Les Prêcheurs - partie 1 (PV Eloan, Reno, André, Ryd)



 

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Les Prêcheurs - partie 1 (PV Eloan, Reno, André, Ryd)

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Sam 8 Sep - 19:09
17 février 762 - Phillia


De nombreux points parsemaient la carte de Ventus. Des grandes villes, au cœur des axes routiers, des villes moyennes, agissant en parabole autour d'elles, et nombres de villages si petits qu'ils apparaissaient plus de manière anecdotique qu'autre chose, personne ne les visitant vraiment.
Phillia, 12500 habitants, appartenait à la seconde catégorie. Certes sa population était inférieure à celle des grandes métropoles du pays du vent, certes, son paysage de maisons alignées, toutes identiques car construites à la même époque, n'était pas des plus plaisant. Mais cette ville possédait quelque chose qui lui était suffisamment unique pour que les touristes et les voyageurs s'y arrêtèrent: une bibliothèque. Oh, pas n'importe quelle bibliothèque de quartier, non, un immense complexe entièrement dédié à la théologie, et au culte d'Ehol.

Beaucoup questionnaient l'utilité d'une telle installation dans pareil pays athée, mais lorsque les prêtres d'Aquaria et de nombreux bénévoles l'avaient construite, ils ne se posaient pas de telles interrogation. Oeuvrer pour répandre la parole d'Ehol était une chose naturelle, et les universités de Ventus s'étaient montrée enchantées d'une telle construction qui apporterait certainement à leurs recherches. La construction des lieux fut achevée il y a quelques années de cela, et l'affluence fut telle que la petite bourgade enregistra une croissance inégalée.
Pourtant, tous les livres présents ici étaient des plus communs, tous, sauf un. Un livre qui n'était pas daté, ni signé, mais dont on attribuait la paternité à nul autre qu'Ehol, le sage des quatre chemins.

Un simple livre, qui fut immédiatement désigné comme Apocryphe par Aquaria, et qui attira sur lui la curiosité des Ventusiens, tant les croyants intrigués que les athées, friant d'en démordre avec la religion.

Un simple livre, qui fut le début d'un culte.


- Nous allons à présent commencer la visite. Que la bénédiction d'Ismaël soit sur vous.

L'homme s'inclina poliment, effectuant le signe de l'Eglise d'Ehol, avant de faire rentrer les visiteurs. Ismaël était le sixième séraphin, peu mentionné dans les textes sacrés, on en savait sur lui autant qu'au propos des autres anges, assez peu de choses, si ce n'était qu'ils avaient accordé à Ehol ses pouvoirs, et par la même donné à Albion son messie.

Philia, c'était une simple ville. En son centre trônait une Eglise et une bibliothèque. Tout autour gravitaient de nombreuses maisons, alignées de manière parfaitement coordonnée.

Rien qui ne sortît de l'ordinaire, hormis un silence pesant.

Et la présence d'hommes en capuches blanches.


______________

Que l'event commence!

Comme vous avez pu le constater, les participants ont été répartis en deux groupes, à Terra et à Ventus, pour éviter un ralentissement du topic, équilibrer les factions, ainsi que pour des raisons logiques.
Le topic prend place à Philia, une ville moyenne située au nord-est de Ventus, à une distance à peu près égale de Mihailov et d'Aquaria. Il est exactement 15h35, une nouvelle visite de l'Eglise est organisée, pour les voyageurs désirant voir le fameux livre écrit de la main d'Ehol (oui, il n'est plus à la bibliothèque, il a été déplacé au sein de l'Eglise il y a quelques temps, et bien entendu on ne va pas laisser n'importe qui le consulter, voilà pourquoi de telles visites sont organiées).

Vous pouvez participer à cette visite ou explorer la ville, dans votre intérêt il serait mieux que vous ne soyez pas tous au même endroit, enfin, ce n'est qu'un conseil... vous pouvez être venus seuls, ou avec d'autres PJ, ou avec l'un de vos PNJ (et quand je dis un c'est un, et il faut que ça soit cohérent XD).

Délai de réponse: 10 jours après le post précédent.
Ordre de post: Eloan Galaad - Reno Kusanagi - André Caéli - Ryd Fenril

Bonnne chance!

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Dim 9 Sep - 1:21
15h30 - 17 février 762 - Phillia
Cela faisait un mois qu'Eloan avait discuté avec son ancien étudiant, Ryd Fenril, et c'est suite à cette discussion, qui s'était longuement attardée sur leur vision respective d'Ehol, que le nouveau Maître des Arcanes avait mûrement réfléchi au sujet de la religion, de Watos, d'Ehol, en allant même déterrer du fin fond de sa bibliothèque personnelle, et celle de son grand ami Maxence, prêtre d'Aquaria, des ouvrages religieux pour se renseigner plus âprement et profondément, bien qu'il n'ignorait pas grand chose sur cette question, et cela ne lui avait pas fait changer d'avis pour autant.
Alors vous pouvez aisément imaginer, par quelle force, et par quelle aiguille aiguisée, fût piquée et eut saisie la curiosité d'un aussi friand amateur d'Ehol qu'Eloan lui-même. C'est pourquoi, dès que la rumeur eut parue aux alentours d'Omnia et de Mihailov, au sujet d'un ouvrage banni et considéré comme apocryphe par l’Église d'Ehol, le Maître des Arcanes s'était jeté sur la nouvelle et avait demandé à son jeune ami, pourtant pas vraiment plus jeune que lui, de l'accompagner en la vie de Phillia.
Arrivés en début d'après midi, Eloan était aussi, pourrait-on dire, escorté par son fidèle ami Leodagan, c'était pour eux l'occasion d'une sortie entre amis. La ville n'était pas très grande, et à côté d'Omnia, elle ressemblait à un patelin, d'autant plus que les parfaites répliques de chaque logement, la symétrie des rues, la régularité des quartiers, ajoutaient à l'aspect morose de Phillia, qui laissait un goût bien morne dans les méninges du Maître de Conférence, et en lui-même, il se disait : « ah, que ne ferais-je pas pour la curiosité d'un moment, la curiosité d'un livre, et surtout l'indicible amusement de voir un livre apocryphe, rejeté par les hauts dignitaires de l’Église eux-même. »

En cet après midi, dans le vestibule de la bibliothèque, Eloan, Leodagan et Ryd avaient été accueillis par un homme, d’apparence ecclésiastique, pour suivre une visite guidée. Eloan regardait les alentours, il y avait de nombreux hommes encapuchonnés de vestons blancs, et le prêtre les accueillit en mentionnant l'ange Ismaël, le sixième séraphin des textes sacrés, Eloan en sourit, et approchant ses lèvres des oreilles de Ryd, il lui dit :

    « Je ne sais pas ce qu'il a fumé, mais j'aimerais bien y goûter. »

Outre la plaisanterie bien douteuse à l'extérieur, Eloan était pourtant perplexe intérieurement quant à la mention du sixième ange, un ange peu connu, quasiment inexistant dans les écrits sacrés, ce détail titilla les oreilles d'Eloan, paraissant même étrange : généralement on parlait de la bienveillance et de la bonté d'Ehol dans ses vœux, non des anges. Par ailleurs, sous l'horizon de la pièce, il y avait trop de capuches blanches, et à l'aspect bien trop candides (candidus, a, um,, blanc, en langue ancienne, voyons) à son goût.




Spoiler:
 

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Dim 9 Sep - 20:25
Reno était mal à l'aise dans cette masse grouillante de vie. Ils n'étaient pas nombreux dans le groupe, mais tellement bruyants... le calme de la bibliothèque lui manquait, mais il supportera. Après tout, c'est lui qui a voulu venir. Un livre banni traitant d'Ehol, un exemplaire unique. Il voulait le lire, il voulait s'imbiber du contenu de cet ouvrage. Une telle rareté devrait l'aider un tant soit peu dans ses recherches sur la divinité.

Siphel n'était pas venue. Elle a toujours accompagné Reno dans ses voyages, mais son refus était justifié, d'ailleurs il ne lui avait même pas demandé de venir tellement c'était évidant : elle était bientôt à terme et elle devait désormais limiter ses déplacements. D'ici un mois ou deux, la vie du couple va changer radicalement. C'était en partie pour ça qu'il a tenu à venir : une telle occasion devra passer après sa famille une fois le petit (ou la petite?) arrivée.

Ca chahutait, ça culbutait... Reno ne souffrait pas d'agoraphobie, mais tellement de bruit n'était vraiment pas pour lui plaire... tiens ? Le mec juste devant lui... il l'avait déjà vu, mais où... bah, peu importait.


<< Nous allons à présent commencer la visite. Que la bénédiction d'Ismaël soit sur vous. >>

Ismaël... le sixième Seraphim... Reno savait vraiment peu de choses sur lui. Peut être ce point sera-il également éclairci pendant sa lecture de l'ouvrage.

Il restait assez attentif à ce qu'il voyait... et ce qu'il voyait surtout étaient des hurluberlus en bure blanche, le genre qu'on voyait surtout dans des sectes. Il était clair qu'il se passait des trucs bizarres, ici... au moins, si les choses se compliquaient, il pourra voir si sa maîtrise de la magie de feu est aussi efficace sur les petites frappes sur les chemins que sur des membres d'une secte, utilisant également la magie probablement...


*J'espère quand même ne pas en arriver la...*

C'est vrai, quoi : s'il mettait le feu, l'ouvrage qu'il convoitait risquait de partir en cendres et ça serait malheureux.

Quoi qu'il en soit, pas question de perdre une miette de la visite. Il faisait en partie ça pour repérer les lieux pour savoir où aller quand l'heure sera à la lecture. Nul doute qu'il ne pourra jeter un œil que sur la couverture au moment d'admirer le chef d'oeuvre.

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Dim 9 Sep - 21:20
17 Février 762.

Sur la place centrale de Philia, non loin de l’Eglise et de la bibliothèque, était situé un petit café réputé pour la raideur de ses expressos et la main leste des serveuses en cas d’insinuation verbales ou corporelles déplacées. En ce milieu d’après-midi, la terrasse était déserte à l’exception d’un jeune homme en train d’écrire penché sur un cahier de cuir noir. Un peu partout autour de lui, c’est-à-dire sur la table, mais aussi sur la chaise opposée et à ses pieds, gisaient des dizaines de petites tasses blanches où avait sommeillé quelques minutes ou heures auparavant un délicieux breuvage aussi noir que le jais. Le jeune homme ne releva même pas la tête quand la serveuse, une jeune fille d’une 20taine d’année, lui apporta son énième café qu’elle parvint avec difficulté à déposer sur la table. Elle lui jeta un regard désabusé, pensa que ce jeune éphèbe était pourtant aussi croquant que le sucre des cafés, pris la pièce préparé par avance et se retira silencieusement, sans avoir noté la tension palpable qui se dessinait sur le visage du jeune homme. Il était 15h35 de l’après -midi en ce 17 Février 762, et André Caéli, drogué aux cafés, venait de rater la visite de l’Eglise et de son livre apocryphe qu’il était venu voir, mais il ne l’avait pas encore réalisé. Pour l’instant seul son prochain roman l’intéressait et le jeune homme se trouvait à proprement parler dans un autre univers depuis quelques heures.

L’esprit de Caéli se rendit alors compte que l’Eglise avait sonné 15h30 depuis déjà une bonne dizaine de minutes, il releva la tête, plissa les yeux éblouis par le soleil pour regarder sa montre à gousset. Loupé pour cette visite, il prendrait la visite suivante. Il s’intéressa alors au café devant lui qu’il descendit d’un trait avant d’observer, pour la première fois depuis son arrivé tôt ce matin, la place centrale.

Le jour était levé, et s’en rendre compte à 3 heure passé n’est pas rassurant

Tout était parfaitement calme et ordonné, comme dans la grande majorité des villes de Ventus. Quelques hommes en parsemés un peu partout se paysage tout à fait apaisant de Philia.

Tiens des marginaux. C’est une grande messe pour les amoureux du blanc ou quelque chose ?

Il se leva et senti tout de suite qu’il avait trop forcé sur la caféine. Ses membres furent pris d’un irrésistible besoin de s’étendre, et alors qu’il s’étirait, il fut pris de tremblements légers qui cessèrent avec cette infernale extension. La serveuse arrivée, alors il se tourna vers elle et pour la première fois depuis ce matin 5 heure il remarqua qu’elle était d’une rare beauté, un peu poupine avec des formes amples, de longs cheveux blonds ondulés qui dansaient follement sur ses épaules et des yeux verts comme la feuille que le vent caresse. Elle s’empourpra en voyant qu’il la dévisageait, mais s’avança quand même vers lui.

« Ditetetes moi s’il vous plait ». Il balbutiait, mauvais signe. Il fut pris d’un autre spasme dû à l’overdose de caféine. « Que fête-t-on aujourd’hui dans cette ville pour que ces messieurs et ces dames soient de blanc vêtus ? »

"Oh simplement des membres de l'Eglise, vous n'avez pas à y prêter attention".


Il la remercia d'un sourire mais pensa que c'était fort étrange que ces membres de l'église ait des habits à en faire paraître le lait noir. Pour le reste, la religion ne l'intéressait que lorsqu'il s'agissait de la démolir de manière systématique, comme un bon athée anticléricale. Il fut pris d'un spasme plus violent que le précédent qui lui indiqua que la marche était de plus en plus nécessaire à sa détente et à son organisme. Il salua donc très poliment et se lança le long de la place dans une ballade salvatrice.




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Lun 17 Sep - 23:10
C’est en braves cavaliers que les trois comparses se dirigèrent vers la cité de Phillia, depuis les banlieues même de la cité universitaire de Mihailov. Toutefois, quelques jours avant leur départ préparé sans grand soin mais tout de même avec une avance qui bien que minimaliste saurait être bénéfique, l’ancien étudiant et Emissaire prit la peine de faire part des présents évènements à l’un de ses bons amis.
Avec un peu de chance, il recevrait sa missive suffisamment tôt pour ne pas louper cet évènement. Certes, pour un homme d’Aquaria, le point de vue religieux d’un pays hérétique, tel que Ventus, n’a que peu de valeur, mais la présence en ces lieux d’un document rejeté par l’Eglise elle-même devrait attirer son regard ecclésiaste bien qu’il ne soit l’auteur d’aucun d’entre eux. Avouons, sans l’avouer véritablement, que le jeune homme aurait souhaité que son regard, de spécialiste sur la question, se penche sur l’authenticité d’un tel document, de la valeur à lui accorder. Puis, il faut bien avouer qu’observer l’expression de son ami dépité face à un tel affront envers le divin avait de quoi lui tirer un franc sourire. Ni voyons là aucune forme de sadisme mais plutôt une taquinerie fraternelle… De mauvais goût, mais tout à fait amicale.

Année 762, 17 Février – Phillia, la monotone d’importance.

« Religion » est un mot qui n’apparait que rarement entre les lèvres de Ryd qui ne la prend en considération qu’assez rarement. Fils d’une croyante d’Aquaria, bafouant son culte pour l’amour d’un homme et Emissaire du messager lui-même, il faut bien admettre que cette position peu religieuse reste étrange. Il n’ira pas contre dire l’existence du Messager étant donné qu’il lui a démontré son existence en comparaison au référentiel que l’on retrouve aisément dans les livres. Par contre, celle de Watos n’est pas justifiée pour l’instant, et maintenant encore, il ne pourrait pas dire si Ehol lui-même est un mage bénéficiant d’une rare puissance, une anomalie, une bizarrerie naturelle ou bien l’envoyer d’une divinité.
Dans tous les cas, en ce jour, il restait troublé quand à la situation, l’Eglise conservant un texte allant à son encontre … De deux choses l’une, soit l’Eglise s’embarquait dans un kidnapping lettré ou bien celle-ci ne devait pas être particulièrement Eholienne.

Sur la place pavée de dalle blanche reflétant le soleil dans un albédo presque dérangeant, des hommes vêtus de toges blanches et surtout encapuchonnés tels des flammes blanches coniques, pointues et acérées … Ridicule, troublant même.
Pendant le discours introductif du guide, que l’Emissaire n’écoutait que d’une oreille et d’une oreille distraite en plus, il recherchait dans le paysage, des faits marquants, des têtes remarquables. Mais rien, personne. C’est finalement Eloan lui-même qui le sortit de sa torpeur à coup de plaisanteries sur la légèreté du discours. A laquelle il répondit d’un simple haussement des épaules et sur le même ton.

« Tu n’es pas assez pur pour bénéficier des pures poudres divines mon pauvre, ta langue brûlerait sous son feu… Pour peu qu’elle se consomme oralement… Je ne veux pas en savoir plus, non, non… »

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Dim 23 Sep - 22:24
Les visiteurs étaient nombreux aujourd'hui encore. Elliot avait constaté que depuis quelques temps, le nombre de personnes intéressées par 'Le Livre' ne cessait d'augmenter. Les Ventusiens étaient avant tout avare de nouveautés, de curiosités, et pour un tel pays enfoncé dans l'ignorance, et pourtant fort de son prétendu savoir, cette nouvelle pièce au mystérieux puzzle du monde, devait être un trésor. Oh oui, un trésor, l'occasion d'affuter à nouveau leurs langues de vipères et de trouver quelque fallacieux argument leur permettant de rejeter ce culte qui aurait anéanti tous leurs privilèges.
Mais il ne leur en voulait pas. Lui-même avait été Ventusien. Il l'était encore de nom, résident sur le pays, payant ses impôts et contribuant à le faire prospérer, mais son coeur était dans un lieu bien plus haut, bien plus pur. L'héritage familial, mais il y avait autre chose, oui, cette chose qui avait estompé tous ses doutes, tous ses questionnements.

La Vérité.


"Cette église est récente, elle a été bâtie il y a un an de cela, suivant les plans des églises et clochers d'Aquaria. Les matériaux en sont toutefois bien différents, pour des raisons pratiques. Les prêtres ont pensé qu'élever rapidement le clocher sur de solides fondations était plus important que soigner son apparence."

Une leçon que de nombreuses personnes devraient mettre à profit. Après tout, une église n'était qu'un artefact, un lieu où se réunissaient les croyants pour partager leur foi, leurs espérances, leurs desseins, et pour se rapprocher de Watos. Une simple pièce pouvait être une église, une rivière, une clairière même. Tant qu'il y a des croyants, tant qu'il y a une foi, une église existe.

"... Nous y voilà"

Et après avoir parcouru la longue allée parsemées de bancs - vides, pendant cette tranche horaire réservée aux visites - après avoir observé les frises et les dessins muraux représentant la vie d'Ehol, ils parvinrent à une porte, grande ouverte, mais surveillée par deux hommes.
C'était une petite salle.


___________

Au sein de la ville, rien ne sortait de l'ordinaire. Certes, les hommes en capes blanches continuaient leurs incessants va et vient, errant semblait-il sans réel but, s'arrêtant parfois pour parler aux habitants qui ne semblaient pas plus inquiets que cela de leur présence. En réalité, ils faisaient presque partie du paysage de Philia, et se seraient fondus avec le décor si de telles tenues n'étaient pas le comble de la marginalité à Ventus.
Des robes blanches. Etrange, non ? Etrange pour quoi ? Le blanc n'était pas interdit à Ventus, pas plus que l'extravagance qui était même presque une norme. Oui, après tout, c'était peut-être normal.

Aucun des habitants ne semblait vraiment faire attention à ces hommes, mais le circuit qu'ils opéraient dans la ville était bien particulier. Toujours le même, ils marchaient le long de la rue de l'Eglise, contournaient le café puis s'engageant dans une nouvelle rue, bifurquant, encore et encore, sans semblait-il de but précis, si bien que leur trajet semblait des plus chaotiques, et à la fois, des plus ordonnés.
Et la vie s'écoulait ainsi lentement, sans que leur existence fût un problème pour quiconque.


- Hep, M'sieur, tu peux nous envoyer la balle?

Derrière un petit mur, dans ce qui semblait être un simple jardin, un jeune garçon gesticulait. Son ballon venait de quitter leur petite aire de jeu et de percuter le bâtiment d'en face, rebondissant lourdement au sol et roulant le long de la légère pente que formait la rue. A ce rythme là, le ballon se retrouverait à l'autre bout de la ville! Ils devaient le récupérer, et coup de chance! Quelqu'un passait justement par là à ce moment précis.

- La balle, là!

Et il pointa furieusement du doigt l'objet qui s'éloignait en accélérant.

__________________

- Les Révélations. Ecrit de la main de Saint Ehol en l'an 7 de notre ère, le langage est un peu vieux, comme nombre de manuscrits de cette époque, mais nous l'avons entièrement traduit.

Au fond de la pièce se situait un piédestal sur lequel reposait le livre, ouvert sur une page qui ne semblait pas choisie au hasard. La pièce était simplement surveillée par deux hommes, et tous les visiteurs s'étaient amoncelés pour apercevoir l'ouvrage. Ils ne pouvaient pas déchiffrer ce qui y était écrit à une telle distance, mais les membres du clergé n'auraient pas pu tolérer de faire courir un tel risque à leur si précieux exemplaire. La pièce était éclairée par de multiples bougies sur les murs, murs d'ailleurs très joliment décorés, scintillant de signes de toutes sortes, des phrases en langage ancien se poursuivant dans toute la pièce, comme s'il s'agissait d'une histoire accessible uniquement aux esprits les plus érudits.
L'homme effectua le signe d'Ehol devant le livre, avant de se retourner vers les visiteurs.


- Pour des raisons évidentes de conservation, vous ne pouvez pas toucher ce livre, mais nous en avons une copie parfaitement exacte dans l'autre pièce, ainsi que plusieurs versions en langage courant.

Cette église semblait réellement conforme aux plans des églises d'Aquaria, à la différence notable que les pièces arrières - souvent les anti-chambres et les salles de préparation des prêtres - semblaient plus grandes qu'à l'accoutumé. Surement une Eglise qui avait été prévue pour accueillir plus de fidèles, et donc de prêtres.

- Nous allons procéder à une lecture à la fin de cette visite, vous avez peut-être d'ores et déjà quelques questions ?

______________

Alors alors, c'est assez calme des deux côtés, André alors que tu parcourais la ville sans réel but - faut bien passer le temps entre deux visites xD - un ballon en cuir a heurté l'un des bâtiments à quelques mètres de toi et la gravité faisant son œuvre, et finalement retombé, a quelques peu rebondit et roule maintenant joyeusement vers l'autre rue. Le récupérer, l'ignorer, courir après dans une descente épique de la rue en tendant les bras ? A toi de voir. Note également qu'il n'y a personne autour à part toi et ces enfants.

Pour ce qui est de l'église, après une visite commentée sur son architecture et son histoire, ainsi qu'un bref détail de l'origine du culte et du mythe d'Ehol, vous êtes finalement parvenus à une pièce dans le fond de l'Eglise, où se situe le livre. Pour ceux qui ont l'oeil, le sol fourmille de nombreuses runes, qui forment une sorte de décoration assez intéressante, et les murs sont aussi ornés de gravures en tout genres, comme une belle tapisserie.
Une belle tapisserie, mais si vous les déchiffrez, ça ressemble quand même étrangement à des formules magiques, traduit grossièrement ça donne quelques chose comme:

"Elevez-vous, flammes, ô vagues invincibles dans l'océan déchainé,
Que votre feu consume, qu'il défie même la mort et les péchés,
Si ces terres un jour se retrouvent violées. "


Et à première vue, ça vous dit pas grand chose.

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Jeu 27 Sep - 11:05
Pour l'heure de la visite, il y avait tout de même beaucoup de monde, c'était la preuve que cet événement, ce livre nouveau, dont la renommée avait été accrue par le terme « apocryphe » alors attribué par l’Église elle-même. Ironie du sort, sans doute n'aurait-il pas eu ce coup de pub de l’Église, il serait à présent peut-être moins visité.
Dans tous les cas, Eloan et Leodagan suivait la visite d'un œil curieux. Enfin Leodagan n'était pas un éminent adorateur d'architecture et de religion, il n'était venu que par curiosité, et sur la demande de son ami. Au contraire, si Eloan pouvait bien faire quelque chose à cet endroit et à ce moment précis, il scrutait d'un œil avide de suspicion et défiance. Car une chose l'une, si l'Eglise elle-même s'était mêlée de cette affaire, il ne fallait pas oublier qu'il s'agissait soit d'une grosse plaisanterie, jusqu'alors bien tournée, ou alors de quelque chose arborant une ampleur bien autre. Parcourant une grande allée, il y avait des représentations d'Ehol, des dessins muraux et des frises, tout semblait conforme à l'Eglise. Eloan en avait visité des Eglises pourtant, aussi bien à Ventus, chez son ami Smendès, qu'à Aquaria.
Mais enfin, l'attente et le summum de la visite déferlèrent, dans une infime salle. Au fond de celle-ci, trônait sur un piédestal, un livre. Aux premiers abords, ce ne fut pas le livre qui laissa perplexe le conférencier de Mihailov, car un livre restait un livre, et tant que l'on ne pouvait pas l'ouvrir et le feuilleter, cela n'apportait guère d'éléments croustillants. En revanche, la salle en disait bien davantage, les murs, le sol étaient parsemés d'écriture en langue ancienne. En soi, ce n'était pas une nouveauté, car les Églises arborait habituellement quelques devises, et maxime, mais il fallait avouer qu'il y en avait beaucoup en ce lieu, beaucoup trop. Eloan attarda son regard sur le sol, entre les pieds des gens entassés, tant bien que mal, et le plus discrètement possible, puis il en vint aux tapisseries, qui exhibaient beaucoup de caractères, mais en y regardant de plus près, et touchant à des formules magiques quasiment tout au long de ses journées, Eloan fut frappé en les déchiffrant d'un seul coup d’œil, et s'y reprit même à plusieurs fois pour en avoir le cœur net. Il y avait bien écrit, au second vers, et clairement, le mot « feu », il s'agissait sans équivoque d'« Ignis », le feu, et par extension ensuite, la nation du feu. Cette inscription laissa l'enseignant pantois un instant.
C'est alors que le prêtre demanda s'il y avait des questions, cela réveilla de suite Eloan, comme éveillé par un coup de tonnerre, c'est alors qu'il se glissa entre les gens, les poussant légèrement pour s'approcher de son locuteur, en disant :
    « - Oui, oui ! J'aurais une question. en étant maintenant tout près, je ne suis guère initié à la langue ancienne, pourtant on reconnaît sur le mur aisément le mot « Ignis », chacun sait qu'il s'agit du feu, par le nom de la nation homonyme. Je ne crois jamais l'avoir vu sur les murs de mon humble église à Omnia, pouvez-vous m'expliquer ces écritures ? »

Eloan feignait de ne pas savoir ce qu'il retournait de ces runes, et de passer pour un homme commun, pour le moins curieux. Ce n'étaient plus des devises religieuses, mais des runes magiques. Sait-on jamais, il aurait peut-être une réponse croustillante de la part de l'hôte et aurait-il suscité l'intérêt des autres visiteurs. D'autant plus qu'il fallait poser des questions, car si c'était pour passer à la lecture d'un livre religion, non merci, ça aurait été deux minutes, mais pas plus, à moins qu'il fût digne d'intérêt... Sait-on jamais ? Peut-être mentionnait-il aussi la toute puissance du feu purificateur cité dans les runes.




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Dim 30 Sep - 22:47
La visite continuait. Reno écoutait poliment les explication du guide quand à l'architecture du bâtiment, mais il n'en prenait guère note. Il était érudit, pas architecte. Il était là pour le livre, pas pour connaître la matière dont étaient fait les murs.

Puis finalement, ils arrivèrent devant une grande porte gardée dont le contenu n'était qu'évident, désormais.


<< ... Nous y voilà >>

La porte s'ouvrit sur la petite salle. Le livre y siégeait comme une relique... une relique qui n'attendait que d'être volée... et dans ce genre de situation, un piège se trouvait forcément là.

<< Les Révélations. Ecrit de la main de Saint Ehol en l'an 7 de notre ère, le langage est un peu vieux, comme nombre de manuscrits de cette époque, mais nous l'avons entièrement traduit. >>

Le troupeau se resserait vers l'entrée, n'offrant pas à Reno la vue qu'il aurait souhaité, mais il a pu voir le livre, ouvert à une page précise, sûrement pas par hasard. Il a aussi pu voir les gravures en langue ancienne éclairée par des bougies.

<< Pour des raisons évidentes de conservation, vous ne pouvez pas toucher ce livre, mais nous en avons une copie parfaitement exacte dans l'autre pièce, ainsi que plusieurs versions en langage courant. >>

Des copies ? Des copies dont l'authenticité ne dépendait que de la bonne foi des écrivains. Reno voulait voir l'original afin de se faire sa propre idée de l'ouvrage.

<< Nous allons procéder à une lecture à la fin de cette visite, vous avez peut-être d'ores et déjà quelques questions ? >>

Un des visiteurs bougea et Reno put ainsi voir un peu mieux les gravures. Des runes, visiblement. Des pièges qui s'activeront si quiconque s'approchait trop. Il ne pouvait lire précisément la plupart des runes par soucis d'angle, mais une tapisserie au mur offrait un point de vue suffisant pour en déchiffrer quelques mots. Visiblement, ça parlait d'élévation de flammes, de feu consumant quelque chose en défiant mort et pêché si un jour une terre venait à être violée »... pour quelqu'un qui pratiquait la magie du feu, cette psaume en disait long : si quelqu'un met le pied dans cette salle, il périra dans les flammes. Si seulement il n'y avait pas autant de monde autour de lui, si seulement il pouvait être seul, il pourrait étudier ces runes afin de s'assurer qu'elles étaient bien pourvues de magie et ainsi confirmer ses soupçons. En attendant, cette menace soulevait lot de question. Par exemple...

<< Oui, oui ! J'aurais une question. Je ne suis guère initié à la langue ancienne, pourtant on reconnaît sur le mur aisément le mot « Ignis », chacun sait qu'il s'agit du feu, par le nom de la nation homonyme. Je ne crois jamais l'avoir vu sur les murs de mon humble église à Omnia, pouvez-vous m'expliquer ces écritures ? >>

Reno avait envie de répondre, mais il s'en abstint. Il voulait d'abord entendre l'explication du guide. Ensuite, il interviendra et donnera son avis sur la question et pourra alors poser la question qui lui brûle les lèvres : « ou est le véritable ouvrage ? ». S'ils étaient prêt à rôtir le premier intrus venu, ils ne risqueraient pas leur trésor dans les flammes de leur piège. Cela signifiait que soit ce livre était un faux et le véritable était ailleurs, soit tout ceci n'était qu'une grossière mascarade.

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Mar 2 Oct - 21:59
André Caéli commençait à se sentir mieux. A force de marche, les spasmes nerveux avaient disparus et seul une nervosité supérieure à sa normale demeurée. Il poursuivait tranquillement l’ascension d’une longue rue tout en pente et, en se retournant, remarqua qu’à force de pente douce, une sacrée descente se déroulait en dessous de lui. Un bruit mat se fit entendre derrière lui et il se retourna, apercevant une ombre jaune et roulante devant lui.

- Hep, M'sieur, tu peux nous envoyer la balle?


Il ne comprit pas de prime abord qui venait de l’interpeler. Il remarqua à l’aide d’une rapide inspection qu’il s’agissait d’un enfant derrière un petit muret.

- La balle, là !

Une balle toute jaune se dirigeait vers lui à une vitesse qui s’élevait rapidement. Le petit enfant, comme on en trouve des millions dans les villes de Ventus, se trouvait être très agité par le ballon, comme si le récupérer était d’un intérêt majeur. Après quelques millisecondes de réflexions, André Caéli pensa qu’au vu de la dégringolade qui l’attendait, ne pas le récupérer très vite, c’était probablement le perdre et que donc si, en fait, pour cet enfant, récupérer son ballon était probablement un enjeu important.

Le jeune technomage tendit donc ses muscles, prêt à bondir sur la balle. En général, le café aide à cette tension qui permet à l’Homme, au guerrier mais aussi à la bête de se déployer ensuite.
Et si les lions avaient pu boire du café, il aurait surement été au-dessus de l’homme dans la chaine alimentaire. Et ce serait une bonne idée de roman farfelu pensa t’il.

Dans un excès de confiance en soit, il décida de la shooter avec les pieds, certains de la renvoyer directement dans le jardin du petit garçon qui continuait de s’agiter de manière insupportable.

BAM

La balle s’envola dans les airs. Le café, la nervosité, l’absence complète d’étirement depuis ce matin et le manque de jugement lié à la fatigue (et à sa très lointaine pratique de tout jeux de balles) lui fit mettre une mine qui s’envola par-dessus le jardin, à la manière d’un ballon plus ovale, et même par-dessus le bâtiment dans d’autres rues, vers des zones plus plates mais hors de vus. Comble de la gaucherie, Caéli se retrouva par terre, déséquilibré par son tire, penaud et imbécile sur les pavés de Philia ; et en unique commentaire l’enfant qui le regarde avec des grands yeux et qui lui sors

-Ah ben c’est malin. Et je fais comment maintenant ?



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Dim 7 Oct - 0:09
Pour une Eglise du culte d’Ehol, les fondations semblaient bien modernes et éloignées des habitudes des prêtres d’Aquaria dont l’empressement ne fait pourtant pas la réputation. Quoi qu’il en soit, le jeune Emissaire poursuivait la visite dans un état d’esprit constant et plutôt volatile. En accordant une oreille relativement distraite, il arrivait sans grand mal à délayer l’important de l’inutile dans le discours du guide qui n’hésiterait probablement pas à enjoliver la réalité des choses.

Eloigné du groupe de quelques pas – principalement pour éviter l’attroupement – il prenait son temps, quitte à se déphaser. Les lieux n’avaient que peu à envier aux monticules des contrées pieuses d’Albio, si ce n’est la monotonie du village de Philia dont l’importance gonflée avec le temps. Les murs n’étaient pas bâtis dans une roche, toutefois les gravures et les tentures, qui les paraient, se rapprochaient sans aucun doute des habituelles accessoires religieux.
Finalement convier à s’entasser dans une pièce ridiculement petite, quoi qu’agréablement agencée, manifestant un piédestal au fond, centré, suffisamment éloigné du troupeau de visiteur en quête de savoir, de potins, de questionnements … Très rapidement, Eloan, ainsi qu’un petit groupe de personne s’avancèrent pour mieux voir. Pourtant le plus intéressant ne se trouvait pas derrière ces quelques mètres et cette vitrine probablement surveillée par des dispositifs tout droit sortis des fin fonds d’Aquaria. Si toute fois ce culte étrange, se faisant passer pour culte d’Ehol, provenait bien de la Cité Religieuse et pas d’ailleurs.

Sur la retenue, Ryd prit le temps d’approcher les murs accessible pour en palper la surface, des mots y étaient gravés, pas très profondément mais suffisamment pour ne pas disparaitre avec le temps, tout du moins pour les vingt prochaines années. De même pour les tentures, fraichement taillées et positionnées. Ce genre d’architecture a de quoi surprendre lorsque l’on conserve à l’esprit l’image des abus d’Aquaria quand il s’agit de religion.
Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’en reculant quelque peu qu’il comprit et que ses doutes se transformèrent en une sorte de conviction potentiellement ou partiellement erronée. Tout dans les termes laissait transpirer le piège et l’inadéquation avec le pays dans lequel le lieu de cultes trouvait refuge. Tous les termes traduisaient une trahison envers l’esprit même des prêtres d’Aquaria dont la magie ne saurait se tourner vers un tel esprit de « purification par les flammes ». A cela venait s’ajouter qu’un autodafé restait très peu probable pour un prêtre ou pour un érudit tout court.

Finalement, il reprit la place qui lui revenait de droit en observant les visiteurs. Parmi ceux-là, il y en avait un qui captait son attention plus que les autres. Un homme don l’habit lui rappelait à n’en pas douter ceux d’Ignis, quoi de plus troublant, à Ventus, qui plus est dans une Eglise. Tout en gardant l’œil sur ce dernier, le jeune homme s’approchait du piédestal – à distance permise – jusqu’à ce que son bon ami ne lâche la question fatidique, celle qu’il n’aurait pas poser. Après tout pourquoi se prêtre, de plus en plus intrigant, lui répondrait en toute honnêteté si la réponse n’est pas digne de son image ? A vrai dire, rien. Il en reste que la réputation des hommes en blanc envahissant Philia, les inscriptions en langue ancienne, la présence d’un livre précieux dans un droit qui pourrait voler en flamme, mais surtout la nature contradictoire de ce livre envers l’Eglise participait aux convictions de l’Emissaire.

« Outre ces maximes peu communes, bien que la question semble tout à fait légitime. Pour quelles raisons l’Eglise conserve-t-elle un écrit de cette nature, et surtout pourquoi l’exposerait-elle à la vue de tous dans un pays comme Ventus ? »


Il aurait bien ajouté qu’il ne comprenait pas pourquoi un livre rejeté par l’Eglise n’était pas prestement enfermé dans les sous-sols du Saint-Prêtre, après tout si l’Eglise refuse son existence, elle devrait plutôt le cacher là où personne ne pourrait le voir.

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Mer 10 Oct - 18:37
Elliot fut quelques peu surpris des questions qu'on lui adressa. Il s'attendait à des interrogations sur la nature du livre, sur les nouveaux préceptes qu'Ehol avait transmis au monde, ou simplement sur la nature même de l'ouvrage. Mais contre toute attente, la première question ne concernait pas le livre mais la pièce en elle-même. Malgré ce qu'il affirmait, cet homme devait être très instruit, il s'intéressait non au simple objet de la visite mais à son environnement, et était capable de déchiffrer des runes en langue ancienne, même s'il s'agissait de l'une des plus connues.

"Il est commun pour les lieux religieux d'arborer des textes de l'ancienne langue. Souvent, il s'agit d'extraits des textes sacrés. Parfois ce sont de simples conseils, ici on dirait une ligne de conduite. Les flammes sont assimilées aux vagues de l'océan, une manière de s'ouvrir à un élément souvent méprisé. Elles purifient et détruisent les péchés, comme le font les doigts de l'émissaire des flammes."

Le jeune homme sourit en prononçant la dernière phrase, parcourant du regard les runes inscrites dans toute la pièce. Toutefois, le visiteur avait raison sur un point: ce n'était certainement pas le mot le plus utilisé dans les temples d'Aquaria, naturellement tournée vers la bénédiction et l'amour de Sofia, plutôt que vers la fureur d'Elena. Enfin, ces gravures-ci étaient récentes, elles ne dataient pas de la création du temple mais avaient été ajoutées à posteriori, très récemment d'ailleurs, afin d'éclairer ce nouveau culte. Enfin, il ne pouvait pas leur en parler encore, pas tout de suite. Les mots n'auraient d'ailleurs été que trop peu de choses face à la Vérité.

Elliot reporta alors son attention sur l'autre personne, qui posait une question... moins intéressante.
Un Ventusien, jusqu'à la moelle.


"Et bien, pour quelle raison un pays comme Ventus devrait-il y renoncer ? Il est bien inutile de prêcher en territoire conquis, nous apportons simplement la lumière à ceux qui en ont le plus besoin. Quant à cet ouvrage, un livre écrit de la main d'Ehol a toute sa place au sein du lieu qui honore son culte, ne pensez-vous pas ?"

Justement parce que c'était Ventus, ils devaient d'autant plus consentir à faire des efforts pour diffuser leur parole. Le chemin vers la Vérité pouvait sembler obscur, mais Elliot ne doutait pas une seconde que ces habitants finiraient par y être réceptifs, comme lui l'avait été. Tout était affaire de temps et de persévérance, et chaque nouvelle âme qu'ils recueillaient était pour lui le plus grand des succès.

Il parcouru la foule du regard, et constata que les visiteurs étaient pour la plupart dubitatifs, voire impatients. C'est vrai, ils ne venaient pas ici pour observer le fond d'une Eglise, mais bien pour en apprendre davantage sur le culte d'Ehol et consulter ce livre. Il ne devait pas les faire attendre plus longtemps.


"Continuons"



Le projectile en cuir prit son envol, fendant l'air tel une flèche habile, avant de subir les effets de la gravité et de retomber dans un épouvantable fracas. Apparemment, le ballon avait heurté une fenêtre.

- Oh... C'est pas moi cette fois!!

Le jeune garçon regarda l'homme qui s'était effondré sur le sol ainsi que l'endroit où la balle avait, au loin, supposément atterri. Ah, si le ballon était entré dans l'entrepôt, ils étaient dans de beaux draps. Enfin il, après tout c'était l'homme bizarre qui avait tiré sur la balle, pas lui, il était tout bonnement innocent!

- Mais c'est notre seule balle... et puis s'ils le découvrent ça va nous retomber dessus. Tu devrais y aller.
- Heiiiiiin ? Mais j'y suis pour rien!
- C'est notre seule balle...

Le jeune garçon grommela contre lui-même, et franchi la barrière qui le séparait du joueur improvisé. S'il avait ramassé cette balle, ça aurait été tellement plus simple, à quoi pouvait-il bien penser ? En plus il n'y avait absolument personne dans les rues à cette heure-ci... Bon, en fait c'était peut-être mieux pour eux.
Luc s'approcha de l'inconnu, qui lui paraissait particulièrement inoffensif, et pointa du doigt la forme d'un espèce d'entrepôt un peu plus loin. La balle avait dû tomber par là.


- T'es pas d'ici toi, hein? Nous on a pas le droit de l'approcher cette maison là, alors si tu pouvais récup' la balle... en plus c'est toi qui l'a lancée!

Demander une faveur n'était pas trop son truc. Mais vu la réaction du jeune homme, ou plutôt son absence de panique chronique d'avoir heurté ce bâtiment, il était évident qu'il s'agissait d'un touriste. Il avait une bonne tête, surement quelqu'un de gentil, même si c'était un adulte. Alors quoi, aller chercher une balle n'était pas si terrible que ça, non?

- Je t'accompagne jusqu'à la grille. C'est par là, err, vaut mieux prendre un raccourci ou on va croiser les blanchisseurs.



Le groupe de visite poursuivit son petit tour et entra finalement dans la dernière pièce de l'église, qui semblait avoir été réaménagée en salle de lecture pour l'occasion. Une table avec plusieurs exemplaires du livre était disposée sur la droite, et quelques personnes distribuaient des prospectus à la sortie. Deux hommes en robes blanches étaient installés au fond, attendant la fin des visites pour procéder à la lecture et à l'explication du livre, le cœur même de 'l'attraction'.

Le groupe précédent était semble t-il toujours présent, seule une vingtaine de minutes séparait chaque groupe, et il était plus simple pour les clerc de lire et de discuter avec deux groupes plutôt qu'un seul. C'était aussi plus intéressant, plus enrichissant, et bien moins fatiguant. Certaines personnes semblaient même avoir passé leur après-midi ici, à parcourir les lignes des récits d'Ehol ou à s'entretenir avec les croyants.


- Je reste à votre disposition si vous avez des questions, vous pouvez profiter d'un peu de temps pour vous relaxer ou consulter les écrits, la lecture commencera bientôt.

A vrai dire, les préparatifs étaient déjà en place. Les acteurs principaux attendaient simplement le signal. Cette fois encore, la majorité des touristes étaient des aristocrates de Ventus, cela se percevait au premier coup d’œil, seuls quelques hurluberlus semblaient faire tâche dans cette scène. Ah, il y a toujours des brebis galeuses, mais des brebis toujours à convertir.

Et il n'avait jamais failli à cette tâche




Ahah, ça fait moins peur qu'à Terra hein ? XD
Bref, la visite touche à sa fin, vous êtes dans une pièce identique à la précédente, mais plus grande, un peu plus vaste qu'une salle de cours de Mihailov, la pièce s'étend en fait surtout en longueur. A droite vous avez une table où reposent des extraits du livre, et les fameux exemplaires consultables par le public. Plusieurs sont déjà entre les mains des visiteurs, il reste plusieurs exemplaires en langue courante, des brochures ornées d'extraits, et enfin la fameuse copie du livre. Cette dernière a une couverture simple où il est écrit "les Révélations". Malheureusement c'est l'exemplaire non traduit, donc en langue ancienne, du titre jusqu'à la toute dernière rune. Il faudrait plusieurs heures pour le lire en entier.
La lecture commencera au prochain poste PNJ.

André de ton côté le magnifique shoot que tu as effectué a eu pour conséquence d'envoyer la balle dans un entrepôt, un peu étrange en centre-ville. Luc t'accompagne jusqu'à l'entrée, tu peux lui parler, ou même ne pas le suivre si tu veux mais ça serait vache XD De l'extérieur ça ressemble à un bâtiment normal, sauf qu'il y a un gros trou dans une des vitres, on se demande pourquoi...
Y'a personne de visible aux alentours, et tu peux rentrer, mais faut passer un grillage pour atteindre la cour intérieure.

Bonne chance ^^

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Sam 13 Oct - 0:24
Inspectant toujours la pièce d'un œil discret et inquisiteur, Eloan furetait de son regard, ci-et-là, à la recherche d'indices. A son sens, pour se faire son propre avis sur l'émulation qu'avait inspirée et engendrée cette dite-relique du temps retiré du preux Ehol, l'enseignant de Mihailov était venu à cette visite en tant qu'enquêteur, en tant que fouineur, certes. Ce n'est pas tout, mais il avait un avis à se forger sur la religion, et cette discordance qu'il y avait entre le Culte d'Ehol, représenté à Aquaria, et celui-ci, mentionné apocryphe par cette dernière, laissait Eloan des plus dubitatifs. Il y avait beaucoup de variante du culte, c'était incontestable, mais depuis l'arrivée de ce livre, ce culte-ci avait vraiment concentré tous les regards sur lui, peut-être trop au goût du blondinet ventusien.
Après avoir assez fureté, écouter la réponse du prêtre occupa la plus grande part de son attention, déjà grandement émoustillée. Mais on peut dire que la réponse de son locuteur le laissa des plus perplexes et accrût de nouveau son intérêt. S'il eût pu le faire, ses yeux aurait arboré l'allure altière et digne, mais surtout ronde et risible d'une chouette... Alors, comme cela, des flammes pouvaient être des vagues... Ah, étrange, Eloan n'y aurait jamais pensé... Mais une seule conclusion lui vint subséquemment... Il voulait bel et bien fumer ce qu'avait fumé le prêtre avant la visite, ce ne devait pas être n'importe quoi ! Malgré cela, une autre partie de la réponse l'interpella. Mais il y méditait, pour l'instant, et après avoir aimablement dodeliné de la tête en signe de réponse au prêtre, ce dernier fût interpellé par Ryd, d'une manière fort rude qui contenait moult vilenies. Il est clair que l'étudiant n'avait pas fait preuve de beaucoup de doigté, et Eloan en aurait bien grimacé de déplaisir, gesticulant ses mains et tirant la langue, en guise d'exaspération. Heureusement la réponse du prêtre, cette fois-ci, lui sembla plus crédible que celle de sa propre question.
Enfin l'homme d'église pria impérativement la troupe d'avancer dans une nouvelle salle. Mais Eloan resta dans cette salle-ci, et avait retenu Leodagan en lui tirant vivement sur la manche. A présent ils étaient tous les deux dans la salle.
    « —  Qu'est ce qu'il y a ? murmura Leodagan à l'oreille d'Eloan, qui, seul, laissait tomber sa perplexité à nue, une main sur le menton, et un sourcil relevé.
    — Rien, je réfléchis, et je n'avais pas envie de rester seul, alors reste là, s'enquit-il, tandis que son locuteur roulait des yeux, tant sa réponse ne le surprenait pas de la part d'Eloan. A vrai dire, ces écritures me paraissaient étranges, mais les paroles du prêtre m'ont rendu encore plus perplexe...
    — C'est-à-dire ? »
Eloan ne répondit pas sur le moment, il repensait aux paroles du prêtre : « ici on dirait une ligne de conduite. Les flammes sont assimilées aux vagues de l'océan, une manière de s'ouvrir à un élément souvent méprisé. ». Alors comme cela, il fallait revenir aux flammes ? Et il s'agissait d'une ligne de conduite ? Le prof de Mihailov relit alors en boucle les inscriptions sur le mur...

« Élevez-vous, flammes, ô vagues invincibles dans l'océan déchaîné,
Que votre feu consume, qu'il défie même la mort et les péchés,
Si ces terres un jour se retrouvent violées. »
Plus il les lisait, plus cette « ligne de conduite » lui paraissait abstraite. Comment pouvait-on parler de ligne de conduite, alors que ces écritures mentionnaient un feu destructeur ? Il ne s'agissait en rien d'une ligne de conduite humaine, alors que l'on apostrophe des flammes ? Cela n'avait à proprement-parler pas de sens. De plus, un feu pouvait-il vraiment défier la mort, et les péchés ? A moins de prendre le sens du mot défier au sens de « concurrencer », mais dans ce cas, pourquoi une parole sainte parlerait de concurrencer la mort en son dessein propre ? C'était purement invraisemblable et irréaliste. Et enfin, qu'indiquaient les inscriptions en parlant de « ces terres », serait-ce Ventus, serait-ce Albion ? Eloan n'en avait strictement aucune idée ici.
Dans tous les cas, ce texte mentionnait des flammes dites purificatrices d'un culte censé prôner l'eau qui s'étendraient sur des terres qui seraient violées...
Eloan sortit de ses courtes méditations et répondit à son ami succinctement :
    — Je crois que ça sent le roussi...
L'interlocuteur sourcilla un peu mais cette phrase dite, Eloan pinça de nouveau la manche de son acolyte et le tira à sa suite dans l'autre salle, sans qu'il n'ait le temps de répondre aux questions de son ami. Cette salle, à première vue, s'allongeait dans l'espace et formait un lieu de lecture. Avait été disposée une table, recouverte de nombreux ouvrages, sur la droite, et au fond, toujours aussi tape-à-l'œil, deux hommes candides et sans aucun doute bienveillants. Eloan, accompagné de Leodagan, s'approcha des ouvrages, les feuilleta un instant, mais se dirigea vers le prêtre, qui avait de nouveau accepté de répondre à des questions :
    — Excusez-moi, je me posais une question... Je me demandais comment avez-vous découvert cet ouvrage et quand ?




Spoiler:
 

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Mar 16 Oct - 18:53
Les questions qui ont été posées ont eu l'air de surprendre le guide. Pourquoi ? La seule hypothèse qui venait à Reno était qu'il ne s'attendait pas à ce genre de questions. Logique, il devait croire que les gens venaient juste pour le livre et des question sur l'architecture et les runes étaient inattendues.

<< Il est commun pour les lieux religieux d'arborer des textes de l'ancienne langue. Souvent, il s'agit d'extraits des textes sacrés. Parfois ce sont de simples conseils, ici on dirait une ligne de conduite. Les flammes sont assimilées aux vagues de l'océan, une manière de s'ouvrir à un élément souvent méprisé. Elles purifient et détruisent les péchés, comme le font les doigts de l'émissaire des flammes. >>

Reno plissa le front. Cet homme prenait visiblement les visiteurs pour des idiots, mais lui n'en était pas un. Sa théorie du piège se confirmait maintenant. Ils n'étaient pas dans une église d'Ignis mais à Ventus. Des psaumes parlant de flammes, même métaphoriquement, n'avaient rien à faire ici sinon pour piéger d'éventuels cambrioleurs.

<< Outre ces maximes peu communes, bien que la question semble tout à fait légitime. Pour quelles raisons l’Eglise conserve-t-elle un écrit de cette nature, et surtout pourquoi l’exposerait-elle à la vue de tous dans un pays comme Ventus ?
- Et bien, pour quelle raison un pays comme Ventus devrait-il y renoncer ? Il est bien inutile de prêcher en territoire conquis, nous apportons simplement la lumière à ceux qui en ont le plus besoin. Quant à cet ouvrage, un livre écrit de la main d'Ehol a toute sa place au sein du lieu qui honore son culte, ne pensez-vous pas ?>>

... ça se tenait, Reno devait bien l'admettre... et de toutes façons, il s'en moquait un peu. Il commençait à croire que cette histoire de bouquin était une pure mascarade...

La visite reprit et se termina finalement dans une salle de lecture où se trouvaient des exemplaires du livre. Reno nota la présence de personnes distribuant des prospectus à la sortie et deux hommes en blanc dans la salle. Il y avait déjà du monde ici, probablement des gens du précédent groupe qui attendaient l'heure de la lecture.


<< Je reste à votre disposition si vous avez des questions, vous pouvez profiter d'un peu de temps pour vous relaxer ou consulter les écrits, la lecture commencera bientôt. >>

Reno attrapa un des exemplaires du livre et le feuilleta en vitesse puis le reposa aussitôt. Non, pas de copies... ça pouvait bêtement être de faux ouvrages contenant une version erronée de l'original... en admettant que ce dit original existe et soit bel et bien de la main d'Ehol.

Bon, il ne voulait pas rester bêtement là à ne rien faire pendant une période indéterminée. Reno se dirigea vers le guide pour lui poser quelques questions et, une fois près de lui, il se fit couper l'herbe sous le pied par des voyageurs.


<< Excusez-moi, je me posais une question... Je me demandais comment avez-vous découvert cet ouvrage et quand ? >>

... deux des questions que Reno allait poser. Tant qu'à faire, il rajouta les autres par dessus

<< Et aussi, pourquoi risquer la perte de votre livre en cas d'intrusion ? C'est une belle pirouette de faire croire que les inscriptions dans la salle sont de simples maximes mais, étant originaire d'Ignis, j'ai plutôt l'impression que ce sont des runes ayant pour fonction de mettre le feu en cas d'intrusion. >>

Il avait volontairement baissé le ton pour éviter que la salle soit alertée. S'ils ont décidé de faire croire au peuple qu'il s'agissait de simples maximes, il devait bien y avoir une raison... et Reno voudrait bien savoir laquelle.

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Lun 5 Nov - 20:56
André Caéli se laissa guider par le petit garçon jusqu’à un bâtiment ceint d’un virage ; ils ne croisèrent pas d’hommes habillés de blanc lors de ce trajet entre les ruelles de la ville. Enfin ils débouchèrent devant un bâtiment de grande taille. Il semblait vide et avait l’air d’un entrepôt mais le cadenas sur la grille à l’entrée de la clôture lui donnait un aspect plus mystérieux… et dangereux aussi. Le genre de situation qu’on ne rencontre que dans les livres. Et à l’intérieur m’attend une secte de dément entrain d’ourdir un plan machiavélique (de Machiavel, qui n’a surement jamais existé dans ce monde) pour détruire le monde. Et il les arrêterait.

C’est ici ?

C’est ici.


C’est pas très engageant comme bâtiment. Mais enfin ça m’a l’air vide. Ils s’approchèrent donc du cadenas à l’entrée, qui semblait particulièrement solide. Mais enfin il était possible d’escalader ce grillage. Magie ou pas de magie ? Allez on va être raisonnable.

Moi je ne vais pas plus loin. C’est interdit ensuite.


Interdit ? Mais pourquoi ? Tout cela me semble vraiment étrange, mais enfin, je dois aller chercher ce ballon. Pour tout dire, le jeune mage réprimait les questions qui l’assaillaient sur cette interdiction et le mystère qui entourait de plus en plus ce bâtiment. Mais il se tut et d’un geste souple, se hissa en haut du portail puis l’enjamba. Le garçon le regardait à la fois effrayé et admiratif. Pourtant ca n’a rien d’exceptionnel. Ce petit est vraiment étrange.

Il avança jusqu’à la fenêtre que son ballon avait proprement brisée. Elle était trop haute pour qu’il puisse voir à travers mais on n’apercevait par cet ouverture aucune lumière ni aucun bruit. Quelques bouts de verres, encore attaché à la fenêtre le dissuada de s’y suspendre et lui fit rebrousser chemin vers la porte où il s’arrêta hésitant. Que faire ? Dois-je taper pour m’avertir et simplement demander le ballon ou je vais à l’aventure et j’improvise si je tombe sur le propriétaire… tout est silencieux et l’aventure a un certain gout. Et puis ce n’est pas comme si la situation était vraiment dangereuse. Et voilà que je replonge dans mon imagination de tout à l’heure. Tant pis. Bon allez j’y vais.

Il se tourna vers l’enfant qui le regardait un peu apeuré et lui fit un grand sourire.

Sois prudent !

Ne t’inquiète pas, je te ramène ta balle tout de suite.

Puis il tourna la poignée et pénétra dans le bâtiment.



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Jeu 29 Nov - 12:47
C'était un entrepôt banal. Non, vraiment, la banalité dans son essence, la nature, le concept même de banalité. Au centre de la pièce reposait un ballon, illuminé par la lumière d'un carreau brisé. Et à quelques mètres de là sur la gauche, des débris de verre éparpillés sur le sol. Une caisse, sur la droite, qui siégeait là pour une raison obscure et que le ballon avait dû heurter.
Oui, pour résumer, l'entrepôt était désespérément vide.

Il s'étendait sur plusieurs dizaines de mètres, enchevêtrement de poussières, de pierres et de bois où trainaient ça et là cordes et clous. Rien qu'une autre vision de l'ordinaire.

Lorsqu'il se rapprocha du ballon toutefois, l'intrus put distinguer, dans le silence morbide et solitaire de ce lieu, des voix. Que murmuraient-elles ? D'où provenaient-elles ? Elles n'étaient à nulle place où ses yeux pouvaient se poser, mais il pouvait les entendre. Plus profondes, plus étouffées... comme si elles résonnaient sous ses pieds. De faibles voix, ou peut-être trop profondes. Et dans ce brouhaha, quelques mots étaient identifiables.


- ... Irae... *murmure incompréhensible* ... nobis...

C'était un très bel écho, comme si plusieurs voix se confondaient en une seule.
Enfin, les gens tenant une réunion secrète pourraient tout de même parler plus fort, par respect pour les espions!


- ... Angelus...

... La caisse ?

________________________________________

Certains des visiteurs s'éclipsèrent, mais une dizaine d'entre eux souhaitaient apparemment rester pour écouter la lecture. Aujourd'hui encore, ils pourraient transmettre leur parole, et recruter des fidèles! Elliot était resté à disposition des visiteurs, si la plupart d'entre eux s'en étaient allés chercher leurs réponses auprès du texte sacré, deux d'entre eux l'avaient rejoins. Le premier était cet homme curieux de tout à l'heure, le second... un visiteur lambda qu'il n'avait d'ailleurs pas vraiment remarqué, si ce n'était pour soin manque flagrant de bon goût vestimentaires. Oh, que Raziel lui pardonne, il ne devait pas juger autrui.

Enfin, cet homme ne l'aidait pas vraiment.


<< Et aussi, pourquoi risquer la perte de votre livre en cas d'intrusion ? C'est une belle pirouette de faire croire que les inscriptions dans la salle sont de simples maximes mais, étant originaire d'Ignis, j'ai plutôt l'impression que ce sont des runes ayant pour fonction de mettre le feu en cas d'intrusion. >>

Elliot écarquilla les yeux, failli faire un pas en arrière avant de reposer son regard sur l'individu qui lui faisait face. Il disait venir d'Ignis? Ah, cela expliquerait volontiers son manque de manières, mais qu'un Ignisien finisse par s'intéresser à la religion... quelle espèce de ruse était-ce là? Non, était-il véritablement sorti des dogmes infâmes de ce pays décadent ? Il le scruta quelques secondes du regard, et se mit à rire, repensant à ce qu'il venait de dire.

- Allons allons, vous ne me ferez pas avaler cela, depuis quand les Ignisiens savent-il lire ?

Il se mit à rire quelques secondes, ne parvenant guère à contrôler son spasme, avant de croiser le regard quelque peu réprobateur d'une de ses collègues.

- Ah, je plaisante je plaisante. C'est vraiment une bonne chose que vous soyez là aujourd'hui, mais je ne parviens toujours pas à comprendre comment un Ignisien parvient à déchiffrer la langue ancienne, n'est-elle pas prohibée dans votre pays? Ah, mais suis-je bête c'est à moi de répondre à vos questions, pas l'inverse. Hum, il se tourna vers le premier visiteur, ce livre a été découvert il y a 12 ans lors d'une vente aux enchères d'un particulier. Un habitant de Philia, rendez-vous compte! Des membres de l'Eglise l'ont alors retrouvé et authentifié, et il s'est retrouvé ici.

Il fit une petite pause, le temps que les auditeurs comprennent bien ce qu'il avait dit, et il reprit, pour répondre aux interrogations de l'ancien Ignisien.

- Vous l'avez dit vous-même, nous ne mettrions pas le livre ainsi en danger, ce sont de simples maximes. S'il s'agissait de runes de flammes, les prêtres les auraient depuis longtemps effacées.

Acquiesçant à lui-même, il entendit le signal de la lecture. Un des hommes en blanc frappa à plusieurs reprises dans ses mains afin d'attirer l'attention de tous les spectateurs, et annonça qu'une lecture et discussion d'un des extrait allait débuter. Il leur fallait choisir un extrait marquant, qui démontrerait à la fois que le livre était bien une parole d'Ehol, et à quel point celle-ci pouvait compléter la pensée, trop limitée, de l'Eglise d'Aquaria. Le second homme en blanc récupéra l'une des copies du livres, et l'ouvrit précautionneusement, presque solennellement, à une certaine page.

- Les révélations, chapitre sixième: "En cette nouvelle ère, le frère aidait le frère, et le crime disparut. Les homme s'ouvrirent les uns aux autres, et il n'y eut plus de conflit qui ne se régla par la parole. De chaque homme s'éleva un sage, et de chaque femme naquit un ange. Car en toutes les femmes sommeil un ange, un pur messager de l'amour, l'incarnation de l'espoir et de la beauté.
Cherchez vos anges, car lorsque vous les aurez trouvés, jamais plus vous ne vous égarerez."


Sa voix était belle. Grave et solennelle, il s'exprimait avec l'éloquence d'un prince et la profondeur d'un sage. Il tourna la page, et poursuivit.

- "Sofia et Elena furent mes anges, messagères de l'amour et du courage, elles furent mes guides et mon salut. Je leur donnai la Vérité, et elles me rendirent l'Absolu. Je prie aujourd'hui pour que cette ère dure à jamais, et si elle devait s'éteindre avec moi, je sais que d'autres naitront, mes futurs messagers, qui pourront à leur tour éveiller les anges.
Reconnaissez mon nom, Ehol, reconnaissez Albio et Tristan, car nos pouvoirs n'auraient pu naître sans la bénédiction de nos anges. Et un jour viendra où le monde sombrera dans l'inquiétude, où le frère frappera le frère, et où de nouveaux anges s'éveilleront.
Cherchez vos anges, ils seront à jamais la clé de votre salut.
La clé de la vérité, la clé de votre pouvoir."


Le discours arriva à son terme, un étrange silence régnait dans la salle et il entreprit alors de lire ce même passage en langue ancienne. Le discours fut identique, il demeurait quelques imprécisions ou libertés de traduction que quelques génies auraient pu déceler, mais la traduction était somme toute très bonne. Il conclut alors le second discours par un "Dona Nobis Pacem" plus solennel, et effectua à son tour le signe d'Ehol.
Il parcouru la salle du regard, et prit la parole une nouvelle fois.


"Avant de poursuivre, car je pense que vous avez plusieurs questions, j'aimerai vous présenter quelqu'un."

Il leva la main vers le fond de la salle, derrière ses auditeurs, et une jeune fille qui s'était tenu là tout le long du discours s'avança au centre de la pièce, se frayant naturellement un chemin entre les personnes; elle devait avoir une vingtaine d'années, peut-être un peu plus. Elle avait de longs cheveux descendant en cascade dans son dos, d'une couleur oscillant entre le roux et le brun, et portait des vêtements simples. Ses traits étaient ceux d'une jeune fille, mais elle s'avançait avec une assurance qui aurait fait pâlir la noblesse de Terra.

"Voici Lina. Il y a de cela plusieurs mois, elle a fait la rencontre d'une certaine "personne". Une démonstration valant mieux que toutes les paroles, je vous demanderai de vous reculer de quelques pas. Lina?"

Elle acquiesça, et jeta quelques regards anxieux aux personnes l'entourant; se montrer ainsi en public n'était pas trop sa tasse de thé, mais pour cette fois, elle devrait faire avec. Elle vit les personnes s'éloigner, ferma les yeux, et, au moment où elle les rouvrit, sans qu'aucune parole ne soit prononcée, une volée de petits papillons de feu se mit à la cerner, tournant légèrement autour de son corps avant de disparaitre dans une volée de petites sphères oranges.

"Cette jeune fille est la nouvelle émissaire du feu"

_______________________________

Alors alors, côté André, je pense que tout est dit dans le post, tu entends des voix en langue ancienne près de la caisse (probablement dessous hein, dedans ça serait franchement zarb XD). Tu es toujours libre de laisser parler ta curiosité ou pas, que tu suives le chemin tracé ou pas, quelque chose se passera dans tous les cas, à toi de voir comment tu sens ton personnages.

Pour les trois autres...

Spoiler:
 

Alors ce pouvoir vous affecte t-il ou non? Cela dépend grandement de votre personnage (et PNJ), si la phrase prononcée n'est pas "strictement impossible" pour votre personnage, alors oui, le pouvoir vous affecte. A partir du moment où votre personnage pense que "Ah peut-être..." il en est immédiatement convaincu et pense "C'est le cas".
Ici, une jeune fille vient de faire apparaitre des flammes sans incantatio. Si vous êtes complétement athés et n'avaient jamais envisagé la possibilité que les émissaires puissent exister, la révélation ne vous fera rien dans un premier temps, mais elle vient quand même de faire un truc de fou, si vous êtes du genre à envisager plein de possibilités... vous finirez peut-être par envisager celle-ci xD.
Si pour vous les émissaires ont un jour existé et peuvent reparaitre (que vous les considériez comme des très hauts mages de l'époque ou de vrais êtres divins) alors cette fille est pour vous l'émissaire du feu.
Ryd, à moins d'avoir une preuve irréfutable qu'elle ne l'est pas par la suite,tu considère donc Lina comme ton homologue.
Pour les autres, nous allons voir ça avant que vous ne postiez la réponse. En tous les cas sur les 15 personnes présente, dix sont déjà persuadées qu'elle est l'émissaire^^

Je pense que vous commencez à cerner la difficulté de cet event, je vous souhaite bon courage, vous en aurez besoin xD

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Ven 30 Nov - 0:36
Après avoir posé sa question, Eloan n’eut pas le droit à une réponse rapide, il eut droit à une intervention de pignouf en puissance, vêtu d’une tunique de voyage Ignisienne, rien de plus sommaire. Décidément, ces derniers temps, il pensait attirer les pignoufs, et étrangement, on ne pouvait vraiment savoir pourquoi, mais tous les pignoufs semblait avoir un air de famille ! Dans tous les cas, son intervention convenait tout à fait la délicatesse d’un charretier d’Ignis, guère mieux dans l’absolu. Puis, niveau courtoisie, merci, quand on est l’hôte de quelqu’un qui nous reçoit, il y a un minimum de politesse à avoir, tout de même ! Mais quoiqu’il en soit, son intervention était assez rentre-dedans, mais allait à l’essentiel, car c’était une question qui se posait, à l’évidente.
A la réponse de l’homme d’Eglise, Eloan laissa s’échapper un rire franc qui s’allia à celui du prêtre. Au moins, ils avaient un humour similaire. Après tout, où résidait le mal de se moquer de pignouf d’Ignis ? Enfin, le prêtre répondit à la question du jeune enseignant. Il paraissait sûr de lui, tout ce qu’il y avait de plus véritable. Mais au point de dire que l’ouvrage avait été authentifié par l’Eglise, alors qu’il est surtout connu pour être considéré comme apocryphe, on pouvait aisément se dire que cette église-ci se trouvait être en fait une branche de l’Eglise, avec sans doute une profession de foi quelque peu différente ou altérée.

Ensuite, un homme frappa dans ses mains, appelant tout le monde au silence, pour commencer la lecture du manuscrit, c’était l’un de ces hommes à capuche blanche, qui le rendait aussi suspicieux que le Roi Iskandar, déguisé en majorette, tutu rose et ballerines toutes neuves. Subséquemment, il fit la lecture du livre biblique, en langue courante, puis en langue ancienne, ce qu’Eloan trouva appréciable, la traduction était en substance assez fidèle. Néanmoins, au fur-et-à-mesure de la lecture, quelque chose chiffonna Eloan. Lui qui avait tant passé de temps, à lire, à traduction, voire, plus rarement, à commenter les styles d’écriture bibliques de l’ancien temps, il ne trouva pas la langue aussi archaïsante, le passage était assez moderne en soi, aussi bien par le vocabulaire employé que par les tournures. Certes, ce n’était pas de la langue d’aujourd’hui, celle que l’on parle à Aquaria, car la langue évolue tous les jours, et plus les jours passent, et plus elle se transforme et mute. En tant que spécialiste de la langue, c’est le travail quotidien d’analyser les évolutions et phases de la langue ; il en avait par ailleurs déjà fait quelques essais. Dans tous les cas, si Ehol avait vraiment écrit ce texte, soit il était vraiment à la page dans son temps, pour écrire à un état de la langue aussi postérieur, soit, de plus d’avoir potentiellement un pouvoir illimité, il pouvait voyager dans le temps… Boarf, grosse élucubration. Cette lecture laissa Eloan très dubitatif quant à l’authenticité de ce texte, et pas des moindres.

De façon inattendue, il introduisit quelqu’un dans la salle, une jeune femme, somme toute élégante, d’un pas que l’on trouve si rarement assuré. Ses cheveux, oblongs et auburn, flottaient délicatement à sa suite, sommairement, elle était habillée de façon banale, mais un peu intimidée, semblait-il. Après avoir écouté les paroles de l’encapuchonné, à propos de Lina, qui avait rencontré une « personne » plusieurs mois auparavant, les yeux saphiréens d’Eloan s’amarrèrent sur l’attraction du moment. S’étant placée au milieu de la foule, elle ferma les yeux, et quand elle les ouvrit, une multitude de papillon de braise l’entoura quelques instants avant de s’éteindre dans un souffle très éphémère. L’enseignant n’en fût pas vraiment surpris, il attendait encore où tout cela allait pouvoir mener, jusqu’à ce que le prêtre affirme qu’il s’agissait de l’émissaire du feu. Tout de suite, c’était comme si un mécanisme d’autodéfense contre le divin s’enclencha dans le cerveau d’Eloan, il se mit à chercher tous les indices qui pouvaient compromettre cette affirmation. Il pensa que la « personne » antérieurement citée était en fait Ehol. Impensable, il ne pouvait y avoir un don de pouvoir comme celui-ci, c’était purement inconcevable. Et, depuis le temps que ces visites duraient, et depuis le temps mentionné de l’apparition de cette dite Lina, rien ne coïncidait, ce ne pouvait être logique, et Lina ne pouvait pas sortir de nulle part. Si cette démonstration semi-publique avait déjà eu lieu, la rumeur aurait déjà parcouru les quatre contrées d’Albion, et Aquaria elle-même aurait saisi le dossier au vol. Et enfin, des petits papillons de pacotilles ne prouvaient rien du tout, c’aurait pu être un artifice, ou bien un sort gestuel ou runique, après tout, avec tout le monde qu’il y avait dans cette salle, même quelqu’un d’autre aurait pu lancer ce sort. De plus, l’œuvre apocryphe était aussi étrange que toute cette mise en scène. En somme, tout restait à prouver.

L’enseignant, comme électrocuté par cette procession, aussi bien dans son orgueil contre le divin, que contre cette amoncellement de contre-preuves, s’extirpa de la foule, bien malgré la vigilance de Leodagan, qui, lui, avait été surpris par la démonstration. Il se posta à quelques mètres de la jeune femme et attira les yeux de tous, qui étaient encore ébahis par l’annonce. Il lui sourit gracieusement, et lui fit une révérence bien basse, à sa manière si adroite et élégante :
    « — Cher Ange, soi-disant », commença-t-il, en souriant encore, et en sortant de sa poche un mouchoir qu’il tendit devant lui. « Sauriez-vous, s’il vous plaît, embraser ce mouchoir ? » Eloan avait grandement besoin de tester, d’évaluer ce qui se déroulait sous ses yeux, et rapidement, sous peine de rester profondément troublé pour un temps indéterminé, répugnant à la stagnation stérile de la frustration. Aussi, pour se prémunir en cas de souci majeur, Eloan murmura quelques mots, très bas : « membrana aquoso corpori vestiat », alors sa main, discrètement, se couvrit d’un fin liquide protecteur. Aussi, il fallait vraiment fixer sa main pour le voir, mais en ce moment même, les yeux de tous étaient rivés vers Lina, scrutant sa réaction.




Spoiler:
 

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Ven 30 Nov - 14:12
A première vue, l'homme semblait surpris par l'intervention de Reno puis...

« Allons allons, vous ne me ferez pas avaler cela, depuis quand les Ignisiens savent-il lire ? »

Dit-il avant de rire, ce qui agaça Reno qui ne put réprimer un...

« Sans doute depuis aussi longtemps qu'on a découvert qu'un homme d'église était un excellent combustible. Je me suis toujours demandé combien de temps il fallait pour en réduire un en cendres. On essaie ? »

Certes, Reno n'était pas forcément très fier de ses origines Ignisiennes, mais il n'en demeurait pas moins originaire de ce pays et issu d'une noble famille, aussi morte soit-elle désormais. Et ça ne sera pas ce pseudo prêtre qui lui prouvera le contraire. D'ailleurs, depuis quand les prêtres sont-ils aussi irrespectueux ?

« Ah, je plaisante je plaisante. C'est vraiment une bonne chose que vous soyez là aujourd'hui, mais je ne parviens toujours pas à comprendre comment un Ignisien parvient à déchiffrer la langue ancienne, n'est-elle pas prohibée dans votre pays? Ah, mais suis-je bête c'est à moi de répondre à vos questions, pas l'inverse. Hum, ce livre a été découvert il y a 12 ans lors d'une vente aux enchères d'un particulier. Un habitant de Philia, rendez-vous compte! Des membres de l'Eglise l'ont alors retrouvé et authentifié, et il s'est retrouvé ici. »

Un livre religieux découvert dans une vente aux enchères ! Mais bien sur ! Et tout le monde sait également que c'est dans l'anus d'une vache qu'on a découvert la première pépite d'or !

« Vous l'avez dit vous-même, nous ne mettrions pas le livre ainsi en danger, ce sont de simples maximes. S'il s'agissait de runes de flammes, les prêtres les auraient depuis longtemps effacées.
- Dans ce cas ça ne vous dérangera pas si je fais une visite à l'intérieur de la pièce le temps de vérifier vos di... »

Il fut interrompu par un homme qui frappa dans ses mains. Visiblement, c'était assez important pour que tout le monde se rassemble et Reno fut mis en plan. Bon sang, à quelques instants près il aurait pu dévoiler la supercherie. Il en était convaincu, maintenant, tout était trop bancal pour que ce livre aie vraiment été rédigé par Ehol.

La lecture ne le passionna pas plus que ça. De un parce que ça parlait juste d'amour, drôle de sujet pour un livre supposé changer la vision du peuple sur la religion, et de deux parce que, malgré la fidélité de la traduction, il y avait quelques anicroches entre les deux version. Reno n'avait, pour le moment, qu'éffleuré les connaissances de la langue ancienne, mais il y avait quelques mots qui ont été mal traduit. Le plus étonnant était qu'avec ces mêmes connaissances, il aie trouvé le langage ancien assez récent. Ehol n'était-il pas sensé avoir vécu à l'époque où le langage était encore plus ancien ? Enfin, il n'en savait pas assez pour en être sur. Il faudra d'abord qu'il approfondisse ses connaissances sur l'ancienne langue.


« Avant de poursuivre, car je pense que vous avez plusieurs questions, j'aimerai vous présenter quelqu'un. »

Ce quelqu'un s'avança. Il s'agissait d'une femme, plutôt jolie et gracieuse. Mais il y avait quelque chose de familier chez elle. Un peu trop flou pour que Reno sache quoi mais familier quand même.

« Voici Lina. Il y a de cela plusieurs mois, elle a fait la rencontre d'une certaine "personne". Une démonstration valant mieux que toutes les paroles, je vous demanderai de vous reculer de quelques pas. Lina? »

La scène qui suivit apporta la réponse Reno pour ensuite en laisser une nouvelle. Des papillons de feu dansèrent autour de la femme. Elle venait d'Ignis, voilà la sensation familière qu'il avait éprouvée. Mais comment ? Comment a-elle fait pour utiliser la magie sans incanter ?

« Cette jeune fille est la nouvelle émissaire du feu »

Emissaire ? C'était possible ça ? … ouais, pourquoi pas, après tout, ça tombait sous le sens. Il n'était pas impossible qu'à force de pratique magique on développe la capacité d'employer la magie sans incanter et atteindre le rang qu'avaient les émissaires d'Ehol.

*J'arriverais bien à faire pareil un jour, et plus encore. Je compte bien prouver au monde que je peux devenir Dieu, que n'importe qui peut être Dieu.*

Mais... des papillons de feu ? C'était trois fois rien, ça ! Même Ehol pouvait invoquer des chiens de feu, alors pourquoi un sort de si bas niveau ? Quitte à montrer l'étendue de ses pouvoirs d'émissaire, autant faire plus spectaculaire encore, un véritable feu d'artifice ! Etrange...

« Cher Ange, soi-disant. Sauriez-vous, s’il vous plaît, embraser ce mouchoir ? »

L'homme qui avait posé une question au guide s'était avancé pour mettre à l'épreuve l'Emissaire. Bonne idée, tiens. Reno voulait tester les capacités d'un soit disant « élu de Dieu ». Il fallait réfléchir encore un peu pour mettre au point une épreuve qui dévoilera le véritable potentielle de cette femme.

Pour le moment, il fallait voir si la femme pouvait mettre le feu au mouchoir. Reno ne regardait pas le mouchoir en soit mais les lèvres de la femme. Si elle les remuait ne serait-ce qu'un peu, ça serait le signe qu'elle a bel et bien incanté.

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Ven 30 Nov - 19:03
Caéli pénétra dans l'entrepôt qui se révéla être étrangement vide. Cela ne manqua pas de le surprendre; Ventus étant une puissance capitaliste, un espace de stockage de cette taille aurait du être utilisé pour entreposer des marchandises. Or celui-ci était à l'évidence désaffecté. Pire, on avait la forte impression qu'aucune marchandise n'avait jamais transitée par ici; pas de structure métallique ni portants, pas de plateformes, pas de divisions ni même une salle qui aurait pu être le bureau d'un éventuel contremaître. Bref, le vide industriel le plus complet, la friche de toutes productions.

Devant lui, le ballon était illuminé d'un rayon de lumière ce qui ne manqua pas d'étonner le jeune écrivain. Si Watos existait, ce qui était bien évidemment exclu, il avait, malgré sa non-existence, un sacré sens de la mise en scène. Non sérieusement, la probabilité pour que ce ballon finisse dans le raie de lumière que laissait une fenêtre après avoir percuté la seule caisse de l'entrepôt (sur laquelle on reviendra hein !) et tout ça après avoir été tiré à l'aveugle à plusieurs dizaines de mètres de distance. Non sérieusement, si j'avais ce talent de la mise en scène dans mes livres, mes écrits auraient dépassés les limites des mondes civilisés pour atterrir comme bouquin de chevet du brutal Iskandar, si ce dernier sait lire toutefois.

Quand à la caisse que le ballon avait à l'évidence percutait, elle ne ressemblait à rien. Pas assez grande pour vraiment comporter des marchandises, elle contenait probablement quelque chose sinon le ballon l'aurait surement renversé. André Caéli s'approcha donc du ballon pour récupérer ce dernier quand il fut interrompu par un étrange bruit. Une sorte de murmure qui emplissait l'air de manière diffuse et inaudible. En se dirigeant vers la caisse, il put remarquer que le bruissement s'intensifiait. Le héros se fit donc de plus en plus silencieux et arriva jusqu'à la caisse. Dans le silence pesant de l'entrepôt, le brouhaha indistinct se transforma en une sorte de litanie chantaient très faiblement par des voix d'hommes probablement.

- ... Irae... *murmure incompréhensible* ... nobis...

De plus en plus cela faisait penser à une mélodie comme un chant d'église. De la langue ancienne ? Ici ? L'écrivain ferma les yeux pour essayer de comprendre plus de mot mais les voix étaient trop grave et malgré l'unisson évident, le tout restait très difficile à distinguer.

-- ... Angelus...


Colère... Souvent... Ange. Et bien tout ça est curieux. Ca pue le délire mystique et pourtant je me demande ce que ça peut bien cacher. Dommage qu'Eloan ne soit pas là, ça l'aurait intéressé Un instant Caéli se demanda si il n'était pas plus sage de filer à Mihailov pour aller en avertir son ancien professeur et de revenir à deux pour éclaircir ce mystère. Mais cela aurait pris un temps fou et ces gens n'allaient surement pas rester sagement enfermer dans cette cave jusqu'à la fin des temps. Et puis les hommes en blanc dans la ville lui était bien sur restait en tête.

Des incantations en langue ancienne en même temps que cette campagne de publicité pour blanchisseuse. Mais bien sur. Et c'est quoi l'étape suivante ?? Un enlèvement d'enfant ?

Il fallait bien admettre que tout cela était très étrange et semblait du coup fortement corrélés. De ces deux indices pouvaient on facilement induire l'existence d'une secte, satanique ou non, ou d'une partie dissidente de l'Eglise pas forcément trop déclaré. Et que le livre sacré dans la cathédrale de cette ville devait sacrément intéressé. S'en était même peut être l'origine qui sait... après tout on ne sait pas si Ehol avait vraiment écrit ça.

Bon et bien il va falloir tirer ça au clair par moi-même. Pourtant tout cela pue le délire mystique sacrément. Encore des tarés qui se prennent pour des envoyés de dieux. Le jour où ils comprendront que la religion n'est qu'une invention humaine pour survivre ou dominer, alors le monde sera enfin débarrasser.

Caéli soupira donc et sorti son petit moleskine et le stylos dont il s'était servi plutôt pour écrire. Quelques runes ne feraient pas de mal avant d'aller discuter avec des gens qui parlent la langue ancienne. Sait on jamais. Hum. Une canicule, un contrôle du brasier et peut être un embrasement d'objet. Son regard se posa sur le ballon. Définitivement Et sur la caisse aussi. Sureté est mère de prudence.

Quelques secondes après, le stylos à plume ayant fait son oeuvre, Caéli se leva et regarda la caisse. Bon et bien quand il faut y aller Et empoignant l'objet à deux mains, il le déplaça dans un bruit sourd de raclement pour découvrir une trappe en bois.

Bon maintenant qu'ils ont bien compris que je suis là, on va pouvoir aller les saluer. Et il ouvrit la trape





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Mar 11 Déc - 0:52
Satisfaction. Un sentiment partagé. Bien évidement, la réponse ne remplissait pas ses attentes et plus les choses allaient, plus il remettait en cause la sincérité de celui qui lui faisait face d’un ton moralisateur … Il n’en dit pas plus pour autant, les choses se compliquaient et il se sentait l’envie de quitter les lieux pour investiguer tout le mensonge de ce culte. Rien de tout cela ne ressemblait à vraiment à Ehol. Rien de plus qu’un montage étrange entre une architecture éloignée des codes – une déviance culturelle –, un langage déphasé, des réponses variables et vacillantes, si ce n’est intangible avec ce qu’il devrait être. Pourtant le bon peuple de Ventus semblait émerveillé par ce qu’il refusait quelques heures plus tôt. Toutefois, s’il devait lui accorder une chose, l’Emissaire admettait bien qu’en terme de persuasion et de répartie, leur guide était muni d’un organe bien fourni. Hautain à souhait, il avait ce don pour balayer les doutes et réflexions peu plaisante.

« Que votre feu consume » leurs convictions. Un prosélytisme religieux dans toute sa splendeur, mené de front par un groupe inspiré d’un culte et probablement déviant dans ses propres fondements. Tout du moins, ce sont les conclusions auxquelles l’Emissaire parvint après un rapprochement avec les quelques temps qu’il a passé auprès du jeune et optimiste – à l’extrême – Ehol.
Fermement installé sur son siège, il se saisit de deux exemplaires du fameux texte à l’authenticité encore infondée. L’un au dessus de l’autre, il cherchait quelques informations au travers des pages, en passant d’une langue à l’autre. S’il observait quelques défauts de traductions bien surprenantes pour une traduction venant probablement d’Aquaria, il n’eut guère le temps de parcourir suffisamment les pages pour se faire une opinion fixe et déterminée sur sa qualité. En effet, l’un des encapuchonnés – allumés – prit la parole pour lire quelques pages finement choisies. Comme l’Emissaire l’aurait prévu, sa lecture s’appuyait sur un passage relatant la position plus que favorable de la femme. Un choix des plus judicieux pour un peuple jurant par la liberté et élevant la femme jusqu’aux plus hautes sphères, si bien que certains osent l’affirmer, si la femme n’est pas au pouvoir, au chevet de son homme elle le mène là où il se trouve. Et il ne serait pas surpris que cette image du culte soit la plus appréciée de ce pays. Le sourire en coin, il admettait fort bien le talent de l’orateur, une élocution digne des Hauts Prêtres d’Aquaria et un choix fédérateur.

Bien qu’il prête finalement plus d’attention au silence du guide qu’au récit, qu’il écoutait tout de même d’une oreille distante, il fit un bond et un seul lorsqu’il entrevit une jeune femme qui s’approchait. Voilà pourquoi ce passage, tout était donc prévu. Après quelques pas de chat, la sentence retentie dans un nuage de papillons rouges …

~
Pendant ce temps – Les rues de Phillia.
Le voyage d’Aquaria à Phillia n’est pas des plus désagréables, pourtant il est long, horriblement long. D’autant plus pour un jeune adulte, magicien de sa patrie ne résistant pas au besoin de parcourir un pays qu’il ne connait que trop peu. Emris – d’Aluis – n’a que peu voyagé durant sa vie. Sortir d’Aquaria est fort dépaysant et il faut bien admettre que les croyants du culte ne sont pas toujours accueillis un bouquet de roses à la main, d’autant plus ceux qui se destinent à servir son Eglise. Dans son voyage, il prit du retard, si bien qu’à son arrivée dans le patelin qui attirait tant l’attention, soit disant, il était hors de question pour lui de participer à une lecture du livre désavoué.

A vrai dire, la question ne s’est pas vraiment posée. Manquant de recevoir une balle en pleine face, il fit rapidement quelques pas en arrière avant d’émettre un profond soupire de soulagement. Finir son voyage dans une clinique, que ce serait désespérant. Et surtout, finir dans une clinique de Ventus, il en frissonnait d’avance.
Alors qu’il pestait mentalement contre le manque de croyance de ces gens, et surtout contre leur aspect critique si faible et pourtant borné, un homme et un jeune garçon lui passèrent devant. D’après leur dialogue, il conclut que celui-ci s’avérait l’auteur du tir qui manquait de le dévisager quelques minutes plus tôt. Marchant à pas modéré, il les suivait de près l’air hagard, jusqu’à ce qu’il découvre qu’en plus de chercher à le tuer, cet homme s’avérait être un brigand, un malfrat, un … Et qu’il escaladait avec une certaine classe le grillage qui le séparait de sa proie – un hangar. Une fois proche de l’enfant, il entreprit un dialogue avec celui-ci.

« Je vois, en plus de chercher à tuer des passants, il veut en finir avec la vie, c’est ça ?
– Il cherche ma balle.
– Tu es donc complice !
– Complice de ma balle, oui. » Sans même détourner le regard du bâtiment.
– Et pourquoi ne vas-tu pas la chercher par toi-même, après tout, les enfants ça chahutent, sa grimpent, sa fait les singes, non ?
– Je ne passe pas les grilles c’est interdit. »

Hum … Surprenant, mais si c’est interdit, c’est qu’il doit y avoir quelque chose d’intéressant à l’intérieur. C’est sur cette réflexion, qu’Emris se perdit dans un tourment duquel il ne sortirait qu’une fois qu’un évènement l’y convierait.

« Faut-il y aller ? Oui, mais c’est interdit. Peut-être que mon assassin aura besoin d’un coup de main … Il me doit une dette, s’il meurt, je m’assis dessus ? Est-ce moral d’aller à l’encontre d’une loi pour l’intérêt de ma curiosité ? Ehol … montres-moi la voie … » Quand nous parlions d’une fâcheuse habitude à l’indécision.

~

Salle de lecture.
Bien des façons permettaient de générer ce genre d’artifices. Des méthodes purement humaines – assez peu convaincantes – et d’autres purement magiques. Toutefois, les incantations ne sont pas les seules à pouvoir générer ce genre d’effet, les runes ou même certains pactes peuvent donner l’illusion … Pourtant, lorsque l’homme leur annonça qu’il s’agissait de Sophia, l’Emissaire du Feu, ou tout du moins sa « réincarnation Eholique », Ryd eut l’étrange sensation que ses doutes s’envolaient ou tout du moins s’enfouissait face à ce qui lui semblait être une vérité pratiquement évidente.

Non loin d’Eloan, il scrutait la pièce à la recherche du guide, d’Eliott, il le trouvait étrangement silencieux. Puis, après qu’Eloan ait proposé à la demoiselle de ruiner son mouchoir, il s’en allait lui poser ses propres questions, mais fut interrompu par un autre, plein de bonne volonté et d’envie d’en savoir plus. Sa question s’avérait d’ailleurs des plus pertinentes :

« C’est fabuleux, Ehol existe donc réellement ? Comment est-il ? A quoi ressemble-t-il ? Comment apparait-il aux Hommes ? Comment devient-on Emissaire ? »

Il est vrai que l’image d’Ehol est des plus déformées par rapport à la réalité, et Ryd le savait mieux que quiconque. Pour éviter de surcharger la jeune femme de question, il prit le parti d’attendre et de murir les siennes sur la base des réponses apportées aux premières. Pendant ce temps, il jetait des coups d’œil furtifs sur chaque individu, scrutant avec une discrétion diabolique, les réactions farouches ou intéressantes. Une chose lui semblait toutefois certaine, elle devait être bien inconsciente ou manipulée pour révéler ainsi sa nature.

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Jeu 13 Déc - 23:43
Il se passait quelque chose d'étrange. C'est du moins ce qu'avait rapidement compris le prêcheur lorsqu'on lui annonça qu'une personne était entrée par effraction dans le temple. Fort heureusement, il ne se trouvait guère loin des lieux lorsque cela se produisit, et pourrait même peut-être intervenir avant que les choses prennent une mauvaise tournure. Dire qu'un étranger venait de lui passer entre les pattes et de briser l'un des interdits de la ville... il ne le laisserait pas filer comme ça.
La curiosité étant un bien vilain défaut, seules deux catégories de personnes pouvaient avoir réalisé telle performance. Un voleur, pas très malin pour opérer en plein jour et dans un entrepôt désert alors que de nombreuses habitations sont présentes aux alentours; ou un enquêteur ou quelque saboteur tentant de réduire à néant leur ordre. Peut-être même un envoyé de l'Eglise, ou des espions de l'armée, ce n'était pas les potentiels ennemis à la Vérité qui manquait.

Il fit rapidement prévenir le grand prêtre par un de ses collègues et rejoint le temple, connu par tous les habitants de Philia comme un entrepôt ordinaire et interdit. Il aperçut un enfant ainsi qu'un jeune homme attendant quelque chose devant le grillage, surement ses complices.


- Ahem, pourrais-je savoir ce qui vous fascine dans ce grillage? C'est une propriété privée.

Il jeta un rapide coup d'oeil au bâtiment, apercevant que la porte d'entrée était entrouverte et qu'une vitre était brisée.

- Qui êtes-vous?
___________________

Un succès total. L'audience semblait comblée, presque toutes les personnes présentes étaient désormais persuadées de l'identité de Lina. Toutes? Non! Car il restait encore quelques âmes à convertir... ah, c'était bien Ventus! Ils avaient cette fâcheuse manie de se voiler les yeux même en face de la plus pure lumière, pour se terrer dans leur obscurité. Mais après tout, ils étaient là pour les aider. La chose eut-elle était simple, une mise en scène pareille n'aurait pas été nécessaire. Toutefois, le changement récent de politique des prêcheurs et de l'émissaire laissait le jeune Ventusien perplexe. Pourquoi dévoiler l'identité de Lina alors qu'ils l'avaient cachée jusque là? La seule explication qu'il y trouvait, c'est que sa Sainteté devait être entré en action. Ah, ses desseins lui étaient bien impossibles à appréhender.

Elliot leva un sourcil lorsque l'homme curieux - toujours le même, celui qui avait posé la question sur les runes et sur le livre - entreprit de lancer un défi à l'émissaire. Ah! Non mais pour qui se prenait-il? Une volée de regard furieux transpercèrent son corps de toutes parts, les gens murmuraient à droite et à gauche, et deux de ses confrères étaient proprement outrés. Lina, dans sa grâce et sa splendeur divine, se contenta de hausser un sourcil à la proposition, et regarda d'un air un peu gêné autour d'elle.

Bien évidemment qu'elle ne voulait pas faire ça!
Elliot se fraya un chemin jusqu'au centre.


- Vous êtes d'une impolitesse! Lina n'est pas une simple bête de foire qui gesticulera selon votre bon vouloir!

Il s'interposa entre l'homme et la jeune fille, ne lançant pas même un regard aux autres spectateurs. Il se surprit à sermonner le jeune homme, et Lina eut un charmant sourire qu'il ne put distinguer. Elle ferma les yeux et leva le mouchoir en l'air bien au dessus de sa tête, les autres personnes fixèrent instantanément des yeux le bras de la jeune femme, tandis qu'Elliot persévérait dans ses remontrances

- Vous n'avez aucun droit de-

Il se stoppa net, sentant une vague de chaleur parcourir sa nuque et le bruissement des flammes. Le mouchoir s'était embrasé au bout des doigts de l'émissaire, au plus grand étonnement de la foule. Ce n'était pas grand chose, tout mage de feu aurait pu en faire autant, mais c'était là une performance donnée par Lina, émissaire du feu. Elle sourit à nouveau en regardant le visage inquiet d'Elliot qui s'était retourné, et se pencha en avant, les mains liées derrière son dos, vers l'homme qui l'avait mise au défi.

- Je ne vous demande pas de me croire... il y a quelques mois, je n'y croyais pas moi-même.
Mais je vous prierai de ne pas me prendre pour une sorte d'attraction, c'est plutôt vexant.


L'homme en blanc, qui siégeait toujours au fond de la salle, continuait d'observer la scène d'un air pensif. Les gens présents autour du petit groupe avaient littéralement fondu sur eux, ne faisant que peu de cas du jeune homme moqueur, pour interroger l'émissaire. Et leur enthousiasme n'avait d'égal que leur curiosité, apparemment. Elliot se déplaça sur le côté, pour laisser respirer la jeune fille - et discrètement, garder un oeil sur l'autre malotru - et Lina s'attela à sa tâche de contentement général.

- Allons allons, pas tous à la fois. Ehol est... la personne la plus gentille et prévenante que j'ai jamais rencontrée. Vraiment un saint parmi les hommes, il est sage et toujours modeste. Je ne pense pas qu'on puisse le trouver, c'est plutôt lui qui vient vers vous. Il est apparut de nulle part et m'a parlée. Et puis... et bien, j'en suis là.

Elle sourit de manière franche et innocente, son stress d'auparavant s'étant mystérieusement dissipé. Oh, cela n'avait rien de magique, mais l'intervention d'Elliot pour la "sauver" lui avait remonté le moral. Il y avait des gens qui croyaient en elle, et c'était en soi, tout ce qu'elle avait jamais voulu.

- Allons allons, cessez de l'importuner avec vos questions. Lina, veux-tu bien nous rejoindre ?

La jeune fille acquiesça, et se glissa rapidement auprès du prêcheur, trottinant jusqu'à se trouver à ses côtés. Toutefois alors qu'il allait reprendre la parole, un des hommes en cape blanche entra, salua brièvement les personnes présentes et s'approche de lui, lui murmurant quelque chose à l'oreille. Lina fut laissée à l'écart de la - brève - discussion et se contenta d'offrir quelques sourires aux personnes qui l'observaient avec curiosité et admiration. L'interlude terminée, l'homme quitta la salle comme il était venu et l'homme d'âge mûr reprit la parole.

- Je ne m'étais pas encore présenté, je suis Marius. J'officiais autrefois dans les ordres d'Aquaria, et je suis à présent un des prêtres de l'Ordre des Anges. Les plus cultivés d'entre vous le sauront peut-être, mais à l'origine Angelus, qui a donné notre ange actuel... signifiait "messager". Un mot dont un synonyme vous est d'ailleurs bien connu... on les appelle aussi... "les Emissaires"

Comme s'il venait de dévoiler la clé d'un mystère longtemps perdu, d'une énigme laissé pour eux par le divin, il reprit de manière tout aussi calme, posant délicatement la main sur l'épaule de Lina.

- Notre but est de retrouver et de rassembler les émissaires d'Ehol, puis de les laisser nous guider suivant sa parole.
_______________

Et dans les tréfonds d'un entrepôt abandonné, une trappe s'ouvrit. Les murmures s'estompèrent à ce bruit familier, et la lumière qui s'insinua dans la cave donnait presque l'impression d'un rayon du salut apporté par leur messie. Mais la silhouette qui descendait n'était pas celle d'Ehol, le temps n'était pas encore venu pour leur maître de revenir les voir.

Le jeune homme entra dans le lieu, et se baissa. Il était banal, et leur était inconnu. Un murmure parcouru ce qui faisait office de salle, et les paroles reprirent jusqu'à ce qu'une immense lumière ambrée n'illumine les environs. Une des jeunes filles, après s'être brusquement voilé les yeux, alla perdre son regard dans la lumière, ou plus exactement sans ses reflets dorés sur la surface du caveau. Les deux autres habitantes du lieu restreint continuèrent à murmurer ces paroles, comme si de rien n'était.


- Dies illa, dies iræ, calamitatis, et miseriæ, dies magna et amara valde...
- ...Dona nobis pacem, dona eis requiem...

Toujours quelque peu apeurée, la plus proche des jeunes filles, tandis sa main vers la lumière, découvrant son corps nu et replié dans cet espace bien trop étroit. Ses yeux noirs plongèrent vers la lumière, et se focalisèrent sur l'homme qu'elle parvint finalement à identifier comme le porteur de la torche. Son regard fixe dans ses prunelles rubis, elle acheva la prière.

- .. Sanctus... Sanctus... Angelus.

Les flammes ruisselèrent sur les murs de la cave, l'espace était trop petit pour qu'il pût s'y tenir debout, mais il accueillait tout de même trois jeunes filles nues, tantôt assises ou recroquevillées, et possédant le même regard, indubitablement vide.

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Sam 22 Déc - 17:20
Dans une démence inconsciente de l’événement de l’action, Eloan ne s’était pas rendu compte dans quoi il s’était empêtré. Mais dans tous les cas, il savait pertinemment que quelque chose ne tournait pas correctement, que l’ordre des choses, s’il y en avait un, était déréglé, et que le hasard habituel du monde avait sans doute bien trop joué de ce côté-ci d’Albion. Ce livre, certes intéressant, était apparu de nulle part. Ces prêtres, certes sympathiques et encapuchonnés avaient surgi de nulle part. Cette jeune fille, certes ravissant, sortait trop de nulle part. Et cela, en trop peu de temps, avec une cohérence trop apparente. Un tel événement ne pouvait poindre ainsi sans montrer sa cime à l’horizon. Il y aurait dû avoir des signes avant-coureurs, des rumeurs, des bruits, des réactions. Et cette fille, certes toujours ravissante, ne pouvait pas être tombée, comme par un saugrenu hasard, sur cette bande d’encapuchonnée du cerveau alors qu’ils en avaient besoin !

Aussi, à sa propre intervention, Eloan s’étonna de celle du prêtre qui osait le traiter de rustre ! Quelle audace, lui, un rustre ?! S’il n’y avait pas eu plus de monde, sans aucun doute qu’il se serait étendu sur cette calomnieuse accusation. Puis, comment Eloan pourrait-il considérer son acte, comme la mise en scène d’une bête de foire, quand le prêtre, lui-même, l’avait mise en scène devant tout le monde ? Oui, pourquoi rouspéter ? Avait-il peur que sa protégée ne réussisse rien ? Puis, si elle réussissait, il ne s’agissait que d’une démonstration de plus, une « preuve » de plus, et un ébahissement de plus parmi la foule crédule qui avait étrangement et subséquemment acceptée l’idée qu’il s’agissait bel et bien, en chair et en os, de l’émissaire du feu.

Tandis que le prêtre semblait commençait un speech pour courroucer, semblerait-il, l’outrecuidance du jeune Ventusien, celui-ci ne l’écoutait guère, et regardait ce qui se déroulait derrière lui, à savoir que le mouchoir se désagrégea. Eloan fut des plus blasés, il s’attendait à un tour de force, certes il n’avait donné qu’un mouchoir, mais c’était un exemple pour montrer quelque chose de bien plus puissant que quelques flammettes de secondes zones reléguées aux services après-vente des braises sommaires de barbecue. Un mot, décevant. S’il avait su, il lui aurait demandé de brûler quelque chose de bien plus grand et consistant, bien qu’à cette échelle, même brûler une personne entière relevé d’un sort basique d’un mage de feu, dommage, il y aurait eu bien assez de pignoufs dans cette salle pour faire l’expérience. Dans tous les cas, une chose avait été prouvée, la supercherie n’était pas visuelle, car on avait pu voir des papillons de braises, mais le mouchoir avait réellement brûlé. L’assistance avait donc bien à faire à une magie du feu, de la part de qui, cela restait à prouver, de Lina elle-même, par un stratagème autre que celui de la parole semblerait-il, ou par un prêtre, il y en avait bien assez aux recoins de la pièce, et sait-on jamais, il y a toujours une fourberie sous une capuche.

Quoiqu’il en soit, Lina répondit à blondinet dont la fausse outrecuidance, perçu à outrance par une foule apparem-ment dérangée, avait fait converger nombres de regards sévères sur lui. Dans toute sa magnificence, il ne put s’empêcher de leur sourire gaiement, avec un sarcasme et une ironie mordante à l’extrême : s’il y avait un dérangé, ici, ce n’était certainement pas lui. Aussi, la réponse de Lina confirma une chose, c’est que la prêtre devait être assez convaincant et habile, et elle assez restreinte en réseaux synaptiques, pour qu’elle ne se croit pas être le jouet et l’attraction des prêtres eux-mêmes. Cela semblait une évidence, au vue de ses dires, ou Eloan se faisait une idée plus grosse que la candeur du Saint-Prêtre, ce n’était pas possible !

L’altercation, que le ventusien avait trouvée trop courte, et qu’il aurait bien continuée, s’acheva quand Lina, trop malotrue elle-même, ne laissa pas son propre interlocuteur lui répondre, pour s’enquérir des autres faquins dont la curiosité et la masse de questions n’avait d’égal que la vanité de leur jugeote. En tout cas, on l’avait laissé sur la touche, et cela ne l’exaspéra que davantage. Aussi, s’il y avait bien des questions à poser, c’était sur Ehol, et où il était parti, et que lui avait-il dit et que comptait-il faire… Or, rien de cela ne fut demandé, et aucune réponse n’aborda cela, si ce n’est finalement pour se finir sur un « et bien, j’en suis là » magistral et absolument niais ! Et Eloan, qui aurait magnifiquement saisit l’occasion pour sauter sur cette proie frêle et sotte (l’orgueil d’Eloan l’avait persuadé de cela, autodéfense et autosatisfaction inconscientes, comprenez-vous), manqua cette possibilité quand un autre prêtre demanda aux autres pignoufs de ne plus poser de questions, et de ne pas « importuner » la demoiselle. Mais c’était une mascarade ou quoi ! Il fallait prendre ce qui avait été dit pour argent comptant et ne rien dire de plus ! Pourtant de l’élément de l’eau, et avec une prédominance pour la glace, Eloan commençait à bouillonner de l’intérieur, et il ne savait lui-même ce qui le retenait de faire une crise et de gueuler un bon coup ce qu’il pensait sur le moment à tout le monde, si ce n’est qu’il s’était déjà attiré les foudres d’environ quatre-vingt-dix-huit pourcents des personnes présentes dans la salle et qu’il ne voulait pas passer pour le rabat-joie de service.

Alors que Lina s’était reculée auprès des prêtres, un autre fit son apparition et s’empressa de murmurer quelques choses aux autres avant de déguerpir aussitôt, si empressé que Lina elle-même ne l’avait sans doute pas remarqué. Corbleu, que c’était louche encore une fois. Eloan prit encore une fois sur lui, et se contenta d’écouter furtivement ce que le dénommé Marius pouvait révéler de drôle. Et le jeune homme ne se trompa pas, c’était effectivement drôle. Tout d’abord, l’Ordre des Anges sonnait aussi bien que le nom de héros du dimanche qui sauvent les opprimés. Puis, alors qu’il s’adressait aux personnes instruites et cultivées de la salle, il mentionna les Anges, et les interpréta égaux aux émissaires, par un syllogisme amer. Selon les ouvrages bibliques, les anges, alors messagers de Watos, étaient venus sur terre, et dépassés par les événements, en étaient repartis pour laisser toute la besogne à Ehol. Et ici, en ce jour, les anges ne seraient plus les messagers de Watos, mais les élus d’Ehol, alors même qu’au début de la visite, le prêtre qui voulait réprimer Eloan, avait cité l’ange Ismaël. C’était un mélange grossier de beaucoup de chose, et si le terme « angelus » était employé pour les anges, on ne l’employait pas pour les envoyés ou élus d’Ehol, il y avait farandoles d’autres mots, electi, nuntii, legati, ou encore accensus. Mais angelus reste une terme des envoyés du divin.

Puis, encore, un ordre qui se réclame de réunir les émissaires d’Ehol ne devrait-il s’intéresser à Ehol lui-même, avant de trouver une émissaire du feu niaise qui ne démontre en rien la puissance du feu et l’intellect de l’élu du prophète Ehol, représentant du divin sur terre. Sans doute.

A la réplique finale de Marius, Eloan se mit à rire mais n’en fit pas plus, il avait déjà trop attiré l’attention sur lui. Néanmoins, Leodagan vit qu’Eloan riait ouvertement, et ne put s’empêcher de regarder celui-ci droit dans les yeux d’un air interrogateur. Avant de lui répondre, Eloan attrapa, par le col, Ryd qui s’était approché de Lina derrière la foule de pignoufs aux questions inutiles, Ryd était resté bien trop bouche-bée à son goût depuis tout à l’heure. Puis il passa ses bras sur les épaules de Ryd et de Leodagan et enfin, il lui mit à parler, comprenant le questionnement de Leodagan et souhaitant avoir l’avis de Ryd : cette situation commençait à l’intriguer au plus haut point. Pour une fois son visage n’était plus celui d’un amuseur de galerie, il était crispé par un sérieux inouï :

    « - Rien ne tourne rond ici. Pour résumer, les Anges sont les envoyés de Watos sur terre, les Emissaires les ad-juvants d’Ehol qui fut envoyé sur terre par les Anges et Watos, rien d’autre Leodagan. Alors soit que nos encapuchonnés emploient une métaphore mal utilisée qui ne favorise pas leur crédit, soit ils l’utilisent sciemment et dans ce cas, il s’agit d’un schisme net avec l’Ordre d’Aquaria. Leurs comptines sont vraiment divertissantes, mais ça va un temps. Je ne sais pas ce qui se cache là-dessous, mais c’est bien loin des Ordres d’Aquaria, et bien étrange vis-à-vis du culte d’Ehol, on ne parle pas d’un feu purificateur quand on est prêtre d’Ehol, et on sort encore moins une Emissaire de nulle part, sans justification préalable, alors que les visites de ce lieu se font depuis un bon moment. Puis quelles chances y-a-t-il de tomber sur une émissaire du feu, alors que leur Ordre de Farf-Angelus ne semble pas bien grand et justement quand ils en ont besoin ? Et je ne sais pas pour vous, mais je ne vois pas dans quel but ils se mettraient à présenter une émissaire, entre une bonne dizaine de visiteurs, alors que s’ils voulaient faire connaître leur secte, il y avait bien d’autres moyens qu’ici. »




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Sam 22 Déc - 18:43
Ridicule... Toute cette histoire était ridicule. Cette femme serait l'émissaire ? Mais elle n'en a pas la carrure ! Que faisait-elle ici, utilisée comme un animal de foire par des pseudo prêtres à capuche ? Elle était exhibée comme un animal de foire ! Le plus drôle étant l’hypocrisie de celui qui l'a présenté.

« Lina n'est pas une simple bête de foire qui gesticulera selon votre bon vouloir ! »

Si la parole avait failli déclencher un fou rire chez Reno, son geste déclencha une vague de soupçons. Il s'était interposé pile entre l'homme qui a défié Lina, et au passage la foule entière, et Lina elle même, de façon à bien la cacher pendant qu'elle cramait le mouchoir. Ni Reno ni le reste de la foule n'avait pu voir quoi que ce soit et la réaction qui suivit lui donna l'illusion d'être le seul a trouver ça louche car les autres commencèrent à la harceler de questions plus ou moins intéressantes.

« C’est fabuleux, Ehol existe donc réellement ? Comment est-il ? A quoi ressemble-t-il ? Comment apparait-il aux Hommes ? Comment devient-on Emissaire ?
- Allons allons, pas tous à la fois. Ehol est... la personne la plus gentille et prévenante que j'ai jamais rencontrée. Vraiment un saint parmi les hommes, il est sage et toujours modeste. Je ne pense pas qu'on puisse le trouver, c'est plutôt lui qui vient vers vous. Il est apparut de nulle part et m'a parlée. Et puis... et bien, j'en suis là.
- Allons allons, cessez de l'importuner avec vos questions. Lina, veux-tu bien nous rejoindre ? »

Docilement, le toutou à son mai-maitre prit place là où elle y a été invitée... tandis qu'un autre gugusse à capuche arriva pour murmurer quelque chose audit maitre puis repartit. Ca, c'était louche.

« Je ne m'étais pas encore présenté, je suis Marius. J'officiais autrefois dans les ordres d'Aquaria, et je suis à présent un des prêtres de l'Ordre des Anges. Les plus cultivés d'entre vous le sauront peut-être, mais à l'origine Angelus, qui a donné notre ange actuel... signifiait "messager". Un mot dont un synonyme vous est d'ailleurs bien connu... on les appelle aussi... "les Emissaires" »

Non... il n'osait pas faire un lien avec la lecture de tout à l'heure !

« Notre but est de retrouver et de rassembler les émissaires d'Ehol, puis de les laisser nous guider suivant sa parole. »

L'homme qui a défié l'émissaire éclata de rire et Reno était bien tenté de l'imiter. Tous les regards se tournaient vers lui. Visiblement, Reno n'était pas le seul à trouver la situation diablement bizarre. Bon, ça suffisait.

« Un ouvrage « trouvé » dans une vente aux enchères alors que le propriétaire aurait du logiquement avertir l'église de cette trouvaille plutôt que le vendre au premier péquenaud venu, un ordre qui surgit de nulle part et qui exhibe un « émissaire » comme, vous l'avez dit tout à l'heure « une bête de foire » et qui en plus a le culot et l'hypocrise de gronder un admirateur qui ne demandait qu'à avoir une preuve en plus de cette réalité... et maintenant vous voudriez qu'on suive votre toutou ? J'admet qu'il n'est pas impossible qu'elle soit Emissaire, mais elle n'a guère fait étalage de ses pouvoirs. Elle a beau ne pas prononcer un mot pour faire apparaître des flammes, on n'a aucune preuve que ce sont les siennes. Qui plus est, vos écrits sont en totale contradiction avec ce que l'église nous a enseigné. Les anges n'ont jamais été les émissaires ou un groupe venu d'on ne sait où, mais les messagers de Watos. Je ne vais pas vous refaire la bible, mais Ehol ne se serait jamais contredit entre deux ouvrages. Et SURTOUT, il n'aurait pas laissé un de ses Emissaires devenir un jouet pour brebis, en particuliers des égarés. »

La foule avait à présent les yeux rivés sur lui. Des regards plein de haine qui glissaient sur sa peau cirée par l'indifférence. A présent qu'il était sur le devant de la scène, autant jouer jusqu'au bout.

« Si vous voulez me faire avaler vos couleuvres, vous devriez commencer par les beurrer un peu mieux car elles ont du mal à passer. Mais je vais vous laisser une dernière chance de me convaincre... ou tout du moins une dernière chance à Lina. Ah, et ce cher Marius ainsi que ses collègues seront gentils de se tenir à l'écart car je veux la voir faire et non pas voir votre capuche d'un blanc aveuglant. »

Les murmures d'indignations montaient de plus en plus. Il se faisait vraiment détester mais s'il démasquait un canular, il n'aura pas fait tout ça pour rien.

« Montrez nous votre toute puissance. Sortez vos plus belles flammes et éblouissez définitivement votre public. Je ne veux pas de vulgaires papillons ou des petites flamèches à peine bonne à consumer un tissu plein de morve. Je veux voir les flammes de l'enfer. »

Allez Lina, montre à Reno la toute puissance du chien des gens à capuche.

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Mer 2 Jan - 18:45
Les ombres et les flammes s'entrelaçaient en dansant sur les parois de cette cave désaffectée. Les bruits s'étaient éteint et dans les bribes de lueurs orangées on ne pouvait distinguer que des ténèbres dans lesquelles l'échelle s'enfonçait

Bon au moins ils savent que je suis la.

Sans un mot, le jeune écrivain descendit adroitement les barreaux pour toucher le fond de cette cave. Elle était humide et petite et lui-même ne pouvait pas se tenir debout. Il s'en dégageait une odeur de renfermée, une puanteur glauque et nauséabonde; mêlée au café, ce fumée nauséeux souleva le coeur du ventusien dont le corps se tendit afin de rester sous contrôle. Ses mains tremblèrent rapidement et il ferma les yeux quelques secondes afin de retrouver sa sérénité. Dans sa poitrine, il pouvait sentir son coeur battre la chamade et les yeux clos, il avait l'impression d'être suspendu à un fil, en équilibre au-dessus du monde. L'harmonie de ce flux noir de caféine était effrayant mais lui donnait l'impression de n'avoir aucunes limites.

- Dies illa, dies iræ, calamitatis, et miseriæ, dies magna et amara valde...
- ...Dona nobis pacem, dona eis requiem...


Les voix graves le sortirent de sa concentration inutile. Elles étaient toutes proches et ses mains se replièrent sur le ballon dont les runes se mirent à luire faiblement. Mais à cette distance, il pu distinguer les voix de femmes, monotones et sans volonté, comme si cette litanie était à la fois douloureuse et résignée. L'entendre lui était même pénible et il voulut faire taire ses paroles odieuses qui écorchaient le coeur de celles qui les prononçaient.

A la lueur des torches, il pouvait aussi distinguer trois silhouettes inhumaines. Elles étaient recroquevillées et ne semblaient pouvoir bouger que par spasme. Dans ses mouvements saccadés et endoloris on aurait pu lire les pénitences de l'enfer; et le fait qu'elle soit doublée par une litanie aussi monotone que les gestes étaient saccadés, renforcait le coté inhumain de ses trois formes indistinctes qui se mouvaient sporadiquement dans cette cave immonde.

Une silhouette tendit une main vers lui et s'avança dans la lumière des flammes qui continuaient leurs jeux mêlés.

- .. Sanctus... Sanctus... Angelus.


Elle dévoila un corps de jeune femme où s'accumulaient les appâts de son âge. Sa peau était soyeuse et nacrée, ses cheveux bruns tombaient en boucles folles sur des seins ronds et opulents, des yeux de rubis qui transperçaient le coeur de l'homme comme le feu de l'amour pourrait le consumer. Et les courbes de son corps s'enlaçaient dans l'espace. Il y a dans le corps de la femme, dans cette courbe ronde, faites d'élipses et de demi-cercles la véritable définition de la beauté. Et jamais l'espèce humaine n'atteint la perfection plus que dans le corps d'une jeune éphèbe se dévoilant nu au jour de la candeur.

André se baissa vers elle, mit un genou à terre à la manière des chevaliers terrans et saisit dans ses mains fines d'homme de lettre les mains de porcelaines de la jeune femme. Leurs yeux se rencontrèrent mais elle ne le regardait pas. Elle ne regardait rien. Et le néant qui se découvrait dans l'iris absente était le parfait contraire de sa beauté. La torche par terre éclaira le reste de la cave où deux autres corps féminin se dessinèrent dans les ombres enivrantes.

Des femmes nues... visiblement drogués. Qui a bien pu faire ça ? Il faut sortir et vite Caéli n'avait toujours rien dit et dans les méandres de son cerveau de surdoué raisonnait sans fin la situation. Il était un temps pour la tendresse, il était un temps pour les pleurs, il était un temps pour l'action. Et c'était désormais le temps pour l'action, logique et implacable, qui sortirait ses trois victimes de cette cave et les ramènerait à la vie. Tout son génie était concentré désormais sur la marche à suivre et la surexcitation du café avait céder son emprise à une concentration sans faille.

D'un geste dur où ne transparaissait aucune brutalité, le jeune écrivain releva la femme et la poussa contre l'échelle.

"Monte"

Il se pencha vers les deux autres femmes qu'il releva sans manière ni pour leurs nudités ni pour cette état vulnérable de transe où elles étaient plongées et s'aperçut alors que la première victime n'avait pas bougé. Elle était restée là, figurante sans volonté de cette scène dramatique. .

Caéli la saisit par les hanches et la poussa vers le haut mais elle n'avança pas d'un iota et le résultat fut un geste à la fois ridicule et enivrants. Il la contourna et en équilibre sur l'échelle, pris par les aisselles cette poupée sans vie qu'il attira vers lui sans manière. Le mécanisme était en place et le processus, pénible et laborieux, se déroula dans un temps cours. L'une après l'autre, le jeune homme les hissa jusqu'à son point d'ancrage sur l'échelle, puis soulevant le corps sans volonté a-dessus de lui même, le faisait basculer dans l'entrepôt vide et froid où toujours atone, la première puis la seconde attendirent que la troisième soit hissé elle-aussi. Enfin l'opération fut achevé et renfermant la trappe derrière lui, André Caéli laissa échapper un soupir de relâchement.

"- Qui êtes-vous?"



Quelqu'un est à la porte ? De l'aide ne serait pas un mal





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Sam 26 Jan - 2:19
Dans un intérêt désormais mitigé, le jeune Emissaire observait les scènes se déroulant sous ses yeux. Il se surprenait dans un instant d’hésitation à se frotter vigoureusement les tempes, comme pour se libérer d’un véritable malaise. Les choses s’emballaient et s’avéraient hors de contrôle. Les différents intervenants affichaient tout en contradictions leur joyau en spectacle et exigeaient au même instant qu’il ne soit en rien considéré comme une étrangeté. Dans un pays où la nouveauté inspire la curiosité et l’engouement, une telle demande ne peut qu’échouer. D’un autre côté, il faut bien admettre que la foule s’avérait des plus insupportables, en réponse à une Lina qui bien que sincères ne renseignaient sur rien et en rien. C’est un peu comme si elle ne savait rien de plus que le commun des Ventusiens, mais qu’elle était pourtant persuadée d’en savoir plus.

Décrire Ehol comme un exemple de gentillesse n’est pas faux, il fallait bien l’admettre. Toutefois, en faire un modèle de sagesse … Loin de lui l’idée de ne pas reconnaître la bienveillance du garçon, mais il le voyait plus comme un jeune enfant encore plein d’utopie et d’illusions irréalistes. Ce point semait le doute, à moins qu’elle-même soit d’une naïveté futile qui dépasserait celle d’Ehol ? Dans tous les cas, Lina ne se manifestait pas par la largeur de son esprit ou encore par sa capacité à démontrer son opinion.
Un mélange de déception et de suspicion, d’amertume presque, Ryd espérait que l’Emissaire du Feu ait plus de fougue, plus de caractère, plus de poigne, un véritable feu intérieur finalement. Et pour l’instant, Lina ne lui offrait que de simples papillons dignes du plus bas niveau de magie qui soit, sa propre sœur en faisait plus dans ses langes …

Lorsque qu’Eloan reçut le courroux de leurs hôtes pour avoir demandé à la jeune femme de démontrer l’étendue de sa magie, par un test relativement banal en apparence, l’Emissaire ressentit à nouveau un sentiment désavoué de déception comme s’il ne pouvait l’exprimer totalement, comme à son habitude. Pourquoi fustiger un individu cherchant à comprendre, à trouver de quoi être convaincu. C’est pourtant un comportement typique de Ventus. Pourquoi venir prêcher la bonne parole dans un pays tout en questionnement et élever des murs infranchissables par la suite ? C’est un comportement incompréhensible et contradictoire.
D’ailleurs, Lina s’était finalement exécutée, une première manifestation de désobéissance face à « l’Ordre ». Enfin, c’est beaucoup dire pour la démonstration qui ne semblait que peu perturber celle-ci. Elle y mettait même un jeu de scène. Naïveté, orchestration ou manipulation ? Son fort intérieur lui criait de la pousser à s’affranchir, reprendre sa route. Si le prêtre disait vrai, elle devait les conduire et ne pas se laisser conduire. Qui étaient-ils pour lui montrer la voie ? Que savaient-ils des desseins d’Ehol, alors qu’il ne se manifestait pas encore, pas à la connaissance de Ryd en tout cas. Reculant d’un pas, le regard suspicieux, il soupira son incompréhension d’une façon bien étrange et loin de ses habitudes : un silence plein d’une frustration sans limite. Une chose était certaine, il n’était pas un Ange, encore moins envoyé par Watos. Pourquoi le pourvoir du rôle d’Ehol ?
Dans son mouvement de recul, l’idée lui vain de précipiter les évènements, faire trembler la terre pour divertir la foule et éloigner Lina de la sphère d’influence qui se dessinait autour d’eux. Qu’elle parle enfin et clairement. Eloan ne lui en laissa pas l’occasion, c’est à croire que son enseignant est destiné à l’empêcher de dévoiler sa nature. Il le prit par le col, pour le conduire encore un peu plus loin. Un conseil des trois se mit doucement en place.

Au même instant dans les rues.
Ses doutes laissant progressivement la place à la curiosité, Emris s’accroupie à hauteur du jeune homme. Et c’est dans une neutralité la plus totale qu’il l’interrogeait un peu plus sur la raison de cet interdit. Vraisemblablement, il n’en savait guère plus, seulement qu’il ne devait pas s’en approcher et encore moins y entrer. D’ailleurs, le simple fait d’approcher les grillages le mettaient dans l’embarra. A vrai dire, Emris connaissait bien ce sentiment, celui de l’interdit et de l’acte préjudiciable. Il en faisait encore l’objet, malgré son âge. La position qu’il visait ne lui ouvrait pas toutes les portes, et c’est avec frustration qu’il se faisait à cette interdiction. Il avait vécu avec elle, les seules fois où il se permettait des transgressions ce n’était que la mauvaise influence d’un Ryd pris d’une insupportable curiosité.
Face au jeune mur, le Prêtre en devenir se releva pour observer l’entrée du bâtiment plus en détail. Ehol ne lui venait pas en aide dans sa prise de décision, mais pour l’instant il ne voyait pas ce qui pouvait tant retarder son assassin.

« Il en met du temps pour récupérer une balle. Aurait-il été touché par la grâce de Dieu ? »

Stoppé dans ses sarcasmes, il fut attiré par le bras de l’enfant qui l’invitait à se retourner. Un homme s’approchait, dans une tenue parfaitement ridicule aux yeux d’Emris. Où se croyait-il, enfin ? Sa tunique était si blanche qu’elle l’éblouissait presque. Incapable de discerner ses yeux, il ne répondit à sa première question que par un simple haussement d’épaule. Qu’est-ce que son intérêt pour un grillage pouvait bien lui faire ? Ne foulait-il pas le sol de toutes les libertés ?
Ce n’est qu’après qu’il put distinguer le semi-étonnement de l’homme encapuchonné qu’il le fit profiter de sa voix cristalline qu’il accompagnait d’une gestuelle tout à fait fermée, bras croisés. Dans un ton neutre et sans agression, il lui dit alors :

« En voilà des manières, lorsque l’on réclame une information, se présenter en premier reste la moindre des politesses. Je vous ferais toutefois grâce du premier pas, Emris, je me nomme Emris. Et je ne pense pas enfreindre une propriété privé en l’observant docilement, de l’extérieur qui plus est. Mais peut-être pourriez-vous me renseigner sur les évènements qui se déroulent dans cette étrange ville ? C’est bien première fois que je vois un tel engouement religieux – dit-il en insistant, tant l’affirmation lui faisait mal – en Ventus. »

Salle de lecture – aparté.
Toujours silencieux, Ryd écoutait attentivement les dires d’Eloan et il devait bien admettre que tout cela n’était pas dénué de sens. Il y avait peut-être une pointe d’agacement dans le ton qu’il employait. Piqué au vif par les remarques des religieux, il ne croyait pas un mot de Lina ou de quiconque dans la pièce.

« Bien que le doute me submerge, sa magie reste un mystère et pour l’instant elle pourrait correspondre en tout point à celle d’un Emissaire. Pourtant, si l’instant précédent je me voyais pleinement convaincu, je ne peux plus acquiescer sans broncher. » Il omit les raisons – volontairement. « Je connais quelques personnes à Aquaria, mais je n’ai jamais entendu d’un Ordre des Anges. Et, maintenant que tu le dis, il est vrai que l’assimilation des Anges aux Emissaires pourrait tuer plus d’un prêtre. » Jetant un bref coup d’œil sur la supposée Emissaire, il poursuivit : « Pourtant, elle me semble sincère, elle croit en elle et en eux, sans aucun doute. C’est un peu comme si elle n’agissait pas de sa propre volonté, elle manque de rondeur, ses actes son plat … Je dois bien vous avouer que je ne voyais pas l’Emissaire du Feu de cette façon. »

Pendant cet interlude évasif, l’Ignisien a perdu son calme, menaçant, vociférant presque, réclamant les feux de l’enfer. Bien que dans le fond, il n’ait pas tout à fait tort, Ryd s’imaginait bien le blocage émotionnel d’une Lina qui s’affichait comme faible de caractère. Dans le cas où il recevrait ces fameux feux, il ne pourrait pas répondre.

« Bien Cet homme est fou … »

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Dim 10 Fév - 22:31
La tension qui emplissait l'air s'estompa sans particulière raison. L'homme qui attendait aux grilles semblait être un bon bougre un peu perdu, mais sa présence devant l'entrepôt qui venait d'être forcé l'intriguait. Il n'agissait pas comme un criminel ou quelqu'un qui a quelque chose à cacher, ni ne cherchait à couvrir la personne qui était entrée. Un simple hasard, alors?

- Je m'appelle Miles. Je suis navré si je vous ai paru défiant mais il y a eu plusieurs vols récemment, et ce bâtiment est interdit aux visiteurs. La porte étant ouverte et vous voyant visiblement attendre quelque chose... vous allez rire, mais j'ai pensé que vous faisiez le guet pour un complice.

Il observa la réaction de son interlocuteur, guettant le moindre geste qui pourrait trahir son implication dans le crime qui était commis. Mais il ne trouva rien de concluant, à son grand regret. Il fallait donc agir rapidement, surprendre la personne qui était entrée et prendre des mesures si nécessaire. Et il valait mieux pour cela prendre le taureau par les cornes.

- Philia accueille une exposition religieuse, des croyants à travers le pays se sont réunis ici, j'ai même aperçu un couple de Terrans il y a deux semaines. J'ai contacté les autorités locales, ils devraient arriver bientôt, pouvez-vous rester ici pour les attendre? Je vais entrer pour voir ce qu'il se passe, ne vous inquiétez pas pour moi si cela tourne mal, j'ai confiance en mes aptitudes magiques.

Sur ces mots, il salua son interlocuteur et enleva sa cape blanche qui dévoila un corps en bonne santé, sa carrure était assez forte mais ses vêtements étaient positionnés de telle façon qu'on ne s'aperçoive pas de quelques bourrelets dû à un manque de sport quotidien. L'homme avait la trentaine assez avancée, des cheveux noirs et un regard des plus communs. Il observa la grille, et ne pouvant se résoudre à la forcer - après tout, c'était illégal - il prononça quelques mots en langue courante à voix basse et une brise vint cerner le bas de son corps. Il sauta littéralement au dessus du grillage en tenant sa cape avec un bras, et atterrit de l'autre côté, de manière plus ou moins stable. Oui, il était possible de grimper sur le grillage sans magie, mais il aurait risqué d'abimer sa cape et d'avoir l'air ridicule. La magie c'était bien pratique.

Sur ces mots inaudibles, il s'avança vers la porte d'entrée. Le garçon le regarda avec incrédulité, même s'il ne connaissait surement pas la signification de ce mot, et s'exprima doucement.


- Vraiment étranges les blanchisseurs. Mais tout le monde les trouve normal à part nous.

Oui, ils étaient vraiment étranges.

___________________________

L'éclat de rire du perturbateur provoqua un certain émoi au sein des personnes présentes, cet homme était surement un de ces athées qui s'amusait à assister aux réunions de croyants pour la seule raison de se moquer d'eux. Des êtres détestables qui n'avaient plus foi en rien, et une vie si passionnante à vivre qu'ils la passait dans la moquerie d'autrui. C'était bien triste.
Il se rapprocha de quelques personnes qui l'avaient accompagné et sembla organiser une réunion en petit comité, visiblement, il ne voulait pas reconnaitre l'évidence... et cette attitude laissait Marius dubitatif. Ces hommes devaient être persuadés que Lina était l'émissaire du feu, alors pourquoi? Etaient-ils tous si athées qu'ils niaient profondément, dans leur nature même l'existence des émissaires? Ou bien le fait de faire face à une émissaire les faisaient-ils rire? Ce pouvoir avait malheureusement ses défauts, et Marius ne comptait pas l'utiliser à nouveau sans détenir plus d'information sur ce groupe "rebelle".

Et puis, c'était franchement le cadet de ses soucis actuels... l'Ignisien terminait sa provocation.


« Montrez nous votre toute puissance. Sortez vos plus belles flammes et éblouissez définitivement votre public. Je ne veux pas de vulgaires papillons ou des petites flammèches à peine bonne à consumer un tissu plein de morve. Je veux voir les flammes de l'enfer. »

Marius avait étudié la psychologie humaine pendant de longues années, pourtant, cette attitude précise, il ne la comprenait pas. Qui serait assez idiot pour plonger au milieu du palais d'Hystia en menaçant la reine? Qui irait cracher sur la religion devant un évêque d'Aquaria? Un de ces sous-développés d'Ignis, bien entendu.
Et la réaction ne se fit pas attendre, et fut plus virulente qu'aucune des personnes présentes, individuellement, n'aurait pu le pressentir. Les insultes fusèrent les unes après les autres, tous les spectateurs se ruèrent sur l'homme qui venait de provoquer l'émissaire et de les défier tous. Elliot et quelques personnes moins insensées, moins choquées, tentaient de maintenir l'ordre et de ralentir le mouvement de foule qui les avait pris. Lina exhorta les personnes au calme mais sa voix ne semblait pas les atteindre. Pourtant, elle ne pouvait se résoudre à utiliser ses dons dans ces conditions, si jamais elle le faisait, les choses pourraient mal tourner.


- J'ai entendu qu'il était d'Ignis!
- Dégage d'ici!!
- Bon sang calmez-vous!

Enfin, c'était d'une certaine manière, déjà le cas.

____________________

Le soleil sur leur monde s'était enfin levée. Elles avaient fini par oublier. Oublier la caresse du soleil sur leur peau, les couleurs mornes du gris de ces murs et ce sol qui n'avaient aucun charme, mais semblaient un tout nouveau trésor, un nouveau monde.

Oui, l'extérieur. La lumière pure du soleil, une vitre brisée qui dévoilait un ciel d'azur de liberté.

Ce monde... ne leur était pas inconnu.


______________________

J'ai en fin de compte écris moins que prévu, pour vous laisser l'opportunité d'agir comme vous le sentez. Reno s'est fait chahuter, pour ne pas dire clairement agressé par le groupe de personnes présentes, dont la majorité est tout de même croyante. Certaines personnes ont tenté de calmer le jeu, dont Elliot et ses deux collègues, Lina n'a pas pu faire grand chose - hé, c'est une jeune fille fragile /sort - et Marius... a l'air un peu dépité.

Oh, quelqu'un vient de te prendre par le col et tend son poing avec amour vers toi, Reno.

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Jeu 28 Fév - 2:24
La scène qui se déroulait sous les yeux d’Eloan semblait des plus ubuesques. En effet, il ne comprenait pas beaucoup de choses à ce qui se passait dans cette pièce, mais il savait que ça ne tournait pas rond, quelque chose clochait, quelque chose le gênait sans qu’il ne sache exactement la cause de cette gêne. L’évidence était là, quelque chose n’allait pas, mais en définir la cause : ce serait comme essayer de trouver la cause de la pignouferie d’un pignouf, cause fatalement et fatidiquement insoluble mais qui pourtant apporterait un tel bien être à l’humanité !

Quoiqu’il en soit, Eloan avait réussi à convaincre quelque peu Rydounet et par la même occasion il avait réussi à se sentir moins esseulé dans son point de vue. En effet, Rydounet n’avait pas tort, cette Lina, certes fraiche et appétissante, bien qu’un peu enniaisée déjà à son âge, la pauvre, manquait de volonté propre, de personnalité, d’autant plus qu’elle était censée incarner l’Emissaire du feu, la colère personnifiée sur terre, la représentation-même de la fureur volcanique ! Eh bien non, Eloan avait ici sous les yeux une fille qui jouerait à merveille les délicieuses nounous attentionnées et caressantes, mais aucunement l’Emissaire du Feu, ou alors elle jouait bien son rôle. Ainsi Eloan voulut répondre à son étudiant pour creuser davantage le sujet et dire à quel point il était d’accord avec lui, mais ils furent interrompu par l’Ignisien qui réclamait l’obtention immédiatement du déchaînement des enfers les plus ténébreux, sans aucune forme de pitié. Mais… Qu’est-ce-que ? Eloan s’était déjà trouvé audacieux dans ces derniers actes, mais alors là, il avait droit à un pignouf de compétition de haut niveau ! Puis… Peuh ! S’il y avait bien une chose qu’Eloan aurait bien voulu lui rétorquer avec tout le mépris de son cœur ; c’est que son mouchoir n’était pas plein de morve ! Non mais ! Il ne lui permettait pas ! Aussi, ah, diantre, douleur et infamie, que la rhétorique de ce pignouf manquait de style et était imbibée de familiarités grossières ! Que venaient donc faire ces toutous, ces brebis, ces couleuvres, ce beurre… Morbleu, il avait surement grandi dans une ferme isolée au fin fond d’Ignis, avec des chiens qui gardaient des vaches avec lesquelles il faisait du beurre ! Pauvre enfant !
Bref. Le jeune ventusien se contenta de répondre à Ryd, préférant garder son sang-froid :

    « - Oh, il est même bien plus que fou... Mais au moins on va peut-être obtenir quelque chose, ça fait un bon bouc émissaire, contre une émissaire. »

Pour autant, la réaction de l’assemblée, certes prévisible, ne manqua pas de se concrétiser. L’Ignisien, aux cheveux châtains clairs, se recevait nombre d’insultes et Eloan s’en délecta presque de façon jouissive. Ah, qu’il était bon de voir la haine se diffuser sur la pignouferie, sur ce miasme des gens détestables et détestés pour on-ne-sait-quelle raison mais dont la boutade forçait toujours le sourire tant il était instinctif. C’était une faveur sans égale ; certes Eloan n’était pas du genre à insulter ouvertement quelqu’un, il préférait l’offenser, le vexer, le choquer, le froisser, l’offusquer et le toucher là où sa propre estime de soi en prenait un sérieux coup : bref, lui prouver son infériorité. Mais ici, il n’avait rien à ajouter, sa bêtise était tellement évidente que la souligner n’aurait fait que prouver que un plus un était égal à deux.

Dans tous les cas, Leodagan et Eloan ne ratèrent pas un détail flagrant : Lina n’avait guère bronché à l’attaque brusque du brusque Ignisien dont l’absence de raffinement et d’élégance n’avait d’égal que la présence risible de sa pignouferie. Ergo, Lina s’était montrée assez calme et demandait aux personnes présentes de se calmer elles-mêmes. A l’avis d’Eloan, une émissaire du feu, comme on aurait pu l’attendre, aurait pris la mouche aussitôt, mais celle-ci n’avait guère eu de réactions. La situation commençait vraiment à s’envenimer et Eloan n’appréciait guère cela, il fallait calmer la situation.

Eloan ressortit du coin dans lequel il s’était enterré avec Ryd et Leodagan pour discuter. Leodagan essaya en vain de l’attraper avant qu’il ne fasse une bêtise mais Eloan s’avança vers l’Ignisien et celui qui l’avait attrapé par le col d’une façon charismatique, stoïque (et si classe !). Son intervention brutale stoppa net les insultes tant les gens étaient surpris de le voir à nouveau. Il posa une main sur le torse du Fermier et insita son assaillant à reprendre sa place en le calmant complaisamment. Puis il dit au Fermier d’une voix basse de la façon la plus sérieuse du monde, ses yeux abyssaux plongés dans les siens:
    « - Il va falloir se calmer mon cher, sinon on n’avancera à rien ; il vaut mieux dégager cal-mement la situation au lieu de se taper dessus. Restez derrière je vais lui proposer une nouvelle épreuve. »

La foule, par automatisme décrit un grand cercle autour de lui, encore une fois. Il s’éclaircit la voix et continua, re-gardant tout le monde de façon circulaire et surtout en parlant à Lina et en parallèle à Elliot :

    « - Cher Ange », commença-t-il encore, comme la première fois, en faisant une ré-vérence « je vous prie d’excuser cet homme, si j’ai été impoli tout à l’heure, celui-ci doit vous paraître tout à fait rustre, vous en conviendrez. Aussi, afin de régler cette situation de doute extrême dans quelques esprits, je vous propose de nous prouver l’étendue de vos talents. » Il sourit aimablement et gracieusement à Lina, en signe de toute sa sincérité et de sa probité. Tout le monde était curieux de voir ce qu’il allait proposer, aussi personne ne sembla protester. Alors Eloan se concentra, et sans se cacher lança un nouveau sort : « A tutame aquoso hie-mato tuetur. », aussitôt un énorme bloc de glace, haut et large, extrêmement dur, se forma au milieu de la pièce. Eloan se plaça à côté, resserrant son manteau ; la température avait soudainement chuté, puis il reprit ce qu’il était en train de dire : « ainsi je vous propose, grâce à l’étendue infinie de vos talents, de faire fondre ce bloc de glace extrêmement solide, seule, face à lui, tout le monde s’étant écarté. Je vous y invite, car je désirerais moi-même, comme tous ceux dans cette salle sans doute, que vous nous persuadâtes indéniablement de vos talents afin de vous accorder, de bon droit, sans autre tergiversation et une fois pour toute, votre statut d’Emissaire. »

Eloan lui fit de nouveau une révérence parfaite, comme s’il s’agissait d’une princesse ou bien d’une reine. On avait senti dans ses mots un profond respect et un sérieux à toute épreuve. C’était le cas ; mais heureusement qu’Eloan était un acteur-né et qu’il pouvait paraître honnête et charismatique quand il le souhaitait. Il avait regardé Elliot avec un air serein et diplomatique ; il est vrai que son intervention avait stoppé les deux parties et qu’il ne restait plus qu’à prouver réellement ce qu’était cette mascarade. Toute nouvelle intervention contre cette idée prouverait uniquement une mentalité de mauvaise-foi ou pour se défendre d’un tort. Là se jouait l’issu du débat, dans une solution tout à fait à l’amiable et ingénieuse. De plus, Eloan avait usé d’un sort de rang B qui, chargé comme il l’avait chargé en mana, avait formé une glace extraordinairement résistante que seule une puissante magie de feu pouvait faire fondre.




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Mer 6 Mar - 21:51
Reno se doutait bien de comment allait réagir le groupe de croyants : violemment. Mettez en doute la vérité divine et vous deviendrez ennemi public numéro 1, mais il s'en moquait. Ce qu'il voulait, c'était voir de quoi était capable cette émissaire... Mais comme il s'y était attendu, tout le monde se jetait sur lui, l'insultant, pendant que les évèques tentaient de maintenir l'ordre. On l'insultait, on le huait... et on le frappait, même ? Ok, s'ils tenaient tant que ça à le malmener, ils allaient voir.

«Infernus terrae calore nascetur. Omnis humor evasnescitur et...»

Son incantation fut interrompue quand l'homme qui a fait son spectacle tout à l'heure intervint, calmant le jeu alors que l'agresseur avait réarmé son poing.

    « Il va falloir se calmer mon cher, sinon on n’avancera à rien ; il vaut mieux dégager cal-mement la situation au lieu de se taper dessus. Restez derrière je vais lui proposer une nouvelle épreuve. »


Une autre épreuve ? Bah tiens, si elle allait encore faire ça dans le dos d'un évêque, ça ne valait pas le coup... Reno accéda toutefois à la requête de l'inconnu. Après tout, ils avaient un but commun : voir la toute puissance d'une émissaire...

    « - Cher Ange, je vous prie d’excuser cet homme, si j’ai été impoli tout à l’heure, celui-ci doit vous paraître tout à fait rustre, vous en conviendrez. Aussi, afin de régler cette situation de doute extrême dans quelques esprits, je vous propose de nous prouver l’étendue de vos talents. »


Il a captivé la foule, les faisant taire via une aura assez incroyable. Cet homme savait charmer le peuple, c'était certain... et un peu louche. Puis il psalmodia. L'air se rafraîchit soudainement alors qu'un pilier de glace se dressa au milieu de la salle. Reno resserra sa cape de voyage autour de lui. Tout à l'heure, il a tenté de réchauffer l'ambiance, mais lui venait carrément de la geler. A quoi pensait-il donc ?

    « ainsi je vous propose, grâce à l’étendue infinie de vos talents, de faire fondre ce bloc de glace extrêmement solide, seule, face à lui, tout le monde s’étant écarté. Je vous y invite, car je désirerais moi-même, comme tous ceux dans cette salle sans doute, que vous nous persuadâtes indéniablement de vos talents afin de vous accorder, de bon droit, sans autre tergiversation et une fois pour toute, votre statut d’Emissaire. »


Rien qu'à l'oeil on voyait l'ampleur du défi. Le mana dans le bloc de glace garantissait sa résistance. Une glace éternelle qui ne pouvait fondre que dans un brasier d'une chaleur intense. C'était bien joué, pour le coup. Lina n'avait d'autre choix que de déclencher les flammes de l'enfer pour prouver son statut et tout intervention des évêques s'avérerait suspecte.

L'archiviste sourit. La chance tournait enfin. D'ici peu, ils verront toute l'étendue d'une Emissaire et il pourra jauger la puissance qu'il lui manque pour devenir son égal puis supérieur. Heureusement qu'il n'avait pas achevé l'incantation, tout à l'heure, sinon ça aurait facilité la tâche de l'Emissaire.

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Jeu 7 Mar - 19:03
« En voilà des manières, lorsque l’on réclame une information, se présenter en premier reste la moindre des politesses. Je vous ferais toutefois grâce du premier pas, Emris, je me nomme Emris. Et je ne pense pas enfreindre une propriété privé en l’observant docilement, de l’extérieur qui plus est. Mais peut-être pourriez-vous me renseigner sur les évènements qui se déroulent dans cette étrange ville ? C’est bien première fois que je vois un tel engouement religieux – dit-il en insistant, tant l’affirmation lui faisait mal – en Ventus. »


- Je m'appelle Miles. Je suis navré si je vous ai paru défiant mais il y a eu plusieurs vols récemment, et ce bâtiment est interdit aux visiteurs. La porte étant ouverte et vous voyant visiblement attendre quelque chose... vous allez rire, mais j'ai pensé que vous faisiez le guet pour un complice.


- Philia accueille une exposition religieuse, des croyants à travers le pays se sont réunis ici, j'ai même aperçu un couple de Terrans il y a deux semaines. J'ai contacté les autorités locales, ils devraient arriver bientôt, pouvez-vous rester ici pour les attendre? Je vais entrer pour voir ce qu'il se passe, ne vous inquiétez pas pour moi si cela tourne mal, j'ai confiance en mes aptitudes magiques.


La cervelle du jeune technomage fonctionna en accélérer, c'est à dire à son rythme normale.

Miles allaient entrer ici. Cela lui laissait, en fonction de la longueur de l'aller, environ 15 secondes pour réagir à partir du moment où le bruit de la fermeture du portail se ferait entendre. Ensuite il allait être découvert, selon une quasi-certitude qu'il ne servait à rien d'évaluer. Deux solutions à partir de là. Soit Miles n'était pas au courant pour les jeunes filles et tout se passeraient bien. Soit il l'était, et la situation du technomage devenait bien plus précaire.

Si il était découvert la avec ces trois jeunes filles, ce qui allait se passer ensuite n'était pas dur à conjecturer. Dans un pays libre comme Ventus, le rapt reste quelque chose d'interdit et les autorités locales auraient surement quelque chose à en redire. L'homme essaierait donc de le faire taire. L'inconnu était la force de cet homme, sa capacité à résoudre André Caéli au silence et le Mihailovien serra un peu plus fort le ballon. Après tout il était un escrimeur entrainée et était capable de faire exploser le ballon si besoin. Si l'homme en face de lui avait des capacités normales et qu'il cherchait à le faire taire par la force, c'était tout à fait jouable.

Si l'homme était plus faible et ne pouvait l'empêcher de partir, la situation était comme si il ignorait la présence des jeunes filles. Il suffirait d'aller chercher de l'aide et si la situation ne se résoudrait pas de manière agréable pour le fameux Miles, tout devrait pouvoir rentrer dans l'ordre sans violence.

Il restait enfin une inconnu, l'homme au portail. Le fameux Emris. Miles fermerait surement la porte derrière lui, mais si Caéli parvenait à s'échapper et à convaincre l'inconnu de venir l'aider, alors l'issue semblait aussi favorable. Bref, la situation était plutôt à son avantage.

C'est à ce moment la que le jeune homme entendit Miles se poser sur l'allée, sans avoir entendu un bruit de portail. Puis les pas se rapprochèrent, raisonnant à travers l'allée puis l'immense entrepôt vide, de la même manière que raisonne un tambour dans la nuit noir. Le corps du ventusien ne tremblait absolument plus, son front était froncé et ses yeux regarder sans voir vers l'entrée. Toute son intelligence était tourné vers l'intérieur pour trouvait une solution.

Pas de bruit pour le portail. Pas même celui d'une escalade. Mais un bruit mat... un mage ? Air ou Terre. Bon maintenant plus question de croire qu'il n'était pas au courant pour les filles.

Il regarda le corps des trois jeunes filles qui avaient retrouvés dans leurs regards une lueur d'intelligence. Mais amorphe comme elles devaient l'être, c'était peine perdue de compter sur elle. Un fardeau à sauver, voilà ce qu'elles représentaient et il devait maintenant trouver la meilleur solution pour se sortir de ce guépier.

D'abord affrontait un mage à la loyale n'était pour lui pas une option, et faire face sans pouvoir lancer de sort à Miles ne lui effleura même pas l'esprit. Ensuite il pensa à retourner dans la cave, mais il n'avait clairement pas le temps d'y amener les jeunes femmes avec lui et il serait ainsi vite découvert, dans un espace clos face à son adversaire.

Il pouvait aussi mettre le feu à la caisse et utiliser la stupeur de son adversaire pour s'enfuir. Les flammes ameuteraient le village qui verrait les trois femmes et demanderait des explications. Mais si des hommes blancs venaient les premiers, c'était peine perdue et le temps qu'il trouve des renforts conséquent pour affronter un mage, elle ne serait peut être plus là. Si seulement on était plus proche de Mihailov, la situation aurait été tout à fait envisageable, partir et revenir avec Eloan, Arya, et les meilleurs élèves des sections langue ancienne et magie. Ces kidnappeurs n'auraient pas peser lourd, et perdant le fil de sa concentration quelque secondes, il imagina la tête du prétendu Miles qui se dirigeait vers lui face à une trentaine de magiciens d'élite venu récupérer les jeunes filles.

Cette distraction, si elle était hyperfêtatoire n'était pas irréfléchi car le plan d'action du jeune homme était décidé. La présence d'Emris dehors, la possibilité d'utiliser la caisse... d'autant que pour s'enfuir, le seul chemin, c'était la porte et que le mage serait dans l'embrasure de la porte.

D'un geste précis et contrôler témoignant de sa concentration retrouvé et de sa dextérité, il fit rouler le ballon à coté de la porte; celui ci s'arrêta contre le mur, à coté de l'embrasure de la porte. Aucune trace de runes n'étaient plus visible.

Puis alors que les pas, selon le bruit qu'ils émettaient, annonçait un délais descendu à 5 secondes, il avança le plus possible la caisse de la porte, puis recula, laissant celle-ci à mi chemin entre lui, au-dessus des trois sirènes rêveuses, et Miles dont la main se posa sur la poignée de la porte entrouverte.








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Lun 25 Mar - 23:35
Rue de Philia.
Du plus loin qu’ils ne se souviennent, Emris ne connaissait pas de Prêtre ou bien de représentants du Culte qui s’affublerait d’une toge bien trop éclatante et masquant sa vue par la même occasion. Rien que ces détails avaient de quoi lui mettre la puce à l’oreille et surtout lui suffisaient pour établir quelques raccourcis logiques. L’organisation à laquelle il avait à faire ne laissait pas transparaitre la simplicité et les convictions d’Ehol lui-même.

Pourtant, il n’avait rien d’extraordinaire, un homme parmi les Hommes, d’une banalité presque affligeante sans ses artifices sectaires. Cet instant dénudé l’aurait bien fait vaciller dans ses conclusions, si Milles ne s’était pas trahi juste après qu’il ait acquis un brin de confiance en tant que digne représentant du Culte.
Quelques minutes auparavant, il lui assurait que ledit lieu était une propriété privé et se laissait présenter comme l’un de ceux à qui le hangar devait appartenir. Sinon, pourquoi s’en ferait-il pour son intégrité et pourquoi chercherait-il à devancer les autorités compétentes ? D’ailleurs qu’est-ce que ces autorités pourraient bien chercher à défendre dans un hangar abandonné ? Après tout, même en Aquaria, il n’est pas rare que de jeunes rebelles s’aventurent en des lieux peu accueillants. Une sorte de rite initiatique. Et à l’instant, il usait de magie pour pénétrer dans le lieu de « tous les interdits ». Un acte loin d’être insignifiant et qui venait tout remettre en cause une fois de plus. Si l’homme qui tentait de l’assassiner quelques dizaines de minutes plus tôt n’était pas net, celui-ci l’était encore moins. De part son comportement, sa gestuelle, sa magie, et ses agissements si proches de ceux qu’il réprimandait, Milles lui apparaissait bien moins correct, moins net dans son flou gaussien …
Tout en le regardant d’un œil attentif, il accorda une oreille pleine de questionnement à l’enfant qui le détourna de la porte que Milles passerait dans quelques instant. Ses mots finirent par le pousser à un premier acte de vandalisme, il apposa sa main sur la serrure du portail en sifflotant quelques mots dans une langue que le garçon ne comprit pas. La serrure prit une teinte ocre de rouille très légère invisible à l’œil nu qui démontrait tout de même sa faiblesse. Puis, il s’accroupit à nouveau à la hauteur de l’enfant, la futilité des adultes épargnait parfois l’esprit curieux des plus jeunes, et celui-ci paraissait bien plus curieux que d’autres.

« Des blanchisseurs ? Si tu veux mon avis, ils ressemblent plus à des religieux peu scrupuleux qu’à des blanchisseurs. Qu’est-ce que « vous » leur trouvait d’anormal, tu as vu des choses étranges ? Ils t’ont fait quelque chose ? »

A la mine de l’enfant, il comprit rapidement qu’en tant qu’inconnu, il se faisait trop insistant. Mais quand bien même, sa bonne mine rassurante en faisait un confident tout désigné. Et toute information non déformée pourrait lui être salvatrice si les choses en venaient à évoluer dans le sens qu’il envisageait de plus en plus. Face à l’évidence, la décision d’agir ou laisser agir lui viendrait d’elle-même, comme par la grâce des Cieux.

Au même instant, dans une salle à l’atmosphère trouble.
Le conseil des trois prit fin lorsqu’Eloan s’en désolidarisa, pour venir au secours d’un Ignisien un peu fou. Du moins, c’est ce que l’on pourrait en penser en le voyant se lancer dans l’arène, avec pour seule arme, des mots et un charisme à toutes épreuves. En réalité, pour qui comprend un peu les mécanismes qui définissent le comportement d’Eloan, il apparait clairement qu’il dénigre le bon bougre dans le but d’obtenir plus d’informations afin de conclure quant à la problématique qui s’oppose à lui.
Il venait de proposer une nouvelle épreuve à l’Ange manipulé. De loin, et bien qu’il conçoive que son acte ait apaisé momentanément en forçant une forme d’adulation, l’Emissaire ne considérait cette nouvelle épreuve qu’avec un certain détachement. La présence dans cette pièce minuscule d’une multitude d’individu possédant des dons qui combinés pourraient potentiellement équivaloir à ceux d’un Emissaire rendait la réussite ou l’échec de Lina sans valeur véritable, à moins qu’ils ne fassent attention au moindre geste, au moindre mot. Par ailleurs, celle-ci pouvait bien disposer d’une magie bien plus caractérielle qu’elle ne le serait jamais.

Quoi qu’il en soit, le calme apparent n’eut guère le temps de perdurer avant qu’un nouveau représentant du peuple, de toutes les Libertés et de tous les Savoirs, ne se laisse envahir par sa foi naissante. Relançant ainsi les diverses noms d’oiseaux et accusations sous les regards d’autant plus lassé de Marcus, qui n’intervenait pourtant pas.
L’envie de mesures radicales prit le dessus sur l’Emissaire l’espace d’un instant, avant qu’il n’évalue la criticité d’un acte démesuré, tant sur l’Ange que sur ses nouveaux disciple. Pourtant, tout l’empêchait de laisser ces deux là choir sous le nombre, et encore moins Lina sous le poids de sa nouvelle renommée. Il s’investie donc d’un rôle pacificateur, abandonnant Leodagan à sa solitude à moins qu’il ne décide de l’accompagner dans la mêlée, pour peu qu’ils parviennent en son centre.
Pour apaiser l’assistance, il choisit à la fois le parti de la discrétion et celui de la force. En faisant légèrement osciller la gravité dans la pièce, il espérait provoquer un étourdissement général. Rien de bien dangereux, mais suffisamment subtil pour en faire vaciller certains, quant aux autres, leur expression révélait un malaise généralisé. S’il lui était impossible de choisir qui serait ou non la cible de ce trouble – tant le phénomène est global – pour sa part il se voyait moins affecté par habitude, ce qui ne l’empêchait pas de ressentir ses effets néfastes. Une fois au côté de l’Ignisien et du Ventusien, il prit la mesure d’un groupe qui se remettait petit à petit de ses agissements.

« Ventus est une terre de Liberté, nous n’agissons pas par pulsion, et nous acceptons la différence même si nous ne la comprenons pas forcément. Ehol nous enseigne le respect, il nous conduit sur des voies plus sûres. Ne vous éloignez pas de ses préceptes par la violence ou en rabaissant ceux qui ne vous rendent pas votre foi, qui ne la partagent pas et surtout ne reconnaissent pas les – évidence des autres – … Pardonnez-leur, offrez-leur votre conviction, non pas au poing mais par la tolérance, car c’est bien ce que ferait Ehol. » Dit-il, d’une voix calme et pausée, presque chaleureuse.

Puis, il fit de nouveau dos à l’assistance en espérant qu’elle ne se jette pas sur lui, tout était possible. Invoquer les préceptes plus ou moins supposés d’Ehol devait normalement leurs inspirer l’apaisement. C’est un peu comme se rapprocher d’Albio à Terra. Dans un regard à la fois profond, plein d’une bienveillance et d’un ton tout aussi neutre, il fit un pas vers Lina.

« Personne ne peut vous contraindre dans vos actions, si ce n’est la bienveillance d’Ehol lui-même. Si vous voulez toutefois nous montrez la voie à –tous–, forcez l’évidence pour les plus réticents, épargnez-nous les flammes de l’enfer. Fondre ce glaçon pourrait être un intermédiaire plus pacifique et pourtant très démonstrateur aux yeux de –tous– ... »

En cas de débordements, les mesures seraient probablement plus radicales et d'une infinie complexité dans le choix du nombre ou de la raison.

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Dim 21 Avr - 11:39
Alors qu'il s'avançait vers la porte d'entrée, Miles entendit un bruit qu'il ne parvint pas à identifier, comme quelque chose glissant, et tout de suite après un son bien plus distinct, d'un objet lourd que l'on fait glisser sur le sol. S'il pouvait l'entendre, il n'était pas impossible que l'intrus ait perçu des bribes de conversation à travers la porte entrouverte, et se doutait donc de sa présence. Il ne comptait visiblement pas sortir, au contraire. Soit il s'adonnait à du vandalisme gratuit, soit il préparait quelque chose, et l'une comme l'autre option ne plaisait guère à notre héros fortuit.

Le sort de vent qui cernait ses pieds était toujours actif, et il décida pour une fois de jouer la prudence; il jeta un coup d'oeil derrière lui le temps d'apercevoir que l'inconnu était toujours de l'autre côté de la grille, et sauta vers un espèce de rebord près d'une fenêtre. De toutes évidences l'autre homme serait bien trop occupé à fixer l'embrasure de la porte pour penser regarder en haut. Il s'aventura à regarder à l'intérieur, et écarquilla les yeux.
Les anges. Leurs anges! Qu'est-ce que cet homme, cet intrus, cet espion, ce démon, faisait avec elles ?!? Cette fois c'en était trop, la sentence avait été prononcée, plus aucun doute ne subsistait: cet homme s'était volontairement introduit en ces lieux pour kidnapper leurs anges! Il ne payait pas de mine, mais s'il avait été embauché pour cette mission, il devait certainement être un espion entrainé ou un mage puissant... l'homme au grillage était peut-être bien son complice après tout, un professionnel ne se laisserait pas repérer aussi facilement non? Ou bien... peut-être voulait-il se faire repérer, et semer la discorde dans le village. Quoiqu'il en soit, il devait agir et vite; rejoignant furtivement la fenêtre brisée par le ballon, il murmura un sort simple qui fit se briser entièrement la fenêtre, avant de bondir à l'intérieur de l'Eglise. Il aperçut le chemin vers la cave ouvert, et se tourna vers l'homme qu'il venait de surprendre.

- Ne faites pas un bruit, et éloignez-vous d'elles.

Il tendit son bras vers l'homme, il avait parlé doucement, mais le ton de sa voix indiquait clairement une injonction à laquelle il ne pouvait se substituer. Dire que cet homme à l'apparence banale et au physique commun était un espion... les ennemis de la foi manient plus d'un subterfuge pour arriver à leurs fins. Il fit deux pas en avant, de manière à se positionner dans une sorte de triangle entre lui, son ennemi et la trappe dans laquelle un complice pourrait se dissimuler.

- Et pas de paroles inutiles. Qui vous envoie?

Une personne normale aurait demandé de ne faire "pas un geste" mais face à un ennemi que l'on soupçonne magicien, la consigne sur les sons est beaucoup plus efficaces. Il existe nombre de sorts simples et pourtant puissant si on les prononce en langue ancienne, et même s'il avait confiance en sa capacité à lancer son sort avec suffisamment de précision et de rapidité pour le toucher, on ne pouvait jamais savoir les dégâts que provoqueraient deux sorts entrant en collision, et Miles opterait donc surement pour une attaque physique directe à l'aide du petit boost magique cernant ses pieds.
Il espérait surtout que le grand-prêtre trouve une solution à ce problème, et vite.

Un peu plus loin, près d'une grille qui n'avait pas vraiment servi à grand chose.

- Ben, ils sont bizarres. Ils passent leur temps à se balader en ville, ils partent, ils reviennent, ils repartent ils re-reviennent. Et tout ce que ma maman trouve à dire c'est: "ils sont de l'Eglise, ne fais pas attention" il effectua une grimace bien exagérée pour appuyer ses dires. Tous les adultes pensent la même chose, moi quand j'étais petit... il prit un air fier, comme pour affirmer qu'il avait depuis longtemps délaissé cet âge ... Personne portait de capes blanches. C'est pour ça qu'on les appelle blanchisseurs, depuis qu'ils sont là, tout le monde se met à en porter.

Le jeune garçon s'était un peu emporté dans sa narration, mais pour une fois qu'un adulte s'intéressait à ce qu'il disait, il ne voulait pas laisser passer cette chance. Cet engouement dura pendant trois belles secondes.

- Mais vraiment, ils ont besoin d'y aller à deux pour récupérer ma balle?

Il soupira et observa fixement la porte, quelques bruits se firent entendre à l'intérieur de l'entrepot, un peu comme si une autre balle venait d’atterrir à l'intérieur, mais il ne s'en préoccupa pas vraiment.
_____________

L'agitation s'était calmée, puis reprit de plus belle. Pouvait-on seulement en vouloir aux acteurs de cette émeute? Un homme, un étranger, un Ignisien, était entré dans leur Eglise, dans un lieu de culte, et non content de le profaner de ses blasphèmes odieux, il avait accusé les prêtres de mentir, de tenter de les duper. Il avait insulté leur foi, il avait insulté les gens qu'ils respectaient, et plus que tout, il avait mis en doute la vérité, une fois de plus il voulait se servir des pouvoirs de l'Emissaire du feu, de la sainte émissaire pour son simple plaisir? Mais qu'avait-elle à prouver! Elle venait de démontrer ses talents quelques minutes plus tôt, que voulait-il qu'elle fasse, qu'elle mettre à feu et à sang une cité, ses délires d'Ignisien seraient-ils ainsi satisfait?

Et il y avait ce Ventusien, impudent derrière son élégance. Oh, il savait parler et son discours semblait de bonne foi, mais le choix de ses mots, pour les plus éduqués des croyants présents, n'en était que plus révélateur. Courbettes de pierrot, flatterie et pour finir, une dague planté dans leur dos. Il venait d'utiliser la magie pour faire apparaitre un bloc de glace, tachant le sol de l'église. Bon sang, ne se rendait-il pas compte qu'il était dans un lieu sacré!!

Alors bien entendu, les mots s'élevèrent à nouveau.

- Si vous êtes simplement là pour cracher sur les gens présents, vous pourriez aussi bien dégager!!
- C'est vrai!
- Il a rais-!

Soudain, une forme de pression inattendue se manifesta sur leurs épaules. Certaines des personnes, surprises, posèrent un genou voire les mains à terre, d'autres parvinrent à tenir debout. L'effet fut immédiat et calma dans l'instant toutes les personnes concernées, d'un côté comme de l'autre. Elliot resta incrédule un moment, regardant avec inquiétude les membres de l'Ordre qui semblaient ne pas en savoir davantage, et un des hommes, un ami du blond, certains l'avaient remarqué, prit la parole.

Son discours était clair, posé, et ses mots choisis avec attention. Cet homme connaissait certainement le culte d'Ehol, il en était peut-être même un pratiquant. Elliot demeura quelques peu méfiant mais ne pouvait que reconnaitre la justesse de ses paroles, une partie des personnes présentes semblaient s'être calmées, d'autres toutefois, n'en étaient que plus méfiantes envers cet homme aux pouvoirs étranges, un de ces "pactisants" à n'en pas douter.
Il s'approcha ensuite de Lina, ce qui provoqua un mouvement en avant d'Elliot, même s'il ne pensait pas être à même de la défendre, même si l'émissaire de feu n'avait en réalité, certainement pas besoin de défenseur... c'était Lina, et il ne voulait pas la laisser si près d'un homme potentiellement dangereux.
La tension qui s'était abaissée se leva un peu aux mots du jeune homme, et alors qu'un groupe de croyants regardait toujours Reno avec dédain, semblant prêt à l'inviter à quitter les lieux, de gré ou de force, Marius éleva la voix, et comme par un effet de pression naturelle, les objections se turent.

- Ce sont de sages paroles. Ce que nous ont enseigné les anges, ce que nous a transmis Ehol, il s'agit avant tout du respect mutuel. Jeune homme, dit-il en s'adressant à Reno, votre conduite au sein de ce lieu sacré, auprès de toutes les personnes ici présentes était un grave manque de respect et de tolérance. Vous êtes en droit de ne pas adhérer à nos idées, de ne pas vouloir suivre le chemin qui vous est offert, mais si votre seul but en pénétrant cette église a été d'en insulter les croyants, je vous demanderai de quitter les lieux. Sur le champ.

Sa voix ne laissait pas d'alternative, de toutes les manières, il s'agissait là d'une visite guidée suivie par une lecture, si un des participants crée une émeute, il va de soi qu'on lui demandera de partir, ou dans le pire des cas, qu'on l'y forcera s'il ne peut s'y résoudre.

- Quant à vous autres, bien que je comprenne vos sentiments, bien que votre colère puisse être justifiée, il existe bien des manières de l'exprimer, et la violence est certainement la dernière d'entre elles. Ventus a toujours été un pays de passion, ne pensez-vous pas? Mais cette passion ne doit pas vous consumer et vous faire oublier votre conscience, votre sens de la justice.

Lina acquiesça, et la plupart des personnes aux alentours firent de même, comme par mimétisme.

- Nous allons faire une pause, si vous le voulez bien, le temps que les tensions s'estompent. Ceux qui sont prêt à croire et à en apprendre plus seront les bienvenues lorsque nous reprendrons.

Une manière, très délicate, de signaler que les intrus et les perturbateurs ne seraient, eux, guère les bienvenues. Lina observa le bloc de glace avec une certaine inquiétude, laisser ce pilier de glace à cet endroit n'était pas envisageable, ils étaient dans une église, pas dans un cirque! Mais au moment où elle s'approcha du pilier pour le faire fondre - après tout, c'était ce qu'ils voulaient non? - une voix la rappela à l'ordre.

- Lina.
- Hm?

Elle tourna la tête et aperçut Marius, qui lui fit signe d'approcher, tandis que certaines personnes sortaient de l'église sous la guidance des membres de l'ordre, pour calmer un peu les choses. Le prêtre se pencha vers Lina et dit d'une voix paternelle:

- Il est inutile de rentrer dans leur jeu. Ils ne t'ont pas crue lorsque tu as fait paraitre ces papillons, ils ne t'ont pas crue lorsque tu as enflammé ce mouchoir, ils ne te croiront pas davantage si tu brûle ce bloc de glace. Si un mage l'a crée, un mage peut le détruire, et ils le savent; le faire fondre ne dissipera pas leurs préjugés. Il y a des personnes que l'on ne peut convaincre ainsi.

Il caressa la tête de la jeune femme, comme un père le ferait envers sa fille, et remarqua que la plupart des visiteurs étaient sortis, une poignée semblait ne pas s'être décidée encore, peut-être attendaient-ils la fonte du bloc de glace, ou souhaitaient-ils simplement parler à Lina ou à lui-même?

*Des personnes que l'on ne peut convaincre...*

Lina observa avec curiosité ce groupe de personnes, ils ne semblaient pas de si mauvais bougres, même si elle se serait bien passée de cet Ignisien, en fait elle pouvait comprendre leur point de vue, mais pour elle les choses étaient si... évidentes. Elle ne voyait pas l'utilité de prouver quoique ce soit. Désireuse de tenter une fois de plus l'expérience, elle s'approcha de l'homme qui lui semblait le moins idiot, en tout cas le plus compréhensif - et loin d'être le plus moche à regarder - tandis que Marius s'entretenait de nouveau avec l'un des prêcheurs.

- Merci d'être intervenu. Je n'avais encore jamais vu ce type de magie auparavant, seriez-vous par hasard un pactisant?

Elle s'était aventurée sur un terrain qui n'était pas le sien, mais un pouvoir de pacte semblait la conclusion la plus logique à ce sentiment de malaise général. Tout de même, croiser un pactisant était une chose plutôt rare, et surement un bon moyen d'engager la conversation... Pour une fois, la discussion ne tournerait peut-être pas autour des banalités habituelles.

______________________________


Hop, le post est enfin là!
J'ai repéré un petit décalage temporel entre les deux lieux, en soit ce qui se passe du côté d'André et d'Emris s'est fini, sur ce post, à peu près au moment où Marius a pris la parole. Ca n'est pas très grave pour l'heure (et c'est assez logique puisque d'un côté vous êtes trois et de l'autre à présent deux), à moins que Reno provoque à nouveau une émeute, ça devrait se calmer.

Donc Reno et Eloan/Ferdinand, vous êtes libres de rester ou de sortir, au choix, Ryd toi tu restes, y'a Lina qui vient te parler xD (Enfin tu peux partir aussi mais ça serait pas sympa de lui mettre un vent comme ça =p). Pour André bah... good luck!

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Les Prêcheurs - partie 1 (PV Eloan, Reno, André, Ryd)
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