Un blondinet sur place s'il vous plaît ! [pv Eloan]



 

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Un blondinet sur place s'il vous plaît ! [pv Eloan]

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Mer 4 Juil - 21:13
26 Février 762 vers 19 heures

"Bon... Qu'est-ce que je peux bien faire moi ?"

Jeanne se baladait dans les rues de cette grande capitale qu'est Omnia, elle errait ici et là à la recherche d'une quelconque chose pour faire passer l'ennui qui commençait à grimper en elle. Pourquoi était-elle là ? Bonne question. On lui avait demandé d'accompagner sa générale et amie Aishlinn pour faire attention qu'il ne lui arrive rien sur le chemin du royaume de Terra à celui de Ventus. Et pourquoi donc ? Cela elle ne le savait pas. Bien qu'elle était gradée elle aussi il y avait des choses qu'une seconde n'était pas en droit de savoir et ce que venait faire Aishlinn en cette cité en faisait partie, la générale l'avait cependant rassurée sur le fait qu'il ne s'agissait qu'une petite opération de routine et qu'elle ne risquait absolument rien.

On donna donc quartier libre à Jeanne pour qu'elle puisse se reposer un peu pendant que la générale devait être en réunion ou quelque chose du genre. La jeune femme n'aimait pas laisser son amie ainsi, après tout elle avait un caractère plutôt... Sous pression et elle avait peur que cela ne termine mal.

Elle secoua la tête à cette pensée. Non Aishlinn était une générale émérite, elle se devait de lui faire un minimum confiance tout de même. Enfin, toujours était-il qu'ils l'avaient larguée dans une ville qu'elle ne connaissait pas et qu'elle ne savait franchement pas quoi faire pour l'instant.

C'est donc ainsi que nous retrouvons Jeanne dans les rues d'Omnia habillée en civile car elle n'était plus en service. Ses longs cheveux habituellement noués en tresse longue étaient lâchés et flottaient doucement dans son dos à cadence régulière et faisaient ainsi un contraste avec ceux qui entouraient son visage plus court, la coupe était inégale mais tout de même jolie. Elle portait un long manteau en laine beige dont les anneaux en métal pour tenir les deux morceaux faisaient un léger bruit à chaque pas. Elle l'avait sur elle dans le but de la tenir au chaud des températures de l'hiver et il lui arrivait jusqu'aux genoux à peu près, en dessous une tunique plus légère en soie violette avec des bordures blanches qui dépassait pour arriver vers ses chevilles bien que rembourrée elle aussi pour lui tenir tout aussi chaud voletait doucement par moment et des bottes en cuir marron parfaitement adaptées à la ville qui semblaient très bien entretenues. Elle n'aimait pas ne rien à voir à faire mais au moins elle se devait de reconnaître que la grande capitale était faite ( et l'est toujours d'ailleurs ) avec le plus grand goût et style. Le style était terriblement différent de celui d'Hystia mais était tout aussi beau. Il flottait dans ce lieu un sentiment de liberté assez agréable par ailleurs. Jeanne finit rapidement par se détendre et par apprécier pleinement ce qu'elle voyait de ce lieu plutôt enchanteur.

Elle arriva sans trop s'en rendre compte vers ce qui lui sembla le centre-ville. En effet un paquet de commerçants et de petits restaurants étaient ici. Elle passa vers les quelques étals qui restaient encore là malgré l'heure et le froid. On lui proposa divers objets qu'elle refusa toujours poliment. Quelques-uns lui demandèrent d'où elle tenait son accent, lorsqu'elle leur répondit qu'elle venait de Terra certains lui souriaient quand d'autres avaient l'air moins rassurés. Pourtant elle n'avait pas le sentiment de leur faire peur. Et il y avait une paix bien que peu stable entre les deux pays. Bah ! Elle ne chercha pas à comprendre bien que cela l'intrigua légèrement puis arriva devant une petite boutique. Dedans des gens se pressaient et achetaient des petits gâteaux inconnus de la jeune femme. D'autres lui étaient familiers mais peu d'entre eux.

Poussée par la curiosité (et un peu par la faim aussi) elle se décida à franchir le seuil de la boutique et regarda les étalages. Tout semblait bon ici, il avait des sortes de beignets fourrés à framboise d'après les petits écriteaux, d'autres étaient radicalement différents et semblaient avoir de la crème dessus, tout ceci lui paraissait succulent et pourtant de nombreux d'entre eux lui étaient totalement inconnus bien qu'elle avait reconnu des croissants et quelques petits-pains aux chocolats. Une fois que ce fut son tour elle demanda à la vendeuse :

"Excusez moi, c'est une boulangerie ?"

L'autre femme pencha doucement la tête en souriant.

"Non mademoiselle, nous sommes dans une pâtisserie, on y vend principalement des gâteaux, vous n'êtes pas d'ici ?"

Jeanne secoua doucement la tête.

"Non je suis de Terra, je viens pour affaire, une pâtisserie vous dites ? A Hystia nous n'avons pas vraiment cela, on trouve ces choses chez le boulanger mais elles sont bien plus rares, je ne connais pas la moitié de ces choses... Alors hm... Pour moi ce sera un "mille-feuille" s'il vous plaît !"

La jeune vendeuse hocha de la tête en souriant et lui prit ce qu'elle venait de commander, elle la fit payer puis ajouta avant qu'elle ne parte.

"Ah mademoiselle ! Nous avons une petite terrasse si vous voulez, il fait froid mais le paysage est plutôt agréable."

Jeanne la remercia puis s'en alla, elle se dirigea vers l'endroit que la serveuse lui avait indiqué et s'y posa, on lui avait donné des couverts afin qu'elle puisse manger dans en mettre partout à condition qu'elle les rende après bien évidemment. La jeune femme attaqua sa pâtisserie avec entrain puis regarda autour d'elle. La jeune femme disait vrai, c'était un bien bel endroit, d'ici elle voyait d'une petite hauteur les gens vaquer à leurs occupations, certains rentraient des des tavernes, d'autres allaient visiter les quelques rares échoppes encore ouvertes à cette heure et d'autres parlaient entre eux en rigolant, pleurant, s'énervant etc etc ! Jeanne trouvait cet endroit très vivant et agréable, elle s'y sentait bien et pour une fois elle ne regretta pas de ne pas s'avancer sur son travail en tant que seconde, elle était même heureuse de profiter de ce simple plaisir que lui donnait cette pâtisserie et de la beauté de la capitale de Ventus, tout lui semblait parfait, tellement parfait qu'elle n'entendit pas les bruits de pas de l'homme qui arrivait vers elle.

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Ven 6 Juil - 11:14
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» Faubourgs d'Omnia ― 26 Janvier 762 ― 18h
Il y a dans Omnia, dans ces faubourgs d'Omnia que le vent de l'émeute soulevait naguère si aisément, que la brise laisse à l'oubli des autres, l'abandon de la société, l'ingratitude générale, qui réduit ces faubourgs au néant, à l'inexistence. Il y a des rues, des maisons, des cloaques, pour ainsi dire, des ruines, où des familles, des familles entières, vivent pêle-mêle, ci et là, hommes, femmes, jeunes filles, enfants, n'ayant pour lits, n'ayant pour couvertures, dirait-on presque pour vêtements, que des monceaux infects de chiffons en fermentation, ramassés et macérés dans la fange du coin des bornes, espèce de fumier, de rejet ou de reste des villes, où des créatures humaines s'enfouissent toutes vivantes pour échapper au froid de l'hiver et à sa rudesse.

C'était là, au début de soirée, où, vers 18h, la nuit commençait déjà à se coucher sur la nation de Ventus, pour débuter son sommeil paisible et glacial. Seulement, sur le pavé gelé des faubourgs de la Capitale Ventusienne, la nuit n'annonçait pas la félicité d'un lit chaleureux après un repas festif de pure satiété, mais une nuit de cauchemar, entre monstruosité, et enfer, entre vent hivernal et fièvre maladive, à rendre fou bien des hommes. Là, régnait Misère, près de sa sœur Pauvreté. Alors qu'au loin, on pouvait encore voir les pénombres du crépuscule se dessiner et s'effacer peu à peu dans le ciel, ici, se promenant dans la rue, on n'entrait non pas dans la banalité d'un soir d'hiver, mais dans une atmosphère cauchemardesque. Dans l'ombre, les tours, les maisons, les fenêtres et balustrades, les pignons et frontons, les créneaux, les extrêmes murailles des faubourgs, les caniveaux froids et ruisselants, tout se métamorphosait et se bouleversait pour gagner le visage de l'horreur. En même temps que certaines lueurs s'élevaient avec la nuit tombée, une rumeur sillonnait et gravissait les murs, montant et descendant des cheminées jusqu'aux bas-côtés des ruelles. Autour de soi, c'était des ombres, des spectres hideux, on entendait leur râle, leur gémissement, virevoltant entre les chandelles sombres de l'Enfer qui rodait et admirait ce spectacle lugubre, fiévreux, glacial, et sépulcral.

De là, ce n'était plus une ruelle, c'était le tombeau par laquelle la bouche béante du Pandémonium recrachait et vomissait ses abjections, ses obscénités, ses noirceurs insensibles et ses fureurs ardentes. Dans l'ombre, on pouvait, entre les cliquetis secs et froids de la mort, discerner un squelette qui portait avec lui la fièvre, la folie. Les fantômes, hantises frottaient les corps et venaient se mêler aux spectres sombres de la Misère. En descendant dans cet atmosphère d'éveil funeste de la nuit des faubourgs, on sentait tous ces esprits obscurs se presser autour de vous, tendre un bras spectral et impuissant, dont l'agonie sourde avive un tremblement d'épouvante à quiconque s'en approche. Tout cela, la nuit, c'était les tréfonds d'Omnia. Une ville qui, pourtant, pouvait prêter aux rêves, à l'insouciance de la beauté de Ventus, pas si belle que cela. C’était comme un nouveau monde dans ses faubourgs aux extrémités de la cité, inconnu, inouï, difforme, reptile, fourmillant, fantastique.

Alors, en continuant dans cet abîme de peine, de froideur, où les ombres s'unissaient aux spectres, on pouvait, parfois, tomber sur une vaste place, aux pavés irréguliers et inhospitaliers pour tous les va-nu-pieds qu'elle accueillait pourtant chaleureusement. Il y avait des feux, autour desquels fourmillaient des groupes étranges et épars, y brillaient ça et là des rayonnements chancelants, on y entendait de tout, des rires aigus et divers, des vagissements d'enfants, des musiques étranges et fantasmagoriques, au son d'instruments improvisés ou volés. Ci et là, des saltimbanques dansaient sur des rythmes rudimentaires, mais endiablés et mystiques, aux lueurs embrasés des flammes qui dévoraient les pans des murs, des encadrements de vieilles maisons abandonnées, dont les façades étaient vermoulues, passées sous les coups incisifs du temps. Entre les foules, à quelques endroits, on apercevait le bruit voilé et impénétrable du désir parmi la liesse qui s'échappait d'une maison en ruine, juste à côté d'une auberge où entraient et sortaient des truands et bandits de divers horizons qui avaient atterris ici, il y avait aussi tous les rebuts et parias de la société, manchots, malades incurables, cul-de-jattes se déplaçant sur des planches de fortune fixées sur des roulettes. Par moment, sur le pavé où tressaillait la clarté des feux, panachée à de grandes ombres indéfinies et involutées, on pouvait voir passer un chien qui, inexplicablement, faisait penser à un homme, ou bien un homme qui ressemblait à un chien. Les limites des races et des espèces semblaient s'effacer dans cette place comme dans un Pandémonium. Hommes, femmes, sexes, unions, maladie, santé, sainteté, folie, tout semblait être en commun parmi ce peuple esseulé ; tout allait ensemble, amoncelé, mêlé, entassé, confondu, mélangé, superposé ; chacun y participait de tout.

Dans toute cette cohue infernale, personne n'avait vu, ni remarquer un homme s'approcher. Il regarda la scène, un instant, l'air assez pensif : elle était burlesque. Et le pire, c'est que dans ce vacarme sourd des désirs et des plaisirs, Omnia laissait une place aux forclos de la société, dans les tréfonds de sa cité, dans les abysses de la Misère. Dans l'obscurité quasi-totale des hautes ruelles étroites, on pouvait penser qu'il faisait nuit noire, alors qu'au dehors de cette place-taudis, peut-être en hauteur de la cité, on pouvait encore y voir assez clair. L'homme avait l'air de scruter les parages, comme s'il recherchait un élément dans le paysage, un détail qui attirerait son œil. Quand enfin il l'eut trouver, il se dirigea vers ce point, du moins assez pour sortir de l'ombre et être visible à qui voulait. Il ne craignait rien, il avait l'air serein et même habitué à cette scène qui pourtant en choquerait plus d'un.

Soudain, quelqu'un le vit, et après avoir rangé par-ci par-là des objets qu'il avait amassé grossièrement, il se mit à courir dans la direction du nouveau venu, passant près du feu, longeant le côté de femmes à demi-nues et lascives qui, soit ne le voyaient pas, trop occupées par le plaisir, soit protestèrent rapidement. Puis il passa auprès de musiciens, près de leurs instruments, entre les jambes de saltimbanques, on aurait dit une souris qui se faufilait dans un labyrinthe de choses éparses et diverses, et qui pourtant, formaient une unité. Enfin, il se posta devant l'arrivant, que personne hormis lui n'avait remarqué. C'était un petit garçon, d'une dizaine d'année, on aurait très bien pu lui en donner huit ou douze. Sur la tête, il portait un béret qui lui descendait plus bas que les oreilles, car bien trop grand pour lui. On voyait tout de même quelques mèches de cheveux brunes, mal entretenues, dépasser ci et là. Pour simple habit, il était vêtu d'une chemise crasseuse avec une manche déchirée, pour le bas, c'était un pantalon marron troué et miteux qui ne se soutenait plus vraiment de lui même, mais grâce à deux bretelles fabriquées de fortune et surtout mal agencées. Et pour finir, il n'était pas chaussé et allait pieds-nus sur les pavés glacés, et cela ne semblait nullement le déranger.

« ― Ah ! Tu t'es souvenu ! Lui lança-t-il, de façon presque supérieure.
― Bonjour Noé, lui répondit l’interpellé, sans relever ce que venait de lui dire l'autre, avec une voix souriante.
― J'avais un doute pour qu'tu viennes vraiment et qu'tu tiennes ton pari !
― Quoi ? Tu douterais de moi, enfin, tu entends ce que tu dis ? Impossible! répliqua l'homme.
― Mouaif', on est jamais sûr d'rien avec toi !
― Tu veux que j'honore mon pari ou non ? Sinon je m'en vais. Finit-il, toujours souriant et amusé, et prenant une pose exaspérée.
― Baaaaah évidemment, qu'ce que tu crois ! Tu n'vas pas te débiner quand même ! Tu as perdu ton pari !
― Bon, alors suis-moi, c'est parti ! » acheva-t-il d'un air enjoué, suivi d'un sourire très satisfait du gamin qui sautillait presque sur place à l'idée que la pari allait être tenu.


» Centre ville d'Omnia ― 26 Janvier 762 ― 19h30
L'homme et l'enfant quittèrent alors les lieux, remontant une rue sombre assez longtemps, car ils étaient dans les dédales des bas-faubourgs de la Capitale. En quelques instants, on aurait crû que les deux individus étaient arrivés dans un autre univers : ils étaient entrés dans les rues éclairées du centre, illuminées par les lanternes qui la jalonnaient. L'homme savait tenir ses promesses à vrai dire, et à la lumière des lanternes, à la lumière de tous, dans le centre ville, il était davantage remarqué. C'était Eloan Galaad, un nom non pas célèbre de tous, mais qui avait fait son chemin à Ventus, aussi bien grâce à sa renommée littéraire et magique, qu'à travers les noms flamboyants de son grand-père Lorcan Galaad, alors Haut-Juge émérite et éminent, le plus jeune qui ait existé, et de son père Lionel Galaad, digne successeur de son fils, aussi arrivé au poste de Haut-juge. Pourtant, de physique, dans la rue, on ne le reconnaissait pas, son image ne le précédait pas. Mais sa grâce, et sa beauté, elles, le précédaient toujours. Il était assez grand, élancé, blond. Il avait des yeux d'azur, une stature élégante, et une prestance incomparable. Il était habillé d'une chemise blanche à manche longue, surmontée d'une cape pourprée, assez longue, boutonnée à son col.

Assurément, tous les passants et tous les commerçants le regardaient passer, mais surtout, tous étaient stupéfaits de sa compagnie c'est à dire un gamin des rues. Lui, justement, ne semblait pas être gêné, ni étonné de la situation, comme s'il l'avait toujours cotoyée, c'était malheureux, mais c'était vrai, il était l'enfant d'Omnia, l'enfant de la rue. Quoiqu'il en soit, le gamin était sorti des tripots de la ville pour cause d'un pari qu'il avait gagné, et qu'il avait fait perdre à son comparse. Pour être franc, Eloan lui-même avait oublié les termes du pari et comment il avait pu le perdre, car dans tous les cas, il avait fait exprès de le perdre. Le jeune mage avait été obligé de procéder ainsi, car le gamin refusait catégoriquement toutes formes d'aide, se complaisant dans son autonomie, mais avec des paris aux règles bien ficelées, l'enseignant arrivait toujours à aboutir à quelque chose de positif pour, finalement, l'aider. Enfin, ils arrivèrent devant une boutique, une pâtisserie, assez petite il faut dire, mais très réputée dans Omnia pour ses succulentes pâtisseries, nommée « Plaisirs et Délices ». A cette heure-ci, il n'y avait plus grand monde à l'intérieur, pourtant Eloan y entra avec son compagnon de route : ce fût un déferlement de saveurs, de senteurs dans la boutique, le musc des fruits venait se mélanger avec la douceur de la vanille, tandis qu'une bouffée de couleur immergeait les étales, les inondant de leurs arômes et de leurs fragrances. Dans ces prémices de paradis, l'hôtesse les accueillit avec un sourire charmant, bien qu'intriguée par le petit garçon :

« ― Bonsoir Messieurs, que puis-je pour vous ?
― Bonsoir Mademoiselle, s'enquit Eloan, eh bien c'est simple, j'ai fait un pari avec mon jeune ami, et je lui dois une pâtisserie.
― Oh, je vois, et que désirerait ce jeune homme ? Demanda la vendeuse, tout sourire, finalement amusée par cette entrée peu conventionnelle.
― Ce sera un beignet à la framboise, assura le gosse, des étoiles papillonnant dans les yeux.
― D'accord, et pour vous Monsieur ?
― Je prendrai un mille feuille, j'en raffole.
― Parfait ! Dit-elle en servant les deux clients Où souhaitez-vous consommer ?
― Nous irons sur la terrasse, ne vous en faites pas », répondit le jeune Galaad, habitué des lieux, en payant puis en prenant les deux assiettes.
― Bon appétit !
― Merci Mademoiselle. »

Le garçon et Eloan se dirigèrent alors vers la terrasse, alors vide à cette heure-ci. Il n'y avait qu'une personne, une femme dont le Ventusien ne pouvait admirer pour l'instant que les longs et blonds cheveux qui tombaient dans son dos, et sentir le délicieux parfum qui en émanait. Ils s’avancèrent tous deux sur la terrasse, en dépassant la table de la jeune femme, pour arriver près de la rambarde, où Eloan voulait manger. Ils étaient alors dos à l'inconnue. Mais Noé saisit rapidement de la main son beignet au fruit, tout en arborant un air malicieux, puis il prit les escaliers les plus proches qui serpentaient jusque la ruelle, et en les descendant, dit fortement :

« ― Comme si j'allais manger dans un restaurant en centre ville, c'est pas chez moi ici ! Tu me prends pour qui ! En tout cas, merci pour le gâteau ! A la prochaine !
― Eh, la prochaine fois, laisse moi au moins t'offrir d'autres habits ! répliqua le Mage vivement, en se penchant par dessus la balustrade pour l'apercevoir.
― Pffff, ceux-ci sont parfaits, ils peuvent tenir encore quelques mois ! » entendit-on, beaucoup moins fort. La gamin avait déjà disparu dans la rue, et l'avait crié au loin.

Eloan eut une envie soudaine de grommeler sommairement, et se dit que la prochaine fois, il parierait des vêtements. Finalement, l'enseignant resta là, s'accouda sur la rambarde en prenant une cuillerée de mille feuille. Ah, ce gosse se disait-il, irrécupérable. Il ne connaissait quasiment rien de lui finalement, mais il l'appréciait, aimait avoir de ses nouvelles, et affectionnait de s'occuper de lui un minimum. Eloan adorait beaucoup cette vue, elle était en hauteur et permettait de voir une bonne partie d'Omnia, jusqu'au dehors de ses remparts. Tout autour de la terrasse étaient allumées de nombreuses lanternes qui répandaient agréablement leurs lueurs chaleureuses. La nuit était maintenant bien tombée, tout comme le calme sur la Capitale de Ventus. Le jeune homme en chemise soupira un bon coup, et dégusta à nouveau un morceau de sa pâtisserie, il fallait dire qu'elle était délicieuse, divine même. Dégustant avec bonheur ce qu'il avait dans la bouche, Eloan laissa planer son regard sur la ville devant lui, puis sur les remparts, puis sur l'horizon que l'on distinguait à peine contre la voûte céruléenne de la nuit. Enfin, il s'adonna à contempler le ciel, tant qu'il se retourna, s'accouda de par le dos à la balustrade, et la tête en arrière, il admirait les étoiles, qui, même dans une ville telle qu'Omnia, étaient encore visibles et rivalisaient de radiance.




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Mer 11 Juil - 0:09
Naraku no hana music box ver by These Animal Men on Grooveshark

Il y avait comme un océan entre la Jeanne civile et la Jeanne militaire. La civile était plus souriante, moins froide, plus attentionnée envers les gens alors que la militaire était tacticienne, froide, réfléchie et peu encline aux sourires. Cela était une sorte de masque qu'elle portait aussi bien pour se faire respecter qu'être crédible. Ses responsabilités étaient grandes et elle ne pouvait se tromper. Alors le peu de Jeanne civile qui sortait quand elle en avait le temps semblait être une toute autre femme. A des lustres de cette dernière et probablement méconnaissable pour quiconque la connaît ses hommes y compris. Heureusement ici Jeanne n'était pas à Terra et encore moins à Hystia elle pouvait donc se permettre de relâcher la pression, enfin non pas vraiment mais ça c'était de nature de souvent s'inquiéter pour rien.

Toujours était-il que ce petit break lui faisait le plus grand bien. Elle avait accumulé quelques tensions et pouvoir relâcher tout ça même pour une heure ou deux avait quelque chose de relaxant... Elle pensa au fait qu'elle devrait très probablement refaire ceci plus souvent mais au fond elle savait très bien qu'elle ne le ferait jamais. Elle aimait trop son poste pour se laisser aller à ce point. Et puis la Jeanne froide et maniaque avait un côté rassurant dans le fond. Elle paraissait moins faible et on l'approchait moins. Probablement une façon de se protéger de tout et surtout des hommes mais bon... Elle n'y pouvait pas grand chose. Vous connaissez l'expression, luttez contre le naturel et il revient au galop !

Elle tourna doucement le regard vers la ville et y jeta son regard améthyste. Elle distinguait au loin des quartiers lui faisant penser aux faubourgs de toute grande ville ce qui la fit légèrement soupirer. Son imagination s’égara là bas elle se demanda ce que les gens, les habitants pouvaient bien ressentir à ce moment là... De la tristesse ? De la joie ? Rien ? De la colère peut être ? Toujours était-il que cette misère qu'elle distinguait au loin la faisait doucement frémir. Elle pensait que les êtres humains ne devraient pas être traités ainsi... Elle se demandait si quelqu'un faisait quelque chose pour eux...

Elle frissonna une seconde fois ceci ne lui rappelait que trop bien son propre passé. Elle même avait vécu dans ce genre de lieux, elle même savait l'horreur qui y régnait. Une sorte de maladie sombre et silencieuse que tout le monde endosse sans ne rien dire. Un lieu où les sourires sont grands et les émotions vives pour essayer d'oublier la misère générale. Ses sourcils se froncèrent en même temps que des images venaient dans son esprit. Elle avait été heureuse dans ce genre de lieux. Elle se souvenait d'avoir tellement rit avec sa mère. Sa mère... Elle lui manquait vraiment... Oui sa mère lui manquait terriblement. Elle secoua doucement la tête, elle ne pouvait se laisser aller. Mais elle ne pouvait non plus détacher son regard de ce lieu de désolation et pourtant de joie en même temps.

Elle ne savait comment l'exprimer mais ces quartiers avaient quelque chose de malsain de terriblement vivant en même temps comme si un miracle morbide naissait entre ces rues. Cette image la fit sourire d'une façon nostalgique. Elle laissa sa cuillère de côté et posa son coude contre la table, sa tête blonde se reposant doucement sur sa main. Elle rêvait, son regard perdu entre toutes les rues qu'elle dominait depuis sa petite terrasse. Tout ceci était réellement beau et triste en même temps. La pauvreté, le peu qu'avaient ces gens ils le partageaient entre eux souvent. Ils se faisaient confiance car ils étaient bien obligés de le faire. Enfin... Cela ne concernait que la moitié de la population de ces quartiers. L'autre ayant développé une peur paranoïaque du vol. D'un autre côté ils n'avaient pas totalement tord. Ces quartiers avaient quelque chose de beau et noir en même temps. Elle y avait vécu un temps et même si ce n'était pas à Omnia elle savait bien que les règles étaient les mêmes partout dans ces lieux...

La nostalgie l’étreignait doucement alors que d'autres images venaient. Elle se repassait les périodes les plus heureuses de son enfances et toutes étaient soient de sa mère et elle dans ces quartiers soit de sa demi-soeur Elizabeth. Toujours était-il que sans s'en rendre compte un homme arriva, un homme et un enfant. Elle ne fit pas attention à eux tant elle était perdue dans ses pensées. Jusqu'à qu'une phrase prononcée avec la force d'un petit homme la fasse soudainement émerger :

« Comme si j'allais manger dans un restaurant en centre ville, c'est pas chez moi ici ! Tu me prends pour qui ! En tout cas, merci pour le gâteau ! A la prochaine ! »

Jeanne ne put s'empêcher de se retourner et de regarder l'enfant... Un garçon des rues. Avec des haillons mais pourtant heureux. Heureux du simple présent que l'homme qui l'avait amené ici lui avait fait... Jeanne émit un léger gémissement en se mordant la lèvre inférieur. Elle avait été exactement comme lui habillée de la même façon avec le même air niai et heureux qu'on lui ait offert quelque chose d'aussi simple et pourtant important que cette pâtisserie avec laquelle il s'enfuyait...

Elle le regarda disparaître dans les rues, le suivant du regard, il s'enfuyait comme un petit rat voulant protéger son butin, elle n'entendit pas vraiment la protestation du jeune homme blond qui l'avait emmené avec lui, elle ne fit que le regarder jusqu'à qu'il disparaisse. Puis elle tourna doucement la tête vers lui. Il venait de soupirer et regardait maintenant les étoiles. Elle le dévisagea doucement. Il était d'une assez grande stature et vu la façon dont il était propre sur lui et bien habillé il était très probablement noble ou tout du moins important dans cette ville. Un noble qui venait donc en aide à un enfant des rues ? Le coeur de la jeune guerrière se réchauffa instantanément. Elle était heureuse de voir que dans cette ville certains sous des allures bourgeoises ou autres prenaient soin de ce genre de petit. Ce genre d'enfant que tout le monde voit mais qu'on ignore. Car il est habillé pauvrement, car il doit transporter plein de maladies, car il n'est pas comme le reste du monde qui possède de l'argent, il est différent. Et pourtant son sourire niait agace, car il semble heureux. Il traîne dans la fange mais il est heureux. Il semble aimer sa vie mine de rien ce petit homme...

Elle soupira doucement, très doucement, un soupir heureux. Sans vraiment s'en rendre compte elle dit alors à l'homme.

« Vous êtes un homme bien... »

Elle ne put s'empêcher de sourire doucement, presque trop doucement pour qu'il s'agisse de la Jeanne habituelle. Peut être que le sucre la rendait légèrement euphorique mais elle était heureuse, heureuse de voir que dans cette ville quelqu'un s'occupe des petits rats d'égout...

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Jeu 12 Juil - 19:07
Ah, les étoiles, à la lisière de l'horizon jusque l'immensité céruléenne, flamboyaient d'un feu éternel et ravissant, d'une lueur envoûtante, et si mystérieuse. En elle, ce n'est pas seulement une lumière comme les autres, c'est un symbole. Elles sont irrésistiblement nébuleuses, énigmatiques, impénétrables. On aura beau tendre notre main vers elles, on ne pourra jamais en définir leur aspect, leur profondeur, leur radieuse clarté, indéfinissable et indiscernable. Tout un mystère les enveloppe depuis la nuit des temps, depuis le commencement de l'humanité. Le jour, c'est l'empire du Soleil, l'astre du jour, l'astre chaleureux et réconfortant. Mais la Nuit est le royaume de la lune, des étoiles. C'est dans la pénombre qu'un ballet, bien plus mystiques que le soleil, virevolte et danse. Dans leur univers de noirceur, contre la voûte séraphine et céleste, tout n'est qu'onirisme, rêve, au-delà, n'est que question, interrogation, énigme. C'est la sphère de l'imagination, des chimères, des rêves.

Promptement, le jeune mage, alors récemment « Maître des Arcanes » de Ventus, entendit un soupire, suivi de quelques mots enrobés dans une voix mielleuse de bonheur :

« Vous êtes un homme bien. »

Eloan se redressa alors un peu, releva sa tête et regarda la personne qui s'était exprimée. Sous les flambeaux qui illuminaient la terrasse, il pouvait encore la voir. Ses cheveux étaient blonds, cuivrés par la lueur chaude des torches. Un manteau beige et laineux enceignait ses épaules grâce à des attaches métalliques. Trônaient sur son visage deux yeux d'un bleu, brillants au rythme des candélabres, beaux et profonds.

Le jeune homme, aux quelques mots de la demoiselle, se mit à sourire, puis à rire d'un rire cristallin, un sourire d'étoile, à la fois sublime, splendide, inconnu et mystérieusement attirant. Il lui répondit alors :

« — Un homme parmi d'autres, Mademoiselle, dit-il, en se relevant, et en faisant une révérence bien basse et compassée. Offrir un petit plaisir à cet enfant est un réel délice, c'est aller dans le sens moral de l'amour donné à son prochain. S'il faut faire quelque chose de moral en ce monde, c'est cela, et j'en serai, avec plaisir, le garant. C'est un honneur de partager un brin de compassion, d'affection, que ne lui offrent pas les pavés froids d'Omnia. »

Cela faisait déjà longtemps qu'Eloan suivait Noé dans sa vie de tous les jours, et l'assistait comme il le pouvait jusqu'à même ce que ce dernier en ait assez. Il subvenait à ses besoins comme au maximum de ses possibilités. En somme, il s'était pris d'une véritable affection pour lui car il le trouvait foncièrement simple et bon. Il méritait tout bonnement mieux. Le jeune Ventusien reprit alors la parole, et demanda d'un ton clair, et courtois :

« — Puis-je me joindre à votre table, sans vouloir vous offenser, afin de partager nos respectives solitudes ? »

Eloan demeurait près de la rambarde, délicat, galant, et humain, en portant son regard sur la jeune femme. Celle était sobre, mais il se dégageait de sa figure une pureté apaisante, il s'échappait de ses yeux une aura bleutée, calme et réconfortante. C'était une beauté simple et immaculée.




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Ven 13 Juil - 0:58
The Full Moon and the Morning Star ~ from "Ring a Bell" by Motoi Sakuraba, Hibiki Aoyama on Grooveshark

Il y avait quelque chose de spécial dans l'air... Oui, quelque de chose de doux et rassurant, quelque chose de chaud et apaisant, comme si toutes les douleurs du monde s'échappait pendant quelques instants le temps que tout le monde aille bien ou presque. Le froid vivifiant qui faisait rougir les joues de la jeune femme semblait étrangement chaleureux lui aussi. Jeanne se demanda pourquoi. Peut être était-ce à cause des étoiles dans le ciel ? Elles étaient magnifiques, si belles. Elles semblaient offrir tout un tas de possibilité à qui pouvait les voir.

La seconde se demanda ce qui pouvait bien causer cette légère euphorie si agréable... Elle ne savait pas, vraiment pas, mais elle ne voulait pas le comprendre à vrai dire, ce sentiment si rare elle voulait en profiter au maximum, jusqu'à la dernière goûte, jusqu'à qu'il fane. Elle ne voulait pas vraiment qu'il cesse. Et puis elle entendit une simple voix lui répondre aussi gentiment qu'elle l'avait elle même fait. Il lui dit qu'il n'était qu'un simple homme comme les autres, qu'il ne semblait pas vraiment avoir beaucoup de mérite à avoir derrière ceci. Il fit d'ailleurs une petite révérence qui fit sourire Jeanne et continua en lui faisant comprendre que c'était une chose normale et que si il pouvait aider cet enfant de cette façon alors il le ferait. Qu'il s'agissait d'un brin de compassion et d'amour que cette ville froide ne pouvait lui donner.

"Vous êtes vraiment quelqu'un de bien..." Murmura-t-elle à demi mots alors qu'il continuait ce qu'il avait à dire.

Il lui demanda ensuite très gentiment si il pouvait se poser à ses côtés. A ces mots Jeanne sorti de sa rêverie continuelle et se mit à rougir doucement. Lui ? A côté d'elle ? Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas... Il avait même l'air plutôt gentil mais elle ne le connaissait pas du tout et puis peut être que... Oh... Et puis... Il ne devait pas lui vouloir beaucoup de mal de toute façon, non ? Elle hésita alors un léger instant avant d'hocher la tête de haut en bas.

"Si vous voulez oui, nous ne seront jamais de trop vu que nous sommes seuls comme vous le dites."

Elle agrémenta cette phrase d'un léger sourire gêné puis le regarda se déplacer. Il était plutôt joli garçon. Il avait de longs cheveux blonds qui tombaient sur son visage et volaient doucement de temps en temps quand le vent se faisait un peu plus fort. Il était aussi très bien habillé et devait très probablement être du coin dans les quartiers riches. Ses yeux bleus étaient profonds. Abyssaux même, on aurait pu s'y perdre, on avait le sentiment qu'ils voulaient tout et ne rien dire en même temps, insinuer tant et si peu de chose en un regard. C'en était fascinant et dérangeant par la même occasion. Il était charismatique aussi. Il dégageait véritablement quelque chose d’impressionnant à l'instar de Jeanne mais pas dans le même genre. Si la seconde donnait une aura de divin et de droiture lui donnait plutôt un sentiment de liberté absolue comme si prendre sa main la ferait s'envoler dans des contrées lointaines par la simple pensé.

Elle remarqua que ce sentiment était omniprésent dans cette ville. Tout semblait être une forme d'appel à la liberté. Les gens semblaient tous libres. C'était un sentiment véritablement différent d'Hystia ou de Terra en général. Là bas on avait un ressenti de puissance et de force, d'une droiture impressionnante et infaillible, c'était aussi quelque chose de beau mais encore une fois de façon différente. Après tout la simple approche de cet homme envers Jeanne n'était pas aussi courante à Terra. Non pas les mots en eux même mais plutôt son comportement. Il était visiblement sûr de lui même et des mots qu'il avançait. Ce n'était pas qu'il manquait de respect ou quelque chose mais ses manières, son ton, tout était étranger à la façon d'aborder les femmes à Terra. Ceci ne choquait pas Jeanne, au contraire elle trouvait ce fait plutôt amusant.

Elle continua de le regarder quelques temps sans rien dire. Silencieuse, elle aimait le silence. Elle l'appréciait beaucoup d'ailleurs il permettait d'être en paix un court instant et de réfléchir sur soit même. Elle attendit donc comme ceci quelques minutes avant de reprendre une bouchée de sa pâtisserie et de se remettre à parler.

"Je suis Jeanne de Villers, je viens de Terra, et vous êtes ?"

Ceci dit elle lança un doux sourire et reposa sa fourchette avant de replacer ses cheveux qui s'en allaient un peu dans tous les sens à cause du vent. Donner son nom de façon aussi franche était courante pour elle et mine de rien c'était une certaine forme de confiance, après tout rien ne l'empêchait de donner un faux nom pour qu'on ne lui pose aucune question mais elle n'en avait pas envie. Après tout la jeune femme n'aimait pas vraiment mentir, elle n'en voyait aucune gloire ni rien à respecter. Voilà pourquoi elle essayait de dire la vérité le plus souvent possible.

Le vent fit voler de nouveau ses cheveux alors que l'homme en question se présenta. Elle hocha doucement la tête à chacun de ses mots, l'écoutant avec attention. Puis elle ajouta lorsqu'il eu terminé :

"En tout cas ce que vous avez fait pour cet enfant est véritablement bien. J'ai... Connu ceci un certain temps et je ne peux que compatir à ce qu'il doit ressentir par moments, cela fait plaisir de voir que certains se sentent concernés par eux, encore plus en voyant que ce sont des gens qui semblent venir de milieux aisés. J'aurais apprécié qu'on me fasse ce genre de cadeaux. Enfin, assez parlé de moi, vous faites quoi dans cette grande ville ?"

Elle était prise de curiosité, c'était plutôt rare venant d'elle mais elle était dans un de ses rares moments où elle était joyeuse et plutôt insouciante, autant en profiter tant qu'il dure non ?

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Lun 6 Aoû - 11:20
En demeurant près de la rambarde, Eloan conservait l'espace de respect qui régnait entre les deux individus le temps que la jeune femme accepte sa délicate invitation. A n'en pas douter, elle accepterait. Pourquoi refuser une demande si gentillette, précédée d'un brin d'humanisme, après tout ? Ça n'aurait eu aucun sans, à moins qu'Eloan eût brusquer la blondinette dans une rue sombre, en l'abordant avec des mots employés par un mufle, des manières outrageuses, et des mains ambulantes. Mais, fort heureusement, cette description ne correspond, en aucun cas, ni dans son passé, ni futur, à un Eloan possible. Pour tout dire, le jeune homme avait bien des défauts : exubérants, libre à souhait, inattendu, quelque peu déroutant, quelque peu menteur pour la bonne cause, quelque peu lunatique. Mais, en aucun cas, il ne deviendrait rustre et inélégant. Il en tenait de son image, et surtout de son intégrité intérieure, ce n'était pas une lubie, mais une façon d'être : c'était Eloan.

Quand la jeune femme accepta l'invitation, l'enfant Galaad s'avança vers la table, en pris une chaise de la main, et la posa non pas en face de la table, mais près de la chaise qui était déjà occupée, puis il s'assit en déposant sa friandise sur la table au tintement de l'assiette qui sonna sur le bois. Un léger silence, mais plutôt long, s'installa. A ce moment, Eloan en profita pour regarder sa compagne de table, qui semblait rêveuse, peut-être en quête d'imaginaire et d'aventure. Alors lui-même se demanda à quoi elle pouvait penser, et d'où elle pouvait bien venir. A première vue, vu son accoutrement, elle ne venait pas de Ventus, certes, c'était un bel habillement, mais il ne s'agissait pas de la façon dont s'habiller les femmes à Ventus. Aussi, on pouvait aisément rayer et rayer encore le nom d'Ignis sur la liste, car un visiteur d'Ignis était exceptionnellement rare, et quant à une femme, n'en mentionnons même pas la probabilité. Son regard bleuté lui fit peut-être inconsciemment penser à Aquaria, mais il y avait dans ses traits fins et féminins quelque chose de noble, un assortiment de volonté et d'honneur, sous-poudré d'estime et de respect, qui ne pouvait que se référer à Terra. Un mélange bien croquant.

Une fois qu'elle se présenta, et affirma la supposition du Maître de Conférence, il sourit naturellement et simplement. Et quand elle lui demanda son nom, il sourit d'autant plus, libérant ses dents élégamment blanches de ses lèvres de carmin, et il ne pût s'empêcher de répondre de la sorte, enchaînant sur ce qu'elle disait par la suite :

« − Dans cette grande ville, je suis un mystérieux donateur de pâtisserie et friandise à toute personne qui en a besoin. Et vous ne pouvez pas savoir à quel point cela fait ma félicité et mon plus grand plaisir. Nous pouvons toujours rattraper le temps perdu. Si vous aimez toujours les cadeaux : je peux vous en offrir, si vous le souhaitez. »

L'enseignant acheva sa phrase en croquant une cuillerée de son mille feuilles, un sourire charmant aux lèvres, une lumière mystique dans les yeux. Il était merveilleusement beau avec ses lèvres écarlates finement dessinées, ses clairs yeux de myosotis, sa chevelure aux boucles dorées. Tout dans sa face attirait la confiance; on y trouvait la candeur de la jeunesse jointe à la pureté ardente de la vie qui lui tendait les bras, et dont il souhaitait profiter pleinement.




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Mer 15 Aoû - 23:04
Un sourire, un simple sourire, voilà ce qu'arborait Jeanne sur son visage, elle écoutait doucement son interlocuteur avec une attention toute particulière. Elle avait un peu reculé de façon purement instinctive lorsqu'il s'était tant approché d'elle avec sa chaise. Elle avait cru qu'il viendrait tout simplement en face d'elle ce qui aurait été la chose la plus logique néanmoins ce n'en fut pas le cas, au contraire il décida même de se mettre très près d'elle ce qui provoqua donc son recul instinctif. Il avait beau avoir l'air très gentil et être même probablement tout aussi charmant il n'en restait pas moins un homme. Et Jeanne avait un mal fou avec les hommes et ce dû à son passif avec ceux-ci.

Mais revenons en à nos moutons plutôt, Jeanne souriait donc et écoutait cet homme par la même occasion. Il semblait plein d'entrain et de confiance en lui même, un avantage pensa la guerrière. Mais il avait l'air tout aussi libre comme l'air. Elle ne put s'empêcher de se demander l'espace d'un instant si tous les ventusiens étaient dans ce genre. A vrai dire elle n'avait pas réellement parlé avec les habitants de cette grande ville et ne pouvait pas vraiment se faire une véritable idée. Toujours était-il qu'il était relativement amusant et très différent des hommes de Terra. Moins de droiture et plus de sourires probablement, ce n'était pas vraiment un mal en soit...

Mais d'un côté... Jeanne pensait à cette candeur qui s'échappait de cet homme, il faisait trop... Parfait pour être vrai, elle se demanda quel genre de défauts pouvaient cacher cette âme libre, ou tout du moins ce qu'elle en voyait. Elle était déjà presque persuadée que lui et la fidélité devait faire très sûrement deux, voir trois ou même quatre mais ce n'était pas non plus un problème. Après tout elle comprenait bien que les moeurs entre les deux pays étaient grandement différentes et que si pour Jeanne l’adultère était inacceptable ça ne devait pas l'être pour lui.

Elle ne put retenir un léger rire quand ce dernier lui avoua être une sorte de bienfaiteur qui offre des pâtisseries et des cadeaux, décidément il trouvait plutôt bien les mots pour faire rire notre jeune amie. Elle avait l'air angélique avec ses longs cheveux volants au vent et son sourire qui n'apparaissait que trop rarement. Elle lui répondit sur un ton doux.

"Des cadeaux ? Voyons, je ne voudrai pas vous ruiner, et puis nous nous connaissons à peine, ça serait malvenu non ?"

Et elle continuait de lui sourire en disant cela. Jeanne était sur un nuage à l'heure actuelle, elle s'était rarement sentie aussi bien, probablement l'air doux de l'hiver ? Ou bien cette douce gâterie ? Ou encore le jeune homme en face d'elle peut être ? Elle n'en savait trop rien. Mais elle était heureuse pour sûr, heureuse d'être là et d'en profiter pour une raison qui lui était inconnue.

Elle croisa ses mains l'une dans l'autre, chaque doigt trouvant sa place entre les autres, elle restait droite mais paraissait infiniment joyeuse.

"Et puis... Votre jolie phrase ne me donne pas pour autant votre nom."

Elle souriait toujours, elle se demandait si le fait de changer de sujet était dû à un refus ou tout simplement une façon de passer à travers les choses, après tout pour un ventusien ça ne serait pas du domaine de l'inconnu, les rumeurs qui coulent dans Terra parlent d'elle même après tout, non ?

Mais elle ne voulait pas voir en lui quelqu'un de mauvais, non plutôt d'une sorte de libertin décidé à profiter de chaque instant de la vie, d'un côté Jeanne trouvait cela admirable bien qu'elle savait qu'elle aurait été incapable de mener une telle vie, elle était bien trop attachée à l'ordre et la beauté des montagnes de Terra pour cela après tout.

Oui, Jeanne était du genre très patriotique et même si Ventus semblait être un très beau pays elle n'en restait pas moins éternellement attachée au sien...

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Dim 26 Aoû - 23:13
Le ciel était clair pour cette nuit d’hiver, et on pouvait y voir, loin des flambeaux qui illuminaient la terrasse de la boutique, les étoiles qui édifiaient la voûte céleste de leur beauté, de leur simplicité, et de leur pureté. Pour une fois, et c’était finalement assez rare lors d’une nuit pareille, Eloan n’aspirait pas à s'élever vers les cieux, mais demeurait sur terre. Et il plongeait ses yeux, aussi scintillants et azurés que le reflet de l’eau, dans ceux de sa compagne de table. Elle put parler et répondre à ses dernières élucubrations, il n’eut pas l’air d’y faire attention, et il restait aspiré dans les abysses qui faisaient face aux siens. Le visage opalin de la jeune femme exhalait la fraîcheur paisible et sans tâche de la jeunesse. Et émanaient de sa présence, la constance et la douceur de la pureté et de la vertu réunies. On sentait, sans défaillir, que sa vie et chacun de ses pas suivaient le cours de bonnes mœurs, de la décence et de bienséance, tant sa chasteté d'esprit semblait inviolable. Néanmoins, au bout d’un moment, il répondit, arborant un sourire franc et sincère :
    « − Ne vous en faites pas, ce n’est pas comme si quelques pâtisseries pouvaient ruiner un homme ! Et surtout, quoi de plus beau que d’offrir à un inconnu, n’est-ce pas ? Et une inconnue des plus charmantes qui plus est. Et n’est-ce-pas le plus beau don qui soit, ainsi ? »
Eloan, par mimique, entremêla à son tour ses doigts d’un air amusé, et reprit ce qu’il disait, observant toujours le visage opalin de la demoiselle qui lui faisait face :
    « − Pourquoi tenir une stature si sérieuse ? Nous ne sommes pas ici à un rendez-vous formel, décontractez-vous… Voyez comme l'aura qui nous entoure est radieuse, profitez de cette merveilleuse soirée étoilée. Puis, pour mon nom… Que vous apporterait-il de le savoir, hormis d’étouffer le mystère qui brille dans vos yeux et l’attrait qui illumine vos lèvres d’un si séduisant sourire ? N’est-ce-pas plus plaisant de profiter de la vie, quand elle conserve sa part d’énigme, sa part de secret ? Cela ne la rend-elle pas plus indicible et plus palpitante ? »
En disant cela, Eloan paraissait des plus décontractés, et démontrait en cela que le mystère, la jouissance de la vie approvisionnait la vie de sérénité, comme il l’apparaissait tant il avait l’air sûr de lui et enchanté. Aussi, il s’était levé doucement, faisait un signe de la main à sa voisine de tablée, lui mentionnant qu’il revenait à l’instant-même. Et de fait, un court moment après, il revint et s’assit de nouveau à sa place, la stature aussi légère, volatile et confiante. Il tenait à la main une coupe argentée, et la déposa entre lui et sa compagne. A l’intérieur, il y avait de nombreux chocolats, identiques.
    « − Vous pouvez y gouter, je vous les recommande, personnellement je ne peux plus m’en passer : ceux-ci sont absolument somptueux, il serait indigne de ne pas les partager avec vous et que je ne vous fasse pas découvrir cette merveille et les joies de Ventus. » ajouta le mage de glace, accompagné d’un sourire lumineux, enjoué, et chaleureux, tout inspiré en lui à l’incarnation d’un ange bienfaiteur.
Son visage était radieux, et d'aucune façon, on ne pouvait imaginer un instant qu'une face si pure, si bienveillante, si éclatante, qui arborait un air si innocent, une beauté et une jeunesse si merveilleuses et inaltérées, ne pussent attirer contre lui la médisance et la méfiance.




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Dim 9 Sep - 16:40
Troublée. Oui, Jeanne était franchement troublée par l'homme devant lui. Il émanait de sa personne quelque chose de... Spécial, ni mauvais ni pour autant bon, pas quelque chose de pur mais pourtant pas sombre non plus. Il était une sorte d'énigme, un véritable électron libre qui fascinait la jeune guerrière. Telle une danseuse ses mouvements lorsqu'elle porta sa main gauche dans ses cheveux pour les remettre en place elle semblait pleine d'une grâce qui lui était familière dans son comportement quotidien bien que de sa propre personne elle n'en semblait pas au courant.

Mais pour le moment ce n'était pas ce qui l'intéressait le plus. Son regard d'améthyste dévisageait doucement et sans aucune mesquinerie ni fourberie le visage de son interlocuteur. Il respirait l'assurance et le contrôle de soit. Une sorte de liberté fine et pourtant présente, comme un air parfumé des embruns de la douce saison du printemps. Oui, cet homme était clairement rafraîchissant à sa façon. Une habile douceur, une franche volonté et un sourire transcendant la froideur de cet hiver. Il était clairement différent, bien plus que la plus part des êtres humains de ce monde. Et alors qu'il parlait cette sphère bleue que nous appelons affectueusement Terre sembla se resserrer en une fine coque autour de nos deux protagonistes. Comme si tout ce qui pouvait bien exister au dehors n'avait plus de raison d'être à l'heure actuelle. Mais cela n'était qu'un détail qu'ignorait notre jeune Jeanne, un détail que sa douceur actuelle l'empêchait de toucher du bout de ses doigts graciles, de son geste ample et candide.

"Des plus charmantes ?" Un gloussement ponctua la phrase de la jeune femme. "Tout ce que je vois c'est surtout que vous savez parler aux femmes on dirait."

Son sourire s'étendit légèrement alors que ses yeux s'illuminèrent tendrement un peu plus d'une nouvelle teinte étoilée. Il était amusant, très amusant. Il était vraiment spécial. Elle n'arrivait pas à mettre de nom sur cela, c'était trop... Spécial pour être conté avec de simples mots, c'était une sorte de chaleur dans l'âme de la colonel, dans l'âme de la femme qui n'avait connue que dureté et froideur pendant si longtemps. Le même genre de chaleur que celle qui régnait en elle lorsque Aishlinn était présente, c'était spécial, peut être le sentiment d'être appréciée ? Mais dans l'esprit de la jeune femme cela ne pouvait être ça, après tout ils ne se connaissaient que depuis une dizaine de minutes à peine.

"Je suppose que ma stature est une habitude, et puis vous savez ce que l'on dit non ? Chassez le naturel et il revient au galop ! De plus... Je me sens plutôt détendue à vrai dire, c'en est même que trop rare. Et en ce qui concerne votre nom... Et bien cela me permettra de mettre une identité sur votre charmante personne, c'est déjà bien non ? Après tout vous êtes déjà une sorte de mystère de part vous même, pourquoi diable aurais-je besoin d'en rajouter en ignorant votre nom ?"

Cela dit elle gloussa à nouveau, c'était étrange, elle n'avait probablement jamais autant rit en aussi peu de temps depuis un certain temps. Mais là n'était pas l'important. Son compagnon de table se leva pour aller chercher quelque chose et Jeanne le regarda partir, sa tête posée contre sa main. Décidément cette personne était bel et bien une énigme, quelque chose d'étrange et pourtant familier par la même occasion.

Elle remarqua par ailleurs sa démarche chaloupée qui le faisait ressembler à un chat se mouvant avec discrétion et lenteur. Cela dit il ne prit pas longtemps pour revenir avec une coupe remplie de délicieux chocolats. Jeanne savait bel et bien de quoi il s'agissait cette fois mais elle restait interloquée par le nombre de friandises dont pouvait receler Omnia, car si Hystia en était tout aussi pourvue il y en avait moins, les spécialités cuisinières étant placées ailleurs et les chocolats que trop peu présents au goût de la jeune caporal.

Elle se laissa aller à la douce tentation d'en prendre un, puis un deuxième alors que l'homme devant elle lui donna l'autorisation d'y toucher. Elle laissa le fantastique goût du cacao entrer dans sa bouche et se délecta de ce simple plaisir pourtant si évident d'une certaine façon.

"Et bien, vous me comblez, vous n'avez pas peur que je sois une ennemie ou quelqu'un de dangereux à qui vous offrez ces petits chocolats ?"

Une simple question pourtant qui faisait glousser mentalement la jeune femme alors qu'elle lécha doucement le bout de son doigt encore couvert de traces de sa petite gâterie. Elle s'amusait oui, étrangement même d'ailleurs, cela ne lui ressemblait pas trop, mais qui sait, peut être que l'air d'Omnia avait quelque chose de spécial ? Peut être que la Jeanne civile était si différente que cela de la Jeanne armurée ? Ca seul le temps nous le dira...


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Ven 14 Sep - 11:39
En cette soirée, Eloan était vraiment rêveur, comme englouti dans un rêve, loin du réel, loin de quelque chose qu'il essayait de noyer tant bien que mal, et qui lui taraudait l'esprit depuis des mois, six mois. Pour lui, ce ressentiment ressemblait à un naufrage inexpliqué et inexplicable, tel un navire qui, près des bas-fonds tortueux, s'était brisé contre un récif, écueil qu'il n'avait su ni voir ni interpréter. C'était une marche aveugle au beau milieu d'un océan déchaîné, qui, pourtant, demeurait impalpable et invisible, mais dont on sentait l'emprise périlleuse s'approcher inexorablement.
En cette soirée. Eloan voulait oublier son naufrage qu'il ne savait que trop mal interpréter. Et c'est dans les yeux abyssaux de sa compagne qu'il quittait un océan pour se submerger dans un autre. C'est à cet instant que toute la confiance du monde l'incombait et qu'il répondit à Jeanne :
    « − Bien sûr, des plus charmantes, à qui peuvent-être des lèvres si raffinées et ravissantes, des iris si somptueux et azurés, un visage si pur et clément, si ce n'est à une femme des plus charmantes ? Et pour être franc, je ne parle pas beaucoup aux femmes non, que trop peu sans doute ! Savoir leur parler peut-être... »
Un large sourire naquit au creux des lèvres garancées et attirantes du maître des Arcanes, et en s'avançant un peu sur la table, approchant son visage de celui de sa compagnie, amarrant ses pupilles océanes à ses jumelles d'en face, il reprit la discussion, d'un air malicieux et charmant :
    « − Quittez donc cette stature, oubliez donc vos habitudes. Laissez-vous donc aller au goût irrésistible de la vie et de son énigme... »
Quand la jeune femme lui parla d'elle en tant qu'ennemi, en tant que danger, Eloan sourit grandement, d'un air très amusé, et ses yeux pétillèrent encore avec plus d'entrain. C'est alors qu'il s'adossa à sa chaise, comme à son aise, presque allongé, et répondit d'une manière toujours aussi empreinte de franchise :
    « − Pourquoi une femme telle que vous serait une ennemi à un homme tel que moi ? Voyons... » Puis il s'avança de nouveau, prit la coupe de chocolat dans une main, et la regarda, l'air intrigué, et rêveur. « − Leur goût est ravissant n'est-ce-pas ? Leur nom l'est d'autant plus, on nomme ces chocolat des galipettes. Vous y goûteriez bien encore, en voulez-vous d'autres ? » acheva-t-il, en tendant de nouveau la coupe, tout sourire.




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Dim 4 Nov - 14:10
Les yeux de la jeune gradée se fermèrent légèrement un court un instant. Cet homme devant elle ne semblait pas avoir la moindre envie de lui délivrer son identité et plus elle le poussait à le faire plus il trouvait d'excuses pour se justifier de ne pas le dire et tournait la conversation ailleurs. Intéressant, l'esprit militaire de la magicienne ne pouvait s'empêcher de fulminer de ce refus de donner qui il était réellement, mais la Jeanne du terrain et la Jeanne civile étaient bien différents, bien trop pour qu'elle laisse son coeur parler à ce niveau là.

Et puis il représentait bien l'idée qu'elle se faisait de Ventus à lui tout seul, mielleux, bien sous tout rapports mais qui cachait visiblement des choses peu agréables. C'était par ailleurs une des raisons qui faisait que la teranne restait particulièrement méfiante envers cette nation, bien plus qu'envers les autres. Si la passion d'Ignis faisait souvent leur perte, la volonté de bien faire d'Aquaria les rendaient presque naïf mais en ce qui concernait Ventus... Ils représentaient l'inconnu de l'équation à eux seul et ce n'était pas pour plaire à la jeune guerrière. Bien qu'elle maîtrisait elle aussi quelques arcanes de la politique elle n'en restait pas moins dégoûtée par les messes basses et autres trahisons, voilà pourquoi la patrie à la technologie grandissante restait à son avis l'une des plus grandes menaces. Le représentant lui même de cette cacophonie politique était trempé jusqu'au cou dans des choses sombres et étranges. Pour Jeanne de Villers il en devenait donc tout sauf fiable et les quelques fois qu'elle put le voir elle n'en garda pas un souvenir franchement agréable.

"Je vois surtout que vous êtes doué pour éluder les questions n'est-ce pas ?"

Le ton qu'elle avait utilisé était volontairement entre l'ironie et l'accusation, pourtant la teranne restait parfaitement calme, elle s'était mise en tête de comprendre qui il était et elle le découvrirait. Elle savait de part son accoutrement qu'il devait faire partie de la noblesse de Ventus vu la richesse des tissus. Son vocabulaire trahissait aussi une grande éducation probablement dans les meilleures écoles de cette patrie. Néanmoins elle ne pouvait véritablement en savoir plus, peut être était-il magicien aussi ? Ca elle n'en savait rien, tout du moins pour l'instant.

Elle avait aussi remarqué le regard qu'il avait eu quand elle avait parlé de la possibilité d'être une ennemie à ses yeux. Il aimait donc jouer avec le feu ? Elle n'en était pas tellement sûre mais après tant de temps à s'occuper d'hommes elle avait fini par savoir comment marchait le coeur de l'être humain et surtout le regard de ce dernier. Les yeux sont le reflet de l'âme après tout et dans les siens elle y voyait comme une certaine excitation mêlée à de l'amusement, il n'avait pas peur d'elle, au contraire il avait envie presque envie de jouer on dirait. Soit il ignorait donc la puissance véritable de la gradée soit il avait une parfaite conscience de ses capacités et se jugeait à même de lui faire face. Dans les deux cas cela pouvait donner lui à quelque chose des plus intéressant pour les deux protagonistes.

"Pourquoi serai-je un ennemi ? Voyons... Qui sait, peut être que je suis l'une des plus grandes forces de là où je viens ? Peut être que je possède un pouvoir immense que vous ne pouvez sentir ? Peut être que je suis versée dans des arcanes politiques si profondes qu'un claquement de doigt de ma part suffirait à faire s'abattre sur votre personne des centaines d'assassins à moins que je n'en sois moi même une ? Peut être que je sais que vous êtes une figure importante de Ventus et qu'un contrat est placé sur votre tête ? Voyez-vous, il y a autant de possibilités que l'imagination humaine est vaste."

Étrangement son ton n'était plus spécialement amusé, il était d'une neutralité terrible, comme si elle évoquait de réelles possibilités avec une voix qui aurait plus été appropriée pour réciter une recette de cuisine. Elle était plutôt entrain de l'analyser, il avait véritablement piqué sa curiosité et elle menait presque pour ainsi dire une enquête mentale sur sa personne.

"Oh et merci pour les chocolats mais vous savez bien, une dame doit faire attention à sa ligne."

Elle n'avait pas l'intention d'en reprendre ou tout du moins pas tant qu'elle ne saurait pas qui est caché derrière ce masque d'une beauté étrangère qu'elle contemplait depuis le début de cet échange.

C'était un défi, et elle allait le relever avec brio.

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Sam 1 Déc - 0:41
Monsieur Eloan Amadeus Alceste Galaad n'était pas un mauvais bougre en soi, il était plutôt innocent dans son genre et ne recherchait que le plaisir, le songe enivrant de la vie et du cœur. Il s’agissait presque, et littéralement, du monde comme un thearum mundi, du monde tel une scène, ou chacun jouait son rôle, et où était mis en scène les aventures et les passions de l’être ; des passions virulentes et cornéliennes, jusqu’aux passions euripidiennes.

A la première question de Jeanne, Eloan émit un rire modeste, et un sourire toujours aussi élégant, de son grand cru, de son savoir-faire, une fois redressé de sa chaise.
    « Quelle curiosité dites-moi, quelle serait utilité d’apprendre un nom que vous aurez sûrement oublié demain ? »

Puis la compagne de table d’Eloan partit dans une série débridée de questionnements et de peut-être… Que de peut-être, trop de peut-être en tout cas, cela gâchait le tableau… Cette femme se prenait-elle au sérieux quand elle disait tant de chose ? A en juger ainsi, on pouvait presque penser que c’était vrai… Sauf une chose, il ne pouvait y avoir de mise à prix de la tête d’Eloan, elle était bien trop aimable et charmante pour cela, et enfin il n’avait aucune incidence politique : son domaine se restreignait au domaine des arts, et rien d’autre. Dans tous les cas, à la suite de cette rébarbative et hypothétique rhétorique, Eloan laissa échapper un rire franc, et il se prit au jeu ; ses yeux océans s’étaient troublés d’une tempête virulente, comme un feu qui passait de l’état de braise à celui de flammes virevoltantes. Il se leva brusquement, rivant ses prunelles saphirines à sa complice de table.
    « -Oui, il est vrai que je pourrais être un de ces politiciens tristement célèbres et véreux : experts en calomnies ! Commença-t-il, comme inspiré, l’air pensif et enflammé. Un de ces hommes politiques, qui, usant de leur charme, de leur langue fourchue, lancent d'abord une rumeur légère, un petit vent rasant la terre. Ensuite, il continua, comme regardant un paysage au loin, et il passa lentement sa main devant lui, en cercle, illustrant ses paroles, qui grondaient de plus en plus : puis doucement, vous voyez Calomnie se dresser, s'enfler, s'enfler en grandissant. Fiez-vous à la maligne envie, ses traits dressés adroitement, piano, piano, piano, piano, piano !, par un léger murmure, d'absurdes fictions font plus d'une blessure et portent dans les cœurs le feu ! Exalté pour de bon, il continua, la verve à son paroxysme : le feu de leurs poisons ! Le mal est fait, il chemine, il s'avance ! De bouche en bouche il est porté, puis riforzando il s'élance ; c'est un prodige, en vérité ! Mais enfin rien ne l'arrête : c'est la foudre, la tempête, un crescendo public, un vacarme infernal ! Elle s'élance, tourbillonne, étend son vol, éclate et tonne, et de haine aussitôt un chorus général, de la proscription a donné le signal ! Soudain, sa voix faiblit, empli de mystère, tant son personnage était devenu vivant et crédible, empreint de vérité et de théâtralité, de spiritualité : Et l'on voit le pauvre diable, menacé comme un coupable sous cette arme redoutable tomber ! Tomber terrassé…
    Mais tout à coup, il reprit de plus belle : mais remarquez ! Je pourrais tout aussi bien être un espion, entraîné dans l’ombre, engagé dans la discrétion, progressant dans la pénombre et dont les secrètes missions, par le voile épais qui les obombrent, s’immiscent dans les énigmes étatiques, à travers les plus grandes sphères et instances politiques ! Soudainement, ses lèvres arborèrent un sourire éclatant de malice, et à la fois charmant à l’excès, et mordant d’ironie : et peut-être, mon unique dessein serait de surveiller, entre deux chocolats et un savoureux mille-feuilles, dans une pâtisserie, vos faits et gestes face à de funestes circonstances. Pour autant, toujours debout et inspiré, Eloan se rassit, en face de Jeanne, il se saisit d’un chocolat et le tendit entre lui et sa conjointe, scrutant successivement cette friandise et les yeux de la jeune femme : aurais-je ainsi, comme ces véreux politiciens, versé du poison dans ces chocolats, que si gracieusement je vous aurais offerts par la suite ! Mais quel génie aurais-je été, pour ne point mélanger les vôtres des miens ! Acheva-t-il, en portant le chocolat à ses lèvres et en le mangeant avec une sûreté telle et une habilité telle que l’on aurait pu croire ses élucubrations réelles.
    Enfin, il se prit la tête entre les mains, et continua d’un ton presque larmoyant : mais, quelle triste vérité… Je ne suis en réalité qu’un pauvre et humble enseignant de littérature, je passe ma vie dans la rêverie solitaire et dans l’imaginaire que me procurent les pages d’un livre. Et je n’ai pour seule perfidie que ce simple moment de liberté dans une modeste pâtisserie. »

Dans une telle occasion, la vérité valait tous les mensonges du monde. Eloan avait usé de tous ses talents, ceux de comédies, tragédiens, mise en scène… C’est vrai, son éducation dans l’art avait été une réussite, c’était un artiste accompli, sans aucun doute.
Bientôt, après une pause méditative où Eloan fixait Jeanne de son regard saphirin, il lui demanda soudainement et enthousiasmé :
    « - Souhaitez-vous que je vous fasse découvrir a baie d’Omnia ? Elle doit être magnifique en cette soirée, à cette heure-ci ? A moins que vous n'ayez toujours peur que je sois un perfide meurtrier, et que mon unique but soit de vous noyer dans la mer d'Azul... »

Le jeune homme adorait ce lieu, il était calme, serein, reposant, c’était à la fois si proche de la capitale de Ventus, et si éloigné, tellement naturel et ressourçant… Eloan se leva alors, et tendit son bras à Jeanne, l’invitant à le suivre, en souriant, sourire d’une franchise innocente et radieuse.


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Mar 12 Mar - 16:41
"Qui sait..."

Le visage de la jeune guerrière s'était crispé l'espace d'un court instant, une infime seconde qu'un observateur attentif n'aurait pourtant pas réellement pu déceler.
Le discours de ce jeune homme, aussi lyrique et amusant soit-il lui rappelait une vérité cent fois plus funeste et à ceci s'ajoutait le souvenir noir et corrupteur de son demi-frère. Pensée qu'elle chassa en secouant légèrement la tête, causant dans ses longs cheveux détachés une légère ondulation à peine perceptible. Cet homme était adorable mais il se montrait bien trop... Proche, elle ne voulait pas être froide, elle était plutôt d'une bonne humeur rare. Elle lui lança un sourire un peu plus crispé, sauver les apparences en somme.

"Peut être bien oui, vous avez peut être raison, peut être que le simple fait de respirer le même air que vous signe mon arrêt de mort." Rajouta-t-elle sur un ton à moitié amusé. "Après tout, nous ne nous connaissons pas vraiment, nous pourrions être tant de choses. C'est pour cela que je vous demande votre nom. Car je suis curieuse de savoir qui est derrière le gentil excentrique avec qui je partage ces quelques douceurs depuis un moment. Non pas que j'ai peur, loin de là, je pense être assez grande pour me défendre toute seule, enfin je l'espère ?"

Elle y ajouta une sorte de soupir nostalgique, rejetant de nouveau son regard vers l'infini de la nuit. Finalement ce voyage vers Ventus n'était peut être pas une si mauvaise idée. C'était une belle contrée effectivement, bien évidemment sa chère Terra primait mais ce lieu ne manquait pas de charme, au contraire. En même temps qu'aurait-elle dû attendre d'autre d'Omnia ? Il s'agissait d'une capitale après tout. Impressionner, faire plier sous l'admiration les égos des visiteurs. Leur montrer à quel point leur nation est grande juste avec des bâtiments. Oui, tout cela était clairement un bel art qu'était celui de l'érection d'une capitale. Et puis, soyons honnêtes, cela aurait été ennuyeux à mourir que de se retrouver dans une bourgade basique en guise de centre culturel et économique d'une nation, n'est-ce pas ?

Elle recentra ensuite son regard d’améthyste dans celui de saphir de son interlocuteur. Il était clairement amusant. En tout cas elle ne pouvait ignorer ses origines d'une famille très probablement noble et artiste. Il était évidant qu'il transpirait le théâtre, la peinture, la musique, tout ces passes temps auquel Jeanne ne pouvait accorder la moindre seconde. Mais cela n'était qu'un détail, bien qu'elle se serait plu à apprendre le piano ou bien à savoir peindre la vie militaire qu'elle menait avait aussi son côté trépidant qu'elle ne pouvait renier même si elle l'avait voulu. Et puis avez-vous déjà vu un guerrier se reconvertir dans l'art ? Les résultats ne sont généralement pas très probants. Néanmoins tout ceci réussi à arracher un sourire du visage de la pucelle, un sourire sincère.

"Vous savez, vous êtes vraiment amusant dans votre genre. Je dois reconnaître que vous êtes un mystère, tous les hommes de Ventus sont comme vous ? Je vous savais... Originaux, mais pas à ce point, vous représentez bien votre patrie cela dit. Peut être même, et excusez-moi du terme, êtes vous une sorte de "stéréotype" de cette nation à vous tout seul ?" Elle s'arrêta un instant, comme prise d'une certaine réflexion. "Hm... Non, vous ne paraissez pas assez manipulateur... Ou bien vous l'êtes et vous cachez très bien votre jeu. Ou pas du tout. Tout dépend du point de vue j'imagine."

Difficile à dire si elle se moquait de lui ou était totalement sérieuse. Son visage gardait un certaine légèreté mais le grand sourire qu'elle arborait plus tôt avait totalement disparu. Peut être bien que tout cela n'était qu'une calomnie fumeuse, peut être bien qu'elle était absolument sûre de ce qu'elle disait. Peut être qu'elle même ne le savait pas mais à cet instant rien ne paraissait être capable de discerner le vrai du faux et peut être aussi que cela était mieux ainsi. Puis, elle l'écouta à nouveau, ne disant mot, simplement étant à l'écoute de l'homme devant elle.

"Et bien... Pourquoi pas ? Je ne connais pas du tout cette ville, je serai enchantée de savoir à quoi elle ressemble. Si vous dites que la vue est magnifique alors je n'ai aucune raison de ne pas vous croire, venant d'un artiste j'imagine qu'elle vaut réellement le détour. Et ne vous inquiétez donc pas, je suis sûre d'être tout à fait à même de pouvoir être une menace à ceux qui en voudraient à ma vie, la réelle question est, comment ?"

Après tout oui, pourquoi ne pas le croire ? Il était si charmant, il pouvait avoir tout à fait raison par ailleurs et être un tueur sanguinaire mais elle avait confiance en ses propres capacités et elle remarquait très bien le second degré dans sa voix. Il ne ferait pas quelque chose d'aussi peu élégant, enfin, il ne le ferait pas de cette façon bien évidemment. Elle posa donc délicatement sa main dans celle d'Eloan, dans un mouvement gracieux proche de celui d'une danseuse, conséquence indirecte de son style de combat, elle voulait découvrir Omnia, alors pourquoi ne pas suivre un charmant jeune homme sous une nuit magnifiquement étoilée après tout ?

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Jeu 1 Aoû - 11:54
Une réaction après la magnifique tirade qu’il venait d’interpréter en parfaite improvisation ? Aucune. Si Eloan avait pu faire une moue crispée de désappointement, il l’aurait faite, mais la bienséance lui affirmait à l’instant même le contraire. C’était à proprement parler un manque d’art, d’intériorisation de l’art… Mais cela montra à Eloan le manque d’originalité, ce manque du petit grain de folie qui pouvait donner de l’attrait à tant de choses et avec si peu ! Pour l’instant, c’était plutôt fade d’émotion et d’échange artistique. Mais il répondit tout de même à son questionnement toujours en tergiversant, mais cette fois-ci en rêvant intérieurement tant on voyait que la question l’intéressait :

«  Oui, nous pourrions être tant de choses en effet, faire tant de choses, accomplir tant d’autres… Vous voyez, une chose est, et parfois il n’est absolument pas nécessaire de la nommer pour la saisir et l’apprécier. Par exemple, prenez le thème de l’amour, un thème si vaste et si controversé… Selon moi, toutes les histoires d’amour valent si on ne nomme pas l’amour à l’intérieur. L’amour se vit, se ressent ; elle ne se nomme pas, la nommer la contraint à devenir un mot qui lui fait perdre tous ses aspects et la réduire à quelques lettres, cela devient alors pour le moins assez fade à mon sens... C’est pour cela que nommer quelque chose ne sert à rien, son nom ne servira pas à l’appréhender davantage alors qu’on peut la saisir aisément en en faisant pleinement l’expérience… »

Il resta un instant silencieux, les yeux plongés dans ceux nimbés de lumière de sa voisine, pour s’ébrouer soudainement en remarquant qu’il avait parlé tout en pensant et qu’il avait été le plus sérieux du monde en déroulant son explication. Eloan sourit ensuite à la mention du mystère qu’il entretenait exprès sur lui et qui puisait sa référence directement dans ce qu’il venait de dire, mais son visage perdit le calme religieux et sérieux qu’il avait acquis à l’instant et fut presque choqué des propos que tenaient sa voisine, et se récria d’un air amusé à sa suite :

«  Moi, un stéréotype ? Diantre je n’en suis pas un et je n’en serai jamais un, je suis unique et chacun l’est, personne ne représente son pays hormis si l’on pense avec des cases, et la catégorisation a paru dans des êtres dont l’intelligence était limitrophe de l’idiotie, sachez-le ! »

Eloan respira un bon coup afin de se calmer de cette douteuse moquerie voire insulte, et arbora un grand sourire teinté d’une légère fraicheur comme pour dissiper les chaleurs de l’irritation qu’il avait subie. Pour se reprendre il continua :

« Je vais donc vous faire découvrir cette ville ! »

Eloan reçut la douceur de la main de Jeanne dans la creux de la sienne. Il croqua néanmoins un dernier chocolat de sa main libre et s’avança vers les marches en contrebas de l’escalier de la terrasse pâtissière avec entrain. Le temps avait un peu passait, tout comme 20h était passé ; et en cette fin du mois de Janvier, la nuit était déjà tombée. Le couple s’enfonça alors dans les ruelles d’Omnia, toutes éclairées par un système ingénieux de lumières et de réverbérations. Comme le couple était dans les hauteurs de la ville, ils descendaient les pavés hardiment, aux hautes en couleurs des vitrines des magasins. L’heure avait beau être assez tardive, la cité n’en restait pas moins animée, les rues étaient sillonnées de passants qui se promenaient, regardaient les vitrines, se détendaient dans l’air frais de l’hiver après une journée de travail plus ou moins harassante. Certains membres de familles bien-nées, à savoir parents et fils, marchaient les uns à côtés des autres d’un air précieux et pour le moins pompeux qu’Eloan ne pouvait s’empêcher de s’en amuser ; c’est alors qu’il lança un regard complice à Jeanne, qu’il remonta le col de sa veste et rigidifia son pas, sa stature ainsi que son visage afin de devenir aussi austère qu’eux, tout cela dans un faux-semblant de comédie ubuesque pour amuser son invitée. A leur suite heureusement, on trouvait d’autres familles, plus modestes, mais bien plus animée et débordant d’une joie de vivre qui faisait plaisir à voir.

Descendant encore la ruelle, ils tombèrent sur un boulevard qui les emmena droit vers un marché nocturne dont on entendait déjà les effluves vivifiants de brouhaha et d’animation en tout genre, entre les marchands à la fois chaleureux et les senteurs multicolores des épices du monde entier. Sur le bord du marché, on pouvait apercevoir la baie de la Mer d’Azul qui resplendissait sous un ciel dégagé et une voûte étoilée. Elle atteignait l’horizon de sa noirceur céruléenne mais n’en restait pas moins envoutante de calme et de sérénité alors-même que le marché crépitait de plaisirs et de délices juste derrière eux. Ce mélange laissait un goût de volupté très plaisant sur les lèvres d’Eloan tant il affichait un sourire comblé et satisfait ; c’était le genre de petites choses qui le laissaient enthousiaste et joyeux.

« Nous voici donc devant la Mer d'Azul, berceau de Ventus » s'enquit-il.




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