~°~

- Laissez-moi deviner : tout se passa bien jusqu'à ce que vous arriviez à celle de notre sujet.

- … Exacte.

- Sans vouloir vous offenser Kris, vous ne savez pas du tout entretenir le suspense.

- Je vous prie d'excuser cette lacune, cela ne faisait pas partie des compétences nécessaires à mon poste.


~°~

S'il s'agissait sans aucuns doutes de celle de l'héritier auquel appartenait la chambre, il était néanmoins atypique qu'une voix me répondit à cette heure de la journée, et l'étrange odeur d'humidité saline semblant s'échapper des interstices de la porte à double battant était inhabituelle. Mais ce ne fut qu'après avoir reçu l'invitation de pénétrer dans les quartiers de Waëlen d'Ignis, et de m'être exécuté, que je devais réaliser l'envergure de la nouvelle extravagance ayant alors touché le jeune prince.
Sous le haut plafond d'un blanc uni sur lequel on avait collé des pierres précieuses de manière à reproduire les constellations du ciel avec des couleurs de bijoux changeant selon l'intensité des étoiles correspondantes, une forêt de cactus et de plantes carnivores avait pris possession des lieux. Quelques chemins évidents sillonnaient entre les végétaux pour mener à la salle d'eau et à la buanderie, mais il était difficile de définir dans quelle direction se trouvait le lit de l'héritier. Jusqu'ici tout était normal. Le long serpentin d'eau sédimentaire longeant les groupes de cactus l'était moins. Maintenu sur une largeur d'une quarantaine de centimètres pour une profondeur d'une vingtaine de centimètres par une architecture de bois laqué, il grouillait d'étranges bestioles de quelques millimètres – quinze tout au plus – à la peau recouverte d'une carapace et à la silhouette me rappelant pour la plupart de menues crevettes ou de longs cloportes. Même si les petites bêtes me paraissaient inoffensives j'en savais assez sur l'hôte des lieux pour ne pas prendre cette pensée pour acquis et tentait de retrouver ce dernier. Je devais le trouver penché – du haut de ses dix ans – sur un modèle particulièrement affreux de cactus.

- Backebergia militaris, m'annonça distraitement l'enfant. Il était un peu pâle avant que vous ne fassiez encastrer ces tubes de flamme pour diffuser plus de lumière, mais si depuis il a repris des couleurs il n'en reste pas moins tout aussi laid.

- Si cette plante ne convient pas au goût de votre Altesse, je peux toujours en toucher deux mots à l'horticulteur du palais afin qu'il vous en trouve une autre, proposai-je avec condescendance.

- Tout ce qui trouve disgrâce au regard de la famille royale devrait disparaître, n'est-ce pas ? commenta d'un air mauvais Waëlen. Mais non, non, objecta-t-il d'un ton plus léger. A défaut d'être agréable à la vue sans doutes peut-elle être utile : il paraît qu'elle peut donner des fruits, j'aimerai m'en rendre compte par moi-même. Peut-être se mangent-ils ou peuvent-ils servir à...

La phrase laissée en suspens ne me fut cependant pas difficile à interpréter. Même si mon jeune interlocuteur disposait d'une imagination dont l'absence de limites était assez inquiétante, son éducation avait réussi à ordonner ses priorités – même les plus incongrues – selon un axe particulier. Après tout, il était plus que vital pour un héritier à la couronne d'Ignis de savoir entretenir son potentiel létal.

- Bien. Puis-je donc demander à votre Grâce si elle a consulté le Maître Maçon concernant ses nouvelles installations ?

- Et pourquoi irai-je demander son avis à un vieux chnoque dont la douteuse passion se porte sur des pierres et du gravier ? Ce sont mes appartements, Kris, déclara avec dédain l'enfant.

- Je doute que votre Altesse ait très envie de finir un étage plus bas car le plancher de ses appartements se sont révélés incapables de supporter la charge qu'elle leur a fournie, répliquai-je avec patience. Comme je doute que cette notion lui ait échappée.

Même si il m'avait fallu un certain temps pour m’acclimater aux différentes personnalités vivant au Palais Royal, et notamment au caractère si complexe du jeune Waëlen, j'avais fini par cerner chacune d'entre elles et ne m'arrêtais plus aux impressions qu'elles voulaient donner d'elles. Afin de servir au mieux mes employeurs je m'efforçais d'appréhender l'univers aux multiples facettes dans lequel je déambulais avec délicatesse et discernement. Ainsi, il m'était évident que jamais sa Grâce, dans son éducation exigeante et son intelligence certaine, n'aurait sciemment entassé autant de massifs éléments sans prendre en compte la résistance du sol sous ses pieds.

- D'après lui l'infrastructure des pièces de cette aile permet de faire de chacune d'elles la salle des archives, résistant en moyenne à une charge de 1100 kilogrammes au mètre carré, et donc supporte largement les réarrangements que je lui soumets actuellement, finit par rapporter d'une voix égale le prince en haussant les épaules. Il m'a recommandé d'éviter les grands déplacements d'eau au niveau des nouveaux conduits, mais cela ne semblait pas non plus vraiment l'inquiéter outre mesure.

- Bien, notai-je en pensant que je n'aurai donc pas à faire vérifier les fondations ni à relever l'état des lieux aussi souvent que je commençais à le planifier.

- Eh Kris, vous voulez voir mes nouveaux compagnons ? me demanda soudainement Waëlen avec un grand sourire.

L'expression à la fois joyeuse, arrogante et sournoise qu'affichait l'enfant pouvait tout aussi bien intriguer comme alarmer – ce qui n'était généralement jamais de bon augure avec le petit prince – mais au-delà de toute curiosité il était de mon devoir de m'assurer de la nature des nouveaux compagnons de son Altesse.


- Je pense que j'aimerais les rencontrer, acquiesçai-je en observant la fine silhouette de mon jeune interlocuteur. Mais votre Grâce ne préfèrerait-elle pas retrouver la compagnie de ses frères et sœurs, ou des enfants des amis de sa famille, au lieu de se contenter de celle d'êtres inanimés de raison ?

Waëlen m'adressa un regard plein d'incrédulité.

- Traîner avec ces mômes qui aspirent à la grandeur alors qu'ils ne valent pas le cadet de mes demi-frères au combat ? Dont l'intérêt se porte sur les livres d'images dont le raisonnement ne dépasse pas le niveau des pâquerettes ? Très peu pour moi, déclara avec mépris le prince. Même s'il est aisé de leur faire faire n'importe quoi cela devint rébarbatif. Sans compter les minettes qui ont du échanger leur cerveau contre les rubans qui parent leurs cheveux et qui gloussent bêtement devant un brin d'herbe ou devant les personnes ayant une once de noblesse. Non. C'est déjà assez pénible de se les coltiner quand leurs parents leur ordonnent de faire bonne figure auprès des héritiers de leur Roi – sérieusement, ils pensent vraiment que leurs plans sont subtils ? – alors je ne m'infligerai pas cette peine consciemment. Sauf si j'ai envie d'en voir un tenter de s'envoler du haut du palais, mais je doute que Père voit ça d'un bon œil.

Sur ce, sa Grâce tourna les talons et me fit signe de la suivre dans la pièce d'eau jouxtant la salle principale de ses quartiers.

- Je ne suis pas certain que Monsieur votre père voit d'un meilleur œil les expériences que vous menez dans vos appartements, risquai-je en contournant un petit bosquet de Drosera capensis.

- Monsieur mon père est bien assez occupé pour vérifier les hobbies de toute la maisonnée, ricana Waëlen. Et même si je me doute que depuis le temps vous lui en avez touché un mot, ou du moins à ma mère, s'il devait trouver à y redire je lui serai alors gré de me trouver une nouvelle activité. Mais visiblement, comme je n'ai pas encore eu de remarques à ce sujet de leur part, je pense être relativement libre sur ce point.

- Bien que vos propos soient corrects, ne serait-il pas plus sain pour votre Altesse de se contenter de cultures élémentaires... et d'animaux de compagnie respectables ? Vos nouveaux poissons ne faisant apparemment pas partie de cette catégorie, ajoutai-je en appréhendant les compagnons que le prince voulait me montrer.


Nageant avec grâce dans ce qui avait autrefois été une baignoire – le dépôt de sédiments lui enlevait catégoriquement toute notion d'hygiène nécessaire à ce titre – d'impressionnants animaux marins d'un demi mètre à la robe dorée, noire et blanche, se donnaient en spectacle.

- Vous êtes vraiment ringard, Kris. Quel intérêt y a-t-il à cultiver sans cesse la même plante ? Et puis celles recommandées pour décorer les appartements personnels sont si faciles à entretenir que cela en devient blasant. Même si vous n'avez jamais ressenti le besoin d'approfondir vos connaissance sur le monde environnant, n'avez-vous jamais eu envie d'un peu d'inconnu et de danger dans votre vie ? Il n'y a rien de plus ennuyeux qu'une journée morne, sans mystère ni énergie.

- Votre Grâce possède l'intrépidité et l'impatience du jeune âge, commentai-je sans quitter des yeux les imposants poissons faisant d'étranges mouvements stationnaires à la verticale dans l'eau. Mais si cela peut la rassurer : être à son service délivre à mes journées leur dose d'inconstance et d'audace. Quelles sont ces bêtes ?


- Des balistes titans, répondit après une courte pause pensive Waëlen. Ça a été toute une aventure de les amener jusqu'ici, et je pense que le Magasinier des Sels n'a jamais autant jalousé la royauté que lorsque je lui ai fait demander quelques sacs de sel pour mon élevage, ajouta-t-il en rigolant.

Je n'avais jamais prêté attention aux dépenses extravagantes de la maison royale, car il n'était pas de mon devoir de les juger lorsqu'elles ne mettaient pas en péril l'économie de celle-ci. Et même si je savais pertinemment qu'il n'y avait pas plus de frais et de gaspillages qu'au Palais Royal, il était assez déroutant d'entendre le jeune héritier se moquer aussi ouvertement de l'indigence d'autrui.

- Je ne suis pas certain qu'il s'agisse d'un emploi très sage d'un matériau qui nous est précieux, fis-je remarquer en fronçant légèrement les sourcils.

- Non, certainement pas, acquiesça le prince avec un sourire que j'eus du mal à déchiffrer. Ni la commande de ces poissons, ni celle des benthiques leur servant de nourriture, ni celle du sel des greniers royaux, n'ont été raisonnables. Tout comme ne l'a pas été celle des plantes occupant mon salon, et encore moins celle des tubes de flammes visant à leur procurer plus de lumière. Et le plus amusant dans tout ça, est que jamais personne ne s'est opposé à ces folies. Cela fait-il de moi un irresponsable ? Ou cela fait-il des personnes m'entourant des irresponsables ? demanda pensivement Waëlen.

- Chacun tient sa part de responsabilités, commentai-je avec neutralité. Mais je pense qu'il serait plus raisonnable que vous profitiez de la présence de vos frères et sœurs plutôt que de vous livrer à des expériences aussi insolites que coûteuses.

- Bien que j'apprécie la compagnie de ces derniers, je ne suis pas certain qu'il soit très sage pour nous de nous lier plus intimement que nous le sommes, déclara l'héritier avec sérieux. Le futur n'en serait que moins amusant et plus douloureux. Mais savez-vous ce qui est amusant avec les balistes ? continua-t-il plus allègrement.

- … Non.

- C'est qu'ils sont extrêmement agressifs en période de ponte, ricana le prince en me poussant soudainement en avant.



~°~

- Ahahahahah, je crois que votre dernière remarque à son sujet ne lui a pas plu !

- Effectivement, c'était déplacé de ma part. Mais il était tout aussi déplacé de sa part de me faire plonger au milieu de ces... monstres.

- Aaaaah, le sale môme ! J'le reconnais bien là !

- … J'espère que vous avez pu trouver des éléments pour approfondir votre réflexion sur votre protégé.

- Hein ? Oh oui. Oui...









- Bonjour Nathan !

- Tss. Pourquoi on est là ? J'avais un entraînement cet aprèm, à la base, je nous rappelle !

- Aïlix, Juhn, salua le chevalier d'un signe de tête. Désolé pour ce contretemps votre Grâce, mais si j'en crois votre emploi du temps cette séance ne devrait pas vous faire défaut.

- Ouais, peut-être, mais qui me dit que vous allez me proposer meilleure occupation ? D'ailleurs, ne devriez-vous pas être en train de courir après mon frère ? Vous êtes vraiment un glandeur Nathan.

- Allons, allons, Juhn ! Comment pourrai-je entretenir mes connaissances sur Waëlen en sa présence sans qu'elles ne soient biaisées ?

- … Lix, est-ce que les mots qui sortent de la bouche de cet homme te semblent cohérents ?

- Hé ho !

- Je pense que ce que souhaite Nathan est qu'on lui donne nos propres impressions sur Waëlen. Me fourvoierai-je ?

- Merci Aïlix ! Comme quoi la gémellité ne fait pas tout !

- Qu'entendez-vous par là, vieux bouclier de foin ? Seriez-vous en train de m'inviter à m'entraîner ici ?



[dans un souci technique de longueur et de respect des jeunes âmes en perdition qui pourraient être amenée à lire ce passage, la scène comprenant des actes de violence tels que propos injurieux, tirages de langue, et explosions de flammes, a été coupée]
[mais vous êtes libre de la combler par votre imagination]
[gardez simplement les détails pour vous]
[merci]

- Donc, vous désiriez vous entretenir avec nous – pour l'amour d'Iskandar, Juhn, lâche ce vase! – au sujet de Waëlen – et vous Nathan laissez cette chaise tranquille ! – afin d'obtenir un meilleur tableau de sa personnalité, c'est bien ça ?

- Oui, oui. On peut reprendre là où on en était ? C'était plus amusant.

- Ouais, vas-y Lix, ça fait longtemps que j'n'ai pas eu l'occasion de lui mettre sur la...

- Hep hep hep ! Je nous rappelle qu'aux dernières nouvelles c'est moi qui comptabilise le plus de points au lancer de pieds de table !

- IL SUFFIT ! Je nous rappelle que vous n'êtes pas censé vous combattre l'un l'autre en vertu de vos statuts respectifs ! Que ce bureau est l'un de mes préférés alors arrêtez d'en détruire le mobilier ! Et que si cette rencontre ne mène à rien d'autre j'aimerai autant vaquer à d'autres occupations !

- … désolé, Lix.

- … mes excuses, Princesse.

- Et n'espérez pas recommencer une fois notre entretien terminé, je ne vous lâcherai pas.

- … Hum, bien. Heu donc oui. J'aurais aimé en savoir un peu plus sur l'adolescence de Waëlen. Vous n'auriez pas une anecdote particulière à me partager ?

- Si y en avait qu'une ! J'pense que Len n'a jamais été aussi agité qu'en frappant la puberté ! J'veux dire : on sait tous qu'à cet âge là les gens sont relativement intenables et se voient pousser des ailes de rébellion, mais pour Len c'était bien plus explosif que ça !

- Vraiment ? Par exemple ?

- Heu...

- Ce qu'il faut que vous compreniez, Nathan, c'est que si notre frère était effectivement d'une turbulence extrême, celle-ci n'était pas muée par une pulsion de cruauté, mais plutôt par le désir de savoir.

-

- Enfin je pense.


~°~




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Sam 19 Jan - 1:29



C'était à cette période de l'année où le froid commençait à reculer et où la période du renouveau se faisait sentir. Nous venions de passer notre dixième saison des neiges sur la côte sud du royaume d'Ignis, et étions à quelques jours de notre départ pour la capitale. Il faisait alors déjà très beau dans ces contrées, la douceur du temps permettant aux premiers bourgeons d'éclore et de donner les si ravissantes couleurs pour lesquelles cet arrière pays est renommé (hé ho, c'est moi qui raconte alors j'ajoute les détails que je veux! Comment ça c'est ton tour ? Attends un peu tu n'sais même pas de quel passage je veux parler !). Nous demeurions – Menaël, Waëlen et nous deux – dans la citadelle princière de la province. Située à la péninsule des terres de feu, sur les hauteurs d'une falaise bravant avec fierté le déferlement incessant des flots, elle donnait une vue imprenable sur les villages en contrebas et dans la plaine, ainsi que sur l'immense étendue bleuté de la mer. Lorsque le brouillard relevait son manteau, on pouvait même apercevoir quelques îlots des archipels de l'ouest. Il est dit que l'océan apporte la paix. Qu'il diffuse un calme olympien et une sagesse ancestrale. Et pour avoir contemplé plus d'une fois sa paisible plénitude, je ne pourrais qu'adhérer à ces principes. Cependant, il est à noter que les personnes ayant trouvé ces attributs n'ont certainement jamais croisé la route des Ignisiens vivant sur le littoral sud du continent. Car elles auraient très probablement changé leur point de vue sur « l'océan apporte la paix ».
Il serait inexacte d'affirmer que tous les habitants d'Ignis ont du feu parcourant leurs veines. Non. Seuls ceux dotés de cette bénédiction vivent librement dans le royaume de notre père. Néanmoins, il est assez remarquable de voir que les gens du sud semblent plus aisément entrer dans cette catégorie, comme si la présence quasi permanente du soleil au-dessus de leur chef faisait naturellement bouillir leur sang (oui j'y viens!). Autant dire qu'entre Waëlen qui était alors dans une période assez orageuse et la faune locale démarrant au quart de tour, les situations perdaient assez rapidement leur contrôle !

Nous nous trouvions sur le toit d'une humble maison de terre blanchie à la chaux – l'ensemble des habitations de couleurs pâles donnait un air rayonnant à la ville sous le soleil – en la compagnie de quelques fils et filles de nobles du coin. Même si elles n'avaient pas été conçues pour donner l'occasion aux enfants désœuvrés de s'essayer aux acrobaties, les bâtisses de forme cubique, agrémentées de nombreux auvents et terrasses, offraient à qui savait les emprunter des chemins aériens permettant d'éviter la foule animant les petites ruelles escarpées de la cité. Comme à chaque fois que s'ouvraient les routes du nord après un rude hivers, les marchands avaient afflué dans la ville maritime pour vendre à prix extravagant des produits insolites venant des recoins les plus reculés d'Ignis, voire au-delà. Si la mode sudiste s'exportait très bien aux contrées froides, les marchandises provenant de celles-ci paraissaient tout aussi exotiques sur le littoral où elles faisaient le bonheur des commerçants et de leurs clients.
Néanmoins, ça n'était ni pour nous joindre à la joyeuse atmosphère printanière, ni nous contenter d'observer celle-ci, que nous avions décidé d'échapper à la citadelle princière. Enfin, Juhn et moi avions décidé de suivre notre frère dans sa petite escapade parce que nous étions à un âge où notre instinct de survie – qui devait être un peu déréglé – nous indiquait de rester dans le sillon de nos aînés (ne te moque pas, Juhn, je sais que tu partageais ce sentiment), quant à Waëlen il avait – encore – évidemment un objectif plus tordu et impétueux que d'assister à la foire. Ou de se laisser courtiser par ses connaissances nobles du coin.
Alors que Menaël était resté dans notre résidence de vacances pour des raisons qui ne nous ont jamais été révélées (tu penses vraiment que c'était pour cette petite servante ? Ma mémoire me fait défaut, je n'avais pas le souvenir qu'il y avait eu cette amourette..), implicitement révélées donc, nous avions rejoint la petite troupe de bambins aux parents fortunés de la ville. Ou inversement. Il était de connaissance publique que la jeune Rahéa d'Orwl passait sa matinée à coudre avec son amie Sillyn Féod, que celle-ci disposait d'un petit frère, Venx, toujours fourré avec les deux compères Hunfried A'Onien et Piers Krunigam, le premier car il l'admirait et le second pour le surveiller car il lorgnait un peu trop sur Sillyn, que ces deux jeunes gens aimaient profiter de la terrasse de la demeure de Ziann de Horxmont qui accueillait régulièrement Kyle Derer, véritable cordon bleu n'hésitant pas à partager ses œuvres culinaires à son ami – enfin ses amis en l'occurrence –, et que ledit Kyle appréciait énormément Waëlen. Tout comme Rahéa avait un faible pour ce dernier. Il n'était donc pas rare que tout ce petit monde se retrouve d'une manière ou d'une autre au détour d'un toit.


- C'est trop bête que Père ne nous autorise pas à aller voir les jeux tout à l'heure, j'les ai tellement attendus durant l'hivers ! ronchonna Venx du haut de ses 11 ans en balançant rageusement ses pieds dans le vide sous la balustrade sur laquelle il s'était assis.

- T'es juste trop jeune, marmot, taquina Hunfried en ébouriffant les cheveux du petit noble. Les jeux c'est une affaire d'hommes !

- C'est surtout une affaire de cochons, renifla hautainement Rahéa en fronçant le nez. Rien que de la poussière, quand ça n'est pas de la boue, de la sueur et de la bave. Immonde. Ne trouvez-vous pas, mon Prince ?

- Les jeux ont vocation à divertir, non pas à disposer de la prose des théâtres, commenta Waëlen en haussant les sourcils avec incrédulité au commentaire de l'adolescente.

Cette dernière rougit alors que la gente masculine en présence ricanait ouvertement. Néanmoins, si elle baissa les yeux, elle garda la tête haute comme son éducation lui avait appris.

- Cependant, s'ils ne trouvent leur place dans votre cœur, plutôt que d'y assister en votre absence, je me ferai une bien plus grande joie de vous suivre dans vos propre projets de cet après-midi, continua notre grand-frère en prenant la main de Rahéa avec une douceur toute calculée (oui ça me donne aussi envie de vomir Juhn).

Si j'adressais un regard sévère à cette demoiselle qui pouvait potentiellement voler l'amour de Waëlen et que mon jumeau levait les yeux au ciel, personne d'autre – hormis Rahéa qui rougissait de plus belle – n'osa réagir aussi franchement à l'attitude si engagée du prince.

- Votre Altesse est si attentionnée, minauda cette dernière. Mais je n'oserai la soustraire à ses devoirs princiers !

- Ça serait effectivement assez mal vu de ne pas voir les membres de la famille royale, alors qu'ils sont présents dans la ville, assister à l'évènement, interjeta Ziann en fronçant les sourcils.

- Ne vous inquiétez pas : j'ai un plan pour faire concorder nos aspirations respectives de cet après-midi, déclara solennellement grand-frère.

~°~

Bon, c'est vrai, on aurait du se douter que ça sentait le moisi. Sérieusement, combien de fois est-ce que Waëlen nous a proposé des trucs ne mettant pas notre vie en danger, étant parfaitement sains d'esprit, ou simplement normaux ? J'pense qu'on peut les compter sur mes dix doigts ! Enfin bref. Donc, grâce à cette phrase sensationnelle et à l'espèce d'aura magique de « regardez-moi et écoutez-moi j'suis un beau gosse » (ouais ouais celle là Nathan) lui collant à la peau, on était tous toute ouïe comme s'il incarnait une divinité supérieure à Père. Même Piers avait arrêté de fantasmer sur Syllin qui était assise à deux pas de lui pour river son entière attention sur la personne de frérot. Qui a alors continué :

- On va s'faire péter l'une des portes périphériques et entrer en douce genre espion.

(Quoiiiiiiiiiiii elle est naze mon interprétation ?! Nan mais j'sais plus exactement ce qu'il a dit aussi ! J'étais ptit moi à l'époque !)

Enfin, ça devait plus donner :

- Si nous parvenons à entrouvrir l'une des palissades montées pour l'occasion afin d'introduire discrètement ces demoiselles à des niveaux plus adéquats pour leur condition et de leur permettre d'assister aux jeux avec du recul, nous pourrons tous profiter de l'évènement comme de la présence de chacun sur les lieux.

Ou un truc du genre. Quoi qu'il en soit, on se décida sans trop de palabres – après tout on était tous jeunes et Waëlen dégageait une certaine prestance et assurance qu'il était difficile d'ignorer – à accorder de la valeur à l'entreprise de frérot et à s'exécuter.

Comme on estimait qu'à l'âge de neuf ans les marmots de la lignée royale étaient assez grands pour assister aux jeux comme de se donner en public, nous avions accompagné nos aînés – ainsi que nos divers cousins du coin – à l'estrade de fortune réservée à la noblesse dès que les portes de l'arène éphémère avaient été ouvertes. Intriquée entre les habitations, délimitée par des murailles de pieux et des tribunes disposées à la va vite, elle n'avait rien de la grandeur imposante du Colisée de Lex ou des Grandes Arènes de Pontem. C'était plutôt un grand foutoir à l'effigie du bordel qu'entretenait le marché à quelques rues. En dehors du plateau où nous nous trouvions, riches personnages côtoyaient modestes hères dans les allées controlatérales, donnant à la foule quasi exclusivement masculine une drôle d'allure.
Selon le plan de Len, nous ne devions pas agir immédiatement, mais attendre le début des festivités pour introduire Rahéa, Syllin et Venx. Une histoire d'attention et tout ça tout ça. Comme notre rang ne nous aurait pas permis de bouger sans entraîner un cataclysme, frérot avait laissé à Hunfried, Piers, Ziann et Kyle le soin d'ouvrir la brèche permettant aux autres de se faufiler dans l'arène discrétos. Il leur avait donné des instructions si précises que j'me demandais s'il n'avait pas passé les jours précédents à assister à la construction rapide de l'installation. Il aurait été tout à fait capable de le faire.
Un gaillard, choisi pour l'occasion comme héraut, apparu finalement après le strident appel d'une corne, et discourra un bon moment sur la grandeur d'Iskandar, la dignité de sa famille, la prospérité du royaume, la force des Ignisiens, l'honneur de la ville à accueillir ces jeux en présence princière, l'exceptionnelle qualité de l'évènement, le beau temps, le cours des bas à carreaux, la finesse des graviers, et j'en passe (comment ça pas du tout ? Nan mais arrête il racontait sa vie ce pauvre type!). Après quelques heures... bon d'accord, minutes, il déclara enfin les jeux ouverts et sous les roulements de tambours on fit entrer les participants de la première manche.
Avec du recul, ça n'avait rien eu de très extraordinaire. Mais ça avaient été nos premiers jeux donc forcément ça marque (dotant plus qu'après ça t'avais passé la soirée à vomir dans notre lit. Ah ça va, prends pas cet air courroucé!). Je crois que Len n'avait pas manifesté plus d'intérêt que ça, mais j'me souviens plus bien, alors que Menaël avait franchement eut l'air révolté. Enfin, sous-entendez qu'il n'avait jamais été aussi tendu, livide, et captivé de rage par le spectacle. Mais Ël est une âme sensible qui ne supporte pas les combats inutiles, donc bon. Bref, les esclaves – j'aurai bien dit une petite trentaine mais j'étais gamin donc les chiffres sont ptet grossis – ont été introduits dans la cour. Des numéros avaient été peints sur leur dos nu et des gestionnaires circulaient dans les tribunes pour prendre les paris. On jeta à plusieurs coins de l'arène des armes et après un petit moment de flottement, le coup d'envoi fut donné. Et les lions affamés entrèrent dans la cour.
Ça aurait été un formidable carnage – d'ailleurs ça avait plutôt bien commencé – si Len n'avait pas décidé de s'en mêler... Et si nous n'avions pas décidé de l'écouter. Mais comme a dit Lix, c'est juste impossible d'ignorer les propos de frérot quand il vous regarde avec ces yeux et vous parle avec cette voix ! Donc, les esclaves s'étaient éparpillés dans un désordre chaotique à travers l'arène, les bêtes à leurs fesses, pour tenter de sauver leur peau et d'atteindre les issues de secours qui s'ouvraient brièvement ici et là. Les spectateurs braillaient encouragements, insultes ou paris tout en empêchant, avec plus ou moins d'imagination, les condamnés tentant d'escalader les palissades de s'y hisser. Quand Len réussi finalement à faire de cette joyeuse débâcle un incommensurable fiasco.

~°~

Alors que les jeux n'avaient débuté que depuis une quinzaine de minutes, l'un des pans d'une allée latérale s'effondra. Dans l'agitation qui régnait sur les lieux, l'incident ne provoqua tout d'abord pas de remous, mais après quelques secondes, lorsque les esclaves du coin saisirent l'occasion qui s'offrait à eux et que les lions avisèrent ce nouveau recoin plein de chair fraiche, la panique et l'affolement s'emparèrent de la foule. Dans un mouvement chaotique de repli, escaladant frénétiquement les décombres et montant les uns sur les autres, ou s'éparpillant à la hâte dans les ruelles de la ville à présent accessibles, les spectateurs se dépêchèrent de quitter le passage vers lequel se dirigeaient les esclaves en fuite suivis de près par les bêtes assoiffées de sang. Parmi l'agitation qui régnait, il me sembla apercevoir les petite têtes terrorisées de nos amis. Ou tout du moins : je reconnus parfaitement Rahéa dans sa tunique rose qui n'avait plus l'air très fier mais terrifié. Pour diverses raisons compréhensibles. Et je pense que Len appréhenda aussi la présence des autres adolescents car son sourire ne cessait de s'agrandir.
Sur l'estrade où nous nous trouvions – remarquablement bien située pour profiter de cet « incident » (oui, oui. Tu n'entends pas les guillemets dans ma voix, Juhn?) – après la confusion des premières secondes, l'ambiance avait rapidement tourné vers l'amusement, la moquerie et la colère. Les deux premiers qualificatifs pour notre royale famille et le dernier pour les nobles personnages ayant contribués aux préparatifs de l'évènement. Alors que les responsables hurlaient ordres, insultes et jurons, je me souviens que le rire explosif de notre oncle avait rempli l'atmosphère de son imposant ton grave, et que nos cousins s'étaient donné à cœur joie sur la critique. Cela avait beau être les jeux de leur ville, c'était avant tout une mise en scène improbable et ridicule du bas peuple. Encore une démonstration de l'incapacité des gens du commun.

- Dépêchez-vous de rattraper ces malfrats (oui, je sais, le terme avait du être plus grossier, mais bon) ! Et ramenez-moi les lions [censuré censuré censuré] (heureux?) !

- Surtout veillez à ce qu'il ne leur arrive rien, exigea notre tante avec dédain. Ces animaux ont de la valeur !

- Un dîner à la table princière pour qui rapporte à mon oncle la tête des esclaves ainsi que les lions vivants entravés ! tonna à travers le tumulte la voix claire de Waëlen.

Je dois avouer avoir été si surprise de sa soudaine véhémence que je faillis chuter de mon siège (et oui je suis désolée pour ton pied que j'ai foulé au passage). Il n'était pas la place de grand-frère de se préoccuper directement de l'incident, ni de s'adresser de la sorte à la foule, et encore moins de promettre une situation impliquant notre oncle sans l'accord préalable de celui-ci. Fort heureusement ce dernier ne releva pas l'insolence, se laissant totalement aller à l'amusement, et ce fut même avec de grands gestes encourageants qu'il incita les dernières âmes hésitantes à se lancer à la chasse des hommes et des bêtes. Si sa bonhomie empêcha certainement à Len de se prendre la raclée de sa vie, elle n'entrava guère le mécontentement du reste de la famille. Même Ël fronçait les sourcils et affichait une mine sévère. Et anxieuse.

- Len, je n'sais pas ce que tu complotes, mais arrête ça tout de suite, ça va mal tourner ! murmura-t-il si bas à notre frère que j'eus du mal à l'entendre.

L'adressé se contenta de hausser les épaules. Encore aujourd'hui j'ai du mal à savoir si c'était vraiment par désintérêt, arrogance, innocence (oui, non, je n'pense pas non plus) ou pour une raison toute autre qui m'échappe.

- Vos Grâces, intervint un noble à bout de souffle. Nous avons réussi à mettre la main sur la cause de ce désastre.

Et effectivement, il avait ramené, visiblement par la force, nos sept petits amis. Échevelés par leur aventure, débraillés et recouverts de poussière, n'aurait-ce été de part leurs vêtements de bonne facture ils auraient pu passer pour d'insignifiants gamins des rues. La confusion, la peur et la colère se lisaient sur leurs visages aux rondeurs de l'enfance.

- C'est sa faute ! hurla avec rage Piers en pointant du doigt notre frère aîné.

Si Len avait très probablement été l'investigateur de l'incident, j'étais tout de même étonnée qu'il ose dénoncer ce dernier. Il était plutôt rare de faire porter le blâme à l'un des membres de la famille royale, à bon ou à mauvais escient, et plutôt suicidaire de le faire aussi ouvertement. Il était presque criminel d'accuser la lignée d'Ignis, et rares étaient ceux s'y risquant publiquement. Même si Piers était encore un enfant, je n'étais pas certaine que la sentence à son égard pour une telle faute serait véritablement clémente. Semblant en prendre conscience, les autres adolescents avaient dramatiquement pâli et, hormis Ziann qui avait froncé les sourcils et posé sa main sur l'épaule de son ami pour l'inciter au calme, tous s'étaient figés. Mon oncle avait cessé de rire et contemplait avec un mélange de malice et d'intérêt avide les individus qui lui étaient présentés.

- En voilà un bel affront ! s'exclama notre tante avec outrage alors que le noble ayant attrapé les sept compères souffletait l'intrépide Piers pour son arrogance. Comment osez-vous salir le nom de la famille souveraine ? Mon époux : j'exige que la langue de ce jeune homme lui soit retirée pour cette offense !

- En réalité il dit la vérité, intervint Len avec une légèreté et une indifférence presque déplacées dans le contexte.

~°~

Même si les réunions familiales sont généralement d'un mortel ennui, je dois avouer que c'est toujours marrant d'avoir Len dans les parages parce qu'il sait juste comment pimenter l'affaire à son paroxysme. J'ai toujours adoré voir le visage de notre tante parce qu'il prend toujours (comment ça, ça fait trop de « toujours » ?! y a pas écrit littéraire ou ménestrel sur mon front que je sache!) des tas de nuances exotiques au moindre pet, mais là c'était presque de l'art ! Ses yeux seraient sortis de leurs orbites s'ils avaient pu, son faciès était d'un rouge cramoisi tacheté de blanc comme s'il hésitait entre la lividité et le vermeil, et j'étais certain qu'elle allait exploser à un moment ou un autre. Mais en fait non, ce qui avait été assez dommage. Mais bref. Notre oncle semblait lui aussi avoir laissé son affabilité au vestiaire et quelque chose comme de l'agacement se lisait dans ses yeux plissés. N'aurait-ce été que pour cet événement isolé, je pense qu'il l'aurait pris à la rigolade et qu'un peu d'aventure dans sa journée lui aurait plu. Mais depuis que l'on avait atterri sur ses terres Len enchaînait les péripéties – c'était plus ou moins un miracle que la ville fut encore debout – et commençait certainement à mettre sérieusement sa patience et sa bienveillance à l'épreuve.

- Il va falloir que vous nous éclairiez, mon neveu, déclara-t-il d'un ton catégorique.

Et là je n'sais pas trop ce qu'il se passa dans la petite tête de frérot – quoi que je n'suis pas certain de vouloir savoir – mais la réponse qu'il nous sortit fut d'une telle... candide platitude que je mis un bon moment à réaliser que la phrase était bien sienne :

- Je voulais qu'ils puissent assister aux jeux malgré le fait qu'ils n'en aient pas eu l'autorisation, donc leur ai dit de passer par là-bas. Y avait qu'à enlever quelques pierres et retirer quelques planches.

Ce que vous devez comprendre, c'est que déjà à l'époque Len savait manier les mots pour se sortir des situations les plus tordues ou les retourner à son avantage. Et ces propos invitaient juste notre oncle à le punir. Je sais bien que grand-frère a des côtés un peu étranges, mais il ne m'a jamais semblé être masochiste. Peut-être qu'à ce moment son cerveau a eu un bug...
Néanmoins, si notre oncle poussa un long soupir et ordonna d'un geste l'arrêt des jeux et le retrait des nobles nous entourant, il ne laissa pas libre cours aux sentiments pourtant virulents qui paraissaient l'agiter.

- Waëlen, déclara-t-il de sa voix d'outre-tombe d'où pointait plus de lassitude que de colère. Vous êtes Prince et c'est en tant que tel que j'attends que vous vous comportiez ! Lorsque l'on appartient à la famille royale on n'invite pas ses connaissances par la porte de derrière mais du côté du tapi rouge ! … Allez, on rentre. Laissez partir ces pauvres mômes, je m'entretiendrai avec leurs parents – ce qui sera beaucoup plus jubilatoire –.

- Est-ce là tout ? Votre frère se moquerait de votre manque de poigne s'il devait être présent ! s'exclama aussitôt avec véhémence notre tante.

- Silence, femme ! ordonna sèchement son mari. Mon frère décide de la manière dont il veut venter dans son palais, ici la parole est mienne ! Et je vous rappelle qu'il pourrait tout aussi bien choisir de me flamber les poils du derrière si je devait lever la main sur ses gosses, grommela-t-il avec moins de fureur. Quoi qu'il ne s'en sortirait pas sans sentir le roussi.

Ainsi s'achevèrent sans heurts les jeux. Du moins pour la journée, ils reprirent en bonne et due forme le lendemain.



~°~

- D'accord. Juste : la fin est à crotter.

- Oh ! J'vous répète que j'suis pas romancier moi ! Mais j'peux vous parler avec mon épée si vous préférez !

- Si vous voulez vraiment savoir ce qu'il advint une fois confinés dans un lieu plus intime, en réalité pas grand chose. Et je crois que d'une certaine manière cela déplut à Len. Certes, notre oncle revint quelque peu avec lui sur les évènements de la journée, le sermonnant ici et là, mais s'il haussa parfois la voix notre frère ne fut jamais châtié pour ses arrogantes entreprises.

- Bah en même temps ça devait lui changer : un peu d'action !

- Personnellement, je pense que sur la fin de notre séjour il devait sérieusement se demander s'il devait nous rendre en un seul morceau, non carbonisé, à Père.

- Admettons. On s'en est plutôt bien sortis alors ! Enfin, Len.

- Probablement. Vous semblez songeur, Nathan.

- Comment ? Oh, oui. Je songeais au piètre talent de narrateur de votre jumeau.

- Hey !

- Heu, bon, évitons la casse. A la prochaine Chevalier !









- Votre Altesse Menaël ! Cela faisait un bail ! Bienvenue dans mon humble studio d'interview, installez-vous là où vous voulez... où vous pouvez.

- Nathan, ravi de voir que vous êtes toujours égal à vous même. J'imagine que vous vous doutez que depuis tout ce temps – que vous avez subtilement passé enfermé dans ce bureau – mon frère se doute de ce que vous tramez ?

- Vraiment ? Et moi qui pensais que l'excuse de la chiasse fulgurante était assez convaincante pour qu'il m'oublie un peu. Je n'sais pas si je devrais être honoré de l'attention qu'il me porte ou inquiet du narcissisme dont il pourrait témoigner s'il devait penser que mes agissements ont sa personne comme sujet. Oh, ne souriez pas comme ça votre Grâce, on dirait mon père contemplant mes dessins quand j'étais gamin. Sauf que ça n'étaient pas des dessins mais des essais d'écriture. Et que mon père s'est en fait révélé être une femme. Mais bref, passons.

- Voilà encore une histoire intéressante à ce que j'entends, il vous faudra me la partager.

- Certes. Mais une fois prochaine, nous ne sommes pas là pour parler de ma formidable vie. Malheureusement. Avez-vous potassé ma requête ?

- J'ai effectivement réfléchi à votre demande. Cependant... Pourquoi ce soudain intérêt ? Nous avons déjà beaucoup échangé concernant Waëlen, et nous parlerons certainement encore beaucoup de lui dans le futur. Pourquoi maintenant ? Pourquoi sur des points si aléatoires ?

Il y eut un silence. Puis un soupir.

- J'aurais espéré être dispensé d'interrogatoire, mais ça aurait été mal vous connaître. Visiblement je ne suis pas le seul à être resté égal à lui-même !

- Nathan, je ne remets pas la confiance que l'on vous accorde – que Waëlen vous accorde – en doute, de part notre relation professionnelle et amicale, mais je ne suis pas certain que cette entreprise soit dans votre meilleur intérêt, à vous comme à mon frère. Il est toujours intéressant de trouver l'entière vérité, ou ce qui s'en approche, mais certaines choses ne peuvent, et doivent, demeurer uniquement que sous le silence.

- Je ne vous contredirai pas, Menaël, néanmoins... J'ai besoin de cette modeste récolte d'informations. Pas seulement pour compléter mes connaissances sur l'âme que mon bras protège, ni par simple curiosité, mais aussi pour évaluer l'opinion de l'entourage de Waëlen tout comme pouvoir reclasser certains éléments.

- Après avoir passé près de six années à nos côtés vous ne pensez pas encore avoir cerné notre entourage ? Cela n'est effectivement pas chose des plus aisées, mais ces interviews vous amènent-elles vraiment plus loin ?

- Il serait naïf de ma part d'estimer avoir compris le quart de la logique retors tournant dans vos têtes, mais non. Ces interviews ne m'amènent pas beaucoup plus loin, notamment en raison du nombre limité de personnes que je me suis donné d'interroger. Mais à offrir un sujet relativement libre à mes interlocuteurs je trouve que les points importants, marquants, pour ledit entourage me sont plus faciles à appréhender. Et si ça n'est pas l'épiphanie, c'est comme si l'on me permettait à présent d'observer les choses sous une nouvelle couture.

- Je conçois effectivement les différents intérêts qui peuvent s'offrirent à vous à travers cette méthode. Mais vous vous doutez bien qu'il est des sujets que seul mon frère pourra aborder avec vous.

- Comme le Kesh'Ïis ?

- … Non, cela je pense qu'il serait plus sage que je vous en parle moi-même.

- N'est-ce pas un sujet trop personnel ?

- Nathan, il est des éléments personnels de la vie de mon frère que seule sa bouche vous livrera, mais concernant ceux dangereux pour sa peau, et malgré leur caractère sensible, je pense qu'il est important que je vous en donne quelques notions.

-

- Vous êtes-vous déjà rendu aux arènes de Pontem ?


~°~

Si les grandes arènes de Pontem s'élevaient vaillamment vers le ciel en hommage à la puissance et à la majesté de la couronne, elles étaient avant tout le haut symbole de la chute de l'ancien empire d'Eholis. En effet, sur les vestiges d'un antique lieu de culte dédié au Sage des Quatre Chemins, dont les seules réminiscences résidaient en le parterre dallé couvert de runes et les ornements géométriques de gemmes indigos, les premières pierres du monument avaient été posées en provocation à l'ancien régime par l'ambitieux royaume émergeant d'Ismut. Depuis lors, le prodigieux complexe architectural n'avait eu de cesse de conter la grandeur Ignisienne tout comme d'avilir les ruines du culte passé. Construites au cœur de la petite plaine de Pontem, elles surplombaient le lac intérieur situé à l'ouest et défiaient les monts Elénides situés à l'est. Alors qu'autrefois le lieu sacré s'était tenu en retrait de la ville malgré sa place médiale, l'envergure de son entreprise avait conduit le nouveau bâtiment à venir jouxter les étroites habitations de ce qui allait progresser en l'une des citadelles princières, et à devenir le centre de celle-ci.
Les grandes arènes étaient constituées de trois cercles interrompus, jointifs de manière à évoquer un triangle équilatéral, avec à leur axe une lourde tourelle surmontée d'estrades couvertes. Alors que les trois cours communiquaient par leur base, de courts arcs aériens reliaient les tribunes périphériques à l'estrade centrale de façon à éviter que les spectateurs ne foulent le sol où les combats avaient lieu. Courant dans presque l'ensemble du complexe, les vieux pavés marqués de runes avaient été laissés à leur place. Néanmoins, exposés au piétinement, aux déflagrations, aux griffes et aux lames, souillés par la sueur, les crachats et le sang, ils avaient depuis longtemps perdu leur éclat de pureté d'origine et n'offraient plus qu'une piètre image de ce qui avait autrefois contribué à la grandeur du culte d'Ehol. De même, les gemmes, de la taille et corpulence d'un demi-homme, disposées en arabesques géométriques, préservées uniquement au niveau des cours, avaient cédé leur lueurs bleutés-violines contre un noir obsidien à aspect maladif sur lequel sillonnaient de grossières veines vermeilles. Si les traces des temps révolus avaient été conservées, ça n'avait pas été par négligence ou nostalgie, mais bien par désir d'humiliation et de dépréciation éternelles dans la déchéance. Alors qu'autrefois le lieu appelait à l'adoration, la bienveillance et l'humilité, seuls la violence, l'ambition et l'orgueil avaient à présent leur place dans les grandes arènes de Pontem.
Il y aurait bien des choses à citer parmi les particularités du bâtiment – comme le fait qu'il soit entièrement couvert même si ses coupoles pouvaient se fenêtrer, ou encore le fait que hormis ses voies principales publiques il s'agissait d'un véritable labyrinthe –, car s'il jouissait d'une réputation à la hauteur du Colisée de Lex, surtout grâce à sa prestance et l'exotisme de ses représentations, il était avant tout le siège de l'ordre du Kesh'Ïis. Il n'est pas de religion qui ait sa place sur les terres du feu, qu'elle eut daté des temps immémoriaux ou de la dernière pluie. Mais le culte du Roi est une affaire bien différente qui, au contraire, ne saurait souffrir de l'absence d'ardents partisans. Il est des familles, des écoles, des ordres qui forment les militaires, les espions, les corps médicaux et paramédicaux, les érudits, les hôteliers,... Et il est le Kesh'Ïis, qui a pour seule et unique vocation que de répondre aux ordres les plus extrêmes comme les plus simples de Sa Majesté, voire de Sa lignée. Le Kesh'Ïis qui forme des hommes et des femmes dont la passion et la dévotion pour le trône n'ont pas de limites tangibles. Qui cultive le zèle dans ses frontières les plus retranchées. Qui met à la disposition royale des êtres entraînés tels de futurs soldats, assassins, ou encore espions, mais dont la ferveur à toute épreuve a aliéné la perception et la conscience pour mieux servir l'autorité de Sa Majesté lorsque la situation le demande. Car si chaque âme du Kesh'Ïis aurait été comblée à la demande de récurer le trône figuré royal, décimer un village ou marcher contre un autre pays sans plus d'explications qu'un ordre de la royauté ne l'aurait pas plus fait hésiter.

Dans l'ombre des grandes arènes, lorsque les portes se referment derrière les derniers spectateurs, c'est un univers encore plus brutal, cruel et bestial qui emprunte les lieux.

Waëlen avait toujours eu cette étrange et dangereuse idée qu'il n'y avait pas mieux pour s'entraîner que l'ordre du Kesh'Ïis. Lorsque les adversaires venaient à manquer à la cour, ou que ses maîtres d'armes s'absentaient trop longtemps, il n'était pas rare que le jeune homme ne parte en quête de sensations fortes du côté de Pontem. Il n'avait pas toujours aspiré à la perfection de ses techniques de combat, ni à la recherche de concurrents chevronnés capables de mettre à l'épreuve ses capacités, mais plus Waëlen s'éloignait de l'adolescence, plus ses ambitions prenaient une tournure extrême. Il aurait pu paraître étrange que les membres de l'ordre acceptaient de croiser le fer avec une personne de son rang, et surtout de sang royal, mais au-delà de toute considération morale ou logique rien ne faisait plus honneur à ces hommes, et ces femmes, que de servir le prince d'une manière ou d'une autre.
C'était peu avant l'avènement des ses 18 ans, quelques semaines avant votre rencontre, et nous – enfin Waëlen – avions décidé d'arpenter le sombre dédale des grandes arènes de Pontem en quête de distraction et d'entraînement plus ambitieux que celui que pouvaient nous offrir les personnes résidant alors dans la citadelle princière. En réalité, une fois le premier pied posé sur le parterre dallé du bâtiment, il ne nous fallu pas longtemps pour être abordé par l'un des membres du Kesh'Ïis. Même si la majestueuse structure pouvait dégager un paisible air d'austérité et de solitude lorsque ses murs n'accueillaient ni jeux ni représentations, que quiconque pouvait se promener dans ses allées balisées à toute heure de la nuit ou de la journée sans craindre de représailles, elle n'en était pas moins gardée par l’œil avisé et attentif des membres de l'ordre. Aussi ne fûmes nous point étonnés de voir rapidement venir à notre rencontre un homme du Kesh'Ïis qui, une fois arrivé à notre hauteur, s'empressa de nous saluer – solennellement, les membres supérieurs repliés contre le buste, l'avant-bras gauche posé sur la main droite et le poignet gauche cassé de manière à avoir la tranche de la main posée contre le sternum – bien bas. A la tunique noire ornée de vœux noués blancs – rien de plus en réalité qu'une paire de nœuds alambiqués de coton – je reconnus le statut de Kesh'Zek de notre interlocuteur. Ce qui était pour le moins inhabituel.
L'ordre du Kesh'Ïis dispose d'une hiérarchie relativement banale, où chaque montée en grade attribue plus de pouvoir, et qui est la suivante, du bas de l'échelon au plus haut. Les PreKesh, reconnaissables à leur simple tunique noire, sont les nouvelles recrues de l'ordre. Ils n'ont évidemment aucune autorité et sont étroitement surveillés. Une fois qu'ils ont obtenu la maîtrise d'une des options – arts martiaux, maniement des armes, maniement de la magie, maniement des armes de siège, torture, érudition scientifique, érudition alchimique, érudition cartographique ou pharmacopée, il me semble que c'est tout – et participé à au moins une année de prêche, ils obtiennent les vœux noués blancs ainsi que le titre de Kesh'Zek. Pour échanger les vœux noués blancs contre les rouges et ainsi devenir Kesh'An, ils doivent alors devenir maître d'au moins l'une des branches – assassinat, espionnage, érudition, logistique ou enseignement – tout comme valider trois années de prêche. Un Kesh'An peut le rester pour toujours. Radiers, Piliers et Dôm atteignent leur rang par sélection. Les Radiers, au nombre de treize, sont choisis par les Piliers et sont leurs aides directes. En plus des nœuds rouges, ils ont échangé leur tunique noire contre une vermeille. Leurs supérieurs, les sept Piliers, ont été sélectionnés parmi les Kesh'An et Radiers par le Dôm ou le Roi, et gèrent le domaine d'exécution qui leur a été attribué – logistique interne, logistique externe, renseignements, recensement, relations, coordination ou exaltation –. Par-dessus la tunique rouge ils portent un kimono blanc. Enfin, le Dôm, sélectionné par le Roi, dirige l'ensemble de l'ordre. Il est reconnaissable par sa coiffe rouge. Chaque membre du Kesh'Ïis, quelque soit son rang, se doit de participer à la prêche, en tant qu'acteur ou témoin, et a le devoir d'apprendre – seuls les rangs à sélection en sont exempts – comme d'enseigner.
Or donc, le jeune homme qui nous faisait face était un Kesh'Zek. Je ne suis pas exigeant en matière de réception, mais à la lueur exaltée de ses prunelles et le tremblement d'excitation qui parcourait son corps on pouvait légitimement se demander pourquoi l'honneur – si rare – de rencontrer les membres de la famille souveraine avait été fait à une personne de sa qualité. La réponse me vint rapidement :

- Vos Altesses, le Pilier Raüliann m'envoie à Vous afin de Vous porter ce message : « si Leurs Grâces souhaitent croiser le fer en cet après-midi, Elles sont plus que bienvenues à mon entraînement. Le Kesh'Zek se chargera de Les guider jusqu'à la salle présentement utilisée à cet effet. », récita d'une traite le fanatique.

Peut-être commencions-nous à venir trop souvent, si le Pilier se doutait déjà de nos intentions. Néanmoins nous acquiesçâmes, et notre interlocuteur se hâta de nous mener jusqu'à ladite pièce.
Cette dernière, s'ouvrant derrière de lourdes portes ouvragées de bois, aurait pu sans rougir prétendre au titre de bibliothèque. D'une circonférence de près de deux-cent mètres, elle s'élevait en hauteur vers les cimes d'une tour que l'on pouvait atteindre par un long escalier en colimaçon mural. La voûte, décorée de vitraux aux représentations sanglantes, filtrait les rayons du soleil en laissant danser sur les parois de pierre sculptée de larges halo vermeilles. Sur les vieilles dalles de l'ancien temps, de longues balafres avaient concentriquement creusé le sol, créant une étrange rosace de fissures. Au centre de cette arabesque, Raüliann, vêtu de tout son attirail de Pilier, enchaînait quelques positions de combat à mains nues. Il y avait quelque chose d'à la fois déroutant et fascinant à voir cet homme se mouvoir avec grâce et puissance malgré les nombreuses couches de vêtements et l'ample kimono qui ne faisaient rien pour faciliter ses déplacements. Du fait de la particularité de l'ordre, cloitré dans ses impénétrables fondations et ses générations de partisans dévoués corps et âme à leur tâche, l'art du combat qu'enseignait le Kesh'Iïs avait évolué de manière à n'avoir finalement que peu de bases communes avec celles de l'entraînement militaire d'Ignis. Plus fluide, plus fourbe, de variations aussi complexes et que nombreuses, le rendant insaisissable au néophyte comme au distrait, il empruntait par nature bien plus au vent et aux courants marins qu'à la puissance explosive et franche du feu. Vraiment, assister à la répétition de ces élégants enchaînements était fascinant d'inspiration et je pense que tout homme ayant déjà porté main à la garde ne saurait éprouver qu'un semblant d'estime et de fébrilité s'il devait pouvoir contempler la mesure des combattants du Kesh'Iïs. Avant de prendre peur, car je doute qu'un panel de personne puisse se vanter de les avoir déjà vu à l’œuvre et de s'en être sorti vivant !
D'ailleurs, Waëlen dut se trouver en proie aux même sentiments – avec un peu plus d'effervescence et moins d'engouement – car il ne perdit pas une minute pour pénétrer l'aire d'évolution de Raüliann et dégainer son épée. J'ose du moins espérer que ce ne fut pas simplement par manque d'attention à son égard.

L'intrusion soudaine de mon frère dans son espace de progression ne sembla pas foncièrement perturber le Pilier, qui balaya avec aisance du revers de la main un coup de taille visant son chef. Sous la large manche du kimono, le reflet d'une plaque de métal protégeant l'avant-bras de l'homme accrocha la lumière le temps d'une seconde. Sans se départir de son élan, Waëlen pivota sur son pied droit et, dans un demi-tour, envoya voler deux senbons vers son adversaire avant de lui asséner un ample coup oblique. Attrapant au vol les deux aiguillons avec une adresse à la limite du surnaturel, le fanatique esquiva rapidement l'attaque suivante d'une souplesse arrière et renvoya au prince les mortels objets qu'il lui avait lancés.

- Je vous ai connu plus féroce, Raüliann, déclara hautainement Waëlen en se protégeant du revers de son épée. Auriez-vous finalement empêtré vos arcanes sous vos innombrables strates de jupons ?

Deux sabres briquets trouvèrent brusquement leur place dans les habiles mains du Pilier, et si mon frère n'avait pas été de sang royal, je n'aurais pas donné cher de sa peau. Quoi qu'avec sa capacité à entretenir la fureur de ses interlocuteurs – qu'il s'était visiblement empressé d'exercer – j'espérais très fort que l'amour porté à notre famille serait véritablement assez pour retenir la lame du fanatique.

- Détrompez-vous, mon Prince, répondit la voix arachnéenne de l'interpelé. Rien ne saurait retenir mon bras, ni ma ferveur, afin de vous complaire !

Et comme rien du tout, mais alors rien du tout, ne devait effectivement le retenir, il se rua corps et âme sur Waëlen. Reculant d'un demi pas, plissant les yeux, ce dernier se positionna en garde courte afin d'optimiser l'efficacité de ses mouvements à venir. Il me fallut un moment pour comprendre pourquoi mon frère ne profitait pas de sa fenêtre d'action, utilisant la longueur de son arme à son avantage avant de se trouver en situation plus précaire lorsque le Pilier amènerait le combat au corps à corps. Mais lorsqu'il amorça enfin une passe arrière, j'appréhendais le raisonnement tortueux de ses neurones indisciplinés. Peu avare en cascades ni en esquives, Raüliann usa de toute la détente de ses membres inférieurs pour éviter la lame déterminée qui devait terminer sa meurtrière rotation au niveau de son hypogastre, et culbuta par-dessus son agresseur. Profitant de son passage à la verticale à quelques centimètres de ce dernier, il taillada d'un geste bref l'espace sous lui. Dans l'élégante valse de larges manches nacrées de kimono et de vermeilles rubans, le clair tintement du métal que l'on abuse retentit par deux fois. Suivi du grave roulement d'une courte déflagration.

- Mais peut-être est-ce la main de sa Grâce qui a gagné en adresse ? pondéra le Pilier en tapotant le bout de son blanc vêtement ayant pris feu.

Rien dans sa voix n'indiquait ni jalousie, ni envie, ni contrariété. Au contraire, l'éclat de ses yeux et l'expression certaine de son visage reflétaient toute l'adoration et la fierté que le membre Kesh semblait – et devait – éprouver.

- La couronne aurait-elle du souci à se faire ? L'adresse des partisans du Kesh'Ïis n'est pas censée être égalable. Vous aurions-nous surestimés ou l'ordre requérait-il au plus vite de nouveaux maitres ? persiffla mon frère en haussant les sourcils.

- Waëlen, intervins-je. Cesse d'alimenter les feux qui n'ont pas lieu d'être, ils finiront par te consumer.

Il m'adressa un sourire, que je haïs immédiatement.

- Et que penses-tu que je cherche, frérot ?

Un mouvement soudain dans mon champ de vision me coupa dans ma réponse, comme il rappela mon cadet – qui disposait, Iskandar merci, d'une once d'instinct de survie malgré tout – qui para donc efficacement une vive attaque* bifocale de Raüliann. Sans se laisser intimider, le Pilier fléchit les genoux et adressa de nouveaux coups de taille aux flancs de Waëlen. Stabilisant la longueur de sa lourde épée Yholn avec sa main gauche, ce dernier présenta le corps de l'arme aux lames de son adversaire afin d'épargner le sien, et profita de la cinétique du mouvement pour donner une puissante impulsion et faire reculer celui-ci. Néanmoins, le temps d'un court instant, un faible halo pourpre illumina les deux sabres briquets, et le partisan du Kesh'Ïis ne bougea pas d'un centimètre à l'offensive de Waëlen.
Je ne sais pas quel genre de magie enseigne l'ordre, quels mots sont employés entre ses murs, et je ne saurai décrire l'emploi que fait Raüliann de son mana. Et s'il y avait bien quelque chose de surnaturel aux armes de celui-ci, je n'aurais su dire qui de la lame, ou de l'homme, avait usé de facultés pour absorber la force qui leur avait été opposés.
La pointe d'un des sabres s'arrêta à quelques centimètres de la brigandine inguinale de Waëlen, qui avait intercepté le poignet de son adversaire de justesse, puis le clair tintement des armes retentit. Sans hésiter, le Pilier lâcha la lame de sa main gauche et réciproqua la prise de poignet avant de s'enrouler contre le bras de mon frère et de le faire culbuter par-dessus son épaule dans un mouvement déstabilisant de rotation descendante. Préférant à son tour laisser Yholn atterrir quelques mètre plus loin, plutôt que le se luxer l'épaule ou fouler le poignet dans cette partie du ballet où il avait perdu le contrôle de son corps, Waëlen usa de nouveaux effets pyrotechniques afin d'échapper aux enchaînements meurtriers de Raüliann et se réceptionner à quelques pas, hors de porté.

- J'admets m'être prononcé un peu trop rapidement sur vos réserves, décida mon frère en faisant appel à l'épée de son sortilège armes du purgatoire. Mais je n'sais pas ce qui me chagrine le plus : que vous n'utilisiez pas celles-ci jusqu'au bout ou que je sente l'égalité d'ici.

- C'est toujours avec toute mon âme que je sers sa Grâce, commenta sincèrement le Pilier en récupérant son second sabre briquet à terre.

- J'entends bien, néanmoins je n'vous ai toujours pas vu péter une once de magie, grommela Waëlen. Et quelque part je doute que vous en soyez dépourvu. Vous êtes frustrant, vous savez ? Et je déteste être frustré.

- Toute la maisonnée déteste te voir frustré, soupirais-je. L'espérance de vie au palais baisse dramatiquement quand tu es de cette humeur.

- Voyez-vous, Raüliann ? Vous ne voudriez tout de même pas décevoir toute la maison royale ?

Pour toute sa dévotion, le Pilier n'en restait pas moins un individu perspicace – ou peut-être commençait-il vraiment à trop bien connaître mon frère – et ce fut sans affolement ni diligence qu'il apprécia les propos de Waëlen. Trait de caractère que je me pris à apprécier, encore une fois. Rares étaient les serviteurs de la couronne capable d'autant de discernement.

- Vous êtes un brillant combattant, mon Prince, et rien ne me comble autant que de m'entraîner avec vous. Néanmoins, si mes vœux reposent auprès de votre lignée, comme vous l'avez si justement mentionné, ils m'ordonnent aussi de veillez à votre intégrité. Que, je crains, mes pleins pouvoirs émècheraient s'ils devaient surgir.

- Non seulement je vais finir ma journée frustré, mais en plus vexé, décréta mon frère en haussant les sourcils et faisant jouer un globe de feu sur son index.

- La voie du Kesh'Ïis est brutale, cruelle et sauvage, et sa violence ne saurait pervertir le regard d'Ignis.

Les mots avaient été sortis avec calme, et un semblant de fierté, mais nous nous doutions bien que rien n'était plus vrai que cette grossière constatation. Car la douce lueur de vénération et de folie, d'orgueil et de ferveur, dansant dans les prunelles de Raüliann – comme de ses confrères – devait dicter bien plus que d'innocents engagements dans les attentives oreilles Kesh.
Lorsque Waëlen laissa disparaître l'épée de flammes dans un tourbillon de cendres, je me sentis soulagé, mais pas surpris. Malgré son verbe hautain et sévère, je savais qu'il n'irait pas jusqu'à menacer la probité des vœux du Pilier. Car dès lors, ça aurait été tout un équilibre supérieur qu'il aurait contrarié.

- Le regard d'Ignis ne sera pas perverti, vous y veillerez, et nous y veillerons, déclarai-je en ramassant Yholn et faisant quelques pas de plus pour la rendre à mon cadet.

- Il n'empêche qu'à présent je suis ET frustré ET vexé, reprit celui-ci d'un ton chagriné qui ne présageait rien de bon. Qui y a-t-il en ce moment à Pontem ?

- Veille à ne pas causer trop de soucis à la cour, je crois que nos hôtes commencent à vouloir tâter du brasier, soupirai-je en posant ma main sur son épaule.

- Si votre Grâce me permet cependant...

- Allons, allons, parlez sans hésitation Raüliann ! Même si vous m'avez latté le cul et avoué que vous êtes capable de le refaire au centuple je ne saurai vous en tenir rigueur !

Heureusement que le Pilier commençait à avoir l'habitude du caractère de mon frère, et que dans son immense dévotion il ne semblait développer ni angoisse, ni énervement, ni dégoût... ni schizophrénie dans ses conversation avec celui-ci.

- Je ne pense pas que cet affrontement aurait fini sur ma victoire, mon Prince, bien que vous me reprochiez ma réserve, je n'étais pas le seul à ne pas me servir de tous mes atouts. Ce qui m'amène à la question suivante : pourquoi ne pas vous entraîner avec votre sang ? Il n'y a probablement pas meilleurs combattants que les héritiers de la couronne.

Waëlen sembla considérer cette possibilité pendant quelques secondes, puis un impressionnant sourire apparu soudainement sur son visage. Ce qui, une nouvelle fois, ne me parut rien présager de bon.

- Mais quelle excellente idée, Raüliann ! Je vais devenir le nouveau Premier Prince !



~°~

- Pensez-vous qu'il était dans l'intention de Raüliann de pousser Waëlen à ce titre ?

- Non. Au regard de consternation que nous échangeâmes, ainsi que les quelques conversations que nous eûmes, je peux vous assurer que non. Ce cheminement d'idées est l’œuvre intégrale, et typique, de mon frère.

- … Je n'suis pas certain de savoir quels sentiments éprouver envers cet ordre... ce Kesh'Ïis... Est-ce vraiment rassurant d'avoir une horde de fanatiques aux bottes de Leurs Majestés ? De leurs Grâces ?

- Il n'est pas de votre ressort de les juger. Chevaliers et Kesh, s'ils sont aussi similaires que dissociables n'ont pas à interagir, ni à se comparer. Votre seul devoir est de servir la couronne. Ou plutôt, Waëlen.

- En ce cas, pourquoi m'en avoir parler personnellement ?

- Parce que vous avez tout de même raison, Nathan. Il est certaines choses au sujet de votre protégé que vous ne découvrirez que via un tiers. Tout comme il est une évidence que vous devez vous méfier du Kesh'Ïis. Car si dans leur incommensurable dévotion ses membres représentent une puissante force de frappe, n'oubliez pas qu'ils servent avant tout le trône. Et sa lignée uniquement par extension.

- Je ne suis pas certain que votre père serait très heureux d'entendre vos propos.

- Ne me faites pas croire que vous répèterez ce qu'il vous a été dit entre ces murs, j'ai vécu assez d'années en la compagnie de Waëlen pour reconnaître ce genre d'esbroufe.

- Effectivement, acquiesça Nathan avec un sourire.




*non sponsorisé par l'amicale des pokemons... vraiment... vous ne lirez plus ce passage de la même manière !









- Enfin ! Je commençais vraiment à me demander si tu n'avais pas fait installer des toilettes dans ce bureau pour pouvoir évacuer tout en t'occupant l'esprit !

- Ah ça va, faites pas genre vous avez cru à mon excuse, vos yeux me racontent une autre histoire.

- Je n'suis pas certain que tu veuilles vraiment savoir ce que racontent mes yeux, Nath.

- Est-ce un défi votre Altesse ? Car vous devriez mieux savoir que de me défier !

- Quand tu veux mon petit Chevalier ! Il y a de la place sur les cours d'entraînement en ce moment.

- Voilà qui est facile, Waëlen, vous savez très bien que je n'vous ferai jamais le plaisir de croiser le fer avec vous ! Néanmoins, pour ce qui est d'une partie de rami...

- Voilà qui est fort dommage. Mais il me semble que dans ce tiroir nous devrions trouver de quoi faire.

- Oui, enfin non. Pas tout de suite. Si vous pensiez vraiment pouvoir détourner mon attention aussi aisément que vous le faites avec Kris ou vos frangins... Non, je sais, vous ne le pensiez pas mais rien de coûtait d'essayer. Vous êtes vraiment tordu quand même !

- A entendre tes propos j'aurai plutôt tendance à dire que je ne suis pas la personne au raisonnement le plus étriqué dans cette pièce.

- Ah ah ah. Stop. Parlons honnêtement quelques temps si vous le voulez bien. Si vous le pouvez.

- Je ne voudrais pas jeter un froid, mais je ne suis pas certain d'être de rang, ou d'humeur, à accepter le ton que tu emploies.

- Non, vous n'êtes pas d'humeur à parler de vous – parce que vous savez ce qu'il se trame ici, j'en suis certain depuis le temps – ni à répondre franchement à mes questions, mais je pense que vous trouverez l'expérience cathartique et il est des sujets que nous devons absolument aborder.

- Admettons, quels sont donc ces points si importants t'ayant obligé à passer une journée entière à harceler mon entourage entre ces quatre murs ?

- Aurais-je attisé votre curiosité ?

- Feras-tu le poirier avec une spatule entre les dents si je te dis que oui ?

- Aussi alléchante que soit votre proposition... Non.

- Voilà qui est fort dommage. Enfin. Quels sujets, si importants qu'il te faille m'en toucher mot en catimini, voulais-tu aborder ?

- Non seulement sont-ils importants, mais de surcroît de caractère sensible. J'espère cependant que votre Altesse me répondra avec un semblant d'honnêteté et de courage, comme je devrai en faire preuve pour les lui présenter.

- J'avoue que tu as attisé ma curiosité. Quels mots pourraient donc bien rebuter un Chevalier de ta trempe ?

- Quels maux pourraient donc bien faire hésiter un Prince de votre calibre ?

- Si tu savais...

- Ah mais j'ai des doutes, votre Grâce. La preuve en est : avez-vous actuellement des troubles du transit ? Je crois que mon odorat ne se remettra jamais du chant de flatulences auquel vous m'avez soumis ce matin.

- J'entends mieux le caractère délicat et essentiel de tes interrogations à mon sujet. Bien qu'il me peine à l'admettre, je crois que la tarte aux abricots que m'a cuisiné ma tendre amie d'hier soir n'était pas des plus réussies. Certains morceaux sont même ressortis aussi intacts qu'à leur entrée !

- Vous me voyez heureux de nous trouver sur la même longueur de mana. Maintenant dites-moi : savez-vous encore qui vous êtes derrière tous les masques que vous vous évertuez à présenter à votre entourage ?

Il y eut un silence.

- … Je crois que je préférais parler de mon transit.

- Je m'en doute, mon Prince. Néanmoins, pour cette fois-ci, parlez-moi plutôt de vous. De ce qu'il reste de vous. De ce qu'il reste de dignité, de franchise et de valeurs derrière toute la mascarade pour laquelle la majorité des gens vous connaissent. Parlez-moi de vos rêves, de vos projets, de l'étendue de votre volonté au-delà de celle d'échapper au monde.

-

- Où est passé l'enfant qui désirait la reconnaissance innocente de son père comme celle de son peuple ? Où est passé le frère dont la parole n'était que bienveillant réconfort et sincère gentillesse ? Où est passé l'esprit dont la tolérance et la candide curiosité l'emmenaient découvrir le monde avec douceur et discernement ?

- Je pense que tu arrives un peu tard pour t'inquiéter de leur sort.

- Pourquoi ? Avez-vous définitivement enterré le salut de votre âme ?

- Je te trouverais bien présomptueux, devais-je m'en préoccuper. Néanmoins, t'affoler au sujet de mon âme est parfaitement inutile : elle sert avec ferveur Iskandar, et n'a que faire d'un éventuel « salut ».

- Je ne sais pas en quoi vous croyez, Waëlen. Mais j'affirmerais sans hésitation que ce n'est pas en Sa Majesté.

- Voilà une élocution fort dangereuse, Chevalier. Théologie et diffamation ? Es-tu en train de tester les limites de mon indulgence ?

- Je me permets de vous rappeler que les deux maîtres mots de la séance sont « courage et honnêteté », et je pense que nous nous connaissons assez pour ne pas converser à demi-mots. Mais pour revenir à votre remarque : non. Pas de théologie. Mais je pense qu'il est nécessaire à tout homme de croire en quelque chose pour pouvoir entretenir sa volonté et être capable d'apprécier pleinement sa vie. Que cette chose soit effectivement un faux dieu, un roi, un idéal ou une notion comme la puissance, l'altruisme, la vengeance,... Alors dites-moi : en quoi croyez-vous, votre Grâce ? … Hormis le pouvoir laxatif des abricots.

Durant quelques secondes, rien ne répondit à la question du Chevalier hormis la berceuse régulière de leurs respirations. Le regard de l'un lié à l'autre, pensif, alerte, circonspect, farouche...

- Voilà qui est extrêmement personnel, commença finalement Waëlen en se levant. Et...

Il hésita le temps d'un instant, mais ce fut assez pour convaincre son interlocuteur qui se leva à son tour avant de plier le genou lui.

- Ne finissez pas cette phrase, conjura Nathan en prenant dans ses mains gantées les fins doigts de l'héritier à la couronne.

- Nath... Cette discussion est close, décida Waëlen en posant son front contre celui de son Chevalier.

- Bien sûr, acquiesça l'interpelé après un moment de silence. Bien sûr, mon Prince.

Parce que certaines choses devaient demeurer dans le silence.

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Sam 19 Jan - 14:44
Très belle présentation... eh bah, Ignis est pas sorti de l'auberge avec ça.
Enfin, bienvenue à notre premier membre de la famille royale, le premier prince d'Ignis.

Puissance - Rang S:

Un rang qui découle de l'ensemble des capacités du premier princes, aptitudes martiales égalant aisément l'élite de Terra, potentiel magique au summum de la lignée d'Ignis et une quantité de mana effroyable; assez peu de choses peuvent réellement t'effrayer de part le monde, et bien presque aucune dans ton propre pays. Heureusement pour Albion que tu ne pratiques pas la langue ancienne couramment.

Influence - Rang A+:

He bien, tu es l'autorité de référence après le roi, tu peux très bien demander aux passants de te lécher les doigts de pieds si ça t'amuses. Enfin, chacun ses hobbys.

Bienvenue à toi! Je vais modifier un peu le rang de tes sorts par contre, tu peux pas avoir un sort de rang inférieur à son rang de lancement (Laser est et restera de rang C, par exemple, tu peux l'augmenter en ajoutant du mana, mais pas le réduire, le sort se lancerai pas xD). Si tu veux ajouter des lieux à Ignis (ainsi que ta région) MP un membre du staff qui s'en chargera ^^

Bon RP ^^




"J'effacerai toutes les tragédies de ce monde."

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Jeu 20 Juin - 21:51
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Relations
Iskandar d'Ignis ~ Roi d'Ignis ~ Père
PJ
Ayant eu Waëlen à l'âge de 21 ans, Iskandar a depuis fait bien du chemin. Ayant accédé au trône du royaume d'Ignis par la voie la plus honorable dans le coin – à savoir en trucidant tout ce qui se trouve sur son chemin -, il règne à présent en maître absolu sur les terres du feu. Chaque souffle, chaque bras, chaque pierre lui appartient. En un mot il obtient, en un geste il détruit. Il est l'autorité de la loi, la main de la justice. Vie et mort résident dans son poing. Et si l'homme est père, il est Roi avant tout.
Que ce soit au sein de sa famille ou de ses sujets, Iskandar inspire le respect et l'admiration de par son illustre prestance, son passif prodigieux et son verbe autoritaire. Il émane du magicien une telle aura de force et de détermination qu'il est difficile de ne pas percevoir en celui-ci la noble flamme de la royauté. Qu'il inspire admiration ou jalousie, tous courbent l'échine en sa flamboyante présence sans avoir besoin de se le faire répéter à deux fois.
D'Iskandar, le Premier Prince semble avoir hérité nombre de traits : des yeux bleus envoûtants, une carrure non imposante mais dégageant ce qu'il faut d'aura de puissance, une silhouette des plus agréables à regarder, un charisme naturel malgré un caractère plus que critiquable, une âme autoritaire et manipulatrice,... D'aucun raconte que leurs similitudes ont rendu les deux hommes rivaux sur quasiment tous les points, de la dextérité au combat aux techniques de séduction en passant par les capacités magiques. Mais un œil avisé vous soufflerait de prendre garde au paraître, car en dépit des apparences rien n'est moins certain que le parallélisme entre le père et le fils.
Du fait de son statut, Waëlen est probablement l'héritier côtoyant le plus le Roi d'Ignis, ou du moins professionnellement. Cela n'empêche pas le jeune homme d'éprouver des sentiments assez distants et impersonnels envers son géniteur. En effet, comme dit plus haut : si l'homme est père, il est Roi avant tout. De fait, Iskandar et Waëlen n'ont jamais véritablement partagé ce lien émotionnel d'affection que l'on trouve de coutume entre un enfant et son parent. Si le Roi n'a jamais fait preuve de négligence ou de désintérêt vis à vis de sa descendance, ou de certains de ses héritiers, il n'a jamais fait preuve d'un amour remarquable envers celle-ci. Ainsi, si Waëlen respecte et admire, d'une certaine manière, son père, il n'aurait presque aucun remord à lui planter une lame entre les omoplates si besoin était.

Amanda d'Ignis ~ Première Reine d'Ignis ~ Mère
PNJ – Iskandar d'Ignis
Elle a donné naissance à Waëlen alors qu'elle n'avait que 18 ans mais n'a, depuis le temps, rien perdu de sa beauté glaciale et impénétrable. Elle fut la première reine intronisée par Iskandar d'Ignis à sa montée sur le trône des terres du feu, mais elle était déjà l'amie et l'amante de ce dernier avant cet événement. Soutien inébranlable du Roi, elle gère notamment toute une partie de la branche administrative des affaires royales. Elle est par ailleurs connue comme étant une redoutable guerrière, mais si cette affirmation est loin d'éveiller le doute lorsqu'on aperçoit sa silhouette volontaire et inébranlable, elle n'a jamais véritablement pu être confirmée. Car la Première Reine, du fait de son statut, est intouchable. Même Waëlen n'a jamais pu croiser le fer avec elle. De part ses qualités et son rang, la quadragénaire est une femme extrêmement respectée par son entourage.
La relation entre Waëlen et Amanda est ce qu'il y a de plus courtoise, bien que le Premier Prince ait toujours eu du mal à se situer par rapport à cette mère si froide, si lointaine et inaccessible parfois. Car si la Première Reine lui a toujours prêté une attention bienveillante, encourageant ses efforts et le relevant à chaque erreur, elle ne lui a jamais vraiment offert la tendresse et l'affection que tout enfant attend de la part de ses parents. De fait, Waëlen a fini par considérer Amanda comme une sorte de tutrice qu'il respecte et admire énormément, et est allé chercher l'amour maternel du côté d'Aoi d'Ignis.

Aoi d'Ignis ~ Deuxième Reine d'Ignis ~ Belle-mère
PNJ – Iskandar d'Ignis
Lorsqu'Aoi fut intronisée comme Deuxième Reine par Iskandar d'Ignis, elle était indécemment jeune. Âgée seulement de sept années de plus que Waëlen, elle aurait pu être la sœur aînée de ce dernier. Néanmoins, bien plus douce et chaleureuse que la Première Reine, elle gagna rapidement l'amour de Waëlen qui trouva en elle la mère émotionnelle qu'il lui manquait. Encore aujourd'hui, alors que leur différence d'âge est ridicule et pourrait l'amener à la considérer comme sa sœur, le jeune homme considère Aoi comme sa propre mère et lui porte une affection qu'il ne ressent pas envers Amanda.
Malgré tout le temps qu'il a passé en sa compagnie, Waëlen n'est pas certain des sentiments de la Deuxième Reine d'Ignis à son égard. Il aime à penser qu'après l'avoir vu grandir et s'être occupée de lui avec sympathie la jeune femme éprouve plus que de la tolérance polie envers sa personne, même si il se doute que son amour pour lui doit être loin derrière celui qu'elle accorde à ses deux filles.
Des deux enfants d'Aoi, Rin et Sakura, le Premier Prince n'a gardé contact qu'avec la première. Si dans son enfance il s'est occupé des deux sans distinction et a joué avec elles sans se poser plus de questions que cela, dès qu'il a appris le statut d'humain de Sakura il a fait partie de ceux qui lui ont irrévocablement tourné le dos. S'il n'a jamais renié leurs souvenirs communs, il n'a pas non plus estimé approprié de continuer à la fréquenter. Peut-être par indifférence et égoïsme, peut-être par obéissance et appréhension, certainement par nécessité et amitié.

Menaël d'Ignis ~ 18ème Prince d'Ignis ~ Frère aîné
PV
Bien qu'excellent combattant, le jeune homme âgé d'un ans de plus que Waëlen n'a jamais possédé l'esprit manipulateur et destructeur de facture dans la famille. Au grand dam de sa mère. Ne prenant les armes qu'en ultime recours et les utilisant encore plus rarement pour tuer, Menaël est plutôt du genre à lever le doigt pour qu'on le laisse tranquille mais sans plus. Il a toujours été du type « grand frère nounours » avec le reste de sa fratrie, et depuis qu'il s'est marié et a eu des enfants – deux jumeaux – ce côté est loin de s'être amélioré. C'est auprès de lui que Waëlen venait quémander l'affection masculine qu'il lui manquait de son père.
Il vit actuellement avec sa famille dans une sous-division de la principauté dirigée par son frère cadet Juhn, et les rares fois où il revient sur Lex il loge dans le Palais Princier. Répugnant à vivre dans le faste gratuit, il mène une vie plutôt humble et travaille même. De temps à autres il passe donner un coup de main à Juhn. Son chevalier a la particularité remarquable d'être de sexe féminin. Du fait de la position stable, et a priori peu dangereuse, de Menaël, celle-ci a très régulièrement l'occasion de vaquer à des occupations plus personnelles.
Menaël et Waëlen ont toujours entretenu de bonnes relations, et l'aîné des quatre est certainement celui qui connait le mieux les recoins sombres et ravageurs de l'âme du Premier Prince. Plus d'une fois il l'a empêché de mener à bien des entreprises un peu trop radicales pour sa santé. Ils gardent à présent contact par missives régulières.

Juhn d'Ignis ~ 6ème Prince d'Ignis ~ Frère cadet
PV
Frère jumeau d'Aïlix, âgé de six années de moins que Waëlen. Son domaine de prédilection réside dans le combat rapproché mêlé à la magie dont sa maîtrise est plus qu'honorable. D'un tempérament bien trempé il est de ceux qui risquent de faire exploser la baraque lors des réunions familiales. S'étant bien imprégné des valeurs de la royale maison, il voit d'un œil méfiant ses demi-frères et demi-sœurs, et n'hésiterait pas à leur planter une dague entre les omoplates si l'un d'eux, ou l'une d'elles, venait à lui marcher sur les pieds.
Du fait de son rang, il dirige la principauté de Pontem située à la frontière Est d'Ignis avec Terra, au niveau du lac intérieur. On ne lui connait aucune compagne officielle, mais il est assez bien entouré pour pouvoir faire fonctionner l'affaire sans trop de difficultés. Son Chevalier, Oreste Castamere, n'est autre que le fils de l'actuel Chevalier Royal.
Ses relations avec Waëlen sont aussi fraternelles qu'on peut se l'imaginer entre deux caractères inflammables. Il existe néanmoins un véritable amour entre ces deux tête brûlées et une admiration réciproque. Waëlen envie à son cadet ses ambitions purement Ignisiennes, et ce dernier, qui ne se doute pas de la noirceur du cœur de son aîné, ne peut que s'émerveiller du rang qu'a réussi à obtenir celui-ci. Il n'est pas rare que, lorsque Juhn revient sur Lex ou lorsque Waëlen fait un tour en Pontem, les deux héritiers ne croisent le fer avec bonhomie.

Aïlix d'Ignis ~ 16ème Princesse d'Ignis ~ Sœur cadette
PV
Sœur jumelle de Juhn, âgée de six années de moins que Waëlen. Douce et tolérante en apparence tout comme avec ses trois frères – et le petit Kazrei –, elle se révèle pourtant être aussi affable que le poison envers le reste de son entourage. Aïlix fait partie de ces femmes fortes que le système d'Ignis écœure. Sa propre famille la dégoûte, et si elle suit les règles de celle-ci, elle n'en pense pas moins.
Elle partage son temps entre Lex, où elle réside dans le Palais Princier, et Pontem, où elle alterne entre la citadelle de Juhn et l'humble demeure de Menaël. Officiellement la jeune fille enseigne aux enfants de la famille les premiers rudiments du combat, officieusement il est plus difficile de savoir ce qu'elle trafique vraiment durant ces nombreux voyages entre la capitale et les provinces. Son chevalier, loin d'être aveugle, ne lui en reste pas moins d'une fidélité à toute épreuve.
Entre Aïlix et Waëlen les sentiments ont toujours été assez ambigus. Ils passent régulièrement d'agréables moments ensemble à discuter de choses et autres, tenter d'habiller l'aîné, jouter dans la cour, garder leurs cadets, déjeuner ou dîner,... Mais ils savent qu'ils ne pourront jamais vraiment avoir de conversations sérieuses concernant la politique d'Ignis. Ou tout du moins sans mettre le feu au mobilier. Ils sont conscients qu'un jour viendra la confrontation, mais par amour respectif ils évitent actuellement d'y faire trop de référence.

Aliènor d'Ignis ~ 4ème Princesse d'Ignis ~ Demi-soeur
PJ

De quatre années la cadette de Waëlen, Aliènor d'Ignis représente l'un des piliers féminins de la famille d'Ignis. Dotée d'une force de caractère, bien que certainement moins exubérante que celle de certains de ses demi-frères et demi-sœurs, alliée à une habilité au combat comme en magie, la jeune femme a obtenu le rang qui est sien avec autant de mérite que possible. Sans malice ni animosité, elle a gravi les échelons pour arracher le titre de Quatrième Princesse d'Ignis. Car si Aliènor sait s'imposer, par la lame comme par le verbe, elle n'a jamais participé à la sordide danse des héritiers autrement qu'avec honneur et simplicité.
Se trouvant à présent à la tête d'Hambrilian, principauté nordique d'Ignis à la frontière des territoires de Ventus et Terra, il n'est pas rare que la princesse se retrouve intriquée dans les histoires politiques astreignant les différents pays. Ainsi, elle est probablement l'une des personnalités principales sur lesquelles s'appuie Waëlen – en qualité de conseil ou d'escorte – lorsqu'il doit représenter la couronne dans les régions frontalières ou lorsqu'il entreprend des actions tactiques, voire militaires. Du fait de la position géopolitique particulière de la principauté que dirige Aliènor, le Premier Prince est souvent amené à y résider pour différentes missions. Lorsque la jeune femme retourne sur Lex, il n'est pas rare qu'elle et Waëlen babysittent leurs cadets ensemble – affaire toujours très agitée –.
Les relations qu'entretiennent les deux personnages, dont les caractères diffèrent probablement en tous points hormis leur sens du devoir familial, sont ce qu'il y a de plus amicales et fraternelles. La Quatrième Princesse fait partie de ces personnes qui savent entretenir sans perfidie la flamme animant Waëlen. Que ce soit en croisant le fer, au décours d'une partie de rami, ou en discutant autour d'un verre, Aliènor préserve naturellement l'attention du Premier Prince. Habilité qui lui a fait gagner une place particulière dans le cœur de ce dernier. Forte de ses convictions et de sa bienveillance, la jeune femme n'hésite pas à exposer – plus ou moins violemment – son désaccord concernant les propos, ou entreprises, douteux de son demi-frère.

Rin d'Ignis ~ 8ème Princesse d'Ignis ~ Demi-sœur
PNJ – Iskandar d'Ignis
Première fille d'Aoi d'Ignis et d'Iskandar d'Ignis, elle est de huit années la cadette de Waëlen. Bien qu'animée du feu coulant dans les veines de la famille et pouvant donc faire preuve d'impulsivité et d'impétuosité, Waëlen lui a toujours trouvé la modération plus facile qu'à d'autres membres de la lignée. D'une intelligence certaine, elle se démarque de la fratrie par l'utilisation de celle-ci ainsi que sa maîtrise du feu pouvant rivaliser avec celle des trois premiers princes. Si les deux jeunes gens ont rarement suivi des entraînements ensemble, Waëlen ne compte plus le nombre de fois où ils se sont amusés à rivaliser de malice et de dextérité, les incantations au bord des lèvres, pour faire les quatre cent coups ou simplement passer le temps. C'est à ses côtés que le Premier Prince avait appris quelques mots de langue Ancienne, par curiosité et pour attirer l'attention de son père. Mais il ne s'est jamais douté que Rin a continué l'apprentissage illicite alors que pour lui-même l'expérience ne fut que passagère.
L'adolescente demeure aujourd'hui principalement dans la principauté d'Esther dont elle a repris les rênes, avec sa mère Aoi et sa petite sœur Sakura. Parfaitement accoutumée à ses responsabilités et d'un discernement remarquable pour son âge, elle administre avec talent la petite province. Lorsqu'il rumine dans son coin, Waëlen se surprend à espérer que le jour où le Roi trépassera ce sera la jeune fille qui montera sur le trône d'Ignis.

Kazreï d'Ignis ~ 20ème Prince d'Ignis ~ Demi-frère
PNJ (PV si désiré)
Fils illégitime d'Iskandar, né dans une si modeste famille qu'en citer le nom serait une perte de temps, Kazreï a été rapatrié sur Lex lorsque le Roi l'a reconnu. Il avait alors trois ans et venait de s'être fait remarqué pour avoir fait exploser une grange dans un accès de colère. En effet, la plus grande puissance de l'enfant réside dans sa capacité à faire détoner tout ce qui lui passe sous la main, le tout toujours agrémenté de sympathiques flammes dévastatrices. Âgé de 15 ans de moins que Waëlen, il maîtrise à présent son pouvoir et ne représente plus un danger imprévisible pour son entourage.
S'il retourne parfois sur le littoral pour séjourner chez sa mère restée en province, Kazreï réside la plupart du temps dans le Palais Royal avec leurs Majestés, les Maîtresses du Roi, et les héritiers solitaires dans le coin. Il lui arrive donc souvent de traîner avec Waëlen qui lui a servi de point d'accroche à son arrivée. Il peut paraître étrange que ce dernier ait pris sous son aile une créature aussi jeune et fragile, mais le Premier Prince a toujours éprouvé plus de sollicitude et de tolérance à l'égard des membres de sa famille, et s'occuper de Kazreï fut donc loin de lui apparaître comme une aberration.
D'un caractère assez discret et effacé, l'enfant cache tout de même un esprit déterminé, et il est généralement du domaine de l'impossible de le faire changer d'avis. D'une intelligence certaine ponctuée de quelques excentricités, Kazreï n'est cependant pas de ceux qui prennent un malin plaisir à ridiculiser les autres par le verbe, ni à relever toutes les erreurs de raisonnement de son interlocuteur. S'il aime à sonder tout ce qui se passe autour de lui, l'enfant le fait avec l'indifférence et la neutralité d'une statue. Ses rares sourires il les adresse à ses peluches et aux aînés qui s'occupent souvent de lui.

Nathan Fellwyn ~ Chevalier personnel
PV
Jeune homme issu de la noble famille des Fellwyn, il constitue l'un de leurs plus brillants éléments. Au service de Waëlen depuis que celui-ci est âgé de 18 ans, et en fonction quasiment h24 sept jours sur sept, Nathan est probablement la personne, juste devant Menaël, qui connait le Premier Prince sous toutes les coutures. D'ailleurs, si le jeune homme possède encore une once d'instinct de survie et ne projète pas de s'immoler dans un futur proche, c'est grandement en partie du au Chevalier. Car celui-ci n'est pas seulement le garant de l'intégrité physique du rejeton d'Ignis, mais aussi de son intégrité mentale. Nathan n'avait très certainement pas signé pour ce package à la base, mais depuis qu'il est au service de Waëlen il n'a jamais failli à son devoir de fidèle protecteur.
Le Chevalier est certainement la personne ayant le plus d'influence sur le Premier Prince, ayant finalement presque remplacé Menaël dans son rôle de confident et gardien. Il est pourtant intéressant de noter que l'aîné des quatre et le Chevalier n'ont pas du tout le même caractère, et qu'il est assez difficile d'imaginer ce dernier dans le rôle qui est sien. Car si Nathan est d'un dévouement faisant honneur à sa profession, son manque de distance émotionnelle et de sagesse font retourner ses ancêtres de la profession dans leur tombe ! Oh, le jeune homme est tout à fait capable de se poser et faire preuve de circonspection lorsque la situation l'exige, mais durant le reste du temps on pourrait le confondre avec l'un des rejetons arrogants de la lignée d'Ignis. Autant dire que Waëlen et lui font vraiment la paire, et que passer un repas avec ces deux là peut s'avérer être un véritable challenge. Néanmoins, pour toute sa fougue et son orgueil, Nathan n'en reste pas moins un individu d'une droiture d'esprit et d'une bienveillance remarquable.
Doté d'une carrure massive et d'une musculature à s'attirer l'envie de tout un régiment, le Chevalier possède une force surpassant celle de son protégé. Et si ce dernier ne disposait pas d'une maîtrise exceptionnelle de la magie, la puissance et les techniques d'élite de Nathan pourraient facilement venir à bout de sa Grâce. A noter que si les deux hommes observent souvent les entraînements de l'un et de l'autre, ils ne croisent jamais le fer.

Raüliann ~ Pilier de l'ordre du Kesh'Ïis (cf. Histoire/Âge adulte)
PV
Si rien n'est plus avéré que l'aveugle dévotion de l'homme pour le Roi, rien n'est plus incertain que son identité. Comme les autres membres du Kesh'Ïis, Raüliann a abandonné toute notion de sa vie passée hors de l'ordre, ainsi qu'autre ambition que de satisfaire l'autorité de la couronne. Ayant reçu sa tunique noire à l'adolescence, il a depuis gravi les échelons de la stricte hiérarchie Kesh pour atteindre le rang de Pilier.
Tout comme les six autres Piliers, Raüliann est directement subordonné au Dôm, qui lui-même prend ses directives du Roi, et dirige les treize Radiers. Par ailleurs, du fait de son statut, il est apte à demander audience à la lignée royale alors que ses subalternes – Radiers, Kesh'An, Kesh'Zek et PreKesh – ne peuvent d'eux même prendre contact avec la famille souveraine. Car si tout héritier à la couronne peut convoquer chacun des membres du Kesh'Ïis – seul le Roi peut solliciter le Dôm et inversement – la réciproque n'est pas vraie. En tant que Pilier chargé du Domaine des Relations, Raüliann est d'autant plus amené à côtoyer la maison d'Ignis, et il est l'un des principaux interlocuteurs de l'ordre du Kesh'Ïis que Waëlen ait. La relation qu'entretiennent les deux hommes est assez particulière. Bien qu'à l'origine elle soit avant tout professionnelle, elle est basée sur la curiosité réciproque qu'éprouvent vis-à-vis l'un pour l'autre les deux personnages. S'ils se croisent régulièrement lors de réunions officielles, il arrive souvent que celles-ci dérivent pour contenter l'intérêt qu'ils se portent. Pour Waëlen, tout en cet individu qui le vénère, avec une attention sans cesse renouvelée, l'intrigue. Le concept d'une telle ferveur lui est difficile à appréhender, et il n'hésite pas à tester les limites de celle-ci tout comme à sonder l'esprit du fanatique pour comprendre un peu mieux le phénomène. Aussi n'est-il pas rare que les deux hommes prolongent leurs entretiens pour des motifs non officiels, et ce parfois jusqu'au bout de la nuit.
Raüliann, personnage à la ferveur sans limites et à l'exaltation d'une efficacité redoutable, est de caractère plutôt calme de coutume. C'est d'ailleurs sa capacité à faire preuve d'empathie, à savoir analyser son entourage et à jouer des mots pour entretenir ou développer la flamme d'adulation envers la couronne qui l'a placé au rang qu'il occupe aujourd'hui. D'une nature enjouée, intéressée et scrupuleuse, il dispose aussi de penchants plus extrêmes – sadisme, malice, vice,... – qui peuvent facilement être mis à découvert lorsqu'il exerce son art au service de Sa Majesté. D'une intolérance froide envers qui s'oppose à la famille d'Ignis, il peut se montrer d'une effroyable perfidie et faire preuve d'une cruauté abusive. Tout comme les autres Piliers et Radiers, il s'est déjà mainte fois sali les mains pour préserver l'autorité de la maison souveraine, et n'hésiterait pas une seule seconde à le refaire. Dans son intransigeance face aux renégats, Raüliann n'en reste pas moins un individu parfaitement agréable à côtoyer et parfaitement intègre. Dans la limite de son fanatisme.

Kris Castino ~ Majordome Princier du Palais Royal
PNJ (PV si désiré)
Issu de la noble maison de Castinn, célèbre à travers le royaume pour la qualification hôtelière de ses membres, Kris fait partie de la fine fleur des majordomes mis sur le marché. Embauché dès ses 16 ans pour servir le gratin royal, le jeune homme n'a jamais manqué à ses devoirs et a toujours accompli ces derniers avec virtuosité. D'une famille dont la réputation n'est plus à faire, Kris a pu s'initier à l'intransigeant art de l'hôtellerie dès son plus jeune âge et sous les toits les plus prestigieux. A l'issue de sa 17ème année il valida définitivement son titre de majordome, ainsi que le brevet de sa fonction, en passant avec brio les difficiles épreuves théoriques et pratiques proposées par de Castinn. Il obtint alors la possibilité de modifier son nom de famille, en regard de l'obligation de conservation des quatre premières lettres, afin d'affirmer sa dépendance d'entreprise.
Prenant ses fonctions dans le Palais Royal, Kris a la charge d'administrer tout ce qui touche aux quelques héritiers y résidant, et notamment Waëlen. Il supervise l'armada de serviteurs, organise les repas et les réceptions, accommode les conseils et les réunions, planifie les études et les voyages, coordonne la messagerie et les documents devant attirer l'attention de ses maîtres, fait en sorte que se réalisent les requêtes et les désirs de ces derniers, décide de concert avec les autres majordomes en place de l'entretien des surfaces, de la literie et du mobilier, des horaires de la blanchisserie. Il est en relation directe avec les autres corps de métier travaillant au service de leurs Altesses.
Connaissant Waëlen depuis maintenant un bon bout temps – 18 années –, Kris et lui entretiennent une relation frôlant l'amitié. Taciturne et d'un calme à toute épreuve, le majordome a appris à endurer le caractère particulier du jeune homme qui, si au départ lui en a fait voir des vertes et des pas mûres, n'est pas si désagréable une fois qu'on le connait un peu mieux. Du fait de la domiciliation permanente – ou presque – du Premier Prince au Palais Royal, Waëlen est l'un des héritiers que Kris connait le mieux.

Ewen de Fenril ~ Ancien Instructeur
PNJ – Ryd Fenril
Appartenant aux fines lames du royaume, Ewen de Fenril n'est pas le genre de personne sur laquelle on tire un trait lorsqu'on a l'ambition de faire de sa descendance le fleuron des combattants. C'est même le type de maître d'arme auquel on va quémander les leçons à grand renfort de notoriété, d'autorité et d'argent. Du moins c'est ce que se disait le petit Waëlen lorsqu'il retrouvait l'homme pour un cours mené par sa main experte. Parce qu'en dépit de sa bonhomie de coutume, ça ne devait pas être pour ses beaux yeux qu'il l'avait choisi, ou pris, comme élève.
Du plus loin qu'il se souvienne, le Premier Prince a toujours reçu des leçons d'escrime de la part de l'homme. Plus ou moins régulièrement selon le planning de ce dernier. Apprenant rapidement et avec aisance, Waëlen a très vite réalisé que l'art du combat revêtait bien des facettes, et qu'il avait la chance d'avoir un précepteur à la hauteur de leur complexité. Il a toujours apprécié croiser le fer, et d'autant plus que la lame de ses adversaires se trouve habile. Assister aux leçons d'Ewen fut généralement un bonheur pour l'enfant, et encore aujourd'hui, alors qu'il a cessé de recevoir des cours réguliers de sa part, Waëlen prend plaisir à partager quelques joutes amicales avec l'homme lorsqu'il leur arrive de se croiser.
De la famille du maître d'armes le Premier Prince a souvent eu des échos. Difficile d'ignorer ce qu'il se dit sur la généalogie d'une personne que l'on connait, difficile de passer outre les ragots lorsqu'on fréquente la haute, difficile de manquer les péripéties des nobles lignées, dont l'histoire est généralement aussi publique que le nom est notoire. D'Alwiss de Fenril le jeune homme pourrait raconter bien des faits, bien des légendes, mais de ce qu'il a vu pour l'avoir rencontré quelques fois, il dirait simplement que cet homme est le Roi de la dynastie des de Fenril. De Gwen de Fenril, discret personnage dont seule une image souriante est restée gravée dans la mémoire de Waëlen, ce dernier ne pourrait pas avancer grand chose, à part que mari et femme semblaient s'être bien trouvés. Des enfants du couple, l'aîné Ryd et les jumeaux Amelia et Simeon, le Premier Prince ne garde pas d'impression particulière des quelques fois où ils se sont croisés. Et pourtant, aux « on dit » murmurés des adultes et aux colportages moins raffinés des enfants il pourrait passer le restant de ses jours à poser sur le papier leurs péripéties. Qui, dans le milieu, n'a pas entendu les termes « Ryd l'aliéné », « Amelia brasier d'allumettes » et « Simeon tête d'argile » ? Puérils sobriquets restrictifs, ils ne mettent pas moins le doigt sur le cœur véridique de l'alimentation des commérages de bas étage.
Néanmoins, se fiant assez peu aux ragots même s'il les trouve distrayants, et se fichant comme de ses premières chaussettes de savoir si les enfants des de Fenril disposent de l'art du feu ou du vent, manient l'épée ou la fourchette, possèdent deux yeux ou trois, Waëlen est resté sur la notion qu'Ewen et Alwiss sont la crème des maîtres d'armes du coin, et que s'il désire étudier quelques techniques avec ces deux grosse pointures, au diable les « on dit » sur leur terrible descendance ! … Quoi que le petit Ryd pourrait malencontreusement passer à la broche s'il le reprenait à adresser ce regard à sa petite demi-sœur Lua. Mais c'est une autre histoire.

Günth de X'nefna ~ Ancien Précepteur
PNJ (PV si désiré)
Tout comme Ewen de Fenril fut l'un des maîtres principaux de Waëlen, et de ceux dont il tira la majorité de ses connaissances et compétences, Günth de X'nefna participa grandement à l'éducation de l'héritier. Issu d'une prestigieuse famille connue et reconnue pour la finesse de l'esprit de ses membres – et bien que de services très appréciés par la royauté d'autant plus surveillée pour cette raison – l'enseignant fut, et demeure, l'une des rares âmes avec lesquelles le Premier Prince prend un innocent plaisir à converser.
Il y aurait beaucoup à dire de l'élitiste formation de la lignée de X'nefna, non seulement de sa justesse et de sa pérennité mais aussi de son intransigeance et de sa brutalité. Si la noble maison s'est faite une renommée grâce au savoir et à l'esprit acéré de ses membres, elle s'est aussi construite sur des bases sanglantes mêlant violence et intolérance. Nul ne porte le nom de cette famille s'il ne s'en trouve pas digne, nul ne vit en portant ce nom s'il ne se trouve pas à la hauteur des exigences de celui-ci. Malgré l'importance accordée aux capacités intellectuelles de ses membres, la lignée de X'nefna n'a jamais accepté d'étrangers en son sein, seuls les individus ralliés par le mariage sont admis. Ces derniers doivent évidemment répondre à des critères de connaissances satisfaisants.
Après avoir suivi les études générales dispensées à tous les rejetons de la lignée, Günth fut amené à suivre un programme personnalisé en compagnie de trois de ses cousins dès qu'il atteignit l'âge de dix ans. Et pour cause : repéré comme l'un des maillons les plus prometteurs des enfants des de X'nefna, il fit partie de ceux choisis pour servir la royauté à la fin de son apprentissage. La majorité obtenue, le jeune homme devint bibliothécaire de la bibliothèque royale, puis professeur de Cartographie et de Géographie, puis de Géométrie, d'Algèbre et d'Arithmétique, puis il obtint le rôle de Précepteur principal des enfants de la Première Reine d'Ignis.
De 25 années l'aîné de Waëlen, si Günth de X'nefna a rapidement changé de couleur de cheveux il n'en reste pas moins d'un physique à faire chavirer le cœur des demoiselles. D'une tenue toujours impeccable, l'enseignant possède cette aura d'austérité et de sagesse intouchable capable de s'attirer l'attention et le respect d'autrui en n'importe quelle circonstance. D'ailleurs, d'une personnalité aussi froide et sévère que les glaces des Elénides, il est rare que le précepteur fasse preuve de plus de chaleur que sa politesse de coutume. Néanmoins, en dépit de son attitude aussi intransigeante que sa maison, Günth est une des rares personnes avec lesquelles Waëlen peut discuter sans se sentir obligé de jouer la comédie. Fasciné par les connaissances de son professeur, et ayant depuis longtemps trouvé du respect en sa personne, le Premier Prince laisse toujours sa curiosité naturelle prendre le dessus lors de leurs rencontres et considère l'homme comme une entité à part de son monde si superficiel d'intrigues et de fards.

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Waëlen d'Ignis
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