Les Prêcheurs - partie 1 (PV Eloan, Reno, André, Ryd) - Page 2



 

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Les Prêcheurs - partie 1 (PV Eloan, Reno, André, Ryd)

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Ven 26 Avr - 23:53
Bien qu’il se soit exprimé avec conviction et confiance, le jeune Emissaire était loin d’imaginer que ses mots résonneraient de façon bénéfique face à un publique aussi rationnel que celui-ci. D’ailleurs, il lui semblait que leur rationalité s’effilochait à mesure que les différents prêcheurs – tout de blanc étincelant – s’apitoyaient sur leur condition d’Hommes de peu de foi. Fallait-il se révolter ou bien accepter ce revirement de situation ? La capacité à s’opposer farouchement aux évidences représentait le trait de caractère que Ryd trouvait remarquable dans ces contrées. Et là, ils abandonnaient bien rapidement leur libre arbitre, à moins qu’ils admettent l’existence d’un Dieu, d’un Messager et autres théologies.

Vraisemblablement son jeu de passe-passe fit son effet, au point de semer le doute et déconcerter l’auditoire, mais aussi ses conférenciers. Et bien qu’il n’ait bougé, ni prononcé un quelconque mot, les regards se dirigeaient en sa direction, comme une évidence – et plus particulièrement ceux de leur hôte, Eliott, même s’il semblait déconcerté. Préférant ne pas en tenir compte, il percevait presque le feu des convictions religieuses s’apaiser dans son dos, avant de pointer un peu plus vers le nerf de l’affront, l’Ignisien. Ignis conserverait donc à jamais son image rustre et intolérante.
Ses mots salués par le prêcheur en chef, Ryd ne ressentit pourtant pas de satisfaction, même s’il comprenait les raisons de l’intervention. Une question de crédibilité peut-être, ou bien pour assoir sa « bienveillance naturelle ». Quoiqu’il en soit, il ne laissa présager aucun doute, préférant quitter la présumée Emissaire des yeux et soulager ainsi son ‘protecteur’. Il le ressentait, le regard presque oppressant du freluquet. L’amour, le vrai. L’amour d’admiration. L’amour religieux. Tous en un seul, peut-être.

Au final, c’est bien l’interlude qui finit de calmer l’ardeur des différents protagonistes. Certains patientaient au sein même de l’Eglise, que dire, de la même pièce où il se trouvait quelques instants plus tôt. D’autres choisirent l’air frais de Philia pour se ressourcer et libérer leurs pulsions meurtrières. Au final, seuls restaient les récalcitrants, ceux qui se refusaient aux évidences et souhaitaient se voir démontrer la toute puissance de celle qui devait manipuler l’élément dans sa totalité. Ne pas incanter avait de quoi surprendre et étonner, mais ce simple élément ne ferait pas céder les remparts des plus farouches.
Pour sa part, Ryd choisit un léger éloignement, à quelques pas des tables sur lesquelles reposaient la multitude de traductions. Ne serait-ce pour prendre la mesure de l’ampleur des dégâts que causaient les clivages d’opinion. Soudainement, alors que les foules se dissipaient, il aperçut le dénommé Marius retenir sa chère, sa si chère perle, son Ange. Voilà ce qui chagrinait tout particulièrement l’Emissaire, voir Lina guidée par ceux qu’elle devrait naturellement lancer sur la voie d’Ehol, encore une fois, encore un doute. Par ailleurs, le paternalisme de ce dernier, bien qu’attendrissant, demeurait perturbant. Pourquoi limiter le potentiel d’un être unique en son genre …

Il prit l’un des ouvrages, une copie en langue ancienne. Si la rigueur de ces gens en termes de traduction était aussi développée que leur sens de la dialectique, il valait probablement mieux s’en fier aux anciennes écritures. Pour peu que ces lignes soient fidèles au soit disant original. On ne lui laissa guère le temps de s’y plonger, Lina vint à sa rencontre. Ce comportement soudain le surprit quelque peu, d’autant plus qu’elle s’accordait cet échange sans le concours de ses ventriloques.
Ni une, ni deux, elle lui confirmait ses doutes. Toutes les personnes ici présentes devaient désormais le considérer comme l’auteur du malaise qui les forçait au calme quelques minutes auparavant. L’Emissaire crut tout d’abord à un mouvement de télépathie généralisé, avant de balayer cette idée saugrenue d’un léger mouvement de tête. Dans tous les cas, il remerciait bien bas son étoile, elle lui épargnait une sentence pour son parjure. Faire usage de magie en un lieu saint.

« Un vulgaire saltimbanque, plutôt. Un humain, un vrai. Même si la vie m’a accordé quelques atouts. D’expérience, j’ai fini par comprendre que les agités retrouvent la paix lorsqu’ils perdent leurs repères. L’adage vient de se vérifier une fois de plus. » Conclut-il, dans un léger rictus tout à fait assumé, il disait vrai après tout et son acte était loin d’être malveillant. Puis il reprit sur ton à la fois neutre, sympathique, dénué de toutes formes d’agressivité ou d’attaque. Il y avait presque une excuse – personnelle ou collective ? – platonique dans sa façon d’entonner ses mots.
« Il ne faut pas leur en vouloir, c’est très surprenant qu’une telle majorité se laissent combler d’évidences. Les Ventusiens sont rationnels, ils croient dans les démonstrations plus que dans les mots. Et, il n’est pas si difficile de les comprendre, j’ai connu une Ignisienne, une belle jeune femme, dans sa fougue ses étincelles virevoltaient et papillonnaient dans les airs. Un seul de ses gestes consumait des tissus résistants. J’ai pu croiser des Aquariens faisant jaillir l’eau des sols ou apparaitre des bêtes d’eau gigantesques, des Terrans faisant trembler la terre et en extraire sa richesse. La magie fascine par sa diversité, et ces gens-là le savent bien mieux que quiconque. Voilà la raison des réticences, j’imagine. » Il conclut en fermant son livre, avant de jeter un rapide coup d’œil au bloc de glace formé par Eloan.
« Mais je divague, je divague. Voyez-vous, en matière de magie bien des gens pensent qu’il existe une échelle de force. Aussi, si cette glace s’est vue formée par un sort de rang supérieur, pour le fondre il faudrait au moins une magie équivalente, voir encore supérieur. Si on en croit les prêtres d’Aquaria, les Emissaires choisis par Ehol sont si puissants qu’il maitrise tout leur art au point de … et c’est là qu’il est difficile de répondre. Peut-être même pour l’Emissaire lui-même ? » Conclut-il à nouveau en haussant les épaules – à vrai dire il se représentait plutôt bien dans ses mots, pas vraiment de mensonges.

A cette instant, Ryd ne saurait dire si Lina le comprenait, ni comment elle le prendrait, ni même s’il s’attirerait les foudres de ses hôtes qui ne devaient apprécier que moyennement qu’il échange si discrètement avec elle. Mais là encore, il ne leur tiendrait pas rigueur et quand bien même, il fallait bien qu’elle découvre le Monde, si ce n’était déjà fait. Puis, au-delà de ces petits mots, il voulait qu’elle comprenne la pensée de Ventus, d’elle-même si possible. Seul l’avenir lui dirait si ses mots auraient un impact sur celle-ci.

« Mais dites-moi, avant de rencontrer vos amis, de quoi était fait votre vie ? Haaa, ma curiosité me jouera des tours, je suis indiscret. »

Se souvenait-elle seulement de qui elle était avant de devenir une icône, l’égérie d’une congrégation ? Tous ses doutes murissaient au point de jaillir violement, une condition qu’il s’efforçait de maintenir. Qu’importe les pétillements dans son regard, il s’étonnait lui par sa sempiternelle sincérité.


Connais-toi toi-même.

[ J'ajouterais éventuellement quelques mots après André, si cela s'avère nécessaire, côté entrepôt ... Ne faîtes pas trop de folies à vous cinq, tout de même, ce serait pas très religieux U.U ! ]

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Sam 27 Avr - 15:27
Il était passé par la fenêtre. La violence de cette réalité imprévue terrorisait le pauvre technomage dont la raison et l’entendement venait d’être balayées par un simple magicien de seconde zone. Miles s’avançait maintenant dans la pièce d’un air assuré et plus il avançait, plus André se sentait piégé. Il fallait qu’il se calme, qu’il cherche à rationaliser la situation. Il n’avait pas d’arme, ne pouvait pas affronter un mage en duel non plus. Il devait y avoir une solution, il existait toujours une solution. A la porte de la salle se trouvait le ballon. Dehors se trouvait le prêtre. Beaucoup de variables et d’imprévus composaient cette équation et son adversaire ne pouvait pas garder la main trop longtemps.

« Ne faites pas un bruit, et éloignez-vous d'elles. »

S’éloigner d’elle ? Voilà qui n’était pas au programme pour l’instant. Il était là pour sauver ces jeunes filles, pas pour les abandonner aux mains d’un fou, encore. Mais au jeu des corps qui se mouvaient, à ceux des corps qui ne se mouvaient pas, à la tension dont la pièce était désormais remplie et aux ondes sonores qui portaient les paroles de Miles à lui, le jeune homme pouvait sentir que la situation n’était pas en sa faveur. La dynamique de l’échange était en sa défaveur, la voix du mage était ferme et clair, il ne doutait pas. Si il voulait s’en sortir, il fallait renverser ça d’abord, prendre la main dans cette conversation pour dissuader Miles de l’attaquer, le mettre dans une position où il doute. Entamer un duel oral, mental, plutôt qu’un combat qui finirait surement très mal pour lui.

« Et pas de paroles inutiles. Qui vous envoie ? »

Un soulagement vint remonter le moral du technomage. Son adversaire ne voulait donc vraiment pas qu’il parle. Aurait-il peur ? S’il savait… toujours est-il que ce mage avait l’air d’être sous l’emprise d’une forte tension intérieur. Il avait l’air au point de rupture entre la paix et le combat, comme une culasse d’arquebuse tendue. Il fallait d’abord le désamorcé pour ne pas subir un combat qui n’inaugurait rien de bon. Tiendrait il jusqu’à l’arrivé du prêtre ? Une autre idée germa dans sa tête, mais pour ça il ne fallait pas qu’il s’approche de la caisse.

Effectuant un effort sur lui-même, André s’éloigna des jeunes filles mais pour se rapprocher de Miles le plus possible. Deux hommes qui discutent ne maintiennent pas une distance de sécurité. Deux hommes qui discutent n’entament pas de combat. Miles voyait la situation comme un combat potentiel, comme deux mages qui se font face, et allez vouloir le jauger. Un signe de faiblesse de sa part le mettrait en position de faiblesse, et il ne pouvait se le permettre. Pourtant chaque pas était pour lui une défiance nouvelle qu’il maitrisait de son mieux. Il ne comptait pas se rapprocher beaucoup du magicien, sinon Miles allait surement l’attaquer, mais il fallait qu’il s’en rapproche. Il essayait de repousser la peur qui l’envahissait à chaque instant pour se concentrer sur sa réponse. Ses yeux soutenaient le regard de Miles le plus droitement possible. Il n’était pas là pour paniquer, pas là pour se laisser intimider. Il était là pour sauver ces jeunes filles, quoique le lessiveur puisse en croire. Elles avaient de la valeur pour lui, visiblement ce qui signifiait qu’elles étaient une faiblesse. Une faiblesse à utiliser, mais pas maintenant. Après avoir progressé sur une courte distance, il parla, tout en continuant de se rapprocher lentement, mais d’un pas qui se voulait le plus normal possible. Il fit attention de bien détacher tous les mots afin que son interlocuteur ne puisse pas le suspecter de lancer un sort.

« André. Je m’appelle André »

Il attendit quelques secondes avant de reprendre, toujours très lentement.

« S’il vous plait aidez-moi. Elles ont besoin de notre aide ».

Et d’un geste qui se voulait lent et engageant, il tendit sa main pour désigner les jeunes filles. Il s'arrêta, il était maintenant à deux bons mètres d'elles dans la direction de Miles.



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Ven 3 Mai - 8:20
Reno sentait son cœur battre à tout rompre. Enfin ! Elle n'allait pas se défiler, si ? Elle ne POUVAIT PAS se défiler. Elle devait relever le défi qu'on lui avait lancé. Elle devait faire fondre ce bloc de glace, déchaîner des torrents de flammes et faire fondre ce bloc ! Et ce n'était pas cette bande de fanatiques surexcités qui pourraient y empêcher quoi que ce soit, dut-il avoir recours à quelque sort pour calmer leurs ardeurs. Après tout, ne dit-on pas qu'il faut combattre le feu par le feu ?

Tout bascula alors. Reno se sentit mal, désorienté. Il tituba comme ses ses pieds avaient perdu sens du toucher pour s'agripper à l'homme qui a fait apparaître le bloc de glace sans se soucier de si son pilier de fortune avait plus d'équilibre que lui ou pas.

Il n'était visiblement pas la seule victime de ce malaise. Tout le monde en semblait victime, tous sauf un qui s'avança sereinement. Le moins qu'on puisse dire, c'est que celui-là savait faire son entrée. Il était probablement la cause du malaise général.


« Ventus est une terre de Liberté, nous n’agissons pas par pulsion, et nous acceptons la différence même si nous ne la comprenons pas forcément. Ehol nous enseigne le respect, il nous conduit sur des voies plus sûres. Ne vous éloignez pas de ses préceptes par la violence ou en rabaissant ceux qui ne vous rendent pas votre foi, qui ne la partagent pas et surtout ne reconnaissent pas les – évidence des autres – … Pardonnez-leur, offrez-leur votre conviction, non pas au poing mais par la tolérance, car c’est bien ce que ferait Ehol. »

Il invitait donc le peuple au calme et à la compréhension dont ils se sont vu dépossédée en entendant les mots du prêtre ? Est-ce que ça allait vraiment marcher ?

« Personne ne peut vous contraindre dans vos actions, si ce n’est la bienveillance d’Ehol lui-même. Si vous voulez toutefois nous montrez la voie à –tous–, forcez l’évidence pour les plus réticents, épargnez-nous les flammes de l’enfer. Fondre ce glaçon pourrait être un intermédiaire plus pacifique et pourtant très démonstrateur aux yeux de –tous– ... »

Essayait-il d'aider Reno ou bien l'inverse ? Il ne savait plus trop. Au moins pouvait-il à nouveau tenir sur ses jambes.

« Ce sont de sages paroles. Ce que nous ont enseigné les anges, ce que nous a transmis Ehol, il s'agit avant tout du respect mutuel. Jeune homme, votre conduite au sein de ce lieu sacré, auprès de toutes les personnes ici présentes était un grave manque de respect et de tolérance. Vous êtes en droit de ne pas adhérer à nos idées, de ne pas vouloir suivre le chemin qui vous est offert, mais si votre seul but en pénétrant cette église a été d'en insulter les croyants, je vous demanderai de quitter les lieux. Sur le champ. »

Reno ne bougea pas, impassible à ses paroles. Il était plus que tenté de l'enfoncer, mais il fallait d'abord qu'il observe la dénommée Lina faire étalage de ses pouvoirs. Après ça, seulement après ça, il s'en ira et laissera ce culte faire son chemin. Lui n'avait pas l'intention de rester au milieu de cette troupe de moutons enragés.

« Quant à vous autres, bien que je comprenne vos sentiments, bien que votre colère puisse être justifiée, il existe bien des manières de l'exprimer, et la violence est certainement la dernière d'entre elles. Ventus a toujours été un pays de passion, ne pensez-vous pas? Mais cette passion ne doit pas vous consumer et vous faire oublier votre conscience, votre sens de la justice. »

C'était étrange quand même : Monsieur devait bien connaître les préceptes d'Ehol, et il fallait qu'un quidam lui fasse une piqure de rappel pour qu'enfin il fasse son sermon. De la même manière, il fallait que Lina hoche la tête pour que les moutons fassent de même. Et si Lina se jetait en haut d'une tour, combien la suivront sur le plongeoir pour faire le saut de l'ange ? Expérience à tenter.

« Nous allons faire une pause, si vous le voulez bien, le temps que les tensions s'estompent. Ceux qui sont prêt à croire et à en apprendre plus seront les bienvenues lorsque nous reprendrons. »

Alons bon... le défi du bloc semblait avoir été jeté aux oubliettes. L'emissaire observait pourtant encore le grand pilier gelé, prête à le faire fondre ? On aurait dit que oui avant que le prêcheur ne l'appelle.

« Il est inutile de rentrer dans leur jeu. Ils ne t'ont pas crue lorsque tu as fait paraitre ces papillons, ils ne t'ont pas crue lorsque tu as enflammé ce mouchoir, ils ne te croiront pas davantage si tu brûle ce bloc de glace. Si un mage l'a crée, un mage peut le détruire, et ils le savent; le faire fondre ne dissipera pas leurs préjugés. Il y a des personnes que l'on ne peut convaincre ainsi. »

De sages paroles. Mais, Reno en était conscient, il fallait une certaine puissance pour détruire ce bloc. Ca ne sera qu'un bref échantillon des talents de l'Emissaire et ça ne l'aidera guère à se faire une idée de l'étendue de ses pouvoirs. Il faudra sans doute plus pour qu'enfin il observe l'étendue des pouvoirs de la femme.

Et il savait comment s'y prendre, à en juger la lueur malicieuse qui brillait dans ses yeux.


« Merci d'être intervenu. Je n'avais encore jamais vu ce type de magie auparavant, seriez-vous par hasard un pactisant? »

Reno fut tiré de ses pensées. Il n'avait pas remarqué que la femme s'était approché de l'homme qui avait déclenché le malaise général. Reno secoua la tête et s'en alla dans un coin. Inutile d'écouter la conversation entre ces deux là, il savait qu'il n'en tirerait rien, ça non. Il s'adossa au mur et attendit patiemment. Si Lina refusait de faire fondre le bloc de glace, il faudra passer à autre chose.

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Lun 13 Mai - 15:54
Une fois qu’Eloan avait littéralement implanté son énorme bloc de glace au milieu de l’église ; acte dont il susurra lui-même l'audace, profitant de la situation, certains le hélèrent, d’autres l’ignorèrent. Dans les deux cas, les réactions ne lui firent pas plaisir, son ego était touché, son intervention, -certes captivante-, n’avait pas atteint ses espérances. C’en était presque frustrant, même beaucoup; c'était comme si on l'avait mis à la trappe, hop, dehors, dégagé ! Suite à cela, Ryd s’avança tandis que tout le monde était pris tout au moins d’un certain vertige, Eloan y résista, mais quelqu’un s’agrippa à lui ; Eloan tourna sa tête et sursauta de surprise : Ah ! Le Pignouf ! Bon sang ! Palsambleu ! Une attaque de pignouf sauvage ! Il s'ébroua de cette proximité et essaya de s'écarter le plus tôt possible comme si de rien n'était.

Une fois de plus, le phénomène de vertige général frappa Eloan, il ne savait pas quel en était l’origine, dans tous les cas lui n’avait pas été beaucoup affecté, peu importe, c’était assez étrange et bienheureusement bienvenu. Ryd lui réservait donc toujours des surprises, c’était fait exprès ? Il ne le savait pas mage… Dans tous les cas, Ryd s’était servi de la situation qu’avait installée Eloan à ses propres fins, il récoltait la gloire qu’Eloan avait durement travaillée et semée. C’en était presque insupportable ! Eloan bouillonna dans son coin un instant, comme un gamin auquel on avait arraché son jouet avant même qu’il n’en ait exploité toutes les potentialités

Par la suite, il écouta l’encapuchonné reprendre du poil de la bête, se délectant des paroles qui invectivaient le pignouf qui l’avait sauvagement attaqué et menacé. Enfin quelque chose de légitime et de normal qui se déroulait dans cette église ! Mais malheur et comble du malheur, le pignouf n’avait pas saisit toute l’espérance qu’Eloan avait nourri et porté en lui… Pff, c’était déplorablement irritant : le pignouf était resté.

Pour le reste, Eloan ne savait pas vraiment à qui le prêtre s’adressait, il n’y avait pas eu de violence, il y avait juste eu des questions, seulement des questions, et un examen précis de la situation, examen basé sur des preuves, tout ce qu’il existait de plus tangible, de plus concret, de plus crédible ; rien de plus. Quant à cet examen, le jeune enseignant, toujours auprès du bloc de glace, fixait la présumée émissaire du feu avec un regard suspicieux, puis il restait ici, plus il demeurait dubitatif, que croire, que penser… Mais soudain, elle s’approcha du bloc de glace, comme pour innocemment le faire fondre, le cœur d’Eloan s’emballa et sa poitrine se souleva d’excitations vives ; enfin, il aurait sa preuve solide, il l'aurait ! Mais l’homme encapuchonné nommé Marius s’approcha d’elle, lui disant qu’une telle preuve ne pouvait pas être probante aux yeux des Ventusiens car rien ne pourrait les convaincre. Eloan resta sur le cul. Mais si ! Il n’avait pas fait apparaître ce bloc pour des clopinettes ! Il ne s'était pas mis en milieu d'une foule de dégénéré fanatique et endoctriné par des encapuchonnés de service dont on ne savait rien hormis que plus le temps passait, plus leurs gestes côtoyaient la suspicion ! C'était l'église qui se foutait religieusement de la charité ! Une haine profonde naquit par voie de conséquence dans les tripes d’Eloan pour ce sophiste de bas étage ; Eloan en était certain, Marius n’était pas clair, aucunement et en aucune façon: ses paroles et ses actes semblaient toujours trop intéressés et n’allaient jamais dans le bon sens de l’examen de l’émissaire du feu, et surtout ce dernier refus. A moins qu'il ne fut bête, il était évident que faire fondre un modique mouchoir ou un colossal bloc de glace, cela n'avait rien à voir ! S'il l'avait su, il aurait directement commencé par le plat de résistance, diantre.

Relevant la tête, l’église avait perdu de son contenu, beaucoup des personnes étaient sorties suite à la demande du prêtre. Puis Lina se dirigea vers Rydounet-chou. Décidemment, personne ne se souciait de sa personne ! Personne… C’était offusquant parbleu ! Son ego s’en trouvait désagréablement meurtri pour le moment. Il se contenta de bougonner un peu en secouant la tête, et s’avança vers Leodagan la tête basse et sombre, en proie à un dégoût eloanien; il l’attrapa par la manche sans ménagement et alla discrètement vers la table où reposaient les copies des livres, faisant semblant de discuter avec lui, mais tout en observant Lina et Ryd, suivant attentivement leur discussion. Sa curiosité fut satisfaite quand Ryd redirigea la discussion sur le fameux bloc glaciaire, ah, enfin ! Il était aussi satisfait de son élève, il avait bien mené sa réflexion et lui arrivait à considérer l'action d'Eloan a sa juste mesure, brave élève ! Enfin, il espérait que Lina répondrait à ses questions, à leurs questions...




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Jeu 30 Mai - 18:48
Le grand prêtre prenait parfois des décisions difficiles. Elles étaient certainement justes et bonnes, ils n'avaient aucun doute à ce sujet, mais elles n'en demeuraient pas moins drastiques. Pour la réussite de son grand plan, aucune donnée ne devait être laissée au hasard, et le fait qu'une personne étrangère à la ville - le Grand Prêtre était certain de ce fait - soit capable d'infiltrer leur lieu le plus sacré était une preuve évidente de leur manque de foi. Les rondes régulières n'avaient pas été une mesure suffisante semblait-il. La possibilité d'une grande organisation n'était pas à exclure, si c'était le cas, peut-être ses membres s'étaient-ils déjà immiscés aux quatre coins de la ville. Dans tous les cas, ils ne pouvaient pas laisser cet intrus s'échapper, ils avaient besoin de savoir, savoir s'il était un espion ou un simple criminel. Paranoïa? Non, il s'agissait de simple mesure pour protéger leurs secrets... tous les habitants du continent en prenaient tôt ou tard.

Une fois le quartier suffisamment sécurisé, l'un des prêcheurs envoyés sur place s'approcha de l'entrepôt pour apercevoir face à la grille un jeune homme aux côtés d'un petit garçon. Aucune trace de Miles et il doutait que l'intrus soit la personne en train de gentiment observer les lieux en attendant que quelqu'un vienne lui parler. Il s'agissait probablement d'un curieux venu voir ce qui se passait ici, l'enfant demeurait un mystère mais le plus important était de les éloigner d'ici... Enfin, pour cela, il laisserait faire les pros.

Non loin de là...

S'il manquait de beaucoup de choses, Miles ne manquait certainement pas d'intelligence. C'était un Ventusien cultivé, passionné de musique, de philosophie et du plaisir des chairs; il jouait aux échecs et se prenait de passion pour les romans policiers. Il n'était pas rentré simplement par excès d'orgueil, non, il avait bien prévu la chose. Le temps nécessaire pour atteindre l'entrepôt, et dans la mesure possible suspendre le suspect. Le temps nécessaire à ses collègues pour joindre le grand prêtre et revenir. Tout se déroulait comme prévu, et il espérait que le grand prêtre aurait été aussi prompt à réagir qu'il l'était toujours.
Non, le seul élément qui semblait clocher, c'était l'attitude de cet homme. Il ressemblait à la vague description qu'on lui avait faite du suspect, mais son attitude était à la fois trop suspecte et trop innocente pour être cernée. Il avait besoin de plus d'informations... Miles demeura quelques instants silencieux, analysant une fois de plus la situation, avant de répondre sur un ton sec.

- Cessez cette comédie. Je vous ai demandé qui vous avait envoyé... ou bien agissez-vous de votre propre chef?

Lentement, il se décala latéralement sur la gauche, prenant soin de conserver la même distance avec son adversaire. Peu à peu il finirait par tourner autour de lui et se placer aux côtés des filles. Cet homme s'était délibérément rapproché, il devait donc être formé pour le combat au corps à corps, ou tout du moins se sentir plus à l'aise sur ce terrain que sur les échanges à distance. Ou souhaitait-il simplement éviter d'user de sortilèges pour ne pas laisser de traces de son passage?
Une chose était certaine, il n'était pas ici par hasard. La possibilité que l'homme à l'entrée fut son complice resurgit rapidement dans sa tête mais il l'écarta rapidement, il valait mieux se concentrer sur le présent.

_____________

Ohoh, cet homme était plutôt bon. Lina se prit à sourire à de nombreuses reprises bien malgré elle, il parlait sur un ton rythmé, enthousiaste et couronné d'une belle voix. Il semblait plutôt cultivé, en tout cas suffisamment pour orienter la discussion et l'alimenter d'anecdotes, mais pas narcissique, ses petites perches à son encontre sonnant comme autant d'invitation à participer à un joli balais de verbes. C'était dans l'habitude des hommes Ventusiens de flirter inconsciemment, on pourrait même nommer cela une seconde nature dans certains cas.

- Allons, j'étais la première à poser une question indiscrète, ne vous inquiétez pas. Mais j'ai peur que mon passé soit bien moins passionnant que le vôtre, voyez-vous, mes parents sont de nationalités différentes, j'ai principalement vécu à Ventus, mais j'ai également passé beaucoup de temps à Aquaria, d'où mon père est originaire. Je n'ai toutefois jamais eu l'occasion de visiter Terra ou... Ignis. Pour des raisons assez évidentes, ce dernier ne m'attire pas vraiment... n'est-ce pas ironique, l'émissaire du feu allergique au pays des flammes?

Elle sourit à ce trait d'esprit, et tâcha de revenir sur le sujet central de la discussion qui était... quoi déjà? A se laisser emporter, elle en avait oublié la question. Lina passa ses doigts dans ses cheveux, réfléchissant rapidement aux différentes éventualités tout en scrutant son interlocuteur, avant de prendre une décision. Il voulait simplement en savoir plus sur elle non? Et ça tombait bien, ce sujet elle le maitrisait tout particulièrement.

- Enfin, avant de devenir émissaire... hum...

Elle eut un moment d'hésitation, comme si quelques souvenirs s'emmêlaient dans sa mémoire. Etrange, à vrai dire, elle n'y avait plus repensé depuis... depuis combien de temps déjà? C'était pourtant simple, son enfance, ses parents, l'école... elle arrivait à se rappeler de tous ces moments là, pourtant, quelques-uns lui échappaient. Non, ils ne lui échappaient pas vraiment, elle savait ce qui s'était passé: elle avait juste du mal à s'en souvenir.

- ... Excusez-moi, j'étais un peu distraite. Comme je vous l'ai dit, ce qui s'est passé à cette époque n'est pas très intéressant, j'ai surtout passé beaucoup de temps à... étudier et flâner de ci de là, je pense. Vous savez, je n'accorde pas tant d'importance au fait que mon identité soit connue ou pas... En fait, la chose est parfois un peu gênante, les gens changent souvent d'attitude... C'est plutôt rafraichissant, de discuter avec quelqu'un qui ne veut pas se jeter à mes pieds ou me vénérer. ajouta t-elle en souriant

Enfin, elle ne serait pas spécialement contre la première option. Même si marcher sur l'Ignisien lui procurerait plus de plaisir, mais ce n'était pas le même genre de pensée.

- Ahah, je plaisante, ce genre de choses n'arrive pas. Quoiqu'il en soit, un pouvoir implique des responsabilités, si je n'avais pas rencontré l'Ordre, je pense que j'aurais été perdue. Vous ne pouvez pas savoir comme c'est inquiétant quand la personne qui vous donne tout s'évapore quelque part comme ça.

Ehol lui avait donné les directions, l'avait conseillé, mais faire ainsi d'elle une émissaire sans ensuite la prendre sous son aile... à quoi pouvait-il bien penser? De plus elle ne l'avait plus revu depuis plusieurs semaines, que pouvait-il bien faire? Ah... Et d'ailleurs, elle en avait trop dit. C'était bien elle ça, se laissait emporter comme ça sur une discussion triviale par un joli minois.

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Un homme s'approcha un peu précipitamment du grillage, ralentissant son allure lorsqu'il se rendit compte que le jeune homme et le garçon l'avaient vu approcher. Il s'agissait de ne pas les effrayer, tout de même. Son acolyte l'imita, et celui semblait être le leader prit la parole, sans trop élever la voix.

- Excusez-moi. Arthur Montevaut, je dirige la police locale.

Il montra son badge d'officier, plus par manie qu'autre chose, mais son interlocuteur fut probablement incapable de le reconnaitre de part ses origines. Il ne prit pas vraiment la peine d'introduire son collègue, l'homme en face ferait probablement le lien tout seul.

- Nous avons reçu un rapport d'intrusion et nous pensons que le suspect est surement toujours sur les lieux... pourrais-je m'entretenir avec vous un moment? Et il serait préférable de nous éloigner un peu de l'entrée, nous sommes un peu trop proches.

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HRP: Toujours un peu d'avance du côté de l'église, pour l'entrepôt les événements se suivent en extérieur et intérieur, mais le décalage est vraiment très faible, comme un rp normal quoi. Et non André, tu n'entends pas ce que dit le capitaine xD

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Ven 2 Aoû - 22:02
Il ne suffit que de quelques instants à la suite de l’intervention de leur hôte pour que la « sainte » Eglise ne se vide de ses « fidèles ». Et encore quelques instants de plus, pour que les forces se réorganisent autour du conclave que les deux jeunes gens formés. L’Emissaire n’était pas dupe, il voyait bien l’Ignisien s’éloigner bougonnant et fomentant des plans dont la teneur pourrait bien les effrayer. Il apercevait son ancien mentor papillonner et se délecter de ses petites attentions qui ne portaient guère leurs fruits. Pour l’instant, Lina ne s’occupait pas vraiment de l’épreuve, l’emprise de ses « maitres », probablement.

Pour sa part, Lina se laissait charmer par son naturel et ne manquait pas d’entrer dans son jeu, parlant d’elle-même, librement, sans freins. Sans freins détectables à l’œil, tout du moins. Un climat de confiance s’installait progressivement et le dialogue platonique laissait peu à peu la place à l’échange. Qu’elle fut sa surprise lorsqu’il apprit que l’un des parents de la prétendue Emissaire était en provenance directe d’Aquaria. Ce père devait-il être en froid avec elle, mort, ou bien éloigné de son enfant pour la laisser s’engager sur une voie si publique, en compagnie de personnes dont l’identité n’est vraisemblablement pas vérifiée … Ryd, sa propre mère, la pauvre si elle savait ses dons, elle perdrait probablement connaissance, une première fois. Si elle était présente aujourd’hui, elle perdrait probablement contenance avant de lui mettre une belle avoine pour son manque de discernement et surtout pour s’afficher en publique, de la sorte.
L’espace d’un instant, perdu dans de vagues considérations concernant son présent et ce qu’il aurait pu être s’il avait été mage, Ryd n’écoutait plus la demoiselle, avant qu’elle attire à nouveau son intérêt. Elle ne connaitrait donc qu’Aquaria – tout du moins, elle le laissait sous-entendre fortement, ce qui reste à prouver – et Ventus. Un trait d’ironie concernant Ignis … Pas si ironique. Il sourit tout de même, face à sa répartie. Pour sa part, il se gardait bien de laisser transparaitre son lignage, alors qu’elle craigne ou non Ignis, il ne s’en étonnait pas.

Ne voyant pas un quelconque intérêt à l’interrompre, il acquiesça d’un léger hochement de tête en signe d’approbation. Voilà, qu’elle s’apprêtait à lui répondre, enfin … Mais rien, rien de plus qu’une hésitation profonde déguisé derrière de la distraction et une vie peu trépidante. Mais, il la voyait germer, l’hésitation, l’absence, le vide. Une caractéristique bien commune d’un oubli ou tout du moins d’un passé loin d’être clair. Durant ses études, il avait appris à détecter ce genre de comportement, il avait aussi appris à se comporter de la même façon. Chez Lina, il y avait une forme d’innocence presque candide, une naïveté presque à toute épreuve. L’Ordre, elle ne semblait vivre qu’au travers de l’Ordre, son père n’était-il pas un homme d’Aquaria, donc un homme du Culte ? N’était-il pas à même de la guider sur le droit chemin ? Quant à l’inquiétude de se voir confier un pouvoir dont les limites restaient inenvisageables et avec une tâche loin d’être identifiée, il la comprenait parfaitement, il était en proie au même doute. Mais, aucune preuve là-dedans.

« Il n’y a sûrement rien de pire. C’est probablement la raison pour laquelle certaines personnes camouflent leurs qualités, pour éviter d’attiser la vénération ou bien la jalousie et l’envie. Ils préfèrent agir dans l’ombre et avec discrétion, ce n’est pas toujours réussi. » Il sourit à sa propre incompétence. « C’est un sentiment bien plus répandu qu’on le pense. Mais, il faut le surmonter et apprendre de nos erreurs, c’est comme ça qu’on avance. » Il se voulait rassurant, lui faire comprendre que quelques erreurs ne pouvaient pas lui être reprochées avec trop de vigueur. Pour sa part, il en avait fait, de nombreuses après tout. « Je suis sûr que votre vie est bien plus passionnante que vous ne l’imaginez. Par exemple, qu’est-ce que vous étudiez ? Un cursus universitaire de Ventus ? »

Il finit en tapotant sur son livre. De grandes responsabilités, pour l’instant, si ce n’est éviter de détruire quelques bâtiments, ruines, maisonnettes ou encore … Eglise de fortune, il ne se sentait pas investi d’une telle responsabilité. Et, à vrai dire, il ne comprenait toujours pas la raison pour laquelle, elle se laisserait investir d’une tâche ou de responsabilités par une autre personne qu’Ehol lui-même. A moins qu’elle ne soit pas ce qu’elle prétende.


[…]

Voilà qu’un nouvel individu s’approchait. Il était accompagné de ce qui devait être son sous-fifr… son assistant, c’est la conclusion à laquelle Emris est arrivé en les voyant. Bien qu’il aurait préféré, et de loin, poursuivre sa discussion avec le jeune autochtone, il obéit aux supposées forces de l’ordre.

« Vous ne croyez pas si bien dire. Un individu suspect vient d’ailleurs de pénétrer dans ces lieux, dont-il semble avoir la propriété, par infraction … A quoi bon utiliser les portes quand on peut voler ? Pour ma part, à l’instant je discutais avec le jeune homme que voici. »

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Lun 9 Sep - 10:36
Dire que la situation était en train de tourner était un léger euphémisme. Puisque l’homme était désormais à mi-chemin des trois jeunes filles inconscientes. André se retrouvait lui-même à égale distance ; voyant que ce petit jeu de placement n’était pas véritablement en sa faveur, il s’arrêta. L’homme semblait extrèmement méfiant, et plutôt stressé. Il n’agissait pas comme quelqu’un capable de régler de lui-même le problème et donnait l’impression d’attendre. Mais d’attendre quoi ? André ne savait pas trop quoi en penser. Plus le temps déroulait son infini langueur, plus la probabilité d’une intervention augmentait. La chance que les filles reprennent leurs esprits et agissent s’en trouvait elle aussi plus forte. Mais le temps était-il vraiment en sa faveur ? Une intervention, c’était bien beau, mais fallait il encore qu’elle soit amie. Il fallait considérer la présence de l’homme à l’entrée  ainsi que la présence de l’enfant. Enfin dans la ville se trouvait autant les autorités locales que les membres de la secte. Une intervention était une donnée hasardeuse qu’il fallait pousser en sa faveur afin qu’elle puisse se dérouler un peu plus agréablement. Et puis disons le clairement, un mihailovien n’était pas fait pour se faire menacer, ca avait tendance à les énerver et à leurs faire perdre leurs nerfs.

- Cessez cette comédie. Je vous ai demandé qui vous avait envoyé... ou bien agissez-vous de votre propre chef?

Temporiser était donc une solution ambigü mais quand on avait guère de chance en combat réel, il fallait parfois s’y résoudre. L’homme avait l’air de tenir trop aux filles pour les laisser filer sans combattre, alors surement tiendrait il aussi trop à elle pour les laisser partir en fumée. Finalement la situation n’était pas sans issue ni espoir. Le jeune technomage sentit ses muscles se tendre à cause des pulsations du café mais aussi de la concentration qui le gagnait. Une idée germait dans sa tête, doucement, lentement, sans trop de suite ni de logique. Une idée un peu folle mais qui avait une chance de marcher. Et puis elle sonnait bien, et ça pour un écrivain, c’était vâchement important mine de rien. Alors cette fois-ci  il prit la parole de manière différente. Ce n’était plus une voix douce et lente pour ne pas affoler son adversaire mais une voix ferme et assurée. Il fallait reprendre l’avantage, quelqu’en soit le coût. Il fallait que la situation change. CarParmi les choses que le jeune technomage détestait était bien qu’on lui dictate son comportement ; et depuis qu’il était rentré dans la salle, Miles ne menait que trop bien le balle. Puisqu’on était à fond dans un délir spirito-masochiste, autant jouer le coup à fond. Qui sait, entre psycopathe on pourrait peut être s’entendre.

« Qui suis-je ?  De la part de qui je viens ? »

Il prit volontairement quelques secondes de repos, toisant son adversaire du regard. Sa main se referma sur son carnet, le serrant avec une légere nervosité. Sous la couverture en un fin moleskine, un ensemble de runes se mit à briller.

« Je suis à la fois ici de mon propre chef mais pourtant je sers une cause plus grande. Oui, si je suis venu ici, c’est pour sauver ces jeunes filles car c’est la mission sacrée qui m’a été confiée »


Son visage s’illumina comme celui d’un fou devant sa Grande Œuvre.

« Si je suis ici c’est qu’une voix m’a dit de venir ici. Si je suis ici, c’est pour accomplir la volonté divine confait par le Saint-Ehol. Oui c’est moi, je suis…»

Il fit deux pas en avant vers Miles, levant les bras aux ciels.

« L’émissaire du feu »

Derrière lui, sur une caisse et un ballon, des runes brillèrent. Une lumière illumina la salle brièvement et une flamme imposante s’empara du cube de  bois. Le feu s’éleva dans la pièce pour lécher le plafond et embrasser la soupente alors que des morceaux de bois que la pression avait fait exploser s’éparpillaient de manière désordonnée dans les airs. Le jeune homme se forca à rester stoïque pendant que de dangereuses échardes volaient dans la pièce. Il s’avança de quelques pas dans la pièce puis toisa Miles, activant la deuxième rune.

"Je suis venu chercher ses filles afin de les ramener chez elle. Vous pouvez m'aider ou brûler, le choix est votre"

Et ce fut au tour du ballon de s’enflammer. Dans un brasier joyeux, la porte prit feu à son tour comme de la paille à la Saint-Jean. Il ne manquait que le petit chaton. Le feu rapidement s’éleva vers les soupentes, prêt à transformer l’entrepôt en un avant gout de l’enfer. Pour Miles, pour André, pour les jeunes filles. Cette fois-ci les gens à l’extérieur aurait à intervenir. Cette fois-ci Miles aurait à choisir entre les filles ou le combat. Et lui-même qui sait trouverait il un moyen pour sortir de ce pétrin.



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Ven 25 Oct - 15:15
Absurde! Intolérable! Insultant! Cet homme... cet homme venait de mettre le feu à l'entrepôt en faisant référence à la parole d'Ehol. Qu'il s'agisse d'un pyromane poussé par des idéaux religieux ou d'un simple criminel se travestissant d'une fausse croyance pour oublier sa responsabilité, toute personne qui faisait du mal au nom du culte du bien n'avait pas le droit de se tenir ainsi face à lui! Il piétinait un idéal qu'il ne comprenait pas, une foi qui le dépassait et saccageait ce sanctuaire en mettant en danger les anges! Il méritait la pire des punitions!

- Impardonnable...

Son poing se serra, les flammes s'élevèrent et les jeunes filles commencèrent à paniquer. La vision du feu gagnant le ciel de bois, l'âtre rougeoyant, les cris de ces flammes dévorantes et cet instinct primaire surpassant toute logique, qui les poussait à redouter un mal détecté aux prémices de l'humanité et transmis à tous ses descendants: la morsure de la flamme. Mais dans l'esprit de Miles, la colère l'emportait très largement sur la peur, et sans y accorder plus de pensée, il se jeta sur l'inconnu et le plaqua au sol. Il avait comblé la distance qui les séparait en un instant grâce au sort qui continuait à faire effet sous ses pieds; une fois sur lui il l'immobilisa et décrocha un puissant coup de poing au visage de son adversaire. La carrure de son ennemi était relativement frêle, il n'aurait pas de mal à lui faire perdre conscience après un, deux coups violents.
Au moment de frapper pour la troisième fois, sa gorge se serra et ce qui devait être un morceau du toit s'effondra à sa droite, se brisant en morceaux ignés dont le crépitement caractéristique eut un profond écho en lui. Il observa cette planche qui se consumait sous ses yeux et se retourna doucement, pour apercevoir les trois jeunes filles recroquevillées les unes sur les autres. Il n'avait pas le temps pour ça. Pas maintenant.
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Et bien sûr à l'extérieur, c'était la panique. L'entrepôt que la police surveillait venait de prendre feu de manière inexpliquée, un feu qui s'étendait rapidement bien trop pour être contré par les moyens dont ils disposaient. De plus la nature de ce feu en lui-même était suspicieuse: que faisaient ces deux hommes à l'intérieur qui pût déclencher un feu? La conclusion était évidente et n'augurait rien de bon, si ce feu n'était pas naturel il ne pouvait qu'être magique. Et ils ne possédaient aucun moyen de l'endiguer.

- Faites évacuer la zone! Hubert, avons-nous des mages d'eau ici?
- Des mages d'eau? Non je ne pense pas... je vais me renseigner auprès du grand prêtre.
- Faites et vite!

S'il s'agissait bien d'un sort, les flammes s'éteindraient d'elle-même une fois le mana épuisé, mais quand cesserait-il donc? Il ne suffirait que de quelques minutes pour étouffer les personnes présentes à l'intérieur, et si jamais le toit venait à s'effondrer, le feu serait la dernière de leur préoccupation.
L'homme présent à l'entrée et le jeune garçon étaient à présent le dernier de ses soucis, Arthur n'avait gère de temps à perdre avec eux. Le feu allait surement rameuter tout le quartier et en particulier ses pairs, mais malheureusement tout pouvait arriver dans ce laps de temps...

- C'est... Quelqu'un sort?!

La porte de l'entrepôt fut soufflée par un sort de vent, ce qui attisa quelque peu les flammes alentours par une réaction bien malheureuse. Oh ce feu n'était pas ordinaire et se nourrissait de mana, mais il demeurait un feu dans l'âme et les courants d'air pouvaient toujours l'affecter. Visiblement épuisé par son effort, un homme sortit, soutenant par l'épaule et la taille une jeune femme dans son plus simple appareil. Celle-ci était visiblement épuisée et choquée, mais la scène qui suivit surprit d'autant plus le petit auditoire, quand Miles après avoir fait quelques pas sur l'herbe, reprit sa respiration et se jeta à nouveau dans l'entrepôt en flammes.

- L'idiot! Revenez!!

le chef de la police s'avança vers le grillage et se heurta au cadenas contre lequel il rouspéta. Il n'en avait pas la clé et n'avait pas le loisir de perdre son temps avec ça! Un des habitants venu assister à l'incident pris avec lui un outil pour forcer la serrure, mais ne souhaitant pas attendre, le chef ordonna rapidement à un autre témoin de lui faire la courte échelle pour qu'il puisse entrer. Il ne pouvait que secourir la jeune fille qui venait d'être évacuée et prier pour que le reste des survivants ressortent indemnes de la catastrophe.
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Et à quelques rues de là, à l'extérieur de l'église, la tension s'était enfin apaisée. Les visiteurs, qui étaient pour la plupart des pèlerins, pour l'autre part de simples curieux, s'entretenaient de différents faits de religions entre eux ou avec l'un des membres du culte. La discussion était tout de suite beaucoup plus enrichissante lorsqu'un inculte d'Ignis ne perturbait pas toute l'audience.

A l'intérieur le grand prêtre s'attelait à ses tâches, préparant son discours tout en gardant un œil attentif sur Lina. Il ne pouvait pas choisir pour elle ses interlocuteurs, mais Marius se méfiait de ces visiteurs qui semblaient motivés par autre chose que la simple curiosité. L'un d'eux n'était pas affecté par son pouvoir, et l'homme qui avait causé ce tumulte plus loin semblait porter un intérêt trop vif pour les pouvoirs de la jeune femme. Mais cette dernière était surement trop naïve pour le remarquer.

- Non, je ne suis pas étudiante. A vrai dire la chose ne me tente pas du tout, et je ne pense pas détenir de capacités "suffisantes" pour ces messieurs les professeurs.

Elle insista sur le mot "suffisantes" avec un certain dédain. Elle n'était pas particulièrement intelligente, et à Ventus ce genre de défaut ne pardonnait pas. En tant qu'émissaire Lina avait autre chose à faire, même si elle ne comprenait pas encore en quoi cela consistait. Sa seule certitude résidait dans le fait que son rôle se trouvait ici.

- C'est mon père qui m'a tout enseigné, je n'ai besoin de rien d'autre. La vie n'est pas une chose qui s'apprend, elle se vit, tout simplement, et il ne tient qu'à nous d'en profiter.

Le système éducatif avait bien moins à lui apprendre que ces gens avec lesquels elle s'entretenait ou que les rayons du soleil touchant sa peau. Oh, elle ignorait bon nombre de choses, mais n'est-ce pas la nature même de l'humain, que de vivre dans l'ignorance? Elle avait sa petite vie et cela lui convenait bien.

Dehors, une certaine agitation commença à naitre à la vue d'un nuage de fumée qui s'élevait au loin. Un feu s'était déclaré quelque part, et l'arrivée d'un membre de la police à l'église ne faisait que confirmer la gravité de la situation. Elliot discuta quelques instant avec la personne envoyée et rentra rapidement dans l'église pour avertir le grand prêtre. Les explications furent très courtes et soumises au strict minimum, un incendie dans l'entrepôt - au sanctuaire - et les ordres du chef de la police de trouver un mage d'eau. Ah! Un magicien d'eau, comme si cela se trouvait si facilement! Et pendant qu'il ne faisait rien les filles... heureusement pour elles, elles étaient à l'abri dans la cave, s'ils pouvaient éteindre le feu, tout irait bien. Mais où trouver un mage d'eau...

- Cette affinité est la plus rare les chances d'en trouver un à Philia sont...

Il se figea. Ses yeux avaient quitté l'espace d'une seconde l'officier puis se posèrent à nouveau sur Lina, et sur l'immense bloc de glace au centre de la pièce.

- Mais oui! Vous, oui vous! Vous êtes un magicien d'eau, pouvez-vous éteindre un incendie?
- Un incendie?
- Quelqu'un a mis le feu à un entrepôt au nord du village, mais Hubert ici présent pense qu'il s'agit d'un feu magique, apparemment il y a des gens à l'intérieur.

Par tous les saints, allait-il vraiment demander de l'aide à cet homme? Il ne voyait pas d'autre solution, c'était déjà un miracle qu'un magicien d'eau soit présent à Philia, il ne pouvait pas miser sur la possibilité absolument ridicule qu'un autre mage d'eau sorte de nulle part et se rende sur les lieux de l'incendie pour l'éteindre. A dire vrai, ils avaient davantage besoin d'un pactisant pour faire sortir les personnes présentes, mais à sa connaissance, il était le seul de la cité et se jeter dans un brasier, qui plus est magique, sans aucune protection, était le meilleur moyen de signer son arrêt de mort. Il avait besoin de cet homme pour éteindre les flammes.

Lina se mordit la lèvre inférieure à la mention de cet incendie, la révélation que des gens étaient présents à l'intérieur fut un véritable choc pour elle. Utiliser le feu à des fins criminelles... l'auteur de ce crime devrait être puni! Elle le maudissait pour son acte et se maudissait pour sa propre impuissance. A quoi bon détenir un tel pouvoir si l'on ne peut s'en servir pour sauver des gens!? Dans tous les cas, elle ne pouvait simplement s'asseoir et regarder, même si elle ne pouvait rien faire...

- Lina!?

... Elle devait y aller!
La jeune émissaire fila à toutes jambes hors de la pièce, et une fois hors de l'église, se mit à courir en direction de cette fumée. Le feu. La fumée. La mort. Ce n'était pas... ce n'était pas comme ça que ça devait se passer! Le feu n'était pas destiné à tuer!!

- ... Nous n'avons pas de temps à perdre. Suivez-nous s'il vous plait.

_________________________

HRP: Voilà c'est posté! Bon vous pouvez remercier André il vous donne quelque chose à vous mettre sous la dent (et se fout ultra royalement dans la merde sur tous les points possibles xD). Il y a toujours un décalage entre ce qui se passe à l'église et à l'entrepôt, mais je considère que le temps d'aller de l'un à l'autre comblera ce décalage donc pas de soucis xD (au pire on fera un post sur le chemin xD)

Si vous avez des questions n'hésitez pas à les poser. Concernant l'ordre de passage je propose un petit Eloan-Reno-Ryd-André.

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Dim 15 Déc - 18:16
Reno ne perdait pas une miette de la conversation entre l'émissaire et l'inconnu. Chaque détail ne lui échappait pas, des fois qu'à tout hasard il puisse en tirer une information importante plus tard. Ainsi, il découvrit que les parents de la femme était allergique aux pratiques Ignisiennes. Il est vrai que son caractère ne collait pas vraiment avec les coutumes du pays. De même, elle avouait ne pas avoir les capacités pour étudier à Ventus, ce qui devait lui valoir les quolibets de ses compatriotes. Des informations qui n'avaient à priori rien à voir avec la condition d'Emissaire.

L'attention de Reno fut alors captivée par une masse de fumée noirâtre qu'on pouvait apercevoir à travers la fenêtre, profitant du silence de son sujet d'étude pour se poser des questions sur ce qui pouvait valoir un tel brasier. Un incendie ?


« Mais oui! Vous, oui vous! Vous êtes un magicien d'eau, pouvez-vous éteindre un incendie?
- Un incendie?
- Quelqu'un a mis le feu à un entrepôt au nord du village, mais Hubert ici présent pense qu'il s'agit d'un feu magique, apparemment il y a des gens à l'intérieur. »

Un incendie ? Cet entrepôt était au nord du village. La question était « pourquoi aller à l'église pour demander de l'aide » ? Et surtout pourquoi en parler au prêtre plutôt que crier à tous la situation en demandant si un mage d'eau était présent ? C'était assez louche cette histoire : des vies humaines étaient en jeu et elles étaient plus importantes que le respect de la religion.

« Lina!? »

L'Emissaire se dirigea alors vers la sortie. Reno n'hésita pas et la suivit à distance respectable. Si elle était Emissaire de feu, elle pouvait normalement créer et intensifier le feu, pas l'éteindre. Ou alors elle en était capable mais Reno s'immaginait mal une personna ayant une affinité avec le feu étouffer celui-ci...

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Mar 24 Déc - 1:06
Les flammes jetaient sur les murs de l’entrepots de longues et inquiètantes ombres noir. Le visage humecté de sang, le jeune homme se redressa péniblement en sentant son adversaire lâcher prise. Rouvrant les yeux, il vit les flammes se dresser devant lui, comme de longues langues infernales, et le Mage prendre dans ses bras une jeune fille et se diriger vers la sortie.  L’homme était comme une ombre que le vent portait, ses pieds touchaient à peine le sol. Son allure aérienne et les flammes rougeoyantes lui donnaient l’allure de quelques qu’antéchrist qui aurait pris en pitié une jeune humaine. Il la regarda avec intensité, comme si il serrait dans ses bras l’essence de sa vie, et se dirigea d’un pas éthéré vers la sortie.

André lui avait l’impression d’avoir été brisé. Une enclume s’était emparée de sa tête, et en mettant la main au visage il la retira pleine d’un liquide rougeâtre.  En essayant d’ignorer la douleur, il se releva et s’empara de son carnet. Les pensées se succedaient comme un millier d’éclat d’une glace brisée. Elles n’avaient ni cohérence ni intérêt, elles se succédaient sous forme d’images ou de mots qui apparaissaient de manière pré-schématiqu. Le jeune homme essaya de les rassembler de la même manière que l’on achève un puzzle compliqué. Les éléments devaient convergés. Le hasard est un rangement aléatoire que la pensée humaine rends asymptotique. Pour qui sait regarder, les évènements menaient inexorablement vers une ligne, afin de vous en rapprocher, toujours encore. Quelle était cette ligne ? Le jeune homme regarda auour de lui. Miles se dirigeait vers la sortie, l’incendie durait toujours… Les voix au dehors se faisaient entendre. Quelle asymptote était-ce ? Vers quoi se dirigeaient on ?

Rassemblant ses dernières forces, il parvint à atteindre son stylos qui gisait sur le sol et déchira une page de son carnet en moleskine. Par réflexe plus que par réflexion, les mots lui vinrent touts seul en langue ancienne. Le sort. Son sort. C’était le seul moyen de s’en sortir désormais. Dans sa tête se dessinait déjà la suite des évènements, sans que lui-même puisse réellement les saisir. Saisissant son papier, il se dirigea vers la paroi. La chaleur conjugué à la douleur firent de se court trajet un périple insuportable. Il s’écroula à mi-chemin, soupira longuement et reprit sa route. De menancantes épines étincelantes lêchaient sa peau, amplifiant la douleur de son visage déjà meutris. Le feu battait dru l’enclume de sa tempe.

Le feu soudain baissa d’intensité. Et toutes les flammes furent lentement absorbés par le papier qui rougissait de plus en plus. L’incendie arrêta de progresser et plus le papier absorbait de flammes, plus on avait l’impression que le feu reculait. André retomba en arrière regardant son sort fonctionner. Et entendit Miles rentrer à nouveau dans la pièce.

Le sort n’était pas encore sensible mais le feu au moins ne progressait plus. Dans quelques minutes, la situation serait totalement sous contrôle. Les runes n’étaient plus fournis en mana et le sortilège qu’il venait d’utiliser allait absorber l’incendie jusqu’à la dernière flamme. Il ne put s’empêcher de ressentir une certaine rancœur envers Miles. Si cet imbécile ne l’avait pas agressé, l’incendie serait resté sous contrôle tout le temps. Mais maintenant le plan était en place. Il fallait suivre la ligne. Toujours. Danser la mélodie du hasard jusqu’à ce rejoindre l’asymptote.

Il entendait des voix dehors, des gens se demander comment éteindre les flammes. Ca semblait être l’affairement. Les flammes avaient sans le moindre doute attiraient les badauds. Bientôt les gens seraient la, dehors… Bientôt les autorités ventusiennes aussi apparaitrait la. Alors comme un acteur que l’on observe, il se leva avec lenteur et dignité. La douleur continuait d’embrumer son esprit ; rassemblant le sang dans sa bouche, il en cracha une pleine gorgée sur le sol. Il se demanda si il se trouvée à archée des sorts de vent de Miles…

Ses jeunes filles étaient maintenant sur place publique, et la personne qui les avait séquestré et droguée ne pourrait pas aisément remettre la main dessus. Regardant Miles se diriger vers les deux jeunes filles qui s’éveillaient, il profita de l’ouverture pour se précipiter vers la sortie. Le monde tournait autour de lui et plusieurs fois il manqua de s’écrouler. Il devait maintenant atteindre la sortie. Suivre le tempo. Chaques pas était un nouveau déséquilibre, mais heuresement son corps n’avait pas été roué de coups et ses muscles fonctionnaient encore. Il déboula en dehors des flammes qui léchaient l’ouverture de la porte et s’écroula sur le sol à l’extérieur du bâtiment.

Au-dessus de lui une inquiètante fumée noire s’envolait vers le ciel céruléen. Elle allait diminuer, c’était nécessaire. Elle allait s’éteindre… Bientôt. Il regarda les gens présents comme il put en se contortionnant ; et il dit.

« J’ai trouvé les jeunes filles dans ce bâtiment… Je voulais juste récupérer un ballon. Puis cet homme est arrivé… Il savait qu’elles étaient la… Il m’a agressé, et un de mes sorts à mis le feu au bâtiment… »


Puis reprenant son souffle il ajouta

« Le feu… est sous contrôle. Il va s’éteindre de lui-même maintenant. Je vous en prie, protégez les jeunes filles… la personne qui les a enfermait ici leur veut du mal. »



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Lun 10 Fév - 0:40

A première vue, la dite Lina semblait bien dans la lune ; et la représentation qu'elle devait avoir du monde ne devait pas être éloignée d'un monde lunaire, cotonneux de nuages légers et doucereux... Sa voix, exemple probant, sans le moindre doute d'une délicieuse naïveté mais d'un charme juvénile, lui remémorait les groupes de poules, pintades ou autres gélinottes cendrées qui piaffaient et piaillaient dans les ruelles, les couloirs et les bâtiments de Mihailov en tout temps, à tout heure et à tout endroit. Mais derrière tous ces a priori Eloanesques, le dit Eloan jouait toujours à faire son rapiat, lorgnant avec attention la moindre satanée miette, la moindre misérable information. Elle discutait assez naturellement avec le brave petit Ryd ; elle avait l'air un peu intimidée néanmoins. Elle n'était pas très sûre d’elle, voire hésitante ; elle jugeait ne pas avoir de capacités « suffisantes » pour les professeurs de l'école. Fichtre, comment l'affirmer, si elle n'avait pas essayé après tout ; essayer, expérimenter, profiter, voilà l'une des arcanes de la vie. Et que venait-elle ajouter par dessus, profiter de la vie ? Eh bah tiens, ça fait une jolie petite contradiction, pourquoi n'a-t-elle pas essayé Mihailov au lieu de se cantonner aux connaissances de son père ? Non pas qu'Eloan se représentait un pécore du fin fond de la cambrousse à s'occuper de ses biquettes déconsidérées, brouteuses démentielles d'herbe, pourtant le niveau de connaissance de Mihailov reste phénoménal quelque soit celui de son père, péquenaud ou non.

Quand une personne entra soudainement en trombe par la porte de l'édifice religieux, il mentionna un incendie qui avait pris dans la ville ; après qu'il eut de nouveau posé ses yeux sur le bloc conséquent de glace, il interpella Eloan, lui faisant par la même occasion l'affront de lui demander s'il était capable d'éteindre un incendie !

La jeune magicien ne perdit pas une seconde et passa le pas de la porte derrière Lina, qui était partie tout aussi vite toutes voiles dehors et vent en poupe, gonflée par de flagrants idéaux quelque peu puérils, il n'en doutait pas. Il courut un court moment, à vive haleine, vers les gerbes de fumées à quelques rues de là qui se dissipaient dans les nimbes de l'éther.

En arrivant sur les lieux, un attroupement de gens s'était agglutiné devant une grille qui venait de s'ouvrir à l'instant ; Eloan poussa le monde, frayant par la même occasion un chemin à Lina. Il contempla le bâtiment un instant pour évaluer la situation tout en progressant vers l'entrée de celui-ci. Des miliciens s'occupaient d'une femme dans son plus simple appareil ; sur le côté il vit un jeune homme pâle, fluet qu'il identifia rapidement comme son élève, André. Mais bon sang, qu'est-ce qu'il foutait dans cette galère ! Il voulut l'interroger mais un homme venait de sortir hâtivement du fourbi en flammes, il avait l'air exténué ; il portait une jeune femme dénudée dans ses bras, lui aussi. Décidément, c'était quoi cet endroit, on y faisait apparaître des vierges pures et démunies comme un imbécile sort des lapins de son chapeau ! Il lui faudrait un sort d'une telle magie, franchement. Des miliciens vinrent vers lui pour l'empêcher de retourner dans la construction ; Eloan, après avoir fait un signe de l'index à André comme quoi il reviendrait le voir, sur une mine fort blasée, s'approcha vivement du preux sauveur de vierges :

    « - Y-a-t-il encore quelqu'un à l'intérieur ? » s'enquit Eloan, chamboulé.


L'homme ne répondit pas, la face épuisée et anéantie, il se contenta d'un hochement de tête bref et significatif, tout en levant son index pour indiquer qu'il n'en restait qu'une. L'enseignant ne réfléchit pas une seconde et s'avança vers la façade de l'immeuble, il prononça distinctement une formule en langue ancienne ; son long manteau se souleva mélo-dramatiquement derrière lui, de l'eau bouillonna au sol et forma quatre chevaux cristallins qui galopèrent vers la façade dans une traînée limpide ; ils s'écrasèrent contre l'entièreté du mur. -Eloan avait toujours grand'peine à voir disparaître de tels chefs-d’œuvre-. Il s'engouffra alors dans l'interstice qu'il restait de la porte en lançant son sort de membrane aqueuse afin de revêtir sa bouche d'un vaste masque pour ralentir l'infection malsaine de la fumée. Il s'enfonça dans ce dédale de braise en éteignant le plus possible de flammes à chacun de ses pas. Il trouva finalement la personne en question ; il s'agissait d'une jeune femme, plus âgée que Lina, entre dix-huit et vingt ans, tout à fait ravissante, si ce n'est qu'elle était dans un état comateux et dépouillée de tout vêtement. Elle était assez maigre ; et Eloan ne savait guère pourquoi, mais il avait la forte impression qu'elle était restée cloîtrée ici ou ailleurs un bon moment. Il détacha son manteau et en entoura son corps frêle avant de la prendre dans ses bras et de déguerpir aussi vite que possible dans le dédale à présent éteint mais instable et sur le point de s'effondrer. Voyant la lumière de l'extérieur, il se précipita pour finir sa course. A l'instant où il trouva l'air libre, le bâtiment s'effondra dans un flot de poussière, et lui en sortit à une vitesse folle. -Pour une captation cinématographique, un ralenti aurait été du plus bel effet-. Il posa alors sa miraculée au sol un instant devant une foule éberluée pour regarder dans quel état elle se trouvait ; elle ne réagissait pas beaucoup. Dans cet état-ci, il préféra la garder dans ses bras.

Se relevant doucement, il prit une légère pause pour respirer profondément tout en contemplant les visages autour de lui. Il leur sourit alors d'un air dégagé, puis s'avança résolument vers son élève et lui dit d'une voix sourde destinée à lui seul, avant de lui administrer une tape-maison sur l'arrière de la tête, après avoir fait attention à bien maintenir contre lui la jeune femme qu'il tenait d'une main ferme :

    « - Qu'est ce que tu as fabriqué encore, c'est encore le fruit de l'un de tes sorts complètement torchés, c'est ça ? »




Spoiler:
 

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Dim 15 Juin - 11:53
Le groupe se rendit sur les lieux au plus vite, parvenant enfin à l'entrepôt. La vision d'un bâtiment en flammes réveillait en chacun la peur ancestrale du feu, de la destruction, de la mort, mais pour certains des spectateurs, il s'agissait de bien plus. Les haut-membres du culte considéraient cet endroit comme leur sanctuaire, l'endroit où reposaient les anges, le lieu des prières le plus proche d'Ehol, par lequel ils pouvaient entrer en communion avec lui et laver les impuretés de leur corps de tout leur être. Voir un tel lieu brûler était une épreuve, une torture même!
Et quant était-il de leurs protégées?

Le feu finit par se calmer, et Lina, leur émissaire du feu accompagnée d'un magicien d'eau firent leur apparition. Miles sortit avec une des jeunes filles du sanctuaire et l'homme qui venait d'arriver lança de multiples magies aquatiques, éteignant d'abord une partie des flammes puis se jetant à l'intérieur recouvert d'un voile protecteur, pour sauver la dernière jeune fille avant d'observer une partie du bâtiment s'effondrer sur lui-même.
Lina n'avait pas bougé. Elle ne pouvait simplement rien faire, si ce n'est observer ce feu qu'elle aimait ronger le bois et la pierre, et détruire ce que les siens avaient crée. Des quatre éléments, le feu était le plus ingrat et le plus puissant. Son essence résidait dans la consommation et la destruction, et bien qu'elle s'efforçait de l'utiliser pour créer, elle-même ne pouvait changer le coeur même de cette magie.

En quelques instants et par une organisation très ventusienne, les secours se mirent en place. Les membres de la police avaient verrouillé l'accès, empêchant tous les curieux de franchir les portes du grillage, et des médecins et membres du clergé s'étaient approché pour donner les premiers soins aux jeunes filles et aux deux hommes. Leur état n'était pas critique, mais les deux hommes et la troisième jeune fille avaient inhalé beaucoup de fumée.

- Toi...

Miles rassembla ses dernières forces pour lever son poing contre l'intrus, mais tomba de nouveau à genoux, secouru par l'un des médecins qui lui ordonnait de garder son calme. Le Grand-prêtre retira la veste qu'il portait et enveloppa l'une des jeunes filles avec, rapidement imité par un des agents. D'après les diagnostiques rapides des médecins, elles allaient s'en sortir, mais elles semblaient en état de choc et il était préférable de les transporter à l'hôpital.

- Miles, que s'est-il passé?
- Quand je suis arrivé... Cet homme était déjà à l'intérieur, avec ces filles... Je pensais qu'il s'agissait d'un simple voleur, jamais je n'aurais cru que... Il a mis le feu au bâtiment alors qu'il était encore dedans, il a essayé de tous nous tuer!

Peut-être était-ce dû au choc ou bien à sa colère, mais l'explication de Miles n'était pas digne d'une explication... de Miles. Cet homme était un peu orgueilleux et n'aurait d'ordinaire jamais tenu un discours aussi haché et perturbé.

- Il a dit que ce feu était une punition divine, qu'il était l'émissaire du feu!! Je ne veux pas penser à ce qu'il faisait à l'intérieur avec ces filles, faites-le enfermer bon sang!

Clac. À ces mots, quelque chose se mit en action dans l'esprit de Lina. Elle qui s'était perdue dans ses propres souvenirs à la vision de ces flammes, senti quelque chose se briser en elle. Détruire par le feu au nom d'Ehol... Prendre le nom d'un émissaire, justifier ses crimes en invoquant les noms des héros de ce monde. Cet homme... Cet homme venait de brûler cet entrepôt et de tenter de tuer ces jeunes filles... En se prétendant émissaire.

- Bien. Vous allez tous les deux venir avec nous au poste, vous êtes placés en état d'arrestation sous les charges d'effraction, de destruction de biens, de pyromanie et de tentative de meurtre.

Le chef de la police avait volontairement grossis quelque peu les charges, il était évident qu'un seul des deux hommes était responsable de la majeure partie des faits, mais les premiers retours qu'il avait eu ne lui permettait pas de trancher, et avec des motifs d'une telle ampleur il avait le droit de les enfermer de manière préventive. Et il ne comptait pas laisser s'échapper l'un des deux, il voulait également percer le mystère de ces jeunes filles.

- Veuillez ne pas résist-
- Lina!!

Il y eut une petite brise, puis une sensation de chaleur anormale. Une chaleur qui ne pouvait être due au soleil d'hiver, mais qui ne fut pas tout de suite perçue, tant les flammes précédentes en avaient dégagé. Quelques flammes s'élevèrent du sol, timidement, au cours de la petite discussion, avant de se changer en une immense barrière de flammes qui cerna la jeune fille, à la surprise générale.

- Est-ce vrai...? Ce qu'il vient de dire...
- Lina, calme-to-
- La ferme!

Les flammes doublèrent d'intensité, comme pour répondre à sa colère. Même le grand-prêtre semblait surpris de ce qui arrivait, et il ne savait pas s'il devait l'interpréter comme un bon ou un mauvais signe. Lina avait toujours été la plus réceptive au projet, mais il n'avait jamais imaginé qu'elle puisse aller aussi loin dans la maîtrise des flammes. Oui, avec elle...

- Utiliser le feu ainsi... Te faire passer pour un émissaire...

Instinctivement, les personnes présentes firent un mouvement vers l'arrière. Bien entendu, tous les habitants de cette cité connaissaient l'identité de Lina, mais ils n'avaient jamais vraiment eu l'occasion de la voir à l'oeuvre, et d'une certaine manière, ils préféraient ce statu-quo. Lina était une émissaire, une messagère du bien, mais un tel pouvoir était aussi effrayant, et au plus profond d'eux-même, une partie des habitants la redoutait.

- Lina!!

Cette fois, ce fut la voix d'Elliot qui retentit. Il avait rejoins le groupe un peu plus tard, mais n'avait rien manqué de la discussion, et avait pu constater l'état de la jeune émissaire. Comme il l'avait si souvent redouté, détenir un tel pouvoir risquait à terme de se retourner contre elle. Mais tandis que l'appel du grand-prêtre fut balayé d'un revers de main et d'un 'la ferme" bien placé - depuis quand se montrait-elle si rebelle et infidèle - entendre Elliot prononcer son nom eut un effet beaucoup plus apaisant. Le monde se figea un instant et elle se retourna pour l'observer, les flammes diminuant nettement en intensité, mais demeurant toutefois, toujours présentes.

- Fais cesser ces flammes... Tu effraies tout le monde. Ce n'est pas le genre d'exemple que tu veux donner, n'est-ce pas?

Comme une pommade appliquée directement sur une plaie, ces mots lui firent mal, mais en un instant, cette douleur laissa place au soulagement. Les flammes se calmèrent, retournant au néant, et bien que la chaleur perdurait, elle commençait elle aussi à diminuer petit à petit.
Et alors que les membres de la police et les médecins semblaient particulièrement soulagés de ce dénouement, une ombre recouvrit l'espace d'une seconde, les yeux de Marius. L'influence que cet homme détenait sur elle était trop forte pour être ignorée.

*Elliot... Une fois cette affaire réglée, toi aussi...*

Le chef de la police. Ce haut-mage d'eau. Le pyromane. Et ce pactisan au pouvoir inconnu. La situation devenait affreusement compliquée, maintenant que le sanctuaire avait été découvert, il allait devoir ruser, d'autant que ces étrangers semblaient se connaître.

- Cette fille... Chef, elle ne ressemble pas à Maeva Krinn?
- Comment?!

La jeune fille, toujours un peu ailleurs, sembla réagir au nom qui venait d'être énoncé, mais ne fit aucun geste pour confirmer son identité. Les policiers et les médecins présents se tournèrent vers la jeune fille. Et un doute important s'installa dans leur esprit. Ils ne pouvaient pas confirmer son identité maintenant, mais si c'était le cas, alors il était possible que les deux autres filles aussi...

- ... Maeva...? C'est impossible, elle...
- Cette fille n'est pas Maeva.

Et en un instant, tous leurs doutes furent balayés.
Le grand-prêtre avait parlé.
______________

HRP: Et non, ce topic n'est pas mort! Grâce - ou à cause - d'André le sujet arrive dans sa seconde phase, d'une manière assez imprévue pour moi d'ailleurs xD

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Mer 16 Juil - 19:45
- Qu'est ce que tu as fabriqué encore, c'est encore le fruit de l'un de tes sorts complètement torchés, c'est ça ? »

Le jeune technomage alla répondre à son ami quand Miles émergea de la petite foule qui s’était rassemblé la. Il avait l’air épuisé, ses vêtements étaient noircis et il respirait bruyemment. L’accusations e fit cinglante.

- Quand je suis arrivé... Cet homme était déjà à l'intérieur, avec ces filles... Je pensais qu'il s'agissait d'un simple voleur, jamais je n'aurais cru que... Il a mis le feu au bâtiment alors qu'il était encore dedans, il a essayé de tous nous tuer!
- Il a dit que ce feu était une punition divine, qu'il était l'émissaire du feu!! Je ne veux pas penser à ce qu'il faisait à l'intérieur avec ces filles, faites-le enfermer bon sang!


André recula un peu alors que le chef de la police regardait les deux hommes d’un air suspicieux. Vu sous cette angle, sa position dans cette sombre affaire n’était guère enviable mais le système ventusien lui permettrait d’exposer sa propre version des faits. L’attaque de Miles alors qu’il secourait les jeunes filles, la réaction de panique qui avait conduit à ce déchaînement de faits absurdes. Et permettrait de mettre en lumière la véritable question, quelle était la relation entre Miles et les jeunes filles ?

« Cet homme m’a attaqué alors que je secourais les jeunes filles. Elles étaient drogués dans cette cave et le hasard m’a fait les trouver. Oui j’ai déclenché l’incendie quand ce mage m’a attaqué. Mon affinité est celle du feu, c’est ainsi que je me bat. Oui je me suis fait passer pour l’émissaire du feu, dans l’espoir que cet homme dévot calme son ardeur et ainsi pouvoir sauver les jeunes filles ».

La foule sembla les écouter et des regards étranges se posèrent sur eux. Les policiers se rapprochèrent d’eux afin de les placer tout deux en état d’arrestation. Si tout se passait normalement, une autre bataille pourrait commencer, mais les pauvres victimes de ce ravisseur étaient elles sauvées.  

Une jeune fille aux cheveux rouges se sépara alors du lot et le regarda fixement. Un mur de flamme s’éleva devant lui et les langues de feu se mirent à danser autour de la foule apeuré. Plusieurs personne tentèrent d’apaiser cette furie ignescente en parlant à la jeune fille qui s’adressa à André.

« Utiliser le feu ainsi... Te faire passer pour un émissaire... »

Un homme appela son nom « Lina » et les flammes se calmèrent alors. André la regarda fasciné. Si on omettait le fait qu’elle avait tenté de le rôtir sur un simple et inexplicable coup de tête, la jeune fille venait de convoquer puis d’abjurer des flammes par la simple force de son esprit. C’était magiquement impossible et André le savait. Aucun mage n’avait le pouvoir de lancer des sorts aussi puissants sans incantation, runiques ou orales. Une explication devait être évidente ; il fallait percer ce mystère.

Dans sa tête le technomage énumérait déjà les différentes possibilités. Des runnes tatouées le long de son corps pourrait avoir un effet similaire. Ou alors un pacte. Ou alors un groupe de magicien caché qui conjurait à sa place pour donner à cette jeune fille cet aspect magique si irréel, si Eholien.  Il fallait qu’il la voit faire à nouveau. L’observation est source de découverte. Il s’avança donc vers elle en parlant à haute voix.

« Et alors ?  Ce n’est qu’un tour de farce et attrapes. Une légende, une fable véhiculait par des charlatans manipulateurs. Je me suis fait passé pour un émissaire, et crois moi jeune fille, même si j’étais le dernier poivrot de Ventus, ce serait encore faire honneur à ce nom ».



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Les Prêcheurs - partie 1 (PV Eloan, Reno, André, Ryd)
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